Facebook m’a tuer – Alex des Isnards, Thomas Zuber

Il y a des livres qui vous motivent plus que d’autres à priori. Ici, je me retrouve face aux mecs qui avaient écrit l’excellent mais non moins effrayant L’open Space m’a tuer et qui parlent en plus de mon terrain de jeu quotidien : Facebook. Allons y, c’est parti.

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Avant de poursuivre, je dois faire une petite précision contextuelle : entre ma lecture de l’open Space m’a tuer et celle-ci, j’ai découvert le fameux monde des agences. Il faudrait d’ailleurs que je reprenne L’Open Space m’a tuer pour mesurer le côté caricatural du truc. Non, parce qu’à l’époque, je ne savais pas trop de quoi on parlait finalement et je ne pus mesurer le réel du caricaturé. Mais après 2 ans presque et demi en agence, j’ai jamais fit de nocturne sushis, élément présenté comme quotidien dans L’Open Space. Les 3/4 de mes nocturnes se sont faites chez moi, c’est plus sympa… Au moins, quand je mets le point final à mon doc à 2h30, j’ai plus qu’à me doucher et au lit. Rassurez-vous, c’est arrivé UNE fois, d’ordinaire, je finis plus tôt. Bref. Si je souligne ce point, c’est que dans ce nouvel opus, un élément va rapidement m’agacer : la caricature.

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D’abord, nos deux auteurs soulignent quelques travers amusants qu’on a tous eus sur Facebook. Eus au passé, oui. Parce que le livre est sorti en 2010, écrit sans doute en 2009, à l’époque où on ne faisait pas trop attention à protéger sa vie privée (enfin, moins en tout cas). Pour preuve, la fameuse histoire des messages privés de 2008 redevenus visibles, vous vous souvenez ? Je regarde mon propre mur en me demandant si la personne avait vraiment pu poster cela en public. Puis j’ai constaté qu’aucun des messages torrides peuplant ma boite mail n’est apparu en public. Et qu’aucun de mes textes mutins n’avait été révélé sur le mur de mes amants. Donc non, pas de bug, juste qu’en 2008, on se croyait un peu entre nous sur Facebook. Et puis surtout à l’époque, y avait pas Twitter, Facebook était donc peuplé de statuts anodins qui ont quelque peu disparus aujourd’hui pour envahir Twitter. Perso, sur Facebook, maintenant, je ne poste plus que quelques articles et quelques photos persos que je ne peux pas poster sur Twitter, rapport à la volonté de séparer l’univers Nina de mon vrai moi. En gros, je poste les photos de ma trombine sur Facebook, le reste sur Twitter. Il y a également quelques photos de mes voyages mais voilà, plus de « allez, c’est parti pour le rameur » ou je ne sais quoi. Du coup, ce livre, sorti il y a trois ans, permet de mesurer l’évolution de notre utilisation des réseaux sociaux, amusant.

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Par contre, ce qui devient un peu agaçant, c’est la caricature. Dans le mondez joyeux d’Alex et Thomas, les femmes sont toutes minces et sont accro au cuit vapeur. Ainsi Mélanie, après une journée de travail, rentre chez elle se faire des brocolis vapeur et faire du repassage avant de ressortir en soirée. Non mais qui fait ça ? Perso, si je rentre chez moi, jamais de la vie je ne ressors ! Surtout que faire un crochet chez moi pour faire du repassage en boulottant du brocolis vapeur, au secours ! Parce que les caricatures de Thomas et Alex sont assez tristes : des sociopathes, autistes nombrilistes baignant dans un attention whorisme de compétition. Changez d’amis les mecs !

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Pourtant, quelques trucs sont bien vus et je vais me permettre de reprendre la thématique pour quelques articles. Parce qu’à un moment, j’avais comme une envie de reprendre mes études pour faire une thèse sur la mise en scène du soi sur Internet (forums, blogs, réseaux sociaux). Du coup, ce livre me sert bien la soupe avec les gens qui mettent en scène leurs vacances, leur petite vie pour susciter envie et désir. Du bien vu, oui, notamment l’addict à Farmville (même si je n’y ai jamais joué, je le confesse) ou la chouineuse dépressive qui vient de pourrir la soirée sur MSN. MSN, le truc qui n’existe plus depuis moins d’un mois…

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Mais le livre part en vrille. On part vaguement des réseaux sociaux pour dépeindre la génération Y mais on s’y perd. Focus sur deux chapitres sur Anne, qui se sépare de Sébastien. Hormis un paragraphe évoquant le fait qu’ils n’ont pas changé leur statut de couple sur Facebook, on se demande vie ce que ça fout là. Idem pour l’histoire de Karen et Jocelyn, rencontre sur adopteunmec (lui apparaissait quelques chapitres plus tôt en tant que chasseur sur Meetic). Bref, elle passe de grosse connasse qui jette les mecs sans réelle raison à soumise à l’odieux Jocelyn qui aime la sauter à même le sol. Heu, oui ? Peut-être nos deux compères ont en vue une série sur la Génération Y, une histoire de jeunes qui se croisent sur les réseaux sociaux, sites de rencontre et mangent des légumes vapeur en se racontant leur vie sur MSN… Enfin skype. Ou Twitter.

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Bref, on retrouve quelques bonnes idées dans ce petit livre mais un peu noyées dans des chapitres écrits pour faire du volume. Un peu dommage. Mais ça permet de mesurer l’évolution sur les réseaux sociaux en trois ans. Parce que maintenant, avec Twitter et Instagram, on aurait pas eu besoin des histoires d’Anne, Jocelyn et Karen pour atteindre le nombre minimal de pages.

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2 réflexions sur “Facebook m’a tuer – Alex des Isnards, Thomas Zuber

  1. Je vois que je ne suis pas la seule à trouver fascinant l’exposition personnelle sur les réseaux sociaux !

    J’avais lu l’Open Space m’a tuer, et travaillant en open space à ce moment là j’avais vu de la caricature effectivement… Celui là risquerait de me faire dresser les cheveux sur la tête je pense ^^

    1. Ben je pense qu’il est un peu dépassé de toute façon, certains comportements n’ont plus lieu d’être. Mais il reste quelques pistes de réflexion sympa que je piquerai parce que je suis un peu fofolle !

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