2011, en avant !

Ca doit faire la 3e ou 4e fois que je dis ça cette année mais je pratique la méthode Coué et je dis qu’aujourd’hui, 2011 débute. Accrochez vos ceintures, ça va secouer. Enfin, pour le coup, ça a déjà beaucoup remué. Si je devais résumer cette moitié de 2011, je la résumerais à ça :

Mon univers a été bouleversé, j’ai beaucoup perdu, j’ai dû cravacher pour reconstruire mon univers. Des fois, je me dis que j’aurais su, j’aurais accepté de passer l’entretien pour le poste à Londres qu’on m’avait proposé une semaine avant le début du marasme (le 09 décembre 2010, je crois que je vais pas l’oublier de si tôt cette date).Peut-être que je l’aurais eu, peut-être que, quitte à tout reprendre de zéro, autant le faire ailleurs. Ceci étant, je ne regrette pas vraiment. Oui, j’avais un bon créneau pour me déraciner mais on ne peut pas dire que je n’ai rien construit depuis ce marasme. J’aime sincèrement mon nouveau boulot, j’ai rencontré des gens que j’aime vraiment bien, certains ont pris plus de place dans ma vie. Je me reconstruis petit à petit, j’essaie de ne pas me précipiter à me déclarer parfaitement guérie, j’essaie de prendre le temps, de faire de petits pas plutôt que des grands qui vont me faire tomber. Mais là, j’ai décidé que voilà, ma vie est comme une bâtisse, les travaux de retape sont finis, on peut maintenant l’aménager pour qu’elle soit toute confortable. Oui et on pourrait dire que qui dit nouvelle vie dit on arrête les métaphores foireuses. Mais non, je vais le garder ce vice là.


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De toute façon, j’ai des preuves : ce matin, alors que vous me lisez, je souris de toutes mes dents parce que scary dentiste a fini les travaux (finalement, ma métaphore n’est pas si pourrie) et j’ai sur le nez mes splendides nouvelles lunettes à nouveau à ma vue. Je suis restaurée physiquement. Aujourd’hui est le début de ma vie où mes “problèmes” de santé sont sous contrôle donc ça me paraît un bon moment pour dire que voilà, c’est un peu mon 1er janvier mais un 1er janvier plus utile que les 1er janvier habituels où on se contente de se remettre de sa cuite de la veille. A partir d’aujourd’hui,
je décide que j’ai assez laissé 2011 me glisser entre les doigts (on est déjà en juin, comment c’est possible ?), que je dois faire des choses constructives, même si ce sont de petites choses. Je trouve que j’ai trop subi les événements ces derniers temps, j’ai tout laissé filer, je n’ai pas cherché à me battre. Pas d’énergie. Maintenant je dis stop. Déjà, je vais commencer à ranger mon placard d’entrée, ce sera un départ énorme (je vous dis pas la flemme). Je n’ai pas envie en décembre de me dire que cette année a été chiante ou qu’elle n’a servi à rien. Quitte à me ramasser un tsunami perso, il doit en sortir du positif, du neuf. Tout n’est question que d’angle de vue : plutôt que de regarder les ruines qui ne sont même plus si fumantes, regardons plutôt toute cette nouvelle place dédiée à mes nouveaux amours, amitiés, projets. 

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Allez, haut les coeurs, tout va mieux. Puis tu vois, je me dis que la vie, elle aime bien me filer les trucs par lot (surtout les saletés genre « t’es à genou ? Ah ben j’en profite pour te filer un coup de pied dans le bide et peut-être te péter une côte en plus, pour voir ») donc comme j’ai bien eu mon lot de coups et que j’en fus au stade « rate éclatée », quand elle va se mettre à me faire des bisous, je vais devenir la fille la plus heureuse du monde. Donc certainement la plus chiante. 

PS : Oui, je sais, je me répète mais chut.

PPS : Je sais que la photo de la mouette n’a rien à voir avec ce que je raconte mais je l’ai retrouvée sur mon pc et je l’aime bien donc publiée. Oui, je penserai à la recadrer à l’occase

 

Homme marié cherche maîtresse

L’infidélité, c’est un sujet très à la mode depuis la fameuse fois où l’un d’entre eux a cru avoir “droit de troussage”. Il y a cependant quelque chose que j’ai du mal à saisir dans la quête effrénée de relations extra conjugales. Dis donc, tu serais pas un peu en train de fuir, M. Homme Marié (ou assimilé) ?

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Je ne condamne pas l’infidélité, ça arrive. En fait, c’est surtout que ça ne me regarde pas. Cependant, j’ai toujours envisagé ça sous l’angle d’une pulsion, d’un désir partagé et incontrôlable. Une opportunité en somme. Mais quand l’Homme Marié traque sur les sites de rencontre, là, ça m’interpelle. Évidemment, il y a les couples libres, je ne parle pas d’eux même s’il serait intéressant de se pencher sur ce cas aussi. Couple libre, ça veut dire qu’on ne refuse pas les opportunités qui nous plaisent ou qu’on doit faire du chiffre, si j’ose dire ? Enfin, c’est pas tant le sujet même si attention : certains se disent en couple libre mais quelques indices vous feront comprendre que non (refus de donner le numéro de tel, des indisponibilités le soir, impossibilité de le voir le week-end…).


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Bref, dans nos errances Internet, nous croisons parfois l’Homme Marié. Au début, il veut juste discuter mais très vite, ses intentions deviennent autre. Bon, déjà si tu cherches à juste tirer ton coup sans que Madame soit au courant, tu peux m’oublier : je suis peu disponible surtout de 5 à 7 où je travaille. Et je n’ai pas envie de poser des RTT baise, je
préfère les utiliser pour les vacances. Certains arrivent à se libérer pour une soirée (soirée, pas nuit), profitons-en pour savoir le pourquoi de leur démarche. Réponse globalement universelle : au lit, avec Madame, c’est pas ça. Peut-être aurez-vous droit aux détails, reprenez  un whisky, ça aide à faire passer. Oui, très bien M. Marié mais pourquoi tu me dis ça à moi ? Je ne suis pas ton épouse et tu sais bien que même si ton histoire de misère sexuelle est vraie, je ne suis pas la personne à qui il faut en parler, vois ça avec la principale concernée. Je sais, c’est pas facile. Moi même à la fin de ma relation avec Guillaume 1er, j’envisageais de prendre un amant pour continuer notre relation tout en réglant le problème du sexe. Je n’en ai rien fait et nous nous sommes séparés, ce qui était une bonne décision. Hé oui nos non relations sexuelles n’étaient finalement que l’arbre qui cache la forêt.

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Certains argumentent sur leur appétit sexuel supérieur à celui de leur épouse. Ok donc question : est-ce que ça a toujours été le cas ? Si non, avant de cumuler les maîtresses, parle à ta femme, les baisses de libido ne sont jamais accidentelles. Si oui, tu l’as épousé pour quoi alors ? Si son relatif appétit sexuel a toujours été un problème, t’as été un peu con con de lui passer la bague au doigt. Oui, le sexe est un élément essentiel du couple, jouez pas les vierges effarouchées. 

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En fait, ce que j’ai du mal à comprendre par dessus tout, c’est le besoin de toujours se compliquer la vie. Je veux dire qu’avoir une maîtresse, c’est quand même cacher pas mal de choses, jongler avec son emploi du temps, culpabiliser un peu (beaucoup?), tout ça pour tirer son coup ? Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ?  Le plaisir est-il essentiellement dans la peur de se faire prendre ? L’excitation de la nouveauté ? Je suis curieuse, j’ai envie de savoir. Même si ça me paraît souvent d’un égoïsme remarquable : de ta femme ou de ta maîtresse, à qui penses-tu vraiment ? A aucune des deux, seul ton plaisir compte. Tant pis si l’une d’entre elles doit en souffrir.

Tous érotomanes ?

J’ai un don dans la vie : celui de trouver les pathologies psys de mes entourants (j’ose pas dire proches car en général, ces gens là, je les maintiens loin). Oh, un mytho ! Oh, un pervers narcissique ! Oh, un futur serial killer ! Non, je déconne pour celui là… Enfin, j’espère. Et récemment, j’en ai trouvé un nouveau : l’érotomane.
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Situation : une personne de mon entourage confond politesse et signe évident de désir de l’autre pour elle, au point qu’elle se met elle-même à désirer celui qu’elle soupçonne de fantasmer sur elle. Vu que le schéma se reproduit systématiquement, je pense pathologie. “Oh, il me parle, c’est donc qu’il m’aime !”. Oui, ok, je dis souvent ça mais moi, je le dis ironiquement. Bref. Sauf que j’y repensais en me lavant les mains après avoir fait mon petit tour dans une pièce intime de l’open space et je me demandais si, dans une moindre mesure, nous n’étions pas tous un peu érotomanes.
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Situation, fictive cette fois ci mais on comprendra mieux : dans mon entourage arrive un bel homme que nous nommerons Paul parce que ça claque un peu, ça fait héros de soap opera (hmmm). Donc Paul est beau et brillant tant qu’à faire et j’ai bien envie de lui montrer ma culotte et surtout ce qui se trouve dedans. Seulement avant de montrer mon pussy à un mec, je préfère m’assurer qu’il est consentant, j’ai pas envie de la jouer à la DSK (présumé innoncent, il faut le rappeler). Donc je guette les signes. Son sourire me paraît appuyé, là. Puis si je mesure son temps de parole avec tout la gent féminine de notre entourage, il a parlé en moyenne 2.22 mn de plus avec moi qu’avec toutes les autres filles, Juliette la canon incluse. Et il m’a tenu la porte, si c’est pas un signe qu’il veut étudier mon épilation pubienne de près, hein…


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Dans les faits, Paul est naturellement poli (la porte), souriant et ce n’est pas qu’il parle plus avec moi qu’avec les autres, c’est surtout moi qui lui adresse la parole et il me répond. Bref, j’interprète des faits totalement anodins à ma sauce pour me persuader que mon crush est réciproque. Reste donc à passer à l’abordage. Et grâce à mes signes infaillibles, je me prends dans la tête que Paul est maqué, gay ou très intéressé par Juliette mais il n’ose pas lui parler car elle l’intimide. Cet article démontre donc que le temps de parole n’est PAS un indicateur sûr.

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Evidemment tout est question de proportion. Si je me suis mise en tête que Paul était intéressé par ma personne mais que ça ne va pas plus loin, je vais vite me remettre en selle. Est-ce pour autant de l’érotomanie ? Evidemment, quand nous sommes sous l’emprise d’un crush, on a toujours l’impression que c’est réciproque. Enfin, je crois. Disons qu’on
préfère penser que le comportement de Paul va dans notre sens, ça met de bonne humeur, les petits papillons dans le ventre, tout ça. La limite est dans l’obnubilation. Je m’amuse à croire que je lui plais autant qu’il me plaît, j’en suis pas encore à choisir le prénom de nos enfants.
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Mais surtout je ne tombe pas amoureuse d’un mec uniquement parce qu’il semble s’intéresser à moi. N’est-elle pas là, la véritable érotomanie. Dans certte situation, Paul ne me plaît pas forcément de prime abord mais j’ai la sensation qu’il est particulièrement souriant avec moi, il me tient la porte et me parle plus qu’à cette pétasse de Juliette. Donc il est intéressé par ma personne. Donc soudain, il me plaît et je vais me mettre en tête qu’il est à moi. Et si je me prends un vent, c’est un con-nard. Pauvre Paul.


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La phase de séduction, finalement, ce n’est bien qu’une fois qu’on a conclu et qu’on s’en souvient avec une douce nostalgie.


PS : Je viens de découvrir Paul Walker, je n’ai aucune idée de qui il s’agit précisément mais il est quand même bien appétissant (même si j’aime pas trop les muscles trop dessinés)

Nina et le scary dentiste

J’eus un secret : pendant 5 ans, j’ai disparu de l’univers biscornu et incroyablement compliqué de la sécurité sociale. 5 ans où j’ai évité tout docteur (à part le gyneco qui m’a posé Gudrun en punition). Mais la vie a décidé que ça suffisait la blague et m’a refilé un abcès
dentaire. Tiens, dans ta bouche, va te soigner !


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Un dentiste, ok mais qui ? Au moment de mon abcès (le 03 janvier, ça sentait bon l’année où j’allais morfler), j’étais encore chez boite-qui-n’a-pas-de-nom et pas encore fixée sur mon avenir professionnel donc en toute intelligence, j’ai choisi un professionnel proche du seul lieu géographique dont on reste sûr : mon appart. Henri Moutiers, je te choisis comme dentiste.

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J’avais un peu les miquettes en y allant car j’ai quelque peu négligé mes dents par le passé. La dernière fois que j’y suis allée, j’avais un truc provisoire dans la bouche (un plombage, une couronne ?) et ça n’a jamais été achevé. C’était y a 10 ans… Et j’ai un peu des dents fragiles donc dents fragiles non soignées pendant 10 ans… Hmmm… Henri m’invite à m’allonger sur le siège, j’attends la dernière seconde pour ouvrir la bouche. « mmm, je vous mets une fessée ? ». Mais Henri, il est gentil, il me dit qu’il va tout me réparer.


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Seulement Henri, c’est un petit coquinou. 3e rendez-vous, me voici prisonnière du célèbre fauteuil et il me demande de tourner légèrement la tête vers lui. Bien élevée, j’obtempère. Et là : »Je vous demande ça parce que vous avez une trop grosse poitrine et ça me gêne pour bien travailler ». Ouiiiii ? »Enfin, trop grosse, c’est juste pour travailler sinon en tant qu’homme, je la trouve parfaite. » Heu… Ouiiiiii ?

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A partir de là, c’est la grosse marade. Il me fait une radio ? « Ah, j’ai enfin une photo de vous, dommage qu’elle soit en noir et blanc, huhu ! » « je vais vous aider à mettre votre veste, ma maman m’a appris à être galant », « passez me voir, je vous offrirai le café ». Je viens un jour où je n’ai pas rendez-vous car je me suis trompée de jour ? « C’est parce que je vous manquais ! ». Mon réveil sonne alors que je suis sur le fauteuil ? « Vous avez peur de vous endormir ? Croyez bien que si ça arrive, j’en profiterai ». Ahah quel blagueur cet Henri !

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Oh, je pense que c’est un sacré coquin et pas juste avec moi. Un soir, j’étais sa dernière patiente et sa femme a appelé, ils se chamaillaient genre « mais où veux-tu que je sois ? Je suis au cabinet en pleine extraction. Oui, c’est ça allez, à plus tard ». A noter que se faire enlever une dent par un dentiste excédé, c’est une expérience un peu effrayante. Sachant qu’il m’avait anesthésiée la bouche avec un immense tube vibrant (véridique), ce soir là, j’ai bien senti mon retour de karma dentaire. Donc madame est jalouse, tu m’étonnes. Surtout que le même soir, juste avant moi, il y avait une fille jeune et très jolie, il s’est précipité pour porter ses sacs de la salle d’attente au cabinet (il m’a fait la même avec mon sac à main).


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Évidemment, Henri, il est plus sexa que sexy et mon Œdipe étant résolu, me taper un mec démo-sociologiquement identique à mon père, comment dire… Non. Mais au moins, à chaque fois que j’y vais, je gagne une petite anecdote. Demain, je crois que c’est notre dernier rendez-vous, il me l’a donné en me laissant un étrange regard intense et mélancolique. Mais t’en fais pas Henri, tu l’as dit
toi-même, mes plombages sont en fin de vie, je repasserai les changer.

C’est pas grave si tu chopes le sida, y a la trithérapie

Ce week-end, j’ai un peu regardé la télé, retardant tant que faire se peut l’heure de sortir aspirateur et serpillère. D’ailleurs, la vie s’est vengée et j’ai renversé le seau d’eau. Mais je ne suis pas ici pour vous conter mes fascinantes péripéties domestiques, je veux vous parler d’un spot vu ce week-end qui m’a violemment donné envie de hurler : le nouveau spot nous encourageant à nous dépister.

Oui, faire un test HIV n’est pas un mal (ça fait 6 mois que je dois en faire un, serait peut-être temps que je me bouge les fesses), ce n’est pas là le problème. Durant les quelques instants de ce spot, on voit une magnifique apologie de la trithérapie, le tout sur fond de dessins très naïfs. Pardon mais ce que je comprends : « le SIDA, c’est vilain mais grâce aux p’tites pilules des docteurs crougnougnous, c’est pas grave, tu pourras vivre normalement, ouééééé !” Heu… Comment dire…

De 1, la trithérapie ne guérit pas du SIDA, ça permet de retarder les effets du virus. Mais 100% des gens sous trithérapie ne survivent pas.

De 2, même si tu es sous trithérapie, tu peux refiler le SIDA donc faudrait pas trop banaliser le truc. Les capotes, c’est encore et toujours le meilleur rempart contre le SIDA puis tu peux mettre un peu de fun dans ta vie sexuelle “hé, t’as vu, ma bite elle brille dans le noir!”. Même que si y a deux hommes impliqués dans l’histoire, ils peuvent jouer à Starwars avec leur pénis lumineux. Je ne juge pas, chacun fait ce qu’il veut dans sa vie sexuelle.

De 3, la trithérapie, c’est violent. Il est vrai que les médocs à prendre sont moins nombreux et les effets secondaires un peu moins désagréables que par le passé mais ça reste une chaîne à votre cheville, vous devez prendre 4 pilules par jour et forcément, toute médication entraîne des effets secondaires peu sympas du genre grosse fatigue ou occupation
prolongée des toilettes pour cause de vidange sauvage. Ok, il est vrai qu’une fatigue et une diarrhée, c’est toujours mieux que de mourir mais ce que je souhaite souligner ici, c’est que ce n’est pas du tout anodin contrairement à ce que nous laisse sous-entendre ce spot.

En fait, j’ai été atterrée en découvrant ce petit dessin animé tout gentillet qui fait passer le SIDA pour un pépin plus que pour une maladie grave, ce qu’il est pourtant. J’ai envie de croire que dans quelques années, ce ne sera plus qu’un pépin, une maladie à la thérapie pas super agréable mais on en survit et, surtout, on en guérit. Tant que ce n’est pas le cas, minimiser à ce point la maladie est à la limite du criminel. Je suis tout à fait pour une communication pour le dépistage, c’est carrément une nécessité quand on sait que 50 000 personnes infectées en France ne le sauraient même pas. Sauf que jusqu’à preuve du contraire, le SIDA on en meurt encore aujourd’hui. Oui la trithérapie, c’est un peu comme la chimio et citons notre ami Desproges : “Sans les progrès fantastiques de la science, combien pourraient profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans”. Tu remplaces cancer par sida et ça marche presque (oui bon ok, tant que tu n’es “que” séropositif et pas sidaïque, tu peux vivre longtemps, okayyyy!). Nier à ce point la gravité de la maladie me fout vraiment mais alors vraiment en rogne. Et après, on s’étonne que les gens ne mettent plus de capote. Elle est loin l’époque du préservatif à 1 franc, des “sortez couverts” et des obélisques recouverts d’une capote géante.

Ca aurait été une bonne nouvelle si le SIDA avait enfin un traitement (je vais même pas parler des autres MST, la capote EST votre amie). Mais non.

Faites-moi penser que je dois reparler de cette histoire de capote.

On avait dit « pas le physique » !

Par Enzo

Ecoeurant. C’est le mot qui me vient à la lecture de certains articles et déclarations à propos de l’affaire DSK en cours (je doute avoir besoin de faire une introduction informative sur le sujet). Au delà du doute que l’on peut appliquer à toute chose (Descartes mon amour), au dela de la solidarité que l’on peut témoigner envers un proche accusé (l’irrépressible « mais il était si gentil ! » des proches de tueurs en série), il y a des termes, des manières qui sont écoeurantes.
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Et qui découlent de préjugés inaceptables. Les avocats se seraient permis de dire avoir été étonnés de rencontrer une plaignante « très peu jolie ». La beauté serait donc une donnée explicative, justificative de viol ? Passons, après tout ce sont ses avocats qui tentent de discréditer la plainte. Mais cet aspect est parfois repris en sous-entendu dans certains articles qui mentionnent des informations capitales : un témoin a témoigné, la plaignante a « des gros seins et des belles fesses ». De nombreux autres témoignages font acte de la beauté de la victime (si vous êtes pointilleux, « présumée » est sous-entendu et à rajouter après le mot victime tout le long de cet article). Par contre on ne parle pas du physique de l’agresseur.  Apparemment on a le droit de prendre le physique comme angle de compréhension (pour ne pas dire d’attaque), pourquoi ne pas y aller gaiement ? Un homme de 62 ans (donc vieux, au moins par rapport à la victime qui fait environ deux fois moins), gros (il n’est pas comme Arnold Schwarzenegger alors qu’il est plus jeune), moche (il n’est pas comme Harrison Ford ou Tom Selleck alors qu’il est plus jeune), accusé de viol par une séduisante jeune femme de 32 ans. Si certains sous-entendent que la beauté de la plaignante a le moindre intérêt dans l’affaire, alors l’inverse également. Quel est le plus probable ? La plaignante totalement attiré par son ventre adipeux, ses rides et ses cheveux blancs, vexée de ne pas avoir droit
à tout un après-midi d’amour car il a un déjeuner important ou un vieux libidineux qui a dû mater trop de porno pour confondre ses désirs avec la réalité ?
Mais les probabilités ne font pas la vérité. Malgré tout ce qu’on pourra conjecturer dans un sens ou dans l’autre, on aura pour l’instant affaire à un chat de Schrodinger, soit vivant soit mort tant qu’on ne l’aura pas sorti de la boite. Malgré ceux qui assureront que le chat est vivant parce qu’il était gentil, malgré ceux qui affirmeront que le chat est sûrement mort parce qu’il avait déjà fait des conneries (et donc tapera dans la fiole de poison), on ne peut toujours pas se prononcer, alors à quoi bon prendre le risque d’être ridicule ensuite ?
Pour conclure, la palme à l’un de ses proches qui pense semer un doute en avançant l’argument suivant (je résume) : « son aventure précédente (connue) était une blonde mince, là c’est une afro-américaine plantureuse ». Mais c’est bien sûr ! Ca ne peut pas être lui, ce n’est pas son type de femmes, il ne peut physiquement pas être attiré par d’autres femmes, c’est bio-logique ! D’ailleurs les médias rapportent mal les propos de certains, ce n’est pas un homme « qui aime les femmes » (sic), c’est un homme « qui n’aime que les femmes blondes » ! Comme sa femme donc. Ah non ?

Lunettes, je vais devoir vous changer

En 2011, je fais un truc inédit : je vais chez le docteur. J’ai commencé avec mon dentiste, faut que je lui consacre un article en entier tant ses avances pour le moins pressantes sont carrément flippantes. Disons que je suis un peu soulagée de voir que son célèbre fauteuil n’a pas de sangles et je pense bien à ne pas mettre de jupes quand je m’y rends, ledit fauteuil pourrait ne pas être mon ami.

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Autre docteur que je vais rencontrer lundi : mon ophtalmo. Enfin, je dis « mon » mais je ne le connais pas encore, ce n’est qu’un nom dans la liste des ophtalmos que m’a donné Google quand je lui ai demandé « ophtalmologue+Plume-sur-Berges ». L’heureux élu fut celui qui habitait tout près de chez moi. Nous verrons bien, peut-être est-il beau comme le soleil. Faut dire qu’à mes yeux (ahah), l’ophtalmo est plus séductible que le dentiste vu que je lui montre mes yeux qui sont, de l’avis général, plutôt beaux alors que le dentiste, je lui montre mes caries qui sont, de façon générale, plutôt moches. Mais tout choupinou qu’il puisse être, je sais que je vais me faire taper sur les doigts : 6 ans que j’ai les mêmes lunettes qui ne sont même plus à ma vue et en plus un peu tordues, aïe aïe aïe. Et puis, je suis tentée par une nouvelle aventure : les lentilles. Pour la plongée, ça sera mieux, ça évitera que je m’écrase le nez contre les rochers pour voir les bonnelies et autres oeufs de poulpe.

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Bref, qui dit nouvelles lunettes dit que ça va encore me coûter bonbon. BOn, j’avoue que j’ai un peu joué de prudence, j’ai appelé mon ophtalmo pensant que j’aurais un rendez-vous dans 3 mois, le temps de dire adieu à mon dentiste, mais non, juste 10 petits jours de délai (contrairement au dermato, espèce relativement peu développée dans mon secteur géographique). Sauf que y a moyen de faire de substantielles économies grâce à DealOptic. C’est un site de deals consacré aux lunettes. Chaque semaine, 5 deals sont proposés (vue, solaire, enfants, sport et spécial), vous pouvez faire de sacrées économies. Par exemple, pour en revenir à mon histoire de lunette de vue, cette semaine, je peux acheter un bon à 29 € qui représente 130 € soit 101 € d’économies. Je prends mon petit bon, je vais chez un opticien partenaire et je choisis mes lunettes. J’ai même un CoachOptic qui va me conseiller. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle vu que la dernière fois que j’ai acheté des lunettes (il y a 6 ans donc), j’étais un peu infoutue de me décider et je ne suis pas sûre d’avoir fait le bon choix. C’est que je suis coquette, quand même. En plus, y a des alertes marques si vous voulez à tout prix acheter des lunettes Chanel ou Rayban par exemple. Moi, je craquerais bien pour des Yves Saint Laurent, je vais guetter. Pour ceux qui froncent un peu les sourcils, l’achat des lunettes via dealOptic vous donne droit à un ajustement de lunettes pendant un an, rien ne change. Et évidemment, est-il besoin de préciser que les verres sont faits à partir d’une ordonnance de l’ophtalmo ou d’un contrôle
réalisé par un opticien, on ne plaisante pas avec les yeux. Et le tiers-payant de votre mutuelle fonctionne également.

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Et en prime, en ce moment, y a un concours pour gagner un iPad2. Evidemment, j’ai joué et si je gagne… Je m’en vanterai longtemps, j’écrirai mes articles en direct de mon lit et je le signalerai (je ne gagne jamais, rassurez-vous, et je peux déjà écrire des articles dans mon lit sur mon ordi portable). Mais comme vous m’aimez bien, vous pouvez augmenter mes chances de gagner (clic! clic!) :

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Bon, n’empêche, j’espère qu’il est pas trop méchant mon ophtalmo, j’aime pas me faire gronder par les docteurs. Surtout quand c’est le dentiste qui menace de me mettre la fessée (il aimerait bien, le coquin). Dès que j’ai ma prescription, je vais aller fureter sur le deal vue de la semaine. Tout en surveillant le deal solaire, j’ai pété mes lunettes de soleil lors de mon week-end en Espagne et ses derniers temps, c’est handicapant de ne pas en avoir.

Pas un phare

Par Diane

Nina, lecteurs, lectrices, jeunes et vieux, grabataires et prépubères, public chéri mon amour.

Il est arrivé récemment une drôle d’aventure qui m’a donné à réfléchir. Et quand je dis « drôle », ce n’est pas tant de par la vertu comique -loin de là- qui se dégagerait de l’événement, mais plutôt parce que celui-ci, bien qu’il ne soit pas extraordinaire en soi,  m’a laissé sur le coeur et la conscience comme un arrière goût d’incompréhension et d’amertume persistante.

Je suis allée il y a quelques semaines de cela dîner un vendredi soir avec des collègues et amis du côté des Halles.

En fin de soirée, nous nous dirigeons vers le RER quand une de mes collègues à l’oeil perçant remarque une jeune fille la main dans le sac d’une autre de nos collègues. Cette dernière vérifie, le sac ouvert, le portable envolé. La tentative très pacifique de récupérer le portable échoue, la vile voleuse ayant une armada de copines pour la pousser vers le RER. Nous restons là, pantelants et, disons le, comme des cons, les regardant s’éloigner. 

A ce moment là, plusieurs choses viennent à l’esprit: énervement, hébétude, colère, dépit, et surtout, hésitation devant la marche à suivre.

Une de mes collègues particulièrement réactive est allée directement au guichet, a brièvement expliqué la situation au monsieur RATP et voilà t’y pas qu’en un dixième de seconde une dizaine d’agents de la sécurité RATP débarquent et fondent sur les auteures du rapt portabilique. 

S’ensuit une série de hauts cris à tendance hystérique et un portable récupéré (déja sans puce….).  Tandis que justice se faisait, mon petit groupe de collègues et moi étions au milieu de tout cela. Et les secondes passant, nous commençâmes à observer que petit à petit des groupes de jeunes gens à l’air pas tellement avenant se formaient autour de nous. Grossissant avec les secondes, tandis que les cris persistaient du côté des donzelles interpellées. Les essaims qui s’étaient formés autour de nous commencèrent à sortir leurs portables,
et à nous prendre en photo. J’ai beau être une bonne banlieusarde ayant pas mal fréquenté les mauvais quartiers, je sentais petit à petit la tension monter au rythme des essaims qui croissaient toujours autour de nous et, pareille à ces inculpés que l’on voit aux flash infos, j’eus le réflexe de leur tourner le dos pour ne pas montrer mon visage (étrange retournement de situation qui me fait prendre victime une attitude de coupable…).

Les donzelles en cause ont été embarquées. Et là, d’un coup, le plan initial de prendre le RER pour rentrer chez moi ne m’est soudainement plus apparu comme une option possible, les regards des groupes alentours toujours fixés sur nous.

Heureusement, les agents de la sécurité nous ont proposé de nous escorter jusqu’au commissariat où des proches pourraient venir nous chercher. Fin de l’histoire.

Et après coup, je me demande: si une situation du même genre se présentait, prendrais-je le risque de me défendre?

Sur le coup, avec 8 agents de sécurité et une bonne trentaine de jeunes gens moyennement friendly autour, je vous avoue que j’ai sérieusement eu les miquettes, et que du coup on en vient même à regretter de ne pas s’être laissé faire.

On se dit que bon, il vaudrait ptêtre mieux se laisser piquer son portable et rentrer chez soi en paix.

Mais d’un autre côté, si tout le monde se dit cela, il reste tout de même un très gênant et agaçant sentiment d’impunité, de leur donner exactement ce qu’ils veulent, de se laisser terroriser. Quelque part, ce soir là, après avoir piqué peut-être 154 portables, eh bien justice à été faite. C’était une récidive, il y aura des suites.

Etant professeur, quand j’étais au milieu de l’essaim, plus tellement rassurée que ça par les agents de sécurité d’un nombre bien inférieur à l’essaim en question, je me suis dit que c’était cela que devaient ressentir les élèves victimes de racket qui ont dénoncé leur tortionnaire et qui ont peur des représailles. Que les agents RATP, c’était nous les profs qui rassurons les élèves en leur disant que tout ira bien. Mais nous ne sommes pas en permanence derrière eux, nous ne sommes pas là quand ils franchissent la porte du collège la peur au ventre pour parcourir le plus rapidement possible la distance qui les sépare de chez eux.

Et puis je pense au groupe de jeunes filles en question dont les journées consistent à errer dans les alentours des halles en gueulant le plus fort possible (il faut bien exister…) et de gérer leur petit trafic de vol de portables ou que sais-je encore.

Elles nous regardaient avec une telle haine et une telle colère pendant l’interpellation que j’avais l’impression que c’était nous qui étions en faute. Que se défendre, c’était presque les insulter.

Puis-je vraiment leur en vouloir? Qu' »est ce que c’est, leur vie à elles? Qu’est ce qu’elles ont eu comme choix dans la vie?

Alors oui je sais faut redescendre sur terre, c’est pas nouveau tout ça, c’est ça la vie etc… Cela n’a rien d’extraordinaire. Et pourtant.

J’ai un mauvais goût dans l’âme. Une sensation de lâcheté de ma part (si ma collègue n’était pas allé prévenir la RATP, l’aurais-je fait?), d’incertitude (si la situation se représente, le ferais-je? toute ma raison et ma « conscience citoyenne » me disent que oui, le désagréable souvenir de cet événement me le permettra t-il?). Un peu de honte, un peu de compassion triste aussi. Je pense à certains de mes élèves, gentils au début, qui flanchent petit à petit parce qu’ils ne sont pas adaptés au système scolaire français et qu’ils en ont
légitimement marre d’enchainer les 2/20 et qu’on les oblige à rester cloués sur une chaise 8h par jour jusqu’à leurs 16 ans. Alors ils n’essayent plus. Ils cherchent, et trouvent bien vite une autre façon d’exister.

Menfin. Sur ce, et pour finir sur le sujet, j’en profite pour une nouvelle fois vous refiler du Hugo à cogiter. Un extrait d’un très joli poème qui a d’ailleurs été cité il n’y a pas longtemps dans un téléfilm sur l’école  justement. Hugo s’adresse ici aux dirigeants politiques, mais cela s’adapte très bien aux professeurs et éducateurs de tous poils. 

Sic transit gloria mundi,

Pfiouuu…

 

 [… ]Je défends l’égaré, le faible, et cette foule

Qui, n’ayant jamais eu de point d’appui, s’écroule

Et tombe folle au fond des noirs événements ;

Etant les ignorants, ils sont les incléments ;

Hélas ! combien de temps faudra-t-il vous redire

À vous tous, que c’était à vous de les conduire,

Qu’il fallait leur donner leur part de la cité,

Que votre aveuglement produit leur cécité ;

D’une tutelle avare on recueille les suites,

Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.

Vous ne les avez pas guidés, pris par la main,

Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin ;

Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ;

C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.

Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;

Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;

Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse

Et plus morne là-haut que les branches des bois ;

Pas un phare. A tâtons, en détresse, aux abois,

Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ? [….]


Hugo, à ceux qu’on foule aux pieds

Y a comme une couille dans le potage

Question : devais-je parler de cette affaire DSK sur mon blog, dans la mesure où je ne tiens pas un blog d’actu, que je n’ai guère traité le drame japonais, les révolutions arabes et les 30 ans d’arrivée au pouvoir de Mitterrand donc je ne suis pas à un non traitement de l’actu près. Et puis que dire qui n’a déjà été dit ? Sans parler du fait que, quoi que j’en pense, que je crois ou non aux accusations, je n’y étais pas donc mon avis reste un avis.

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Il faut dire que c’est une actualité qui ne laisse pas de glace. La question essentielle tourne autour de la véracité de ces faits. Si cela s’avère vrai, je plains de tout mon coeur la pauvre victime que tout le monde a déjà oublié. La scène politique française se serre les coudes, à gauche comme à droite, pour dire que, non, non, Dom’ n’est pas comme ça. Oui il aime les femmes, c’est un séducteur mais il n’est pas violent. Seuls les Le Pen crient haut et fort au pervers mais les Le Pen, ils ne sont pas à un racolage près. Si c’est faux, nous voici face à une histoire digne d’un pitch de série télé voire de film, le Président du FMI, déjà annoncé comme prochain Président de la France, piégé pour d’obscures raisons que nous découvrirons lors,de la saison 3 ou à la fin du film… 

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Il faut dire que sexe et politique, c’est intimement lié. Même en France où on ne condamne pas un homme politique car il est allé tremper son biscuit dans un autre lait que celui de sa légitime épouse (ou tout du moins compagne, les politiques français du XXIe vivent parfois en couple sans être mariés), on ne peut s’empêcher de papoter des histoires de cul des uns et des autres. Le tout Paris journalistique sait et se sent supérieur au peuple ignorant que le député Durand trompe sa femme avec sa secrétaire, assistante, collègue, une journaliste, la femme d’un notable ou Dieu seul sait qui. Tiens, voilà un angle d’attaque intéressant, ça… Donc parlons de cette sphère grise journalistique qui sait les choses mais se tait.

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Le week-end dernier, je lisais le Nouvel Obs et au détour d’un article consacré à DSK et à Ramzy Khiroun (l’homme à la Porsche), je croise le nom de Tristane Banon, une obscure journaliste qui aurait écrit un livre au vitriol sur DSK. Oui bon, ok, je classe cette info dans l’étagère « sans intérêt » de ma mémoire. Pas plus de 24h plus tard, la fameuse Tristane devient la première victime officielle et identifiée de DSK. Pourtant, ce secret était de polichinelle dans le milieu des journalistes politiques, elle le dit elle-même dans une intervention dans une émission d’Ardisson dont l’extrait a tourné tout le week-end « tout le monde le sait qu’il a de vrais problèmes avec les femmes », un truc du genre. Je suppose que la connaissance de tout ce off, de ces secrets d’alcôve donne un sentiment de puissance, de « moi je sais ». Quand je bossais chez TGGP, nous avions appris que notre Président fricotait avec une journaliste blonde sur des
plages marocaines. Depuis, mon entourage me prend pour « celle qui sait », ma mère s’est empressée de me demander mon avis sur cette affaire DSK. Sauf que je n’étais pas à New York ce week-end (j’aurais bien aimé, ceci dit. Pas au Sofitel pour voir ce qu’il se passe, juste à New York) donc je n’en ai pas la moindre idée, je n’ai que des présomptions et elles n’intéressent pas grand monde. Il est vrai que c’est amusant de savoir qui fornique avec qui, ça donne de la puissance, une autre image de ceux qui nous gouvernent ou ceux qui nous font rêver, si on parle show business. Déjà, à mon modeste niveau, j’ai vent de beaucoup de coucheries. Je ne partage pas forcément l’info ou à un public choisi sur le volet.

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Mais le fait de savoir fait de vous quelqu’un, apparemment. Cette histoire de président et de journaliste remonte à quasi 4 ans et je garde mon aura de celle qui sait alors que je suis assez agacée par les « toi qui sais tout… ». Non je suis très loin de tout savoir.Non, je ne sais pas si Carla Bruni est enceinte de façon certaine, non, je ne sais pas si elle attend des jumeaux. Je ne peux que supposer et en plus, je m’en tape un peu. Mais pourquoi cette fascination pour ceux qui savent, pour les secrets d’alcôves ? Ce n’est pas nouveau, y a qu’à
voir la pile de livres qui sortent régulièrement sur les maîtresses des Rois de France (j’ai d’ailleurs trouvé un très vieux bouquin prêt à être jeté sur les histoires d’amour de Louis XV, faut que je le lise), le portrait consacré à Anne Pingeot, « l’autre femme » de Mitterrand dans le Nouvel Obs. Parce que savoir, c’est tutoyer le pouvoir, c’est se donner une aura d’importance « oui, je sais mais je ne peux pas te dire ». C’est se gausser quand on entend la plèbe bruisser à propos d’une liaison entre X et Y alors qu’on sait très bien que X couche en fait avec Z et que ça fera son petit effet quand on lâchera l’info, l’air de rien, dans les dîners en ville. 

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Il n’empêche que ça ne nous dit toujours pas si DSK a voulu jouer au docteur avec la femme de chambre…

PS : En fait, ceci est un exemple typique de l’article non maîtrisé, j’aime bien.

« Toi tu t’es affranchi du modèle parental »

Ce week-end, enterrement de vie de jeune fille de ma soeur avec la majorité des gens qui l’aiment notamment Yohann, le « presque-frère », et votre servitrice, donc. Filles et garçons s’étant retrouvés en fin de journée, nous avons donc dîné tous ensemble. Au fur
et à mesure des mouvements des uns et des autres, je me retrouve à côté de Yohann qui me déclare solennellement : « Tu vois, ce que j’ai toujours admiré chez toi, c’est ta capacité à t’affranchir du modèle parental ». Ah, j’ai fait ça, moi ?


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De fait, Yohann parlait de ma capacité à m’inventer mon propre modèle de vie là où Alice était plus dans la reproduction du couple parental. Je suis célibataire et vis seule sans que ça me mine, j’ai eu des histoires très compliquées que j’ai osé tenter plutôt que de les condamner de suite. Même pour ma carrière, je suis électron libre. J’en avais justement parlé à Blanche, sa compagne dans la journée. Je lui expliquais que quand on m’avait annoncé dans la-boîte-à-qui-j-ai-jamais-donné-de-nom qu’ils ne me gardaient pas, j’ai fini par en pleurer, elle m’a regardée, interloquée : « Oh ben avec Yohann, on admirait justement ta capacité à changer de boulot quand ça va plus sans jamais t’en inquiéter.

– Oui mais là, c’était pas mon choix… » 

Enfin, pas vraiment…


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Pourtant je ne prétends pas à ça. Je ne me sens pas trente secondes en rébellion contre un quelconque modèle. Il est vrai que je suis un peu différente du reste de ma cellule familiale, je suis l’éternelle papillon qui volète de fleurs en fleurs, d’hommes en hommes, de boulot en boulot. Je saisis les opportunités sans réellement m’en angoisser. Et je suis la seule de gauche aussi quoi qu’il faudrait que je regarde où en sont Yohann et Alice, deux très gros déçus du Sarkozysme. Mais vu que lorsque j’ai présenté l’Amoureux à la famille, mon père
s’est à un moment senti obligé de préciser Yohann que l’Amoureux était de gauche, je suppose que je suis la seule à avoir un poster de François Hollande dans ma chambre. Mais je suis juste incapable de comprendre comment mes convictions m’ont portée à gauche, je n’ai pas du tout la sensation que c’est en contradiction avec mes parents, juste que ça correspond mieux à mes préoccupations, ma vision de la société… Mais ces différences, je n’en fais rien. J’ai cessé de parler politique avec mes parents pour la paix de nos esprits, je ne leur raconte que très rarement mes péripéties amoureuses (je crois qu’ils ont entendu parler de 5 des mecs que j’ai rencontrés et encore, deux, c’était par hasard du genre l’un m’avait mis des suçons plein le coup et l’autre m’envoyait des tas de textos durant le week-end parisien de mes parents, ces derniers ont donc compris qu’il y avait quéquette sous couette), pas du tout mes péripéties sexuelles et je jure en toute sincérité à chaque changement de poste que cette fois-ci, je vais y rester. Donc cette fois-ci, j’ai retenu, j’ai rien juré du tout, je ne dis RIEN.


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Pourtant le modèle parental de la famille Bartoldi me paraît plein de bon sens et garantie d’un certain bonheur. 35 ans que mes parents sont amoureux et ils ont leur coté foufou puisqu’ils se sont mariés 1 an et 3 mois pile après leur premier bisou. A l’heure actuelle, je ne serais pas capable d’un tel engagement en si peu de temps. Mes parents sont un merveilleux modèle dans la mesure où ils m’ont appris qu’on pouvait avoir une carrière chronophage et avoir des enfants heureux. Pendant toute mon enfance, mon père faisait des journées de 12h, de 8 à 20h (aujourd’hui encore…), ma mère a fait les 3×8. Alors oui, le soir, quand je rentrais chez moi, j’étais pas toujours accueillie par ma maman qui nous avait préparé un bon goûter, nous avons dû nous débrouiller toutes seules pour de petites choses comme faire nos devoirs sans rendre de compte à personne (ce que je n’ai jamais vraiment fait, en fait, j’ai commencé à bosser à la fac). 


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En fait, je trouve que cette histoire de rupture avec un modèle quel qu’il soit ne me correspond pas. J’agis et réagis en fonction des aléas de la vie, sans calcul spécifique car j’ai compris qu’il s’agissait d’une gageure. Je peux commencer une nouvelle relation ou un nouveau boulot avec le secret espoir d’y trouver une stabilité, que ça dure, on ne sait jamais. Mais je refuse de me mettre la pression là dessus. A l’heure actuelle, je suis bien dans mon nouveau boulot, nouveau boulot que je n’aurais jamais obtenu si je m’étais entêtée à rester chez TGGP ou Pubilon. Enfin, à priori mais ma non confirmation coïncidant pile avec un besoin de mon agence d’un community manager, nous nous sommes trouvés. Aujourd’hui, je suis célibataire et je fais avec, c’est parfois top, parfois chiant. C’est comme ça mais je ne force rien. Si demain, je rencontre un mec extra avec qui je suis bien, je ferai en sorte que ça dure. Si je ne suis pas
ou plus heureuse, je partirai, comme je l’ai déjà fait. Car je me fous de me faire passer la bague au doigt un jour, je n’ai effectivement pas besoin d’un nous pour exister, je ne veux d’un nous que s’il me rend heureuse (avec un petit h, l’amour comme le boulot, c’est jamais tout rose). Ce « nous » est à lire dans le sens personnel et professionnel. Je me veux et je nous veux épanouis. Est-ce vraiment une rupture ?

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Non, mes parents ont juste eu la chance de trouver le bon « nous ».