Acteur ou témoin ?

Samedi 13 heures. Comme tous les samedis, la famille est installée devant la télé et regarde le JT. Peu importe la chaîne, au fond, le spectacle est sensiblement le même. En ce moment, ce qui fait fureur, ce sont les manifs Anti-CPE. Mais pas tellement le côté manifestation de syndicats qui ont un discours, non, pas tellement le côté les étudiants découvrent le militantisme et ont des choses (parfois même intéressantes) à dire, non. Ce qui est amusant de montrer, ce sont les casseurs, ces espèces de brutes épaisses qui ne savent sans doute même pas ce que veut dire CPE et qui croient que Chirac est juste un personnage en latex d’une émission bizarre. Et on les voit : là, ils brûlent une voiture, là, ils pètent une vitrine, là, ils cognent un étudiant qui n’avait rien demandé. Le tout sous le regard impitoyable de la caméra.

Je regarde donc les infos et là, grande réflexion. En tant que journaliste, tu serais à la manif, tu ferais quoi ? Est-ce que je filmerais aussi un pauvre gamin en train de se faire tabasser ou je poserais ma caméra pour essayer de faire quelque chose (bon, ok, du haut de mon mètre 57 avec ma tête de Bisounours, je ne fais pas vraiment peur mais quand même…) ? Suis-je avant tout journaliste ou citoyenne ? Franchement, ce questionnement me laisse perplexe, j’essaie de réfléchir. Je vous rassure, à la fin, je sais toujours pas. Et puis, je me dis
que c’est toujours facile de raisonner par l’absurde et de se donner les vêtements du héros tant qu’on n’est pas confrontés à la situation. Genre tous les gens qui disent : « moi, à la seconde guerre mondiale, j’aurais été résistant ». Mais bien sûr, c’est tellement facile de dire ça 60 ans après sans jamais avoir connu l’état de guerre. Ah, ça, les courageux virtuels, y, en a, mais pour le reste… Enfin, bref, je vous fais quand même part de mes élucubrations.

 
Journaliste

Bon, imaginons que je suive une formation de JRI (journaliste reporter d’images) et que je me retrouve employée par France 2, on me jette dans la manif. Alors, pour ceux qui n’ont pas fait journalisme, je préfère préciser : on ne part pas de la rédaction avec juste le matériel. Non, si on va là-bas, c’est avec une thématique précise. Par exemple, France 2 va envoyer deux équipes sur les manifs, une qui traitera de la manif en elle-même avec deux, trois interviews de syndicalistes étudiants et de manifestants lambda et une autre qui couvrira la violence des casseurs. Donc j’hérite du sujet et je pars avec mon acolyte, Jean-Paul. Nous voilà arrivés sur les lieux, on règle la caméra, c’est lui qui filme parce qu’une caméra, c’est lourd et que je suis une petite chose fragile. Surtout petite, je filmerais plus le cul des manifestants que leur tête et comme je suis censée bosser à France 2 et pas à Pink TV, ça le fait pas. Donc Jean-Paul
tourne, moi, je microtte et je repère ce qu’on peut filmer. Oh, devant moi, un gentil étudiant qui ne demandait rien à personne vient d’être la proie d’un groupe de casseurs qui l’ont fait chuter au sol et commence à lui filer des coups de pieds et de poing pour lui voler son portable. En tant que journaliste, que fais-je ? Je hurle : « tourne ! ». On filme donc l’agression, on coupe quand les agresseurs sont partis avec le portable, la montre, l’ipod et la paire de reebok (heureusement, le gars portait un slip pas tendance du tout). On attend que le
petit se relève, crache sa dent cassée et on attaque. On fonce sur lui avec notre caméra et interview. Avec de la chance, le petit est dégoûté par ce qu’il vient de lui arriver et va nous faire un bon petit témoignage. Hop, on enregistre, on prend son nom. Comme on est sympa, on reste deux minutes avec lui en attendant que quelqu’un vienne le soigner puis on file. Vous croyez quoi,
vous ? Qu’on fait un reportage de deux minutes avec juste une agression ? Mais non, il faut toute une série d’images choc, on fait deux, trois interviews d’agressés, le meilleur gagne le droit de passer au JT de 20 heures. Les autres, c’est définitivement pas leur jour mais avoir ses quinze minutes de gloire parce qu’on s’est fait piquer son sac, ça craint du boudin. Pour fignoler, on interroge un représentant des forces de l’ordre et direction la rédaction pour monter notre sujet. Ces gamins tabassés ne sont plus que des noms griffonnés sur un papier, on est plutôt content : on a bien travaillé. Tant pis si un de nos interviewés a eu le bras cassé.

 
La citoyenne

On recommence, Jean-Paul et moi, lui caméra, moi, micro. Le gamin se fait attaquer et là, en tant que citoyenne, je cherche de l’aide. Oui parce que passer de la journaliste à la citoyenne ne me fait pas grandir et ne me donne pas de muscles donc j’essaie de trouver très rapidement soit une autorité compétente soit des jeunes étudiants qui seront prêts à aider leur pote. Même Jean-Paul est prié de mettre la main à la pâte. Le gamin, une fois débarrassé de ses bourreaux, on l’aide à se relever et on l’amène vers les pompiers pour qu’on le soigne. Naturellement, je ne supporte pas la violence, c’est un truc qui me dépasse complètement. Une fois, j’ai été témoin d’une agression, j’étais en voiture avec Anthony, on s’était perdus du côté de Rosny sous Bois. Je vois des gamins courir et bondir sur un collégien, sur le coup, je me dis : tiens, ce sont ses copains. En trente seconde, le collégien se retrouve par terre roué de coups, le portable tiré et les voyous déjà repartis dans la cité. J’avoue que je n’ai pas tout compris tellement c’est allé vite, personne n’a réagi mais je m’en suis voulue de n’avoir rien fait. Bon, techniquement, je vois pas ce que j’aurais pu faire mais si tout le monde laisse faire tout le monde comme ça, on ne s’en sortira jamais, à mon avis.

Le dilemme est simple : dois-je faire mon boulot envers et contre tout ? Est-ce que filmer ses actes de violence ne revient pas finalement à les banaliser ? Ou au
contraire les dénoncer. Le problème essentiel du journalisme est, à mon sens, qu’à force de montrer des images spectacle, on finit par être comme anesthésiés. Par exemple, prenez des images du tsunami ou du 11 septembre. Au début, ça vous remue. Au bout de la 20e rediffusion, vous mangez vos spaghettis devant toutes ces vies qui s’achèvent sans sourciller. Autre problème qui me paraît de taille : la multiplication des vidéastes amateurs. Ah ça, pour sortir le camescope et tourner une scène de violence, va y avoir de plus en plus de monde mais pour bouger… Tout dépend de la situation, jamais je ne me scandaliserai si un amateur lambda filme une prise d’otage et n’intervient pas, c’est peut-être mieux. Mais souvenez-vous de la vidéo d’une femme en train
de se noyer au Mont Saint Michel… Et voilà, on filme avec indifférence une vie en train de s’achever. Il y avait un film pas mal du tout sur le sujet avec Elie Semoun, je ne me souviens absolument pas du titre, un journaliste qui travaillait aux States et qui filmait des gens mourant, comme ça, sans intervenir. Mais au fond, quel est le rôle du journaliste ? Montrer. Le journaliste n’est pas censé intervenir sur les événements. Je citerai ici Gérard Filion, journaliste Québécois et ancien directeur du journal Le Devoir : « Ceux qui l’écrivent [l’histoire] seraient incapables de la vivre ; ceux qui la vivent n’ont pas le goût de l’écrire. » Les journalistes sont, quelques part, nos yeux et nos oreilles, ils nous permettent de voir ce qu’il se passe partout dans le monde mais n’interagissent pas avec ce qui se déroule sous leurs yeux. Tel est leur métier, tel est mon métier.

Alors, à la question qu’aurais-je fait, je crois qu’il sera plus honnête de répondre : je tourne. Même si la violence me donne la nausée, même si ça m’emmerde de laisser ce pauvre gosse se faire tabasser au lieu de l’aider, je n’ai pas le choix. Mon métier, c’est montrer, relater, inscrire sur un support un moment de notre histoire. Suis-je contrainte d’accepter ça ? Oh non, je peux tout à fait me rebeller, dire au rédac chef d’aller se faire foutre, que je refuse de rentrer dans cette surenchère de la violence…et je peux retourner le cœur lourd à l’ANPE. Car si quelqu’un doit changer la société, ce ne sera pas, a priori, un journaliste.

 
(à suivre)
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48 réflexions sur “Acteur ou témoin ?

  1. C’est marrant j’avais l’impression en lisant le premier paragraphe que tu allais parler de la manipulation des images et de la facilité des JT à en détourner le sens, à l’instar de Jean-Pierre « découvrons-à-présent-le-dernier-raboteur-de-sabots-de Picardie » Pernault ou de Jean-Marc « je-vérifie-pas-l-info » Pujadas.

    Mais en ralité c’est la grande question du « Honnêtement, qu’est-ce que j’aurais fait ? ». Solution A je m’asseois sur mes principes et mes valeurs, solution B je réagis et je m’attire des problèmes.

    Alors pour être honnête, la solution B elle est surtout là pour flatter notre bel égal. Même si je me pense capable de défoncer la porte si j’entends mon voisin battre son fils, je m’imagine mal avec le courage de devenir résistant ou l’inconscience d’aller plonger au milieu de 12 casseurs pour sauver un inconnu. J’en suis pas fier, mais je le reconnais. Et je fais une croix sur le complexe du super-héros qu’on a tous au moins une fois dans notre vie.

    Ton « je tourne » du dernier paragraphe m’avait franchement déçu lorsque j’ai posé les yeux dessus, mais après réflexion je dois admettre que tu es dans le vrai, et ça me plombe le moral pour la journée…

  2. Il y a une autre question fondamentale que le journaliste doit se poser : « De tout ce que j’ai filmé, que vais-je montrer, dans quel ordre, avec quels commentaires ». Car si le fait de filmer les événements se borne à être un oeil neutre qui enregistre les actes, c’est lors du montage du reportage que s’exprime toute la partialité du journalisme. Ceci explique probablement pourquoi il n’y a que les jeunes anti-CPE et pro-blocage qui ont droit de parole actuellement.
    De même, le fait de montrer chaque jour des actes inacceptables mais impunis (car finalement les agresseurs en sortent toujours victorieux) revient finalement à banaliser et légitimer de tels actes. Cela donne le sentiments qu’ils sont sans conséquences pour leur auteur, d’où des « pourquoi pas moi ? »
    D’ailleurs, les journaux étrangers ont un tout autre point de vue des événements actuels, c’est assez instructif.

  3. que faire…dans le cas que tu nous expose, je me pose une question: est-ce qu’il n’y a pas non-assistance à personne en danger? et, dans ce cas là, es-tu protégée? j’admet que je ne sais pas comment je combinerais le métier de journaliste avec mon sens citoyen. Des fois je me demande si, pour nous faire passer les infos, nous avons vraiment besoin de ces images chocs? Une ou deux ca va mais quand c’est tous les jours, moi j’avoue que j’éteind ma télé.

  4. Tu réponds « je tourne » et je te comprends : comme dans tous les mmétiers, on fait ce que notre chef ou notre patron nous a demandé. Mais ça n’empêche pas d’exprimer son désaccord avec son donneur d’ordres, par exemple dans ton cas « On ne pourrait pas filmer, et montrer, quelqu’un qui a des choses intéressantes à dire plutôt que de montrer une énième image de violence certes spectaculaire mais pas constructive ? Cessons de prendre les gens pour des idiots incapables d’écoute patiente et de réflexion. »

  5. Salut ! le film dont tu parles c’est pas « c’est arrivé près de chez vous » avec poolvorde ? enfin bref. Tu prends ta caméra et tu tournes et finalement tu fais ton boulot en relatant les faits. Quoi de plus normale et de plus honnète. Mais je crois que toute les rédactions n’ont pas le même objectif que toi. Ca saute aux yeux que finalement, certain JT sont devenus des émissions de télé-réalité lambda et que finalement, la crise est une belle aubaine. Ben oui on va pas montrer au journal un mec se faire défoncer la gueule comme ca, sans contexte, ni introduction…ca ca arrivera quand il y aura de la pub en plein milieu du jt (et c est effrayant mais ils en parlent). Je crois qu’aujourd hui la presse écrite reste encore le meilleur moyen d’apprécier la réalités des faits, car la vidéo n’est pas assez objective et qu’on peut lui faire dire n’importe quoi. Quand au courage, c’est vrai que tout le monde aimerait l’avoir mais bon, on devrait savoir depuis le temps que ce n est pas possible et les exemples sont nombreux. Par contre il y a des gens qui sont payés pour l’etre dans ce genre de mnifestation et ca s appel un CRS. S ils faisaient leur boulot avec un minimum de conscience la question du courage du journailste ou du citoyen ne se poserait pas. Ben oui quand meme, c est la moindre des choses de pouvoir différencier victime et aggresseur-casseur et de venir en aide à la victime.

  6. Acteur ou témoin??? Acteur du témoignage sans doute.
    Pour ce qui est des manifestations, je sais pas si t’as vu mais vers la fin, les casseurs puisque c’est ainsi qu’on les appelle (à mon sens le fait de les stigmatiser ainsi leur donne encore plus d’importance et les glorifie) s’en sont pris aussi aux journalistes qui ne faisaient que couvrir l’évènement. C’est dire à quel point ces gens là sont concernés par la société .
    Enfin, bref, que doit-on faire, les montrer ou pas?
    Je pense qu’évidemment ça fait partie de la=’actualité que d’en parler, mais pas nécessairement utile d’en montrer les images et d’en faire une publicité exacerbée.

  7. Les CRS ne font que ce qu’on leur ordonne, et comme il y a tollé dès qu’il réagissent un tant soit peu, les ordres sont de ne pas bouger et de passer des heures à prendre toutes sortes d’objet sur le coin de la figure, sans réagir.
    Il n’y a qu’à voir le tapage autour de ce « pauvre » syndicaliste, sauvagement agressé alors qu’il ne faisait que cuver au milieu des manifs (2,7 g à son admission à l’hopital, ça laisse imaginer le pic qu’il a dû atteindre). Les casseurs le piétine, c’est un malheureux hasard, un CRS le bouscule, c’est une bavure policière…
    Vraiment, c’est le rêve CRS, être la cible de toutes les haines et des projectiles. C’est quand même beaucoup mieux que prof, sacerdosse de devoir éduquer ces pauvres jeunes égarés à se rebeller et à exiger leur juste dû : l’emploi à vie.

  8. Le courage : il est impossible de prévoir son comportement dans une situation dramatique. Les gens qui ont commis des actes d’héroisme disent souvent qu’ils ont agi en pleine inconscience, poussés par un instinct de protection de l’autre qui dépassait complètement leur instinct de survie… Dans un climat particulier (émeutes, guerre) nous ne fonctionnons pas du tout comme en temps ordinaire et ça peut nous amener à commettre des actes qui, après coup, sont taxés de lâcheté ou d’héroïsme sans qu’ils aient été motivés par une intention égoïste ou altruiste.

    Attention, je parle d’actes ponctuels, pas d’engagements sur le long terme – je ne mets pas sur le même plan les gens qui sous l’occupation allemande ont choisi la collaboration ou la résistance, un choix qui était quand même le résultat de leurs convictions (ou d’une absence de convictions). Même si je suis certain que j’aurais « choisi » la résistance, sous quelle forme et jusqu’à quelle prise de risque, je ne peux pas l’imaginer.

    Dénoncer ou banaliser : nous avons tous en tête ces photos de la guerre du Vietnam publiées dans les grands magazines américains, déclenchant une prise de conscience « citoyenne » de la barbarie de cette guerre. Pour la banalisation, il y a les témoignages de gens qui sont passés à l’acte en reproduisant ce qu’ils ont vu au cinéma ou à la télévision.

    C’est un vieux débat. Je crois aussi comme Landrix que l’effet dépend autant du traitement des images que de leur contenu. Heureusement, il y a de rares émissions comme « Arrêt sur image » pour compenser un peu le traitement manipulatoire des actualités. J’ai été choqué, par exemple, par la manière dont « Envoyé spécial » avait maltraité le sujet des biocarburants en montrant un mécanicien qui s’est planté dans la transformation d’un véhicule neuf pour l’utilisation directe d’huiles végétales. Je roule en partie à l’huile de friture recyclée sur un véhicule non transformé. Le problème de la transformation pour rouler à 100% végétal est bien documenté et tout le monde sait qu’il y a un risque à transformer un véhicule récent…

    Dans le traitement, l’effet de répétition me paraît souvent négligé. Les photos du Vietnam ont causé un choc parce qu’elles étaient nouvelles. Pour la première fois un magazine faisait sa couverture, non pas sur une princesse monégasque, mais sur des enfants brûlés au napalm. Mais ce n’est pas ce qu’on fait en ce moment avec les images de violence. Elles se banalisent en passant en boucle, comme tu l’as dit de ces images des tours qui s’effondrent au bord de nos assiettes. Mais pour les infos quotidiennes c’est pareil: le reportage de la journée apporte une image dénonciatrice, mais elle est ensuite reprise en boucle, sans le commentaire sonore, en arrière-plan des flashes d’information. À mon avis, c’est là que l’image se banalise et peut jouer un rôle incitateur sur des gens influençables.

    Dans un téléfilm récent j’ai vu pour la première fois un jeune lancer un cocktail molotoff dans une voiture. Ma première réaction: « Ouah, c’est facile, je pourrais le faire! »

    Alors, la responsabilité du journaliste-témoin? Malheureusement on sait qu’il/elle n’a aucune prise sur le montage, ni l’utilisation des images, ni le commentaire. Selon son orientation politique et les besoins de l’audimat, la production peut montrer la même séquence en disant « Vous voyez bien que ces casseurs n’ont rien à voir avec les étudiants » ou « Une fois de plus la manifestation étudiante a dégénéré dans la violence ». Tout ce que le/la journaliste peut faire c’est espérer de monter en grade pour avoir un peu plus de prise sur l’interprétation, ou encore contourner la hiérarchie en publiant ses propres témoignages.

  9. Ahhhhhhhhhhh la grande question. Les états d’âmes du journaliste, ses doutes face à son métier. Montrer ? Agir ? Quoi monter ? Faire son travail ou bien écouter sa conscience ?
    Mouais….. Pour commencer, et Nina va encore me dire que j’ai une vision pessimiste de la profession, ce à quoi je répondrai NON : une vision réaliste, pour commencer disais-je…. je travail du journaliste n’est aps de montre, dénoncer, informer, se branler ou patati patata, le boulot du journaliste, le PREMIER boulot du journaliste, c’est de faire ce que son rédac chef lui demande. ET C’EST TOUT, bordel. Et il est payé pour cela. Faut se sortir des idéaux. Le journaliste n’est pas, ou plus, un dénonciateur, un témoin capital, un outil au service de la justice, de l’égalité, un super héros pouvendant l’ignominie du monde avec son stylo (caméra, appareil photo, etc….). Le jorunaliste est un EMPLOYE, un salarié. Et il a des comptes à rendres. A son rédac chef ou autre, avant d’en rendre à sa conscience (le journaliste a une forte tendance à avaoir une grande opinion de son métier, voire de lui -même. Le jeune journaliste surtout. Etre le « che guevara de l’info »…. Ah Ah Ah ! Attention, hein. Ceci n’est pas une attaque conter toi Nina. Juste une réflexion en passant.

    Pour en revenir à ton histoire, TU TOURNES. Et tu tournes du casseur si on t’a envoyé pour ça. Ou de la manif si c’est ton sujet. Alors bien sûr, on peut disserter pendant des heures…. Bien, pas bien, où est la limite, blablabla… le pouvoir du fric, blablabla…c’est dégeulasse…. ca me fait gerber…. quel monde de merde…. Oui, peut-être. Mais en attendant…. c’est ça ou l’ANPE. Et je préfère ça. Mais chacun reste libre.
    Et puis le journaliste est-il là pour éduquer ou pour abrutir…. autre débat.

  10. Journaliste mmmhh?
    je croyais que c’était juste le métier que j’exerce au quotidien, mais au vu des commentaires et fantasmes qui se déroulent ici, j’entrevois la figure d’un personnage « au dessus de la mêlée ».
    Outre que ce regard des autres citoyens sur les professionnels que nous sommes (18 ans de métier en ce qui me concerne, tous les métiers, j’ai commencé comme gaston lagaffe comme « héros sans emploi », pour être aujourd’hui chef d’édition) peut sérieusement gonfler chevilles et cranes, il ouvre la porte à nombre de dérives. Je ne sais pas ce qu’on enseigne dans les écoles de journalisme, comme 82 % de mes confrères, je suis journaliste de fait (statistiques de la commission de la carte professionnelle). Ma chance? Travailler pour un des derniers quotidiens réellement indépendant des groupes financiers (mais pas des annonceurs de pub, hélas), qui maintient une ligne éditoriale humaniste, dans le sens que ce qui nous intéresse c’est le mouvement social au sens large, c’est à dire des difficultés ou des joies d’un quotidien banal, aux grandes messes contestataires.
    Citoyens, nous le sommes quoi que nous fassions, même si, au vu de l’état d’esprit dont je parlais, je vois nombre de mes confrères d’autres titres accepter de piger pour des politiques, écrire sur des livres qu’ils n’ont pas lu… et s’indigner à l’unisson sur les « casseurs », les « nantis en grève » et autre clichés réactionnaires.
    Ton exemple est intéressant, mais pas révélateur du quotidien de la majorité de la profession. les « audiovisuels » comme on les appelle ont mauvaise réputation dans nos provinces reculées, manipulateurs de discours autant que de clichés. c’est le plus souvent sur ordre, mais on sent aussi en discutant que cela ne pose pas plus de problème que ça. Et puis il y a cette idée ridicule, mais très répandue de « quatrième pouvoir », qui contribue à la construction fantasmatique d’une élite « intellectuelle », et voit fleurir les éditorialistes de comptoir estampillés « professionnels ».
    Souvent j’ai vu sur place certains d’entre eux exciter les violents, pour que ça croustille un peu plus, mais jamais venir au secours de quelqu’un en danger. Et se lamenter ensuite quand ils se font agresser sans être défendus. Mais pourquoi défendre ces gens qui veulent voir la violence de près?
    je partage la réflexion d’un des commentateurs sur le côté « spectaculaire » du traitement de l’info, qui prend le pas sur le fond du métier: amener dans les limites de ses propres capacités, avec le concours d’une équipe, un maximum d’éléments d’information et d’analyses, et parfois savoir prendre position, quand la ligne éditoriale le permet.
    le problème, c’est que la profession toute entière est en crise. Nous sommes un des rares pays d’Europe qui ait laissé des industriels, marchands d’armes de surcroit, s’emparer de 97% des titres de presse. Avec les effets sur le contenu. c’est plus criant dans les quotidiens régionaux, mais cela se voit aussi dans les « grands titres » et surtout dans les éditoriaux, ou l’on confond souvent lavage de cerveau et mise en débat.
    Cela conditionne à mon sens le comportement induit des journalistes sur le terrain, entre aristocratie de l’opinion et citoyen « témoin » demandeur de sécurité personnelle. Mais pour être témoin il faut être dans la tourmente, cotoyer les acteurs, s’intéresser à leurs motivations. Et là on a des pleureuses qui prennent l’essentiel de leurs infos dans les préfectures et les commissariats (sans jamais vérifier…) et donnent en pâture une vision de la société plus « miroir grossisant » que réalité vécue.
    Pour être dans les manifs depuis le 7 février (j’ai bien dit « dans ») et avoir essoré le discours des uns et des autres, avoir constaté avec amertume le décalage que peut produire une vision d’un piédestal confrontée au sentiment et au vécu de ceux qui agissent, je sais à quel point ce que produisent les images télévisées n’est en rien lié à ce qui se passe. En quoi est-ce du journalisme, quand le sujet est pratiquement écrit par les petits chefs avant même le terrain, que l’on tord les faits pour les faire entrer dans le cadre??? Encore une fois, j’ai la chance de ne pas avoir à subir ça. Alors, nous, nous avons un très bon contact sur le terrain, sans pourtant jamais avoir été complaisants, en faisant part en direct de nos remarques et en étant à l’écoute de celles qu’on pourrait nous faire. un vrai plaisir, mais qui se fait rare dans la profession, vouée à la contemplation fascinée de la « décadence » de la société.
    Il est à regretter hélas, que trop souvent le journaliste se prenne pour un littérateur, jouant des effets de style au détriment de la compréhension et du fond. Et renonce à ses devoirs de citoyens en se réfugiant derrière une hiérarchie qui n’est légitime que parce qu’on ne la conteste pas.
    Alors quand j’ai été confronté à cette réalité de l’agression dans une manif (le 28 mars dernier), j’ai cessé d’être un « professionnel » pour rester humain, et je suis intervenu. Et pas seul, ce qui est rassurant, un confrère de la radio est venu jouer du poing et de sa corpulence, et les trois petits cons n’ont pas insisté longtemps, d’autant qu’ayant appelé à la rescousse des manifestants, nous avions été entendus. de la même manière quand des flics privés au service d’une coimpétition sportive de prestige (Paris Nice je crois) ont voulu « saisir » l’appareil photo d’un des manifestants venus bloquer le déapart de la course, je me suis interposé, récupérant sa carte mémoire dans la poche, avec un discret coup de coude dans la poitrine du mercenaire, tout en me signalant « presse!!! ».
    Pas question pour moi de m’endormir sur ma qualité de citoyen, qui de toute façon prime sur celle de journaliste. ma réflexion s’en trouverait amputée de l’essentiel: mon esprit critique.
    Enfin, tout ça pour dire, que ce métier doit rester un boulot comme un autre, et qu’il implique quand même un peu de recul sur soi, et beaucoup d’opiniatreté. Pour les autres, il reste les métiers de « la communication ». mais après tout, vendre de la soupe n’est pas moins honorable…
    CC journaliste, poète et assassin

  11. oui c est vrai le comm de landrix m a donné a réfléchir. et je ne leur jetais pas la pierre aux CRS; ils font leur boulot. mais bon disons que leur supérieurs hiérarchiques ne s y prennent pas forcément bien. d ailleur j ai entendu sur une radio (france inter je crois)que certains représentants de l ordre seraient sur le point de revendiquer leur droit de non obéissance.alors quand le bras armé des bonnes tetes pensantes commence dire non c’est qu’il y a quand meme un malaise. et puis moi perso j ai manifesté et je n ai vu aucun acte de violence. je ne crois aps que les casseurs de manif soient majoritaire. disons que tout n est pas noir.je me suis peut etre un peu éloigné du sujet lol

  12. concernant les crs, ils ne font qu’obéir aux ordres. le problème vient des ordres donnés, par exemple de ne pas intervenir pour laisser pourrir une situation quand une école est en état de siège. oui, je parle de mon cas particulier, et alors?
    le problème des crs est finalement un peu le même que celui que tu mets en avant nina, à savoir « où est la frontière entre obéir à des instructions, et être citoyen »… ils ne pouvaient pas intervenir, c’est un fait. le vrai problème est ailleurs les concernant, mais ils font des « coupables idéaux » pour le proto-révolutionnaire moyen.

  13. Tout est affaire de circonstances….
    Journaliste ou citoyen, tout dépend. John Doe a laissé le côté journaliste pour ne garder que son côté citoyen, dans un contexte bien particulier. Chacun réagira différemment, dans telle ou telle situation. Et dans certaines, garder son rôle de journaliste sera peut-être plus efficace…. il y a des situations où je continuerais à tourner. Voire même détournerais mon objectif. D’autres où je réagirais avec mes tripes et oublierais mon métier.
    Je partage assez l’avis de John Doe quant aux journalistes « écrivains », aux donneurs de leçons…. Je suis pour une information brute. Regardez, et faites vous votre propre opinion. Du moment où le journaliste se mèle d’expliquer au bas peuple, de donner les clés de la compréhension, il y a manipulation. Volontaire ou non. J’appartiens aux « télévisuels ». Le média le plus pourri qui soit. Pas de recul car travail dans l’urgence, interférences entre message auditif et message visuel… mais la rapidité de l’information est indispensable. Il faut être rapide, le plus rapide. Pour être le meilleur. C’est comme cela. Alors autant s’en accomoder, et tenter de faire son job le plus honnêtement possible. C’est à dire en ayant bien conscience du poids de l’économie. Le nier c’est se mentir à soi-même, ou alors c’est signe de grande connerie.

  14. Pour répondre à la question du post, je dirais que c’est une question d’horaire. Entre 8h et 17h tu es témoin, le reste du temps libre à toi de choisir. Et puis franchement, avec une cinquantaine de CRS à quelques mètre du spectacle qui n’attendent qu’un ordre pour intervenir, c’est pas toi qui va changer le cours des évennements. Dans une agression dans le métro, en tant que voyageur, evidemment que c’est bien d’intervenir du moment que c’est pas suicidaire.

  15. >Lejournaliste : je crois qu’on ne se comprend pas, mais ton discours, je le répète est révélateur de notre époque. je mets pas de côté quelque chose quand je me comporte en être humain. Que penseriez vous d’un plombier qui sur le chemin d’une intervention trouverait quelqu’un d’agonisant et le laisserait crever « c’est pas mon boulot… » j’ai pris plombier, mais c’est qu’un exemple. de deux choses l’une, ou bien ce qui arrive aux autres te touche, ou alors pas du tout. Mais l’hypocrisie de la nécessité professionnelle, ou de la réserve, pour justuifier sa lâcheté ou son impuissance, très peu pour moi. d’autant que, et il n’y a pas de raison, les journalistes sont aussi exposés aux agressions que d’autres. Alors, si un confrère d’une autre chaine se fait défoncer devant toi, tu tournes coco? et tu rentres fissa pour « témoigner »? Et tu seras le « meilleur »?
    je crois qu’il y a un problème. « La rapidité de l’information est indispensable? » ben tiens, ça me rappelle l’affaire du RER B, tellement rapides, que TOUS ont écrit, dit, interprété un tissu de conneries… Mais c’était pas leur faute, faut être rapide pour être le meilleur… Pour le coup, ceux de la profession qui partagent une réflexion sur les questions des médias, et leur mise en cause (juste, d’après moi) en terme de manipulation aux ordres de pseudos élites journalistiques, qui vendent plus d’émotion que d’information, ont parfois réussi à démonter le mécanisme qui a mené à ce gigantesque gâchis.
    Nier la réalité imposée aux travailleurs de la presse, loin de moi, mais le fatalisme bon teint qui entoure ce milieu, qui donne parfois dans la leçon de déontologie gratos, préfère servir la soupe que de cracher dedans, je sais que personne ne m’y forcera. Je répète, j’ai de la chance, vu les orientations de mon journal, je suis plutôt sur la bonne ligne en refusant d’accepter ce qu’aucun être humain ne devrait etre forcé d’accepter. entendons nous bien, je ne te reproche pas d’avoir à subir une ambiance au travail, des consignes qui te vaudraient la porte si tu ne les respectait pas. mais là, tu n’es pas dans une salle de rédac. et ce fatalisme tranche cruellement avec tes commentaires sur les donneurs de leçon et l’info brute.

  16. je crois que le travail de journaliste est quelque chose de très personnel. John doe tu ne cesse de répéter que tu as la chance de bosser dans un journal tip top. Tant mieux mais certains n’ont pas cette chance et quand ton patron te fais une commande, tu te dois de l’executer si tu veux garder ton boulot! Je ne suis pourtant pas une grande fan des médias (surtout télévisuels) car j’ai tendance à croire que pour quelques sujets on nous manipule et on laisse la place au sensationnel plutôt qu’à l’info utile. Cependant, je pense que nous sommes aussi dans une société qui est demandeuse de ce types d’images, nous sommes dans le sensationnel, le démesuré. On s’emerveille devant les grandes fortunes et la façon souvent stupide dont elles dépensent leur fric; devant l’emission de télé-réalité dénuée d’un poil d’intelligence…. les journalistes doivent aussi faire avec la commande sociale…c’est à mon sens un boulot difficile car on doit souvent se poser la question de la pertinence de ce que l’on fait. Je me demande où est la limite (car il doit y en avoir une) et quand le journaliste se pose la question: est-ce que je dois tout accepter au nom de l’information?

  17. >Par contre, ton histoire de course et de photo, c’est pas un peu de la mytho? Non parce que ton super coup de piquer la carte mémoire, je trouve ça un peu gros…<
    Un peu gros??? ben non. tout est vrai, même que le jeune homme a accepté de me montrer les photos après, et j’ai compris pourquoi les gros types habillés en gris métal voulaient lui piquer l’appreil: on les voyait balancer des coups sur des jeunes gens assis par terre… Discrets au point que je ne l’ai pas vu, étant arrivé dans le mêmée quand je les ai vus s’organiser pour l’entourer… Avec ses camarades on a même fait en sorte de le sortir du milieu avec son matos, la carte je l’ai prise au cas ou des flics (des vrais) auraient exiger de la confisquer. J’ai publié deux de ces photos, mais il y avait de toutes façons beaucoup de témoins… Vous n’en avez pas entendu parler? Mais qui s’intéresse à Avignon…
    Mytho? pour quoi faire? ce que je vis tous les jours me donne suffisamment la rage pour qu’en plus j’invente des histoires. encore une fois, je laisse ça aux spécialistes de la comm.

  18. Je donne mon avis, ça n’engage que moi: Bravo john Doe pour ton discours, ce sont les salauds qui disent qu’ils n’avaient pas le choix.
    On a toujours le choix, ensuite pris dans une situation chaude tu peux avoir peur et ça ne se contrôle pas, on peut le comprendre. Dans les autres cas on peut toujours se trouver des excuses mais au final on fait un choix et il ne faut pas étonner de se faire juger en fonction de la morale de chacun.

  19. Effectivement, je me suis sans doute fait mal comprendre. Alors reprenons au début et prenons un exemple concret : John Doe est envoyé avec sa Betacam pour convrir les manifs. En plein affrontement, son objectif cadre plein pot un pauvre étudiant (ou un collègue ou une vieille…) agressée par une bande de sauvages. Alors, Coco ? Tu fais quoi ? tu poses ta beta et tu vas te faire massacrer la tête, en mettant de côté, et j’insiste, ton job qui est de rapporter de l’image ? Ou alors tu fais ton boulot, et tu ramènes ces images, parce que c’est la seule chose que tu puisses faire : témoigner avec tes images (A mon humble avis, te faire massacrer dans ce cas ne sert à rien, mais à rien du tout. Sauf te donner bonne conscience parce que tu auras joué les super héros, tu auras été humain ! Bravo. Pardon, mais le courage a ses limites, et tu le sais très bien. Au delà, c’est de la stupidité.
    Que penses-tu des types qui bossent pour Reuters, APTN, ou autre ? Dont le boulot est de faire de l’image, brute. De bonnes vieilles manifes turques par exemple…. où des CRS du cru tabassent une femme à coups de matraque ? Ce sont des « cocos » qui laissent faire parce que ce n’est pas leur métier ? C’est ça ? Ils sont aussi des témoins ils me semblent. Où est l’hypocrisie ici ? Tu crois que ce qui arrive aux autres ne les touchent pas ? Tu crois qu’ils cachent leur « lâcheté » derrière leur soit-disant nécessité professionnelle ? Je te laisse réfléchir un peu à ça…..
    Revenons maintenant que la nécessité de la rapidité. Je bosse pour une chaine d’info internationale. Et quand une breaking news tombe (Attaque cérébrale de Sharon, mort du pape, crash du concorde…. etc….), je me dois de mettre mon sujet le plus vite possible à l’antenne. Si possible avant la concurrence. Ben oui « coco », c’est comme cela que ça fonctionne. Et c’est au prix du sacrifice de la vérification et de la revérivication de l’info. J’en suis bien conscient, et cela ne me pose pas de problème, parce que c’est mon job. Et c’est aussi de l’information, ne t’en déplaise. Grande chance à toi, de bosser opur al presse écrite, « libre »… o?u les soucis de rapidité me semblent un peu moins contraignant (explique moi le contraire si je me trompe). Alors oui, cette putain de rapidité mais parfois faire des énormes conneries (RER B).
    Et loin de moi l’idée de donner des leçons gratos de déontologie. Quelle déontologie d’ailleurs ? Oui, je suis fataliste, si tu veux. Je dirais plutôt réaliste, et sans illusions sur ma profession, du moins sur le milieu dans lequel je bosse. Qui n’est pas le tien. Je n’ai pas de problème de conscience et je me porte très bien. Et je n’ai pas l’impression de servir la soupe, comme tu le dis si bien. Alors bien sûr, je pourrais cracher dedans…. mais je n’en ai absolument pas envie. Je préfère rester dans les cuisines, et faire de mon mieux pour que la soupe ne soit pas trop dégueu.
    Je précise ici que l’ambiance de travail est géniale, et que le dialogue est permanent entre mon rédac chef et moi, et éventuellement entre mes journalistes et moi.
    Pour finir, quand tu dis que tu es sur la bonne ligne…. c’est sur TA bonne ligne. Et il me semble que tu as un peu tendance à juger tout ce qui n’est pas sur TA ligne. Très tolérant, je trouve. Bravo pour l’exemple.

  20. Ca vire un peu agressif, là , nan ? Alors on se détend, on se sert un bon thé bien chaud, et on s’imagine en train de se prélasser sur une plage hawaienne allongé(e) à côté de Brad Pitt ou Catherine Zeta Jones (selon préférence)…

  21. Je m’infiltre discrétement car il faut impérativement que j’en parle à quelqu’un…et vu que vous en parler…Brad Pitt…je l’ai vu …de mes yeux…il y a une semaine …dans une boutique….seul…avec sa casquette….et franchement….comment vous dire…il est….BEAUUUUUUUUUUUUU !!!

    Avant de l’avoir vu, Brad, je le trouvais bof bof mais la franchement force est de constater qu’il a trés bien vieilli … je voulais juste le dire j’en avais besoin !

    Pour l’article du jour, je pense que tu te poses les questions classiques de tous journalistes de tous rédacteurs, de tout ceux qui touchent qux médias. Il a un pouvoir d’influence. Il a un pouvoir énorme. C’est donc juste que de s’intérroger.

    Pour les agressions, combien ont eu lieu dans les transports en commun devant des centaines de gens passant sans même y preter attention. Les gens ont peur pour eux alors que gagner à essayer de sauver quelqu’un ? L’homme par définition est égoiste. Il pense à lui avant de penser aux autres. Heureusement il en reste encore un peu qui ont des réactions, mais c’est tellement rare.

    Je pense qu’il faut un juste milieu entre ton côté citoyenne et ton côté journaliste, mais avec le temps … tu basculeras surement plus dans le côté journaliste.

    C’est confus ce que j’écris bref. Bonne soirée Nina, bises

  22. Il était seul dans la boutique, ces chiens devant la porte. S’il était arrivé avec eux, il aurait été repéré.
    Non pas de contact physique j’étais plus bloquée qu’autre chose en fait.
    Lol Nina, tu me vois jouer ma gourde avec mon téléphone sérieux ?! bah non le pauvre, il fait ces boutiques pépére.

  23. Je crois que sur ce genre de question, le problème n’est pas le doute mais plutôt les certitudes.

    Sinon, si vous chopez le numéro de Brad, vous pouvez essayer de lui demander celui de Jennifer ou celui d’angelina. Tant qu’à briser un couple…

  24. moi je crois que je tente tout dans ces cas là! l’approche physique, la photo, le cri strident….nan je plaisante, avec ma timidité maladive je serais restée dans mon coin à l’observer et à rêver *soupir*

  25. Marion bah oui c’est ce que j’ai fait. J’ai même pas penser prendre de photo ou quoi que ce soit d’uatre. Je suis restée comme une conne lol. Mais c’est la premiére fois que ca me faisait ca.

    Lool Nina !!! Toujours prendre tes lunettes !!! Tain, imagines tu aurais été avec moi ! A deux pas de lui … et même pas tu peux le voir !!

  26. et en sous titre: »quand Nina rencontre Brad, elle ne le voit pas. La jeune femme avait oublié ses lunettes sur la table près du frigo. »

  27. Ceci est le plus mauvais jeu de mots de la longue et sinistre histoire du mauvais jeu de mots, mais j’y peux rien ça me fait marrer aussi 😀

  28. Ta vision est quelque peu édulcorée quand meme. Le fait qu’il y ait aussi peu de journalistes tués tous les ans, c’est jusstement du à leur neutralité dans tous les conflits. Ils sont là pour montrer pas pour intervenir.
    D’ailleurs un ancien reporter de guerre disait que dans les manifs c’était l’une des premières fois où il était aussi durement pris à partie (les casseurs caillassaient les journalistes…); Le non interventionnisme fait partie du métier.

    Ensuite qu’un gars lambda ou meme un journaliste sorte son camescope pour voir des gens se noyer ca c’est honteux et meme puni par la loi. D’ailleurs ca nous amene à un point tres interessant. Dans les manifestations et meme dans le metro, il est tres dur d’intervenir quand une bande de connards fait la loi. Reprenons pour exemple, le train nice-marseille du nouvel an ! Comment est il possible que peersonne n’ait bougé son cul ? Et pourtant dans un train comme c’est étroit il est facile de se défendre c’est du 1 contre 1 pas comme en pleine rue ou c’est du 1 contre 50…
    Beaucoup de gens ralent mais personne ne fait rien ! Tout le monde rale contre les fumeurs dans le métro mais combien leur dit ?

  29. Pour la question du citoyen ou professionnel, je crois que tu l’as bien dit, le journaliste est neutre, il n’intervient pas parce qu’il témoigne. On a pas à juger sa réaction plus que celle d’un autre citoyen. Si t’es dans la manif avec ta caméra, y’a du monde autour, le journaliste qui fait rien pour empêcher la violence est pas plus coupable que celui qui regarde et qui a trop peur pour intervenir, il l’est même moins puisqu’il remplit une autre mission, tout aussi nécessaire.. A la limite, ce qui serait grave je trouve, c’est si une fois le type tout seul en sang tu continuais de filmer son agonie alors que tu as un brevet de secouriste. Là oui, ça dépasserait les bornes à mon avis. Pour élargir au journalisme en général, perso, je trouve que comme toujours quand on touche à ce sujet (et c’est pareil pour d’autre), on se concentre sur un aspect du truc et on oublie de le remettre dans un contexte plus large…
    y’a les média qui font du sensationnel, ceux qui essaient d’être plus modérés, objectifs, de traiter les questions de fond. Et à mon avis, la seule façon de s’en sortir c’est faire appel au sens critique du citoyen lambda qui fait face à l’image. Si t’es pas trop con, tu regarde le JT pour te faire une idée du type de violences qui ont pu avoir lieu, et tu lis autre chose pour comprendre le fond du sujet. Et si tu veux de l’info objective, t’achète pas l’huma, ou le figaro, ou alors t’achète les 2. Et libre à toi de penser ce que t’en veux.
    A mon avis, le problème vient pas seulement de ceux qui nous donnent l’info, mais aussi de ceux qui la consomment.
    Je pense que la meilleure chose qu’il y aurait à faire pour éviter des dérives et « manipulations » diverses des différents médias, c’est dès l’école apprendre aux gamins à décrypter l’info, le mode de fonctionnement des médias qui sont aussi des entreprises, et à ne jamais oublier qu’une info n’est valable qu’au regard de sa ou ses sources. Et d’ailleurs avec le développement du net et de l’info tout azimut, ça me semble un objectif primordial, quand on voit des gosses ramener pour des exposés des info prises sur des blog sans savoir qui l’a écrit et en s’appuyant sur quoi…

  30. Ouais…. grande question…
    Pour avoir fait, vu et déclenché certaines choses à l’armée (6 ans chez les paras), et pour ce que je fais aujourd’hui en plus de mon métier (pompier volontaire), il me semble que c’est difficile de prendre position de façon très catégorique. Le fait que je sois acteur ou spectateur de ce qui se passe autour de moi dépend en très grande partie de l’état d’esprit dans lequel je me trouve. Je ne peux pas dire en mon âme et conscience que j’aurai toujours le courage de prendre la bonne décision et d’agir en Héros. Peut être qu’intervenir phisiquement en retrant dedans tête baissée pourrait aider la victime…. (me conduire en preux chevalier, sauvant la veuve et l’orphelin en terrassant le terrible dragon, le pied). Mais peut être que qu’en intervenant, je m’en prend plein la gu..le, et que les 2 nous restions au tapis. Peut être qu’en filmant, japporte l’aide necessaire pour identifier, écrouer et condamner ces petits merdeux, et que la victime sera indemnisée. Peut être aussi qu’elle restera sur le carreau et qu’elle me hantera longtemps. Alors que faire? Je n’en sais rien. Mais j’ai une ligne de conduite:
    « faire ce qui me semble le plus juste et le plus honnorable au momement présent pour pouvoir me regarder dans la glace sans honte le lendemain en me rasant »

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