Jamais je n’épouserai un pompier

(sous titre : enterrement de vie de jeune fille de ma soeur et de son futur mari).

Comme vous le savez parce que j’en ai déjà parlé, ma soeur se marie cet été. Dans 2 mois précisément, elle dira oui et j’en pleurerai certainement. De joie, hein, je suis heureuse pour elle. Je commence vraiment à réaliser en fait, ça me fait un peu bizarre. Ma petite soeur, le petit bébé joufflu avec sa coiffure à la Mireille Matthieu qui butait sur un tas de mots, la petite Alice qui traînait partout son « manteau », une vieille couverture est aujourd’hui une femme et va épouser l’homme qu’elle aime. Mais où sont passées ces 28 dernières
années ? Mais trêve d’envolées lyriques de supermarché, passons à la narration. Ca vous inspirera peut-être.

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Les témoins ont super assuré, nous avons régulièrement reçu des mails nous tenant au courant de l’évolution de la situation. Le matin, on prend Anthony tandis que les garçons s’occupent d’Alice puis on récupère notre jeune fille pour l’après-midi pour se retrouver en fin de journée tous ensemble. Sauf que je sais pas s’il s’agit d’une loi universelle immuable ou c’est parce que c’est une histoire dans laquelle je suis impliquée mais y a eu couilles dans le potage. Au pluriel. Le vendredi, Alice descend de Paris avec son Anthony et un quintet
de pompiers survoltés. 5h de train et une cinquantaine de bouteilles de bières décédées (!!), la troupe arrive très joyeuse. Alice rentre chez mes parents, Anthony chez les siens et les pompiers sont dispatchés chez les copains des futurs mariés. L’alcool aidant, les plus courageux décident de sortir. 5h45, le téléphone sonne chez Adrien, un pote de ma soeur convié à la fête « ouais, Adrien, c’est Guillaume, j’ai planté la voiture… ». Donc on a perdu une voiture (ça aurait pu être pire, la voiture est apparemment morte dans l’opération, une histoire de virage jamais négocié donc pam le mur). On se retrouve donc en retard sur le planning. Alice devait être tirée du lit à 7h30 par les garçons, elle ne l’a été qu’à 9h. A la même heure, on se rend, nous les filles, chez Anthony. Nous sommes accueillies par son père qui nous fait une révélation fracassante : « Ah ben Anthony, il est parti à la pêche! ». Oui, c’est véridique. Donc on l’appelle et il nous rejoint quelques minutes après. Le voici parti pour une matinée fille : café ou nesquick et viennoiseries avant de passer à la confection de muffins. Il a pas bronché, il a exécuté sa mission avec brio, il faut le dire, ses muffins avaient bonne gueule et sentaient bon. On file ensuite au marché où on retrouve ma soeur dans un état pas possible : bourrée (elle a eu droit à un petit déj
campagnard avec du vin), à moitié à poil car les pompiers ont ruiné son jean (en gros, il ne restait qu’une jambe, tout était arraché au niveau des fesses, l’obligeant à porter un truc autour des fesses pour ne pas exhiber sa culotte. Pendant la matinée, elle a dû pécher des poissons et les vendre au marché. A l’arrivée, elle a récolté 32 € sans que personne ne lui prenne le moindre poisson. Par contre les muffins sont partis tous seuls. 

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On récupère donc ma soeur, saoule, dépenaillée et trempée après avoir pris une rafale de vent alors qu’elle se penchait dans la fontaine pour y jeter ses poissons. Après un déj très sympa dans un salon de thé, on va buller au spa. Jacuzzi, hammam et sauna, elle revit (et ne sent plus le poisson car les pompiers l’ont un peu trempée dans le canal dégueu). 2h
de pure détente avant de partir pour Toulouse pour retrouver les garçons… pour un laser quest. Truc auquel j’ai pas joué depuis 10 ans. A l’arrivée, Anthony a été le meilleur (alors que je l’ai quand même descendu 4 fois), Alice aussi. Je m’en sors pas si mal, 24e sur 34, devant quelques pompiers vraiment pas doués parce que rappelons que je suis myope et mes lunettes ne sont plus trop à ma vue. De là, on file manger dans une bodega : tapas puis danse au programme.

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Une très belle journée qui a joué les after dimanche quand le très gros de la troupe a débarqué à la maison pour déjeuner. Dont les pompiers de Paris qui ont encore bu comme des trous (y en a quand même eu un qui a vomi sur la portière d’une voiture le samedi soir). Franchement, ils sont super marrants et très sympas mais tous ensemble, ils sont tout simplement ingérables. Compréhensible quand on connaît la discipline militaire à laquelle ils sont soumises (ils sont tous pompiers de Paris donc militaires, justement) mais pour ma soeur, la matinée a été looooongue. Elle a super bien joué le jeu, notons, mais la pauvre quand même. 

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Il n’empêche que ce fut un EVJF comme je les conçois : drôle sans être vulgaire ou pénible pour qui que ce soit avec une part belle faite au plaisir et au chouchoutage. Je regrette juste que les pompiers ne nous aient pas offerts un petit strip tease… Non parce que mine de rien, à force de faire la planche deux fois par jour (se tracter à la force du bras sur une planche, en tenue de sport puis en tenue de pompier), y avait du biceps et du pectoral à ne plus savoir qu’en faire. Et je le confesse, ça émoustille un petit peu quand
même…

One woman show

Dans la vie, je ne fais pas que regarder la télé en envoyant des CV, non, non, non. Il m’arrive de sortir et de faire des choses à visées culturelles. Donc lundi, je suis sortie pour voir un one woman show, Lady Brind’zingue, joué par Aurèle (si vous tombez sur le blog de Lady, mieux vaut le lire après avoir vu le spectacle, sinon, vous allez pas comprendre). La demoiselle joue tous les lundis soir, à la Loge, dans le 9e, la plus petite salle de théâtre de Paris (17 places !). Grâce à mon boulot d’attachée de presse pour Modo (c’est elle qui tient le rôle principal dans le synopsis en vidéo, pour ceux qui ne suivent pas), j’ai pu avoir une place gratuite.

 J’arrive un peu en avance pour pouvoir choisir ma place puis le spectacle commence. Bon, je vais pas tout vous raconter, je ne veux surtout pas déflorer votre plaisir. Je vous fais un petit résumé : après s’être débarrassée de son petit ami Jean-Paul (en le poussant en haut d’une falaise), Lady repart à la recherche de l’amûûûûûûûr. Mais vu que Lady n’est pas comme les autres, cette recherche ne ressemble à rien de connu. Oui, c’est pas Bridget Jones sur scène, non, non, non ! Parce que moi, les Bridget, Clara et compagnie, elles me saoulent un peu. Comme si être célibataire était la fin du monde… Là, justement, c’est marrant car Lady a une vision très particulière de la séduction et de l’Homme. Bon, je vais pas vous en dire plus parce que sinon, je vais balancer des vannes à base « ouais et quand elle dit ça, c’est trop drôle » et je déteste les gens qui font ça. Genre les gens qui me balancent qui est le tueur dans Usual Suspect ou les gens qui vous indiquent gentiment « atta, atta, là, c’est trop drôle ! » comme si j’étais pas capable de m’en rendre compte toute seule. Ca va, je suis pas débile non plus, je peux comprendre toute seule quand il faut rire ! Bon, Aurèle, moi, je l’avais vue dans les courts de Mitchoum Productions, des films qui ne jouent pas précisément la carte de l’humour donc j’avoue que j’étais curieuse de la voir dans un rôle comique. C’est dingue, on dirait carrément pas la même personne ! Mais elle assure dans les deux domaines.
 

Bon, ensuite, nous avons pris Gildas (le scénariste de Modo) sous le bras et on est allé boire un verre tous les trois dans un bistrot voisin en grignotant des tapas. On revient un peu sur le spectacle et sur le public du soir. Il faut savoir que, dans son spectacle, Aurèle fait participer le public et c’est toujours à quitte ou double. On tombe bien, ça se déroule tout seul mais si vous tombez sur le ronchon de service, sortez les pagaies. Par exemple, souvenez-vous du spectacle d’Axelle Laffont en DVD, elle demande à un mec dans le public de faire la voiture, il lui répond « elle est en panne ». Super ! Donc, là, il faut reprendre la situation en main sans paniquer. Aurèle m’a raconté plusieurs anecdotes du style pour son spectacle, des gens qui lui font ce genre de tour. Faut vraiment réagir au quart de tour sans faire remarquer que ce genre de réponse n’était pas attendue…

Le public est très important dans ce genre de spectacle, même si vous le faites pas intervenir. En octobre, j’étais allée voir un one man show et on avait discuté ensuite avec l’artiste et la chargée de prod qui disaient que, selon le soir, le public ne réagit pas pareil et les jours où ça rit pas trop, c’est plus dur de donner le meilleur de soi. Aurèle m’a dit la même chose. Il y a des soirs où les gens rigolent à la même blague et d’autres où les gens sourient. Non mais imaginez, vous êtes en train de jouer votre spectacle et personne ne réagit, ça doit être dur. Moi, avec mon foutu caractère, je finirais par péter un plomb et arrêter le truc en plein milieu… Non, ok, je le ferais pas mais c’est vrai que ça doit être super frustrant. Surtout que selon les gens avec qui on assiste au spectacle, ça peut avoir un effet inhibant ou, au contraire, exaltant. Lundi, quand j’y suis allée, il y a avait une famille certes sympathique mais qui ne jouait pas trop le jeu. Du coup, ça inhibe vachement (même si moi, j’ai joué le jeu, nananère !). C’est un peu comme au lycée ou à la fac, quand vous étiez dans des classes ou personne ne participe. L’ambiance est plus tendue et, du coup, vous n’osez pas l’ouvrir. Sauf si le prof est super beau, là, je participais toujours mais c’était assez rare que j’aie de beaux profs. Et le dernier prof qui m’a interrogée, j’étais un peu pompette, j’ai répondu juste alors que je comprenais même pas ce que je disais. Les relations internationales, c’était inné, chez moi.

Mais revenons à notre spectacle. J’explique à Aurèle que, pour rigoler, j’avais décidé d’écrire un one woman show qui compte joyeusement… un sketch. Mais j’ai d’autres idées en prévisions : la politique, l’hypersexuelle (c’est notre chouchoute avec mon agente, aka LilVirgo), l’ANPE… Enfin, faut juste que je les écrive, quoi. Là, Aurèle et Gildas me demandent, tout enthousiastes : « Mais pourquoi tu le joues pas ? ». Non mais ça va pas ? Me mettre sur une scène devant des gens qui me regardent et qui m’écoutent mais c’est pas possible ! Je suis pas actrice moi ! La dernière fois que j’ai joué la comédie, c’était en terminale pour la fête de l’école, je jouais un nain de Blanche Neige avec 3 autres filles (oui, notre princesse était un mec en santiags, on était profondément débiles). Evidemment, j’arrive sur scène et je perds mon bonnet donc je commence à rire, encouragée par Yohann en fée qui est mort de rire et on s’emmêle un peu les pinceaux sur scène mais bon, tout est bien qui finit bien. Tout ça pour dire qu’actrice, c’est pas mon métier. Je suis même pas sûre d’être capable de retenir tout ce texte, pourtant écrit avec mon clavier. Et surtout, si le public est du genre pas expansif, je vais mal le prendre, je serais capable de leur dire : « Ben alors, vous avez le droit de rire, vous savez ? ». Non, moi, j’admire les gens capables de s’exposer comme ça, sur scène, de jouer un spectacle d’une heure à une heure et demi en étant tous seuls sur scène. Etre actrice (ou comique), c’est un métier… Et c’est clairement pas le mien (même si je suis pas timide et super drôle, mouarffff !)

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