Au fond de l’eau de Paula Hawkins, le bon polar de vacances

(Pour ceux qui ne partent que maintenant). Je suis une fille rarement à la page, je ne me précipite pas sur les nouveautés littéraires à quelques exceptions près mais pour une fois, j’ai lu un livre à sa sortie… parce que je l’ai piqué à ma maman lors de mon dernier passage en province. Donc Au fond de l’eau de Paula Hawkins, autrice de La Fille du train

Au fond de l'eau de Paula Hawkins

L’histoire : Jules reçoit un matin la visite de la police l’informant du décès par suicide de sa soeur, Nell, qu’elle ne fréquentait plus depuis des années. Jules va donc devoir partir à Beckford où vivait sa soeur, dans la maison que sa famille louait quand elles étaient enfants, pour s’occuper de sa nièce Lena, ado de 15 ans qu’elle n’a jamais vue. Alors que Jules doit faire face à des souvenirs enfouis très désagréables, les habitants de Beckford cachent tous soigneusement leurs secrets tandis que Nickie, vieille excentrique voyante, va essayer de partager ce qu’elle sait sur la mort de Nell mais aussi sur celles de ces femmes qui se sont suicidées au même endroit… Car Nell était fascinée par ce lieu et ses histoires et les nombreuses questions qu’elle posait lui attirait l’inimitié de certains. Suicide ou assassinat ?

La baie du naufrage, Grèce

Alors que retenir de ce roman ? Comme la fille du train, on est très loin des super héros omnipotents et omniscients, Jules, Lena et l’ensemble des personnages ont des failles et composent plus ou moins avec. L’histoire avance et l’on découvre des éléments au fur et à mesure, ça se lit facilement, je l’ai lu en à peine dix jours (ce qui est plutôt remarquable en temps normal vu que je ne lis guère un livre papier qu’une vingtaine de minutes par jour). Je le conseille pour la plage, un voyage en train car il se dévore l’air de rien, mais…

Lire à la plage

Je ne le trouve pas indispensable non plus. Déjà, un gros souci par rapport à la Fille du train : la multiplication des personnages et points de vue. Dans la Fille du Train, qui doit faire peu ou prou le même nombre de pages, on ne suivait le point de vue que de trois personnages : l’héroïne principale, la fille qu’elle observe du train et la nouvelle compagne de l’ex de la fille du train (dont j’ai oubliée le prénom et j’ai la flemme de chercher, je confesse) et on suit surtout la fameuse fille du train donc on s’attache quand même à elle, on s’inquiète pour elle, on ressent ce qu’elle ressent. Là, pas tellement. Déjà, au fond de l’eau fait référence à Nell, celle morte dès le début du roman mais surtout, la multiplication des points de vue rend le récit très confus surtout au départ où on suit des tas de gens dont on ne sait rien et tout le monde est ravi que Nell soit morte ou à peu près. Du coup, en suivant les pensées de gens qui se détestent tous entre eux ou à peu près, difficile d’avoir de l’empathie pour qui que ce soit.

Nous avons tous des secrets

Autre point qui me dérange un peu : on a tendance à deviner les rebondissements un peu à l’avance ce qui ne me dérange pas, en soi. Ca arrive qu’on devine l’assassin, ça fait chier mais on poursuit la lecture pour valider notre scénario. Mais là, pour nous perdre, Hawkins multiplie les tours de passe-passe qui n’ont in fine pas de réel intérêt dans le récit à auquel on n’apportera aucune explication, c’était juste un panneau “hé regardez là !” pour un peu complexifier le jeu… Et c’est un peu de la triche. Je trouve que l’écriture d’un polar est assez difficile, je ne m’y suis jamais vraiment risqué car je trouve justement difficile de mener l’histoire à bien sans que l’on devine trop tôt qui est le meurtrier. Je m’étais dit que, effectivement, la fausse piste pouvait être une façon facile de ménager le suspense. Sauf qu’à lire, ça peut être légèrement agaçant. On n’est pas des lapereaux !

Lapereau

Dernier point enfin : c’est bien de faire parler différents personnages pour tisser un récit, pourquoi pas, mais qui pense à ses secrets en mode « si jamais quelqu’un découvrait que… non, personne ne doit le savoir ». Quand je pense à mon secret, je le visualise, j’y mets malgré moi des formes et des mots, tu peux pas faire parler des gens qui ont une myriade de secrets et faire en sorte qu’ils n’y pensent pas des fois que… je sais pas, on lise dans leur esprit ? Dans ce cas là, ne les mets pas en scène… Dans La fille du train, sur les potentiels suspects, aucun ne racontait l’histoire, c’était plus simple… et ça faisait moins truc en toc pour perdre le lecteur, j’avoue.

Paranoia

Donc est-ce qu’on lit Au fond de l’eau ? Oui, sur la plage, en train ou en avion, c’est pas désagréable… mais pas immanquable.

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On se dit oui où ?

Voilà, suite à une histoire de tube de dentifrice en réserve, Jon et moi avons décidé de faire livret de famille commun. Après avoir dignement partagé cette information avec notre literie, il est temps de causer un peu organisation et en premier lieu : où va-t-on se marier ?


Chez toi en province, chez moi en autre province, chez nous à Paris ? Ou carrément ailleurs histoire de faire chier tout le monde. Parce que moi, j’ai certaines revendications. Par exemple, je tiens pas vraiment à l’église vu que Dieu et moi, on s’est perdus de vue mais je tiens à une cérémonie laïque parce que la mairie tout seul, ça pue, c’est pas très festif et la lecture du code civil me donne envie de te dire non et de quitter la salle comme une princesse. Alors j’ai imaginé des beaux mariages dans la clairière d’une belle forêt moussue, sur une plage du Finistère (je suis tombée amoureuse du coin), sur les côtes d’Armor, sur une lande…


J’imagine un quatuor à cordes (que des violoncelles et alto, je vomis le violon), des percus et même une guitare, quelqu’un qui chante… Bref, de la musique live qui te hérisse le poil.

Les plus attentifs d’entre vous auront noté que je ne parle que de lieux extérieurs… Et plutôt en Bretagne quand même (quoi qu’en cherchant bien, du côté des Pyrénées orientales berceau de mon papa, y a de la falaise et de la forêt…). Donc je prends le risque insensé de subir une averse… Alors ça peut être un style le mariage gadoue-parapluie mais je suis pas sûre que tout le monde en raffole. Même si en l’espèce, le mariage le plus magnifique des séries télé reste celui de Phoebe sous la neige, il me pincouille toujours un peu le coeur celui-ci.


Et je ne parle même pas du fait que marcher jusqu’à la clairière, la plage ou la falaise voire la lande, c’est pas une sinécure pour tout le monde. Non parce que moi, j’ai peut-être plus de grands-parents mais c’est pas forcément le cas de Jon. Et puis on ne sait jamais, la soeur de la mariée pourrait se casser le plateau tibial trois semaines avant le mariage. Par exemple…


En plus, je dis ça mais pour se marier dans un ailleurs, faut quand même que l’un d’entre nous soit domicilié (pour de faux du moins) dans la localité concernée. Imaginons que je décide (bonjour la Bridezilla) de me marier dans un coin où je ne connais personne parce que genre, un jour, on y a passé un week-end et que j’ai trouvé ça trop beau, je fais quoi ? Je prends les pages blanches et j’appelle tous les habitants de la ville « hé salut, je voudrais me marier dans votre  bled, vous pouvez dire que je vis chez vous ? ».


Ou alors on se marie à la mairie chez nous avec le strict minimum (les parents, frères, sœurs et témoins) et on se fait une cérémonie laïque où on veut. Dans mon coin joli, dans mon chez moi d’enfance, dans le sien, les deux… Bah oui, tiens, on a qu’à faire ça, deux mariages laïques plus celui de la mairie comme ça, tout le monde est content. Sauf nos parents, frères et sœurs et nos témoins qui se tapent les 3.


Et la salle des fêtes ? Ah oui, voilà un sujet dont on doit causer. Je sais pas chez Jon (c’est un peu l’ennui avec un fiancé imaginaire, je manque d’infos) mais chez mes parents, y a pas la place de mettre une grosse tente dans le jardin. Puis de toute façon, avec la piscine juste à côté, comme dirait la belle-mère de Lena « ce serait trop dommage que la fête soit gâchée !« . Oui alors on doit donc trouver une salle des fêtes. Ma foi celle de ma sœur était au poil mais :
– elle est ultra prisée (en s’y prenant quasi un an à l’avance, ma sœur aurait pu ne pas l’avoir).
– est-ce que c’est socialement admis de se marier au même endroit que sa sœur sachant que j’aurai la même responsable déco qu’elle (ma tante) ? Quoi que je sais ma tante suffisamment géniale  pour me proposer une déco complètement différente…


Mais bon, on en est donc à devoir trouver deux salles des fêtes avec donc 2 fois le repas, DJ… C’est quoi déjà le pourcentage de chance de gagner au loto ?

De toute façon, je tranche « la tradition veut qu’on le fasse dans la famille de la mariée ». Et vlan !

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Je travaille dans un immeuble de cons

Avoir vécu 25 ans en province, ça laisse des traces, notamment au niveau de l’éducation. Par exemple, ma mère, dans son infinie sagesse, m’a appris à dire bonjour aux gens que je croisais. Tellement qu’à une époque, je disais bonjour à tout le monde dans la rue, ce qui est mignon mais peut-être un peu flippant.




Puis j’ai grandi et j’ai quitté le nid familial pour vivre dans différents immeubles où les voisins disaient toujours bonjour. Dans l’actuel, c’est déjà moins le cas et ça m’énerve. Typiquement, j’habite à côté d’un couple de vieux pas courtois du tout, on sent vraiment que de me dire bonjour quand on se croise, ça leur arrache la gueule. Leur fils n’est pas mieux, leur fille, que j’ai vue une fois, est plus sympa. Bon, à côté de ça, ils ne m’ennuient pas mais je trouve que dire bonjour est un minimum. Et y en a une foule comme ça dans mon
immeuble. Hier, par exemple, je pars, je sors de l’immeuble et pour rejoindre le trottoir, y a un espèce de petit chemin goudronné qui permet de se croiser mais c’est quand même pas un boulevard. Là, je croise un vieux, je commence à sourire pour dire bonjour et là, le mec tourne la tête genre « je t’ai pas vue ». Connard.



Dans l’immeuble du boulot, c’est pire. Pour info, je ne suis plus dans les locaux aux murs pourris, on a déménagé début mai (quand j’étais en Martinique), on est maintenant dans un immeuble sans moisissure avec ascenseur et marches d’escalier normales. Il n’y a que des bureaux dans cet immeuble et sa particularité, c’est que quasi personne mais alors personne ne vous dit bonjour. Et je ne trouve pas ça correct du tout. Le nombre de gens qui tournent la tête pour ne pas vous parler… Le seul endroit finalement où les gens sont obligés d’être cordiaux, c’est dans l’ascenseur mais je le prends très rarement.



Hier, j’ai pu observer le phénomène de près, un peu malgré moi. En fait, au bureau, il y a trois jeux de clés : Rémi en a un, Martin un deuxième et Guillaume (un dont j’ai pas encore parlé, je vous ferai un point collègues à l’occasion) le dernier. Je récupère régulièrement celui de Guillaume selon nos horaires. Hier midi, je sors déjeuner et reviens plus tôt que prévu : porte fermée. Bon, comme j’ai la flemme de chercher mes collègues dans le quartier, je prends mon sandwich, mon bouquin et je m’installe sur une marche des escaliers. Expérience sociologique en place. Je précise juste avant de poursuivre que hier, j’avais un sublime chemisier rose fuschia que quand tu éteins la lumière, tu le vois encore. Donc expérience, je disais, je suis posée dans les escaliers et totalement visible, que se passe-t-il ?



Et bien précisément l’inverse du théorème de l’amabilité de mon immeuble : chez moi, c’est plus t’es vieux, moins t’es aimable et là, c’est précisément l’inverse. D’ailleurs, c’est pas la première fois que je le constate. Un homme d’une soixantaine d’année me lance même un « bon appétit bon baguépi ! ». Mais les jeunes, rien. Ils passent devant moi l’air gêné, limite me marcheraient dessus pour faire genre qu’ils ne m’ont pas vue (rose fluo, rose fluo !) mais surtout, surtout, ne me disent pas bonjour. Ca me fait limite penser à cet air un peu gêné qu’on prend dans le métro quand quelqu’un fait la manche et qu’on n’a pas de pièce à lui donner.  Mais merde, n’est-ce pas totalement ridicule de faire semblant de ne pas me voir alors qu’on ne peut objectivement pas me rater tout ça pour ne pas dire bonjour ? Mais c’est quoi cette mentalité ? Bande de cons.


De toute façon, je reste dramatiquement provinciale et polie. Par exemple, hier soir, je faisais la queue au supermarché, j’étais fatiguée, je voulais rentrer chez moi, un mec se pose derrière moi avec deux articles dans la main (j’en avais une bonne dizaine). Après deux minutes de débats intérieurs à base de « oh et puis je suis pas censée l’avoir vu et personne ne me laisse jamais passer, moi, quand j’ai juste une bricole à acheter… D’un autre côté, justement, ça m’énerve que personne ne me laisse passer, je ne veux pas être une connasse comme les autres… ». Alors je me suis retournée et je lui ai proposé de passer.





Incorrigible, je vous dis.

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Entre les murs, de Laurent Cantet

Par Bobby

L’autre jour, de passage dans ma province natale, j’ai décidé d’aller voir Entre les murs, alors que, n’étant pas à Paris où je peux faire usage de ma précieuse carte UGC illimité, je devais payer 5 euro 50 pour une mauvaise salle toute pourrie, mais bon, c’est notre cinéma d’art et d’essai, on le soutient envers et contre tout.


A première vue, je dirais que ce qui m’a le plus interrogé en regardant le film, c’est une question de forme : comment arrive-t-on à mettre en scène un univers aussi réaliste (et proche en cela des films de Abdellatif Kechiche –L’esquive, La graine et le mulet…-), comme si la caméra s’était rendue invisible et observait des scènes de la vie courante, alors que l’intrigue est assez tendue pour que l’on sente que l’on est bel et bien dans la fiction ? Cantet lui-même semble regretter que la critique ne soulève que les aspects polémiques et sociétaux de son film, et n’explore pas assez la question du « drama » qui, pourtant, fait tenir Entre les murs et l’a placé en si haute estime dans le regard du jury de Cannes. J’en ai eu la preuve quelques instants après avoir visionné le film, quand un mec me dit « ouais mais bon, donner la palme d’or à un film aussi politique c’est pas top, un film comme ça c’est pas vraiment du cinéma ». Bon, déjà,
j’ai envie de répondre « va le voir avant de parler pov’ quiche ». Et alors là, je suis sidéré. Depuis quand le cinéma politique, en plus, c’est pas du cinéma ?

Et puis, ici, en l’occurence, c’est pas « politique », c’est davantage sociétal, voire même philosophique. La question de l’éducation, ses impasses, ses
beautés, ses souffrances, je pense pas que ça date d’hier. Ce film nous immerge dans une classe de 4e du collège Françoise Dolto (20e arrondissement de Paris), et l’on y suit le quotidien sur une année d’un professeur de français, François Marin (incarné par François Bégaudeau, ancien prof, et écrivain du roman Entre les murs dont a été tiré le film), et d’une bande d’élèves assez diversifiée, en plein dans l’âge du dindon (comme disent les espagnols), avec ses rapports de force permanents, ses cris, ses insultes, sa violence, mais aussi, parfois, ses moments d’écoute, des moments au cours desquels la bande de petits sauvages est happée et apprend des choses. C’est un film qui nous montre les erreurs du système scolaire, les failles humaines, à la fois des élèves, des profs,
des parents. Personne n’est parfait, en somme, mais exige que les autres le soient. La lourde question des sanctions et de la valorisation fait également rage. Comment tirer le meilleur de TOUS les élèves, même quand ceux-ci vous insultent, vous frappent, étalent leur bêtise, leur violence. Personnellement, ce qui m’a marqué, c’est la solitude des professeurs. On les jette en pâture dans l’arène, où leur moindre geste est analysé et moqué, ou leur savoir est souvent méprisé. Je pense qu’on manque cruellement de profs, et qu’en supprimer ne résoudra en rien le problème de l’éducation, le conflit entre les jeunes et les adultes, mais va, au contraire, l’agraver considérablement. Il faut des équipes pédagogiques plus conséquentes pour  inspirer plus de respect
aux élèves, parce que 4 guguss face à des hordes de gosses, ça le fait pas. D’un autre côté, le film ne prêche pas en faveur des Saints Profs. Il montre aussi leurs moments de mépris pour les élèves, leurs colères, leurs peurs. Je trouve que c’est les respecter davantage que de les montrer sous un aspect aussi humain. Car c’est de ça qu’ils manquent le plus, nos profs, de respect, avant tout. Avoir la volonté de transmettre le savoir, au lieu de le garder pour soi, c’est quand même le plus beau métier du monde.

N’ayez donc pas peur de vous confronter à un soi-disant « film politique ». Entre les murs invite à la réflexion, mais n’oblige personne à réflechir pendant le film (je dis ça pour les plus retors de la pensée !). Il vous fera rire, et peut-être même pleurer. Il saura vous maintenir en haleine
devant une simple salle de cours de français, et ça, franchement, c’est très fort.

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Les vacances du chômeur

  

Aussi incroyable que ça puisse paraître, le chômeur peut partir en vacances également. En gros, ils retournent passer quelques jours chez leurs parents. Dans la recherche d’emploi, le moral est essentiel : plus il est haut, plus on a la motivation, les bonnes idées… Et parfois, un changement d’air de quelques jours s’impose. Sinon, les bonnes idées se sclérosent.

L’avantage du séjour parental (ou amical ou amoureux, au choix), c’est que ça ne coûte pas très cher. L’inconvénient, c’est qu’on se sent indisponible et là, c’est un peu la panique. Quand je passais des vacances chez mes parents, je continuais à passer mes journées sur les sites d’emploi, des fois que… La recherche d’emploi est une question de chance et de timing, je ne peux pas laisser passer l’annonce idéale, on ne sait jamais.

Mais le problème des vacances, ce n’est pas tant une connexion Internet, c’est surtout la distance. Postuler, on peut le faire de n’importe où, ce n’est pas un souci. Le problème, c’est que les entretiens ne se planifient pas toujours très à l’avance. Je me souviens de ce fameux jour aux deux entretiens dont un fut le bon : quand j’ai eu les deux rendez-vous, j’étais en province donc j’ai du programmer un retour en urgence.

Cependant, il n’est pas toujours possible de passer sa journée sur ses mails, à répondre aux annonces quand on n’est pas chez soi. Tous les foyers ne sont pas connectés puis en vacances, on n’a pas forcément le temps de passer la journée sur un écran. Si on n’a pas de candidature en cours, tant pis : peut-être que l’annonce qui nous convenait va passer à ce moment là mais trouver un emploi étant aussi un concours de circonstance, c’est donc que les circonstances n’étaient pas favorables. Mais si on attend une réponse, s’éloigner de la civilisation est carrément inconcevable. Dieu bénisse le portable. Mais il faut toujours être prêt à repartir, même en été, ne sait-on jamais. En effet, ça ne fait pas vraiment sérieux de repousser un entretien à la semaine suivante sous prétexte qu’on est en congés et qu’on n’a pas prévu de rentrer avant. Si on décrochait un entretien à chaque annonce répondue ou à chaque candidature spontanée envoyée, ça se saurait. Cependant ça arrive et des fois, tout se joue par mail. Par exemple, pour mon premier taf, j’avais un entretien avec Claude, tout s’est fait par mail. Du coup, quand je suis arrivée dans la boîte pour l’entretien, je ne savais pas si je devais demander monsieur ou madame. Surtout que vu son nom et prénom, en googlisant, je trouve 150 personnes différentes. Heu…

Finalement, ça peut paraître curieux mais avoir du travail, c’est avoir le droit à des vacances, des vraies, des sans complexes. Maintenant, quand je rentre chez mes parents, j’ai pas à me lever tôt pour fouiller le net à la recherche de l’annonce qu’il me faut, je n’ai pas à m’inquiéter de rater un entretien parce que je ne suis pas là, je peux glander en toute sérénité, laissant mon travail à sa place, au bureau. Et glander sans culpabilité, c’est vraiment bon. Comme quoi, l’inactivité, c’est pas de tout repos.

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C’est bientôt l’été

Cette année, je suis une travailleuse, un peu comme l’an dernier d’ailleurs. Mais là, j’ai prévu 15 jours de vacances, ni plus ni moins, dont une semaine à la mer en parentale compagnie. Or qui dit une semaine à la mer dit une semaine sans le net, ce qui ne me dérange pas en soi mais je sais que certains d’entre vous n’auront pas la chance de partir et je pense à eux, je veux assurer l’interim sur ce blog. Alors l’idée serait de faire une série un peu genre la saga de l’été comme l’an dernier mais j’hésite, j’hésite. Alors, toi qui me lis, je compte sur tes comms pour m’aider un peu.

 

Comme je n’ai pas d’histoire vraie à transformer en saga, je me suis demandée ce que j’allais vous raconter. Si je me base sur le principe de la saga de l’été, il faut :

– une héroïne qui revient dans sa famille après des années d’absence

– un lieu en province parce qu’il n’y a personne à Paris l’été

– une famille qui a des secrets

– un peu de mystère ésotérique.

– un meurtre

 

Mais la question est : as-tu envie de lire les mêmes trucs que ce qu’on voit à la télé. Surtout que moi, je peux pas me payer Ingrid Chauvin ou Cristiana Reali. Du coup, j’hésite, j’hésite. Déjà, j’ai jamais rien écrit de tel, si ce n’est mon roman de quand j’avais 16 ans mais y avait pas de secret de famille et de mystère ésotérique. Puis c’était long quand même parce que si je calcule, si je fais tenir la série sur une semaine, 7×2 = une histoire en 14 pages word, c’est pas beaucoup. Sans compter le manque total d’interactivité. Ou
alors, j’écris une histoire et selon vos propositions, j’en créerai la fin.

Ou alors, je fais un espèce de Cluedo, je raconte une histoire de meurtre et je ne dis pas qui est le meurtrier avant mon retour de vacances pour vous laisser dans l’expectative. Ou alors vous avez une autre idée et c’est là qu’il faut me la suggérer en comm parce que je prends.

Allez y, lâchez vous, je vous écoute.

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T’es que tonique ?

Par Bobby
 

Forcément, la tecktonik, comment ne pas en parler ? Elle a envahi les rues virtuelles d’internet, puis le monde réel. Les TCK (tecktonik killers) sont partout, et à moins que vous
ne soyez des extraterrestres, vous en avez obligatoirement entendu parler.

Puisque je suis le benjamin de la bande des Vingtenaires, je me dévoue pour parler de cet intéressant phénomène de mode, à travers mon propre vécu. Attention lecteurs, dans la
phrase qui vient, je vais me la péter grave. Il se trouve en effet que je suis un véritable dieu de la danse quand j’arrive dans une boîte de nuit. [c’est bon, le mode péteux est passé].
Sans blague, j’ai jamais pris de cours de danse mais je me débrouille franchement bien. Ok, ça reste de la danse « de boîte », me direz-vous. Ce à quoi je répondrai : certes.

Mais il n’empêche que petit à petit, et ce sans avoir jamais entendu dire que ça portait un nom à Paris, j’ai commencé à bouger mes bras dans tous les sens sur les dance-floors.
D’abord, ça restait très anarchique. Puis, Rudolphe, une amie, m’a dit : « ah mais tu sais y a une danse comme ça, ça s’appelle la tectonique ». Alors, moi, direct, je vais sur google
en rentrant chez moi, je cherche « danse tectonique », je ne trouve rien. Forcément. Ca s’écrit « tecktonik ». Haha. La feinte.

Et je découvre les vidéos de Jey-Jey, Cali, Spoke, etc. Des petits minets de banlieue parisienne se filmant chez eux (chambre, garage et autres lieux non moins glamours) en train d’exécuter des mouvements bizarre sur de la techno. Ok, bon. Pas fute-futes les mecs, a priori. Un look un peu bizarre, m’enfin, guère pire que les autres modes lycéennes. Avec ma meilleue amie, Léa, toujours en province, on décide de s’y mettre. On va en boîte, on attaque avec maints moulinets brachiaux, et là, hallucinant, un mec se ramène et commence à frapper Léa en criant : « arrête de danser comme ça, ça me saoule trop ». Ok. Le mec, on le connait ni d’Eve ni d’Adam, mais on laisse couler. Bizarre, quand même, la réaction des gens.

Finalement, j’arrive à Paris en octobre dernier. Le soir de mon emménagement, un type me contacte, il veut faire un reportage et il cherche un scénariste. Vu que je suis inscrit
sur pas mal de forums et autres sites de cinéma, je suppose que c’est là-bas qu’il a trouvé mes coordonnées. Le sujet de son reportage ? La tecktonik, bien sûr.

Me voilà donc à retrouver les stars du mouvement, qui ont impulsé cette vague au Metropolis lors de soirées éponymes. Je fais la connaissance « en réel » de Jey-Jey et
Cali, entre autre, afin de mieux cerner leur façon d’être pour m’aider dans l’écriture du scénario (il se trouve au passage que Cali me rappelle Joàn, mon amoureux de Cuba, dont je te parlerai, cher lecteur, très prochainement…). Vous imaginez mon état, tout émoustillé le petit Bobby. A la fin de l’entrevue, dans un élan de sociabilité inouïe, plein d’espoir, je lance au dit
‘Cali’ :

« Bon ben, puisqu’on va bosser ensemble sur ce film, tu pourras m’apprendre les mouvements, haha. » [le « haha » permets de me préparer à un éventuel refus, genre « mais non de toute façon je disais ça pour rire]

Ce à quoi il me répond :

« Ben pour ça, vous regarderez nos vidéos sur internet. »

Connard. Déjà j’ai qu’un an de plus que toi, alors pas la peine de me vouvoyer, et puisque c’est ça, je hais ta danse pourrie. Voilà, en gros, mon expérience avec la chose.

D’un côté, on a les addicts de la tecktonik, tranche d’âge 12-15 ans (voire plus jeune encore). De l’autre, une vague écrasante anti-tecktonik. Alors certes, ces jeunes ‘rebelles’
renvoient une image hautement superficielle et gélifiée de toute une génération. Certes, les mouvements de bras, ça fait bizarre. M’enfin, je me demande, pourquoi une telle animosité à leur égard ? En quoi sont-ils plus ridicules que les danseurs de hip-hop, par exemple ?

Il faudrait alors distinguer deux choses radicalement différentes, que l’on amalgamme sans doute un peu :

–       la tecktonik elle-même, qui est à la fois un titre de soirées ayant
lieu au Metropolis, une marque de vêtement et de boisson énergétique, qui renvoie à un code vestimentaire, une façon de se coiffer, de se comporter, bref, une MODE

         la danse electro, qui est un prolongement corporel de la
musique electro, et peut s’exécuter sans slim, sans crête, ou sans avoir des joues de minet imberbe, bref, une simple DANSE

Pour ma part, quand il m’arrive de sortir le soir, je n’obéis en rien au cliché ‘tecktonik’, pourtant je fais à peu près la même chose qu’eux avec mon corps, sans mettre le même
nom dessus. On a pas forcément besoin, même si on a vingt ans, d’être rangé dans une case, genre « cool », « rockeur », « clubbeur », « gothique », ou que sais-je encore. Même au lycée, je n’avais pas l’impression de faire partie de ces cercles bien délimités. Un jour j’aime le rock, un jour j’aime la pop, un jour je vais en boîte, un jour j’écoute de grands classiques. Forcément, pour être intégré parmi les autres, ça n’aide pas.

A moins de ne fréquenter que des schizoïdes pluri-fonctionnels.

Et en exclu, la vidéo tecktonic fait par Nina que vous êtes cordialement invités à regarder parce que j’ai passé 5h à la monter, bordel !

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Entrée en matière

Par Bobby
 
Alors voilà. Ca y est. Moi aussi, donc.
 

Cher lecteur (ne m’en veux pas de prendre mes aises comme ça avec toi, d’entrée de jeu, mais il se trouve que je te connais depuis un moment), histoire de mettre les choses au
clair, je vais essayer de me présenter à toi succinctement (parce que toi, en revanche, tu ne me connais pas).

Il se trouve que je suis un peu surpris. Figure-toi qu’il y a un peu moins de deux ans, je découvrais sur la toile le blog des Vingtenaires, tout émoustillé depuis ma province
natale et du haut de mes dix-huit ans et demi. Et voilà, le temps donne un petit coup d’accélération -pas peur des radars, lui, il peut se la couler douce- et nous nous retrouvons ici, maintenant. Paf, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, j’ai vingt ans et un mois, et me voilà membre de la bande. Il faut dire qu’à l’époque où j’ai découvert le blog, j’ai quand même eu le culot de rencontrer la Déesse Mère (= Nina, la très vénérée), et de manger des cannelés avec elle d’autres vingtenaires à la terrasse d’un café. Rien que ça, et oui. Le cannelé, ça aide à ouvrir des portes.

Voilà donc qui constitue sans doute un peu de « sang neuf » dans cette chouette équipe (il semblerait que je sois le plus jeune Vingtenaire qui ait jamais existé, et tu m’en vois plus que ravi !). Et il y a beaucoup à dire.

Parce qu’à vingt ans, on se sent pas du tout comme Lorie dans sa chanson, pour qui « rien n’est impossible », et surtout, ce qui a le don de me plonger dans un état dubitatif profond, « on traverse le monde en chantant ». Non ma chérie, pas vraiment, essaye encore.

Parfois il me semble que les autres et moi, on vit pas dans le même monde. Par exemple, l’autre soir, je regardais les NRJ Music Awards sur TF1, et là, j’ai découvert, sidéré, dans
quel monde on vivait (il était temps, me diras-tu cher lecteur, mais je t’emmerde, laisse moi débarquer de ma planète comme je veux). Il faut savoir, aussi, que je ne regarde jamais la télé, pour la simple et bonne raison que c’est nul et que, de toute façon, je n’en ai pas. Donc, me voilà hypnotisé devant la maudite lucarne chez Alex, mon meilleur ami qui étudie les particules quantiques et qui est super-méga-intelligent, même que si tu lui parles français, anglais, allemand, espagnol, italien, suédois, russe, arabe, chinois ou japonais, et ben il comprend. Et là, tout à coup, je réalise que, dans le même monde, il existe à la fois des trucs comme Mickael Youn, Rihanna, Benjamin Castaldi, et les particules quantiques. Et que même, si ça se trouve, et là je vais te demander une effort d’abstraction intense, Benjamin Castaldi est composé de particules quantiques.

Evidemment, lecteur, il y aura des moments où tu me trouveras sans doute un peu naïf, un peu immature, mais c’est normal, tout à fait normal. J’ai, comme pas mal de gens de mon
âge, mes liaisons foireuses et inintéressantes, et je prendrai un malin plaisir à te les raconter. Par exemple, le soir du jour de l’An, on se retrouve avec Alex et son mec chez une amie à nous, Léa. Léa travaille dans le-fast-food-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Non, pas celui-là, l’autre. Tu me comprends, hein ? Donc, pendant l’apéro, je lui parle de Louka (je sais, je sais, j’essaye de ne pas t’assomer à coup de prénoms, mais j’ai une vie sociale très épanouie), un collègue à elle avec qui on avait passé plusieurs soirées et que je trouve franchement mignon.

Et Léa, comme si de rien n’était, me balance qu’il est homo et me trouve mignon aussi, qu’elle le sait depuis un moment mais que, à chaque fois, elle oublie de me le dire. Cinq minutes plus tard, le téléphone de Léa se met à vibrer, Léa est aux toilettes, je décroche. « Salut, c’est Louka. » En quelques secondes, j’ai le temps de me liquéfier et d’apprendre qu’il passera la fin de soirée avec nous. Bref, je passe sur les détails (j’aurai l’occasion de revenir dessus ultérieurement), on s’embrasse sauvagement, on ne se quitte plus, les vacances se terminent, je dois rentrer sur Paris et l’abandonner en province pendant quinze jours, drame absolu, il me donne sa gourmette pour que je pense à lui, en échange je lui passe ma chaîne autour du cou, puis je reçois une lettre d’amour des plus touchantes, des plus sincères, et quelques jours plus tard, hop, tout est fini.

Tu sais lecteur, dans les films on ne voit pas les gens enlever la gourmette de leur poignet pour la rendre à l’autre. On ne voit pas les gens enlever la photo de l’autre, celle
qu’ils avaient glissé dans leur portefeuille. On ne voit pas les gens cacher la lettre reçue et mise en évidence sur le bureau, pour ne plus la voir, pour passer à autre chose. On est allé trop vite, c’est sûr. Au final je regrette moins la personne (un inconnu de plus, avec qui on faisait semblant de bien se connaître, de se comprendre), que des petits gestes magiques.

Ceux avec écrit « vus à la télé » dessus.
 

(je te mets le lien du clip de Lorie, pour que tu dormes moins bête ce soir, cher lecteur) :

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Vive les sagas de l’’été

Je regarde mon calendrier : on est le 27 août et j’ai même pas fait un article sur un phénomène estival : les sagas télé. Bon, c’est sans doute parce que je les regarde
pas mais y a quand même pas mal à en dire vu que ce sont toutes les mêmes.


Avant, on avait la lambada. Apparemment, les tubes de l’été, ça doit plus exister à part Anis sur France 2 (plus je regarde le service public, plus je me demande s’ils visent pas
la ménagère de plus de 50 ans). Depuis quelques années (enfin, un bon paquet quand même), tous les étés on nous présente une saga mais maintenant, ça devient un vrai duel entre TF1 et France 2. Mais elles sont pas diffusées en même temps, histoire qu’on puisse bien dire tout l’été : « Tain, y a rien ce soir à la télé ! ». M6 s’y met aussi : après « Laura », diffusée en plein mondial donc ça a dû faire un bide, M6 fait très fort puisqu’elle nous diffuse depuis 10 ans exactement la même saga : les gendarmes de St Tropez. C’est là qu’on se rend compte que les films franchouillards français vieillissent mal puisque les gendarmes, quand j’étais petite, ça me faisait rire (quand même, mettre dans un même film des nudistes, histoire de montrer des seins, et des nonnes, c’est subversif !) alors que maintenant… Ah ben je regarde pas. C’est comme les vieux films de Max Pécas (toujours à St Tropez) où le scénario tourne autour du fait qu’il faut montrer des seins. Pleins et pendant tout le film.

Bref, après les films estivaux et creux qui se déroulent généralement à St Tropez, on est passé à un nouveau genre : la saga de l’été. Il s’agit d’une série de quelques épisodes qui se passent toujours en province. Oui, c’est l’été, il faut faire voyager les gens et puis bon, en province, tout le monde se connaît, c’est bien connu. Et il s’en passe des choses
chez les bouseux (je n’ai rien contre les provinciaux, je vous rappelle que je suis pas parisienne de naissance, je caricature). Alors, quels sont les ingrédients pour faire une bonne saga de l’été. C’est simple : sexe, familles rivales et argent, des terrains qu’on se dispute et des secrets de famille. Oui, c’est comme Dallas ou les Feux de l’amour mais à la place des Abbots et des Newman, on a des Legrand et des Garnier. En général, il y a la famille gentille avec une matriarche, veuve, qui gère le domaine familial et qui a plusieurs enfants et petits enfants qui ont des histoires d’amour et tout. Evidemment, il y a des rivalités entre les frères et sœurs car ils veulent récupérer la gestion du domaine quand mémé aura cassé sa pipe. En général, on a un des enfants qui file droit, qui aide mémé à gérer le domaine et tout et un autre, plus artiste, plus rebelle, le fils préféré, en général, celui qui revient dans la famille après en être parti et qui se met à déterrer tous les secrets de famille. Face à notre grande famille, il y en a une autre, plus petite, avec des individus divorcés en général (oui parce qu’ils sont aigris et méchants donc ils ont fait fuir leur moitié). Ce sont les méchants de l’histoire, ceux qui essaient de forniquer avec les membres mariés de l’autre famille et y arrivent et qui, en plus, lorgnent sur la
propriété et multiplient les coups bas pour y parvenir. Ceux par qui le mal arrive. Mais dans ces deux familles qui se détestent, y a toujours des Roméo et Juliette, deux jeunes qui s’aiment malgré les antagonismes familiaux et qui, à la fin, réunissent tout ce petit monde, ah, c’est beau ! A la fin, en général, on apprend que le fils rebelle n’est pas le fils de son père officiel mais un de la famille ennemie…

Après le scénario, il faut un lieu emblématique. Soit une grande ville de France genre Marseille ou Toulouse (si, y en a une qui s’est passée à Toulouse, ça s’appelait
« Garonne » et ça m’a fait hurler. C’est limite si les Toulousains s’éclairaient pas à la bougie dans cette histoire) ou une belle région comme la Bretagne ou la Réunion, il faut qu’il
y est de l’eau, quoi. Ben oui, c’est l’été, on vous dit. Mais ce qui fait le succès de ces séries, ce sont les acteurs et surtout les actrices. En général, la chaîne recycle les héros de ces
séries télés : Ingrid Cauvin ou Bruno Wolkovic. On a aussi Francis Huster, M. Crédit agricole, et sa compagne, Christiana Réali mais ils jouent pas toujours ensemble. Ce sont surtout les
actrices qui font vendre, il faut donc de la bonnasse qui va squatter la une de tous les magazines télé pendant un mois. Alors l’an dernier, on a bouffé de l’Ingrid Cauvin qui est, je cite « belle, sensuelle et qui a failli mourir dans un accident de voiture, c’est dingue comme elle a réussi à surmonter cette épreuve. » C’est sûr, c’est pas donner à tout le monde de reprendre son travail après un accident de voiture, tiens… En plus, moi, Ingrid Cauvin, je la trouve pas si belle que ça avec son menton carré et elle articule pas très bien, on comprend rien à ce qu’elle dit mais passons. Cette année, c’est Claire Kem qu’on a vue partout, une très jolie fille, c’est vrai. En plus, c’est bien, elle débute une idylle avec Lizarazu (il aime les frisées, lui, on devrait lui présenter Emma) comme ça, on ne voit plus qu’elle, on a à peine parlé d’Huster.

Après, il nous faut une « grande » actrice pour jouer le rôle de la mamie, un grand nom pour faire genre « l’ancienne génération qui rencontre la nouvelle ». Bon, comme on peut pas toujours réunir des Jeanne Moreau et des Vanessa Paradis, on s’adapte. On prend donc des Mireille Darc, des Line Renaud ou des Maria Pacôme. Il me semble même qu’Annie
Cordy l’a fait dans le temps mais je suis pas très sûre. Non parce que la matriarche, elle a un rôle super important, elle est charismatique de la mort qui tue donc faut bien quelqu’un qui assure, quoi.

Perso, j’avoue que ça fait quelques années que je n’ai pas vu de saga de l’été, je me souviens (vaguement) des deux séries avec Mireille Darc qui gérait un hôtel mais j’ai oublié
le titre. Y avait aussi Jalna, une grande épopée comme on aime tirée d’une série de romans québécois, d’où les prénoms bizarres des protagonistes. Il y avait donc la grand-mère (Danielle Darrieux) et une tripotée d’enfants et de petits-enfants. Ce qui était marrant, c’est que c’était une production franco-québécoise donc une des filles (qui s’appelait Meg) était jouée par une Québécoise mais ça choquait personne qu’une des descendantes de la mémé parle avec un accent québécois alors que les autres, non. Là, c’était magique : comme c’était une très longue épopée, les enfants des premiers épisodes devenaient des adultes vers la fin (oui, c’est comme les Feux de l’Amour, ils vieillissent très vite), ce qui permet de créer encore plus d’histoires d’amour. Ainsi, Meg était autrefois fiancée à un gars dont j’ai oublié le nom, on dira Hubert. Mais la veille du mariage, une prostituée va voir Hubert et lui confie le fruit de leur brouette, une jeune fille qu’il va appeler Faisane (oui, c’était un chasseur alors voilà…). Donc Meg refuse le mariage (oui bon, on peut comprendre) et la voilà fâchée à la vie à la mort avec Hubert. Faisane prend 20 ans en deux épisodes, alors que Meg et Hubert changent pas d’un pouce et la voilà qui fricote avec Paul (c’est pas le vrai prénom non plus), le frère de Meg. Alors, elle, évidemment, ça l’emmerde mais à la fin, Paul et Faisane se marient et font un bébé (et ils vivent tous chez mamie, la pauvre) et Hubert et Meg finissent par se retrouver, il était temps !

En somme, ce qui est bien avec les sagas de l’été, c’est que quand on en a vu une, on les a toutes vues. Et pourtant ça marche : après nous avoir pourri nos soirées (enfin, non, on regarde pas mais bon…) et nos journaux télés, ils nous sortent le DVD et le livre et même qu’ils les rediffusent les après-midi les étés suivants. C’est magique.

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