Donner un sens à sa vie

Par LucasMercredi dernier j’ai diné avec mes parents dans un très bon restaurant chinois, référencé par le guide Michelin (oui, il y avait deux « baguettes »… Bon OK j’arrête l’humour de merde.)
Ce qui est intéressant c’est que nous sommes allés là bas parce que mon père voulait fêter un truc.
Ce jour là, cela faisait 30 ans qu’il s’était installé à N’enterre Pas Tes Rêves, en tant que médecin spécialiste.
Ma sœur et moi on lui a donc demandé ce à quoi il rêvait à 30 ans, il y a 30 ans…

Mon père est issu d’un monde ouvrier.
Il s’est construit lui-même. Mais il a eu la chance de croiser des gens motivants.
Intelligent, bucheur, il a d’abord eu un prof qui l’a poussé vers un lycée généraliste puis plus tard il a croisé deux personnes qui sont devenues des amis et qui lui ont donné des outils (bouquins, auteurs, réflexions) pour mieux comprendre le monde et vivre mieux.

Mon père, fondateur des Jeunesses Communistes à Bagneux à l’age de 12 ans, puis militant au PC jusqu’à 30 ans, a voté Sarko aux dernières élections.

En fait, aujourd’hui, la seule conviction qui l’anime c’est vouloir être heureux et en phase avec sa vision de la vie.
Et pour répondre à cette demande, Sarko lui a paru plus en accord avec les impératifs de la société moderne qu’un PS, sclérosé, archaïque et à coté de la plaque.

Qui lui en voudrait ?
Qui lui en voudra ?

Pire, ne peut on pousser la logique plus loin et dire que tout communiste est un égoïste qui s’ignore car dans tout communiste c’est le fait d’utiliser la collectivité pour améliorer son sort personnel qui prime… (OK, je vais un peu loin. Certes, il y a des gens bienveilllants et généreux. Mais rappelez vous l’échec de Owen avec ses collectivités… C’est un peu déprimant tout de même.)

Mais au-delà de tout ça, et pour revenir au sujet qui était « ce à quoi rêvait mon paternel à 30 ans », ce qui nous a étonné, ma sœur et moi, c’est que cette question, sur le sens à donner son existence, est restée en suspension. Mon père n’avait plus de rêves à 30 ans, plus d’idéal.

Pourquoi se lever le matin et « faire l’effort de » ?
Comment se coucher le soir et être serein ?
Pour quelle raisons faire des efforts ?

Dans sa réponse, il a donc eu un pragmatisme effrayant.

Quand on a un boulot passionnant, des revenus importants, qu’on bosse 15 heures par jour, ce qu’on cherche c’est tout bonnement à ne pas être triste ou anxieux.
Je ne dis pas que mon père se noie dans le travail pour éviter de penser à des choses qui pourraient le soucier.
Je dis qu’il se noie dans le boulot parce que (je résume, bien sûr) il y trouve un réconfort intellectuel et des revenus importants qui lui permettent ensuite le week end de faire ce que bon lui semble et offrir à sa famille un cadre de vie adéquat.

Exit Mère Teresa, exit les bons samaritains, exit toute cette hypocrisie chrétienne de l’aide de ton prochain. (mais d’ailleurs, la plupart des mémés croyantes qui vont à l’église ne le font-elles pas uniquement pour être accueillies au paradis ? N’y a-t-il pas une malhonnêteté intrinsèque et essentielle dans cet abonnement à la messe en vue d’être bien vue de Dieu et obtenir son F2 au paradis ?)

Pour autant je pense à Nina qui a serré les dents avant de trouver un boulot qui lui plaise vraiment. Je pense à un copain qui a eu le courage de se lancer dans un domaine passionnant (le cinéma) et d’en baver le temps nécessaire avant d’être reconnu pour ses qualités. Belle preuve d’abnégation.

Mais je pense surtout à une amie.

Une nana brillante, un caractère bien trempé, une personnalité incroyable.
Pour tout vous dire alors que j’étais dans mon coma, j’ai rêvé à deux reprises que j’allais chez ses parents pour la demander en mariage.
Aujourd’hui, Aphrodite est avocate dans un cabinet prestigieux.
Mais il y a encore quelques années, dans des moments de tristesse ou de doute, elle parlait de lâcher le Droit, d’être infirmière pour donner un peu de sens à sa vie…
Parfois, je pense à elle et je me demande :

« Est-elle heureuse aujourd’hui ? A-t-elle trouvé une réponse ? Un quotidien qui l’empêche de penser à l’absurdité de tout ça…  »

On en revient toujours à Camus et le Mythe de Sisyphe.

Alors…
Que penser ?
A quoi bon vouloir chercher une raison d’être et exister ?
Faut-il vivre sans se poser de questions histoire d’être serein ?

Si vous avez des remarques, elles sont les bienvenues.

Quelques minutes de pure violence gratuite

Est-ce que vous connaissez le blog de Perséphone ? C’est un tort. La demoiselle nous gratifie régulièrement de scénarii et historiettes avec des meurtres et du sang. En lisant son blog, je me suis dit : tiens, si j’écrivais un article fictif d’une rare violence qui aurait pour thème « dans ta face sale connard de chez But ! ».  Oui parce que quand But ne remplit aucun de ses engagements, le responsable se permet de vous dire que c’est vous qui êtes de mauvaise foi et que « deux mois pour une livraison, ça arrive, on ne fera aucun geste
commercial ». Ah ouais, ben je vais me le faire toute seule.

But Nanterre, intérieur nuit. Le vigile roupille tranquillement devant les écrans de surveillance. Au dehors, une main gantée désactive l’alarme. Une demi douzaine d’individus pénètrent dans le magasin, à pas de loup. Même si l’alarme est désactivé et le vigile drogué par leur soin, autant ne pas se faire remarquer.

Cambrioleur 1 : Bon, c’est quoi le plan ?

Cambrioleur 2 : On doit trouver un meuble de salle de bain et un meuble d’entrée. Ah et aussi une étagère, la mienne est déjà pleine.

[Oui, c’est moi cambrioleur 2]

Cambrioleur 3 : Quel style tu veux ?

Cambrioleur 2 : Du bois clair pour l’entrée et l’étagère, blanc pour la salle de bain. Du simple, surtout. Tout ce qui se marie bien avec une table basse en verre avec un pied en forme de dauphin ou de sirène comme celles là, vous oubliez aussi sec. Si vous trouvez de chouettes rideaux pour séparer mon coin chambre du reste de la pièce et une housse de clic clac bordeaux ou prune.

Cambrioleur 4 : Tu veux pas 100 balles et un mars aussi ?

Cambrioleur 2 : Vu comme il m’a parlé l’autre enfoiré, c’est un légitime dédommagement. Allez let’s go !

Les cambrioleurs s’éparpillent discrètement dans le magasin et quand l’un d’eux trouve un produit correspondant aux recherches, il appuie sur son porte clé laser pour attirer l’attention. Ils remplissent le diable qu’ils ont amené avec les produits qu’ils recherchaient.

Cambrioleur 1 : C’est bon, on a tout ce qu’il nous faut. On y va.

Cambrioleur 2 : Allez y, j’ai un compte personnel à régler. Je vous rejoins dans quelques minutes.




Cambrioleur 2 [moi, quoi] se rend dans le bureau des responsables. Jérôme Noisel, c’est le sale con qui m’a traité comme une moins que rien au téléphone parce que y a plus grave dans la vie, que je suis de mauvaise foi et agressive. Tu vas voir si je suis agressive. Le bureau n’est pas fermé. Parfait. Cambrioleur 2 entre dans le bureau, jette un peu un œil. Sur le bureau, une photo de famille, Cambrioleur 2 la regarde un instant, on sent une hésitation dans son regard mais il est trop tard. Il jette le portrait contre le mur et prend tous les papiers qu’il trouve pour les jeter partout dans le bureau. Ensuite, il sort une bombe de son sac et tague sur les murs et les fenêtres des « sale con », tout en prenant bien soin de piétiner les papiers. Une fois la bombe terminée, Cambrioleur 2 grimpe sur le bureau, baisse son pantalon et sa culotte et s’accroupit pour laisser un dernier petit cadeau : un étron. Après s’être essuyé avec un papier traînant à portée de main, Cambrioleur 2 se rhabille et quitte la pièce.


Moralité : fallait pas m’énerver.

Bon, ok, en vrai, jamais je ne ferais ça, essentiellement parce que je ne sais pas cambrioler, neutraliser des alarmes et j’aurais tellement la trouille que mon transit en serait tout perturbé. Et puis en vrai, je serais pas capable de faire un truc aussi crade. Mais c’est un article plein de violence gratuite alors fallait pas juste se contenter de voler deux meubles et quelques petits bonus. A l’arrivée, j’ai reçu mon lit à la date de la 2e livraison mais je veux quand même un geste commercial car deux mois pour recevoir un lit payé comptant, c’est inadmissible. Et en plus que le mec se permette de dire que c’est moi qui suis de mauvaise foi, là, ça ne passe pas du tout. Surtout que je ne suis pas sûre que ce soit tout à fait légal de ne pas proposer au client de ne verser qu’un acompte quand il achète un produit qui n’est pas immédiatement disponible…

La Fatalité est-elle destin des gens résignés ?

Par Lucas

Happiness
More or less
It’s just a change in me:
Something in my liberty…

Comme le disait si bien Richard Ashcroft il y a 12 ans… (Purée, 12 ans.)


(gueule de chien battu…)
Pour ouvrir Lucky Man dans une fenêtre annexe et lire cette bafouille en musique, il suffit de cliquer sur cette longue phrase. (Vous revenez après, hein ? Promis ?)

Peut-on être agnostique et croire que telle ou telle personne a « toujours de la chance » ?

C’est la question que je me suis posée vendredi soir après un intermède iconoclaste et étonnant dans ma vie prévisible et terne.
Sur les coups de 20h00, alors que je lisais Le Monde.fr en dégustant mon saumon à l’anis de célibataire, mon téléphone s’est manifesté.

– Bonsoir. Je voudrais parler à Lucas d’Amore.
– Oui c’est moi. (nb : je ne suis pas Louis XVI, je ne réponds pas : « Lui même »).
– Je viens de trouver votre portefeuille dans la rue au beau milieu de la RN 13.
– Ah ?!
– Avec 60 € dedans et votre permis de conduire à l’adresse de vos parents qui sont manifestement en liste rouge…
– Ah ?!
– Bon, si voulez le récupérer, on habite au…

Alors je ne sais pas pour vous,
J’ai peut-être été bercé dans une culture du « les gens sont des méchants » mais…

Quelles chances y avait-il que la personne soit honnête ?
Quelle chance y avait-il qu’en l’absence de numéro de téléphone cette mère de famille fasse l’effort d’aller sur Internet ?
Quelle chance y avait-il qu’elle utilise Yahoo qui classe mon CV en première réponse quand on tape « Lucas d’Amore » au lieu de Gogol qui classifie le même CV à la 45ème réponse pertinente (oh le méchant) ?

Je pensais donc à tout ça en retour-piétonnant vers chez moi avec mon trésor dans la poche.
Et je suis allé plus loin.
Parce que dans la vie j’ai été un sacré veinard, faut dire c’qui est…

Quelle chance y avait-il que je ne sois pas avec elle le jour où ma mère a eu son accident mortel il y a 20 ans ?
Quelle chance y avait-il que je n’ai jamais de pépins quand j’étais seul en voiture en faisant, pendant 2 ans, un Paris – Reims (190 km) en une heure et demie, porte à porte ?
Quelle chance y avait-il que je sorte vivant et indemne d’un choc contre un arbre à 100 km/h devant Roland Garros il y a 2 ans ?
Quelle chance y avait-il que je n’ai aucune séquelle après les deux agressions que j’ai subies en un an ?
Quelle chance avons-nous désormais de voir Marco continuer à passer 15h par jour sur Facebook maintenant qu’il est casé et qu’il ne va plus l’utiliser comme un Meetic Like ?
Tiens tant que j’y suis quelle chance avais-je d’être accepté par Marie-Raoulette une copine de Marco au sourire 10000 watt?
Quelle chance avons nous que les deux dernières questions n’aient rien à voir avec le sujet et soient un peu égarées ?
Bref…

Laissez-moi continuer et être un brin incohérent…

J’ai toujours pensé, aidé en cela par des parents soufflant l’esprit, que la chance n’existe pas, que le hasard n’est pas une fatalité, que la chance il faut savoir la provoquer puis la saisir.
D’ailleurs, j’adore le fait que, pour les anglophones, le mot « chance » veuille dire « possibilité ». C’est tellement plus honnête. Ca remplace le hasard, bon ou mauvais, par une possibilité, neutre.
Là où on est passif devant le hasard, la possibilité pousse à choisir, à prendre parti.
Et ça, ça change tout.

Chacun sa route, Chacun son chemin, Chacun son rêve, Chacun son…

C’est un peu facile, à mes yeux, d’asséner qu’on a eu de la chance.
Je me suis donc engueulé intérieurement en rentrant chez moi.
Non, mais oh, sérieux, quoi…
Je me refuse de croire à un destin car croire au destin c’est tuer le libre arbitre.
La vie on se la façonne et il n’y a pas de Dieu, de force occulte, de truc qui décide que Lucas d’Amore va aujourd’hui se prendre une grosse mandale ou tomber sur une fille canon dans le tromé.
Croire au destin c’est perdre toute humanité, se complaire dans une facilité détestable.
Et plus que la fatalité (ce qui a un caractère inéluctable) ce qui est méprisable et gerbant c’est le fatalisme (« la croyance en la détermination des événements par des causes indépendantes de la volonté humaine »)

On a qu’une seule vie,
à mener sans être emmené,
à croquer sans craquer,
à jouer enjoué sans être joué…

Je refuse donc de me croire chanceux éternel.
Mais là vous serez les premiers à lâcher ce poncif :
« d’toute façon la roue tourne, toi aussi tu auras ta part de merde, t’inquiète pas »

Je conchie également ce genre de remarques où le déterminisme est encore religion et j’emmerde royalement les esprits faibles qui se complaisent dans cette mouise intellectuelle, cette nonchalance placide, ce leitmotiv du  » d’toute façon ça devait arriver » !!

Comme disait mon prof d’anglais en prép sc po, « elle a bon dos la fatalité ».
Argh ! Perso je m’y refuse.ou tout du moins j’essaye au maximum.

Cette passivité m’exaspère au plus haut point.
Ça me rappelle un sujet de Conférence Berryer.
Ce sujet c’était : « La fatalité est-elle le destin des gens résignés ? »
Purée, si j’avais été à la barre ce jours là, ce que j’aurais été virulent !!

Allez, je vous laisse avec cette citation d’Albert, une citation qui est aussi ma devise.

« Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme. Ces déchirements sont affreux. Mais pour un cœur fier, il ne peut y avoir de milieu. »

Faire de la politique ou vivre de la politique ?

Par Lucas

Cher René,

J’ai failli intituler cette bafouille « La politique n’est plus ce qu’elle était » mais je me suis rappelé à temps que je t’avais déjà chourave ce titre pour un autre article, terne et vide. Tu as donc évité de faire des triples lutz piqués et des doubles axels dans ta tombe : ne me remercie pas, voyons, tout le plaisir est pour moi.

Pour autant, tu as bien fait de clamser il y a quelques années.
La politique n’est définitivement plus ce qu’elle était, René.

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Les hommes politiques n’ont plus aucun engagement pour des idées intelligentes et utiles.
Le Monde Diplomatique a fait tout un dossier dans son numéro 667 d’octobre 2009 qui s’intitulait « Faire de la politique ou vivre de la politique ». On a atteint un degré incroyable de théâtre et de faux semblants. Depuis 40 ans, notre personnel politique cherche simplement à faire preuve d’à propos pour se maintenir en place et pour profiter de ses indemnités. Au gouvernement, comme dans
l’opposition, il n’y a pas un seul esprit qui ne soit pas inféodé au qu’en dira t-on, pas un seul esprit qui ait une vision d’avenir. Et quand une politicienne parle de désir d’avenir, c’est seulement un message marketing pour faire rêver le consommateur…

Parce que l’électeur est un consommateur comme un autre pour un produit comme un autre.
Tu t’en doutais un peu, René, ça devait arriver un jour. Tu l’avais plus ou moins suggéré…

Aujourd’hui, il faut un propos vendeur, il faut exprimer ce que l’électeur attend. Il faut anticiper et ruser, faire des coups d’éclat et des opérations coup de poing, de la promotion et du marketing. Pire… Aujourd’hui quand tu prends les media, l’info n’est plus, René. L’info est morte, vive l’évènement ! Attends, va te prendre un mojito et reviens vite que je t’explique…

Je ne regarde pas là télé mais j’ai observé, depuis 5 ans, l’évolution du journal de 13h sur France Inter, un des plus écoutés de France si ce n’est LE plus écouté. Eh bien, vois-tu, René, même là, même sans image, c’est le règne de l’info produit, du coup médiatique, du truc glamour à dire pour susciter l’émotion de l’auditeur. Ce n’est que du maquillage : on a atteint le degré zéro de l’épure (oui, je fais du pastiche et je convoque Roland Barthes pour que tu te sentes moins seul à ronchonner)

 Vois-tu, René, j’ai eu un arrière grand père qui était au Congrès de Tours en 1920, un grand père qui a toujours voté marxiste, un père qui a créé les jeunesses communistes de Bagneux à 14 ans et qui a voté… Sarkozy en 2007.
Et moi, je ne sais plus que penser.
Taubira (radical) en 2002, Ségolène x 2 en 2007…
Je refuse la complaisance du Modem et les blagounettes utopiques de Besancenot,
Je renie la démagogie du PS et la cosmétique de l’UMP…
Vais-je donc voter Cohn Bendit pour confirmer ma lassitude et adouber son apparent « parler vrai » ? (t’as raté un super débat entre lui et Bayrou aux dernière élections, un débat ou François s’est ridiculisé et où DCB a tenu un propos humain avec des vrais morceaux de sincérité dedans ; trop frais)

Trop frais…

Vois tu c’est bien ça le problème…
Les simagrées et les discours niaiseux des uns et des autres m’insupportent et me lassent.
D’un coté on fait des lip daubes, de l’autre on s’excuse partout où on passe : bref, on fait le show…

Si je me suis engagé pour la campagne des Européennes, c’est parce que j’ai trouvé un parti,Newropeans, qui me semblait aller au delà du clivage stérile Droite Gauche, un parti utile quand on sait que 85% des lois sont votées à Bxl et transposées ensuite par le Parlement
Français. Mais tu sais bien que nos 72 représentants au Parlement Européen (les 72 hommes et femmes politiques les plus puissants de France) n’ont pas le droit de proposer des textes : ils ne peuvent qu’entériner ou refuser les décisions et les choix faits par les technocrates…

C’est parce que je rejetais ce déni de démocratie que je me suis engagé chezNewropeans.
Parce que je refusais ce vaudeville scabreux qu’est devenu le jeu politique français.
Je refusais l’inanité lâche et la comédie niaise des débats entre une majorité et une opposition dont la frontière est incertaine.
La politique vaut mieux que ça, René, et tu le sais bien. Toi qui a connu l’époque des Mendes France (« Gouverner c’est choisir« ) toi qui a du nécessairement lire ce discours de Jean Jaurès dans lequel il martèle l’évidence. Rappelle-toi, René…

« Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui volontairement accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité en
prenant pour soi les dangers. » (…)
« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux
applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques »

Et pourtant, je suis le premier à faire ça, René.
A faire écho aux huées fanatiques et aux discours creux.
Pire, j’ai été le premier à stigmatiser ces 500 conducteurs de la ligne A du RER de Paris qui bloquent 1 million de personne (bon, OK, j’étais frustré…)
Je suis défait, René. Il n’y a plus de place pour les idées, il n’y a plus que l’urgence.
Oppressés par le poids des média, on jette de ci de là, de nébuleux messages sans jamais s’engager ; des trucs stériles pour « donner l’impression que »… On pourrait même détourner un peu Céline (non, pas celui qui fait des voyages jusqu’au bout de la nuit, je te parle d’une chanteuse québéqouhèze) :

Tu les entends dire des phrases sans aucun sens
Qu’importe les mots n’ont plus la moindre importance…
Car le Ballet a commencé…

Un ballet où tout n’est que gestuelle calculée et entrechats plus ou moins lestes sur la grand scène illuminée de l’opéra existentiel (je fais des phrases prétentieuses si j’veux)

Voila René…
J’espère sincèrement que tu profites bien de ta mort parce que là, en ce qui nous concerne, on en chie vraiment avec tous ces macaques.
Dernière chose. Si tu pouvais faire un truc qui me ferait graaaave plaisir,
Passe mon bonjour à Salengro et à Beregovoy…

ANECDOTE de M. Bidet

Par Diane

Cher petit lecteur, aujourd’hui j’ai une petite anecdote à te raconter. Une petite anecdote anodine comme ça arrive tous les jours, mais que, quand on y réflechit vraiment, pour un être humain est beaucoup plus déprimante que toutes ces soi-disant catastrophes rrrrhhhaaaaaabanquespouvoird’achatchomage qu’on nous sert tellement à tous les rateliers que ça en devient presque banal.

Bref, cet après midi, j’étais à la défense où une quantité impressionnante  de gens sans pouvoir d’achat se ruaient les uns sur/sous/dans les autres et les magasins en pleine folie de soldes.

[c’est quand même fou ce phénomène de société moderne et pourtant fichtrement néaderthalien que sont les soldes. On se croirait dans un documentaire animalier sur planète:  » la femelle, en période de rut soldesque, a tous ses sens en alerte. Elle développe un instinct particulier et aiguise finement son mode d’action. Quand elle a repéré sa proie, elle observe, les narines à l’affut du moindre chanel n° 5 alentour, son périmètre d’action. Elle guette soigneusement les autres femelles potentiellement rivales avant de fondre en un éclair sur sa proie, non sans écharper à coup de talons aiguilles dans le tibia tout danger potentiel qui s’approcherai un peu trop près de la cible repérée ». Bref j’ai l’impression que toute ton éducation, les dures années de labeur des parents, des professeurs, des nounous et de pratique intensive du bouddhisme tout d’un coup ça compte plus, on fait pouce, et c’est retour à la jungle. Fin de la parenthèse]

Bref, moi j’y étais pour aller m’acheter le dernier Thorgal que tout le monde il a oublié de me l’offrir à noel, donc je le fais moi même, non mais.

Mais là n’est pas l’intérêt principal, j’y viens, un peu de patience. Faut bien vous faire mariner un peu, hein, sinon c’est pas drôle, et puis c’est tellement déprimant que rien qu’à l’écrire, je tire une tronche de quatre mètres de long.

Donc, je suis sur le chemin de retour chez moi, quand dans le RER je croise un jeune homme de ma connaissance, camarade de fac, qu’il se trouve qu’on prépare le même concours.

Et le jeune homme en question me raconte qu’il y a quelques mois, il était à la BU (= bibliothèque universitaire pour les intimes) dans la salle de prêt et que deux jeunes hommes à l’air préoccupé sont venus lui demander un service.

En gros: « rrhhaaa on a un partiel demain, et on a absolument besoin de codes civils mais on peut pas emprunter de bouquins, est ce que tu peux silteplait les emprunter pour nous c »‘est super important »
Alors lui, méfiant, leur demande l’assurance qu’ils rendront les bouquins, ils promettent, et alors il leur fait confiance, et emprunte les bouquins sous son nom.

Et voilà, quelques temps après, il reçoit un courrier de la BU lui demandant de rembourser le Code civil qu’il n’a pas rendu…
Et là je me demande: mais comment est ce qu’on peut faire ça? En plus cette raclure de bidet est censé être étudiant en DROIT! Il étudie le droit, qui est tout de même fondé sur l’idée de JUSTICE,
et il se permet un truc pareil…

Ces temps ci, je suis entourée autant que vous tous par un cortège médiatique d’infos toutes plus joyeuses les unes que les autres, entre  le mot à 5 lettres qui fait peur à tout le monde, (et ne pas le citer est le meilleur moyen de se rendre compte à quel point on nous l’a bien fourré dans le crâne: vous l’aurez tous reconnu…), le chômage  les déboires de nos chers ministres…..eh bien je crois que c’est la chose la plus déprimante que j’ai pu entendre.

Et après, on se met à la place de mon camarade de promo: la prochaine fois, qu’est ce que je fais? Est ce que j’ai eu tort de vouloir faire confiance gratuitement à un autre être humain? Est ce que je préfère devenir super méfiant, me fermer comme une huître et dire non à tout ce qu’un inconnu me demandera, ou alors est ce que je préfère me faire avoir de temps en temps, et garder confiance en l’autre?

Bref, quoi qu’il en soit, si par un grand hasard le petit con qui n’a pas rendu ce livre échouait sur ce blog et lisait ces quelques lignes, je tiens, du fin fond de mon être vers l’espèce de bouillie putride et inconsistante qui te sert de conscience, à t’exprimer l’expression de mon plus profond mépris.

Road trip

Par Tatiana

Ca y est enfin ! Je vais repartir en voyage. Je suis trop contente, j’ai trop hâte. Depuis le temps que ça me trottait dans la tête. Mais où vais-je aller me direz-vous ? Et bien je pars au Chili, dans moins d’un mois. Je vais voir des amis là-bas et bouger dans le pays. Une amie me rejoint là-bas et c’est avec elle que je vais descendre dans le sud jusqu’en Patagonie. Au début je pensais partir un peu à l’arrache avec mon guide lonely planet dans la poche et advienne que pourra. Quand j’étais partie au Mexique, je n’avais strictement rien préparé. J’étais arrivée les mains dans les poches et je me suis laissée guidée par Maria qui était déjà là-bas depuis un an et qui avait déjà repéré les trucs importants. Alors je me suis dit que ce serait pareil pour le Chili. J’arriverai avec le guide et en tête les endroits que je voudrais visiter, et puis on verrait comment ça se passe sur place. Cependant, je me suis rendue compte très vite que ça n’allait pas marcher de cette manière. J’avais omis un léger détail : la Patagonie c’est la nature sauvage. Au début avec mon amie on voulait faire le nord et le sud. On commence à lire le guide et on se rend compte que les temps de trajets sont énormes. Première déception : on se rend compte qu’on va devoir choisir entre le nord et le sud. Ce sera donc le sud car on ne peut pas ne pas aller en Patagonie. On commence donc à regarder que voir dans le sud et là on se retrouve confrontées non seulement au problème de distance mais aussi à celui des moyens de locomotions qui sont très limités. Il y a seulement quelques départs par semaine pour certains endroits. Voire un seul départ par semaine. Certaines villes ne sont quasiment accessible qu’en avion ou bateau. Bref, ça va demander un peu d’organisation tout ça.

Du coup je commence à envoyer des mails à droite à gauche, dans des agences de voyage ou auberge de jeunesse. Là, j’apprends qu’un des parcs naturels qu’on veut visiter est fermé car un volcan qui se situe à l’intérieur du parc est en pleine activité. Ok, bon. Là, je suis face à une réalité qui me dépasse. J’ai pas vraiment l’habitude de prendre en
compte ce genre d’aléas dans mes voyages. Je commence d’ailleurs à me dire à ce moment là, que si ça continue on va jamais pouvoir visiter ce fichu pays. Nan mais c’est vrai il est relou ce volcan à être en activité. Mais je tiens bon. Je me transforme en agence de voyage à moi toute seule afin d’arriver à faire un circuit cohérent et faisable par rapports aux temps de trajets d’une ville à une autre. Heureusement que je ne travaille pas en ce moment car toutes ces recherches me prennent un temps fou. Je comprends maintenant pourquoi ils prennent si cher quand ils organisent
des voyages dans les agences. En tout cas moi j’ai bien fait de ne pas faire ce métier. Car au début organiser un voyage c’est sympa : on détermine l’itinéraire et les endroits à voir ainsi que les excursions à faire. Par contre, la partie détails techniques comme horaires de bus, où dormir… c’est juste l’enfer et la prise de tête. Il faut vérifier chaque horaire de bus pour voir si le circuit est réalisable dans le temps imparti… Pendant un moment j’en rêvais la nuit tellement je ne pensais plus qu’à ce que je devais chercher le lendemain. Ca me déprimait même, car je me
disais que j’allais jamais y arriver. En plus, avec mon amie on voudrait loger chez l’habitant histoire de faire quelques économies. Du coup je suis allée sur couch surfing. Idem c’était un peu la croix et la bannière pour trouver des personnes pouvant nous héberger. Mais en allant au bon endroit j’ai fini par trouver des gens. J’ai même gagné un rencard en prime car un mec m’a contactée pour aller boire un verre. Ca n’a pas dépassé le 1er rdv car le mec a dit qu’il me rappellerai et l’a jamais fait. En passant c’est un truc que j’ai du mal à comprendre : pourquoi dire
« je t’appelle » si tu sais déjà que tu vas pas le faire ? Parce que la fille en face de toi est parfaitement capable d’encaisser le fait que ne compte pas la rappeler . Et en plus elle espère pas ou n’attend rien.  

Bref, aujourd’hui je pars dans moins de 15 jours et j’ai super hâte. Surtout que j’ai passé des vacances de noël un peu merdique, alors je pense que prendre l’air me fera le plus grand bien. Donc je vous dis à bientôt pour le résumé de mes vacances d’aventurière !!!

Le crachoir ou l’origine de ma lose

Par Keira

Cela fait déjà quelques années que je cultive cet art si précieux qui m’a permis de nouer des liens avec d’étranges individus.

Il faut, pour commencer, avoir une bonne grosse dépression nerveuse pendant votre adolescence. Ca permet de mettre en place de bonne bases de manque de confiance en soi et tout ce qui va avec. Que ce soit le manque de relations, la peur de l’autre et la phobie du futur.

Après avoir découvert un substitut à vos problèmes, qui dans mon cas s’est appelé internet, et rencontré via des forums, un bon paquet de gens dans votre cas, prenez soin de prendre rendez-vous avec un psy-psychopathe qui vous terrorise tellement que vous décidez de retourner passer votre bac après trois mois d’absence au lycée.

Finalement vous arriverez sans doute à passer le bac sans problème grâce à une chance de cocu. Que vous ne pouvez pas être car toujours désespérement seule.

Votre bac en poche vous refusez la pression parentale qui vous voit diplômée de Science-Po dans un futur proche pour vous orienter en fac de cinéma-audiovisuel.

Vous y rencontrez plein de gens bien et vous amusez follement. Vous rencontrez aussi votre premier connard. Que vous larguerez d’une manière aussi minable que le mec. Mais ça vous fera toujours plaisir des années après.

Après trois ans sur les bancs de la fac, un autre petit ami (cette fois beaucoup plus réussi), des flirts et compagnie, vient le moment de se dire que finalement la fac ne sert à rien. Mais ne croyez pas que cette réalité vous soit venue naturellement, vous êtes un peu trop stupide pour cela. Non, vous avez reçu l’aide de connard numéro 2. Celui-là vous ne vous y attendiez pas à son côté connard. Certes, votre mère ne le sentait pas, mais bon… faire confiance à 200% au jugement de sa mère, il faut du temps pour l’accepter. Et vous n’étiez visiblement pas prête.

Erreur de débutante là encore. Vous vous laissez entraîner dans un cycle infernal qui vous fait quitter à la fois la fac et votre maison familiale pour vivre avec des potes et votre mec. Autant dire que l’évolution psychique = zéro et que l’évolution de votre pourcentage de matières grasses dans le corps monte en flèche.

Après un an et quelques mois passés à ne rien faire (sauf cas de grande urgence financière), votre connard et vous ne vous sentez pas en osmose totale et vous retournez chez vos parents. Deux mois après Noël, jackpot, vous êtes cocufiée comme jamais, tout le monde le savait mais personne n’a eu la courtoisie de vous prévenir. Et cela, vous l’apprenez, tant qu’à faire, le jour de la Saintt Valentin.

Evidemment vous vous trouvez dans la foulée un mec gentil que vous traitez mal parce que dans votre tête ça débloque pas mal. Et donc vous le laissez tomber comme une vieille chaussette, ce qui n’est pas dans vos habitudes et crée le début d’une nouvelle boucle de « je suis trop conne, je ne vaux rien ».

Quelques mois plus tard, vous reprenez du poil de la bête et vous dites « fuck les cons, je vais faire ce que j’aime ». Vous voici pleine d’entrain, vos parents vous soutiennent comme toujours et vous avez une illumination « tiens, maquillage c’est bien ! ». Ni une, ni deux… vous foncez !

La rentrée inquiète, c’est pouffe-land à l’horizon, pas trop votre tasse de thé.

Mais vous avez encore de la chance, votre classe est la plus âgée, la plus mature, donc ça se passe bien. Même très bien.

Vous aviez décidé de faire une croix sur l’amour pour les deux années à venir histoire d’éviter les rechutes dans la connerie. Bon choix, vous économisez vachement sur la crème dépilatoire. La première année se termine bien , vous avez même réussi à partir à Londres comme vous le vouliez. Votre stage à la télé était intéressant, vous avez rencontré des célébrités, on dit que vous savez bien maquiller. L’ego est gonflé à bloc.

Deuxième année de maquillage… une classe sans vos copines. Une classe avec son lot de boulets. Ca pourrait aller si vous n’étiez pas l’une des plus âgée, la majorité ayant l’âge de votre petit frère mais avec les envies et les délires de jeunes de 16 ans.

Vous découvrez aussi que vos « amis » de longue date sont chiants. Oui, ça se plaint tout le temps. Et la conversation ne vole pas bien haut. Les soirées sont chiantissimes. Les gens bien ne viennent plus justement pour cette raison.

Les amis ont des métiers qui leurs prennent tout leur temps et parfois ont tellement changé qu’on se dit qu’on a plus rien à leur dire.

Il paraît que c’est ce qu’on appelle « entrer dans l’âge adulte ». Ouais, bah merci bien….

Vous collectionnez donc la lose.

Que ce soit les plans foireux, les soirées pourries, les gens qui vous prennent pour leur mouchoir quotidien mais ne retournent jamais la faveur quand il y a besoin.

Votre crispation est telle qu’on la remarque. Vous êtes à deux doigts d’insulter tout le monde, de hurler, de dégueuler toute la haine et la rage qui vous habite.

Vous n’avez pas souvent été dans cet état. Même jamais. Et c’est difficile à gérer.

Actuellement vous retournez hiberner sous votre couette le soir pour éviter de sortir et voir des gens qui vont forcément vous énerver.

Vous ne retournez pas les appels, vous faites la morte.

Et vous vous dites que la seule solution c’est de prendre son mal en patience, de gagner de la thune et de partir très loin d’ici.

Les petits posts amusants reviendront peut-être un jour. L’esprit léger est souvent là pour votre famille. Qui heureusement ne change pas et à même tendance à s’améliorer tous les jours. Le reste de l’humanité ne vous intéresse pas. Sauf ces gens incroyables qu’on découvre dans Rendez vous en Terre Inconnue. Parfois vous enviez leur ignorance et leur vie dure mais bien remplie de choses essentielles.

Vous avez besoin de spiritualité. Et vous vous demandez si croire enfin en quelque chose ne serait pas un réconfort.

En attendant, c’est le boulot qui vous fait tenir. Dans un sens, c’est déjà ça.

I think I’m paranoid

Hier, il m’est arrivé un truc pas vraiment passionnant, un épisode de plus dans l’éternelle saga « Nina et la loi de Murphy », saga qui commence à me les briser menu, autant vous le dire. Suite à mon emménagement, un soir, prise de folie, je décide de cuisiner. Or j’ai une gazinière, je tourne le bouton, pose l’allumette devant le brûleur et…rien. Je teste tous les brûleurs, rien. Bon, vu que je n’ai toujours pas explosé, je pressens une explication : il faut s’abonner individuellement au gaz (je rappelle que j’ai le chauffage collectif alors j’ai cru que…).



Profitant de ma grippe la semaine passée et de mon assignation à résidence, je demande donc à GDF de me raccorder au gaz. Une gentille dame me répond que des techniciens viendront le jeudi 09 janvier entre 7 et 10h. Mardi, je reçois un sms que je survole confirmant le rendez-vous , siouper ! Et nous voilà le jeudi et je poireaute. A 10h, n’ayant vu personne, je pars de chez moi, furax, sur le mode : « évidemment qu’ils ne sont pas venus, le contraire m’eut étonné, y a tout qui foire en ce moment, blablabla ». Agacée, je vérifie l’heure donnée sur mon sms et je fronce les sourcils. Le sms a été envoyé le 07/01, soit le mercredi et le rendez-vous était pris pour le jeudi 09. Sauf que le jeudi, c’est pas le 09 mais le 08… En fait, si les techniciens ne sont pas passés, c’est juste parce que j’ai retenu la mauvaise partie d’une date erronée. Mais à aucun moment, je n’ai pensé à vérifier, persuadée d’être une nouvelle fois victime de la fameuse loi de Murphy qui me pourrit la vie depuis presque 6 mois maintenant.


Pourtant, j’ai de quoi virer parano. Un autre exemple. Fin novembre, je termine de remettre mon ancien appartement en état (non qu’il soit particulièrement abimé mais le fignolage, ça prend du temps). Or, bonne blague, le double des clés à disparu, je l’avais filé à ma sœur y a un an et quelques et il ne réapparaît pas. Bon, ben vu l’honnêteté de mon proprio, je décide d’aller faire des doubles, ça me coûtera moins cher. Je commence à envisager de ne pas avoir les clés à temps, m’y prenant un peu la veille pour le lendemain mais je trouve un serrurier entre mon domicile et mon boulot, les clés prêtes le soir même, pas de soucis. Le tout pour la modique somme de 45 euros (argh !). J’explique dans la journée à Vicky via mail que j’ai été un peu injuste avec la vie genre j’étais persuadée qu’il y aurait forcément une couille avec ces foutues clés mais non, je les aurais en temps et en heure, merveilleux.



Evidemment, le lendemain, j’ai testé les clés et elles ne marchaient pas. A 2 mn30 de les rendre, c’est la merde. J’explique mon cas à la logeuse (ce n’est pas encore l’état des lieux), elle me laisse un autre jeu de clés et je vais les refaire. Là, ça marche, merci bien. Mais voilà, c’est typique : à l’arrivée, c’est juste pénible et une perte de temps mais j’en ai marre. En ce moment, ma phrase fétiche, c’est « est-ce que je pourrais pas juste avoir tout qui marche pendant 5 minutes ? ». Et bé non. Quand les choses semblent bien se goupiller, y a toujours un truc qui merde. Je passe mon temps à courir, à stresser, à essayer de trouver des solutions alternatives mais rien. Parfois, c’est ma faute (genre mon ordi qui ne démarre plus, c’est un peu parce qu’il est infesté par un virus chopé sur la mule), parfois c’est juste la fatalité qui s’acharne encore et encore (genre le train qui s’arrête en pleine voie alors que je suis pas en avance, n’importe quel problème de transport, un récurent, But qui n’est pas foutu de faire son boulot…).


Mais là, je suis officiellement paranoïaque. Je suis persuadée en permanence que ce que je fais ne marchera pas. Que si je commande un truc sur le net, ça n’arrivera pas. Et c’est assez fatigant à force, cette espèce de poisse qui me rend super négative car je ne suis pas quelqu’un de négatif. Mais force est de constater que ça fait 6 mois que ça dure, depuis que j’ai perdu ma carte bleue, précisément, mon déménagement a connu un nombre incalculable de rebondissements à la mords-moi-le-nœud, l’emménagement un peu moins mais pas forcément mieux, je suis malade… Et j’en viens sincèrement à me demander ce que j’ai pu faire pour mériter ça.



Alors, s’il vous plaît, je peux pas avoir juste quelques minutes de répit ? Genre si la migraine ophtalmique que je traîne depuis deux jours pouvait s’arrêter, ce serait sympa, merci bien. Non parce que là, la crise de nerf se rapproche chaque jour de plus en plus et jeter un ordinateur par la fenêtre (ou un responsable de But Nanterre qui est un fieffé connard mais il n’en a pas fini avec moi), ça peut causer pas mal de dégâts.

Ce qui est bien avec l’indécence, c’est qu’elle est sans limite

Ok, j’ai hésité à écrire cet article mais en ce moment, je suis imbuvable alors autant y aller gaiement. Je vous ai déjà épargné mon bilan 2008 qui tournait surtout
autour du fait que rien n’allait depuis quelques mois, ma crise mystique depuis la mort de ma grand-mère, mon amour familial qui explose (tous ces articles ont été écrits, je précise). Mais y a
quand même des trucs qui me font doucement marrer. Notamment l’indécence de certaines personnes que tout le monde reconnaitra, merci (je viens juste d’être au courant des plaintes de la personne
me concernant).




Début décembre, je perds donc ma grand-mère. Quinze jours plus tard, très précisément quinze jours plus tard, Lucie fête son anniversaire sur Toulouse, c’était
prévu bien avant, j’ai été invitée dès novembre. Or qui n’a pas été invité ? Un mec qui, paraît-il, a été un jour mon meilleur ami et qui me prouve une fois de plus que mes deuils, il n’en a
franchement rien à foutre. Vexé comme un pou de ne pas avoir été invité, voilà que tout à coup, ça ne le gêne plus du tout d’être dans la même pièce que moi. Le même qui l’été dernier, alors que
Lucie faisait une fête chez ses parents à lui pour son départ en DOM avait hurlé « je te préviens, si elle vient, la soirée se fera sans moi, il est hors de question qu’on soit dans la même
pièce ». Je voudrais bien croire que les gens changent mais faut pas trop se moquer de moi. Comme de par hasard, quand il est le premier à être invité, il est HORS DE QUESTION qu’on puisse
même envisager ma présence mais quand les rôles s’inversent, de suite, il fait tout pour être présent. Mais quelle classe, ce monsieur.




J’aurais aimé croire qu’il n’était pas au courant pour ma grand-mère mais je sais qu’il n’en est rien, je me demande même limite si ce n’est pas lui qui a prévenu
Lucie puisqu’elle m’a envoyé un texto de condoléances et je ne sais pas de qui elle l’a appris, vu que ce n’est pas d’Anne. Alors quand Lucie m’a demandé si c’était possible qu’il vienne, je lui
ai clairement fait comprendre qu’un type qui hurlait il n’y a pas si longtemps qu’il était hors de question qu’on soit en même temps dans la même soirée ne pouvait agir ainsi que par orgueil mal
placé. Je n’ai pas dit non, je lui ai juste fait comprendre que je n’étais pas en état de supporter ça. Je pense que n’importe qui de décent l’aurait compris. Mais là, j’apprends qu’il
tourne la situation à son avantage, que c’est moi la méchante, qu’il était prêt à enterrer la hache de guerre. Mais quelle hache de guerre ? Il n’y a que toi qui la brandis encore,
expliquant il n’y a pas si longtemps à une amie commune : « de toute les amies de Nina, c’est toi que je préfère », ce à quoi elle a répondu : « C’est marrant, Nina, elle
me parle jamais de toi ! ». Hé oui. Tout ceci était y a si longtemps, dans une autre vie, celle où je n’étais qu’une pochtronne chômeuse et au bord de la dépression (voire franchement
dedans, j’ai du mal à dire). Hé oui, tout ça. Depuis, je suis devenue une grande fille qui travaille, ne boit que de façon épisodique et irait à peu près bien si sa grand-mère n’était pas morte
il y a un mois. Le à peu près concernant les aléas pénibles de mon déménagement.




Alors j’aurais pu être une gentille fille et ne pas souligner mes réticences, le laisser venir à une soirée où la moitié de l’assistance n’avait pas envie de le
voir. Mais j’ai trouvé ça trop facile. On ne peut pas traiter les gens comme de la merde et ensuite leur demander l’indulgence. Il n’était pas question d’enterrer la hache de guerre, il ne
m’aurait pas adressé la parole de la soirée, pas même pour dire bonsoir, son seul but étant de rassurer son ego : ne pas être invité à une soirée, impossible. Parce que je sais pertinemment
que si les rôles avaient été inversés, il aurait tout fait pour que je ne vienne pas. Ceci étant, les rôles auraient été inversés, je n’aurais pas insisté, j’aurais proposé à Lucie qu’on se fasse
un après-midi entre filles ou quelque chose car je sais sa position délicate, c’est pas la peine d’en rajouter.


Bref, je n’aurais jamais imposé ma présence à une soirée où je n’étais pas invitée au départ. Je n’aurais pas forcé cette personne à subir ma présence alors qu’elle
est en plein deuil en faisant tout pour la faire se sentir exclue (car je suis persuadée que ça se serait passé ainsi). Je n’aurais pas osé ensuite me faire passer pour la victime de cette
vilaine qui ne veut pas faire la paix. C’est ce qu’on appelle la décence, dans mon jargon. La classe, aussi.




Il y a des jours, comme ça, où j’ai envie d’envoyer un mail à cette ancienne amie qui avait dit de moi que je ne savais pas m’entourer après avoir rencontré cette
personne indécente. Juste pour lui dire qu’elle avait totalement raison mais que maintenant, j’ai nettoyé mon entourage et n’est gardé que le meilleur. Genre des gens qui ont été là quand ma
grand-mère est partie. Là avec moi, pas contre moi… Parce que c’est bien gentil de jouer les victimes outragées mais s’il avait vraiment été question d’enterrer la hache de guerre, mon
numéro de téléphone et mes mails n’ont pas changés. Le fait de pleurnicher comme un gamin sur son blog plutôt que de m’expliquer en privé qu’il souhaitait qu’on passe tous une bonne soirée est, à
mes yeux, plus révélateur que tout le reste.

 

NB : Si, si, j’ai été soft.