Encore un peu de chile (Mexique, volume 3)

Par Tatiana

Le 16 avril

Aujourd’hui c’est l’anniversaire d’une de mes meilleures amies de bac a sable. On s’est connues à la maternelle. C’était juste une dédicace en passant, qu’elle ne lira pas d’ailleurs vu que je ne lui ai pas donner l’adresse du blog. Mais bon au moins vous voyez que je suis une bonne amie.

Bienvenus au Mexique. Hier soir début de la feria à Aguascalientes. Ca dure un mois, et rassemble les mexicains de tout le pays. J’ai eu l’occasion de voir la culture mexicaine de plus près du coup. La feria c’est du 24/24 dans le centre ville où ils ont tout reconstruit exprès, même les super marchés sont rajoutés. C’est assez bizarre on dirait des faux décors un peu comme à disney : welcome to disneyland Mexico ! On fait le tour des stand et que de la nourriture, alors qu’on pensait y trouver un peu d’artisanat. Cela dit le meilleur est pour le soir, là où tous les jeunes Mexicains sortent. C’est un peu la seule période de l’année où ils peuvent un peu se lâcher les pauvres. On rejoint notre coéquipière de voyage qui était déjà avec des amis à elle. Bon, dans une boîte (bof) vu que bien sûr dans cette ville ils ne connaissent pas les bars, pubs ou autre endroits sympas. Ici la musique c’est techno ou typique mexicain genre mariachis et Cie. J’avais déjà pas l’impression d’être un morceau de viande sur le chemin mais alors là c’est l’apothéose. Je crois que je devais avoir un écriteau « en promotion aujourd’hui » sur le front. Etre une fille au Mexique c’est un peu le calvaire des fois, ils sont très machistes là-bas et donc considèrent qu’ils ont parfaitement le droit de nous dévisager tout le temps, de sous siffler et nous interpeller de manière totalement pas du tout flatteuse. Le pire c’est que vous ne pouvez même pas protester, ils seraient capables de vous en coller une. Autre travers de la mentalité mexicaine : fierté poussée à l’extrême. Ils ne supportent aucune critique de leur pays, ils n’y a qu’eux qui ont le droit d’en dire du mal. C’est normal qu’on n’aime pas qu’on critique son pays mais si par exemple ils disent un truc négatif sur leur pays et qu’on dit qu’on est ok, ben ça ne leur plaît pas. Ce soir là donc je parle avec un mec et il me demande si j’aime le Mexique, ce à quoi je réponds que ça ne fait pas encore assez longtemps que je suis là pour émettre une opinion (ce qui est vrai je suis la depuis 4 jours merde !). Là, déjà j’ai pas marqué de points. On continue à parler, de sa famille, du reste. Et vu que justement sa famille habite aux USA, il me demande si j’aime. Je prends des pincettes quand même, et je dis que c’est un beau pays blabla, mais que je n’accroche pas trop avec la culture américaine. Là, il me sort cash (alors qu’il n’a jamais mis les pieds en France et qu’il ne connaît pas beaucoup de Français), que de toute façon en France nous sommes étroits d’esprit. Le mec on s’est parlé en tout 5 min et il me sort ça ! Jamais j’aurais dit un truc pareil moi, j’hallucine. Ben merci, moi aussi je suis enchantée de te connaître. En tout cas il doit aimer les gens étroits d’esprit puisqu’il m’a collée toute la soirée. Genre je me frotte à toi en te faisant des regards qu’il pense sexy et que moi je vois alcoolisé et débile. A la fin j’osais même plus le regarder, j’avais peur de mettre à rire (remarque j’aurais peut être dû), ou qu’il tente un truc. Bon, parce que le pauvre jeune homme il est pas hyper sexy, comme tous les mexicains quasiment. Il paraît qu’il y en a des beaux, moi j’en ai pas vu. J’ai vu des mecs normaux mais pas beaux. Et puis dans cette ville je crois que c’est pire qu’ailleurs, j’ai jamais vu autant de mocheté dans un seul et même endroit. Du coup, l’alcool aidant je me suis mise à penser à mon ex (qui ne m’a toujours pas répondu d’ailleurs) et ça m’a déprimée. Vivement qu’on bouge de ce trou, ici c’est vraiment la lose.

18 avril

Ouf ! C’est parti pour le début du voyage. Là, je suis dans le bus pour Mexico DF (Districto Federal). Alors qu’il fait très chaud dehors, il fait très froid dans les bus. Aussi, j’ai sur moi un débardeur un T-shirt à manches longues, une polaire et mon duvet ainsi qu’une écharpe. Par contre niveau confort c’est top ! Les sièges sont larges, la TV. ça le fait assez. Je suis un peu morte vu que j’ai dormi seulement 5 heures cette nuit. Nous avons passé la soirée avec des Mexicains et des Anglais (le coloc de Maria et sa famille sont anglais). Je n’ai jamais autant parlé anglais que depuis que je suis ici. C’est dingue. Moi qui voulais améliorer mon espagnol… La journée fut plus galère : ménage le matin, courses l’après midi. On cherchait du papier bulle mais rien à faire ici ils connaissent pas. On est aussi allées voir un spectacle de dans traditionnelles, avec Mariachis et Cie. C’était pas mal.

21 avril

Ca fait maintenant 3 jours qu’on est au DF et je suis en dessous du seuil normal du nombre d’heures de sommeil. C’est pour ça que ce soir je ne suis pas sortie avec les filles. Le DF est une ville énorme c’est inimaginable pour nous Français. En même temps c’est la deuxième plus grande ville du monde je crois. Et la plus polluée aussi, c’est horrible. Les distances entre deux points d’un plan sont en fait énormes par rapport à celles qu’on a l’habitude de voir sur un plan de ville. On s’est faites avoir comme ça le premier jour. Idem pour les stations de métro, entre deux stations compter au moins 5 bonnes minutes. Bon, et puis faut faire super gaffe car c’est réputé pour être dangereux, en plus nous on loge dans un quartier un peu craignos.

1er jour au DF : mission administration et visite de Téotihuacan (site de pyramides Aztèques). On est arrivées aux pyramides aux heures les plus chaudes, car on s’est foirées sur le réveil. La fournaise ! L’impression de cuire sur place. Avec pas un chouille d’ombre et je ne sais pas combien de marche à monter. Ensuite direction l’aéroport, pour changement de billets d’avions de Mathilde, et immigration. C’est là qu’a commencé l’enfer. Les mecs de l’aéroport nous ont baladées dans tous le bâtiment pendant 3 heures !! Et je monte les marches et je les redescends. On en pouvait plus. Parce qu’en fait dans ce pays les gens même s’ils ne savent pas un trucs ils adorent faire comme si ils savaient même s’ils vous indiquent un truc foireux. En plus dans cette ville ils aiment pas trop les étrangers alors si occasion de faire d’une pierre deux coups, hop ! Une fois qu’on a eu à peu près ce qu’on voulait on rentre dans l’appart où on loge, qui est aussi loin du centre ville que Melun de Paris voire pire. En plus l’appart est très éloigné du métro et c’est bien galère pour y rentrer. Vous ajoutez à ça problème d’électricité sur la ligne de métro (rien que pour nous merci j’adore !). Donc on finit par sortir du métro, perdues, la nuit dans les rues du DF avec tous nos papiers car on en avait eu besoin ce jour là. Tout pour plaire quoi. Le deuxième jour, on est allées au bureau de l’immigration (ici l’administration c’est encore pire que chez nous, si tu leur dit que tu es pressée ils font exprès de te faire poiroter à tous les coups). En plus ils te disent des trucs faux genre « repassez à 12h 30 pour chercher les papiers », et quand tu viens « ben non c’est lundi qu’il faut venir ». grrrrrrrrr. J’te jure ! Ici y a vraiment moyen de devenir tueur en série si tu es du genre nerveux. Après on est allées au marché artisanal pour faire déjà un max de courses cadeau pour les gens, vu qu’on va laisser une partie de nos affaires chez les parents d’un ami, pour être moins chargées. Aujourd’hui Taxco : ville de l’argent. On était un peut déçues car les ¾ des bijoux sont moches et chers. En fait dans cette ville il vaut y aller le jour du marché là ça vaut le coup. On a quand même réussi à trouver quelques trucs heureusement.

23 avril

Ce WE on s’est éloignées de cette sale ville de médeux, pour aller à Morelia dans les montagnes (en fait y a de la montagne partout dans ce pays sauf dans le Yucatan). Au programme : flânerie dans la ville et visite du village de Paztcuaro qui possède le lac le plus beau du Mexique. Les villes de montagnes sont super mimi en tous cas toutes celles que j’ai eu l’occas de voir pendant mon séjour. Donc là, les deux super sympas. Dans la montagne au calme et tout ça fait du bien. Mathilde s’est fait voler son appareil numérique par contre. Donc ça nous a un peu plombé l’ambiance.

Joyeux Noël !

Aujourd’hui, c’est Noël. Après avoir déballé vos beaux cadeaux, vous foncez ici voir mon nouvel article, bande d’intoxiqués ! Et comme je suis sympa, je mets à jour même les jours fériés. Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire de Noël… l’histoire de mes Noël.

 Premier souvenir de Noël, en 81, j’avais donc un an et quelques et je me souviens juste de trucs en plastiques tout rond en forme de H qui s’emboîtaient et un jouet rond qui avait une ficelle : quand on tirait, ça faisait un bruit d’animaux. J’avoue que c’est mon tout premier souvenir, je ne suis même pas sûre de vraiment m’en souvenir, peut-être ai-je reconstruit mes souvenirs par des photos parce que se souvenir d’un truc qu’on a vécu quand on avait même pas deux ans, ça me paraît gros… Cette même année, à la fin des fêtes, le sapin, tout sec, m’est tombé dessus, il paraît que j’ai hurlé comme jamais. Là, je m’en souviens pas, j’ai dû occulter. N’empêche que depuis, j’ai toujours peur de me faire piquer par un sapin (vive les sapins normands !).
 
Après, c’est un peu confus. Les Noëls se suivent et se ressemblent… Je me souviens, une année, on était allés au parc pour jouer (il devait faire un froid de canard, ils sont fous mes parents !). Ma maman nous surveillait pendant que mon papa s’éloignait discrètement. On s’en est donné à cœur joie et quand on est revenus à la maison (mon papa était revenu), il y avait les cadeaux au pied du sapin ! J’étais émerveillée. Je me souviens, cette année-là, ma sœur a eu un train un peu bizarre, les wagons étaient des gros carrés… Ce Noël me marqua et pendant longtemps, je n’ai pas compris pourquoi Noël c’était un coup le matin, un coup l’après-midi, un coup le soir… Oui, à l’époque, les dates, ça ne voulait rien dire pour moi.
 
Ensuite, pendant longtemps, le Père Noël est entré en scène. En fait, on ouvrait les cadeaux le soir, on regardait le programme de Noël à la télé puis ma mère nous disait que le Père Noël allait arriver donc il fallait se cacher, on montait en courant dans ma chambre (la plus grande), accompagnées de ma maman. Mon père sortait discrètement et sonnait : ding dong ! Il ouvrait la porte et dialogue :
« Bonjour !
– Bonjour Père Noël
– Alors, est-ce que Nina et Alice ont été sages cette année ?
– Oh, je sais pas !!
[Nous, en haut, doucement : si ! si ! si !]
– Oui, elles ont été sages.
– Alors, elles vont avoir leurs cadeaux ! »
Mon papa installait les cadeaux en bas puis une fois fait, le Père Noël disait au revoir et on avait le droit de descendre. Pendant des années, j’y ai cru dur comme fer. Une fois, mes parents nous ont fait une blague : le Père Noël allait monter dans nos chambres mais il fallait se cacher parce que s’il nous voyait, on aurait pas nos cadeaux ! Je me suis cachée sous ma couette (top original), morte de trouille mais le Père Noël n’est pas monté, finalement…
 
Il y avait une autre mythologie en rapport au Père Noël. A l’époque, nous habitions dans un appartement en rez-de-chaussée dans une résidence donc nous n’avions pas de cheminée, ce qui me turlupinait beaucoup : un Père Noël, ça passe par la cheminée, il vient par où, le nôtre ? Par la porte, nous l’avons vu plus haut mais nos voisins du 2e étage, amis de mes parents, avaient une cheminée : le Père Noël passait donc forcément par chez eux ! Mais c’est bien sûr.
 
Sinon, je me souviens d’une année, j’étais petite, j’étais allée chez ma nounou pour le Noël. Ma nounou était la mère d’une camarade de classe de ma mère et elle avait plusieurs enfants à charge. Sa fille cadette avait une dizaine d’années de plus que moi, un peu plus, peut-être et donc, elle ne croyait plus au Père Noël. Je me souviens, ma nounou m’expliquait chaque année qu’en allant au supermarché, elle croisait le Père Noël qui faisait ses courses pour nous. Sous-entendu : j’ai acheté vos cadeaux. Et il est très aimable, ce monsieur, il nous faisait toujours passer un bonjour. Donc une année, nous voilà dans le salon quand la fille de ma nounou se met à crier : « oh, le Père Noël ! », en regardant par la fenêtre. Je me précipite à la fenêtre mais ne voit rien. « Mais si, là, regarde ! » Ben non, je n’ai rien vu et ça m’a franchement désappointée.
 
Il y eut une année aussi où il se passe quelque chose de terrible…mais de très drôle. Dans le journal, il y avait une annonce : appelez le Père Noël. Nous voici donc joyeusement réunis autour du téléphone, papa, maman, Alice et moi. Quel moment solennel ! Ma mère compose le numéro et met le haut-parleur et là : « salut, cochonne, c’est le Père Noël lubrique, je vais venir visiter ta culotte ! » (un truc du genre). Mes parents, mortifiés, tardent à couper la conversation tandis qu’Alice et moi pouffons : « Le père Noël, il a dit culotte ! ». Hé oui, dans le journal, l’annonce pour le Père Noël était accolée à celle d’un autre genre de Père Noël et ça a fait un vrai scandale car mes parents n’ont pas été les seuls à se tromper.
 
Puis vint le jour terrible de la révélation. J’étais en classe de CE1 avec une prof vieille fille qui était sévère mais juste. Quand on avait des bonnes notes, on avait des petites images et au bout de dix, on avait un poster (moi j’aimais mieux les petites images, des vignettes panini, les posters étaient moches). Quand on était pas sage, elle nous tapait sur le bout des doigts avec une règle, mais ça ne m’est jamais arrivé, ça. Non, moi, je me prenais juste des C et des D en écriture. Un jour, pendant le cours, je ne sais plus de quoi on parlait mais la révélation vint : « oui, c’est comme la Petite Souris ou le Père Noël, ce sont des contes, ça n’existe pas ! » et là, tous mes camarades : « oui, bien sûr, ça n’existe pas ! ». Et moi, je me prends un monumental coup de massue. Je me souviens ce jour-là m’être sentie désespérée pour la première fois de ma vie : le Père Noël n’existe pas ? Mes parents m’ont menti ? A bien y réfléchir, souviens-toi cette nuit où tu avais senti la main de maman glisser sous ton oreiller alors que tu y avais mis ta dent de lait… Et la fois où au lieu de trouver une pièce de 10 francs, tu avais trouvé une pesetas ! Ca aurait dû te mettre la puce à l’oreille ! Ce que tu as été naïve, ma pauvre fille ! Ce jour-là, je n’ai pas pleuré, uniquement par fierté : les autres semblaient savoir que le Père Noël n’existait pas, je ne voulais pas passer pour une sotte.
 
Depuis, les Noëls ont moins de saveur. Je n’avouerai que deux ans après à mes parents que je n’y crois plus, je me suis toujours tue pour préserver Alice. Mon père ne jouait plus au Père Noël, il attendait qu’on soit couché pour mettre les cadeaux au pied du sapin. Quelques années plus tard, quand ma sœur arrêta de croire, aussi, on faisait Noël le soir, ce qui était une mauvaise idée en soi vu qu’on voulait toujours profiter de suite de nos cadeaux…
 
Une année, ce fut terrible. On savait où nos parents cachaient les cadeaux donc on était allées, avec Alice et nos voisines, voir ça de plus près, on avait dé scotché les paquets et vu tous nos cadeaux. Ben, cette année-là, le déballage fut nettement moins beau et je regrette encore de l’avoir fait. Car ce qui est bien à Noël, c’est avant tout la surprise, selon moi. Le plaisir de déballer et de voir ce que l’on nous a offert. Le plaisir de voir le visage de l’autre s’animer en découvrant le beau cadeau qu’on lui a fait. Cette année-là, j’ai pris une leçon et je ne l’ai plus jamais refait.
 
Du coup, nouvelle tradition : le 24 décembre, pour tromper notre excitation, ma sœur et moi allions au cinéma (ce qui permettait à notre mère de pouvoir faire ses paquets cadeaux tranquille) voir le dernier Disney. Curieusement, en grandissant, l’attente m’a paru moins pénible. Ca fait même deux ou trois ans que je réalise pas que nous sommes déjà Noël (et que je suis à la bourre dans mes cadeaux).
 
Noël, c’est souvent une mauvaise période dans ma famille : il y a toujours des décès autour de nous à ce moment-là, des drames. Les quelques jours précédant le réveillon sont généralement tendus, chaque année, y a des engueulades dans la famille, peut-être parce que l’hiver débute et que le moral baisse, peut-être parce qu’on est stressés par la course aux cadeaux, qu’il manque toujours un truc à la dernière minute…Je me souviens d’une année où ma mère m’a envoyée chercher des serviettes en papier au supermarché… un 24 décembre à 18 heures ! Donc chaque année, je déteste le mois de décembre jusqu’au 24 au soir où tout se détend, tout va mieux, tout se règle. Puis le 25, on s’échange nos cadeaux dans l’amour et l’harmonie. J’ai rarement été déçue, faut l’admettre… Cette année, je n’ai pas fait de liste donc ce sera la surprise totale… Et c’est tant mieux !
PS: Oui, c’est moi sur la photo en grenouillère rouge. J’étais mignonne, hein?

Et si je faisais quelque chose de ma vie

Jeudi, 3h ou 4h du matin, je sais plus. Allongée à côté de Jean (mon amant dont j’ai pas encore parlé, cherchez pas l’article qui lui correspond, il viendra), nous discutons de nos vies respectives, j’essaie tant bien que mal (et plutôt mal, j’ai eu l’impression) de lui remonter le moral. A un moment, il me demande si je vais bien et je lui réponds :
« Ben oui, j’ai pas de raison de déprimer.
– Je pourrais t’en trouver plein.
– Non, ça ira. »
Je m’accroche à la certitude que tout va bien mais je suis autant à l’abri de la déprime que d’une tempête sur un radeau (j’espère que vous avez compris cette phrase obscure).
 
Techniquement, ma vie est au point mort : pas de raison d’être heureuse ni malheureuse. Rien ne vient illuminer ma journée à tel point que j’ai la banane pendant une semaine. Rien ne vient ternir mon humeur égale. De toute façon, au point où j’en suis, seul un décès m’affecterait profondément et j’espère très fort que ça n’arrivera pas. Même ma lose actuelle ne nuit que modérément à mon moral. Cependant, il est temps de réagir et de trouver des raisons de me réjouir.
 
Trouvons du travail !
En ce moment, je m’emmerde donc je lis. Saine activité. Donc après avoir dévoré Harry Potter, j’ai entamé et terminé le drôlissime « Blog de Max », l’histoire d’un mec qui raconte son boulot et son talent certain à brasser de l’air. A peine terminé, je me jette sur « Le diable s’habille en Prada », actuellement en cours de lecture et férocement hilarant. Dans le premier comme dans le second, les auteurs croquent avec cynisme et méchanceté subtile leur environnement de travail… Et curieusement, moi, ça me donne envie de bosser.
 
Objectivement, j’en ai marre de rien faire chez moi et je préfère que l’argent qui tombe sur mon compte soit versé par Cosmo que par ASSEDIC. Juste une question de fierté, j’ai pas envie d’être un poids pour la société (ni pour mes parents qui paient des impôts dont une partie-infime- revient à leur fi-fille). Et puis j’ai une vie passionnante en ce moment : lever 14 heures, un petit tour dans une pièce intime de ma maison, allumage de l’ordi et de la télé et ABRUTISSAGE. J’écris pour mon blog, je visite et commente ceux des autres. Parfois, je me dis que ce serait bien que je mange donc je le fais. D’autre fois, je me dis que ce serait bien d’arrêter de manger si je veux un jour pouvoir à nouveau quitter mon canapé. Bref, je ne fais pas grand-chose de constructif si ce n’est bosser sur ce blog pour votre plus grand bonheur.
 
Ceci étant, je viens d’intégrer, grâce au blog, justement, la rédaction de ce site, mes premiers articles bientôt. Hé oui, j’ai reçu ce mail, un jour : « votre blog est sympa, je dirige un site pour les demoiselles de 15 à 30 ans, ça vous intéresse une collaboration ? » Un peu, mon neveu ! Certes, c’est du bénévolat mais ça rajoute une corde à mon arc : du journalisme féminin, j’ai jamais fait. Ceci étant, j’aimerais aussi bosser dans un journal qui rémunère, ce serait bien. Ne serait-ce que pour me lever à 7h30, prendre les transports en commun tous les jours et rentabiliser ma carte orange (sur laquelle j’ai enfin mis une photo), faire semblant de bosser toute la journée en écrivant mon blog, en lisant ceux des autres, en buvant du café en faisant la revue des derniers ragots de la boîte. Bosser, quoi…Et puis gagner des sous pour me payer plein de choses (des fringues, un abonnement en salle de sport, les SIMS2…)
 
Tombons amoureuse !
Non, en fait, ça, j’en ai pas envie. Mais trouver une nouvelle cible à séduire, ça me plairait bien.
 
Actuellement, ma vie amou…heu…senti…heu… sexuelle est plutôt sympathique, j’ai rencontré en octobre deux garçons que j’apprécie énormément, Guillaume et Jean, donc. Ce sont un peu plus que de simples plans brouette puisqu’on passe autant (voire plus, beaucoup plus) de temps à discuter qu’à brouetter. Je qualifierais plus facilement ses relations « d’amitié ambiguë », surtout avec Guillaume, et  j’avoue que ça me plaît bien, ça m’apporte beaucoup sur le plan humain. Vais-je tomber amoureuse ? Ce n’est pas à l’ordre du jour, ni pour eux, ni pour moi, de toute façon.
 
Le truc, c’est que ça fait longtemps que je n’ai pas eu à séduire. Depuis Arnaud, mes relations « sentimentales » se limitent à deux anciens plans cul en manque et deux lecteurs de mon blog, charmés par ma personnalité et mon style unique (et certainement ainsi par ma folle modestie). Tous les deux m’ayant charmée pour différentes raisons… je vous laisse deviner la suite. C’est très flatteur pour mon ego mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. « M’attaquer » à des hommes déjà pris dans mes filets, c’est un peu facile. Bon, rien ne me garantissait ce succès, surtout avec Jean mais tout de même.
 
Repérer un homme, essayer de le séduire (et me manger un râteau), voilà qui m’occuperait… Et ça ferait des articles marrants pour toi, lecteur. Mais où rencontrer cette perle rare ? Dans le meilleur endroit pour draguer : au boulot. Je dois donc en trouver un.
 
Faisons du sport !
Bon, je fais du gras, là, ça va pas. Mais je ne fais rien de mes journées à part regarder la télé, papoter sur MSN et me dire que la journée passe vite et que j’ai rien foutu. Donc résolution à mon retour sur Paris : se lever plus tôt et ne plus allumer Internet avant au moins 17h, pareil pour la télé. Ca ira de suite mieux et ça m’encouragera à sortir. Sauf que la meilleure façon de faire du sport est encore d’aller en salle donc de payer un abonnement donc d’avoir des sous donc d’avoir du boulot.
 
Donc, à partir de maintenant, ma priorité, c’est de trouver du boulot puisque manifestement, c’est ce qui fera changer ma vie et me fera passer de l’état de larve dans lequel je suis actuellement à celui de merveilleux papillon épanoui et irrésistible. Je vous tiens au courant de l’évolution de la situation.