La femme sur le net : injonction à l’invisibilité

Alors que les élections approchent à grand pas, l’ambiance devient salement toxiques pour tous ceux qui ne font pas partie de la classe dominante, c’est racisme, homophobie et sexisme à tous les étages. D’autant que les fachos désoeuvrés et violents (du moins avec leur clavier) prennent de plus en plus de place sur les réseaux sociaux, forums ou sites d’actu. Et quand tu es une femme sur le net, tu en prends salement plein la gueule quoi que tu dises. Même quand tu fais un innocent article sur les poches de jeans.

La femme sur le net

En 12 ans (!!) de visibilité sur les Internet, je dois avouer que je me suis pris mon lot d’insultes, de menaces, d’essayer de me faire peur pour que j’arrête de parler… alors que je ne dis quand même rien de bien problématique. Ah oui, je vomis la drague de rue, j’aime le sexe mais j’aime aussi choisir mes partenaires… Pendant longtemps, un oppresseur errait dans les commentaires en m’insultant régulièrement car je couchais sans me poser, honteux ! Répréhensible ! Curieusement, depuis que je suis entrée en monogamie, il a disparu. Sans doute parce qu’à ses yeux, je suis “rentrée dans le rang”. Vous allez me dire “non mais c’est qu’un troll, exagère pas non plus”. Non, il n’est juste qu’un maillon d’un système bien plus large.

machinerie rouages

Cette semaine, deux femmes journalistes spécialistes du jeu vidéo ont vécu l’horreur : Kayane d’un côté, harcelée par un fou depuis de longs mois, qui parvient enfin à le faire arrêter… en vain. La fille raconte cette histoire vraiment épouvantable et réaction d’un gros site de merde “ah bé fallait pas poster de photos en ligne, aussi”. En gros : si tu veux pas attirer l’attention d’harceleurs déséquilibrés, disparais. Vous allez me dire que le conseil vaut pour les hommes sauf que les hommes n’ont pas ce souci de harcèlement, voyez-vous. Eux, ils distribuent leurs photos de bite en érection à qui en veut (ou à qui n’en veut pas, d’ailleurs). Une femme paraît un peu coquine, un peu exhib sur les réseaux sociaux : avalanche de dick pics non sollicitées. Donc pardon, mais le discours “han mais ce sont les hommes et les femmes qui doivent se protéger”, c’est juste une immense hypocrisie. Oh hé, rappel : ce n’est JAMAIS la victime qu’il faut blâmer. L’autre journaliste, c’est Carole Quintaine qui a craqué cette semaine et montré ce qu’elle subissait au quotidien, des gentils “ta gueule grosse pute” dès qu’elle émet un avis sur un jeu vidéo, par exemple. Alors oui, vous allez me dire “han mais l’univers jeux vidéos, c’est un peu macho quand même, c’est pour ça”. Oui mais ta gueule en fait.

Silence tais toi

Parce que ce que subit Marie Kirschen, Kayane ou Carole Quintaine, c’est ce qu’on subit tout le temps et à notre petit niveau. Même moi, j’ai dû porter plainte dans le temps alors que j’ai même pas le 100e de la communauté de ces filles là. Dès qu’un tweet un tant soit peu féministe est repris, y a toujours un connard qui vient m’agresser, se contentant d’une insulte stupide dans le meilleur des cas, de menaces de viol, de violence voire carrément de meurtre ou injonction au suicide dans le pire. “Ouais mais roh, tu sais bien que les mecs, ils feront rien en vrai”. Alors déjà, non, je ne sais pas. Relire l’histoire de Kayane. Relire celle de Christina Grimmie, assassinée à 22 ans par un fan… Mais même si la personne qui menace de me défoncer n’en fera rien, faut arrêter de parler de troll à un moment : c’est trop souvent, jamais la même personne, on est au delà de la simple taquinerie. Surtout que vous, vous ne voyez pas trop le souci de recevoir des dizaines et des dizaines de messages violents mais quand vous êtes la destinataire,je vous jure que même si vous êtes solide, y a un moment où vous ne pouvez plus.

Femme épuisée

Les hommes pensent pouvoir distribuer la parole, ils montent des raids pour empêcher les féministes de parler. On cherche à nous remettre à notre place : à la maison, mutiques et à disposition. Et le pire ? C’est la complicité ou le silence d’autres hommes qui viennent nous expliquer alors qu’on vient de se prendre un violence symbolique inimaginable dans la tête qu’on exagère, que ce n’est que du troll et que ça vaut pas la peine de réagir, de laisser faire, que tous les hommes ne sont pas comme ça. Ca ne leur vient jamais à l’idée d’expliquer au “troll” qu’il ne doit pas agir comme ça non, c’est à nous, les victimes, de prendre sur nous et de, une nouvelle fois, fermer nos gueules. Et c’est là toute la magie de l’oppression masculine : assumée ou insidieuse, quand tu es une femme et que tu oses parler d’un sujet qui est soit réservé aux hommes soit qui dérange leur suprématie (des poches de jeans, on en est là), tu t’en prends plein la gueule mais s’il te plaît, fais le en silence pour ne pas heurter les mâles qui ne comprennent pas bien pourquoi tu vis mal des menaces de sodomie…

Femmes manifestent baillonnées

Du coup, la prochaine fois que vous aurez envie de dire à une femme de ne pas relever les attaques des “trolls”, réfléchissez bien. D’ailleurs, la prochaine fois que vous voudrez utiliser le mot “troll”, réfléchissez bien aussi… On est maintenant très loin de la fonction poil à gratter mais dans une réelle oppression.

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Pompéi,  l’éternelle endormie

Quand nous avons choisi nos vacances avec Victor, on a cherché à se concocter un petit cocktail « soleil et vieilles pierres ». Parce que, oui, je kiffe les vieilles pierres, j’aime me perdre dans les vestiges d’une vieille civilisation, essayer de m’imaginer en ces temps reculés, déambulant sur le site. Et niveau imagination, on fera difficilement mieux que Pompéi comme site archéologique.

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J’avoue que Pompéi était un des points phare de notre programme, j’étais follement excitée… et un peu stressée aussi. Ca fait des années que j’ai envie d’y aller et forcément, je m’étais créé des images dans ma tête (je fais souvent ça) et je craignais d’être in fine déçue. Et bien… pas du tout.
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Pourtant, les conditions n’étaient pas super idéales, il faisait une chaleur torride. Alors premier point positif à Pompéi : y a des points d’eau absolument partout. Ca tombe plutôt bien vu qu’on avait vidé nos bouteilles en même pas une heure et qu’il faut bien une demi journée pour faire un tour même pas exhaustif du site.

pompei_3Je ne reviendrai pas en détail sur tous les éléments à voir, les guides le feront bien mieux que moi. L’avantage d’un tel site, c’est que c’est immense donc on peut se balader facilement sans trop être dérangé par d’autres personnes. On a cependant noté qu’on croisait régulièrement des groupes par paquets : ils doivent avoir les mêmes horaires de départ ou à peu près donc on était assez contents de pouvoir se balader tous seuls dans notre coin.

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Ce qui est fantastique à Pompéi, c’est vraiment cette facilité à flâner. On est allés un peu au hasard, se perdant pas mal, tombant de ci de là sur un temple, une belle maison aux fresques murales, un charmant jardin, des lauriers fuschia magnifiques. C’est une expérience assez incroyable de pouvoir se promener dans cette ville antique, de fouler les mêmes pavés que les romains, retrouver quelques signes des tuyaux de l’époque, nous rappelant un peu Bulla Regia (l’histoire est somme toute assez similaire). Et puis, en sortant le plan de notre poche, retrouver le forum, l’amphithéâtre ou les arènes.

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Si le travail de reconstruction reste assez visible dans les « rues », l’impression de majesté demeure. Chaque coin de rue est une surprise, une petite maison où l’on devine les escaliers, le péristyle, un bout de chambre… On se balade dans les poumons économiques et sociaux de la ville. Une expérience assez étrange et émouvante, on sent dans cette ville où le temps s’est arrêté tout le drame qui l’a frappée de plein fouet. On lève le nez vers le calme Vésuve… La même vue que les Romains de l’époque.
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Galvanisée par cette visite, je lus plus tard le roman « les derniers jours de Pompéi » dont je vous parlerai demain. En attendant, je vous renvoie vers ma chronique du film Pompéi… ou quand Hollywood a tué les Pompéiens une deuxième fois (et salement)

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Bulla Regia, quand les Romains vivaient en Tunisie

J’ai une certaine passion pour les vieilles pierres, j’avais tellement adoré la Sicile pour ça. Du coup, forcément, quand on me propose de me lever aux aurores pour aller se balader dans de splendides ruines romaines en Tunisie, je crie “ouiiiiiiiiiii”

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2h30 (à dormir la bouche ouverte) de route plus tard, le petit groupe de motivés que nous étions arrivons enfin à destination, fièrement guidés par “le professeur”, personnage pittoresque passionné d’histoire et d’archéologie (mais prof de physique, pourquoi pas). Le site est un peu situé au milieu de nulle part, entre deux montagnes sur le bord d’une route peu fréquentée. Limite, tu as l’impression de le découvrir toi-même, le site. Mais approchez et laissez moi vous conter l’histoire de Bulla Regia

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Il était une fois une cité romaine appelée Bulla Regia, située sur la route de Carthage. La ville n’avait pas toujours été romaine, elle a connue différentes cultures, grecques, byzantines ou puniques, qui lui donnent un aspect si particulier. Car cette ville présente une caractéristique très peu répandue. A dire vrai, à part à Pompéi, aucune ville ne possède cette configuration : les villas possèdent toutes un étage souterrain orné de magnifiques mosaïques. Là, un tremblement de terre fit fuir les habitants de la ville et Bulla Regia s’éteignit aux alentours du VIIe siècle ap JC. Ou plus tard, c’est pas bien clair encore aujourd’hui. Pendant des siècles, la ville a été oubliée, donc préservée, jusqu’à être à nouveau découverte vers la moitié du XIXe siècle. Depuis, ils dégagent petit à petit le site, le professeur estime que seuls 25% (!) ont été découverts pour l’heure.

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Mais dans ces 25%, il y a du remarquable. D’abord, le système de ventilation. Les moins bons en géographie d’entre nous auront noté que la Tunisie est un pays chaud, surtout dans les terres. Mais pas de soucis pour les habitants de Bulla Regia qui, en plus d’enterrer tout un étage, truffaient leurs murs de tuyaux en terre cuite afin de rafraîchir l’atmosphère. Pour rendre la vie toujours plus agréable, de larges ouvertures et péristyles permettaient de faire passer des courants d’air. Hé oui, la clim version Antique.

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On se promène dans les vestiges de la cité disparue : ici était le forum, là l’amphithéâtre, nous voici dans les thermes… Le tout préservé de façon incroyable, il n’y a pas grand mal à deviner à quoi ressemblait la cité à l’époque où elle était habitée. C’est toujours un peu étrange de déambuler dans ce type de ruines, d’imaginer qu’avant, ça grouillait de vie et qu’aujourd’hui, nous ne sommes plus qu’une demi douzaine à nous balader dans les vestiges. Ca relativise ce que nous sommes et notre pérennité.

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Bref, un site magnifique qui a l’énorme avantage de ne drainer que peu de visiteurs, du moins à l’heure où nous étions. A part les personnes travaillant sur le site et nous surveillant de loin et deux bédouins, nous n’avons croisé âme qui vive et avons pu profiter pleinement du lieu. Une visite à faire si vous passez dans le coin et que vous avez une voiture sinon, c’est pas la peine de l’envisager.

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Facebook m’a tuer – Alex des Isnards, Thomas Zuber

Il y a des livres qui vous motivent plus que d’autres à priori. Ici, je me retrouve face aux mecs qui avaient écrit l’excellent mais non moins effrayant L’open Space m’a tuer et qui parlent en plus de mon terrain de jeu quotidien : Facebook. Allons y, c’est parti.

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Avant de poursuivre, je dois faire une petite précision contextuelle : entre ma lecture de l’open Space m’a tuer et celle-ci, j’ai découvert le fameux monde des agences. Il faudrait d’ailleurs que je reprenne L’Open Space m’a tuer pour mesurer le côté caricatural du truc. Non, parce qu’à l’époque, je ne savais pas trop de quoi on parlait finalement et je ne pus mesurer le réel du caricaturé. Mais après 2 ans presque et demi en agence, j’ai jamais fit de nocturne sushis, élément présenté comme quotidien dans L’Open Space. Les 3/4 de mes nocturnes se sont faites chez moi, c’est plus sympa… Au moins, quand je mets le point final à mon doc à 2h30, j’ai plus qu’à me doucher et au lit. Rassurez-vous, c’est arrivé UNE fois, d’ordinaire, je finis plus tôt. Bref. Si je souligne ce point, c’est que dans ce nouvel opus, un élément va rapidement m’agacer : la caricature.

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D’abord, nos deux auteurs soulignent quelques travers amusants qu’on a tous eus sur Facebook. Eus au passé, oui. Parce que le livre est sorti en 2010, écrit sans doute en 2009, à l’époque où on ne faisait pas trop attention à protéger sa vie privée (enfin, moins en tout cas). Pour preuve, la fameuse histoire des messages privés de 2008 redevenus visibles, vous vous souvenez ? Je regarde mon propre mur en me demandant si la personne avait vraiment pu poster cela en public. Puis j’ai constaté qu’aucun des messages torrides peuplant ma boite mail n’est apparu en public. Et qu’aucun de mes textes mutins n’avait été révélé sur le mur de mes amants. Donc non, pas de bug, juste qu’en 2008, on se croyait un peu entre nous sur Facebook. Et puis surtout à l’époque, y avait pas Twitter, Facebook était donc peuplé de statuts anodins qui ont quelque peu disparus aujourd’hui pour envahir Twitter. Perso, sur Facebook, maintenant, je ne poste plus que quelques articles et quelques photos persos que je ne peux pas poster sur Twitter, rapport à la volonté de séparer l’univers Nina de mon vrai moi. En gros, je poste les photos de ma trombine sur Facebook, le reste sur Twitter. Il y a également quelques photos de mes voyages mais voilà, plus de « allez, c’est parti pour le rameur » ou je ne sais quoi. Du coup, ce livre, sorti il y a trois ans, permet de mesurer l’évolution de notre utilisation des réseaux sociaux, amusant.

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Par contre, ce qui devient un peu agaçant, c’est la caricature. Dans le mondez joyeux d’Alex et Thomas, les femmes sont toutes minces et sont accro au cuit vapeur. Ainsi Mélanie, après une journée de travail, rentre chez elle se faire des brocolis vapeur et faire du repassage avant de ressortir en soirée. Non mais qui fait ça ? Perso, si je rentre chez moi, jamais de la vie je ne ressors ! Surtout que faire un crochet chez moi pour faire du repassage en boulottant du brocolis vapeur, au secours ! Parce que les caricatures de Thomas et Alex sont assez tristes : des sociopathes, autistes nombrilistes baignant dans un attention whorisme de compétition. Changez d’amis les mecs !

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Pourtant, quelques trucs sont bien vus et je vais me permettre de reprendre la thématique pour quelques articles. Parce qu’à un moment, j’avais comme une envie de reprendre mes études pour faire une thèse sur la mise en scène du soi sur Internet (forums, blogs, réseaux sociaux). Du coup, ce livre me sert bien la soupe avec les gens qui mettent en scène leurs vacances, leur petite vie pour susciter envie et désir. Du bien vu, oui, notamment l’addict à Farmville (même si je n’y ai jamais joué, je le confesse) ou la chouineuse dépressive qui vient de pourrir la soirée sur MSN. MSN, le truc qui n’existe plus depuis moins d’un mois…

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Mais le livre part en vrille. On part vaguement des réseaux sociaux pour dépeindre la génération Y mais on s’y perd. Focus sur deux chapitres sur Anne, qui se sépare de Sébastien. Hormis un paragraphe évoquant le fait qu’ils n’ont pas changé leur statut de couple sur Facebook, on se demande vie ce que ça fout là. Idem pour l’histoire de Karen et Jocelyn, rencontre sur adopteunmec (lui apparaissait quelques chapitres plus tôt en tant que chasseur sur Meetic). Bref, elle passe de grosse connasse qui jette les mecs sans réelle raison à soumise à l’odieux Jocelyn qui aime la sauter à même le sol. Heu, oui ? Peut-être nos deux compères ont en vue une série sur la Génération Y, une histoire de jeunes qui se croisent sur les réseaux sociaux, sites de rencontre et mangent des légumes vapeur en se racontant leur vie sur MSN… Enfin skype. Ou Twitter.

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Bref, on retrouve quelques bonnes idées dans ce petit livre mais un peu noyées dans des chapitres écrits pour faire du volume. Un peu dommage. Mais ça permet de mesurer l’évolution sur les réseaux sociaux en trois ans. Parce que maintenant, avec Twitter et Instagram, on aurait pas eu besoin des histoires d’Anne, Jocelyn et Karen pour atteindre le nombre minimal de pages.

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La responsabilité Doctissimo

Des fois, j’ai un petit pet de travers. Plutôt que de pousser la porte du premier généraliste, je tape mes symptômes sur google qui me renvoie toujours vers de fantastiques conversations doctissimo qui transforment ton petit rhume en cancer phase terminale.

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Fin février 2012, à quelques heures de m’envoler pour la Thaïlande, c’est la panique totale : je crache mes poumons et surtout, à chaque mouchage, j’ai du flux qui me fait très très mal au cou. Qu’est-ce que donc. Ni un ni deux, je saisis mon clavier (à 23h, je vais pas appeler SOS médecins pour ça) et je découvre une conversation sur Doctissimo qui semble m’expliquer que j’ai les symptômes…du SIDA. Ok pince toi le haut du nez, souffle un bon coup… Et évite de pondre une réponse assassine à tous ces crétins.

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Point médical avant de poursuivre : on ne meurt pas du sida mais de la maladie attrapée à cause de l’immuno-déficience provoquée par le sida. Donc parler de symptômes du sida est une hérésie totale mais la conversation reste en ligne, comme par exemple le mec qui se demande s’il a le sida car il a un petit rhume et qu’il reçoit en réponse des “faut attendre 6 semaines pour avoir les symptômes”. Et personne n’efface ça ?

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Je vois de graves problèmes là dedans. Imaginons que le débile à l’origine de la conversation se sente bien au bout de 6 semaines, il va aller retremper son biscuit Dieu seul sait où en se croyant séronégatif. Il l’est peut-être, la seule façon de le savoir est de faire un test et non de guetter des symptômes imaginaires. Peut-on laisser de telles hérésies en ligne ? J’aurais pu répondre pour remettre un peu de vérité dans toutes ces conneries mais je ne suis qu’une internaute lambda, je n’ai aucune légitimité médicale même si je pourrais m’en inventer une, tiens, qui irait vérifier ?

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Evidemment, c’est le jeu des forums, l’info est biaisée, on peut se prétendre être qui on veut, peu importe qui l’on soit. Mais si les psychopathes qui s’inventent une vie ou des pathologies pullulent, ils ne sont que pathétiques et (relativement) sans danger. Par contre, se poser en fin connaisseur des symptômes du SIDA me pose un gros, un très gros problème : on en touche à la santé publique. Que foutent les modérateurs ? Non parce que moi, je sais que c’est du flan mais qui me dit que toute personne tombant sur cette conversation sera capable de faire la part des choses. Ne pensez pas que je me pose en fille über intelligente face à la masse stupide et ignorante mais quand je vois une demi douzaine de personnes participent à cette discussion sans qu’une personne signale que les symptômes du SIDA n’existent pas, je peux légitimement me poser des questions. Et je parle de cette conversation car il s’agit d’un exemple précis croisé mais j’ai lu d’autres choses curieuses. Par exemple, je souffre pas mal d’acouphènes (notamment pulsatiles, c’est un peu flippant), j’ai un peu fouillé sur Internet pour tenter de comprendre et j’ai lu des dizaines et des dizaines de causes, réelles ou supposées, j’ai découvert la prose délirante d’hypocondriaques faisant d’une montagne d’un petit symptôme (ça semble lié à la spasmophilie, c’est un des symptômes. Mais vu que je fais de la plongée, je pense que c’est une explication bien plus plausible). Si je cherche à Google de m’expliquer des causes plausibles d’un symptôme, c’est que je ne sais pas de quoi il peut bien s’agir (et surtout pour lire que tout ça n’est rien, pas la peine de consulter donc. De toute façon, mes acouphènes n’ont lieu que le soir quand je me couche, comment je montre le truc au docteur, hein ?). Donc si je ne recroise pas les infos, je risque de me fourvoyer, penser que je vais bien car je n’ai pas certains symptômes ou mal parce que je viens d’éternuer et d’après Doctissimo, je dois avoir chopé Ebola. Quand mon cousin a appris que ma mère avait un lupus, il a cherché sur Doctissimo et appelé ma mère en pleurant sur le thème “tu vas bientôt mourir, c’est horriiiiiible”.

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Bref, si doctissimo remplissait sa promesse jusqu’au bout, il faudrait une modération drastique pour virer ce genre de propos dangereux et faire intervenir des médecins “officiels” afin de rétablir la vérité. Ou alors arrêter de croire ce qu’on lit sur Doctissimo…

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Les apôtres du good fucking

Des fois, je l’avoue, je fais des choses mauvaises pour ma zénitude (déjà très relative) et au détour d’un lien Internet, je tombe sur un article… Et je vais en lire les commentaires. Déjà les articles politiques, j’ai à peu près envie de frapper tout le monde mais j’ai trouvé pire repère : les articles et forums sexo.

Je me suis déjà énervée sur le désormais médiocre rue69. C’est comme à l’image du site qui l’héberge, une déception sans cesse renouvelée, surtout si on compare à ce que c’était au début. Dans cette antre auto proclamée du sexe sans tabou, chacun vient parler de sa vie sexuelle (trash ou prude), le tout entrecoupé de quelques articles de « fond ». Comme cet article sur la nouvelle mode en matière de porno : faire éjaculer des actrices. Et là, des commentateurs mâles viennent gentiment arroser de leur condescendance les oies blanches qui passent à côté de cette expérience éjaculatoire : vous ne savez vraiment pas ce que vous ratez. Ca y est, je suis énervée.

De 1, chacun fait ce qu’il veut de son cul, il n’y a pas de plaisir universel. T’aimes pas la pipe, le cunni, la sodomie ou le sucotage d’orteils ? Et bien passe-t-en, rien n’est obligatoire. Au contraire, tu adores ça ? Jouis en mon ami. Mais ne viens pas juger ceux qui souhaitent s’en passer. Moi, par exemple, j’adore le café et je n ‘ai pas pitié de ceux qui n’aiment pas ça, hein. De 2, j’aimerais savoir depuis quand les hommes s’expriment avec tant de certitude sur la sexualité des femmes. Tu prétends que l’éjaculation féminine est le signe d’un orgasme massif ? Et bien foi d’individu à vagin parlant cul avec d’autres individus à vagin, c’est faux.

2007 ou 2008, je suis community manager sur des forums sur les braises desquels je souffle pour tenter de redonner vie. Seule conversation un peu vivante : les femmes fontaine. Un homme me traite limite de frigide car j’explique que je vois pas l’intérêt d’éjaculer vu que j’ai des orgasmes sans ça. Mais non, lui, cet individu qui ne m’a jamais fréquentée ni même croisée sait mieux que moi qu’en fait, je jouis pas sinon, j’éjaculerais. Un apôtre du good fucking pur et dur.

Au fond, l’éjaculation féminine reste un trip très masculin « parce que comme ça on sait si vous jouissez ou pas ». Alors va falloir revoir ta bible de la baise mon petit fucker : chez les hommes, déjà, l’éjaculation n’est pas l’orgasme, ce sont des phénomènes souvent concomitants mais ils ne sont pas la même chose. Pourquoi ce serait différent chez la femme ? Et puis si t’étais un peu plus attentif à ce qu’il se passe autour de ta bite, t’aurais pas besoin que ta femme gicle pour savoir…

C’est un peu comme le point G, ça obsède surtout les hommes. Moi, j’ai pas envie qu’on me livre avec un mode d’emploi : »tu vois, tu titilles là et pof ! ». Parce que là où ces apôtres du good fucking semblent obsédés par technique et performance, moi, je veux partage, complicité et aussi plaisir. Et là, pas besoin d’appuyer sur un bouton pour me faire décoller.

Bref, la seule bonne sexualité, c’est celle qui nous convient, qu’elle soit SM-fessée, prude ou torride. Pourquoi ça pose un problème que les gens ne se plient pas à votre façon de jouir. Une fois de plus, les apôtres du good fucking n’ont pas compris que leur avis, on s’en contrefout. Quoi que je serais psy, je me pencherais sérieusement sur leur cas : un tel besoin de prouver son expertise, ça cache forcément quelque chose…

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Comment j’ai re tutoyé le chômage

J’ai de l’intuition et dans la vie, ça me sert. 07 décembre, je croise par hasard le responsable du matériel informatique dans le RER après une longue journée de travail. On papote un peu et il me révèle que quelqu’un de mon service nous quitte. Pardon ? On est 7 dans mon pôle et personne ne me semble en position de démissionner. Je blanchis et formule ces mots : « putain, c’est moi… ». Il a beau me rassurer, j’en suis persuadée. Il faut savoir qu’ils ont prolongé ma période d’essai, « c’est normal, ne t’inquiète pas ».  Je saoule
l’Amoureux et ma mère avec cette histoire, j’envoie un mail à Caroline, une de seules collègues avec qui j’ai sympathisée et qui sait toujours tout sur tout mais pour le coup, elle ne sait rien. Mais elle me rassure, il n’y a aucune raison que je dégage.

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09 décembre, un jeudi. Je suis fébrile, je le sens pas. Je pars aux toilettes et quand je reviens, je croise dans le couloir ma n+1 et le directeur du pôle qui vont s’enfermer dans un bureau. Je suis sûre qu’il se trame un truc. 5 minutes plus tard, ma chef, blanche comme un linge, vient me chercher. Je ne prends pas mon carnet de note, je sais ce qu’ils vont me dire. « Bon, ce qu’on a à te dire n’est pas facile ». Bingo. « Je sais, Joël m’a dit que quelqu’un partait du pôle, je sais que c’est moi ». Stupeur et tremblements. La mission de Joël
sur notre pôle n’avait rien à voir avec moi et ma chef s’énerve mais je lui dis la vérité : c’est mieux qu’il y ait eu ce quiproquo, ça m’a permis de me préparer. D’ailleurs, je ne réagis pas vraiment, contrairement à ma chef qui semble au bord des larmes. 

« On est contents de ton travail mais ton poste est trop à cheval sur celui de Caroline [responsable de la modération] et la direction a décidé qu’on ne pouvait pas maintenir ton poste.

– Mmmm. Désolée de pas réagir, c’est pas que je m’en fous, au contraire, juste que je m’étais préparée ».

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Fin de l’entretien. Réaction une : envoyer un mail à Simon, mon chef chez TGGP ainsi qu’à Claude, mon ex collègue de ma première boîte. Je vois mes collègues de chez Pubilon le soir même, je ferai passer le mot à ce moment là.


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Réaction deux : prévenir Vicky qui avance notre déj à 12H car je sens que les larmes montent : « sors de suite de ce bureau ! ». Caroline me demande ce qui ne va pas « j’avais tort pour l’histoire de Joël mais raison sur la finalité, ils ne me gardent pas ». Je rejoins Vicky, pleure dans ses bras, réalisant soudain l’incroyable, l’insurmontable, ce qui me terrorise le plus : je retourne au chômage. Tous mes anciens démons remontent à la surface, les mauvais souvenirs de mes un an et demi d’inactivité. Non, non, je ne veux pas revivre tout ça ! 

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De retour au boulot, Vincent, qui m’a embauchée me prend à part : « c’est pas ta faute, c’est celle à pas de chance. Mais on te recommandera au besoin, ne t’inquiète pas ! ». Ouais ben en attendant, je vais rafraîchir mes fiches viadeo, linked in et do you buzz. Oui, j’ai parfaitement conscience de la date : j’ai une fenêtre de 10 jours avant les vacances de Noël, je ne dois surtout pas traîner.


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Le soir, j’appelle mes parents pour leur annoncer la nouvelle. Je suis passée direct de la phase 1 (le choc) à la phase 3 (la colère) du deuil sans passer par le déni. Oui, je suis inexplicablement en colère parce que je ressens qu’il n’y a pas de morale de l’histoire, pas de « ça me servira au moins de leçon ». J’aurais échoué, j’aurais été mauvaise, j’aurais pu me dire « bon, ok, j’ai chié mais je retiens, je ne recommencerai plus ». Là, c’est juste que finalement, mon poste paraissait superfétatoire, un magnifique « c’est pas toi, c’est moi
» qui ne console pas du tout. Le lendemain, je demande à ma chef qu’on déjeune ensemble car ça fait à peu près une journée qu’elle n’est plus capable de me regarder et que j’ai pas envie de vivre ça pendant un mois donc je la convoque en gros pour lui dire que je n’ai plus ni colère ni rancœur. « Mais enfin, c’était pas à toi de faire cette démarche ! ». C’est pourtant moi qui l’ai faite. Un déj intéressant où nous nous sommes parlées à cœur ouvert, je lui ai parlé de mon traumatisme Pubilon qu’elle a parfaitement ressenti, elle m’a rassurée sur mes compétences « arrête de t’excuser et demander, fais les choses, tu les fais bien ! ». En fait, ce vendredi 10 janvier, je me suis levée soulagée comme jamais. Deux jours plus tard, j’ai vu une copine qui m’a dit « je ne t’avais jamais vue comme ça, tu as l’air tellement détendue, j’ai failli ne pas te reconnaître ».


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Parce que ne jouons pas les Cosette à outrance, je n’aimais pas ce job. J’ai joué de malchance dès le départ : arrivée en juillet, Vincent, mon censé n+1 n’était pas là, c’est à Martine de me gérer. Martine qui ne doit plus s’occuper de la communauté au retour de Vincent donc elle est cordiale mais ça ne va pas au-delà. D’ailleurs, dès le premier jour, j’ai déjeuné seule, Martine et sa stagiaire Camille étant en déjeuner. Quand Vincent est revenu, il ne s’est guère intéressé à la communauté car il savait qu’il allait changer de service et que Martine allait récupérer, qu’elle soit d’accord ou non, la communauté. Du coup, j’ai passé les deux premiers mois à faire mumuse avec mes powerpoints stratégiques qui ont fini dans un placard virtuel, personne ne s’en est occupé, tout est resté lettre morte. Plus le temps passait et plus le contour de mon poste devenait flou, les tâches qui m’étaient allouées s’effaçaient au fur et à mesure. La newsletter communauté ? En attente. Le fil actu de la communauté à communiquer en interne ? Non, on le fait pas finalement. Les panels ? En attente. Seules réelles missions : organiser des rencontres avec les internautes et identifier les thèmes clés pour chaque forum pour aider le SEO (ça, j’ai bien aimé). Sauf que les rencontres des internautes, ça n’amuse plus trop la direction. Du coup, je fais mumuse sur les forums, je dialogue avec les internautes, je crée des sujets avec un pseudo officiel et des faux pseudos, je mets de côté des conversations sympas. A un moment, je réalise que mon job est devenu le même que celui de chez TGGP, avec presque 20% de salaire en plus. Du vol.


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J’aurais pu m’en contenter : être bien payée pour pas grand-chose, c’est du vol mais je peux m’épanouir ailleurs. Mais quand même, ça me titille, ça me dérange, j’en ai marre. Car ce que je ne vous ai pas dit, c’est que ce fameux 07 décembre, je suis arrivée tard… Parce que je sortais d’un entretien.  Hé oui, la séparation était plus ou moins d’un commun accord.

Demain, je vous raconte comment mon chômage n’a que peu duré.

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Attend-on trop des fêtes ?

Je le disais l’autre jour, je n’aime pas vraiment le mois de décembre mais j’ai de bonnes raisons pour. Sauf que qui dit décembre dit Noël et nouvel an donc ça me console. Pourtant, on peut légitimement se demander : est-ce que je n’attends pas trop de ces fêtes ? Et quand je dis « je », je devrais dire « la plupart d’entre nous ».


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Il y a quelques jours, on m’a confié une dure mission au boulot : trouver sur nos forums des personnes ayant un budget serré ou étant seules à Noël. Si pour les premières, j’ai eu du mal (on était plus dans l’étalage de cadeaux), pour les seconds, j’ai trouvé et ça flingue bien le moral. Jusqu’à lire cette sentence bien vraie : « non mais on attend trop des fêtes ». Ben ouais.

 

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Il existe quelques dates qui nous permettent de mesurer un peu notre intégration à la société. J’en dirais deux : notre anniversaire et les fêtes. Oui, bon, les fêtes, y a deux dates, Noël et Nouvel An. Selon les convenances, ces fêtes ne doivent en aucun cas se passer seul sous peine de passer pour l’asocial de service. De fait, si mon anniversaire ne représente pas forcément grand-chose (je ne le fête pas forcément le jour J) et qu’un Nouvel An seule, j’ai survécu même si c’était dû à une grippe pourrie, Noël, c’est trop « famille » pour moi pour imaginer le passer seule. Chaque année, j’en attends la sérénité que peut m’apporter ma famille, du repos, du calme même si en l’espèce, à bien y réfléchir, ce sont les pires vacances de l’année vu qu’on les passe à courir pour faire les derniers cadeaux. Quoi que cette année, mes vacances étant un peu décalées, j’ai pas eu ce souci là. Donc cette année, les vacances sont, pour l’heure, un véritable havre de repos parce que bordel, je l’ai bien mérité.

 

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Au-delà de mon cas particulier, il faut avouer qu’on met bien la pression sur les fêtes de fin d’années. Avez-vous fait vos cadeaux ? Le repas est-il prêt ? Et votre tenue ? Faut-il inviter les beaux-parents ? Noël, dans sa famille ou dans la vôtre ? Bref, quel que soit l’angle attaqué, hors de question de parler de la solitude pendant les fêtes, ce n’est pas envisageable. De façon générale, les médias ont du mal avec le concept de solitude, de « sans famille ». Noël et le Nouvel An sont des dates festives, tu fais la fête en collectivité et puis c’est tout. Mange des bûches, du foie gras, des huîtres, du saumon… Sois généreux avec ton prochain, oublie les conflits qui t’opposent à ta famille parce qu’à Noël, tout le monde s’aime-euuuh !

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Alors évidemment, avec tout ce matraquage, difficile de ne pas avoir de grosses pressions sur les épaules. Comme à la St Valentin où les célibataires sont stigmatisés mais là, c’est pire. Parce que le célibat, ça concerne plein de monde mais les sans familles, ce n’est pas censé exister, ça se peut pas ! Tu as forcément des parents, des enfants, une belle-famille, des cousins à la rigueur mais être seul, non, ça ne se peut point. Ou alors, t’es vieux, la solitude des vieux, ça passe mieux. Ce qui nous fait tout un tas de gens qui culpabilisent de ne pas inviter tel ou tel membre de la famille que l’on n’apprécie pas du tout, de devoir aller dans la famille du conjoint plutôt que la leur ou imposer au conjoint de ne pas passer les fêtes dans sa famille pour la passer dans la nôtre… Sans parler de la pression des cadeaux. Dis moi ce que tu m’offres, je te dirai qui je suis pour toi.


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Pourtant la question est : quelle importance de rater les fêtes ? Quand j’ai dû passer le réveillon toute seule pour cause de grippe, sur le coup, ça m’a complètement déprimée mais finalement, est-ce que ça a changé quelque chose ? Non. Ce n’est qu’une date, une soirée. Pour le coup, là, ça ne renvoyait pas à ma solitude mais à ma santé précaire. Pourtant, j’ai la sensation que les réveillons se font de plus en plus en petit comité. Mes parents sont ravis de ne rien faire cette année, ma sœur et moi le faisons chacune en petit comité, elle avec son futur mari et ses amis, moi avec quelques amis, sans même mon amoureux mais je n’avais même pas pensé que ça puisse poser problème avant de découvrir la pression des fêtes. On se fera un petit truc tranquille après. Finalement, je la gère pas si mal cette pression de ce point de vue. Mais laissez moi passer Noël hors de ma famille nucléaire et là, je serai sans appel : l’année a été à l’image de ce Noël : pourri. Oui, condamner toute une année pour un jour, c’est excessif mais je suis comme ça, moi.


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Peut-être qu’un jour, on apprendra à dédramatiser, à se détacher de la pression médiatique attachée à ces fêtes. En attendant, cette année, mon Noël fut joyeux même si je crois que mon iPhone, plongé dans l’eau glacée de mes toilettes par inadvertance (ne le rangez jamais dans la poche arrière du jean) est en train de me quitter, je crois. Enfin, tout marche sauf qu’il ne capte par intermittence et encore, la 3g, il connaît plus. Supeeeeeer, je sens que ça va me coûter bonbon cette histoire. Mais à chaque Noël sa petite anecdote fâcheuse, cette année, elle est bien légère, ouf !

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Warhol avait presque tort

Depuis maintenant trois ans (Ciel!), je bosse sur les communautés du web. Blogs, forums et même Facebook, Twitter, Youtube… J’ai juste raté le train myspace même si j’ai dû créer un compte pour un client, un jour. Et ce qui est fascinant dans tous ces microcosmes, c’est le sentiment de starification et la vitesse à laquelle on chope le melon. Attention, je suis influente, parle moi correct !


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(c) largentula

Avant même de travailler en lien direct avec les blogueurs, je connaissais le phénomène de blogueur influent et m’en amusais follement. Influent de quoi, de qui ? En tant que lectrice adulte et dotée d’un libre arbitre, je ne vais pas consommer tout ce que me conseille un blogueur surtout quand il est rémunéré pour (oui, je suis en train de lamentablement cracher dans la soupe). Ca peut permettre de découvrir un produit ou un service, bien entendu, mais quand j’entends certains blogueurs influents expliquer qu’ils peuvent faire ou démonter une marque, je me gausse. Par exemple, la blogosphère influente s’est passionnée pour « La personne aux deux personnes », film avec Chabat. Résultat : le film fut un bide. Quelques uns sortent leur épingle du jeu comme Pénélope, Boulet, Margaux Motin pour les dessineux, quelques blogueuses mode ont pu travailler sur une collection de mode comme les chaussures André. C’est bien. Mais cette micro célébrité en rend certains parfaitement imbuvables. Persuadés limite d’avoir le droit de vie ou de mort sur une marque, une agence de comm ou même ta carrière, ils dénigrent en permanence. Comme disait Pink, un champagne tiède servi dans un gobelet en plastique et c’est tout un drame. Dans mon ancien taf, j’avais parfois la sensation qu’on avait créé des monstres. Non mais c’est vrai, concrètement, qui sont les blogueurs ? Des gens qui bossent dans le marketing ou la comm, des
étudiants, des journalistes et des inactifs, pour l’essentiel. Pour les étudiants et les inactifs, cette microcélébrité leur permet soudain d’exister, d’être quelqu’un, les marketeux prennent leur revanche sur des marques trop exigeantes en profitant du système et les journalistes se la jouent vigie moralisatrice parce que eux, c’est leur métier d’écrire et pas les autres. Ok, je caricature mais on n’est pas si loin de la vérité. Ah, j’oubliais les graphistes-illustrateurs mais la blogo-BD est un peu différente dans la mesure où ils ne courent pas après les marques, juste après un contrat d’édition et des piges ce que je trouve bien plus noble, pour ma part.


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C’est bien joli tout ça mais prenons conscience d’un truc : la blogosphère est un microcosme protéiforme où ta célébrité est complètement relative. Je vais prendre mon cas en tant qu’internaute vu que c’est celui que je connais le mieux. Quand j’ai commencé mon blog, en 2005 (ouais, je suis pionnière presque, t’as vu ?), j’en connaissais que très peu et essentiellement dans mon univers, soit les blogs journaux extimes ou « chroniques de vie », comme j’aime dire. Puis alors que je cherchais du travail, ma soeur m’a appris la notion de buzz et je me suis ouverte aux blogs marketing, j’ai commencé à lire des mecs célèbres sur la blogo dont je n’avais jusque là jamais entendu parler et qui n’étaient pour moi que des blogueurs au même niveau que moi. Crime de lèse-majesté s’il en est, je me comparais, moi et mon millier de lecteurs, à des blogs avoisinant les 4000 lecteurs par jour. Vilaine fille, tu seras flagellée en place
publique. Mais calculons un peu : 4000*30 (je suis gentille, je ne tiens pas compte des baisses du week-end), ça nous fait 120 000. Considérant qu’il y a en France (on va dire que les lecteurs sont tous Français même si rien n’est plus faux) environ 65 millions d’habitants, on va dire que la moitié d’entre eux a le web, soit 30 millions en arrondissant vers le bas. Donc 120 000 sur 30
millions, ça nous fait… 0.4%. Paie ton influence. Alors évidemment, on va me dire que ce qui fait le buzz (je refuse d’utiliser le mot ramdam, je trouve ridicule tous les sites qui changent de vocable du jour au lendemain parce que les mots anglais, c’est plus possible. Alors on a pris un mot arabe à la place), c’est la multiplicité des sites qui en parlent. C’est vrai. Et il est vrai aussi que les médias « traditionnels », surtout ceux en mal d’actu, vont se précipiter sur ces buzz pour remplir leurs colonnes. Sauf que ça n’intéresse que nous. Je suis au bord de la jouissance quand je parle à des gens qui ne connaissent pas le blogueur influent dont je leur parle. Et y en a beaucoup. Parce que oui, la blogosphère n’intéresse majoritairement que les blogueurs et les annonceurs évangélisés. Et encore, tout blogueur ne connaît pas la noblesse influente qui se croit au sommet car elle a fait une soirée avec des VIP genre des acteurs qui passent à la télé et tout. Le blogueur est un formidable pique-assiette. Puis il ne faut pas oublier que l’audience de ces blogs vient en immense majorité (jusqu’à 80%) de Google. Je ne sais pas vous mais quand je cherche un truc sur google et que je tombe sur un blog, je n’en retiens pas forcément le nom, je prends l’info et je le quitte. Influent mes fesses, oui.

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Autre phénomène qui me fascine, c’est Twitter. J’adore Twitter, j’adore lire les conversations, observer mes congénères et bitcher ensuite avec Vicky. Parce que, là, pour le coup, c’est comme un immense lycée avec les populaires qui pètent très haut au dessus de leur cul (je suis suivie par 4589 personnes mais moi, j’en suis que 13, des very very VIP) et dont on cherche à attirer l’attention à coup d’insertion de leur pseudo dans nos tweets. Oui, pour ceux qui ne connaissent pas Twitter, quand je veux interpeller une personne, je mets un @ devant son pseudo. Exemple pour me parler, c’est @ninabartoldi. Si la personne me suit, elle verra mon message dans sa timeline mais si tel n’est pas le cas, elle peut cliquer sur le lien « @sonpseudo » de la colonne de droite et voir tous les messages lui étant adressés. Perso, j’ai tendance à ne pas causer à ceux qui ne me suivent pas, je n’ai pas besoin de l’attention de ceux qui ne souhaitent pas me la porter. Ces populaires, stars d’un jour, snobent donc l’ensemble des petits comptes. Beaucoup usent de la technique de l’abonnement massif. Ils vont suivre plusieurs centaines de comptes et quand ils ont leur petit public, ils virent tout le monde pour avoir un ratio d’abonnés largement supérieur à celui de comptes suivis, pseudo gage de qualité. Sauf que perso, comme déjà dit, si la personne se désabonne de mes tweets, je pars du principe que je ne l’intéresse pas donc je ne vois pas l’intérêt de continuer à la suivre puisque tout dialogue l’ennuiera. Puis j’aime pas parler dans le vide. Sans parler du fait que j’ai des amis dans la vraie vie donc je ne
suis pas à un follower près (j’ai tendance à ne pas savoir combien j’en ai, je passe par un client twitter qui ne me l’affiche pas). 

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Autre cas qui me fascine : l’attention whore ou les aspirants populaires. Le but est de faire un max de bruit, de faire parler de soi pour faire péter le nombres d’abonnés. Chez les femmes, ça se manifeste par la nana qui va allumer toute la timeline en ne parlant quasi que de sa vie sexuelle (souvent fantasmée, j’ai du mal à croire que les hyperactives sexuelles passent toutes leurs soirées chez elles à twitter), du fait qu’elle est plus bonne que la plus bonne de tes copines, à sauter sur tout ce qui est sexuellement comestible (hommes comme femmes, la salope est forcément bisexuelle, ça suscite plus) en promettant mille fellations et levrettes… Au point qu’elle en devient sexuellement agressive et pénible. Surtout quand vous avez le malheur de suivre ce compte et celui de sa proie et de suivre une parade pré-coïtale qui n’a quasi aucune chance d’aboutir, l’attention whore étant souvent une simple allumeuse qui ne couche
pas. Si tant est que ce soit bien une femme derrière, j’ai des doutes. Bien entendu, certaines attention whore sont à prendre au 2nd degré et sont de fait très drôles mais souvent, on sent bien qu’elle a beau revendiquer un second degré, le fait est qu’elle cherche le follower et l’attention. Son slogan pourrait être : « Pitié aimez moi! ». 

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La célébrité sur twitter est encore plus éphémère que sur les blogs. On va s’enflammer sur votre cas pendant quelques heures avant qu’un autre prenne la place. Je lisais ce matin un article intéressant sur le sujet, un mec, qui n’a même pas d’avatar, s’est retrouvé star de Twitter car il est le seul compte suivi par Kanye West. Du coup, le gars n’ose plus twitter, scruté par des milliers de gens. Ce que je peux comprendre. Twitter est un formidable outil pour se divertir, s’informer un peu, lire des plumes particulièrement percutantes et acérées (vas-y toi être intéressant en 140 caractères), jouer un rôle. Bien maîtrisé, il est également un bon outil pour les marques qui peuvent discuter avec leurs clients (ce que beaucoup n’ont pas compris, elles se contentent de poster du lien, je ne les suis jamais dans ce cas). Mais la pseudo célébrité sur Twitter, sérieux ? Bon, évidemment, je ne twitte que sous mon nom de blogueuse donc d’un point de vue perso, ça ne m’aidera pas à me faire connaître mon e reputation est ailleurs (cette semaine, un site spécialisé média a annoncé mon arrivée chez mon nouvel employeur, je deviens une community manager célèbre presque… Ca fout la pression !). Pire, je serais emmerdée d’être plus connue sous Nina que sous mon vrai nom… 

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Je suppose que bosser sur le web permet de relativiser cette micro-célébrité. Je vois aussi le phénomène sur les forums où les populaires font la pluie et le beau temps, au point que les nouvelles commencent à être terrorisées à l’idée de poster un message et d’être rembarrées par les stars. Si nos forums explosent littéralement les blogs en terme d’audience, chaque sous section reste finalement une petite place du village. Mais voilà, grâce au web, on a la sensation d’avoir droit à notre quart d’heure de célébrité, voire même plus. Pour ma part, j’ai été citée plusieurs fois dans des journaux et même dans un livre de sociologie (sex@mour de Kauffmann qu’il faudrait quand même que je lise, je ne lis que très peu en ce moment, c’est mal) alors je pourrais un peu me sentir une sorte de « référence ». Une référence de quoi, là est toute la question… (alors que j’ai été publiée sous mon vrai nom dans une revue d’histoire
à l’époque, ça compte bien plus à mes yeux).

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Ranafout time


Jeudi matin, première heure : réunion pour Joséphine. Une de mes dernières mais je suis la seule à le savoir. Mais tant que j’ai pas ma lettre d’embauche, motus et bouche cousus. C’est dur.



Pendant la réunion, Vanessa estime que la part des communautés est encore trop faible en me regardant de façon méprisante, j’ouvre la bouche pour faire un point sur la question, elle passe aussi sec à autre chose. Là, j’ai un peu envie de me lever et de crier un bon « RIEN A FOUTRE !! J’me barre! » mais je reste calme et avale une chouquette. Chébon les chouquettes. En repartant au métro, Lena qui était à la réunion parle de l’emménagement à Lavande et me demande à quel étage je serai. Hypocritement, je réponds au 3e. Hé oui, finalement, j’avais raison, je ne partirai pas à Lavande.

J’arrive au bureau retrouver Simon et Ioulia, on parle pas mal du déménagement et du fait que nous serons séparés, je ne pipe mot. Le soir, nous avons prévu d’aller au restaurant avec Sonia, notre ancienne stagiaire donc je me tais, je le dirai le soir.

Milieu d’après-midi, pause clope-papote avec Ioulia et là, elle me sort : « rah, j’en ai marre. S’il le faut, dans 3 mois, on se barrera tous ensembles, hihi ! ». Là, je ne peux plus pousser l’hypocrisie, quand même. « Non, Ioulia, je pose ma dém demain, je pars dans un mois, normalement. » Elle devient toute blanche puis me demande où je pars. « Oh, c’est bien pour toi ! Mais tu m’abandonnes! ». Ouais, Ioulia a un sens très poussé du mélodrame, sa phrase culte étant : « tu m’as blessée jusqu’au sang » (que j’ai repris à l’occase). Je lui fais promettre de ne rien dire jusqu’au soir.




Le soir. On retrouve Sonia et je lui demande négligemment où elle en est niveau carrière. Des fois que…  Arrivés au resto, j’attends que l’apéro soit servi pour annoncer très fièrement : « Bon, Simon, Sonia, j’ai quelque chose à vous dire : demain, je démissionne ! ». Ouais, j’ai un peu le sens du spectacle aussi. Du coup, c’est un peu du lâchage en règle sur les collègues, j’apprends que Vanessa a quelques soucis relationnels avec les femmes et qu’elle a besoin de boucs émissaires pour justifier la mauvaise santé des sites. Ah… Mais pourquoi me prendre moi comme bouc émissaire ? Dès qu’elle me demande de faire un truc, je le fais sans contestation, je suis nulle dans ce rôle, c’est même pas drôle… Bon, ok, soit. Sonia souhaite postuler pour mon job donc tout a l’air de bien se goupiller.




Le vendredi, j’écris une première lettre de démission imprimée mais Simon me dit d’en faire une manuscrite, plutôt. Okayyyyyyy ! Du coup, avec Ioulia, on fait les connes et on fait des bisous avec du gloss sur ma lettre de démission imprimée qui ne partira donc jamais. On écrit aussi des conneries en polonais dessus. Une fois la lettre postée, j’envoie également un mail à Lénaïc pour lui expliquer la situation histoire qu’il ne soit pas surpris de recevoir cette lettre et surtout aller le plus vite possible pour confirmer côté Pubilon que
j’arriverai bien le 09.




Maintenant, avec Ioulia, on s’amuse à imaginer comment je pourrais annoncer ma démission de la façon la plus lourde de sens qui soit, j’avais envie de balancer un « oui, je pars pour un poste qui exploitera réellement mes compétences », quelque chose du genre. Parce que des fois, j’avais quand même la sensation que certains nous prenaient, nous les community managers, pour des idiots finis alors que si on nous avait donné des outils dignes de ce nom, tout aurait bien mieux roulé. Mais dans la presse traditionnelle, on a toujours tendance à considérer que le net, c’est gratuit donc inutile d’investir et que les internautes sont des cons qui cliquent où on leur dit de cliquer. Mais quand même suffisamment intelligents pour trouver nos forums et blogs cachés.

Ca va pas me manquer.

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