Comment bien vivre la grève

Bien que je ne sois pas Birmane réprimée, je me permets de reparler de grève mais de façon un peu ludique car après tout, on va arrêter de se la jouer sérieux, rigolons un peu. Donc me voici dans la tourmente, au cœur du cyclone. Ce n’était pas la première grève que je subissais mais celle la était bien terrible, je devais m’organiser.

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Bon puisque c’est la galère, ce n’est pas la peine de partir à l’aube. Déjà, je me démerde pour venir bosser, c’est pas si mal. Et puis si j’arrive vraiment tard, je mettrai ça sur le dos des grèves. Donc je pars tranquille de chez moi. Bizarrement, il fait beau. Non parce que je dois marcher 15 mn pour rejoindre un métro donc 5 à 10 dehors… Arrivée à la station, je m’arrête acheter Elle. Ben oui, les attentes seront longues alors bon…Mais j’ai de la chance, je peux prendre des lignes qui marchent encore (ou à peu près) et au départ, en plus. Première rame part 5 minutes après que j’ai posé mes fesses dedans, j’attends pas trop à la correspondance non plus. Arrivée à la correspondance suivante, par contre, la ligne que je dois prendre ne marche pas donc je finis à pied. Un petit quart d’heure mais il fait beau.

Le soir, j’ai la bonne idée de partir tôt mais en fait, c’était pas une bonne idée. Je refais le même trajet. Après mon quart d’heure de marche, j’arrive à la station « la prochaine rame passe dans 25 mn ». Putaiiiiiiiiiiiiiiin. L’autre ligne refonctionne mais c’est pire donc je reviens sur la première et patiente. Elle est mon amie. En face, la rame passe, si y en a un qui pète, la rame explose. Une vieille à côté de moi qui a très envie de parler commence à commenter « ohlala, tout le monde n’a pas pu monter ».J’essaie de la rassurer, lui rappelant qu’il y a une grosse station juste avant la nôtre, les gens seront descendus. Voilà notre rame. Bondée. Pas grave, on monte. Dans le métro, quasi que des touristes, ça parle dans toutes les langues. J’envoie un peu chier une dame qui s’appuie lourdement sur la barre centrale, m’empêchant de m’y accrocher. Mais si ce premier bout de trajet se passe bien, la suite par contre… Arrivée sur le quai de l’autre ligne, c’est la cohue. Que 10 minutes d’attente, ça gère. La rame arrive, c’est bondé, les gens montent et je me retrouve sur le quai face à une foule compacte.


Prochaine rame ? 25 mn. Et ta sœur, elle bat le beurre ? Alors on va y aller en finesse, on pousse dans le tas, c’est le Chabal powaaaaaaaaaaaaaaaa. Bon, je rentre mon pied, c’est bon, ça passe. Sauf que les portes se referment et j’ai le bras tendu vers le haut, y a pas de place pour le redescendre. A chaque station, ça fait un peu piscine à vague humaine, on est poussé dans tous les sens. Le premier qui a le mal de mer, je le décalque !  On ne me vomit pas dessus. Mes 15 mn de marche, quelques courses. J’ai mis 2h pour rentrer contre 40 minutes en temps normal.

Le lendemain, je la joue autrement. Partie (très) tardivement, c’est surtout au retour que je vais décaler mon départ : puisque de toute façon, faut attendre, autant ne pas le faire aux heures de pointes. Donc me voici à 19h30 sur le quai et là, j’attends à peine quelques minutes. Idem à la correspondance. Du coup, je me voici rentrée plus vite. En me décalant, j’ai croisé du monde, bien sûr, mais moins globalement. Toujours pas mal de touristes… Ben ouais, quand tu viens passer tes vacances dans une capitale, c’est pas une grève qui va t’empêcher de
visiter. Parce que les touristes descendent rarement en lointaine banlieue.

 Bref, les choses reprennent leur cours normal, j’ai craint un instant qu’on revive le remake de cet hiver (3 semaines de grève donc) parce que ça va deux jours, je fais contre mauvaise fortune bon cœur mais faut pas pousser mémé dans les orties. Moi, j’ai pu aller travailler sans (trop) de soucis, ce ne fut pas le cas de beaucoup de gens. Bon, j’en ai honteusement profité pour faire des mini grasses mat, je pourrais pousser la mauvaise foi à dire que c’est en solidarité avec les cheminots mais honnêtement, jeudi et vendredi matin, la seule chose avec

laquelle j’étais solidaire, c’était mon lit. Et c’était trop bon !

Trop de grève tue la grève

Aujourd’hui, c’est grève, j’imagine que certains d’entre vous résidant en banlieue lointaine n’iront pas bosser. Moi, comme une fille sérieuse que je suis, je vais me démerder comme je peux, je vais essayer de prendre un métro quelque part. Mais bon, je sens que je vais rire. Pour ceux qui ne vivent pas à Paris, je résume : quasi aucun RER, quasi aucun métro sauf ligne 14 car pas de conducteur (mais je m’en fous, la 14 me sert à rien pour aller bosser), pas de train non plus… Le Velib ? S’il en reste un, j’aurai de la chance. Bref, c’est la
merdasse.
 Je ne souhaite pas débattre des raisons de la grève car chacun va avoir son petit avis selon sa position donc je pressens le truc stérile. Non, moi, je vais parler de grève en tant que telle. Ca faisait longtemps qu’on n’en avait pas eu une, depuis l’hiver dernier, de mémoire. Mais là, elle est gigantesque, celle là. Je sais pas en province mais à Paris, c’est le cataclysme annoncé, plein de gens vont rester bloqués chez eux, tout ça, tout ça. Du coup, quelle que soit la cause défendue, les gens ne sont pas vraiment ravis de la situation. Demain, tendez l’oreille,

je vous parie que plus d’une personne sur deux pestera « font chier à la SNCF, ils en foutent pas une et nous, on a le droit d’aller bosser ». Au milieu, il y aura sans doute une petite brunette également excédée qui va pester en attendant son métro… Parce que moi, je veux bien écouter leur cause mais je veux bien aller bosser puisque les régimes spéciaux, tout ça, ça ne me concerne absolument pas. Ce qui me concerne, moi, c’est mon loyer… Solidarité ? Mais ce n’est pas mon corps de métier. Je veux bien être solidaire mais pas n’importe comment.

Ca me rappelle la fac. J’étais au Mirail, fac rouge cramoisie. J’ai subi deux piquets de grève, un dès la première année, un en 2e année de maîtrise, j’avais plus cours donc c’était moins dramatique. Mais la première, je l’ai mal vécue, je me suis sentie prise en otage. On ne pouvait plus accéder aux salles de cours à cause des piquets, donc, on se faisait traiter de fasciste si on ne partageait pas leurs revendications. Autant vous dire que ce genre de comportement n’aide pas à compatir à la situation, loin de là. Surtout que ça virait au n’importe quoi « on est contre le rapport Attali, le 3-5-8 et puis on veut une maison des étudiants dans tous les quartiers et les transports gratuits ! » Et pourquoi pas une
visite gratuite dans un salon de massage ? Un syndicaliste m’avait expliqué un jour que c’était le principe de demander un bras pour obtenir une main… Mouais. Sauf qu’à l’arrivée, leurs premières victimes furent les étudiants qui, démotivés par 3 semaines de grève dures ont laissé tomber.

Du coup, je me pose la question de l’utilisation de la grève. Bien entendu, remettre en cause le droit de grève serait un grave problème. Surtout quand on a fait histoire. Maintenant, la question est : quand faut-il faire grève et comment ? C’est vrai que quand la SNCF ou la Poste font grève, forcément, ça se voit. Quand il s’agit d’une petite PME, beaucoup moins. Mais il est vrai qu’être victime de ces grèves, ça agace. L’hiver dernier, il n’y avait quasi plus de train pendant 3 semaines par chez moi car ils refusaient les nouvelles horaires… Sauf que ce sont les mêmes qu’avant ! Là, y a sans doute aussi un problème de communication sur les causes de la grève, ça nous paraît ridicule, du coup, infondé et juste agaçant.

Bien sûr, le service minimum est une solution. Ma mère est infirmière, si elle fait grève, elle doit quand même travailler, tout comme les pompiers, par exemple… Bon, ok, entre un train et un hôpital, c’est pas la même utilité mais tout de même. J’avoue que je n’aime pas cette sensation d’être prise en otage, c’est obligée de « compatir » à une cause. A la fac, on était « face en grève » pour une poignée qui empêche les autres de bosser.

Mais surtout, la question essentielle que je me pose est : trop de grève tue-t-il la grève ? On n’écoute plus les revendications, on en a marre. Y a qu’à voir les
commentaires sur mon article sur les problèmes de transport, c’est sorti plusieurs fois. Par ailleurs, je me demande si toutes ces grèves ne risquent pas d’amoindrir les revendications futures ? Il est vrai que des grèves ont permis de mettre fin à certains trucs comme le CPE. Mais je sais pas si se battre contre toutes les évolutions est forcément une bonne chose. Ok, le CPE n’était pas une bonne proposition mais il y a des systèmes qui ne fonctionnent plus… N’est-il pas possible de se concerter avant de protester ? Des fois, j’aimerais que les syndicats soient aussi force de proposition plutôt que de contestation, on avancerait plus. Parce que bon, dire non, c’est bien mais on peut plus rester dans l’état où nous sommes…

Enfin, bref, en attendant, bon courage à ceux qui doivent prendre les transports en commun aujourd’hui, je sens qu’on va pas s’ennuyer…

Mmmmm Chabal !!

Débuter un article avec un titre aussi naze, je sais, je devrais avoir méga honte mais pas du tout, en fait. Pour les 3 du fond qui n’ont pas suivi, je vais parler rugby mais restez parce que le sujet, c’est pas que ça, en fait. En fait voici l’article que j’avais prévu la semaine dernière mais que j’avais pas écrit parce que je faisais autre chose.

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Semaine dernière, avant le quart de finale contre les All Blacks, je lis mon Elle. Oui, une phrase qui allie Elle et rugby, c’est possible. Là, je découvre une chronique de mon cher ami Eric Zemmour. Lui, je vois son nom, j’ai des envie de meurtre, c’est automatique. Et quand je le lis, c’est pire. Je vous résume sa pensée (si, si, paraît qu’il y en a une) : Chabal, c’est trop trop cool qu’il soit mis en avant parce que ce sont les vraies valeurs viriles du rugby qu’il représente, contrairement aux tapettes joueurs du calendrier et du Stade Français. Regardez, femmes, un homme, c’est barbu, poilu, hirsute, musclé, cradouille, pas gentil… Les autres, c’est que des pédés, il nous sape notre virilité. Et puis vous n’y connaissez rien au rugby, d’abord, c’est votre faute, à vous et aux tafioles homosexuels qui ont imposé cette féminité dans le sport. Au moins.

Forcément, je lis ça, je m’énerve. Bon, déjà, Zemmour, je devrais vraiment pas lire, je le sais que ça va m’énerver. Alors, M. Zemmour, je me permets de vous répondre, malgré mon irrespect et mon mépris pour vous. Alors commençons par le « vous n’y connaissez rien au rugby et vous le féminisez ». Prenons mon cas personnel, au hasard. 25 ans, journaliste rugby (oui, stagiaire mais quand même) qui attend devant les vestiaires pour interviewer les joueurs et qui pose des questions intelligentes parce que je m’intéresse à ce qu’ils ont fait sur le terrain. Même que j’ai suivi le match et même que j’ai compris tout ce qu’il se passait. Oui, je m’intéresse au rugby et pas qu’au cul des joueurs. Moi, quand je regarde le rugby, j’explique à Enzo sur MSN les règles, je m’énerve face à certaines couffes des Français, je peux expliquer à Vicky ce qu’il se passe à la télé… Alors, oui, je suis folle amoureuse d’Elissalde, j’ai fait ma maline
quand Michalak m’a fait la bise, quand je croise Betsen en boîte, je trouve sa virilité torride. Donc je m’intéresse au rugby en dépit du calendrier, du maillot rose du Stade Français, du côté glamour de certains joueurs parce qu’au fond, je ne regarderais pas un sport juste pour mater des mecs. Si on regarde le foot, par exemple, y a des joueurs très craqua miou genre les Italiens, là, mais je vais pas me taper de 90 minutes d’un sport qui m’intéresse pas pour mater épisodiquement un mec. J’ai autre chose à foutre de ma vie.

 Et puis ça veut dire quoi « vous, les femmes, vous vous intéressez qu’à la plastique des joueurs ». Alors voilà, aux hommes le sport, aux femmes les soap et émissions de cuisine. Bah ouais, qu’est-ce qu’on fait chier à regarder et même à aimer le sport ? C’est un truc de mec, nous, on a juste droit à la gym, la danse et à la limite, la natation synchronisée. Ah, et le cheval aussi. Ce qui est « amusant », très entre guillemets, c’est la réaction des mecs lambdas quand on dit qu’on s’intéresse à des sports de « mecs ». Toi, tu t’y connais en rugby? Mouahahahah! Ben ouais, mon gars, je suis allée dans les vestiaires, je les ai interrogés, j’étais la chouchoute de l’équipe d’Aurillac, j’avais qu’à demander quel joueur je voulais interviewer et je l’avais. Et ce n’est pas juste parce que j’ai des gros seins et les yeux bleus, c’est surtout parce que je faisais de bons papiers. D’ailleurs, je n’ai jamais été mal vue par les joueurs. Entre eux et moi, il

n’y avait pas de question de sexe, j’étais journaliste asexuée, point. Pareil quand je me mets à parler F1, au début, ça rigole et on se rend vite compte que je sais de quoi je parle. De toute façon, en F1, si on regarde que pour la beauté des pilotes, il ne faut regarder que les 5 minutes du podium, sinon, ils ont un casque, on voit rien ! On voit même pas leur cul. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui encore, j’ai l’impression qu’une femme ne peut pas aimer le sport sans que ça paraisse suspect.

 Enfin, Chabal. Bon joueur, ok, mais pas toujours. Face à la Nouvelle Zélande, il a été plutôt discret, on dira. Pourquoi c’est la nouvelle coqueluche? Mais parce qu’il détonne. Il y a 5-10 ans, ce qui déteignait, c’était les beaux gosses pas abîmés et « fins » (par rapport aux autres parce que même les plus fins sont hyper baraques). Et ça, on aime les « pas pareil ». Je suis pas sûre que si Chabal avait été anglais ou néo-zélandais, il aurait été une star à ce point vu qu’il serait plus dans le ton. Oui, il est bon, oui, il est impressionnant mais moi, il me fait pas

triper. Sa virilité, ça me fait pas craquer du tout, c’est juste pas mon genre. Quand il fait une belle action, j’applaudis, quand il se vautre, je râle. Il joue tant mieux, il joue pas, tant pis. Mais si on regarde, sur le papier, j’ai l’impression que le meilleur joueur français de ce mondial, c’est Elissalde, le gars fin d’1m72. Forcément, Elissalde et Chabal, ils n’occupent pas le même poste, je rappelle. On n’a pas besoin des mêmes forces pour l’un et l’autre… Ah, ça, M. Zemmour, il a pas fait gaffe. Non parce que si on regarde Betsen, par exemple, qui a toujours été dans le calendrier, avec son visage aux traits saillants, ses cicatrices, ses cuisses larges comme des troncs, sa carrure puissante, il n’a rien du tout à envier à Chabal. Hé oui, les joueurs virils n’a rien de nouveau et même que des fois ils sont dans le calendrier… Je ne sais pas pourquoi Betsen n’a jamais été plus sur le devant de la scène et pourquoi Chabal est devenu la nouvelle coqueluche, peu importe. Mais je le dis haut et fort : oui, les femmes ont le droit de s’intéresser au sport et pas juste pour les petits culs moulés, les (bons) joueurs virils peuvent aussi jouer le jeu du calendrier. La « pédéisation » du Stade Français amenée par Max Guazzini, ça agace ? Et alors ? Ils sont quand même champion de France et c’est pas un hasard. Mais bon, c’est vrai qu’à force de se focaliser sur ce genre de détails, on oublie que les mecs sur le calendrier, ce sont des joueurs des vrais. Ceux qui, une fois rhabillés, s’arrachent sur un terrain. Et c’est ça qui compte. N’est-ce pas, M. Zemmour ?

La Politique n’est plus ce qu’elle était…

Par Lucas

Ce titre est emprunté à René Remond !

Bon.. Lectureuses, lectureurs, je vais vous parlez rapido de politique ! Naaaan, partez pas, la politique ça peut être trrrrès fun !
Ce week end, Le Monde 2 a titré sur cet enculé de Jospin. Yoyo se fend d’un bouquin pour expliquer à Ségo à quel point elle a été une cruche. Bon bah merci Yoyo, mais qui est ce qui a perdu en 2002 ? Qui est ce qui n’a pas renové le PS ?

Alors oui, bien sûr les lectrices et lecteurs aigri(es) vont me dire : La critique est facile, l’art est difficile.  Bah justement, z’avez pas
l’impression que ca s’applique à Yoyo ça ? D’accord, La critique est facile gnagnagna c’est un aphorisme évident et simpliste, mais tellement à propos !

Yoyo a fait un mea culpa après la défaite de 2002. Un mea culpa de facade, équivoque et compassé, artificiel et spécieux. Ah, elle est belle l’honnêteté intellectuelle de Yoyo… Honnêteté de façade oui !!

Alors qu’il était aux affaires, il n’a ja-mais cherché à moderniser un parti déjà sénile et archaïque. Il n’a pas écrit d’essai pour justifier sa défaite mais seulement un livre de pensées, certes intelligentes, mais par trop theoriques ( Le monde comme je le vois, 2005).
Au lieu de chercher à renover le PS, il a démontré dans son pamphlet que tous les éléphants sont « égo »…
Le pire, c’est que Blum lui même avait prévu  ce délabrement intellectuel, en 1946, en écrivant « A l’échelle Humaine ». Rah ça me bouffe ce constat !!
Oui, je suis furax d’avoir une gauche aussi lache ! Oui, je suis furax de voir des éléphants stopper net tout ce qui pourrait nuire à leur potentat !

Yoyo n’a pas compris que la politique française était rentrée dans l’ère de l’image, de l’impression donnée. Ce n’est pas pour rien que Babar a appelé son parti « Mouvement Démocrate ». La nouvelle opposition dans 5 ans ce sera lui ! Un MoDem qui fera face à un parti Republicain (UMP) à bout de souffle. Le PS d’alors sera réduit à une statue fissurée, incongrue et abjecte. Un parti folklorique qu’on montrera gentiment aux touristes asiatiques…

J’aimerais bien avoir vos avis les gens ! N’hésitez pas !
Bonne semaine !

Demain, le grand exil (mais bien sûr)

(version audio en fin d’article)

Aujourd’hui, il faut aller voter, c’est important. Vous savez pour qui je voterai donc je vais pas vous faire de prosélytisme. Déjà, je n’ai pas la prétention de changer vos votes, restons modestes bordel. Donc, moi, je ne dirai qu’une chose : votez. Ségo, Sarko ou blanc si le cœur vous en dit mais votez. C’était le petit message citoyen de Nina.

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Revenons un peu sur la campagne. Cette année encore, nous avons eu droit à propagande et coup bas, Internet ayant bien aidé à la propagation de blagounettes ridicules ou pas, de rumeurs débiles, d’argumentaires discutables… Le week-end dernier, je me suis énervée devant la vidéo présentant un Sarko en héros sauvant un enfant de l’école maternelle de Neuilly. Musique à la film de Bruce Willis qui sauve le monde, témoignages, tout ça. Bon, les pompiers et les flics qui étaient là, eux, ils ne faisaient que de la figuration, c’est Nico qu’a tout fait. Bref, j’ai trouvé cette vidéo nauséabonde, beaucoup trop Georges-W-Bushesque à mon goût. Je n’ai pas aimé certains propos de M. Sarkozy pendant la campagne et même avant, surtout l’histoire des gênes mais
passons. Ce qu’a dit Ségo ne m’a pas toujours plu non plus.

Ce qui m’amuse le plus dans ces élections, ce sont tous les gens qui annoncent le plus sérieusement du monde « Si tel(le) candidat(e) passe, je quitte la France ». Au moins ! D’ailleurs, si j’écoute bien, demain, quoi qu’il arrive, une bonne partie de nos citoyens quitteront l’hexagone car l’infâme est au pouvoir. Le Diable ou la Succube, au choix. Là, je lève les yeux au ciel et je soupire très fort. Non mais vous allez vous calmer oui ? Ceci étant, ça a inspiré une chronique très drôle à mon idole journalistique François Reynaerts dans l’Obs de cette
semaine donc c’est pas tout à fait inutile. Mais hormis ça, ce psychodrame de l’exil me saoule un peu, pour être honnête. Non parce que moi, qu’est-ce que je vois ? Deux candidats issus des deux plus grandes formations démocrates de France, l’un d’entre eux accèdera au pouvoir de façon démocratique aussi demain. Un coup d’Etat perpétré par au moins la moitié des citoyens français, waouh !

Bien sûr, rien de bien neuf sous le soleil, chaque fois, c’est pareil. Pourtant, quand Mitterrand a été élu en 1981, les chars soviétiques ne sont pas entrés dans Paris, comme quoi… Les délires politiques, y a des jours où ça me fatigue, surtout que la plupart des gens vous disent « non mais moi, je sais, j’ai bien écouté son programme et tout ça ». Mais bien sûr, et la marmotte… Je me souviens en 2002, ça a été du grand n’importe quoi, du genre « merde, mon arrière grand-père est porturgais, si Le Pen passe, je vais me faire expulser ». Politique, ton univers impitoyaaaaable-euh ! Non mais ça va, on vit pas dans un film, non plus. Je trouve grave qu’on traite Sarkozy de fasciste voire pire, quand on sait ce qu’est réellement le fascisme. Je trouve grave qu’on dise que Ségolène est stupide. Je vous rappelle juste qu’elle a fait l’ENA, je pense pas qu’il y en ait un ici qui soit capable d’en dire autant. Elle ne savait pas combien il
y avait de sous-marins nucléaires. Moi non plus et pour être complètement honnête, je pense qu’il y a des dossiers plus importants à gérer. Quand je lis les sobriquets genre « le nain » ou « la bécassine », je trouve ça minable, tout simplement, quel que soit le camp auquel on appartient.

Enfin, vous êtes à ce point incultes que vous êtes pas foutus de faire de vrais débats sur le fond des programmes et sur les visions de la société que nous présentent ces candidats ? Votre seul argument, c’est « c’est un facho » ou « elle est bête » ? Et ben, moi, quand j’entends ça, c’est vrai que j’ai vraiment peur pour l’avenir du pays, voter en fonction d’une image que des petites propagandes bien orchestrées vous ont mise en tête, oui, ça fout la trouille. Merde, soyez intelligents un peu et réfléchissez avant de raconter n’importe quoi. Sarkozy ne s’octroiera pas les pleins pouvoirs s’il est élu (constitutionnellement impossible, déjà), Ségolène n’est pas une ravissante idiote hystérique. Je vais vous dire en toute honnêteté : quel que soit le gagnant
ce soir, je sais que ma vie n’en sera pas complètement changée. On partira vers la droite ou vers la gauche certes mais dans 5 ans, la France sera toujours une démocratie et on n’aura enregistré que quelques lois supplémentaires.

Voilà, maintenant que j’ai dédramatisé, votez. Et faites vos valises, des fois que !

PS : Je sais que l’image n’a aucun rapport avec l’article mais elle me fait plaisir.

Faut-il assumer ses opinions politiques ?

(version audio en fin d’article)

Aujourd’hui, commençons par un petit message à caractère politique : nous sommes le 22 avril, c’est le 1er tour des élections présidentielles donc bouge ton cul et va voter. Maintenant que j’ai fait ma petite mission civique, parlons politique mais pas des élections. Non, je ne ferai pas de prosélytisme pour ma candidate parce que votez pour qui vous voulez.

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Mercredi, au boulot, on s’est amusés à voter. Vendredi midi, on en reparle avec Kevin et Gwenaëlle qui n’étaient pas là quand on a fait l’élection et avec eux, on se retrouve avec 5 Sarko, 4 Royal et 4 Bayrou. Bon du coup, on sait pas comment ça marche là. A un moment, je dis que moi, j’ai voté Royal et les deux inséparable Rémi et Sébastien me regardent avec des yeux ronds : « t’as pas voté Bayrou, toi ? Merde,on s’est plantés dans nos estimations mais le prend pas mal, hein, on te connaît pas ! ». Je rigole et leur fais remarquer que je sais qui a voté quoi autour de la table. Rémi me met au défi de trouver son vote mais c’est pas bien dur, je l’ai classé, à raison, Royal. De là, il me fait : « de toute façon, j’assume totalement mes opinions politiques, je vois pas pourquoi je le cacherais ! Moi, ça me dépasse qu’on fasse des secrets autour de ça ».

Rémi a-t-il raison ? Pour ma part, je suis en partie d’accord avec lui, je m’explique. Je n’ai jamais caché mes opinions politiques, vous les connaissez, je l’ai encore dit dans le paragraphe précédent. Evidemment, moi, je vote politiquement correct, y a pas grande honte à voter PS. En 2002, j’ai voté extrémiste au 1er tour mais j’étais dans une fac anar donc c’était une normalité quelque part. Là, le Nouvel Obs m’a expliqué que, moi, j’étais une traumatisée du 21 avril, c’est pour ça que je voterai Ségo. En fait, moi, je voterai pour elle juste parce que son programme, assez réaliste, me plaît bien alors tant pis si, elle, elle m’a beaucoup déçue et pas que pendant la campagne. Enfin, grâce à Kevin, je sais qui elle se tape, Ségo, huhuhu. Ca changera pas mon vote, je vous rassure. Donc selon notre vote, c’est facile à assumer ou pas. C’est selon le milieu social que l’on fréquente aussi. Ainsi, en 2002, assise sur la pelouse de ma
fac anar, je discutais avec des amis disposant d’un droit de vote et ça donnait (en gros) :

« Moi, j’ai hésité entre Laguiller et Besancenot, j’ai choisi Besancenot, finalement.

– Moi aussi !
– Oh, moi aussi ! ».

Voilà. Aujourd’hui, je sais que ces deux personnes voteront comme moi. Est-ce parce qu’on est sortis de ce milieu extrémiste ou est-ce parce qu’on a grandi ? Par contre, dans ce même milieu, ça aurait été la lose intégrale de voter Chirac. Si j’avais eu un tel votre, l’aurais-je assumé ou me serais-je fondu dans la masse ? Aurais-je invoqué mon droit à ne pas dire pour qui je vote ? Je sais pas…

Quelles sont les raisons de cacher pour qui on vote ? Par peur de détonner, je l’ai déjà dit. De façon toute personnelle, je trouve que se conformer à un modèle de normalité après l’adolescence, c’est ridicule. Si on me reproche mes opinions politiques, autant laisser tomber surtout que je suis pas du genre militante. Sinon, je pense que dans certains milieux, il n’est pas forcément bien vu de se prononcer sur le sujet. Moi, dans ma boîte, on est moite-moite et tout le monde s’en fout. Mais ma sœur m’expliquait qu’elle, au boulot, elle avait du mal à assumer son sarkozysme (ce qui, quand on la connaît, est loin d’être une révélation). De la même façon, il semble que ma mère ne la ramène pas à son boulot puisque des rumeurs circulent comme quoi elle serait communiste. J’avoue que ça me fait toujours rire quand elle me dit ça. Ma mère communiste, c’est comme si on disait de moi que je faisais 1m80 ! Mais bon, voilà, déjà, ma mère, elle est la femme du docteur et ça passe pas avec tout le monde donc crier haut et fort ses opinions extrémistes (mais pas à gauche, à mon plus grand regret), ça l’aiderait pas à récolter de bonnes opinions.

Enfin, il y a le vote honte, souvent celui assimilé à Le Pen, ce qu’il fait qu’il se retrouve toujours à 10-12% dans les sondages et se retrouve à 18 le jour du scrutin. Là, j’avoue que ça me dépasse un peu. Si ces gens n’assument pas leur vote, c’est que, quelque part, ils ont conscience que c’est « mal ». Non parce que sans faire de manichéisme politique, voter Le Pen, c’est revenir 40 ans en arrière et je pense que si les gens qui votent pour lui se rendaient compte que ça voulait aussi dire suppression de l’euro pour revenir au franc et interdiction de l’avortement (entre autres), ils y penseraient peut-être à deux fois avant de glisser leur bulletin dans l’urne. Donc si ces gens ont honte de leur choix, pourquoi ils votent ça ? Je suis dépassée, là…

Bref, il est toujours plus facile d’assumer son vote selon le milieu où on évolue. Quoi qu’il en soit, que vous assumiez publiquement votre choix ou pas, merci d’aller voter. Moi, je suis contente, le bureau est à 15m de chez moi, je pourrais presque y aller en pantoufles, huhuhu !

PS : Ouais, je suis chiante avec mes huhuhu mais au boulot, un de mes persos rigole comme ça.

Pour qui avez-vous voté?
Pour qui avez vous voté?

Royal

Sarkozy

Bayrou

Le Pen

Besancenot

Buffet

Voynet

Bové

De Villiers

Nihous/Schivardi (pas assez de choix, sorry)

Résultats

La gauche, elle pue de la bouche et la droite, elle pue des pieds

Là, c’est officiel, je tiens le titre le plus con depuis la création de ce blog, même devant « le zizi culturel ». Zêtes impressionnés, hein ? Mais derrière ce titre enfantin se cache une réalité que j’ai envie de mettre en lumière, dans ce billet socio-politico-débile. Aujourd’hui,
analysons ce manichéisme primaire : « si je suis de gauche, je déteste les gens de droite et vice et versa ».

 

Semaine dernière, je prends le métro avec deux camarades de webzine après une réunion. A un moment, un des deux nous explique qu’il est militant dans un parti mais quand je lui demande dans lequel, il paraît un peu gêné « mais euh…je sais pas de quel bord tu es… ». Bon, on s’était reconnu, nous étions des rivaux ancestraux : moi de gauche, lui de droite, moi sympathisante PS (quoi que les tests politiques me foutent toujours communiste, n’importe nawak). Pourtant, je le rassure en souriant : « non mais y a pas de soucis, t’as le droit d’avoir tes engagements politiques, je vais pas te le reprocher ! ». Du coup, il m’a même invitée au meeting de Sarko dimanche au Zénith mais j’ai pas pu y aller, j’avais d’autres engagements. Mais j’y serais allée avec plaisir sans déconner, les meetings, ça me fait kiffer. Même si je suis pas du tout Sarkozyste (et j’avoue qu’il me file de plus en plus d’urticaire), je trouve qu’il ne faut pas hésiter à se rendre dans des meetings quand on en a l’occasion, même si notre choix est déjà arrêté. Un peu de culture n’a jamais tué personne.

Y a quelques temps, j’avais dû écrire un article sur l’équipe Sarko donc je prends mon meilleur ami, google, et je lui demande de me dire des choses. Je tombe sur pas mal de forums et parfois, je suis atterrée par le niveau du débat. Je vous la refais, en gros :

– Sarko facho, il va foutre tous les Noirs et les Arabes dans un airbus. Moi, j’ai un tiers de sang étranger, j’ai peur.

– Ta gueule, tu crois qu’elle est mieux Ségo avec ses 3 de QI ? Elle est tellement conne qu’elle invente des mots.

– Oh ça va, comme s’il disait pas de conneries, le nabot pas beau

– Ouais et avec votre miss Camping défraîchie, vous croyez que la France va s’en sortir ? »

Ouais, ça tape bas. Perso, j’aime pas Sarko mais je vais pas l’attaquer sur sa taille, on s’en fout un peu. Ségo fait un peu bourgeoise salope avec ses tailleurs jupes au dessus du genou ? Et alors ? Vous foutez pour un programme ou pour une jupe ? Bref, ce genre de conversation de café du commerce m’agace au plus haut point. Surtout quand on sait que ces gens votent. Moi, je voterai jamais pour un candidat en fonction de sa taille, de ses tenues, de sa tronche ou je sais pas…

Par exemple, raisonnons par l’absurde :

– je vote pour le plus baisable :bé Besancenot, y a pas méga le choix non plus. J’aime les hommes plus âgés mais je suis quand même pas gérontophile.

– je vote pour une femme : en lice Ségo, Arlette et Voynet. Bon, on va dire Ségolène parce que c’est celle qui s’habille le mieux.

– je vote pour le plus grand : bonne question, tiens. A vue de nez, je dirais de Villiers

– je vote pour le plus démonstratif : Sarko, Le Pen ou De Villiers ?? J’avoue qu’entre ces trois show men, mon cœur balance.

– je vote pour le plus people : Sarko, rapport à tous ses soutiens pailletés

– je vote pour le plus proche géographiquement parlant de ma ville natale: Bové ou Bayrou mais il me semble Bové, quand même.

 Bon, bref, on peut multiplier à l’envi et on constate rien de bien cohérent. Et le pire, c’est que ces conversations basiques et débiles ne sont pas forcément le fait de gens qui n’ont aucune connaissance politique mais bien de citoyens engagés, voire de militants. Nos politiques eux-mêmes nous offrent parfois de belles preuves de mesquinerie. Navrant ?

Carrément.

Parfois, je rêve d’un débat politique élevé, à programme contre programme, idéal de société contre idéal de société mais ça tourne souvent à la dispute de récré et c’est navrant. Ne peut-on pas concevoir trente secondes que la personne face à nous, même si elle a des opinions opposées aux nôtres, reste un être humain et qu’on peut communiquer sans passer par la case insulte? Non?

Ferme ta boîte à camembert, tu l’ouvriras pour le dessert.

Sri Lanka : l’’impossible paix ?

Fin octobre, les violences ont repris de plus belle au Sri Lanka, alors que les rebelles Tamouls et le gouvernement sri-lankais se rencontrent à Genève pour tenter de trouver un accord de paix. Mais les diplomates ne se font guère d’illusions sur l’issue des discussions.

srilanka

Les affrontements ont repris au nord-ouest du Sri Lanka, alors même que rebelles Tamouls et membre du gouvernement sri lankais tentent de trouver un accord de paix à Genève. Pour la première fois depuis huit mois, les deux partis ont accepté de se rencontrer afin de tenter de mettre fin à la violence qui déchire l’île depuis plus de trente ans. Ceci étant, les diplomates ne fondent guère d’espoir sur cette rencontre bilatérale étalée sur deux jours. Depuis la dernière concertation en février dernier, pas moins de 3000 personnes sont décédées lors de combats. Durant le mois d’octobre, 250 militaires ont été tués lors de deux attentats suicide. Côté tamouls, la police sri lankaise a retrouvé deux corps d’activistes suite à une attaque contre une patrouille. D’ailleurs, l’attentat le plus meurtrier de cette guerre a eu lieu en octobre, tuant 103 personnes et faisant 150 blessés parmi les soldats gouvernementaux.

 

Un conflit qui s’éternise

Or, en février, les deux partis s’étaient engagées à ne plus recourir à la violence, promesse qui n’a pas été respectée, d’où le pessimisme des diplomates. D’ailleurs, alors que se déroulait la rencontre, un soldat a été abattu par les Tamouls et deux bombes ont explosé dans le district de Vavuniya (nord-est du pays), blessant 6 personnes.

 

Les Tigres Tamouls, regroupés sous le LTTE (Tigres de libération de l’Eelam tamoul), se sont soulevés en 1972 et mènent depuis une lutte armée afin d’obtenir l’autonomie du nord-est de l’île, majoritairement peuplée de tamouls. Depuis 1983, le LTTE qui regroupent des gens de confession tamouls et hindous, réclament au gouvernement de Colombo, essentiellement
cinghalais et bouddhiste, la création d’un Etat indépendant dans le nord-est de l’île. En 30 ans, ce sont 60 000 personnes, militaires et civils, qui ont péri dans cette guerre. Un cessez-le-feu avait pourtant été signé en 2002 mais il n’a pas été respecté. Erik Solheim, le médiateur norvégien, a réaffirmé que son pays continuerait son travail de médiation, entamé il y a 7 ans, jusqu’à ce que le paix revienne. Regrettant les déplacements massifs de population (environ 200 000 civils depuis février), il a rappelé qu’une aide financière extérieure dépend de la
fin des combats. De leur côté, les Tamouls comptent sur la pression internationale pour parvenir à un règlement du conflit. Le leader du LTTE, S. P Thamilselvan a ainsi déclaré : « Si la communauté internationale échoue à faire pression sur le gouvernement pour mettre en œuvre le cessez-le-feu alors le pays sombrera dans une vraie guerre ».

 

Les négociations au point mort

A Genève, les deux délégations vont donc tenter de se mettre d’accord sur un processus de paix, le tout sous la médiation norvégienne. Le gouvernement a envoyé 8 de ses membres dont le ministre de la santé Nimal Siripala de Silva, qui a échappé à un attentat de la LTTE en 1996,  tandis que les rebelles tamouls ont délégué 14 personnes pour défendre leur cause dont leur leader S. P. Thamilselvan. Dans l’état actuel des choses, les diplomates suivant le dossier estiment que si cette négociation aboutit sur la promesse de se revoir d’ici la fin de l’année sera déjà une belle victoire. Pour cette nouvelle ronde, aucun ordre du jour n’a été fixé. En effet, les deux délégations se sont rencontrées la veille pour un déjeuner et n’ont pas réussi à s’accorder sur le programme des négociations. Les tamouls souhaitaient débuter sur les questions humanitaires, en particulier la réouverture de la principale route permettant d’accéder à la péninsule de Jaffna, coupée en août par les combats. Ce quasi-blocus menace en effet un demi-millions de personnes qui voient leurs réserves en vivres diminuer de façon significative. Le gouvernement, de son côté, préfère entamer les discussions sur le volet politique. Or les discussions sur un éventuel partage de l’île entre les deux camps sont des impasses depuis plusieurs années, déjà. En juin, les deux parties devaient se rencontrer à Oslo mais les Tamouls avaient refusé, estimant que la délégation gouvernementale n’était pas de rang assez élevée, d’où la présence cette fois-ci de quatre Ministres.

 

Du côté de la médiation, Suisse et Norvège tentent de tirer la couverture à elles. En effet, les deux Etats sont les champions de la diplomatie, se proposant pour arbitrer tous les conflits. Ainsi, alors que la Norvège se charge du dossier sri lankais depuis 7 ans, la Suisse s’invite dans la discussion, organisant chez elle cette nouvelle rencontre. D’ailleurs, l’ambassadrice suisse Heidi Tagliavini n’a pas hésité à rappeler aux deux camps l’obligation de respecter le droit international humanitaire. «  En tant que dépositaire des Conventions
de Genève, la Suisse ne peut pas échapper à ses responsabilités de rappeler aux parties en conflit leur obligation de respecter le droit international humanitaire, en particulier de protéger les civils. ». Si la Norvège est le médiateur officiel de ce conflit, la Suisse multiplie les déclarations à destination du Sri Lanka afin de ne pas se faire oublier. Le pays helvétique déclare qu’il est prêt à répondre à toutes les sollicitations des belligérants si ça permet d’arriver à un accord de paix. Ainsi, Suisse et Norvège se retrouvent souvent sur les mêmes dossiers,
comme pour le conflit israélo-palestinien ou en Colombie. Ceci étant, ces deux pays ne sont pas les seuls à espérer la paix au Sri Lanka : les Etats-Unis, le Japon et l’Union Européenne essaient également de favoriser un processus de paix entre les deux parties. Sans succès jusque là.

Les médias font-ils l’’élection ?

En tant que journaliste, je suis la campagne de près. J’avoue que la couverture médiatique de cet événement politique est fascinante (à défaut d’être gonflante). Ce qui est fantastique, c’est que quel que soit le résultat, c’est notre faute, à nous, les journalistes. Ca vous dérange pas de nous refiler toute la responsabilité ? Non parce que jusqu’à preuve du contraire, les journalistes ne sont pas les seuls à avoir le droit de vote. Mais c’est notre faute parce qu’on vous influence ? Ah oui, voyons ça.

Media-Influence

Janvier 2004, cours de sociologie politique avec un prof tout gris. Je vous jure, la première fois que je l’ai vu, j’ai cru avoir un problème de vue… Donc, dans son cours, le monsieur nous dresse la liste des facteurs influant sur le vote des gens : région de naissance, éducation, milieux fréquentés, affection ou inimitié envers le candidat… Bref, des facteurs, y en a tout plein et il nous le prouve, tableau de corrélations à l’appui. Or ce qui n’influence pas, par contre, c’est la télé. Et bien oui. Pour l’élection de De Gaulle en 58, ils ont étudié les foyers télévisés et les autres et à l’arrivée, ça n’a rien changé. Les médias non influents ? Selon un chercheur américain* dont j’ai oublié le nom et vu que mes cours de socio sont décédés en même temps que mon disque dur et que j’ai la flemme de chercher, vous saurez pas qui. Donc ce monsieur a étudié l’influence des médias sur le vote et voici sa conclusion : ça n’a pas d’influence sur ceux qui ont déjà une opinion. Et je plussoie, comme on dit maintenant. Prenons le cas d’une citoyenne lambda, moi. Imaginons que je regarde l’émission « j’ai une question à vous poser » avec M. Sarkozy comme invité. Et bien, même si j’avoue que ce mec est fort à l’oral, quoi qu’il fasse ou quoi qu’il dise, j’ai allumé la télé SACHANT que je ne voterai pas pour lui. Et ce n’est pas deux heures de show télévisé qui vont me faire changer d’avis. Qu’il soit bon ou pas. D’ailleurs, je me demande dans quelle mesure un audimat ne vaut pas autant qu’un sondage
puisqu’on a plus de facilité à regarder une personnalité politique qui a les mêmes idées que nous que leurs contradicteurs. Par exemple, mes parents ne regardent jamais les gens du PS ou presque. 
Et je pense que ce ne sont pas les seuls. Bref, je pense que les gens ayant un avis arrêté ne pourront en aucun cas être influencés par les médias, quels qu’ils soient. Par ailleurs, si on y regarde de plus près : en 2002, Le Pen n’a eu droit à quasi aucune tribune dans la presse : il arrive au deuxième tour. En 2005, les médias sont à fond pour le oui au référendum, c’est le non qui passe. En 2002, le 3e homme, c’était Chevènement. Qui ça ? Actuellement, c’est Bayrou, on verra fin avril ce qu’il en est.

 

Je vous entends déjà des voix s’élever : « non mais attends, en 2002, l’insécurité, tout ça, machin ». Je ne le nie pas. Il est vrai que les journaux télés ont donné une image peu plaisante de la France, où les vieux se font piller et rosser par des jeunes, voire même violer comme super Mamie. Les sauvageons ont pris possession de la banlieue et lorgnent désormais sur nos jolis quartiers résidentiels, il faut les bouter hors de nos quartiers et les laisser dans leurs ghettos, que diable ! Mais là, encore, je me pose la question d’un terrain
favorable ou non pour accueillir ce genre de théories. Dans mon cas, je regarde les infos comme les autres et l’insécurité ne m’a pas fait changer mon vote en 2002. Là, je suis totalement catastrophée par la campagne de Ségolène Royal, censée être « ma » candidate et je commence très sérieusement à lorgner les autres candidatures pour trouver une échappatoire parce que là, c’est plus possible. Et me sortez pas le couplet du « han, 2002 t’a pas suffi ?? ». Ben merde alors, c’est ma faute aussi si elle se chie dans les grandes largeurs ? Et je
ne suis pas victime de l’hypermédiatisation de ses bourdes, elle ne m’a JAMAIS convaincue, ni aujourd’hui, ni quand elle s’est prononcée contre le mariage homo car « de façon toute personnelle, je suis contre le mariage ». Super mais c’était pas la question. Bref, je m’éloigne de mon propos. Ce que je veux dire c’est que ceux qui ont voté en 2002 l’auraient-ils fait sans l’hypermédiatisation de l’insécurité ? Je pense que si certains hésitaient à le faire et ont finalement été poussés par certains faits d’actualité, effectivement, faut arrêter de se
voiler la face. Oui, ce visage de la France fait peur, il est dérangeant et laid. Mais ouvrons un peu les yeux, c’est pas trois journaux et deux reportages qui ont crée ce rejet de la France Black Blanc Beur, comme on dit. Oui, la télé (surtout elle) véhicule des clichés sur les djeunz de banlieue parce que ce sont pas tous des trafiquants qui font des tournantes dans les caves. Mais les médias ne sont pas le seuls responsables non plus. C’est tellement facile de se racheter une virginité en trouvant un coupable idéal mais à la libération, beaucoup se
sont cachés derrière les pendus pour plus qu’on les voit. Désolée, chuis à fond dans la seconde guerre mondiale, en ce moment, même dans Hannibal Lecter qui est un film qui puire.

Bref, je n’ai pas voté Le Pen en 2002 et je le ferai pas en 2007. J’ai pas voté Jospin non plus à l’époque mais je vois pas en quoi je serais responsable de son échec. C’est pas moi qui me suis abstenue ou qui ai chié ma campagne dans les grandes largeurs. Parce qu’il faudrait un peu arrêter de croire que c’est toujours la faute de l’autre. La France n’est pas une terre de tolérance et c’est pas la faute des médias. C’est plus profond que ça.
 
* C’est Lazarsfeld, en fait

Ciao l’’abbé !

En tant que journaliste, je me dois d’être au top de l’actualité donc aujourd’hui, je vais vous parler de l’abbé Pierre, hé oui. Hier, je me lève aux petites heures de l’après-midi
(hum, no comment !), j’éteins la radio avant qu’elle ne m’énerve, je trafique et puis, à un moment, je décide d’allumer la télé. Là, en lieu et place des téléfilms débiles de l’après-midi, l’abbé Pierre. Enfin sa biographie narrée par Patrick Poivre d’Arvor. Un coup d’œil sur le site du Monde et c’est bon, j’ai compris : il est mort.

 abbe-pierre

Alors le but de cet article n’est pas de vous raconter la vie de ce monsieur, de réaliser une hagiographie comme on en verra 150 sur les blogs dans les prochains jours. Alors
comment parler d’une « célébrité » décédée sans parler de sa vie, me demandes-tu, lecteur ? Mais en te parlant du traitement journalistique de l’événement, of course.

Alors voilà, l’abbé est à peine décédé que TF1 nous gratifie d’un beau reportage émouvant avec la voix sensuelle de PPDA qui narre les événements de la vie de l’homme qui dit non à la pauvreté en cet hiver 54. Ironie du sort, il est mort l’hiver où des jeunes bruyants avaient lancé leur propre initiatives des villages de tentes, les enfants de Don Quichotte. Puisque c’est pas le sujet de l’article, je donne viteuf mon avis sur le sujet, tiens. C’est vrai que la méthode est discutable, que ça faisait très bobo qui s’engagent, tout ça. Mais franchement, est-ce que c’est important tout ça ? Le gouvernement a (ENFIN) réagi en proposant des lois. Bon, après, on peut discuter de leur efficacité. Mais revenons à notre abbé.

L’abbé Pierre, c’est un peu le vieil oncle qu’on voit à Noël, on l’aime bien même si on sent qu’il glisse un peu vers l’âge où les souvenirs se font brumeux et le dentier baladeur. Le genre qu’on installe en bout de table et qu’on feindra de ne pas écouter pendant qu’il vous raconte sa guerre (une mondiale, Algérie, vous avez le choix) et qui s’assoupira avant le café. Mais on l’aime toujours bien. D’ailleurs, il était depuis si longtemps personnalité préférée des Français que je me demande encore pourquoi on persistait à poser la question aux gens. Et voilà, comme un homme de son âge, il est décédé. Le Français chéri disparaît, il s’agit de pas se louper, maintenant.

Comme vous pouvez vous en douter, les reportages sur sa mort étaient prêts depuis longtemps, on rajoute deux, trois images de l’hôpital où il est décédé et hop, on vous tient tout un JT ! Car il faut savoir que dans les rédactions, y en a plein de nécrologies de prêtes. Y a les classiques : Fidel Castro (ça va se révéler utile très bientôt, je pense) ou Boris
Eltsine, je suppose qu’ils en ont déjà faite une sur Benoît XVI… Et des plus étonnantes. Quand j’ai emménage à Paris en avril 2005, j’ai partagé mon appart 15 jours avec Clara qui faisait alors un stage à France 3. Elle m’a montré la liste des nécrologies prêtes et c’était marrant : Rainier (ah, ils s’en sont servis), Philippe Noiret (ah, ils s’en sont servis), Jean Paul II (ils ont plus rien en rayon !) mais aussi Liza Minelli ! Bon, ok, elle est rongée par l’alcool mémé mais elle est encore verte : son dernier mari l’a quittée car elle le battait !

Bon, évidemment, il faut les réactualiser, des fois parce que bon, la nécrologie de JP II, ça devait faire 10 ans qu’elle était prête et il en a eu du temps pour faire des choses, pépé. Parce qu’il était peut-être mourant mais quand même ! Alors là, pour remettre au goût du jour vos nécrologies, pas de panique, il suffit d’embaucher quelques stagiaires, vous leur filez les reportages sur votre moribond et ils vous remontent ça. C’est la magie du journalisme.

Enfin, une personnalité qui meurt, comme ça, ça fait toujours un peu bizarre. Je ne dirai pas que ça me fait de la peine parce que, franchement, c’est pas vrai. Mais c’est un peu comme l’arbre que j’avais devant ma fenêtre et qu’un jour, on a abattu parce qu’il était mort : il faisait partie de mon paysage et le fait qu’il ne soit pas là m’étonne… Pendant deux ou trois jours. Puis on s’habitue, on se souvient même plus de l’ancien arbre, depuis qu’ils en ont mis un nouveau. Une autre personne prendra sa place dans le classement des Français préférés, peut-être Zidane, peut-être un autre, qu’est-ce qu’on s’en fout, au fond.

En attendant, ça me fait penser que mon armoire explose, va falloir que je trie, je pense qu’Emmaüs sera ravi de récupérer des fringues que je mets plus. Bien que je re-rentre dans certains de mes pantalons, ça en fait autant à garder. Hé ouais, moi, de plus fumer, ça me fait même pas grossir !