T’es que tonique ?

Par Bobby
 

Forcément, la tecktonik, comment ne pas en parler ? Elle a envahi les rues virtuelles d’internet, puis le monde réel. Les TCK (tecktonik killers) sont partout, et à moins que vous
ne soyez des extraterrestres, vous en avez obligatoirement entendu parler.

Puisque je suis le benjamin de la bande des Vingtenaires, je me dévoue pour parler de cet intéressant phénomène de mode, à travers mon propre vécu. Attention lecteurs, dans la
phrase qui vient, je vais me la péter grave. Il se trouve en effet que je suis un véritable dieu de la danse quand j’arrive dans une boîte de nuit. [c’est bon, le mode péteux est passé].
Sans blague, j’ai jamais pris de cours de danse mais je me débrouille franchement bien. Ok, ça reste de la danse « de boîte », me direz-vous. Ce à quoi je répondrai : certes.

Mais il n’empêche que petit à petit, et ce sans avoir jamais entendu dire que ça portait un nom à Paris, j’ai commencé à bouger mes bras dans tous les sens sur les dance-floors.
D’abord, ça restait très anarchique. Puis, Rudolphe, une amie, m’a dit : « ah mais tu sais y a une danse comme ça, ça s’appelle la tectonique ». Alors, moi, direct, je vais sur google
en rentrant chez moi, je cherche « danse tectonique », je ne trouve rien. Forcément. Ca s’écrit « tecktonik ». Haha. La feinte.

Et je découvre les vidéos de Jey-Jey, Cali, Spoke, etc. Des petits minets de banlieue parisienne se filmant chez eux (chambre, garage et autres lieux non moins glamours) en train d’exécuter des mouvements bizarre sur de la techno. Ok, bon. Pas fute-futes les mecs, a priori. Un look un peu bizarre, m’enfin, guère pire que les autres modes lycéennes. Avec ma meilleue amie, Léa, toujours en province, on décide de s’y mettre. On va en boîte, on attaque avec maints moulinets brachiaux, et là, hallucinant, un mec se ramène et commence à frapper Léa en criant : « arrête de danser comme ça, ça me saoule trop ». Ok. Le mec, on le connait ni d’Eve ni d’Adam, mais on laisse couler. Bizarre, quand même, la réaction des gens.

Finalement, j’arrive à Paris en octobre dernier. Le soir de mon emménagement, un type me contacte, il veut faire un reportage et il cherche un scénariste. Vu que je suis inscrit
sur pas mal de forums et autres sites de cinéma, je suppose que c’est là-bas qu’il a trouvé mes coordonnées. Le sujet de son reportage ? La tecktonik, bien sûr.

Me voilà donc à retrouver les stars du mouvement, qui ont impulsé cette vague au Metropolis lors de soirées éponymes. Je fais la connaissance « en réel » de Jey-Jey et
Cali, entre autre, afin de mieux cerner leur façon d’être pour m’aider dans l’écriture du scénario (il se trouve au passage que Cali me rappelle Joàn, mon amoureux de Cuba, dont je te parlerai, cher lecteur, très prochainement…). Vous imaginez mon état, tout émoustillé le petit Bobby. A la fin de l’entrevue, dans un élan de sociabilité inouïe, plein d’espoir, je lance au dit
‘Cali’ :

« Bon ben, puisqu’on va bosser ensemble sur ce film, tu pourras m’apprendre les mouvements, haha. » [le « haha » permets de me préparer à un éventuel refus, genre « mais non de toute façon je disais ça pour rire]

Ce à quoi il me répond :

« Ben pour ça, vous regarderez nos vidéos sur internet. »

Connard. Déjà j’ai qu’un an de plus que toi, alors pas la peine de me vouvoyer, et puisque c’est ça, je hais ta danse pourrie. Voilà, en gros, mon expérience avec la chose.

D’un côté, on a les addicts de la tecktonik, tranche d’âge 12-15 ans (voire plus jeune encore). De l’autre, une vague écrasante anti-tecktonik. Alors certes, ces jeunes ‘rebelles’
renvoient une image hautement superficielle et gélifiée de toute une génération. Certes, les mouvements de bras, ça fait bizarre. M’enfin, je me demande, pourquoi une telle animosité à leur égard ? En quoi sont-ils plus ridicules que les danseurs de hip-hop, par exemple ?

Il faudrait alors distinguer deux choses radicalement différentes, que l’on amalgamme sans doute un peu :

–       la tecktonik elle-même, qui est à la fois un titre de soirées ayant
lieu au Metropolis, une marque de vêtement et de boisson énergétique, qui renvoie à un code vestimentaire, une façon de se coiffer, de se comporter, bref, une MODE

         la danse electro, qui est un prolongement corporel de la
musique electro, et peut s’exécuter sans slim, sans crête, ou sans avoir des joues de minet imberbe, bref, une simple DANSE

Pour ma part, quand il m’arrive de sortir le soir, je n’obéis en rien au cliché ‘tecktonik’, pourtant je fais à peu près la même chose qu’eux avec mon corps, sans mettre le même
nom dessus. On a pas forcément besoin, même si on a vingt ans, d’être rangé dans une case, genre « cool », « rockeur », « clubbeur », « gothique », ou que sais-je encore. Même au lycée, je n’avais pas l’impression de faire partie de ces cercles bien délimités. Un jour j’aime le rock, un jour j’aime la pop, un jour je vais en boîte, un jour j’écoute de grands classiques. Forcément, pour être intégré parmi les autres, ça n’aide pas.

A moins de ne fréquenter que des schizoïdes pluri-fonctionnels.

Et en exclu, la vidéo tecktonic fait par Nina que vous êtes cordialement invités à regarder parce que j’ai passé 5h à la monter, bordel !

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15 réflexions sur “T’es que tonique ?

  1. pas besoin d’une coupe mulet et d’un slim pour ecouter de la musique électro, ni de boîte de nuit d’ailleurs… Début des années 90 (je sais, je suis vieille), il fallait aller dans des rave (parcours fléché pour y arrive) pour écouter ce genre de musique, c’était beaucoup plus ouvert et sympa que maintenant… mais bon, c’est une autre époque…snif snif

  2. Comme quoi rien ne se créer : Merci de regarder le clip de Madonna VOGUE ou elle reprend la danse du meme nom.
    Bizarement c’est de la tektonik, l’aspect 16eme arrondissement en moins

  3. Tektonik, tektonik… mouais… moi, ça me fait surtout bien marrer de les voir s’entraîner des heures pour réussir à mouliner des deux bras en rythme (ma petite cousine de 8 ans y arrive très bien sans y passer des heures, ELLE). En revanche, même s’ils n’ont rien inventé (je rejoins Jeath pour Madonna, et j’y ajouetrai un peu de smurf – oui, je me souviens du smurf, et pas de remarque désagréable, merci), je leur accorde une sacrée absence de sens du ridicule, parce que moi, le smurf, je l’ai jamais vu dansé sur la place de l’Etoile avec ombre projetée sur l’Arc de Triomphe! Alors que la Tecktonik, si!!!

  4. Je ne vois pas le lien entre Tecktonik et hip hop. La tecktonik est une danse et un style vestimentaire assorti. Le hip hop est une culture ayant ses films, sa musique, son histoire, c’est l’evolution du croisement funk / musiques electroniques (GrandMaster Flash, Afrika Bambaataa mes heros) musicalement. Le hip hop n’est pas une danse, c’est un mouvement culturelle. La danse c’est essentielement le break (mais pas que) d’ou le terme « B-boy » (abreviation de Break boy). Le hip hop se nourrit de toute culture, c’est un mouvement ouvert (on le voit a travers la musique, la culture du sample, les Beastie Boys sample Led Zep, Hocus Pocus fait du jazz, le Wu Tang sample Hayden…). La Tecktonik n’est pas une culture, c’est une mode.

    Pour etre un brin plus complet (dsl pour le HS ^^) a la base le « hip hop » se definissait par ses 4 disciplines; Musique, DJing, graf et break. C’etait dans le debut des 80’s ca et deja le mouvement etait structuré au dela d’une danse ou d’une musique car le break s’inspire de pleins de danses, donc en evolution, la culture du sample pousse la musique hip hop a evoluer constament, le gaf est aujourd’hui consideré comme un art a part entiere et le DJing a fini par se repandre dans la moitié des autres styles musicaux.

    Pour finir je dirai simplement; la tecktonik c’est pas automatique.

  5. Bastien, comme me faisait remarquer à ce sujet Benoît, ce que tu définis comme origines du Hip Hop, c’est le discours de Afrika Bambaataa lui-même, il y a d’autres mythes des origines concurrents, moins consensuels aussi, il y a des influences multiples qui ne passent pas QUE par ces codes là (mêmes si ce sont ceux qui sont passés à la postérité). Surtout, pour réagir à ta question sur le rapport hip hop et texktonik, je suis ok avec toi pour dire que certes, l’un est une culture complexe et fournie, l’autre plus une mode. Mais en même temps, l’un a presque 30 ans, l’autre n’en a que 3 au grand maximum (faut donc voir à l’épreuve du temps, non?). Et le parallèle peut-être fait en ce qu’il s’agit d’un mouvement qui reprend certains traits du hip hop, comme le fait d’avoir un style vestimentaire reconnaissable ou le fait de s’entraîner dans la rue avec un ghetto blaster (vu place du marché st honoré à paris)

  6. Auto-citation :

    « Il faudrait alors distinguer deux choses radicalement différentes, que l’on amalgamme sans doute un peu :

    – la tecktonik elle-même, qui est à la fois un titre de soirées ayant lieu au Metropolis, une marque de vêtement et de boisson énergétique, qui renvoie à un code vestimentaire, une façon de se coiffer, de se comporter, bref, une MODE

    – la danse electro, qui est un prolongement corporel de la musique electro, et peut s’exécuter sans slim, sans crête, ou sans avoir des joues de minet imberbe, bref, une simple DANSE »

  7. Ben, moi, j’envisage de me mettre à la tecktonik à domicile pour avoir une ligne de rêve cet été. Bobby, tu m’apprendras, diiiiiiiiiis?? 😉 J’attends de voir un peu ce que va devenir cette mode, on n’a pas assez de recul pour voir si elle va devenir une culture ou si c’est juste un phénomène de mode.

    Pi sinon, elle est top ta vidéo Nina, l’image bave un peu mais joli résultat by the way. T’as bien dû t’emmerder.

  8. Mort de rire 😀 Pas de souci Pink Lady, je ferai mon possible, ^^ Et en effet, bravo Nina pour le montage, si tu as besoin d’un coup de main la prochaine fois, n’hésite pas à faire appel à Super-Bobby 😉

  9. Bah disons que là, c très brut, pas de transition entre es images, j’ai juste essayé de respecter les temps de la chanson même si vers la fin, on sent que j’en ai marre et je pensais pas qu’on voyait autant le vieux avec sa casquette jaune… Mais c’est pas un truc quali, c’est de l’amateurisme pur jus. Toi, tu dois faire mieux, jeune homme! 😉

  10. Arf, pour avoir monté des vidéos de 120 min + 50 min + 30 min + 10 min + 8 min + 15 min + 20 min + 25 min + 40 min, et d’autres encore que j’ai dû oublier, je dirais que oui, je me sens capable de bricoler des trucs au montage sans que ce soit trop nul 🙂

  11. Je ne le répèterai jamais assz : le premier qui tektonique devant moi, je lui coupe les bras.

    l’autre soir, je me suis prise un bras en pleine face, j’avais pourtant rien demandé, moi. le minet responsable de l’affront en a pris pour son grade…

  12. Marine, tu as vue un ghetto blaster, de nos jours !? Merde, la grande classe, j’aimerais trop en avoir un, juste pour le mythe. Ceci dit je suis pres a parler de l’opposition Bambaataa / Nas, ou de l’invention du rap reggae west coast avant le rap funk east coast mais ce serarit long a traiter donc pas en commentaire, un peu trop HS. Mais quand tu veux sinon, tu as l’air bien callé.

    Pour ce qui est de l’ancienneté je suis d’accord avec toi, a une difference pres, le hip hop n’a pas eu conscience de naitre. Du fait que ce soit une evolution d’autres cultures a sa naissance les gens ne disaient pas « je fais du hip hop », les dates ont eté posées ensuite, avec le recul. Tandis que la tecktonik est quant a elle une reele invention. Le fait d’avoir des racines est une difference importante, mais je ne suis pas objectif, n’aimant pas la tecktonik je ne vois que les signes qui font de cette mode un passage ephemere, peut etre que ce sera toujours d’actualité dans 10, j’en doute mais tu as raison en soulignant que c’est possible.

  13. Bastien, relis voir mon article, tu y verras que je dresse -quoique succinctement- la différence entre DANSE et MODE. La tecktonik peut disparaitre, on s’en fout, c’est juste une façon de s’habiller et de se coiffer. La danse électro en revanche, ça existe depuis un bon moment, c’est en évolution permanente, ça ne vient pas de France comme on nous le fait croire, mais de Belgique, et je vois pas ce que ça a à envier au hip-hop. Les deux sont des danses, avec leurs attributs qui, en plus d’être contingents, ne durent pas.

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