Le monde en myopie

Lecteur, je te l’ai avoué il n’y a pas longtemps, j’ai changé de lunettes. Une démarche angoissant vu qu’il ne faut pas se tromper, choisir les bonnes montures. J’étais partie sur un « prends des basiques pas chères » mais mes mains ont saisi par hasard des lunettes, je les ai portées sur mon nez et là, devant la glace, j’ai su. C’étaient elles. 200 et quelques euros la monture mais vu comme l’opticienne s’est extasiée sur mon visage lunetté, je pense avoir fait le bon choix. Ou je me faisais draguer par une opticienne lesbienne.

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L’ensemble de mon entourage ayant applaudi mon choix, je les porte bien volontiers et à nouveau je vois bien. Trop bien. Non parce qu’autant certains des hommes de ma vie étaient beaux quand j’étais myope et le sont encore plus quand je les vois net, autant pas mal de laideur me saute au visage. Déjà c’est incroyable comme les quais de gare sont sales. Moi avant, je ne voyais que du gris. Puis les gens sont grimaciers, grisâtres, boutonneux, mal coiffés. Ça me rappelle la dernière fois où j’ai longuement arrêté de fumer, je redécouvrais avec acuité le Paris odorant… Nauséabond, c’est le mot juste.

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Là, je retrouve les avantages mais aussi les inconvénients de voir. Par exemple, en version myope, je crushe 3 fois par jour. Le beau brun là-bas n’est-il pas le plus beau du monde ? Mes lunettes éradiquent le flou artistique et là, le « mec le plus beau du monde » ne me plait finalement pas du tout. Sauvée me direz-vous ? Non car de près, j’y vois pas si mal (cf supra la remarque sur les hommes de la vie) donc si j’avais ambitionné de draguer mec le plus beau du monde, je me serais rendue compte de ma méprise. Or le crush du métro est par définition éphémère un « oh wouaaaaah le mec ! » suivi d’un discret matage jusqu’à la fin de l’un de nos trajets. Et je l’oublie aussi vite, ce n’était qu’un agrément de voyage. Là, avec ma vue acérée, plus de doute possible : je ne peux prêter aucun charme à une personne qui ne me plait pas. Heureusement que je ne prends plus les transports en fait.


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Et que dire de ceux que je m’applique à ignorer pour cause de violent mépris ? Avant, je n’avais qu’à les laisser errer dans la lointaine zone floue, je ne les voyais pas, ils n’existaient plus. Avec mes lunettes et ma vue bionique, l’objet de ma désaffection est en permanence visible et manifestement doué du même don d’ubiquité que mon chat : où que je regarde, il est là. Or comme j’ai globalement peu d’inimitiés, mon rejet devient souvent physique, le fameux « je peux pas le voir en peinture ». Ben là, t’as droit à la version Technicolor en 3D et sonore en plus.

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Cependant, reconnaissons un avantage majeur aux lunettes : en un geste, je les enlève, les plus beaux mecs du monde pullulent à nouveau et mes « ennemis » disparaissent. Ouais en fait, je suis un Clark Kent à l’envers.

Volée !

Et énervée un peu. Samedi, retour de la plongée, j’ai mon gros sac sur le dos, mon sac à main suspendu à mon épaule, mes écouteurs dans les oreilles. Stalingrad, changement de métro, je suis perdue dans mes pensées quand 2 jeunes me sautent dessus.

« Madame hé madame ! »

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Au passage, depuis que j’ai écrit mon article annonçant qu’en fait j’ai à nouveau 25 ans, on n’arrête pas de m’appeler madame. Le pouvoir contradictoire de ce blog me fatigue. Par exemple la semaine dernière, je marchais dans la rue avec ma collègue Salima quand une nana nous aborde pour Handicap National : »[à Salima] mademoiselle, vous avez une minute ? [à moi] et vous madame ? ». Blaaaaaf ! Je vais arrêter de porter la veste moi.


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Bref je disais Stalingrad, 2 ados me sautent dessus « Madame, y a un type qui vient de vous voler votre portefeuille ! Il est parti dans le couloir pour la ligne 5! ». Hein ? Sur le coup, je pense à une embrouille, mon sac est fermé et personne ne s’est approché de moi puis avec le sac de plongée, ça me parait impossible. Et pourtant mon porte-monnaie a
bel et bien disparu. Montant du butin : 3 euros max. Ma CB, mon iPhone et mon téléphone sont toujours dans mes poches, mon billet de 5 euros aussi, mes papiers dans mon sac. Inutile donc de courir après mon voleur qui doit déjà etre loin.

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Pourtant je sens la colère monter. Je m’en fous des 3 €, dommage pour le porte monnaie que j’aimais bien mais le geste me rend furieuse. La seule fois où on a essayé de me faire les poches, le gamin était tellement adroit que je l’avais capté en deux secondes et engueulé mais là, j’ai rien senti. Première réaction : pourquoi moi ? Facile : j’ai dû bien faire sentir que j’étais dans la lune et mon porte monnaie était facile d’accès dans ma poche (faut que j’arrête de tout mettre dans la poche). Mais j’ai quand même un profond sentiment d’injustice, une envie de retrouver ce petit con pour lui démonter la tête. Même si imaginer sa réaction en découvrant son butin me console un peu.

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Le truc, c’est qu’après, tu paranoïses. Dans le métro suivant, il y avait du monde, j’ai passé mon trajet à contrôler mes poches. iPhone ? Vu que j’ai toujours de la musique dans les oreilles, ok. Téléphone mobile ? Ok mais lui, on me le volerait, on me le rejetterait aussi sec à la figure en m’insultant : « non mais tu te fous de moi, tu utilises vraiment cette rougne pour téléphoner? ». Oui, monsieur, depuis que mon iPhone a tenté un baptême sauvage de plongée dans mes toilettes et vu le prix d’un smartphone (même si je change d’opérateur), on va attendre un peu, j’ai dû me payer des dents et des lunettes récemment. Et je préfère me payer des vacances aussi. Bref, personne n’a fouillé mes poches mais je restais bloquée sur la violence symbolique de l’acte, le côté « c’est dégueulasse ». Tout ça pour 3 euros, je sais, j’ai toujours été excessive.

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Je suppose qu’il faut y voir une alerte : j’ai eu chaud y a 15 jours avec le gamin maladroit, fallait bien que ça finisse par m’arriver. Devenir parisienne ne protège pas des mains piqueuses. J’ai eu du bol, je n’ai perdu que 3 euros dans l’affaire, j’ai toujours mon iPhone (qui me sert de smart sans phone) et ma CB, rien de grave. Ca fait juste chier et ça ébranle mon monde Bisounours dans lequel personne ne me veut du mal, surtout un gars croisé dans un couloir de métro qui a vu mon porte-monnaie dépasser.

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Enfin, voyons le positif : cette semaine, je suis en vacances, je n’aurai donc pas besoin de monnaie pour le café.

Je ne sais pas

Je me demande souvent ce qu’est la maturité. Je pense qu’il n’y a pas de réponse type, je l’imagine plus comme une sorte de puzzle, de mosaïque constituée de petites choses, de petits pas en avant. Mais la définition même des pièces du puzzle, leur forme et leur couleur évolue selon l’âge. Je crois que la maturité s’éloigne ou plutôt reste distante de nous car à chaque pas en avant, un autre pas nous attend. Un peu comme un escalier dont on découvrirait à chaque marche qu’il y en a encore une autre.

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Quand j’étais ado, la maturité, c’était payer ses impôts. Aujourd’hui que je les paie, ça ne compte plus et quand je les paie, je me dis que ça me console pas de me dire que ça veut dire que je suis indépendante. Mais depuis un an, à peu près, j’ai trouvé une nouvelle pièce, une nouvelle touche dans ma mosaïque de maturité : savoir dire qu’on ne sait pas. Ca peut paraître anodin mais pendant des années, j’ai eu du mal, affirmant que oui, je savais dès qu’on me posait la question, y compris quand je ne savais rien. Ce qui provoquait quelques situations inconfortables où l’on vous pose une question sur ce que vous êtes censée savoir puisque vous avez dit que “si, si, je sais”. Là, on bégaie un “heu…j’ai un trou, merde…”. Bon, hélas, ma maturité étant arrivée un peu avant mon smartphone, j’ai jamais pu répondre : “heu…j’ai un trou… attends, on va regarder sur wikipedia”. 


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Non, je ne sais pas tout. DIEU MERCI. N’ayant que 31 ans, je me ferais chier durant le reste de ma vie. J’aime apprendre, j’aime qu’on m’initie à de nouvelles choses, qu’on me fasse découvrir de nouvelles données, que ce soit une “révélation” ou juste un détail, une anecdote, un petit quelque chose. Quand j’étais avec l’Amoureux (qui devient désormais l’Ex, il est temps d’écrire officiellement cet état de fait et puis si je continue à l’appeler l’Amoureux, on va plus comprendre si je suis avec quelqu’un ou non), nous avions des univers assez différents. Vous savez, le couple le scientifique et la littéraire. On avait des points communs mais des passions aussi différentes, ce qui nous permettait de partager et j’aimais bien. Je me
souviens d’un épisode précis où il m’expliquait la réaction de Maillard et ça m’a mise en joie parce que j’apprenais un truc. Il y a quelques temps (temps que je ne mesure pas), j’aurais dit que, oui, je savais ce qu’était la réaction de Maillard, “bien sûr!”. Parce que ne pas savoir fut pour moi une honte pendant longtemps, une faille dans le système, un accroc dans mon image de fille intelligente et cultivée. Ce qui créait le sentiment paradoxal d’une imposture. J’ai toujours eu un certain complexe par rapport à ma culture, j’ai toujours eu l’impression de ne rien savoir mais de donner l’illusion de.


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Aujourd’hui, je suis bien plus mesurée. J’ai une culture. Je vais me passionner sur un sujet et me renseigner le plus possible dessus. Je vais avoir mes marottes, des Chevaliers de la table ronde à l’univers AB en passant par Moravia et Barjavel, les histoires de terrorisme et d’indépendantisme, une fascination pour les passionarias et les romans d’anticipation… A côté de ça, je n’y connais strictement rien à la culture et à l’histoire espagnole, je n’ai découvert que récemment la loi de Boyle-Mariotte alors qu’elle est essentielle en plongée (j’en connaissais cependant le mécanisme), je suis une merde totale en peinture contemporaine, je ne suis pas sûre de comprendre les règles du golf (mais ça, j’avoue que ça m’intéresse pas trop), je suis une bille totale en botanique et je ne connais que quelques races de chien. Et je ne sais pas reconnaître la plupart des marques de voiture. Et encore, je ne parle que ce qui me vient à l’esprit, imaginez tout ce que je ne sais pas, tout ce dont je ne soupçonne même pas l’existence. 

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Alors quand on me parle de quelque chose que je ne connais pas, je ne prends plus mon air entendu de “celle qui sait”, j’exprime clairement ma méconnaissance, je pose des questions et, stade ultime de l’achèvement de la pièce du “je ne sais pas”, je suis désormais capable de dire que je ne comprends pas. 

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Tiens, faudrait d’ailleurs que je me trouve une nouvelle lubie.

2011, en avant !

Ca doit faire la 3e ou 4e fois que je dis ça cette année mais je pratique la méthode Coué et je dis qu’aujourd’hui, 2011 débute. Accrochez vos ceintures, ça va secouer. Enfin, pour le coup, ça a déjà beaucoup remué. Si je devais résumer cette moitié de 2011, je la résumerais à ça :

Mon univers a été bouleversé, j’ai beaucoup perdu, j’ai dû cravacher pour reconstruire mon univers. Des fois, je me dis que j’aurais su, j’aurais accepté de passer l’entretien pour le poste à Londres qu’on m’avait proposé une semaine avant le début du marasme (le 09 décembre 2010, je crois que je vais pas l’oublier de si tôt cette date).Peut-être que je l’aurais eu, peut-être que, quitte à tout reprendre de zéro, autant le faire ailleurs. Ceci étant, je ne regrette pas vraiment. Oui, j’avais un bon créneau pour me déraciner mais on ne peut pas dire que je n’ai rien construit depuis ce marasme. J’aime sincèrement mon nouveau boulot, j’ai rencontré des gens que j’aime vraiment bien, certains ont pris plus de place dans ma vie. Je me reconstruis petit à petit, j’essaie de ne pas me précipiter à me déclarer parfaitement guérie, j’essaie de prendre le temps, de faire de petits pas plutôt que des grands qui vont me faire tomber. Mais là, j’ai décidé que voilà, ma vie est comme une bâtisse, les travaux de retape sont finis, on peut maintenant l’aménager pour qu’elle soit toute confortable. Oui et on pourrait dire que qui dit nouvelle vie dit on arrête les métaphores foireuses. Mais non, je vais le garder ce vice là.


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De toute façon, j’ai des preuves : ce matin, alors que vous me lisez, je souris de toutes mes dents parce que scary dentiste a fini les travaux (finalement, ma métaphore n’est pas si pourrie) et j’ai sur le nez mes splendides nouvelles lunettes à nouveau à ma vue. Je suis restaurée physiquement. Aujourd’hui est le début de ma vie où mes “problèmes” de santé sont sous contrôle donc ça me paraît un bon moment pour dire que voilà, c’est un peu mon 1er janvier mais un 1er janvier plus utile que les 1er janvier habituels où on se contente de se remettre de sa cuite de la veille. A partir d’aujourd’hui,
je décide que j’ai assez laissé 2011 me glisser entre les doigts (on est déjà en juin, comment c’est possible ?), que je dois faire des choses constructives, même si ce sont de petites choses. Je trouve que j’ai trop subi les événements ces derniers temps, j’ai tout laissé filer, je n’ai pas cherché à me battre. Pas d’énergie. Maintenant je dis stop. Déjà, je vais commencer à ranger mon placard d’entrée, ce sera un départ énorme (je vous dis pas la flemme). Je n’ai pas envie en décembre de me dire que cette année a été chiante ou qu’elle n’a servi à rien. Quitte à me ramasser un tsunami perso, il doit en sortir du positif, du neuf. Tout n’est question que d’angle de vue : plutôt que de regarder les ruines qui ne sont même plus si fumantes, regardons plutôt toute cette nouvelle place dédiée à mes nouveaux amours, amitiés, projets. 

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Allez, haut les coeurs, tout va mieux. Puis tu vois, je me dis que la vie, elle aime bien me filer les trucs par lot (surtout les saletés genre « t’es à genou ? Ah ben j’en profite pour te filer un coup de pied dans le bide et peut-être te péter une côte en plus, pour voir ») donc comme j’ai bien eu mon lot de coups et que j’en fus au stade « rate éclatée », quand elle va se mettre à me faire des bisous, je vais devenir la fille la plus heureuse du monde. Donc certainement la plus chiante. 

PS : Oui, je sais, je me répète mais chut.

PPS : Je sais que la photo de la mouette n’a rien à voir avec ce que je raconte mais je l’ai retrouvée sur mon pc et je l’aime bien donc publiée. Oui, je penserai à la recadrer à l’occase

 

Nina et le scary dentiste

J’eus un secret : pendant 5 ans, j’ai disparu de l’univers biscornu et incroyablement compliqué de la sécurité sociale. 5 ans où j’ai évité tout docteur (à part le gyneco qui m’a posé Gudrun en punition). Mais la vie a décidé que ça suffisait la blague et m’a refilé un abcès
dentaire. Tiens, dans ta bouche, va te soigner !


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Un dentiste, ok mais qui ? Au moment de mon abcès (le 03 janvier, ça sentait bon l’année où j’allais morfler), j’étais encore chez boite-qui-n’a-pas-de-nom et pas encore fixée sur mon avenir professionnel donc en toute intelligence, j’ai choisi un professionnel proche du seul lieu géographique dont on reste sûr : mon appart. Henri Moutiers, je te choisis comme dentiste.

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J’avais un peu les miquettes en y allant car j’ai quelque peu négligé mes dents par le passé. La dernière fois que j’y suis allée, j’avais un truc provisoire dans la bouche (un plombage, une couronne ?) et ça n’a jamais été achevé. C’était y a 10 ans… Et j’ai un peu des dents fragiles donc dents fragiles non soignées pendant 10 ans… Hmmm… Henri m’invite à m’allonger sur le siège, j’attends la dernière seconde pour ouvrir la bouche. « mmm, je vous mets une fessée ? ». Mais Henri, il est gentil, il me dit qu’il va tout me réparer.


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Seulement Henri, c’est un petit coquinou. 3e rendez-vous, me voici prisonnière du célèbre fauteuil et il me demande de tourner légèrement la tête vers lui. Bien élevée, j’obtempère. Et là : »Je vous demande ça parce que vous avez une trop grosse poitrine et ça me gêne pour bien travailler ». Ouiiiii ? »Enfin, trop grosse, c’est juste pour travailler sinon en tant qu’homme, je la trouve parfaite. » Heu… Ouiiiiii ?

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A partir de là, c’est la grosse marade. Il me fait une radio ? « Ah, j’ai enfin une photo de vous, dommage qu’elle soit en noir et blanc, huhu ! » « je vais vous aider à mettre votre veste, ma maman m’a appris à être galant », « passez me voir, je vous offrirai le café ». Je viens un jour où je n’ai pas rendez-vous car je me suis trompée de jour ? « C’est parce que je vous manquais ! ». Mon réveil sonne alors que je suis sur le fauteuil ? « Vous avez peur de vous endormir ? Croyez bien que si ça arrive, j’en profiterai ». Ahah quel blagueur cet Henri !

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Oh, je pense que c’est un sacré coquin et pas juste avec moi. Un soir, j’étais sa dernière patiente et sa femme a appelé, ils se chamaillaient genre « mais où veux-tu que je sois ? Je suis au cabinet en pleine extraction. Oui, c’est ça allez, à plus tard ». A noter que se faire enlever une dent par un dentiste excédé, c’est une expérience un peu effrayante. Sachant qu’il m’avait anesthésiée la bouche avec un immense tube vibrant (véridique), ce soir là, j’ai bien senti mon retour de karma dentaire. Donc madame est jalouse, tu m’étonnes. Surtout que le même soir, juste avant moi, il y avait une fille jeune et très jolie, il s’est précipité pour porter ses sacs de la salle d’attente au cabinet (il m’a fait la même avec mon sac à main).


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Évidemment, Henri, il est plus sexa que sexy et mon Œdipe étant résolu, me taper un mec démo-sociologiquement identique à mon père, comment dire… Non. Mais au moins, à chaque fois que j’y vais, je gagne une petite anecdote. Demain, je crois que c’est notre dernier rendez-vous, il me l’a donné en me laissant un étrange regard intense et mélancolique. Mais t’en fais pas Henri, tu l’as dit
toi-même, mes plombages sont en fin de vie, je repasserai les changer.

Pas un phare

Par Diane

Nina, lecteurs, lectrices, jeunes et vieux, grabataires et prépubères, public chéri mon amour.

Il est arrivé récemment une drôle d’aventure qui m’a donné à réfléchir. Et quand je dis « drôle », ce n’est pas tant de par la vertu comique -loin de là- qui se dégagerait de l’événement, mais plutôt parce que celui-ci, bien qu’il ne soit pas extraordinaire en soi,  m’a laissé sur le coeur et la conscience comme un arrière goût d’incompréhension et d’amertume persistante.

Je suis allée il y a quelques semaines de cela dîner un vendredi soir avec des collègues et amis du côté des Halles.

En fin de soirée, nous nous dirigeons vers le RER quand une de mes collègues à l’oeil perçant remarque une jeune fille la main dans le sac d’une autre de nos collègues. Cette dernière vérifie, le sac ouvert, le portable envolé. La tentative très pacifique de récupérer le portable échoue, la vile voleuse ayant une armada de copines pour la pousser vers le RER. Nous restons là, pantelants et, disons le, comme des cons, les regardant s’éloigner. 

A ce moment là, plusieurs choses viennent à l’esprit: énervement, hébétude, colère, dépit, et surtout, hésitation devant la marche à suivre.

Une de mes collègues particulièrement réactive est allée directement au guichet, a brièvement expliqué la situation au monsieur RATP et voilà t’y pas qu’en un dixième de seconde une dizaine d’agents de la sécurité RATP débarquent et fondent sur les auteures du rapt portabilique. 

S’ensuit une série de hauts cris à tendance hystérique et un portable récupéré (déja sans puce….).  Tandis que justice se faisait, mon petit groupe de collègues et moi étions au milieu de tout cela. Et les secondes passant, nous commençâmes à observer que petit à petit des groupes de jeunes gens à l’air pas tellement avenant se formaient autour de nous. Grossissant avec les secondes, tandis que les cris persistaient du côté des donzelles interpellées. Les essaims qui s’étaient formés autour de nous commencèrent à sortir leurs portables,
et à nous prendre en photo. J’ai beau être une bonne banlieusarde ayant pas mal fréquenté les mauvais quartiers, je sentais petit à petit la tension monter au rythme des essaims qui croissaient toujours autour de nous et, pareille à ces inculpés que l’on voit aux flash infos, j’eus le réflexe de leur tourner le dos pour ne pas montrer mon visage (étrange retournement de situation qui me fait prendre victime une attitude de coupable…).

Les donzelles en cause ont été embarquées. Et là, d’un coup, le plan initial de prendre le RER pour rentrer chez moi ne m’est soudainement plus apparu comme une option possible, les regards des groupes alentours toujours fixés sur nous.

Heureusement, les agents de la sécurité nous ont proposé de nous escorter jusqu’au commissariat où des proches pourraient venir nous chercher. Fin de l’histoire.

Et après coup, je me demande: si une situation du même genre se présentait, prendrais-je le risque de me défendre?

Sur le coup, avec 8 agents de sécurité et une bonne trentaine de jeunes gens moyennement friendly autour, je vous avoue que j’ai sérieusement eu les miquettes, et que du coup on en vient même à regretter de ne pas s’être laissé faire.

On se dit que bon, il vaudrait ptêtre mieux se laisser piquer son portable et rentrer chez soi en paix.

Mais d’un autre côté, si tout le monde se dit cela, il reste tout de même un très gênant et agaçant sentiment d’impunité, de leur donner exactement ce qu’ils veulent, de se laisser terroriser. Quelque part, ce soir là, après avoir piqué peut-être 154 portables, eh bien justice à été faite. C’était une récidive, il y aura des suites.

Etant professeur, quand j’étais au milieu de l’essaim, plus tellement rassurée que ça par les agents de sécurité d’un nombre bien inférieur à l’essaim en question, je me suis dit que c’était cela que devaient ressentir les élèves victimes de racket qui ont dénoncé leur tortionnaire et qui ont peur des représailles. Que les agents RATP, c’était nous les profs qui rassurons les élèves en leur disant que tout ira bien. Mais nous ne sommes pas en permanence derrière eux, nous ne sommes pas là quand ils franchissent la porte du collège la peur au ventre pour parcourir le plus rapidement possible la distance qui les sépare de chez eux.

Et puis je pense au groupe de jeunes filles en question dont les journées consistent à errer dans les alentours des halles en gueulant le plus fort possible (il faut bien exister…) et de gérer leur petit trafic de vol de portables ou que sais-je encore.

Elles nous regardaient avec une telle haine et une telle colère pendant l’interpellation que j’avais l’impression que c’était nous qui étions en faute. Que se défendre, c’était presque les insulter.

Puis-je vraiment leur en vouloir? Qu' »est ce que c’est, leur vie à elles? Qu’est ce qu’elles ont eu comme choix dans la vie?

Alors oui je sais faut redescendre sur terre, c’est pas nouveau tout ça, c’est ça la vie etc… Cela n’a rien d’extraordinaire. Et pourtant.

J’ai un mauvais goût dans l’âme. Une sensation de lâcheté de ma part (si ma collègue n’était pas allé prévenir la RATP, l’aurais-je fait?), d’incertitude (si la situation se représente, le ferais-je? toute ma raison et ma « conscience citoyenne » me disent que oui, le désagréable souvenir de cet événement me le permettra t-il?). Un peu de honte, un peu de compassion triste aussi. Je pense à certains de mes élèves, gentils au début, qui flanchent petit à petit parce qu’ils ne sont pas adaptés au système scolaire français et qu’ils en ont
légitimement marre d’enchainer les 2/20 et qu’on les oblige à rester cloués sur une chaise 8h par jour jusqu’à leurs 16 ans. Alors ils n’essayent plus. Ils cherchent, et trouvent bien vite une autre façon d’exister.

Menfin. Sur ce, et pour finir sur le sujet, j’en profite pour une nouvelle fois vous refiler du Hugo à cogiter. Un extrait d’un très joli poème qui a d’ailleurs été cité il n’y a pas longtemps dans un téléfilm sur l’école  justement. Hugo s’adresse ici aux dirigeants politiques, mais cela s’adapte très bien aux professeurs et éducateurs de tous poils. 

Sic transit gloria mundi,

Pfiouuu…

 

 [… ]Je défends l’égaré, le faible, et cette foule

Qui, n’ayant jamais eu de point d’appui, s’écroule

Et tombe folle au fond des noirs événements ;

Etant les ignorants, ils sont les incléments ;

Hélas ! combien de temps faudra-t-il vous redire

À vous tous, que c’était à vous de les conduire,

Qu’il fallait leur donner leur part de la cité,

Que votre aveuglement produit leur cécité ;

D’une tutelle avare on recueille les suites,

Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.

Vous ne les avez pas guidés, pris par la main,

Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin ;

Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ;

C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.

Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;

Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;

Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse

Et plus morne là-haut que les branches des bois ;

Pas un phare. A tâtons, en détresse, aux abois,

Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ? [….]


Hugo, à ceux qu’on foule aux pieds

« Toi tu t’es affranchi du modèle parental »

Ce week-end, enterrement de vie de jeune fille de ma soeur avec la majorité des gens qui l’aiment notamment Yohann, le « presque-frère », et votre servitrice, donc. Filles et garçons s’étant retrouvés en fin de journée, nous avons donc dîné tous ensemble. Au fur
et à mesure des mouvements des uns et des autres, je me retrouve à côté de Yohann qui me déclare solennellement : « Tu vois, ce que j’ai toujours admiré chez toi, c’est ta capacité à t’affranchir du modèle parental ». Ah, j’ai fait ça, moi ?


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De fait, Yohann parlait de ma capacité à m’inventer mon propre modèle de vie là où Alice était plus dans la reproduction du couple parental. Je suis célibataire et vis seule sans que ça me mine, j’ai eu des histoires très compliquées que j’ai osé tenter plutôt que de les condamner de suite. Même pour ma carrière, je suis électron libre. J’en avais justement parlé à Blanche, sa compagne dans la journée. Je lui expliquais que quand on m’avait annoncé dans la-boîte-à-qui-j-ai-jamais-donné-de-nom qu’ils ne me gardaient pas, j’ai fini par en pleurer, elle m’a regardée, interloquée : « Oh ben avec Yohann, on admirait justement ta capacité à changer de boulot quand ça va plus sans jamais t’en inquiéter.

– Oui mais là, c’était pas mon choix… » 

Enfin, pas vraiment…


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Pourtant je ne prétends pas à ça. Je ne me sens pas trente secondes en rébellion contre un quelconque modèle. Il est vrai que je suis un peu différente du reste de ma cellule familiale, je suis l’éternelle papillon qui volète de fleurs en fleurs, d’hommes en hommes, de boulot en boulot. Je saisis les opportunités sans réellement m’en angoisser. Et je suis la seule de gauche aussi quoi qu’il faudrait que je regarde où en sont Yohann et Alice, deux très gros déçus du Sarkozysme. Mais vu que lorsque j’ai présenté l’Amoureux à la famille, mon père
s’est à un moment senti obligé de préciser Yohann que l’Amoureux était de gauche, je suppose que je suis la seule à avoir un poster de François Hollande dans ma chambre. Mais je suis juste incapable de comprendre comment mes convictions m’ont portée à gauche, je n’ai pas du tout la sensation que c’est en contradiction avec mes parents, juste que ça correspond mieux à mes préoccupations, ma vision de la société… Mais ces différences, je n’en fais rien. J’ai cessé de parler politique avec mes parents pour la paix de nos esprits, je ne leur raconte que très rarement mes péripéties amoureuses (je crois qu’ils ont entendu parler de 5 des mecs que j’ai rencontrés et encore, deux, c’était par hasard du genre l’un m’avait mis des suçons plein le coup et l’autre m’envoyait des tas de textos durant le week-end parisien de mes parents, ces derniers ont donc compris qu’il y avait quéquette sous couette), pas du tout mes péripéties sexuelles et je jure en toute sincérité à chaque changement de poste que cette fois-ci, je vais y rester. Donc cette fois-ci, j’ai retenu, j’ai rien juré du tout, je ne dis RIEN.


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Pourtant le modèle parental de la famille Bartoldi me paraît plein de bon sens et garantie d’un certain bonheur. 35 ans que mes parents sont amoureux et ils ont leur coté foufou puisqu’ils se sont mariés 1 an et 3 mois pile après leur premier bisou. A l’heure actuelle, je ne serais pas capable d’un tel engagement en si peu de temps. Mes parents sont un merveilleux modèle dans la mesure où ils m’ont appris qu’on pouvait avoir une carrière chronophage et avoir des enfants heureux. Pendant toute mon enfance, mon père faisait des journées de 12h, de 8 à 20h (aujourd’hui encore…), ma mère a fait les 3×8. Alors oui, le soir, quand je rentrais chez moi, j’étais pas toujours accueillie par ma maman qui nous avait préparé un bon goûter, nous avons dû nous débrouiller toutes seules pour de petites choses comme faire nos devoirs sans rendre de compte à personne (ce que je n’ai jamais vraiment fait, en fait, j’ai commencé à bosser à la fac). 


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En fait, je trouve que cette histoire de rupture avec un modèle quel qu’il soit ne me correspond pas. J’agis et réagis en fonction des aléas de la vie, sans calcul spécifique car j’ai compris qu’il s’agissait d’une gageure. Je peux commencer une nouvelle relation ou un nouveau boulot avec le secret espoir d’y trouver une stabilité, que ça dure, on ne sait jamais. Mais je refuse de me mettre la pression là dessus. A l’heure actuelle, je suis bien dans mon nouveau boulot, nouveau boulot que je n’aurais jamais obtenu si je m’étais entêtée à rester chez TGGP ou Pubilon. Enfin, à priori mais ma non confirmation coïncidant pile avec un besoin de mon agence d’un community manager, nous nous sommes trouvés. Aujourd’hui, je suis célibataire et je fais avec, c’est parfois top, parfois chiant. C’est comme ça mais je ne force rien. Si demain, je rencontre un mec extra avec qui je suis bien, je ferai en sorte que ça dure. Si je ne suis pas
ou plus heureuse, je partirai, comme je l’ai déjà fait. Car je me fous de me faire passer la bague au doigt un jour, je n’ai effectivement pas besoin d’un nous pour exister, je ne veux d’un nous que s’il me rend heureuse (avec un petit h, l’amour comme le boulot, c’est jamais tout rose). Ce « nous » est à lire dans le sens personnel et professionnel. Je me veux et je nous veux épanouis. Est-ce vraiment une rupture ?

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Non, mes parents ont juste eu la chance de trouver le bon « nous ».

 

Jamais je n’épouserai un pompier

(sous titre : enterrement de vie de jeune fille de ma soeur et de son futur mari).

Comme vous le savez parce que j’en ai déjà parlé, ma soeur se marie cet été. Dans 2 mois précisément, elle dira oui et j’en pleurerai certainement. De joie, hein, je suis heureuse pour elle. Je commence vraiment à réaliser en fait, ça me fait un peu bizarre. Ma petite soeur, le petit bébé joufflu avec sa coiffure à la Mireille Matthieu qui butait sur un tas de mots, la petite Alice qui traînait partout son « manteau », une vieille couverture est aujourd’hui une femme et va épouser l’homme qu’elle aime. Mais où sont passées ces 28 dernières
années ? Mais trêve d’envolées lyriques de supermarché, passons à la narration. Ca vous inspirera peut-être.

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Les témoins ont super assuré, nous avons régulièrement reçu des mails nous tenant au courant de l’évolution de la situation. Le matin, on prend Anthony tandis que les garçons s’occupent d’Alice puis on récupère notre jeune fille pour l’après-midi pour se retrouver en fin de journée tous ensemble. Sauf que je sais pas s’il s’agit d’une loi universelle immuable ou c’est parce que c’est une histoire dans laquelle je suis impliquée mais y a eu couilles dans le potage. Au pluriel. Le vendredi, Alice descend de Paris avec son Anthony et un quintet
de pompiers survoltés. 5h de train et une cinquantaine de bouteilles de bières décédées (!!), la troupe arrive très joyeuse. Alice rentre chez mes parents, Anthony chez les siens et les pompiers sont dispatchés chez les copains des futurs mariés. L’alcool aidant, les plus courageux décident de sortir. 5h45, le téléphone sonne chez Adrien, un pote de ma soeur convié à la fête « ouais, Adrien, c’est Guillaume, j’ai planté la voiture… ». Donc on a perdu une voiture (ça aurait pu être pire, la voiture est apparemment morte dans l’opération, une histoire de virage jamais négocié donc pam le mur). On se retrouve donc en retard sur le planning. Alice devait être tirée du lit à 7h30 par les garçons, elle ne l’a été qu’à 9h. A la même heure, on se rend, nous les filles, chez Anthony. Nous sommes accueillies par son père qui nous fait une révélation fracassante : « Ah ben Anthony, il est parti à la pêche! ». Oui, c’est véridique. Donc on l’appelle et il nous rejoint quelques minutes après. Le voici parti pour une matinée fille : café ou nesquick et viennoiseries avant de passer à la confection de muffins. Il a pas bronché, il a exécuté sa mission avec brio, il faut le dire, ses muffins avaient bonne gueule et sentaient bon. On file ensuite au marché où on retrouve ma soeur dans un état pas possible : bourrée (elle a eu droit à un petit déj
campagnard avec du vin), à moitié à poil car les pompiers ont ruiné son jean (en gros, il ne restait qu’une jambe, tout était arraché au niveau des fesses, l’obligeant à porter un truc autour des fesses pour ne pas exhiber sa culotte. Pendant la matinée, elle a dû pécher des poissons et les vendre au marché. A l’arrivée, elle a récolté 32 € sans que personne ne lui prenne le moindre poisson. Par contre les muffins sont partis tous seuls. 

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On récupère donc ma soeur, saoule, dépenaillée et trempée après avoir pris une rafale de vent alors qu’elle se penchait dans la fontaine pour y jeter ses poissons. Après un déj très sympa dans un salon de thé, on va buller au spa. Jacuzzi, hammam et sauna, elle revit (et ne sent plus le poisson car les pompiers l’ont un peu trempée dans le canal dégueu). 2h
de pure détente avant de partir pour Toulouse pour retrouver les garçons… pour un laser quest. Truc auquel j’ai pas joué depuis 10 ans. A l’arrivée, Anthony a été le meilleur (alors que je l’ai quand même descendu 4 fois), Alice aussi. Je m’en sors pas si mal, 24e sur 34, devant quelques pompiers vraiment pas doués parce que rappelons que je suis myope et mes lunettes ne sont plus trop à ma vue. De là, on file manger dans une bodega : tapas puis danse au programme.

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Une très belle journée qui a joué les after dimanche quand le très gros de la troupe a débarqué à la maison pour déjeuner. Dont les pompiers de Paris qui ont encore bu comme des trous (y en a quand même eu un qui a vomi sur la portière d’une voiture le samedi soir). Franchement, ils sont super marrants et très sympas mais tous ensemble, ils sont tout simplement ingérables. Compréhensible quand on connaît la discipline militaire à laquelle ils sont soumises (ils sont tous pompiers de Paris donc militaires, justement) mais pour ma soeur, la matinée a été looooongue. Elle a super bien joué le jeu, notons, mais la pauvre quand même. 

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Il n’empêche que ce fut un EVJF comme je les conçois : drôle sans être vulgaire ou pénible pour qui que ce soit avec une part belle faite au plaisir et au chouchoutage. Je regrette juste que les pompiers ne nous aient pas offerts un petit strip tease… Non parce que mine de rien, à force de faire la planche deux fois par jour (se tracter à la force du bras sur une planche, en tenue de sport puis en tenue de pompier), y avait du biceps et du pectoral à ne plus savoir qu’en faire. Et je le confesse, ça émoustille un petit peu quand
même…

Quand je serai grande, je serai écrivain

[Article qui aurait pu s’articuler sous la forme “cher moi d’avant” mais j’ai pas envie]

L’autre jour, je devisais gaiement sur Twitter avec ma folle communauté parmi laquelle Florence Porcel qui se lamentait de ne jamais pouvoir lire la suite de Millenium. Je lui conseillais donc d’écrire la suite, lui précisant que j’avais envisagé un temps de réécrire Lost. J’ai même écrit 4 pages mais le temps est à jamais mon ennemi. De là est revenu mon fantasme de fin d’adolescence : devenir écrivain. Genre comme vrai métier.

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J’avais imaginé pas mal de choses. Déjà, je me voyais travailler sur un atelier péniche pour pouvoir écrire, certes, mais aussi faire de la couture ou autres travaux manuels si l’envie m’en prenait. La belle vie s’il en est. Connaissant ma légère tendance à la procrastination et à la sérendipité, j’avais prévu d’écrire plusieurs romans durant ma fin d’adolescence et années d’études pour avoir de la marge. Genre quand j’aurais publié le premier Technopolis, le second serait déjà fini, etc. Pas de télé dans ma péniche, juste de la musique. Et
un hamac parce qu’il faut se reposer parfois.

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Doux rêve. Etudiante, je pensais que le soir, en rentrant du boulot, j’aurais tout loisir pour écrire mais finalement, une fois salariée, le soir quand je rentre (si je rentre), il est soit juste l’heure d’aller se coucher, soit je ne fais rien, le cerveau hurlant qu’il a, lui aussi, le droit de se reposer. Et je vous parle même pas de mes yeux, myopisés par un usage trop régulier d’un ordinateur. Oui, j’invente des mots si je veux. C’est comme les licornes, les mots inventés, je les mets en scène quand j’en ai envie, regarde : . Bref, le soir, je suis vermoulue des neurones, l’imagination en berne. Même si elle a tendance à se réactiver au moment où je m’endors, vous connaissez ce phénomène ? “Aaaaah, dodo ! Dormir… Oh, je viens d’avoir une super idée!”. Idée obsédante que vous vous empressez de tisser au détriment de votre sommeil. Puis le dilemme : “bon, allez dors… j’ai plus sommeil, je veux écrire… Mais il est tard et je me lève demain… Bon allez, j’écrirai demain!”. Sauf que le temps manque, cercle vicieux.

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Et puis, j’ai réalisé un truc, un truc essentiel. Reprenons mon histoire de réécrire Lost. Imaginons que j’ai le temps de le faire et que je ponde un petit pavé de 200-250 pages word (j’ai tout le squelette et autant vous dire qu’il est solidement charpenté). Une fois le point final posé, qui ça va intéresser ? Moi. Eventuellement quelques amis. Et ensuite ? C’est totalement invendable, je pense. Même si en préface, je joue carte sur table : “Ca vous fait penser à Lost ? C’est normal!”. Mais les fan fics, c’est toujours globalement décevant, ça ne
séduit que son auteur et ses amis, les autres crient au sacrilège. Surtout qu’en l’espèce, je gardais juste l’idée d’une île mystérieuse mais je virais les Jack, Kate, Sawyer, les crashes d’avion et de bateaux. Bref, à l’arrivée, ce n’est pas vraiment un fan fic, plus une libre adaptation que j’écris pour moi, parce que j’ai été quelque peu frustrée de la fin de la série. Et je me demande s’il n’en va pas de même pour la plupart de ma prose. Parce que j’écris avant tout pour moi et je me fiche un peu que mes romans soient lus, ça me fait juste plaisir de coucher par écrit toutes les histoires qui fourmillent dans ma tête. Et Dieu sait qu’il y en a, j’ai actuellement en tête la suite et fin de Technopolis (y a 4 tomes, il m’en reste 2 et demi à écrire, tout va bien) ainsi que 4 autres romans et la revisite de Lost, donc. Ca fait 7 et demi…

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Bien, ne me reste qu’une chose à faire : trouver un mari très riche qui me paiera une péniche pour que je puisse jouer à l’écrivain toute la journée.

 

PS : J’ai décidé que la licorne allait devenir un mème de ce blog. Fallait pas la kiffer dans l’article sur les hommes mariés.

Je suis une bien mauvaise marieuse

Je me suis donné un objectif dans la vie : jouer les marieuses. Pourquoi ? J’en sais fichtre rien mais parfois, je vois un homme seul d’un côté, une femme seule de l’autre (ou un homme et un homme, une femme et une femme, l’hétérosexualité n’est pas une fatalité) et j’ai la sensation que ça va faire des étincelles. J’aime faire le bonheur des autres… Enfin, sauf que la plupart du temps, j’échoue.

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Ma vocation de marieuse est née en 1996, en décembre, très précisément. Ma meilleure amie de l’époque, Cécile, avait craqué pour un garçon, Bruno. Au mois de juin, un ami de Bruno était allé voir Cécile pour lui apprendre que son pote la trouvait très très jolie mais à l’époque, Cécile était in love d’un Italien. L’été étant passé et ses amours italiennes concrétisées puis terminées, Cécile se dit que Bruno n’était pas si mal. Mais il ne se passait rien de rien, on se contentait de le suivre dans la rue (on adorait ça, suivre les garçons). Un
jour, Bruno vint me parler « Et, salut, tu connais Cé… » je m’arrête de respirer « line Lemoine ? Elle a oublié son équerre. » Je récupère l’équerre en lui adressant mon plus grand sourire invitant poursuivre la conversation mais il s’en va. Cécile fut profondément jalouse de cette brève entrevue. Agacée d’observer cet immobilisme, je suis intervenue. Bruno était très ami avec une de nos copines, Elodie, j’ai donc décidé de parler à Elodie « Tu sais, Cécile, elle aime bien Bruno, tu devrais lui dire ». Ce qu’elle fit. Et rien. Cécile était très fâchée par mon intervention mais on continuait à le suivre, découvrant qu’il achetait un stylo féminin aux Nouvelles Galeries « Rah, il a une copine ! » « Mais non, je suis sûre que c’est pour sa petite soeur ». Arrive le dernier vendredi avant les vacances de Noël, nous étions sorties à 16h et nous traînassions au marché de Noël. Soudain, je vois Bruno qui tourne et vire dans nos parages. « Tu peux partir Cécile, lui
dis-je, ma mère ne va pas tarder à arriver. » « Tu veux pas que j’attende avec toi? » « Non, non, c’est bon… On se voit ce soir au repas de Noël de la classe ». A peine étais-je sortie du tableau que Bruno aborda Cécile et lui offrit le fameux stylo. Aux dernières nouvelles (fin 2005), ils vivaient ensemble. Trop forte, non ? Pour l’anecdote, il semble que j’ai d’abord été facteur de ralentissement dans cette histoire car Bruno avait peur… de moi. Moi aussi, ça me fait hurler de rire. Apparemment, il pensait que j’étais une grosse prétentieuse connasse hautaine qui allait se foutre de sa gueule. Puis après l’histoire de l’équerre, il avait décrété : « Non mais elle a l’air sympa finalement ». Ben oui, tiens, je t’ai un peu changé la vie quand même.

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Depuis, je tente de réitérer l’exploit. Et j’échoue systématiquement. Dernier exemple en date : je voulais coller un pote de la plongée, Thibault à une de mes stagiaires, Charlotte. Ils ont le même âge, Thibault est un garçon bien, doux, bonne situation, mignon, Lauren est super belle, douce, intelligente, rigoureuse dans son travail. Alors que je commençais déjà à m’imaginer être la marraine de leur premier rejeton, terrible coup de poignard dans mes illusions : sur mon Facebook, je vois apparaître : « Charlotte est désormais en couple avec Bruno » (pas le même que celui de Cécile, là, ça aurait été un tsunami d’amertume et de désillusion). Mais d’où elle se remet avec son ex ? D’où elle brise mes illusions ? Ok, j’en étais encore à « tiens, faudrait que j’arrive à les présenter l’un à l’autre » mais quand même quoi ! Bon, il me reste une autre stagiaire de dispo, très très jolie aussi mais un peu plus bohème, ça me paraît moins idyllique mais à voir. Ceci étant, physiquement, je crois qu’elle sera plus son style… Mais bon, on a encore cassé mon couple idyllique. Un peu comme Anaïs que je voulais coller avec un de mes exs mais vu que j’ai un peu rebutiné le monsieur, j’ose plus. Mais sinon pour Thibault, il y a une autre fille de la plongée que j’ai appris à connaître ce week-end et qui est super mais je crois qu’elle a un peu tenté mais vu qu’il n’a pas réagi, elle a laissé tomber.

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Et puis il y a les erreurs d’appréciation. De façon générale, je perçois bien les gens, en positif comme en négatif, mais parfois, je me trompe et souvent au bénéfice de la personne. Mon bisounoursisme est solidement installé. Du coup, parfois, je me dis « il/elle est quelqu’un de bien, je pourrais le coller avec telle personne ». Et là, patatrac, c’est la cata. Le mec ou la fille bien se révèle être un psychopathe paranoïaque, un mythomane, un pervers narcissique, autre, rayez la mention inutile. Et là, je vous dis pas la lose quand il est l’heure de faire le SAV. Parce qu’un tel échec vous culpabilise. Avec de la chance, les choses ne sont pas allées loin mais s’il y a eu concrétisation avec naissance d’une certaine affection (cf mon échelle des sentiments), là, on se sent super mal. Je veux dire qu’on a conscience qu’on prend un risque que ça ne marche pas mais si ça foire parce que celui qu’on a conseillé est un sale connard (ou une sombre connasse), c’est un petit peu gênant. 

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Peut-être qu’en fait, il faut laisser faire les choses, arrêter de vouloir rendre les gens heureux limite malgré eux (certains ne demandent pas qu’on les rencarde). J’essaie aussi de coopter les gens au niveau professionnel mais ça marche pas non plus. Bon, je vous laisse, je vais retrouver la fée qui m’a filé des dons pourris (casser les appareils électriques, dérégler les boussoles, attirer la lose quoi que je fasse) pour lui refaire le dentier.