J’ai 25 ans

Depuis le début de ma nouvelle vie (aka mon nouveau boulot), je vis une étrange expérience que nous appellerons “non mais tu ne fais trop pas ton âge!”. Hé oui, si ma carte d’identité indique que je vais bientôt avoir 31 ans, mon corps, lui, s’en fout bien et ne suit pas. 25 ans quand je suis maquillée. Je suis descendue à 20 cet été dans le train post-vacances suite à non maquillage d’une dizaine de jours consécutifs.

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J’aime bien cette idée. Si je me penche un peu sur ma vie, mon parcours, mes envies, ouais, j’ai pas 31 ans, j’en ai 25. J’ai 4 ans d’expérience professionnelle mais j’ai l’impression que je viens à peine de finir mes études et je dois tout apprendre. En fait, plus j’avance dans ma carrière professionnelle et plus je me frotte à un univers que je n’ai pas eu l’occasion d’appréhender lors de mes études : le marketing. C’est assez amusant de discuter avec mes collègues qui ont tous fait écoles de commerce, master en marketing et communication. Et moi “oh non, moi, j’ai étudié l’Histoire, les sciences politiques et le journalisme”. Ouais, je suis ce qu’on peut appeler un ovni. Plus vieille que les autres, un parcours qui n’a rien à voir, une confession “tu sais, avant de commencer le boulot y a 4 ans, je n’avais jamais fait de powerpoint”. A l’arrivée, ça ne me rend pas moins compétente, l’école du terrain reste la meilleure. Mais force est de constater qu’avec mes collègues de 25-27 ans, je me sens dans mon élément. Alors je décide de redescendre à 25 ans.


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Après tout, c’est cohérent. On ne sait jamais laquelle de ma soeur ou de moi est la plus âgée (officiellement moi mais elle, elle se marie, va faire un gosse alors que j’arrive à peine à régler ma peur de l’engagement), mon corps rajeunit de jour en jour grâce à un traitement à base de crèmes hydratantes et de sport (après, faudra que j’arrête le tabac). Alors pourquoi ne pas tricher ? Pourquoi ne pas se dire que hop, coup de baguette magique, je gagne 6 ans. Evidemment, mes mécaniques internes ne vont pas rajeunir, elles, mais j’aime cette idée. A y penser, 6 ans de gagné, ça donne le vertige. Y a 6 ans, pile aujourd’hui, j’arrivais sur Paris. Depuis j’ai vécu des milliards de choses, rencontré des tas de gens, accumulé les boulots, eu de bons moments, de très très bons moments mais aussi des plus difficiles, très difficiles.

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A 25 ans, j’avais quand même de sacrés avantages : outre la carte sncf 12-25 (que je ne pourrai jamais récupérer, ma trombine de jeune fille ne marche pas, il faut leur filer la carte d’identité), je pouvais faire la fête toute la nuit sans mettre trois jours à m’en remettre, ne pas m’entendre dire que mon prochain mec devrait quand même être le bon parce
que bon, tu comprends, si tu veux faire un bébé, faudrait voir à trouver le père maintenant… Et ne dis pas que tu n’en veux pas, tu n’en sais rien, c’est viscéral, fillette. A 25 ans, tu commences la vie, tu vis tout les yeux grands ouverts, tu respires à plein poumons.


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Mais voilà, même si mon visage me fait gagner 6 ans sans rien faire, même si ma maturité émotionnelle est plus en phase avec mes 25 ans qu’avec mes 31, c’est pas comme ça que ça marche. J’ai quasi 31 ans, c’est un fait. Mais en fait, ça ne veut strictement rien dire. Après tout, que suis-je censée avoir à 31 ans ? Quelle est la norme ? Celle de Paris ou
celle de province ? Au fond, tout ça ne veut rien dire. J’ai déjà vécu beaucoup de choses, j’ai eu plusieurs vies, quelques part. Et j’ai encore tout à tas de choses à vivre. Peu importe si je ne suis ni mère, ni épouse, ni proprio. Moi, j’ai envie de voyager et d’apprendre des milliers de choses. J’ai envie de continuer à vivre les yeux grands ouverts et respirer à plein poumons. Glousser quand on me dit que j’ai 25 ans. Je serai sage plus tard, quand j’aurai 40 ans. Ou 46, ça dépend si je m’en réfère à ma bouille ou à mon état civil.

Joue ton pouvoir de séduction

Je vous l’avais dit lors de mes résolutions, je me suis abonnée à différents magazines en fin d’année pour être plus cultivée. Bon, les trois quarts du temps, je comprends pas tout à Tout pour la science mais je lis consciencieusement, je finirai bien par capter. Autre
magazine qui, là, me parle plus : Management. J’ai enfin reçu mon premier numéro et j’ai pas mal de choses à en dire. Commençons par une phrase lue dans le courrier des lecteurs, rubrique que je ne lis jamais. Photo :

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En tant que femme, première réaction : argh, je m’étrangle ! Je vais enfiler ma tenue de super féministe et je reviens.

Reprenons la base. Abandonnons l’idée qu’un employé réalise sa mission indépendamment de son sexe, manifestement, c’est impossible. On va nous expliquer pour la 100e fois que les hommes sont dans la compétition et les relations franches et viriles, testostérone oblige, et les femmes dans la diplomatie, la douceur et l’écoute. A ce sujet, je vous laisse lire l’excellentissime article de Slate sur les études sexuées, ça permettra de remettre les choses un peu à leur place. Mais ici, restons dans les stéréotypes. Femme je suis, en attestent mes ovaires (entre autres). Donc si je comprends bien, je ne suis guère compétente et je dois jouer de mes charmes pour grimper l’échelle l’air de rien, papillonner pour qu’on me fasse la courte échelle. Oui, Patrice, je sais, tu convoitais la promotion que j’ai eu mais mate un peu mon décolleté et regarde mes battements de cils et tu deviendras mon dévoué, mon esclave. La vie est simple comme un clip de Michel Sardou dis donc. L’hystérie en moins.

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Alors là, je me pose quand même une sacrée question : suis-je totalement stupide ? Au bout de quasi 4 ans d’expérience, je n’ai jamais eu la présence d’esprit de jouer de mes atouts physiques pour progresser, je me suis bêtement contentée de faire de mon mieux, d’acquérir des compétences, de proposer des idées, bonnes ou mauvaises… Bref, plutôt que d’être bonne physiquement, j’ai essayé d’être bonne professionnellement. Non parce que mine de rien, quand je fais des régimes ou que je fais du sport, ce n’est pas tellement dans une visée professionnelle même si, je le concède, se sentir bien dans sa peau est utile pour tous les domaines de la vie, pas simplement celui de la séduction. Non parce que dans ce cas là, je vais aller voir mon chef et lui demander que tous mes cours de sports soient pris en charge par l’agence. Ben ouais, attends, si être canon me permet de grimper l’échelle de la société, c’est de l’investissement professionnel et non personnel, je mérite donc que tout ces efforts soient pris en charge et je ne parle même pas de ma garde-robe ! Pourtant, je ne fais pas un travail de représentation. J’ai quelques rendez-vous clients mais je n’avais pas compris à quel point mon corps était, lui aussi, un outil de travail. Non mais faut être un peu stupide pour lire des ouvrages sur le marketing, travailler jusque tard, réaliser de beaux powerpoints alors qu’il me suffirait d’aller à la salle de sport tous les soirs…

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Ce qui m’énerve, c’est que le péché de séduction est toujours associé aux femmes. Lisez un portrait d’une PDG, d’une femme qui a réussi, son physique sera systématiquement évoqué via un détail (ses yeux, sa silhouette), une tenue vestimentaire… Et je ne vais même pas évoquer le fait qu’on se sent toujours obligé de donner la composition de sa famille genre « PDG et mère en plus, quelle femme! », ce qu’on ne dit jamais d’un homme. Mais ça mériterait un article entier, ça. Donc les femmes, même celles qui ont fait leurs preuves et qui sont arrivées au sommet, sont toujours appréhendées sous le prisme de leur apparence physique. Si l’une est belle, on ne cessera d’en parler, elle sera « tout en séduction », même si elle ne cherche pas du tout à séduire. Mais surtout, on conseille les femmes sur leur pouvoir de séduction, on leur conseille d’en jouer ou, au contraire, de s’en méfier. Mais bordel ! Parce que je suis une femme, il est impossible de me dissocier d’une notion de séduction ? 

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Très bien donc à partir de demain, je ne porterai plus que des robes bustiers courtes et avantageuses et je laisserai tomber mes powerpoints, excels et autres PDF. Je sais pas pourquoi mais j’ai un léger doute quant à la réussite de cette nouvelle stratégie.

Je suis au fait de l’actu et j’ai un avis sur tout

Etre blogueur, c’est souvent donner son avis. Sur tout et sur n’importe quoi, de façon passionnée et/ou éclairée. Bref, j’ai toujours aimé cette sensation de pouvoir partager mon opinion avec la foule (au moins) de mes lecteurs, d’avoir l’opportunité de mettre en mots mes pensées, essayer de leur donner forme et cohérence. Ce qui n’est pas toujours un succès et ce qui me permet de mesurer parfois ma confusion sur certains sujets. Pratique et moins cher qu’une thérapie.

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Puis vint Twitter, principe de micro-blogging en 140 caractères. Et là, c’est pareil, on montre fièrement qu’on suit l’actu, on commente les séismes, les débats politiques, les révolutions arabes et même les cantonales. Tout ce concentré de citoyenneté pourrait presque m’émouvoir si je n’étais pas persuadée que la moitié de ceux qui commentent abondamment les résultats des cantonales ne sont même pas allés voter (faut vraiment que j’aille à la mairie leur dire que j’ai déménagé au passage). Mais sur Twitter, on aime dire qu’on suit
l’actualité en réécrivant les dépêches AFP, en se précipitant pour faire des (mauvais) jeux de mots sur ce qu’il se passe dans le monde, ressortir les mêmes vannes piqués aux uns et aux autres. Genre le “10/03/2011+11/09/2001=21/12/2012” que j’ai vu passer chez trois personnes différentes sans pour autant qu’il y ait une citation de source commune. Ou le fameux “uninstall des dictateurs” que vous pouvez trouver ici. Là, au moins, il est complet, Twitter s’intéresse peu à la Belgique qui est pourtant en passe de battre le record de la plus longue période sans gouvernement d’un pays. Hé oui mais je suppose que la Belgique, c’est pas hype. Alors que moi, perso, ça me fascine complètement car quand je faisais ma maîtrise sur le Québec, la Belgique était un bon exemple de fédéralisme réussi (avec la Suisse). Ben patatras. Bref. A noter que mettre l’Italie et la Belgique au milieu des dictatures, c’est discutable mais je ne suis pas à l’origine de ce document.

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Ce qui me fascine, c’est ce besoin de se donner l’air intelligent. En 140 caractères, c’est vrai que c’est un bien beau challenge. Pour ma part, je twitte plus pour clasher mes petits camarades sur le sujet vu que 140 caractères pour donner une opinion, je trouve ça bien court. Mais surtout, on sent bien l’ambiance café du commerce et je préfère m’abstenir de participer, une exposition de mes arguments en si peu de place dégénère forcément en incompréhension et raccourcis inutiles. Déjà que sur mon blog, je n’aborde pas certains sujets. Par exemple les révolutions arabes, je trouve ça super intéressant à suivre mais je n’ai pas grand chose à en  dire en soi, manque de recul. Non parce que sur Twitter, ça fait trois semaines qu’ils ont annoncé la chute de Khadafi et comme celui-ci s’accrochait à son trône comme une moule à son rocher, ça a lassé. Le web 2.0 veut bien sponsoriser les révolutions et les déclencher, à ce qu’il se
dit (pardon mais je crois qu’on se la raconte légèrement sur ce point) mais bon, 3 semaines, c’est trop long, on zappe. Surtout que depuis, y a eu un tsunami et c’est trop horrible quoi. D’ailleurs profitons-en pour donner notre avis sur le nucléaire vu qu’on en a forcément une et qu’à l’arrivée, c’est forcément la faute de Sarkozy (point Sarko) mais en 140 caractères, on peut pas expliquer, démerde-toi tout seul pour comprendre. Mais Twitter a un avis sur tout, c’est comme ça.

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J’avoue qu’au fond, ça me fait rire car ça ne fait pas illusion. Qui aurait regardé le débat avec Sarko s’il n’y avait pas eu de quoi se la raconter sur Twitter ? J’avoue ne même pas l’avoir regardé, les live-tweets m’ont toujours fatiguée, qu’il s’agisse d’X-factor, Qui veut épouser mon fils ou le débat avec Sarko. Parce que débattre et critiquer en 140 caractères, c’est frustrant. Refaire le monde en si peu de place, c’est carrément déprimant. Mais faut bien choisir son vernis. Et le vernis de celui qui suit l’actu et la commente est très en
vogue, manifestement.

La vie est la meilleure fiction

Depuis une semaine, nous regardons tous d’un air hagard du côté du Japon, la bouche ouverte et les bras ballants. Est-ce possible que ce qu’il s’est passé se soit réellement produit ? A quel moment nous sommes-nous endormis et rêvons-nous d’un vrai scénario apocalyptique ?

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Mettons que nous soyons en 2009 ou en 2010. Imaginons qu’un mec arrive dans le bureau d’un producteur de ciné avec un scénario béton “alors c’est l’histoire d’un séisme au Japon qui déclenche un tsunami et réveille un volcan au passage. Mais le plus fort, c’est que le séisme coupe l’électricité d’une centrale nucléaire et le tsunami noie le groupe
électrogène qui a pris le relais et là, la centrale devient incontrôlable, les réacteurs chauffent, les coffres explosent et tout le suspense du film est basé sur la fusion du coeur nucléaire : fusionnera, fusionnera pas ? Et en plus, on aurait tous les ingénieurs qui risqueraient leur vie et leur santé pour sauver le peuple japonais d’une catastrophe nucléaire. Une sorte d’Hiroshima mais la bombe est expédiée par Mère Nature!”. Moi, ce film là, j’aurais pas aimé aller le voir parce que la succession des faits est trop grosse pour être réelle. Et pourtant…

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On est tous déstabilisés par ce qui arrive, d’une façon ou d’une autre. Je n’ai pas d’amis au Japon et mon attirance pour l’archipel nippon est plus lié à une curiosité pour une autre culture que par une réelle passion. Même si j’ai lu plein de mangas dans ma prime jeunesse et que le thème de l’apocalypse y est récurent. Ce n’est pas pour autant que ce qu’il se passe là-bas ne m’angoisse pas, ne me déstabilise pas. Parce qu’une fois de plus, la nature nous rappelle qui maîtrise le jeu, quoi qu’on en pense et quoi qu’on y fasse. L’enchaînement des catastrophes paraît improbable mais finalement pas impossible, la preuve. J’ai lu quelque part que l’archipel japonais était condamné à disparaître tôt ou tard, un peu à la façon d’une Atlantide des temps modernes. Bon, bien sûr, on ne parle pas d’une disparition demain, je ne verrai pas ça dans ma vie mais ça relativise ce que nous sommes. On a beau travailler pour maîtriser la planète du mieux que l’on
peut, elle finit toujours par gagner. 

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Evidemment, parallèlement au drame, les imaginations sont excitées et pas forcément dans le bon sens du terme.On aura bien entendu droit à des milliers de films et téléfilms sur le sujet (et encore, on n’en connaît pas encore la fin) mais cette furie semi-créatrice face à un tel événement, je la comprends et je la ressens. Nous assistons en direct au sacrifice de ces hommes qui essaient de gérer cette centrale nucléaire devenue folle, on voit en direct le regard hébété des survivants, nous sommes abreuvés de photos où les bateaux sont échoués sur des toits. Mais à côté, c’est parti pour toutes les conneries de scénarii apocalyptiques avec le fameux 2012? fin du monde. Non, on ne parle pas des présidentielles mais du calendrier maya (mais en fait, apparemment, le calendrier maya s’arrête à 2116, ça laisse de la marge, aucun de nous ne verra cette fin de calendrier là, à moins de battre le record de Jeanne Calment mais je suis pas sûre qu’à 130 ans, on comprenne bien tout ce qu’il se passe). D’autres interprétations parlent du 28 octobre 2011 (commence à tacher ton slip) ou 2220. Et les 150 mecs qui ont fait circuler un “11/09/01+10/03/11 = 21/12/2012”, j’ai fini par avoir envie de les frapper puis de les secouer très fort en criant “mais t’as fini avec tes conneries!”. Non parce que pardon mais le tsunami 2004 me paraît encore plus violent en terme de pertes humaines et si on commence à jouer avec les dates, on finit par démontrer “mystiquement” tout ce que l’on veut.

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Bref, je sais que tout ceci est excitant, y compris dans une certaine dimension morbide où l’on annonce les morts avec un sensationnalisme qui me gonfle. Il est vrai qu’on n’imaginait pas qu’un pays riche puisse être à ce point victime de la nature, on n’est pas en Indonésie non plus. Et pourtant. Mais les catastrophes de ce type ne sont pas inédites non
plus, il ne s’agit pas d’une catastrophe due à la pollution (mais qui va sans doute en engendrer une mais par effet de domino) ou à une éventuelle fin du monde. Souvenez vous Pompéi, le tsunami de 2004, les tremblements de terre à Mexico en 85 avec 10 000 morts, celui de la Turquie en 1999, le Pakistan, la Chine, Haïti… Ou, tiens, celui de Tokyo en 1923 qui a dégénéré en un gigantesque incendie, 143 000 morts. Aucune apocalypse n’a suivie. Et je vous prédis des tas d’autres catastrophes naturelles avant la fin du monde. 

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En attendant, peut-être que cette catastrophe va motiver la création d’un vrai débat sur l’énergie nucléaire. Le souci c’est qu’actuellement, on est dans l’affect. Demain, on sera passé à autre chose. Après tout, Tchernobyl n’a rien changé…

Be drunk be corporate (le retour)

J’ai de la chance : à peine arrivée dans ma nouvelle boîte, j’ai droit à une soirée corpo(rate) pour fêter les un an de la boîte. Bon en fait, elle en a plus mais ça fait un an qu’elle a été rachetée donc on a fait un barnum. Chouette !

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En préambule, nous avons eu droit à une heure et demie de powerpoint sur le thème « bilan et perspectives ». Y a un truc qui me fait toujours rire dans ce genre de présentation, c’est d’observer la délitation des convives au fur et à mesure des slides. D’abord, nous sommes droits comme des i sur nos chaises, bien concentrés sur ce qu’on nous raconte. Puis petit à petit, on s’affaisse, la paupière se fait lourde, le regard perdu dans le vide. On s’agite pour éviter l’endormissement (et pour cette présentation là, on avait mal aux fesses) et bientôt, tu vas voir les premiers smartphones poindre. Je ne vais pas vous raconter plus sur cette partie là, je ne pense pas que ça intéresse les personnes qui ne sont pas mes collègues (à moins de trouver où je bosse mais je déteste qu’on me traque sur le net, je le répète).

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Ensuite débute la vraie soirée, celle où y a open bar et buffet dînatoire avec des petites animations comme « mets de la peinture sur ta main et pose la sur une toile, on affichera le résultat dans le hall d’accueil ». Ouais plouf ma main dans la peinture… Oh mon Dieu, j’ai vraiment une main minuscule… Avec Salima, ma super copine de bureau, on se suit
bien au niveau du bar. En fait, cette fille, elle est trop top. Genre quand je lui explique que j’avais pas le moral à cause d’une dispute qui m’avait pourri la journée, elle me sort « mais pourquoi tu m’en as pas parlé ? On serait allées fumer une clope pour que tu me racontes ». Quand la soirée s’éternise, elle me propose d’aller dormir chez elle « mais je peux pas, j’ai rien pour me changer !

– Oh, je te prêterai des fringues ».

Non mais sérieux, c’est pas adorable ? Et en plus, ce qui est top, c’est qu’on ne bosse pas du tout sur les mêmes projets donc aucun risque de s’énerver là-dessus. Royal. 

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Donc on boit (beaucoup), on mange (peu, la sucette chocolat-foie gras liquide a pas mal calmé nos appétits), on me présente des gens que je ne connais pas dont un ancien stagiaire très sympa et un gars très tactile. C’est aussi l’occasion de papoter très calmement avec ma manager (bien qu’on n’ait jamais eu à se parler nerveusement) « bon, ça va, je te
colle pas trop ? Je te saoule pas ? Je te pose pas trop de questions ? » « Oh non, et moi, je te rends assez compte de ce que je fais, tu as une bonne visibilité ? ». Oh mon Dieu, enfin un management qui a du sens, je suis tellement pas habituée… N’empêche que je travaille très sereinement du coup et je fais de fait un meilleur travail. Va falloir que je fasse un ou deux articles sur le management, c’est un sujet qui m’intéresse bien en fait.

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Bref, du champagne, du gâteau, des macarons, de la danse, un blind test, un mec qui me tient la jambe parce qu’il veut se positionner auprès de moi pour que je l’intègre à des opés et qui, pour un gay, a un gaydar totalement foireux. Le fait que mon gaydar est pourri aussi puisque sur les 3 gays que j’avais identifié dans l’open space, aucun ne l’est. J’apprends quelques petits potins, je bouge mon corps sur de la musique y compris les Black Eyed Peas mais uniquement parce que j’ai bu 5 ou 6 coupes de champagne sans trop manger. Non mais sérieux, les Black Eyed Peas ne sont-ils pas les pires usurpateurs du XXIe siècle ? Si. A 1h30, ne reste que le pôle Social Media sur la piste (ouéééééé) donc on se fait gentiment dégager, je rentre en voiture avec un collègue voisin, dodo, rideau. Le lendemain, je me suis réveillée, je crois que j’étais encore saoule. Autant vous dire que le vendredi n’a servi à rien, nous étions tous morts. 

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Mais c’est toujours amusant ce genre de petites sauteries, ça permet de mesurer où on en est vis-à-vis de sa boîte. Par exemple, les premières chez TGGP étaient top, j’ai séché la dernière. Dans ma dernière boîte, j’ai pas daigné non plus aller à la soirée de Noël. Je voulais y aller, j’avais acheté mon costume mais vu qu’ils m’ont annoncé la veille qu’ils ne me gardaient pas alors faire la fête avec eux, non… Là, je me suis bien amusée et j’ai même eu cette folle pensée : « cette boîte, je la kiffe ! ». Comme qui dirait, pourvu que ça dure.

Epargne solidaire : saute le pas

En tant que salariée, je me pose souvent la question de que faire de mon argent. Le dépenser, oui, ça, je le fais très bien mais ne faudrait-il pas penser à mettre quelques sous de côté ? Tiens, voyons voir comment placer mes petits sous. Ok, y a 150 000 offres, au secours, je choisis quoi ?

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Alors rien que pour vos petits yeux ébahis, je vais me transformer en conseillère financière. La mienne va apprécier, vu que la gestion de mon compte a dû lui occasionner quelques cheveux blancs. Donc j’enfile mon tailleur et mes talons, je vous accueille dans mon grand bureau virtuel et je vous explique le principe de l’épargne solidaire. En fait, pour vous l’expliquer et pour vous éviter d’avoir mal à la tête, rien ne vaut une petite vidéo :

Voilà, pour faire simple, l’épargne solidaire, ça permet d’épargner tout en donnant des sous à une association. Et oui, on sait où notre argent va, une autre petite vidéo explicative.

Donc comment ça marche concrètement ? Mettons que j’ouvre un compte épargne solidaire chez Carac. Je ne place pas mon argent à perte, ça me rapporte plus que mon livret A (un taux net de 4% en 2009) mais surtout, en faisant travailler mes petits sous, je peux participer à la réalisation d’un projet solidaire. Savez-vous que grâce à l’épargne solidaire, on
a pu créer 26 000 emplois et 2 000 familles en difficulté ont pu être logées ou relogées. Je trouve que ça fait réfléchir à nos placements. Par exemple, ma propre assurance-vie, pour le moment, elle ne rapporte rien à personne… Et comme tout don à une association, c’est déductible des impôts.


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Ca manque de concret ? Ok alors pour y voir très clair, Carac a mis en place une appli iPhone permettant de simuler votre réduction d’impôt selon vos dons. Par exemple si je verse 50 € sur mon compte épargne solidaire, 0.50 iront à l’association que j’ai choisi (en l’occurrence Mécénat Chirurgie Cardiaque, forcément) et 0.38 seront déductibles des
impôts. Pour faire vos propres simulations, vous pouvez télécharger l’appli sur l’apple store ou tester en ligne ici.

 

Du coup, je pense que mon assurance-vie actuelle, je vais la clôturer et en ouvrir une solidaire à la place. Si on peut joindre l’utile et le rentable, franchement, pourquoi se priver ? Si tu veux en savoir plus, tu vas donc sur Epargne solidaire et tu peux aussi regarder deux autres vidéos pour casser toutes les idées reçues qu’on a sur l’épargne solidaire.

 

Bon, j’étais bien en conseillère financière, non ?

Rentabilisons la lose

Ces derniers temps, on ne peut pas dire que ma vie a été un long fleuve tranquille. C’est pas compliqué, en quelques mois, tout mon univers s’est écroulé, tout s’est accumulé à une vitesse hallucinante. A un moment, tu regardes le désastre autour de toi en te demandant ce qui a bien pu se passer et tu te dis que la seule chose à faire, c’est de hurler en s’arrachant les cheveux. Ou essayer de fabriquer quelque chose de toutes ces ruines fumantes. Après tout, comme on dit, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

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J’aime bien dire parfois que la vie est une pute. Ah ça, elle a su bien me faire perdre tous mes repères, me tendant d’un air compatissant mon tube de lexomil. Tiens, ma fille, drogue-toi, tu oublieras. Je dis non. Car la vie est en fait une perverse narcissique qui te gifle et te caresse en même temps, pour que tu la détestes autant que tu l’aimes. Tiens, je te retire ton boulot. Mais allez, pleure pas, je t’en donne un autre. Je suis quand même dans une situation assez folle où après un an et demi de déprime professionnelle, c’est aujourd’hui ma bouée, ce qui fait que justement, je ne touche pas (trop) à mon Lexomil. Faudra que je vous raconte ma soirée corpo d’ailleurs, seul truc sympa de la semaine dernière. Côté vie perso, par contre, ça vire au n’importe quoi. J’ai dû écouler mon stock de larmes de l’année, déjà. Hurler ? Non, rentabiliser.

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Quand je raconte mes péripéties, j’observe souvent les mêmes réactions : la mâchoire qui se décroche avec des commentaires du type « non ma pauvre ! ». Je comprends, hein… Je n’aurais pas moi même vécu tout ça, je n’y croirais même pas. Un vrai roman… Et là, tu me sens venir petit lecteur. Vendredi, dans un accès de grand ras le bol, je décide de
retourner la situation. Fini de pleurer, de me demander pourquoi. Le pourquoi, ça console pas de toute façon. Alors mon pourquoi, je me l’invente. Non, je ne subis pas tout ce bordel par hasard. La vie m’offre une occasion unique de rire de tout ce souk, de rentabiliser la lose. Je suis une héroïne de roman girly. J’ai beau ne pas les aimer, c’est un fait. Alors je prends ma meilleure arme : mon clavier. Et je commence à écrire. Sur mon iPhone pendant que je navigais un peu partout dans Paris car mon week-end fut chargé. Je suis à l’aube d’une nouvelle vie, d’une nouvelle construction. Ca fout la trouille mais c’est pas comme si j’avais le choix. Surtout que me lamenter planquée sous la couette en avalant des litres de glace au chocolat m’a toujours ennuyée. Et j’aime pas trop la glace au chocolat. Il faut bien vivre, se lever tous les matins pour aller travailler dans la joie et la bonne humeur donc faisons en sorte de transformer les choses en un truc
positif. Et si je m’en réfère à ma connaissance relative des comédies romantiques et autres séries gnan gnan, plus c’est la lose dans ta vie, plus il va t’arriver un truc cool, un truc de ouf qui va te faire sourire à la vie. Ca a beau être une garce sado-masochiste, des fois, elle peut te faire un cadeau sympa. Genre un boulot qui te réconcilie avec le monde du travail. Donc logiquement, si dans le milieu professionnel, on peut passer de galères en galères à un boulot qui nous va enfin bien, on peut légitimement penser que ça sera pareil dans d’autres domaines.

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Sauf que l’happy end, c’est pas pour demain non plus. Alors en attendant, je vais écrire. Un roman (semi?) autobiographique à la sauce cynico-rigolote parce qu’un pur roman girly, j’aurais pas envie de le lire alors l’écrire… Je vais tenter. Peut-être que ça me saoulera vite. Mais l’autre roman que j’avais entamé (4 pages…) était trop noir pour que je m’y repenche. C’est mathématique : quand t’as pas la moral, tu vas pas t’enfermer dans le noir pour aller mieux, tu vas au soleil. Ben là, pareil. Après tout, personne n’est mort, sourions à la vie tant qu’on peut. Ce sera plus agréable pour tout le monde, je suis chiante quand je passe en mode « la vie est une pute ». Mes pauvres confidentes en savent quelque chose.

Les cantines déclinent toujours

Hier soir, je me suis fait cette réflexion. Cela faisait bien 3 mois que je n’étais pas allée dans mon bar de prédilection, je profitais d’un rendez-vous avec Enzo et Lucas pour renouer avec mes vieilles habitudes. 3 mois, c’est peu mais suffisant pour se dire que là, on ne reviendra plus. Même si le basil mojito est toujours aussi bon.

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Mais dès le départ, je tique « l’happy hour est fini », nous dit le mignon serveur en nous tendant les cartes. Il est 20h02. Autrefois, leur happy hour était bien plus élastique. Bon, tant pis. 12 € le basil mojito, on va le savourer. La musique est trop forte, l’adorable serveuse du début n’y est plus et ce depuis longtemps. Je noie dans le rhum cette sensation d’une époque désormais révolue. Les heures fastes où nous arrosions nos joies et nos peines de basil mojito n’est plus. Il faudra se trouver un autre bar.

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Suite à cet accueil quelque peu cavalier, j’expliquais à mes compagnons de table tout le drame parisien : les cantines déclinent toujours. Quand je suis arrivée à Paris, j’avais un bar et un resto de prédilection. 3 ans que je ne suis pas retournée dans le premier, bien 2 ans pour le second. A une époque, j’adorais aller au Curieux bar. La dernière fois,
le service a été particulièrement prévenant, nous laissant une bonne demi-heure pour choisir un plat. Alors que je commençais à suggérer à ma compagne d’infortune qu’on allait peut-être s’en aller, le serveur est enfin arrivé, j’ai suggéré très poliment de nous offrir un verre pour se faire pardonner de l’attente, on a eu des shots. Mais la carte s’est appauvrie, le lieu a perdu de son charme. Il va falloir trouver une nouvelle cantine. Et maintenant un nouveau bar. De toute façon, depuis qu’on ne pouvait plus aller au sous-sol voûté en pierre, je sentais que ce n’était plus tout à fait pareil. Relativisons : nouvelle vie, nouvelles places.

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Au-delà de ça, je me demande pourquoi cette éternelle insatisfaction qui finit par poindre dans nos lieux préférés. Je parle de Paris mais ça m’est arrivé en bien d’autres endroits. Dans ma ville natale par exemple, il y avait un resto très chouette avec une déco très originale et une terrasse follement agréable. Sauf que plus on y allait, plus le service
s’allongeait. Arrivés à 20h, repartis à 23h, c’est un peu long surtout que le resto était relativement petit. Evidemment, on me dira que vaut mieux ça que l’inverse, les restos qui te servent entrée/plat/dessert en même temps et t’enlèvent l’assiette à peine as-tu avalé la dernière bouchée pour gérer le deuxième service derrière. A Toulouse aussi, nos lieux chouchous déclinaient. Je me souviens d’un bar où l’on faisait la fête le jeudi soir, un bar sympa Place St Pierre où on a laissé plein de sous durant mon année de maîtrise de science po. L’année suivante, je veux y retourner avec deux potes. J’arrive en avance, je tourne dans le bar et comme je suis la première, je ressors. Je suis rejointe par les deux potes et là, le videur refuse de nous laisser entrer car les mecs sont en baskets. Et moi je suis… ah oui, tiens, en baskets. Et toujours la même conclusion : « on ne reviendra plus ».

adieu

Est-ce qu’objectivement, le service baisse ? Dans les exemples ci-dessus, il semble que oui. Mais n’est-ce pas notre niveau d’attente qui s’élève ? La déception inévitable d’une relation à long terme ? Un niveau d’attente trop élevé ? Le fait que le bar est plein alors ils n’ont pas besoin de faire plus d’efforts que ça ? Allez, essayons de voir le positif. En 2011, je vais trouver un nouveau quartier de prédilection. Reste à déterminer lequel parce qu’en quasi 6 ans (!! au passage), j’en ai écumé des quartiers. Tiens, si je retournais sur les Champs…

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Ahah, non, je déconnais. Sinon, y a des trucs sympas à Madeleine ?

Une histoire d’intégration

Ceci n’est pas un article politique ou sociologique, ceci est (encore) un article nombriliste destiné à raconter ma vie. Et à vous soumettre l’énigme qui me turlupine et creuse un peu plus ma ridule sur le front : comment, à 6 mois d’intervalle, j’ai pu totalement planter une intégration dans une boîte et en réussir une autre plutôt bien ?

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Soumettant la question à mon entourage, la réponse est globalement unanime : tout est question de contexte. Dans mon ancienne boîte, je ne me suis pas sentie accueillie mais alors pas du tout. Question de circonstance : la personne qui m’avait embauchée était en vacances lors de mon arrivée et la personne chargée de mon accueil par interim pensait ne
plus me gérer une fois le gars rentré. Erreur. Reste que même en refaisant dix fois l’histoire, il y a toujours cette énigme : pourquoi n’ai-je fait preuve d’aucune pugnacité ? Pourquoi j’ai lâché l’affaire aussi vite ? C’est tellement pas moi.

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Mon moi, je l’ai retrouvé comme il faut à mon nouveau boulot. Cela fait un mois et une semaine désormais que je travaille en agence, le pays où tout le monde a 25 ans en moyenne et a fait des études de marketing. J’ai quasi 31 ans et je n’ai jamais assisté à un seul cours de marketing de ma vie. Ce qui ne m’empêche pas d’être compétente, j’ai appris direct
sur le terrain et j’apprends vite. Moi aussi , je peux parler de pricing granulaire maintenant. Ok, la première fois que j’ai entendu cette expression, je me suis mordue les joues pour ne pas exploser de rire. Oui, tous les jours, j’apprends une nouvelle expression, j’adore. Mais donc au départ, je ne suis pas censée être parfaitement dans mon univers. Pourtant, on vient me chercher pour faire des pauses ou aller chercher à manger, ce qui n’est arrivé que vers la toute fin dans mon ancienne boîte. Ancienne boîte à qui je n’ai jamais donné de faux nom pour ce blog.

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Alors je me demande pourquoi, pourquoi j’ai dû sentir que ça n’allait pas le faire dans mon ancienne boîte, pourquoi j’arrivais tous les matins entre 10 et 10h30 alors que dans la nouvelle, c’est 9h30 alors que je pourrais arriver un poil plus tard. J’ai un don (quoique…), je suis empathique. Je ressens les gens, les endroits, les situations. L’inconvénient majeur c’est que je suis une éponge à ondes : quand elles sont mauvaises, je les absorbe et ça me stresse.  Au point de retarder au maximum mon lever, me dire que « fais chier, j’ai pas envie d’y aller », m’enfermer dans ma coquille car je sens que je suis pas à ma place. Et durant les 6 mois où j’étais là-bas, il paraît que l’ambiance s’est dégradé à toute
vitesse. Pas  à cause de moi. Comme j’aime dire : « je pense que certains ne m’ont pas vue arriver alors se rendre compte de mon départ… ». Non mais une nouvelle PDG est arrivée peu de temps avant moi et manifestement, beaucoup ont depuis envisagé la question d’un départ. Moi-même, j’ai passé un entretien avant qu’on ne me signifie mon départ. Ou alors aurais-je eu l’intuition que ce boulot n’était pas celui que j’attendais, celui où j’allais battre mon record de longévité au même poste (mon record, c’est un an et quatre mois).

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Evidemment, dans mon nouveau boulot, j’ai voulu changer les choses. Parce que je veux de toutes mes forces battre mon record, trouver ma place. Là, je m’y plais mais ça ne fait qu’un mois, difficile de réellement se faire un avis. Mes collègues sont chouettes, mes missions me plaisent et je vais même avoir un entretien d’évaluation très bientôt pour
fixer mes objectifs. Parce que faire un point, là, ça me paraît un peu limité. Du coup, j’ai fait l’effort de parler aux gens, de sociabiliser. Mais j’ai trouvé ça facile, naturel et je me lève le matin avec l’envie de bosser, d’avancer sur mes dossiers voire même les boucler. Les ondes me paraissent plutôt bonnes, même si j’entends quelques doléances de ci de là, vu qu’on me raconte déjà pas mal de choses. Héhé… Mais je me sens à l’aise, un peu comme chez moi, une sensation que je n’avais pas eue dans mon ancienne boîte.

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Alors empathie, intuition… ou simple envie que ça marche cette fois ?

A la recherche du prince charmant

Par Laurent

J’aime me balader sur les blogs afin de capter les préoccupations des gens, comprendre comment cette société raisonne. Mais depuis quelques semaines j’arrive à une certaine saturation, plus je lis, plus les sujets tournent en rond, se résumant en grande partie à : moi petite fille gentille en quête du prince charmant mais qui ne tombe que sur des connards.

Au début je regardai ca d’un œil plutôt attendri, ravi de voir qu’espoir et insouciance étaient encore présents chez certaines personnes (chez moi ca s’est envolé il y a des années). Mais au bout du 15° texte disant : j’arrive pas à trouver un mec bien, une petite voix me susurra avec de plus en plus d’insistance : mais quel bande de gourdasses.

Sans vouloir jouer au pseudo docteur love, j’ai quand même envie de vous passer un savon, parce qu’y a rien de pire pour les mecs « civilisés » que de voir une jolie fille bien sous tous rapports dans les griffes d’un tocard qui saura pas en prendre soin.

J’ai bossé pendant 5 saisons comme G.O dans des camps de vacances, et j’ai vu suffisamment de couples (au sens large) se former pour remarquer que c’était souvent les grandes gueules à 2 balles qui remportaient le gros lot, alors que les vrais mecs biens, eux, pouvaient se la mettre sur l’oreille. Ca me dépassait de voir à quel point certaines nanas, pourtant sur le papier normalement constituées, pouvaient gober absolument tout ce qu’on leurs racontaient. Mais l’étiquette ne correspond pas nécessairement au produit! Pour reprendre mes cours de marketing, c’est les produits les plus nazes qui ont le plus gros service marketing. Les « princes charmants », eux, ne ressentiront pas le besoin de se mettre en avant, ils n’ont rien à prouver à personne. Alors SVP, arrêter d’être naïve, de céder sous les sirènes du premier beau parleur venu, pour ensuite venir pleurer que tous les hommes sont des connards.

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Surtout que quand on y réfléchit, un connard, ca reste facile à identifier. Le type qui va picorer à tous les râteliers en soirée, le type qui commentera absolument tout ce qui se dira, ca parait évident qui a rien à en attendre ! Surtout que le test anti connard ca existe ! Vous lui dites que vous ne coucherez pas avant deux mois et vous regardez une
semaine plus tard s’il est encore la… imparable (ca vous empêche pas de vous amuser dès que vous avez la réponse à votre test !). Mais quand je vois le nombre de nanas qui essayent avec des mecs qui de notoriété publique sont des gros cons, des fois je me dis que vous aimez vraiment qu’on vous marche dessus et qu’on vous fasse mal. Si vous voulez qu’on vous respecte, exigez qu’on vous respecte.

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Aujourd’hui, les femmes ont beaucoup plus de pouvoir que les hommes dans notre société. Pour preuve, vous en voyez souvent vous des nanas dormir dans la rue ? En pratique ca se traduit par le fait que c’est à l’homme d’aller séduire la femme, qui la plupart du temps lui répondra : next … et oui la femme propose ET dispose. Vous êtes très clairement en
position de force : une fille même moche arrivera toujours à ramener un mec en une heure si elle le désire. Nous on a quoi comme solution pour plaire à une belle inconnue ? Essayer de se faire remarquer durant les 4 secondes que vous voudrez bien gracieusement nous accorder. Pour vous dire la vérité, faire la démarche de sortir de son petit confort pour venir discuter avec les meilleurs intentions du monde avec une fille qui nous plait réellement, et se faire jeter en beauté, c’est terriblement blessant. Au final la majorité des mecs 
n’abordent des filles que s’ils en ont rien à faire d’elles, c’est moins douloureux si ca tourne mal, et ca explique pourquoi la grande majorité des mecs qui vous abordent se conduisent comme des lourdauds. J’imagine que ca doit être assez gonflant pour une nana plus séduisante que la moyenne de se faire accoster par des relou en permanence, mais reconnaissez le, si on ne ressemble pas à ca, on à même pas droit à un regard :

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Ne pensez vous pas que le prince charmant a dans sa liste de qualités la discrétion et le respect envers les femmes ? Il n’est donc probablement pas du genre à se la péter ou à accoster les filles sauvagement. Et si c’est la seule manière que vous lui laissez de faire votre connaissance, il ira voir ailleurs. J’avoue que ca me fait assez rire de voir le comportement d’un bon nombre de fille qui s’amuse à snober les mecs. Je peux comprendre qu’une nana n’aie pas forcement le temps de papoter en allant au boulot, mais rien n’empêche de discuter avec son voisin dans le métro, ou de discuter avec une table voisine dans un bar (si c’était soirée privée entre amies, autant faire ca chez soi, non ?). Peut être que si vous vous rendiez plus accessible et laissiez les gens vous approcher, vous auriez l’occasion de faire connaissance avec les 80% immergé de l’iceberg, et surement la partie la plus intéressante.

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Des mecs bien moi j’en connais un paquet : doux, intègre, bonne présentation, bonne situation, mais ils ne trouvent pas preneur. J’en conclus qu’au fond malgré leurs dires, un mec bien c’est pas ce que les filles recherchent. Elles cherchent juste un mec un peu con qui leur donnera l’illusion de sortir quelques instants de leur morne et ennuyeuse existence.
En y réfléchissant un mec bien c’est trop sage, trop plat, et surtout ca fait pas flashy devant les copines. Des mecs biens y en a partout, faut juste savoir ce que vous voulez.

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