PS story

Un jour, Dieu seul sait pourquoi, mon cœur politique se posa à gauche. Plutôt comique pour une fille dont toute la famille est à droite et qui n’est pas dans une logique de rébellion. Mais voilà, ce choix politique n’est pas une sinécure, pas du tout. Surtout en France. Parce que des fois, le PS, c’est quand même la lose.



J’ai beaucoup ri de Ségolène. Le faisait-elle exprès, je n’en sais rien. Le truc des excuses à un moment, c’était bon comme du chocolat noir au sésame (je vous le conseille, c’est excellent), sa mission super importante confiée à elle seule par l’ONU alors que c’est pas vrai, c’est meilleur qu’un Kinder Pingui. Je passe sur tous ses déplacements partout, tout le temps, telle une secrétaire du principal parti de l’opposition qu’elle n’est pas. Et puis voilà, nouveau rebondissement dans l’univers impitoyable du PS : Martine Aubry n’aurait pas gagné les élections et en fait, la vraie secrétaire du parti, ce serait Ségolène. Oh ben dis donc ! Alors, là, si un militant PS royaliste passe dans le coin, est-ce qu’il peut m’expliquer pourquoi cette bonne femme arrive encore à remporter possiblement une élection dans son parti après ses multiples pétages de plomb ? Non parce que ça m’intéresse, hein.


Y a des jours, je suis ravie de ne jamais avoir pris ma carte de militante, je crois que j’aurais fait une petite dépression quand même. Parce qu’autant je déteste Ségolène, je ne porte pas particulièrement Martine dans mon cœur non plus. Quant à Benoît Hamon, ce que j’aime le plus chez lui, ce sont ses yeux et ses couilles quand il va faire un doigt à Yann Barthès sur le plateau du petit journal. J’aime bien Bruno Julliard aussi mais pour les mêmes raisons triviales. Bref, j’en ris, parfois jaune, mais je n’attends plus d’homme ou de femme providentielle pour sortir ce parti de cet espèce de grand guignolisme. Oh, je me rends bien compte que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, je pense que je détesterais aussi être de droite à l’heure actuelle entre sa Sainteté (qui, paraît-il, aurait engrossé la Sainte Nitouche Carla, on n’a pas fini d’en baver si c’est vrai) et ses bouffons parfois assez effrayants avec les Frédéric Lefebvre, le Bernard Koutchner à la veste explosée tant il l’a retournée, Roselyne Bachelot et ses crocs, ses déclarations… Sans parler de Christine Boutin, la Muriel Robin pas drôle de la bande. Le Modem, c’est pas mieux, hein, entre un leader sous-charismatique qui refuse de partager sa lumière et… et personne, ils se sont tous barrés.


Alors on me dira que ce qui compte, ce sont les idées et pas les personnalités. Oui mais alors non. Parce que l’idée d’une Ségolène présidente de la République me file des sueurs froides même si après 2 ans de sarkozysme, plus rien ne devrait m’effrayer tant tout est hallucinant avec lui. Mais voilà, quand l’ego dépasse la conviction politique (ce qui est le cas de l’immense majorité des politiques), je suis désolée mais je ne suis plus. Le politique se doit être au service de la nation et des citoyens, pas de ses propres ambitions. La PS story me fait marrer, jaune certes, mais je ne peux tout de même pas en pleurer. Mais c’est assez révélateur des ambitions personnelles de toute une classe politique. Le problème du PS, finalement, c’est que Mitterrand avait choisi comme dauphin un mec qui ne voulait surtout pas une trop lourde responsabilité pour problèmes de santé (en 94, Jospin se rêvait ambassadeur pour soigner ses problèmes de thyroïde), dauphin qui a quitté le navire en plein naufrage sans penser à laisser les commandes à un homme de poigne. J’ai beaucoup de sympathie pour François Hollande mais ce n’est pas un leader, juste un bon gestionnaire. Du coup, ça se déchire pour prendre les rênes avec les conséquences que l’on sait. Ca me blase. Au moins, à droite, Nicolas, il n’a pas laissé de place aux autres… Mais après lui, le déluge ?


Bon, j’attends avec impatience le prochain épisode, je sens qu’on va encore rire.

Les limites de la liberté d’expression

Janvier 2005, cours de droit du journalisme. Face à nous un avocat (plutôt craca miaou) nous soumet un cas « vous avez rendez-vous avec Nicolas Sarkozy dans un hôtel pour une interview sur son dernier livre quand vous le voyez arriver avec une femme qu’il embrasse, qu’est-ce que vous faites ? ». Là, c’est la lutte droit d’information contre droit à la vie privée. Les journalistes ne peuvent pas tout dire et tout faire, c’est un fait. Mais aujourd’hui, les limites de la liberté d’expression touchent aussi les internautes lambda.

 Depuis quelques temps, la rumeur grandit : Nicolas Sarkozy sortirait avec une journaliste française de type blonde qui a un nom de voiture rouge italienne. Mais la consigne tourne : les journalistes ne doivent pas en parler, la journaliste aurait demandé aux
rédactions de ne plus évoquer sa vie privée. Sur le fond, je peux comprendre que c’est chiant que tout le monde commente sa vie privée. Sur la forme, c’est inévitable : on ne devient pas compagne du Président de la République en toute discrétion. Mais suite au scandale des photos de François Hollande et de sa nouvelle compagne dans « Closer », personne n’ose tirer le premier et il faut s’en référer à la presse étrangère pour en savoir plus. Si les journalistes sont soumis à la loi du droit à la vie privée et ne franchissent pas la ligne rouge, les blogueurs, eux, s’en donnent à cœur joie dans le sous-entendu. On ne dit pas qu’ils sont ensemble mais on fait plein de blagues. Mais ça ne plaît pas à la journaliste qui décide de sévir. Ainsi, le sujet évoqué sur le forum Elle a été censuré à la demande de l’avocate de la journaliste. Je vous aurais bien mis le lien mais le sujet a été supprimé depuis.

 Là, j’avoue que ça me pose un problème. D’après ma cops qui participait à la conversation, ça ne dépassait pas le stade de la rumeur. En gros, une nana a posé la question « vrai ou pas », les gens ont répondu des phrases genre « bah si c’est vrai, il se fait pas chier le père Sarko » ou « on s’en fout, y a les grèves, qu’il s’en occupe ». Bref, rien de bien méchant. Et pourtant, ça a été jugé too much par notre amie. Elle a donc demandé à Elle, hébergeur du forum (et donc responsable du contenu) d’effacer le sujet. Ni plus, ni moins. Les journalistes n’ont pas le droit d’en parler, ok, mais nous ? Au nom de quoi doit-on se taire ? Pour respecter la vie de Mme la voiture rouge ? Mais alors tous les forums n’ont qu’à fermer leur portes, alors, car il y a toujours des sujets sur la vie privée des personnalité, y a qu’à lire les forums de Public et consort. Même le divorce Sarkozy est commenté en long, large et travers, y a un sujet sur la future compagne de Sarko… Et je dirais tant mieux. On a encore le droit de papoter, de languedeputer, non ? Ah ben non. Désormais, les propos des gens comme vous et moi tenus en public sont susceptibles d’être censurés sous peine de poursuite judiciaire ? Ne peut-on plus dire ce que l’on veut ? Bien sûr qu’on flirte avec la limite, le droit à la vie privée mais les commentaires sur la vie privée des personnalités est en général un incontournable des forums. Pourquoi Mme voiture rouge a surréagi ? Oui parce que là, je trouve que c’est un peu fort de café, quand même. Surtout que, selon le mail de l’avocate, c’est pas tant l’histoire avec Sarko qui coince mais qu’on parle de son divorce avec son futur ex mari, donc. Elle n’a pas été le seul site à subir les foudres de l’avocate, comme lu ici.

La loi est pour elle, y a rien à redire. Mais je la trouve bien mauvaise joueuse. On ne peut pas empêcher les gens de parler, de ragoter, surtout sur la vie de notre président de la République. A partir du moment où Cécilia est partie, la liste des nouvelles copines de Sarko s’est allongée de jour en jour. Une réaction aussi « virulente » donne donc à penser que la rumeur n’en est pas une. Ca me rappelle l’épisode Baudis chez TF1 dans l’affaire Allègre : en voulant « tordre » le cou à la rumeur, il en a fait une affaire d’état. Là, c’est
marrant de voir comment les médias contournent le truc, comme 20 minutes qui publie une info sur son site suisse (la loi n’est pas
la même…), tout le monde renvoie vers le Daily mail anglais… Il paraît qu’il existe des photos du couple supposé qui vont paraître à l’étranger.

Là, on touche quand même à une question éthique. Que les journalistes respectent la déontologie journalistique c’est normal. J’avoue que la peoplisation des politiques ne me plaît pas, les photo de paparazzi d’Hollande et de sa nouvelle compagne, je trouvais ça too much. Je pense effectivement que les médias n’ont pas à parler en long, large et travers de la vie privée de Sarko parce qu’au fond, on s’en fout quand même un peu. Même s’il est vrai que sa compagne peut avoir un rôle dans la vie politique française, comme je l’ai déjà dit. Mais peut-on en demander autant aux internautes lambda ? Quand je vais sur un forum, j’ai des devoirs, définis par la charte. Mais c’est vrai que papoter sur ce genre de rumeurs me paraît pas des plus odieux, surtout si personne n’affirme rien. Et quid des bloggeurs ? Pas journalistes mais doivent-ils pour autant respecter la même ligne de conduite que ces derniers ? Pour ma part, j’aurais pas fait d’article sur le sujet, même si j’avoue avoir lancé une sale vanne sur la question dans une de mes listes. Mais demander à des bloggeurs d’enlever les articles sur le sujet, n’est-ce pas un peu trop ? Surtout que les articles de blog ont une durée de vie globalement limitée, surtout pour les blogs tenus à jour quotidiennement. Alors qu’il m’aurait paru plus simple de laisser pisser, Mme Voiture rouge
et son avocate remettent une bonne dose d’huile sur le feu et relancent l’impression que la liberté d’expression en France n’existe plus. Pour ma part, je ne peux nier que Mme Voiture Rouge utilise la loi qui est en effet en sa faveur et sur le principe, on ne peut rien redire sur ça. Mais je trouve ça vraiment exagéré. Sortir un lance-flamme pour tuer une punaise, ça fait plus de dégâts qu’autre chose même si, in fine, les articles et sujets de forum visés ont été retirés.

(quoi, j’ai abusé des méta liens?? Mais euh…)

Cécilia et Nicolas Sarkozy divorcent !

Jeudi, une nouvelle tout à fait croyable est tombée : notre Président divorce de la première dame de France, celle qui a libéré les infirmières bulgares. J’avoue que je trouve cette nouvelle fascinante. Pas parce que c’est Cécilia et Nicolas, ça, je dois avouer que je m’en fous. Non, ce qui me fascine, c’est tout ce que ça représente derrière : oh my, on va avoir un homme divorcé comme Président et même que ses copines vont se retrouver premières dames de France. Tiens, j’ai rêvé que je faisais des cochonneries avec lui (véridique, c’te honte mais ça en
restait à des bisous dans le cou), je vais postuler du coup. Si je me démerde bien, j’aurai mon mot à dire dans la politique internationale du pays et le choix des collaborateurs, la classe !

Bon, allez, je redeviens sérieuse, je veux pas me taper Nicolas Sarkozy en vrai, je le trouve pas sex. Surtout qu’il a quasi l’âge de ma mère. Bon, bref, revenons à nos (futurs) divorcés. Déjà, un divorce 4 mois à peine après l’élection, je sais pas vous mais moi, ça me paraît un peu gros. Genre ils se sont réconciliés pour la campagne parce qu’un candidat célibataire, ça le fait pas. Ségolène a fait pareil de l’autre côté. Hé ouais on a beau se la jouer libéral « la vie privée des candidats ne nous regarde pas », si les 2 plus gros candidats ont masqué leurs problèmes de couple, ce n’est quand même pas un hasard. D’ailleurs, si on y regarde de plus près, ça fait quelques campagnes que les candidats nous offrent de belles photos avec femme et enfants, tout le monde sourit, tout le monde est heureux. J’avais d’ailleurs lu une chronique sur le sujet dans Métro quand on avait appris que François Hollande et Ségolène Royal s’étaient séparés : un candidat célibataire, ça le fait pas. Parce que, oui, vous m’objecterez très justement que Sarkozy a déjà divorcé, Cécilia étant sa deuxième femme, mais il était officiellement en couple lors de la campagne.

Maintenant, nous voici avec un Président célibataire. Même pas veuf, séparé. Bon, je ne m’étendrai pas sur la question du divorce car le Président ne peut avoir à faire à la justice. Je suppose que le conseil constitutionnel va arranger ça et encore, uniquement s’il n’y a pas divorce à l’amiable et je vois pas Sarkozy refuser le divorce maintenant. Mais là, c’est quand même une révolution sociale. Bon, vu qu’il est déjà élu, il est tranquille pour les 4 années et demies prochaines. Mais justement, que va-t-il se passer pendant ces 4 années et
quelques ? Même si un Président est très occupé (surtout Sarko, à Marseille le midi, Lille l’après-midi et le soir à Moscou ou Londres, en passant à Paris pour faire un bisou au petit Louis), j’ai du mal à croire qu’il va mener une vie monacale le père Sarko. Il paraît qu’il est assez séducteur, comme la plupart de nos Présidents mais dans les faits, j’en sais rien. Je le connais pas personnellement, c’est pas parce qu’il furète dans mon cou dans un de mes rêves que c’est forcément un chaud lapin. Mais bon, il n’en reste pas moins que lors de la dernière séparation entre Cécilia et lui, il n’a pas traîné pour lui trouver une remplaçante. Avec toutes les femmes dans ses sphères, entre les journalistes, conseillères, collaboratrices, femmes de ménage, tout ça, tout ça, ça nous en fait des compagnes potentielles. Or quand on voit l’influence qu’a eu Cécilia sur le choix des collaborateurs, si la prochaine madame a la même influence, ben, ça va valser à l’Elysée.

Bref, je trouve cette histoire de divorce sociologiquement très intéressante. Sarkozy a fait ce que ses prédécesseurs n’ont pas osé (enfin, apparemment, c’est Cécilia, peu importe). Quand on sait à quoi ressemblait le couple Mitterrand ou Chirac à la fin de leurs mandats, on peut se demander pourquoi ils sont restés ensemble. Par habitude ? Autre temps, autres mœurs, Sakorzy n’est pas de la même génération, ceci explique sans doute cela. Mais que notre Président subisse également les affres du divorce comme un couple français sur 3, ça montre à quel point ce comportement est devenu aujourd’hui courant. Bien sûr, je pense que dans certaines franges très traditionnalistes de son électorat, ça va faire grincer pas mal de dents. Déjà, un divorce, bof, mais deux, ouhlala ! Mais à la limite, je préfère ça à un couple qui sourit par devant et qui ne se fréquente même pas par derrière (non, il n’y a aucun sous-entendu dans
cette phrase, nan mais !). Bon certains vont être tentés de me la jouer « ouais mais comme par hasard, ils annoncent ça le jour de la grève pour noyer le poisson, tu trouves pas ça un peu gros ? ». Je dirais que je m’en fous. C’est juste pas le sujet. Moi, je m’attache juste à cette évolution de la société, me demandant si, à l’arrivée, ça changera quelque chose ou pas.

Ils font quoi ses parents ?

Par LucasAujourd’hui amies lectrices, amis lecteurs, j’utilise le blog comme psychanalyste pour râler un coup, m’épancher, exploser, tout ça. Raaaahhhhhha !

Mes parents me pètent les couilles.
Voilà c’est dit. Ah la vache, je me sens serein…

Je sais, je vous fais une seconde crise d’ado : à 27 ans, c’est trop la classe.

Avec tout ce qu’ils ont fait pour moi depuis janvier et mon accident j’ai vraiment pas de quoi les stigmatiser, mais là franchement j’ai un pé-ta-ge de câble en vue…GRAAAAVE !

Comprenez moi.
Le Snobisme concerne deux types de personne :

–         les gens qui ne sont pas riches et qui aspirent à donner les apparences d’un rang plus élevé que celui dans lequel ils sont.

–         les gens qui aspirent à donner l’image-type du milieu dans lequel ils évoluent même si cette image ne leur est pas propre.

Mes parents sont dans la seconde partie.

Issus d’un milieu ouvrier pour l’un, agricole pour l’autre, « modeste » dans les deux cas (pauvre pour ceux qui n »aiment pas parler le politiquement correct) ils ont fait
des études poussées : ma mère est gynéco et mon père est chirurgien, avec un carnet rempli pour les 14 prochains mois…

1 journée et 1/2 par semaine pour 9 malades opérés, 1000 à 1500€ par malade + 3 journées et 1/2 de consultation en cabinet où il voit 30 patients à 50€ la consultation –
70% de frais et impôts. Je vous laisse calculer…Par mois on est largement au dessus du salaire d’un smicard. Du salaire annuel d’un smicard…

Conséquence ?

On vit dans une maison de 300 m², avec un terrain de 3000m², à 15 minutes de Paris.

Mon père a pris une BMW série 5 après avoir vendu sa série 7 « parce que tu comprends, le V8 il consomme… » et ma mère roule en Mini moderne.

Ils jouent au golf sur l’un des 4 parcours les plus fermés de la région parisienne. Là-bas, sur le parking, il m’est arrivé un jour de compter 11 Jaguar, 3 Porsche, 2 Maserati… Et je vous parle pas des Merco.

Mes parents ne boivent pas de vin en semaine mais le week end ils ne servent que des crus classés à leurs potes. Leurs vacances ? Ils ont un appart à Chamonix et se font des
semaines aux Maldives, deci-delà… et profitent des congrès annuels pour voyager (et défiscaliser le voyage de 15 jours même si le congres n’en a duré que 3)

Leurs amis ? Chef d’entreprise, médecins, avocats, etc…Mais ils ont quand même gardé des bons potes de leurs jeunesse… Quand je pense que mon père a créé la section locale
des jeunesses communistes de la ville où il vivait à l’age de 16 ans et qu’aujourd’hui il vote Sarko, ça me fait mal au cul…

Comprenez moi…

Je ne renie pas cet environnement, bien au contraire. J’ai été ravi de vivre dans le confort et d’être culturé à mort grâce à leurs enseignements et la visite des musées, expo, vernissages (mes parents sont fous d’art moderne). J’ai été ravi qu’il ne m’est pas mis dans le privé car l’école de la république était importante pour eux.

Je ne dis pas que tout un chacun doit soigneusement éviter d’être ambitieux ou aspirer à un niveau de vie meilleur.

Simplement on peut très bien progresser dans l’échelle sociale sans ressentir le besoin de le manifester à outrance ou d’adopter les codes de catégorie socio professionnelle qu’on a atteinte. Oui on peut atteindre un certain degré et ressentir des besoins. Mais ya quand même des incohérences. Pourquoi mon père s’était acheté une BMW série 7 alors que ma mère roulait en Espace à l’époque et qu’elle avait donc de quoi trimballer les 3 gosses ? Parce que son associé venait d’en acheter une… Pourquoi ma mère va aux ventes privées de Courrèges ? Parce que ses copines y vont.

Je suis ulcéré quand mon père fait des remarques désobligeantes, suffisantes, hautaines et insupportables en regardant des personnes qui n’ont pas sa culture et/ou ses revenus et/ou son compte en banque.

Merde quoi, j’ai bossé 3 ans chez Decath, à voir des gens vivre avec 1000 € par mois et galérer pour boucler leur budget. Ma mère naturelle (mon père naturel ne m’a pas
reconnu à la naissance) a été obligée de faire 120 kms aller retour pour bosser tous les jours avant de clamser sur une route en 1990, en partant travailler. Des milliers de gens sont sans emploi et, contrairement à ce que disent les Sarkoziens, ils cherchent souvent à être embauchés : parmi eux certains sont même intelligents ! Truc de ouf !

Ouhai, truc de dingue pour mon père qui ne veut pas admettre que tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir un père français libre, ouvrier (mon grand père), l’honneur chevillé au corps, élevant ses enfants avec rigueur pour que ceux-ci aient assez de force pour se battre et sortir de la misère (mon oncle devenu mon tuteur et que je considère comme mon père) ou la chance d’être pris en charge alors qu’ils devaient aller à la DDASS (votre serviteur). Oui je sais, cette phrase fait 3 kms de long elle est mal construite, on a l’impression que je suis le fils de mon grand père. Mais me saoulez pas, c’est moi qu’j’écris d’abord !

La question que j’ai le plus entendu pendant mon adolescence, quand j’évoquais une copine ou un pote, ce fut : « Ils font quoi ses parents ? » Mais merde quoi ! Même si les enfants sont influencés dans leurs valeurs par leurs parents ils peuvent être bien élevés et surtout astucieux sympathiques, et avoir des modes de pensée qui leur sont propres ! Et même si
on en reste aux parents , ceux ci peuvent être intelligents ET avoir connu des difficultés, avoir des boulots peu glorieux, et pour autant être des gens dignes, voire même cultivés, qui méritent qu’on s’intéresse à eux et qu’on les respecte !

Pareil pour leurs gosses qui ne sont pas nécessairement de la racaille mais peuvent très bien être honnêtes, droits et dignes d’intérêt !

Voilà exactement le genre de situations qui me donne envie de prendre ma carte au PS et rénover ce parti pour en faire un instrument utile et non une marionnette qu’on agite
à l’assemblée… Marre de Fabius et Hollande. Pas con M. Sarkozy d’avoir bien vu que l’avenir du PS pourrait passer par DSK et de l’avoir aiguillé vers le FMI.. Mais alors, à quand un PS utile ? Un parti intelligent et efficace via un Etat volontaire mais pas déresponsabilisant, un état qui donne un coup de pouce mais qui ne supporte pas les paresseux, un Etat utile, bordel !

Mais bon… On a une gauche qui veut seulement être élue et qui bosse son marketing pour cela. Une gauche qui se fait élire seulement quand la droite merdouille (regardez
l’histoire politique des 30 dernières années, c’est édifiant) et non pour la qualité de ses propositions. On a une gauche qui a arrêté de réfléchir en 1981… Ca y est je vais être bougon pour la soirée.

Pour revenir au sujet si vous avez des parents comme les miens n’hésitez pas à mettre votre Best Of Unbearable Things en commentaire. Histoire que je me sente moins seul !

Et je vous prie de m’excuser pour ce coups de gueule un brin saoulant mais je viens de passer une semaine avec mes parents 24h/24 et j’en peux plus…

Politique fiction

J’ai trouvé récemment dans une librairie un livre fort sympathique qui suscite forcément un article. Non parce que je fais pas que regarder la télé, je lis beaucoup mais j’en parle
pas forcément. Mais là, ce livre très drôle m’a donné envie de saisir mon clavier et de vous en parler. Toi aussi, cultive-toi, lecteur !
Tsunami-Sur-L-elysee

Bon, de quel livre je parle ? De « Tsunami sur l’Elysée », de Dominique Ambiel et Antoine Rault. L’histoire est simple : c’est celle des élections de 2007, les présidentielles (pour les trois du fond qui seraient pas au courant, des fois qu’ils sortent du coma). Le scénario est simple : les candidatures se multiplient, tant à gauche qu’à droite. En vrac : Chirac, Sarko, Hollande (secondé par Ségolène, le livre est sorti en juin), Fabius, Kouchner, Tapie, Bayrou, Arlette, Besancenot, Marine Le Pen (papa ayant fait un malaise cardiaque en direct à la télé et ne pouvant plus dès lors se présenter)… Bref, à l’arrivée, ils sont 27. Puis 26 puisque Chevènement jette l’éponge. Donc, dans la première partie, le livre nous présente les principaux candidats et ce qui leur passe par la tête. Chirac veut emmerder Sarko, Fabius et Kouchner veulent jouer leur carte, Hollande est poussé par le parti après une attaque cérébrale de Jospin, devenu bégayant, Marine remplace papa, Arlette et Besancenot défendent leur cause… Bien sûr, tout ceci n’est qu’une fiction mais c’est tellement bien fait que, parfois, on a limite l’impression que les deux auteurs ont repris des confidences de ces candidats.

 

La campagne se déroule bon an mal an jusqu’au drame : à quelques jours des élections, de nouvelles émeutes de banlieue. Besancenot appelle les jeunes à manifester mais ils
sont durement réprimés par la police. Le premier tour se passe et l’impossible se produit : au deuxième tour, on retrouve Marine face…à Besancenot ! Bon, je ne dirai pas qui gagne (parce que le livre le dit), histoire de ne pas déflorer votre plaisir. Ceci étant, les stratégies de ralliement sont extrêmement drôles. La crise de panique chez certains politiciens, aussi. Le passage de pouvoir entre Chirac et celui ou celle qui remporte les élections, à ne pas rater !

 

Bref, ce livre n’est qu’une fiction, bien menée et hilarante. Mais on rit jaune quand même : et si ça arrivait ? Nous sommes encore loin des 27 candidats, on peut déjà rayer de la liste Fabius et Kouchner (dont le regard est désormais tourné vers l’OMS), Tapie et les PRG se sont ralliés au PS pour récupérer des ministères. Par contre, il me semble peu probable que Chevènement n’en soit pas. Et je ne suis pas sûre qu’on ait pas droit à un candidat dissident du PS, genre Mélenchon. Ceci étant, si un mec du PS se présente en sus de Ségolène, perso, je le virerais du parti : s’il est pas foutu de respecter le vote des militants, c’est qu’il y a un sacré problème ! Quant à Chirac… Lui et sa dame nous refont le coup de la troisième candidature ! Si, si, si ! Ca fait frémir tout de même. Parce que, des fois, quand je suis les infos, je me dis : « merde, le bouquin n’a pas tapé si loin que ça ! ». Bon, pour l’heure, Le Pen est bon pied bon œil mais il est plus tout jeune, pépé…

 

Bref, ce livre est parfait pour rigoler un bon coup, c’est plus drôle que les Guignols. Il y a des scènes excellentes mais comme les plus drôles sont vers la fin, je peux pas vous
les raconter, sinon, je vous dévoilerai le nom du nouveau ou de la nouvelle Président(e). Mais quand même, ça fait un peu réfléchir. Pourrait-on se retrouver avec un 21 avril bis mais dans une configuration encore pire ? Parce que le livre explique comment on en arrive là, c’est pas juste une facétie d’écrivains. Outre l’émeute susmentionnée, il y a également un abstentionnisme massif des 30-45, les jeunes ayant tendance à voter plus facilement pour les extrêmes, tout comme les personnes âgées (mais ce ne sont, à priori, pas les mêmes extrêmes). Or en 2007, il y a une pluie de ponts ! Je n’oserai pas dire que les vacances passent avant des élections pour une majorité de gens mais je me dis que 4 scrutins en même pas deux mois, beaucoup vont sécher (et ça me navre, sachez-le). Et encore, Dieu merci, ils ont décalé les municipales à 2008 parce que là, ça aurait été l’hécatombe ! Bon, je vais pas m’emporter sur le sujet « putain mais
quelle idée de merde de foutre législatives et présidentielles à un mois d’intervalle », ce n’est point le sujet. Or quitte à faire impasse sur un scrutin, vous sécheriez le premier tour ou le second, le décisif ? Ben, le premier, évidemment ! Si vous saviez tous les gens impliqués dans le tissu syndical et associatif que je connaissais et qui n’ont pas voté le 21 avril 2002 (mais qui sont quand même allés manifester, on rêve…), ça montre que la mobilisation est nulle.

 

Un nouveau 21 avril est-il possible ? Techniquement oui, tout est toujours possible. Seulement, j’espère que le « Tsunami sur l’Elysée » restera une fable…

Paillettes et politique

Pour ceux qui sortiraient de leur grotte et tomberaient direct sur ce blog ou pour ceux qui ne vivent pas en France et ne suivent pas l’actu de l’hexagone, j’ai un scoop : dans 8 mois, on va élire un nouveau Président. Chirac ne se représentant sans doute pas (sauf surprise mais j’y crois pas du tout), le prochain président (ou la prochaine présidente) sera donc le 6e de la 5e République. Alors que la campagne n’a pas encore commencé, le show, lui, est déjà parti.

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Pour l’heure, la liste des candidats est longue, comme d’habitude mais il semble à peu près sûr que le prochain président sera issu soit de l’UMP, soit du PS. Oui, en France, on a pas de bipartisme officiellement mais officieusement… L’UDF, les verts et le PC ont encore quelques députés à l’Assemblée mais grâce (ou à cause, je vais pas lancer le débat) de notre système électoral particulier à deux tours, les petits partis sont souvent éliminés au premier tour. Et donc nos prétendants au trône partent dans une entreprise de séduction qui me dépasse parfois. A droite, Sarkozy. Bon, MAM a dit qu’elle n’excluait pas de se présenter mais je pense que ça tient plus de l’effet d’annonce qu’une réelle volonté. A gauche Ségolène Royal, Dominique Strauss Kahn, Laurent Fabius, Lionel Jospin et même Hollande n’a pas exclu de se présenter. Tout ce petit monde a profité du grand moment que sont les universités d’été qui marquent en général la rentrée politique. Ce qui me sidère d’ailleurs au sujet de ces universités, c’est qu’elles sont organisées par les jeunes militants et qu’on ne parle pas d’eux. J’ai fait les revues de presse sur les sujets et les journalistes semblent oublier ces jeunes militants grâce à qui ont lieu ces universités.

 

A Marseille, Sarko a fait son show, invitant à ses côtés Johnny Hallyday, un citoyen exemplaire puisqu’il voulait récupérer sa nationalité belge y a quelques temps, et Doc Gynéco. Limite, ça m’étonne qu’il ait pas invité Céline Dion ! Bon, remarquez, il a déjà fait le pantin aux côtés de Tom Cruise qui se fout royalement de la politique française, sauf peut-être de la loi anti-secte mais c’est un autre sujet. Donc voilà, pour qu’on vote pour lui, M. Sarkozy nous présente deux people tout acquis à sa cause, un vieux chanteur qui veut se casser du pays et un jeune rappeur un peu foncé de peau qui, rappelons-le, chantait autrefois au sein du Ministère Amer. Là, j’avoue que je n’ai pas du tout compris ce que Doc Gynéco foutait là, c’est une alliance bien improbable tout de même ! Je tape sur Sarko mais à gauche, c’est pas mieux. Dimanche dernier, je suis donc allée à la conférence de Jack Lang : officiellement, il s’exprimait sur l’avenir des jeunes, officieusement, il se vendait pour le scrutin au sein du PS. Ce genre d’happening est assez fascinant pour un observateur, genre la petite journaliste qui est là pour faire son travail. Je vous explique un peu le principe. Dans tout meeting politique, vous voyez des gens débordant d’enthousiasme brandissant des banderoles, applaudissant à tout rompre, limite en transe. Et bien sachez que quand vous vous pointez à un meeting, on vous propose de l’argent pour faire ça. Ca casse un mythe, hein ? Les partis sont plus ou moins généreux, je crois que ça tourne généralement autour de 75 euros. Dimanche, je ne sais pas si les gens ont été payés mais tout a été savamment orchestré. Avant que la conférence ne commence, un gars explique aux gens assis par terre sur la piste que quand Jack rentre, il faut se lever puis l’acclamer puis quand il termine son arrivée, on se rassoit pour recommencer la standing ovation à la fin du discours. Et oui, tout est calculé ! Et il avait même son people, Jack : Armande Altaï, la seule people que je croise dans Paris (ça fera que la 3e fois, je suis désespérée).

 

Il y a quelques années, Yohann, mon ex meilleur ami, était allé au meeting européen de Charles Pasqua et Philippe De Villiers (oui, il était de droite), il m’expliquait que ces meetings étaient tellement prenant que si tu devais voter juste après, tu votes forcément pour le candidat que tu viens de voir. Mais à l’arrivée, qu’il y a-t-il dans ces meetings ? Quelques idées mais surtout des belles phrases qui pourront être reprises par les journalistes (qui sont des gens feignants qui aiment bien qu’on leur mâche le travail). Et plus on attaque l’adversaire, mieux c’est. Je pense qu’à cet égard, le plus fort, c’est Jean-Marie Le Pen. Parce que si on regarde les apparitions de ce monsieur dans les médias, ce ne sont pas tant ses idées qu’on expose que ses attaques envers les adversaires, les « Chirac, c’est Jospin en pire » (ou vice et versa).

 

Et là, ça me saoule. Je ne veux pas voter pour un candidat qui aligne les formules creuses pour séduire mais qui ne propose rien derrière. Or j’ai l’impression qu’on glisse de plus en plus vers ça. Il y a quelques années, on se moquait de la gueule des Américains avec leur politique spectacle, les confettis qui tombent du plafond et les pom pom girls mais n’est-ce pas le concept de la paille dans l’œil du voisin et la poutre dans le sien. Parce que nous, on a peut-être pas les pom pom girls mais on n’en est vraiment pas loin. Les politiques sont des stars que l’on peut toucher, à qui on peut demander un autographe (ça, ça me dépasse complètement !), qui côtoie les people et dresse leur liste d’amis célèbres. La politique fait partie du show biz, au point qu’on se permet de demander aux artistes pour qui ils votent. Mais c’est quoi cette question ? Certains sont engagés donc eux, on connaît leurs opinions mais les autres. Je me souviens, y a 5 ans, VSD (grand journal hautement intellectuel) avait demandé aux peoples pour qui ils allaient voter. Et bien, moi, j’avoue que je m’en fous de savoir pour qui ils votent mais c’est symptomatique. Si on leur demande, c’est que leur opinion peut influencer, qu’ils sont une sorte de super citoyens qui guident les pauvres anonymes que nous sommes. Je veux pas être méchante mais je crois pas que Jenifer ou Loana puissent m’encourager à voter pour X ou Y, surtout que leurs justifications sont parfois affligeantes : « mon papa, il était ouvrier chez Renault alors moi, je vote Jospin ! ». Ah, putain, c’est beau la conscience politique ! Pourquoi se faire chier à lire les programmes alors que nous avons là la plus belle raison de voter Jospin ?

 

Alors quand je vois cette irruption de people dans la politique, le tout sous le sourire complice de nos hommes politiques, je me demande encore si les gens votent pour Sarko ou Johnny, pour le PS ou Renaud ? Parce que du coup, nos amis les journalistes se régalent de la présence de people. Mais du programme, on n’en parle point.