La France moins rance ?

L’autre jour, je parlais rapidement de l’influence des réseaux sociaux sur les médias et, donc, sur l’opinion, un gros serpent qui se mord la queue et qui est bien difficile de disséquer en un seul article (ça mériterait une thèse, facile). Mais du coup, la France, elle pense quoi en vrai ? Alors que j’ai envie de hurler de rage dès qu’un shitstorm de commentaires violemment racistes et haineux viennent envahir les discussions sous un article. Mais si finalement, la fachosphère est extrêmement active et monopolise la parole, ça veut dire que la France est moins rance que ce que je pense ?

 

Je n’arrive plus à démêler l’histoire, qui de l’oeuf ou la poule. C’est vrai, on cherche toujours à distribuer les mauvais points, qui a permis au FN de faire les scores qu’ils font toujours au 1er tour, qui a permis à *spoiler* Marine Le Pen d’arriver au second tour des Présidentielles ? Tous ceux qui n’ont pas mis le bulletin honni dans l’urne vont montrer du doigt avec colère : ce sont les médias, non, ce sont les réseaux sociaux !! Un peu comme pour l’élection de Trump, voyez. Alors que bon, la réponse est facile : ceux qui poussent Le Pen là où elle est, ce sont ceux qui ont voté pour elle.

 

Mais justement, pourquoi ? Déjà, la première erreur est de considérer que le vote FN est un vote monolithe, il n’y a pas une seule explication. Pour reprendre le vote Trump, par exemple, beaucoup y ont vu le vote d’une Amérique raciste mais pas tant que ça, finalement, il y a surtout eu un vote de l’Amérique déclassée, celle qui survit avec des petits boulots merdiques et cherchent un responsable à ce marasme. Je n’ai pas étudié le sujet mais je pense qu’on peut très facilement corréler vote pour l’extrême droite et crise économique (du coup, est-ce que le vote extrême gauche est corrélé à une période de faste économique ? Intéressant comme sujet, tiens). On choisit le candidat qui changera sans doute les choses en foutant un bon coup de pied à la fourmillière : au point où on en est, y a plus grand chose à perdre. D’où d’ailleurs la campagne “je suis le candidat anti système” (lolilol) qu’ils nous préparent tous.

 

Alors du coup, malgré la pléthore de commentaires racistes dégueulasses que je vois bien trop souvent et l’envolée de Mme Le Pen dans les sondages, suis-je victime d’un effet trompe l’oeil de ceux qui se sentent pousser des ailes et estiment leur parole raciste légitimée ? Ou est-ce juste que les commentaires crados autrefois limités au comptoir crasseux d’un vieux bar qui pue la clope froide sont parvenus à mes oreilles. Il est vrai qu’en tant que bobo gauchiasse, mon entourage immédiat est plutôt du genre cosmopolite et tolérant. On fréquente des gens de différentes origines et on n’en retire aucune gloire particulière vu qu’on ne choisit pas nos potes de par leur couleur de peau mais juste parce qu’on les trouve sympas, drôles et intéressants. Bien sûr, il reste toujours des relents de racisme ordinaire, ces petites vannes bien nases qu’on fait sur les Asiats, Noirs ou Arabes sans se rendre compte que c’est de l’humour oppressif mais globalement, personne dans mon entourage ne veut pendre haut et court les Arabes (c’est surtout eux qui prennent mais avec l’arrivée de Trump, on devrait pas tarder à se prendre un remake du péril jaune). Du coup, d’où ça sort, ces conneries de rémigration, grand remplacement, de “collabo islamiste”, d’associer systématiquement migrants à violeur… Pourquoi, quand tu appelles à la tolérance ou que tu te moques de ces conneries, on te traite de collabo islamo gauchiste alors que toi, l’Islam, tu t’en fous franchement. Vrai phénomène de fond ou gesticulation de quelques énergumènes très énevés ?

 

Parce que les réseaux sociaux sont quand même un effet très grossissant, j’ai envie de continuer à croire que la France reste un pays ouvert et tolérant, malgré la fièvre islamophobe qui se rapproche de plus en plus de mon entourage. On est loin des délires du grand remplacement mais quelques remarques qui me font voir rouge à chaque fois que je les entends, surtout quand ça vire à l’acharnement. Ici, tout n’est pas noir ou blanc, évidemment, le vivre ensemble se construit à tous et dans l’Islam comme dans toute autre communauté, y a des cons qui jouent pas le jeu. Mais la question reste : est-ce que le bruit de fond généré par tous les excités de la France rance ne finit-il pas par contaminer l’opinion ? Est-ce que je me leurre en pensant que tout ceci n’est que le fait de trois acharnés mais que globalement, en France, on reste super ouvert au cosmopolisme ? Et s’il n’est pas possible de répondre définitivement à la question, n’ai-je finalement pas le droit de choisir le camp de l’optimisme, être un Bisounours qui ignore les haineux parce qu’au fond, ils ne sont pas très nombreux ?

 

Mais d’un autre côté, n’est-ce pas un peu lâche de faire comme si ça n’existait pas et leur laisser tout un espace de parole, quitte à laisser une certaine contamination se faire ?

 

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Naïve, moi ? Oui parce que c’est tout ce qu’il me reste.

84. A l’heure où j’écris, encore 84 vie arrachées pour rien. Vous me direz qu’on a rarement eu des morts utiles dans l’Histoire (non, celles de soldats sur un champ de bataille ne sont pas utiles vu qu’elles sont souvent dues aux visées expansionnistes ou à la barbarie de l’un, voire des deux, camps. En schématisant à mort) mais là, le compteur s’affole, les morts civils tués dans des attentats ou dans des guerres s’entassent, toujours plus, jusqu’à la gerbe. Alors face à ça, que faire ? Décréter que l’être humain est de toute façon infect et attendre la mort ou s’accrocher au faible espoir qu’on puisse changer la donne. Traitez moi de naïve mais je vais prendre la deuxième option.

femme naïve

Jeudi, j’ai passé une bonne soirée : chez ma soeur avec mes parents, ma soeur et son mari, Victor et surtout Saturnin et Pivoine. J’ai joué avec eux, je leur ai fait des bisous, j’ai fait plein de photos parce que ça faisait longtemps et que des enfants aussi beaux et photogéniques, ce serait un crime de ne pas les photographier. Ce ne sont pas mes enfants, je suis parfaitement objective. J’ai ri avec mes parents, j’ai regardé amoureusement mon Victor prendre Pivoine dans ses bras puis aider Saturnin à monter un Lego, j’ai bu du champagne dans lequel j’avais mis une savoureuse framboise, j’ai vu pour la première fois en onze ans le feu d’artifice parisien du 14 juillet et tenté de prendre des photos (mais sans zoom, ce fut compliqué). En un mot, j’étais heureuse.

pivoine-saturnin

feu-d-artifice-paris-2016

Puis en rentrant, Victor jette un oeil sur son smartphone et la bascule “y a ma cousine de Nice qui vient d’activer un safety check sur Facebook…” On se connecte sur Twitter et on découvre. Fin de la belle soirée, on passe direct à la gueule de bois. Vendredi, jour béni de RTT imposé, je me fais un petit planning “courses” et je me prends une avalanche de sourires et de gens aimables quasi partout où je passe. Peut-être était-ce un hasard, peut-être était-ce moi qui, inconsciemment, essayait d’être la plus aimable possible, peut-être était-ce nous qui avions besoin d’un peu d’humanité. J’en sais rien mais je suis rentrée chez moi avec un petit surplus de foi en l’humanité alors que mes réserves étaient quasi vides. Je me suis rappelée de mon vœu pieu en rentrant du Canada, d’essayer d’être aussi aimable qu’une Québécoise et j’ai compris pourquoi : parce qu’on a besoin d’y croire encore. Juste un petit peu.

choisir son chemin

Parce que tous ces sourires m’ont donné envie d’y croire. De me dire qu’on va enfin comprendre les mécanismes qui poussent toutes ces personnes à aller se flinguer en emportant un max de gens avec eux et qu’à partir de là, on pourra prévenir. Qu’aucun enfant ne mourra d’être allé voir un feu d’artifice avec ses parents, aucun fana de musique d’être allé à un concert, qu’on va pouvoir reprendre nos vies en arrêtant de guetter les comportements suspects, à se demander si on ne devrait pas quitter cette rame de métro car le gars, là, il est un peu chelou, non ? Retrouver l’insouciance même si à regarder l’Histoire voire l’histoire, l’insouciance et la naïveté sont limite un acte politique : ignorer le monde dans lequel on vit pour ne pas en voir l’horreur. Jamais on n’a connu la paix totale et sans doute ne la connaîtrons nous jamais, qu’il s’agisse de guerres civiles ou internationales, de guérillas, d’attentats… Mais donc, à partir de là, on baisse les bras ? Non parce que le fatalisme n’a jamais rien fait avancer et que si, nous, de notre vivant, nous ne connaîtrons qu’une paix relative vu qu’on ne vit pas sous les bombardiers (même si Cazeneuve commence à me faire très peur), peut-être qu’on va finir par enrayer tout ça.

mains formant le signe peace

Oui bah quitte à écrire un article neuneu, je mets de l’illustration à la hauteur

Et puis même si on n’y arrive pas, ça fait du mal à qui d’y croire, d’essayer d’éduquer mieux nos enfants, réduire les fractures sociales qui met trop d’enfants sur le bord de la route, vulnérables aux discours les plus extrémistes, les méthodes les plus radicales pour rééquiliber la balance…

pot-casse

Qu’est-ce qu’on perd à se dire que ça ira mieux demain ? Qu’on ne naît pas fondamentalement mauvais mais que quelque chose nous le fait devenir ? Qu’en étant juste un peu plus aimable et serviable au quotidien, ça n’empêchera pas les guerres évidemment mais ça rendra tout ça un peu plus supportable, ça nous redonnera foi en l’humanité. Et vu que c’est tout ce qu’il nous reste, allons y gaiement.

fille et marguerites

Bisounours, moi ? Oui, totalement assumée.

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Sois gentille, même si c’est pas toujours facile

 

Ce blog vire dangereusement rose guimauve, faudrait que je m’énerve un peu sur l’actu, on va finir par croire que j’ai perdu toute acidité. Mais tant qu’à parler de bien être et de gens gentils, poursuivons. Depuis mon retour du Canada, je ne supporte plus les Parisiens mais j’essaie tant bien que mal d’être charmante et polie. Sois gentille, c’est pour le bien commun.

Sois gentille

Commençons par deux anecdotes :

  • Philippines, avril 2015 : au 3e hôtel, Anaïs et moi héritons d’une chambre avec vue directe sur le parking quand les autres filles ont des chambres installées autour de la piscine. En fait, les chambres étaient réparties avant notre arrivée et on a changé car Anaïs et moi voulions être ensemble donc du coup, nos colocs prévues respectives étant légèrement du style vindicatif, il devenait difficile de leur refiler la chambre du parking donc les gentilles en ont hérité, ce qui m’a bien BIEN saoulée sur le coup

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  • Pays Basque, juin 2015 : stage de yoga, avant-dernier jour. Lors de ce stage, nous étions responsable de la propreté des lieux avec des consignes claires quant à la vaisselle notamment. Ce matin là, on se lève et catastrophe : lave-vaisselle pas lancé et évier plein, le propriétaire de la maison, un de ses invités et deux stagiaires ayant passé la soirée à picoler sur la terrasse (mon imagination a brodé 35 histoires au moins autour de ça). Pour éviter tout drame, je prends donc sur moi de faire la vaisselle. Jusque là tout va bien. Mais après le repas, la prof m’interpelle : “tiens, Nina, passe le balai dans la maison”. Heu ? C’est à dire que je me suis déjà tapé toute la vaisselle que je n’aurais jamais dû faire, est-ce vraiment nécessaire d’en remettre une couche ? “Imagine que tu chasses tes mauvaises pensées à chaque coup de balai”. Y en avait pas mal pour toi meuf*…

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Dans ces anecdotes, la conclusion semble être “trop bonne, trop conne”. Non mais c’est vrai, regardez le nombre de situations dans le quotidien où il faut rester ferme pour pas se laisser bouffer : dans le métro, par exemple. Je parle même pas d’avoir une place assise mais par exemple, combien de fois il faut lutter pour juste se tenir à la barre centrale vu qu’un-e gros-se boulet-te étale tranquillement son dos sur ladite barre. On se sent spolié dans son bon droit parce que, pardon mais cette barre n’est pas à toi, monsieur-madame et je vais enfoncer mes doigts dans ton dos, je m’en fous… Alors oui, on peut demander gentiment et même une fois sur deux, vous obtenez ce que vous voulez sans énervement aucun. Mais l’autre fois, vous ferez remarquer à une personne qu’elle pourrait lâcher le strapontin vu la foule et elle vous répondra par sa plus grande indifférence (au mieux…)

Photo empruntée à Christophe Lhomme qui semble très énervé par les gens qui restent assis en cas d'affluence (on comprend pourquoi)

Photo empruntée à Christophe Lhomme qui semble très énervé par les gens qui restent assis en cas d’affluence (on comprend pourquoi)

Quand je vois ce qui passe à la télé (ouais, ok, je vois plus rien, je l’ai plus mais faisons semblant), les émissions de téléréalité où on se met des quenelles, où on se la fait à l’envers, où les gentils sont vite éliminés, les séries télé ou les films où on kiffe le personnage bad boy/girl irrévérencieux, l’omniprésence de chroniqueurs “mordants”… et à l’inverse les “gentils” présentés comme des faibles, des victimes éternelles, des gens fades et sans intérêt…

Ok, je connais très peu Community

Ok, je connais très peu Community

Et pourtant… Pourtant, quand tu vois comme les gens sont plus détendus dans un pays où la politesse est la norme dans les relations, que tu vois comme ça te met de bonne humeur quand tu as une interaction agréable avec quelqu’un dans la rue, dans les transports. Ou alors, c’est moi qui suis Bisounours mais ça me rend de très bonne humeur, quand le caissier ou la caissière de ma supérette est poli, s’il est de bonne humeur et chantonne ou fait une blagounette… Ben, ouais, ça fait une différence. Vous n’imaginez pas quel niveau de bonheur j’atteignais au Québec, quand il était normal de saluer le chauffeur, que les serveurs te tapent gentiment la causette parce que c’est normal mais qu’ils s’imposent pas non plus. Tu oublies ton réflexe de jouer à la plus connasse pour pas te faire avoir.

Connasse est la parfaite illustration de "l'adoration" autour des personnages détestables (j'ai détesté le peu que j'ai vu)

Connasse est la parfaite illustration de « l’adoration » autour des personnages détestables (j’ai détesté le peu que j’ai vu)

Mais au fond, est-ce si grave ? Oui, parfois, c’est gonflant de voir un mec arriver en même temps que le bus et pousser tout le monde pour pouvoir s’asseoir alors que vous qui étiez là bien avant devez un peu pousser les gens pour avoir une mini place mais après… Après le trajet va durer quoi, 15 mn ? 20 mn ? Une goutte d’eau dans ma journée. Par contre, si je m’énerve, la tension va bien me durer une heure ou deux. Et vous aurez noté qu’en général, quand on est de mauvaise humeur, on peut causer mal à quelqu’un, tout prendre mal, c’est un cercle vicieux.

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Etre gentille… Résolution des 36 ans, tiens. Et franchement, ça va pas être si facile.

* Ce stage de yoga va finir par devenir “Cosette chez les yogi”, j’ai l’impression… Faut dire que je suis tellement retombée en amour avec le yoga depuis mon expérience marocaine que j’ai beaucoup de rancœur contre la prof qui a failli m’en dégoûter.

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Ma tradition chérie : le bilan

Ouais, j’aime les bilans, je suis comme ça. Parce que ça fait toujours du bien de s’arrêter de courir un peu pour voir le chemin parcouru et quelles leçons en tirer. Mesdames et messieurs, comme chaque année, je vous propose mon bilan 2015.

bilan de l'année : l'équilibre ?

Oueeeee !

lapin-tout-mignon-lapinou

Alors 2015, c’est une année complètement bipolaire, une année Double Face (je regarde trop Batman). C’est à dire que selon ce que je regarde, c’est soit une année tellement géniale que je pourrais la classer dans le top 3 à 5 de mes meilleures années mais de l’autre, c’est une année aussi très amère. Alors parce que je reste un bisounours, parlons d’abord du négatif pour finir sur le positif

bisounours pas content

Le négatif : monde de merde

Ai-je réellement besoin de détailler ? En 2015, tout le monde a morflé. Double attentat en France mais aussi les drames humains qui se passent à nos portes, sur les plages de nos voisins, personnes qui meurent pour éviter le pire et finissent tristement leur vie échoués sur une plage européenne. Attentats, fusillades, relations qui se tendent… Je sais pas où on y va mais on y va en courant

avions de chasse

Et justement, 2015 a été l’année du vrai réveil douloureux. C’est pas tant que je dormais mais… cette année plus que jamais, j’ai bien compris à quel point je ne pouvais plus faire confiance à notre classe politique mais surtout, j’étouffe devant ce constat simple : pas d’alternative. En 2012, je haïssais la France de Sarkozy, celle qui “dressait les citoyens les uns contre les autres”, j’avais hâte que ça se termine. Je n’avais pas d’espoir particulier pour la France d’Hollande parce que je ne crois pas du tout à l’homme providentiel mais… bordel, la France de Hollande/Valls n’a rien à envier à celle de Sarkozy mais depuis un mois, on piétine peu à peu nos libertés, on nous dresse les uns contre les autres, on nous manipule à grosses ficelles pour nous faire avaler plus facilement des boas constructors… “La droite aurait fait ça, les Français auraient hurlé”. Je suis bien d’accord. Du coup, quand je pense à 2017, je me dis que quel que soit l’heureux élu, on continuera à s’enfoncer dans la merde jusqu’au cou, avec le consentement de la majorité silencieuse qui continue de croire que « c’est pour notre bien ». Du coup, 2015 est l’année où, plus que jamais, j’ai ressenti le besoin de lever le poing, d’arrêter d’attendre un lendemain meilleur ou de compter sur les autres. Si je veux gueuler, je dois le faire avec les autres et je dois trouver une façon de le faire bien. Militer dans un parti, c’est non mais trouver une asso qui me corresponde dans mes “combats”… J’ai un piste, autant essayer de la suivre.

Lever le poing révolution

Bref, 2015, c’est vraiment une année où ma foi en l’humanité a souffert, une année où, pour la première fois de ma vie, je me suis prise à avoir la trouille dans certains lieux publics bondés et ça, très honnêtement, ça me fait chier. Je ne me retiens pas de sortir et je vais là où je dois aller mais parfois, me traverse une pensée “casse-toi d’ici, c’est pas safe”. Alors qu’au fond, si les terroristes ne courent pas les rues, on n’est jamais à l’abri d’une mauvaise rencontre, un psychopathe ou une voiture qui roule trop vite ou aux freins un peu défectueux. Dire qu’on ne cède pas à la peur est facile… Le faire réellement nécessite plus de travail que ce que je pensais.

inquietude fatigue stress

De l’autre côté, du côté totalement personnel, 2015 a été une année merveilleuse : niveau perso, il y a donc Victor, ce garçon que j’ai failli laisser partir 3 fois et finalement, la 4e fut la bonne. Bon, ok, techniquement, on s’est remis ensemble en 2014 mais c’était le 30 décembre alors c’est presque 2015, chut. En fait, à la relecture de notre histoire, on faisait plein de trucs de couple sans se considérer en être un (genre partir en vacances ensemble), on a mis du temps à capter mais finalement… En 2016, si tout se passe bien, ce sera emménagement puis PACS. Ah bah oui, on a assez perdu de temps comme ça, on passe la seconde.

On s'offre des bagues pour le PACS ?

On s’offre des bagues pour le PACS ?

Pour le reste : des voyages superbes (Rome, Philippines, Naples, Athènes, les Iles grecques, New York), une nièce absolument adorable, un neveu qui ne jure que par “Tatie Nina” et même au boulot, après une première partie d’année compliquée, ça va beaucoup mieux. Les choses prennent naturellement l’inclinaison que je veux leur donner (je veux me perfectionner en e réputation et data analyse et ma chef veut que j’aille dans ce sens là aussi tout en me demandant de faire des formations aux clients. Que demander de plus ?), il faut juste qu’en 2016, je mette le ola sur certaines choses comme ces putains de réunions et…

Pivoine la plus jolie

Ah mais là, je déborde sur mes résolutions 2016. On en reparle demain !

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Elections régionales : Et ce qui devait arriver arriva

Warning : j’ai pas mal de choses à dire sur les élections régionales mais aussi sur la Cop21 et l’Etat d’urgence (pas de suite) donc si vous venez ici pour une dose de légèreté et bien… revenez à Noël. Bisous.

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Dimanche soir, je me connecte à Twitter pour découvrir les résultats des élections régionales. Oh, je ne m’attendais pas à un miracle et effectivement : le FN arrive en tête, à la consternation générale. Alors pardon mais vous avez suivi l ‘actualité politique ces dernières années ? Marine Le Pen est arrivée 3e aux Présidentielles, le parti est arrivé 1er aux Européennes puis aux Cantonales et là, c’est la suite logique. Certes, en 2007, le parti avait reculé, cédant sa 3e place à François Bayrou. Peut-être aviez-vous pensé que les attentats allaient changer la donne parce que bon, l’abstention, c’est la première alliée du FN. Alors de 1, ce n’est pas si simple et de 2… si en tant que Parisiens, on a vécu ces attentats dans notre chair, peut-être a-t-on surestimé ce moteur de vote, qui sait. Bref, comme à chaque élection, je suis un peu étonnée par votre étonnement. Peut-être suis-je trop cynique.

Bulletin FN aux élections régionales

Pourtant, on s’était mobilisés. On a diffusé, on a retweeté, partagé la moindre info anti FN, applaudi la Voix du Nord, dénoncé les dangers que représente le FN pour le droit des femmes, souligné tous les propos border voire franchement racistes des fantoches du Parti, on s’est gaussé de Ménard et Collard (c’est marrant, les deux riment avec…). C’est en voyant la Une de la Voix du Nord que j’ai commencé à sentir un truc, diffus…

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On a eu tort. Moi comme les autres. Se mobiliser et diffuser de l’information, c’est bien sauf que je me rends compte que j’ai surtout pissé dans le vent. Petit point rapide sur mon utilisation des réseaux sociaux : Facebook, c’est un peu “famille”, je ne poste quasi rien dessus et surtout pas de contenus politiques, je me contente de poster quelques commentaires salés (surtout féministes). J’ai ce réflexe d’éviter de parler politique en famille ou dans un cadre professionnel, j’ai les deux sur Facebook. Par contre, sur Twitter, je vitupère, je montre du doigt, j’interroge parfois. Sauf que… ben ma communauté Twitter me ressemble. Donc tweeter à longueur de temps qu’il ne faut pas voter FN car c’est la bête immonde, c’est vraiment useless. J’ai été coupable d’une politique un peu Bisounours, en fait, celle qui nous faisait dire ados devant une assistance acquise à notre cause “non mais le racisme, c’est trop nul, c’est débile !”. Mon “engagement” est un échec, mon “engagement” n’existe en fait pas, c’est presque plus de la complaisance qu’autre chose à ce niveau là. Je n’avais pas besoin de (re)diffuser l’abject, on savait déjà.

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Alors du coup, c’est quoi la solution, à mon petit niveau ? Poster les mêmes articles sur Facebook, espérant avoir un peu de visibilité entre les dernières bêtises du jeune Evan et des mantras à la con de pages avides de likes ou encore ces foutus articles des mendiants du clic ?  Mais là encore, sur ce réseau, je ne vois passer aucun pro FN, j’ai rapidement nettoyé les “anti bougnoules” de ce réseau donc une nouvelle fois, ça ne me paraît pas super efficace. Balancer quelques arguments ici ? On est carrément dans la bouteille à la mer.

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Alors faut pas lâcher, bien sûr, mais à un moment, faudrait peut-être arrêter de croire que le seul problème est pédagogique. Quand j’ai vu la Une de la Voix du Nord, je me suis dit qu’il pouvait se passer globalement deux choses : soit ça allait marcher et Marine Le Pen allait ramasser ses dents, soit ça ne servirait à rien car les votants du FN sont trop déterminés pour aller lire un journal qui dénigre leur nouvelle championne… Malheureusement, ce que j’avais pressenti est arrivé. Donc les gens ne veulent pas savoir, ils veulent des solutions. On a souvent tendance à prendre les votants pro FN comme des dégénérés, lavons nous les mains de ça, on reviendra s’interroger aux prochaines élections. Non. D’abord, on admet que comprendre n’est pas cautionner mais que c’est facile de se dire que le con, c’est l’autre. Non, le con, c’est nous quand on refuse de comprendre pourquoi le vote FN continue de progresser malgré notre mignon angélisme. Même si je pense qu’une frange de cet électorat a bien été bercé trop près du mur (quelques indices : dès que vous ouvrez la bouche, ils vous traitent de gauchistes et de fragile, ils adorent vous balancer la mort de Clément Méric comme une bonne blague, ils vous menacent de violences physiques mais toujours derrière un écran quand même et surtout, surtout… ces exemples de patriotisme nationaliste extrême ne maîtrisent pas la grammaire et l’orthographe les plus élémentaires. Ah et attention : ils sont toujours en bande donc “débattre” avec un, c’est s’en prendre 10 sur le dos), d’autres ont un vote de colère. Ce n’est pas juste rejeter “l’UMPS” qui nous gouverne depuis 30 ans sans que rien ne change vraiment car il existe plusieurs offres politiques autres que les extrêmes, c’est tout un système, toute une classe qui est rejetée. Et ça ne peut pas se limiter à un “les arabes dehors”, c’est plus profond que ça. Ce n’est pas pour rien que le FN ramasse des voix en masse dans les milieux les plus populaires. Alors il y a certes du racisme, du “ils nous volent notre travail” (remember cette émission de Gildas avec Balavoine qui débat avec un raciste, on en est toujours là 30 ans après), du “ils ont des noms à coucher dehors, on les comprend pas”, de la part de personnes ne connaissant pas d’Arabes sinon ils ne seraient pas étonnés par leurs patronyme… Mais c’est un bougli bougla de colère, de frustration, de sentiment d’injustice et de manque de connaissance qu’il faut comprendre pour combattre.

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Alors on va arrêter de de dire “les gens qui votent FN y sont trop cons”, on va lire du Bourdieu, on va apprendre, on va réfléchir, on va essayer de comprendre comment parler à ce ventre mou du FN, celui qui ne voulait pas de Jean-Marie mais est rassuré par les blondes Marine et Marion. Parce que j’ai pas envie de relire les mêmes réactions indignées en 2017. Même si j’estime que la meilleure façon de combattre le FN, c’est de leur permettre enfin d’arriver au pouvoir pour démontrer qu’ils vont pas aider, bien au contraire… Mais je me dis surtout que 5 ans, c’est bien trop long pour ce coup de poker.

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Allo le bisounours !

Il me semble que l’expression “allo” est interdite depuis 2012 ou 2013 mais je m’en fous, je suis une rebelle. Dernièrement, j’ai été prise à partie pour une bande de personnes peu sympathiques sur Twitter confondant provoc et ignominie (“moi les migrants, si je les croise, je leur pisse dessus”, au hasard). Alors que je m’évertuais à défendre un certain humanisme et en appeler à une empathie de base, je finis par recevoir l’insulte ultime “ahah, bonjour le bisounours”.

bisounours

Mais dans quel monde on vit ? Si je devais me choisir un terme pour qualifier ma vision de la politique, je me dirais humaniste. La droite ou la gauche sont des concepts somme toute assez abstraits surtout quand tu vois la gueule de la politique de notre gouvernement de “gauche”. Je trouve ça assez fascinant d’ailleurs : ils ont une politique dans la droite ligne de ce que nous a infligé Sarko pendant 5 ans (les mêmes putains de polémiques stériles, les mêmes “sujets de société” qu’on nous jette à la gueule comme de la poudre de perlimpimpin pour qu’on oublie un peu les chiffres désastreux du chômage et les lois qui ne cessent de nous élargir l’anus), ils franchissent même certaines limites que Sarko et co n’avaient osé dépasser et les gens de droite les détestent quand même… A un moment, je comprends pas comment on peut mener une politique qui va à l’encontre de votre ADN, qui ne satisfera pas ceux de votre camp tout ça pour gratter des voix que vous n’aurez de toute façon jamais. Ca me fascine, je vous dis ! Mais je digresse.

Hollande-reflechit-a-un-pacte-entre-droite-et-gauche

Donc humaniste dans le sens où ce qui me paraît primer avant tout, c’est le respect de l’Humain, qui qu’il soit. Je rêve d’une société un peu plus équilibrée et solidaire où chaque individu naît égal et peut prétendre avoir la même chose. Non parce que faut arrêter avec l’égalité des chances et l’ascenseur social, ça fait des années qu’il ne fonctionne plus. Si tu nais du mauvais côté de la barrière, tu iras dans une mauvaise école, personne ne t’encouragera à bosser puisque de toute façon, tu ne pourras pas faire d’études supérieures. Au mieux, tu iras à la fac et on sait tous la valeur de ces diplômes par rapport à ceux d’écoles privées payantes. Perso, je suis un peu fatiguée de vivre dans un monde où le savoir devient de plus en plus une denrée alors que l’éducation me paraît tellement la solution à ce mal vivre ensemble. Tout fonctionnerait mieux si on arrivait à respecter autrui et à se respecter soi même. Pour commencer.

Vivre-ensemble-dans-le-chaos

Bisounours, moi ? Il me semble pourtant qu’il suffirait de renverser quelques éléments pour que tout devienne tout de suite plus facile. Asseyez vous quelques instants sur le quai d’un métro et observez, c’est hyper parlant de la société actuelle : tout le monde essaie de se baiser la gueule pour son propre intérêt. Vous avez ceux qui essaient à tout prix de monter dans la rame pour avoir une place, quitte à ne laisser personne descendre, bousculer ceux qui ne vont pas assez vite. Il y a ensuite le grand jeu des places assises : malgré l’ordre de priorité, personne, ou presque, n’acceptera de laisser sa place, plongeant le nez dans son livre ou smartphone en mode “je t’ai pas vu, lalala”. D’autres s’installeront sur les strapontins malgré la foule et auront toujours une très bonne excuse à sortir à ceux qui auraient l’audace de se plaindre de leur attitude. Bref, dans le métro, on est dans la lutte permanente pour avoir la meilleure place, on agit dans son seul intérêt sans faire l’effort de penser à son voisin. Céder sa place ? Mais on ne voudrait surtout pas se faire avoir.

stations metro-qui paresse aux heures de pointe

Résultat : tout cet égoïsme et cette préservation de son intérêt propre rend la vie en société de plus en plus pénible. Je sais pas vous mais perso, prendre le métro me rend très facilement de mauvaise humeur. Et ça me rend conne aussi, je rentre très vite (trop vite) dans le mood “mon intérêt d’abord!” même si j’essaie de céder ma place aux personnes âgées et femmes enceintes si je les repère. Mais on vit dans une société où on nous invite à être “le plus malin”, où on valorise les arnaqueurs et on dénigre les “bons élèves”, ceux qui jouent le jeu de la société sans chercher à en tirer un bénéfice particulier. Comment tu veux qu’on arrive à vivre ensemble quand on t’explique qu’il faut baiser son voisin dès que possible.

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Moi, j’ai envie de croire que la donne peut changer, il faudrait qu’on s’y mette tous, qu’on comprenne qu’un gain immédiat a finalement moins de valeur qu’un effort de cohabitation permanent. Ca ne tient tellement à rien quand on y pense. Quelques décibels en moins lors de votre soirée dans votre studio, céder sa place, tenir une porte, laisser passer ceux qui n’ont qu’un article à la caisse quand vous avez un panier plein… Chercher à s’entraider et à s’être agréable plutôt que de tenter de s’arnaquer les uns les autres.

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Bisounours ? Je sais pas, à un moment, tu peux arrêter d’être un gros connard cynique qui préfère baiser le système plutôt que de participer à sa bonne marche ? Est-ce si bisounours de croire que l’être humain n’est pas une raclure de bidet en soi et qu’il suffirait de lui enseigner les bienfaits d’une vie collective en toute harmonie plutôt que de glorifier les escrocs du quotidien ?

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Pourtant, malgré mon côté Bisounours, y a des fois où je me fais bien baiser la gueule à être trop gentille… Céder à la mesquinerie ou poursuivre sur la voie de la bienveillance ? Nous en parlerons demain.

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Qui ne dit mot consent : ouvre la

La vie en société n’est pas toujours évidente, on marche sur un fil entre franchise et diplomatie, hypocrisie et grande gueule. Je suis le prototype de la fille polie qui laisse parfois passer des opinions contraires sans réagir parce que la situation l’exige. Genre ma chef qui a un avis très arrêté sur la Grèce qui est contraire du mien… Mais bon, est-ce pertinent de lancer un débat là dessus avec la personne qui a légèrement la main sur mon augmentation annuelle ? Mmmm…

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Longtemps, j’ai laissé passer. Parce que la personne avait une position qui rendait la contradiction difficile, parce que j’aime bien la personne et que je n’ai pas envie de m’énerver contre elle. Parfois, je faisais un peu de passif agressif (vivent les réseaux sociaux sur ce point) un peu en mode “Rohlala ceux qui disent/pensent ça, réfléchissez un peu. Un petit lien : [lien]”. Un peu lâche mais moins direct, espérons que la personne visée lira l’article et réfléchira. Oui parce que notons qu’ici, mon but n’est pas d’entendre un “oh mais tu avais raison et j’avais tort”, je m’en branle un peu, je préfère que la personne réfléchisse sur le sujet et fasse son cheminement d’elle-même.

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Sauf que la passivité agressive, ça reste un peu de la lâcheté. Alors je commence à me jeter dans la mêlée. Parce que non, je ne veux plus laisser passer certains propos. Je suis fatiguée du machisme, du racisme ou de l’homophobie, les 3 mamelles d’une même bête immonde où le dominant rappelle régulièrement au dominé quelle est sa place (à la cuisine, dans son pays – enfin, celui qu’on lui attribue, beaucoup semblent oublier que les Noirs ou les Arabes peuvent être tout à fait Français- ou en Enfer). Je n’ai plus envie de me la fermer parce que je ne veux juste pas de cette société là. J’aimerais une société qui accepte ses membres peu importe leur sexe, leur orientation sexuelle ou leur couleur de peau et, putain bordel de merde, y a du boulot. J’ai tout à fait conscience que ça n’arrivera sans doute pas de mon vivant, si tant est que ça arrive un jour. L’Humain fait-il naturellement des distingos ? Je ne sais pas, force est de constater que l’enfant, lui, n’en fait pas (cf ce très beau spot un peu larmouillette à l’oeil). En attendant, ce n’est pas une raison pour laisser faire.

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Le pire étant le machisme, racisme, homophobie ordinaire, tellement intégré qu’il passe crème. Ouvrez n’importe quel magazine féminin, c’est un festival : la femme s’intéresse plus à ses amours et sa beauté qu’au travail (elle sera de toute façon styliste, fleuriste, décoratrice ou puéricultrice, la sphère travail est très souvent appréhendée dans ces magazines que par le prisme de métiers auxquels on attribue une forte prédisposition féminine), elle est blanche et hétérosexuelle. Eventuellement, en été, elle est dorée et pourra butiner une amie mais ce ne sera que pour l’expérience, il faudra vite retrouver une âme soeur à pénis, merci. C’est tellement intégré qu’on peut avaler ça sans même s’en rendre compte. Pourtant, souvent, quand je souligne ce fait, je passe un peu pour la pisse froid de service et souvent, les gens changeront de sujet.

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Mais ça ne vous fatigue pas de ne jamais vous indigner ? A quel moment vous avez à ce point intégré de “ne rien dire” ? Sans vouloir faire la révolution tous les 4 matins, y a peut-être moyen de se sortir un peu les doigts du cul et de brocarder systématiquement le sexisme, racisme et homophobie, pour commencer. Oui car il existe tant de sujets d’indignation… Mais la société, c’est aussi ce qu’on en fait. Il est trop facile de nous dire “la société, tu l’aimes ou tu la quittes”. Je suis désolée mais non. Je ne fuis pas, je ne fuis plus. J’essaie, petit à petit, de planter les petites graines de l’indifférenciation. On s’en fout qu’en face de toi, il y ait Pierre, Jamal ou Thuan, ce n’est qu’une information qui n’est en soit pas si essentielle. Je ne pense pas que le prénom ait en effet une influence sur la personnalité. Son sexe ? Ca ne devrait pas faire de différence, tout comme les origines ou l’orientation sexuelle même si, aujourd’hui, on t’impose tellement la domination que, si, finalement, ça en finit par en faire une. C’est ça aussi, la lutte : assurer à Jamal ou Thuan que leurs origines ne leur fermera aucune porte, à Léa que son vagin ne sera plus une raison pour s’écraser sur le plafond de verre ou se faire harceler à la première jupe portée, à Paul et Marco qu’ils peuvent se promener main dans la main dans la rue sans se faire péter la gueule ou dévisager, que leur amour n’est pas différent que celui de Samuel et Caroline.

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Bisounours, moi ? Ah oui, va falloir que j’en parle de ça aussi, ça commence à me chauffer sévère.

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35

Si je m’en réfère à ma carte d’identité, ça y est, j’ai 35 ans aujourd’hui. Oh waouhou déjà ! Mais hier encore, j’étais cette fraîche jeune fille de 25 ans, débarquant pleine de rêve sur Paris… 35 ans. 30+5 ou pire… 40-5. Tic tac tic tac.
35
Je n’aurais pas cru mais si : j’ai la crise de la trente cinquaine. Je ne pensais pas que ça existait mais figurez-vous que si, du moins pour moi. Alors que je m’étais sentie forte et sereine pour mes 30 ans en mode « hihi, 30 ans, c’est cool, je sais qui je suis lalala », à 35 ans, c’est plus compliqué. Pourtant, ma vie roule encore mieux qu’à mes 30 ans. Le jour de mes 30 ans, je me suis éveillée pour rejoindre un boulot que je haïssais, passant tout mon temps libre à mailer des CV pour me tirer de là au plus vite. A mes côtés, mon petit ami du moment, un garçon aussi charmant que dysfonctionnel qui n’aurait jamais m’offrir plus que la place de maîtresse officielle bien qu’il n’en ai pas réellement conscience (ou ne veuille pas l’admettre). A 35 ans, je fête mes 7 mois dans cette boîte où tous les espoirs me semblent permis, où je cartonne et où je joue enfin le jeu de l’entreprise, espérant aussi gagner la branche que je vise : les études (oui, je sais, avant, j’avais dit stratège digitale, laissez-moi changer d’avis). Mon chéri est bien plus fonctionnel que celui de l’époque, on vit une relation cool, tendre et épanouissante qui nous fait du bien à tous les 2, tout va bien. Côté amitié, j’ai des piliers solides et je le sais, dans ma famille, tout va bien, ma soeur voyant à nouveau son ventre s’arrondir. Mais je vous en reparlerai. Bref, tout va bien. Alors c’est quoi cette crise ? C’est la crise du sens.
sens-vie
Je ne veux plus perdre de temps en conneries, en fait. Ca s’articule autour de plusieurs axes. Le premier est personnel : je veux savoir qui je suis. Enfin pas tant qui je suis (je le sais) mais ce que je peux faire. Je ne finirai pas ma vie dans le marketing, c’est un acquis pour moi. Parce que si je m’éclate à raconter des histoires, à arriver à répondre à la problématique client en mettant les bonnes pièces dans le bon ordre, ça n’aide personne. Je veux dire si demain, on arrêtait tous de faire du marketing, ça ne léserait pas grand monde in fine, ma contribution à la société étant aujourd’hui résumée à payer mes impôts et à consommer. Ca fait une bien belle jambe à ceux qui ont eu moins de chance que moi dans la vie. Ca tourne depuis janvier, j’arrive toujours pas à trouver mon engagement et j’ai envisagé un temps à finir ma vie marketing pour devenir… instit. Pourquoi pas mais en fait, je me rends compte de deux choses : ce qui me motive avant tout, c’est l’idée de passer le concours et ensuite, les enfants, à part mon neveu, je suis pas sûre d’avoir une grande patience avec eux. Je me suis imaginée masseuse Shiatsu aussi pour aider… les riches. A 60 € le massage, c’est pas le smicard qui va profiter de la détente accordée par mes doigts de fée (au moins). Bref, ça mouline, ça mouline.
Labyrinthe-pelouse
Autre point que je trouve encore plus intéressant : ma volonté de décaper mon entourage, façon Monica. Je m’explique : je veux de la sérénité partout. J’en ai marre des parasites de la vie, ces gens pas forcément méchants en soi mais que t’as pas envie de voir car ils sont toujours négatifs ou qu’ils ont une addiction qui fausse leurs rapports aux autres. En gros, ils ne m’apportent rien. Je ne parle pas de gens qui sont à un moment T dans une situation qui les rend triste et déprimés voire dépressifs, je ne rêve pas de vivre au milieu des Bisounours non plus mais il y a cette catégorie de gens, ceux qui sont toujours bourrés/camés/en chasse en soirée et qui finissent par en être ultra lourd. Ceux qui vont passer le moment où vous allez vous voir à se plaindre, plaindre, plaindre sans même se demander 30 secondes si vous, ça va. Des gens toxiques, quoi. Ca, c’est fini. Je veux des gens qui m’apportent quelque chose : à minima un bon moment (sauf cas où la vie a été pute avec eux, bien sûr, je ne dis pas que je tournerai le dos à mes amis le jour où ils auront un pet de travers), mais aussi des connaissances, qui touchent leur bille dans des univers que je connais pas ou mal.
happy friends in summertime
C’est un peu compliqué à expliquer, ça fait limite amitié intéressée mais c’est vrai que j’ai envie de gens « meilleurs » que moi qui me poussent en avant, m’encouragent à lever le point et avancer vers mes objectifs, qui me nourrissent de leurs savoirs et m’invitent à partager avec eux mes compétences, qu’on s’apportent mutuellement des choses. Ca vient finalement avec le fait que je n’ai plus envie de me bourrer la gueule à en vomir aux soirées, que je préfère une soirée cool à siroter du vin en refaisant le monde que des soirées défonce à dire de la merde dont on se souviendra pas parce qu’on n’était plus en état d’enregistrer.
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Bref, 35 ans, c’est l’âge de l’intelligence et de la sérénité. Deal with it !

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Il faut garder l’espoir

Alors que l’émotion s’éteint un peu et que nos vies ont repris leur cours presque comme si de rien n’était – The show must go on comme disait le grand Philosophe Freddy Mercury- je me sens quand même un peu vide. Beaucoup trop de débats et d’actus me vrillent le coeur et croire encore en l’Humanité devient un véritable combat, un acte de foi. Sans aucun mauvais jeu de mots.

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Il y a 10 jours, je prends un verre avec un pote, plutôt de droite, qui me parle régulièrement de son amour pour Alain Juppé et du fait qu’il n’arrive toujours pas à croire que des gens aient pu voter pour Hollande mais-que-les-gens-sont-cons. Déjà, à un moment, ça commence à piquer un peu. Mais quand la conversation dérive sur les terroristes avec des florilèges “mais faut les renvoyer chez eux ces mecs !” “Heu oui mais c’est à dire qu’ils sont Français…” “Et bien, on les renvoie dans le pays de leurs parents”. Dès le départ, je sentais la solution de génie : tiens, prenons des mecs qui ont bien la haine et donnons leur quelques raisons de plus de les radicaliser, des fois que. Dents qui grincent. Mais là où on atteint le summum, c’est sur le cas de Farid Benyettou, l’ancien mentor des frères Kouachi devenu infirmier. “Non mais attends, c’est un scandale !” “Heu mais tu veux en faire quoi sinon ? Le mec, il a fait sa peine, il reprend sa vie.” “Mais non, c’est intolérable, les mecs, ils s’en foutent de la taule, ils savent qu’ils vont sortir au bout de 3 ans peinards (oui, la taule, c’est rigolo apparemment, note de la Nina) et tout” “Mais attends, le mec, il a fait une connerie, il a le droit à une seconde chance, point.” “Ahahah mais arrête, ça, c’est dans le monde des Bisounours !”

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(gentil dessin réalisé par Prims)

 

 

Pendant qu’il m’arrosait de sa condescendance, j’ai failli l’arroser de mon jus d’orange mais j’ai dit que je devais être pédagogue donc je me suis abstenue et suis restée sur ma ligne. Je ne connais pas Farid Benyettou ni de près ni de loin donc je ne peux pas affirmer qu’il est repenti. Comme mon pote ne peut pas affirmer le contraire. On ne sait pas, ni l’un, ni l’autre. Alors oui, il y a deux options : celle de dire que ces mecs sont irrécupérables et qu’on doit les jeter de la société (démerdez-vous pour le comment), soit de vouloir croire en une possible réinsertion. Moi j’ai choisi.

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Et ce n’est pas si déconnant. Le sujet de la réinsertion après la prison est particulièrement douloureux, surtout pour ceux qui la vivent. Pas de revenus, pas de logement et de réelles difficultés à trouver un emploi au vu du “CV”. Je ne jette ici la pierre à personne, il ne faut pas oublier qu’on n’est pas vraiment en période de plein emploi et je ne pense pas qu’il soit productif de les avantager par rapport à des personnes au profil similaire n’ayant pas fait de prison. Chacun sa chance à égalité. Evidemment qu’on peut craindre une récidive (taux de récidive : 12.1% en 2012)*. Mais pourquoi toujours partir du principe que les gens ne peuvent jamais changer en bien ? Ne jamais s’avouer qu’en ayant soudain accès à une éducation, ils puissent se découvrir quelques horizons jusque là hors de leur portée ? Est-ce qu’on doit laisser tous ces gens en dehors de la société et ignorer ceux qui arrivent, bon an mal an, à s’en sortir malgré les difficiles conditions ? Doit-on considérer que Farid Benyettou (entre autre) ne devrait jamais plus travailler car on ne sait jamais ? Pourtant, il me semble logique de penser que c’est en fermant violemment la porte au nez de ceux qui essaient qu’on finit par les énerver. Et moi, j’ai envie de croire que les gens peuvent changer et en bien, en plus. Ca ne vous est jamais arrivé, à vous, d’arrêter des conneries et vous mettre sur un droit chemin ?

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Alors évidemment, c’est difficile. Mais si on perd cet espoir là, il nous reste quoi ?

Au fond…

 

* Chiffre cité par Christiane Taubira repris dans cet article hyper intéressant sur la réforme pénale

 

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Finalement, l’hypocrisie, ça sert à rien

Je parlais vaguement d’hypocrisie l’autre jour, je me dis que j’allais un peu me défouler sur le sujet, histoire de vous faire part de ma grande sagesse. Ou à peu près.

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Longtemps, j’ai considéré que le langue de putage était une petite tricherie acceptable pour toute relation sociale sereine. Je le pense toujours MAIS je pense que ce petit tour de passe-passe doit être limité à une poignée de personnes à qui je tiens vraiment. Je veux dire nous avons tous nos défauts et y a des jours où ceux des autres nous fatiguent un peu plus. Le leur dire ou se taire ? Alors, ça dépend des cas, il est difficile de trancher dans l’absolu mais personne n’apprécie les remontrances, même amicales, et certaines n’ont aucun intérêt. Je veux dire ne pas dire à quelqu’un qu’on n’aime pas son style vestimentaire ou que vous trouvez sa série préférée franchement merdique, ça ne le rendra pas meilleur et tout est question de goût. Vous avez le droit de le penser mais à quoi ça sert de le verbaliser ? Je ne vois pas. Après, s’il s’agit de quelque chose de plus grave et qui pourrait améliorer la vie de notre ami, parler est une bonne idée. Mais je m’égare.

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Donc être hypocrite peut se justifier en mon sens dans deux cas spécifiques : les amis (amis, pas copains) et dans le milieu professionnel. Oui parce que vous pouvez penser que votre boss est un gros beauf incompétent, le dire ne vous apportera rien de bien. Vraiment rien. Pour le reste, bullshit.

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Pendant longtemps, j’étais très attachée à être la fille gentille que tout le monde aime, une sorte de Bisounours faite femme donc j’essayais de tempérer mes ardeurs. Sauf qu’à un moment, si je fais le bilan, je me rends compte que j’étais globalement dans le faux car ce type de comportement ne m’apporte rien et même pourrait aller jusqu’à empoisonner mon existence. En étant gentiment hypocrite avec des personnes qui me saoulent, par exemple, je me retrouve souvent invitée par eux et je ne peux pas vraiment trouver des excuses à chaque fois. J’ai beau tenter de faire la morte, parfois, ça s’accroche. Le problème est que je reste une sanguine, même si ça ne se voit pas de prime abord et un jour, j’explose. Au moins, me voici débarrassée de l’importun mais ma tension et son ego en ressortent dévastés.

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Et puis au fond, pourquoi faire ? Pourquoi me faire apprécier de ce cercle secondaire où je ne trouverai pas forcément de réconfort en cas de vrai coup dur, qui ne me permet in fine que de remplir les trous de mon agenda (et en fait, il est déjà blindé) ? Si on considère que a) je n’ai pas besoin de nouveaux amis et b) j’avoue que je m’en fous de savoir que quelque part, quelqu’un pense que je suis une connasse. Chacun son avis et si ce n’est pas quelqu’un qui compte pour moi, quelle incidence ça peut avoir sur ma vie ? Ah oui : aucune. Et accessoirement, il n’est pas impossible que l’antipathie soit réciproque.

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Alors, oui, il est possible (et même certain) que l’on pense que je suis une connasse, une fille insupportable, prétentieuse et/ou conne parce que je ne joue plus le jeu du sirupeux. Mais, hé, vous savez quoi : j’en ai franchement rien à foutre.

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