Au secours, je suis trentenaire

Je dis souvent que je n’ai pas conscience de mon âge, que je flotte toujours dans un état de vingtenaire à mi parcours. 32 ans moi ? Non, impossible, hier encore, j’avais 25 ans, je débarquais sur la capitale un peu effrayée. 7 ans, déjà… Bref, mon âge n’est souvent qu’un chiffre abstrait pour moi, deux symboles vides de réel sens. Mais ce week-end, je l’ai bien senti ma trentaine.

Samedi midi, me voici dans le quartier des grands boulevards pour un brunch servant à lancer la journée enterrement de vie de jeune fille de ma copine Léna (un jour, je vous ferai un peu un mapping de tous mes potes parce que moi même, je m’y retrouve plus. Donc Léna, ex de la plongée, membre du club des 5 devenu je sais plus combien). Au passage, les amis, ça me ferait un peu plaisir de faire un enterrement de vie de jeune fille où je ne suis pas la pièce rapportée en quelques sortes. Non parce que sur les 4 que j’ai faits, je ne connaissais jamais personne en dehors de la mariée et deux ou trois personnes déjà croisées. Y compris l’EVJF (ça ira plus vite) que j’ai organisé y a deux ans. Bref, voilà, si un(e) de mes ami(e)s avait un peu envie de se marier et me faire participer à un EVJF où je connais bien à minima la moitié des invités, ça me ferait plaisir, merci. Mais revenons à celui de Léna et au brunch, point clé de mon article.

Alors que nous devisions gaiement autour de crèpes en détaillant nos origines bretonnes (thème du brunch puisque Léna et son futur mari sont bretons), voilà-t-il pas qu’une des convives nous fait une révélation : elle est enceinte de 2 mois donc excusons-la de somnoler de temps en temps, c’est la grossesse. En effet, elle nous a fait la montagne russe de l’énergie, passant de “ouéééééééé super cool” à “… On me parle ?” assez rapidement. Donc elle nous annonce ça et voilà-t-il pas qu’à l’autre bout de la table, nous avons également une future maman, bien plus enceinte celle-ci (6 mois au compteur). Et c’est parti pour la conversation grossesse, enfants, blablabla, enrichie par une troisième qui a déjà deux petiots. Donc nous voilà partis à discuter bébés, enfants, éducation et accouchement, youhou ! Bon, ayant bossé sur des forums féminins, je n’étais pas trop larguée mais mon expérience en terme d’accouchement est quand même très très limitée. Ah on me souffle à l’oreille “inexistante”. Oui, je le confesse, à 32 ans, je n’ai jamais accouché ni assisté à un accouchement (je vois pas bien dans quel contexte j’aurais pu me retrouver là dedans d’ailleurs). Hormis celui de ma propre naissance bien sûr mais je ne m’en souviens pas.

Et là, je me suis dit “ah, c’est donc ça, être trentenaire”. On parle mariage et/puis bébés. Bien. C’est sûr que, samedi, on n’a pas vraiment raconté d’histoires à base de “alors j’étais bourrée…” car c’était pas trop le genre. Nous fûmes sages comme des images tant que les mamans étaient debouts (après, ce fut un peu moins sérieux)et je me suis un peu sentie vieille, décalée. Un peu comme si mon âge réel m’était revenu en pleine figure tel un élastique tendu qu’on aurait lâché, slashhhh ! Il est vrai que si je regarde le premier niveau de mes amis proches, seule Anne est mariée et quasi maman (le 04 mai normalement), Amy vit en couple mais pour les autres, on est toutes célibataires et nos principaux sujets de conversations sont le boulot, nos prochains voyages et les mecs. Et quand la conversation dérape sur “tiens, moi, je voudrais ça pour mon prochain mariage” ou une éventuelle question de progéniture, je lève le nez en l’air et cherche les mouches tellement j’ai rien à en dire.

Et j’avoue que je n’aime pas trop ça. Je veux dire : nos horizons deviennent-ils nécessairement plus étroits quand on vieillit ? A partir du moment où l’on décide de passer devant M. Le maire et de se reproduire, ne parle-t-on plus que de ça ? Vraiment ? Est-ce que moi aussi, quand je serai enceinte ou maman (si tant est que ça arrive), je ne parlerai que de ça ? Ca m’angoisse à dire vrai. Non de parler de couches et d’éducation en soi mais finalement pour ce que ça représente en creux : avoir un enfant, c’est, semble-t-il, renoncer à pas mal de choses. Le jour où je deviendrai maman, pourrai-je encore aller à la chorale ? A la plongée ? A la salle de sport ? Ecrire ici ou ailleurs, fabriquer de petites choses avec mes doigts ? Mon univers se réduira-t-il naturellement car un petit être prendra toute la place ? C’est certes une autre histoire, une autre aventure mais la maternité nous dilue-t-elle ?

Etre trentenaire, ça craint en fait. J’ai donc à nouveau 27 ans de façon on ne peut plus officielle (d’ailleurs, c’était mon anniversaire récemment, je ne vous en ai même pas parlé mais y avait pas grand chose à en dire en fait). Ca me laisse le temps de voir venir les couches.

Moi, je veux me marier et pas par convention

Allez, cette semaine, je fais dans le familialo-matrimonial, youhou ! Alors quel est ce titre énigmatique ? Toi, Nina, tu veux te marier maintenant ? C’est à cause des robes de mariée de ta soeur que ta mère a laissé pendre dans ta chambre ? Que nenni. Cette phrase a été prononcée par Loxy quand nous étions à Venise. Ce à quoi j’ai répondu “c’est dramatique, tu es obligée de préciser pourquoi tu veux te marier, je trouve ça triste.”


Loxy n’est pas en cause dans cette histoire, j’ai juste été choquée de voir que désormais, faut se justifier d’avoir envie d’un mariage, d’une famille conventionnelle ou je ne sais quoi. Mais si les gens ont envie du tryptique maison-gosses-labrador, où est le problème ? Personne n’en meurt, il n’y a rien de mal à ça. Oui, ce n’est pas précisément ce que je souhaite pour ma petite personne mais qui suis-je pour juger ceux qui auraient envie d’autre chose ? Qui êtes-vous pour dire que ceux qui veulent se marier sont forcément influencés par les normes judéo-chrétiennes alors que vous, vous n’êtes influencés par rien. Ah mais laissez-moi rire. Comme j’aime à le dire, l’anticonformisme n’est qu’un autre conformisme.


Déjà, j’en ai un peu marre de cet argument des normes judéo-chrétiennes. Arrive un moment où il faut aussi reconnaître que nous avons chacun un caractère et que certaines choses nous attirent avec ou sans ces foutues normes. Est-il à ce point incompréhensible que deux êtres qui s’aiment aient envie de s’unir de façon on ne peut plus officielle au cours d’une cérémonie, religieuse ou non, qui n’est pas bâclée dans un coin d’un tribunal et ont envie de fêter leur amour avec leur entourage ? Franchement, qui est dans le vrai ou dans le faux ? Personne car l’envie de se marier ou non n’est pas une question de valeur morale (parfois si) mais d’envie avant tout. C’est pour ça que je suis à fond pour le mariage gay : parce que chacun a le droit de faire ce qu’il veut. Je ne suis pas attirée par le mariage de façon personnelle mais soyons honnêtes, ce n’est pas parce que je ne suis pas influencée par les normes judéo-chrétiennes de mes fesses. Non, c’est juste que je préfère investir l’argent du mariage dans d’autres choses et que ça me paraît une galère sans nom à organiser. Mais ce n’est que MON avis. Un peu comme les avis politiques : on croit toujours que celui qui n’est pas d’accord avec nous est influencé par les médias. Comme si on ne pouvait pas être en accord de façon intime avec des théories de droite ou de gauche. Même d’extrême-droite, la xénophobie n’est pas le fruit des médias, faut arrêter de se rassurer avec ça. Le rejet voire la haine de l’autre, ça reste un sentiment humain.


Au fond, cette bien pensance athée m’amuse car elle est finalement identique à la bien pensance à laquelle elle est censée s’opposer. Expliquez-moi en toute sincérité pourquoi la morale judéo-chrétienne n’a pas le droit de nous imposer une norme alors que la bien pensance athée (je dis athée mais c’est pas vraiment le bon mot, je n’en trouve pas d’autre) tente de nous en imposer une autre. Est-il à ce point impossible de concevoir que chacun fait ce qu’il veut ? Si je prends ma soeur, en terme de normes judéo-chrétiennes, elle a quand même vécu 6 ans avec son mec avant de l’épouser et je sais bien que parfois dans l’intimité de leur chambre, ils ont commis le péché de chair. Mais voilà, le mec de ma soeur est pompier professionnel, un métier où il risque malgré tout sa vie et si un jour ma soeur doit se retrouver veuve, mieux vaut qu’elle soit mariée avec lui que pacsé. Mais j’espère de tout mon coeur que ça n’arrivera pas, bien entendu. Puis le mariage reste toujours plus intéressant que le pacs quoi qu’il en soit. D’ailleurs, je suis un peu étonnée que les anti mariage se ruent sur le pacs. Finalement, c’est moins lourd comme chaîne mais c’est une chaîne quand même, non ? Du coup, c’est quoi qu’on dénigre dans le mariage ? La robe blanche et le prêtre ? Hmmmm… Hello, ça n’a rien d’obligatoire. Si un jour je devais dire oui (parce que je ne dis plus “jamais” par superstition), j’ai envie d’une cérémonie païenne dans une vieille forêt avec des arbres tous tordus, de la mousse et un quatuor à cordes.


Bref, la question n’est pas là. La question est qu’aujourd’hui, t’es obligée de spontanément justifier tes choix y compris à une personne qui n’a rien dit. En l’occurence moi pour revenir à l’essence de cet article. Oui, le mariage, ça ne me parle pas, ça n’empêche pas que je suis heureuse pour ceux des autres, que j’ai presque pleuré quand ma soeur a annoncé le sien, que je suis ravie d’aller à celui de ma copine Lena au printemps et à celui de Yohann mon presque frère à l’automne. Et que pour moi, le seul truc intolérable dans les mariages… Ce sont les powerpoints de plus de 2 mn.

Philosophe ou inconsciente ?

Les gens admirent souvent ma capacité à illustrer l’adage “faire contre mauvaise fortune bon coeur”. J’ai beau être une râleuse sur les petites conneries du quotidien, l’éternelle loi de Murphy qui me taquine en permanence, globalement, je suis plutôt de bonne composition comme me l’avait fait remarquer un marin en Martinique “il pleut et tu ne te plains pas”. “Bah, je pourrais être sous la pluie à Paris alors tu sais…”. Philosophe.

 

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Mais parfois, mon optimisme n’est pas dû à une philosophie de vie mais juste à une mauvaise conscience de la situation. Je me souviens de ce lundi soir de janvier où j’étais sortie avec la gang TGGP. J’aime bien dire la gang, à la québécoise, c’est mignon. Passablement éméchée, je rentrais chez moi ivre de confiance : la crise que je venais de provoquer avec l’Amoureux allait trouver une issue positive, on allait s’en sortir. Deux jours plus tard, c’était fini. Raté… Mais j’ai l’alcool beaucoup trop euphorique, je trouve, j’ai beaucoup trop confiance en la vie et je finis par monter sur les bars et me péter le genou. Sur du Lady Gaga. So sad face.

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Le cas qui m’intéresse actuellement est celui de mes réactions vis à vis de ma jambe. Parce que j’ai pas bien compris la gravité de la situation, je crois. Petits morceaux choisis “c’est rien, c’est une entorse”. “Bon, je vais me faire opérer mais le docteur a dit que je pourrai reprendre le boulot dans 15 jours”, “non mais je vais rentrer sur Paris avant ton mariage, je vais pas avoir un arrêt maladie pendant 107ans”, “je reprends le 18 juillet”, “je reprends le 24 juillet”, “hors de question que je reprenne fin août, c’est trop loin !”. Oui, je n’avais pas compris la gravité de la fracture, rappelée d’un air grave à chaque fois par le chirurgien : “dans 15 ans, vous risquez de souffrir d’arthrite, quand même”. Oui, ok mais je retiens aussi qu’à 2 cm près, je m’arrachais aussi le péroné et les ligaments et cette phrase clé d’Isa 4e du nom parce qu’il n’y a que des Isa dans mes histoires de plongée : “Mais en fait, tu aurais pu te tuer!”. Oui alors forcément, je suis toujours en vie et je n’ai “que” le plateau tibial fracturé et en plus, les dernières radios sont très bonnes donc comment tu veux que je m’angoisse. Philosophons : j’ai échappé à bien pire. Alors oui, mon été est foutu, je ne peux pas jouer avec mes crushes pour voir si c’est réciproque ou si je fais un peu mon érotomane (si mes rêves sont prémonitoires, y a quand même de la réciprocité… ou alors je suis juste frustrée), j’ai pas pu danser au mariage de ma soeur, je ne peux plus aller en Martinique. Mais là encore, relativisons. Mes crushes, si réciprocité il y avait (s’il n’y a pas, il n’y en aura pas plus à mon retour donc c’est même pas la peine d’en parler), soit y aura toujours réciprocité à mon retour, soit ça ne devait pas se faire et puis c’est pas grave, des crushes, j’en ai tout le temps. Pour le mariage de ma soeur, je me suis quand même dandiné sur ma chaise et je me suis pas ennuyée au final, observant les gens, activité que j’adore par dessus tout. Pour la Martinique, j’y suis déjà allée et l’argent que je ne dépense pas là, je vais le garder pour cet hiver pour aller ailleurs (et je sens que dès que j’ai fini de payer mes dents, je tente une économie à mort pour me payer les Philippines, j’en crève vraiment d’envie et y a des semaines à 2500/ 2600 € à l’UCPA). Puis je peux digérer tranquillement les séquelles du Marasme comme déjà dit et tourner définitivement la page, j’ai du temps pour écrire, je travaille quand même un peu et je profite de ma famille. Et de toute façon, il fait dégueulasse donc je perds pas beaucoup de terrasses et de pique-niques.

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Cependant reste ce côté un peu inconscient du problème. Je pensais pouvoir remarcher vite, j’en ai pour 2 mois post-op (j’en suis à peine à un mois), je dois renoncer au voyage en Egypte avec le club de plongée car d’ici à ce que je sache si en novembre, je pourrai replonger ou pas, les places seront prises. Philosophons : ce qui ne se fait ne devait pas se faire. Puis l’Egypte, c’est un peu comme Rome, ce sont mes destinations un peu maudites. L’Egypte, je devais y aller en 98, la fameuse année de l’attentat de Louxor. Je me souviens, la veille de l’attentat, mon père a dit “ahah, si tout se passe bien dans 2 mois, on est en Egypte!”. Et ben non, à la place, on est allés au ski, ma mère s’est arraché les ligaments croisés dès le troisième jour. Idem pour Rome, j’y suis allée en 96, j’ai eu la gastro de ma vie au Vatican (une vraie crise de foi(e)…krr krr krr), je n’ai vu ni la Chapelle Sixtine ni le Colysée car on avait perdu la fille d’une prof. Je devais y retourner en 2003 avec mes parents et ma soeur mais 4 jours avant le départ, celle-ci a appris qu’un concours qu’elle avait passé était annulé et reprogrammé… le week-end où on devait partir. Mais pour Rome, je crois avoir une compagne de voyage toute désignée…

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Bref, les gens sont souvent admiratifs de mon optimisme mais en fait, je crois qu’ils se leurrent. Je suis pas optimiste, juste totalement à côté de la réalité.

La rééducation, c’est canon

L’être humain est une machine imparfaite. Laissez une voiture à l’arrêt trois semaines, si la batterie ne lâche pas, elle roulera sans problème. Laissez un humain alité une semaine, faut lui faire des piqûres pour lui éviter une phlébite (putain de piqûres) et surtout le rééduquer vite pour pas que ses muscles fondent. Pauvres petites choses que nous sommes.

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Donc une semaine après mon opération, me voilà chez le kiné. Un gars très sympa dans un cabinet où le plus âgé des kinés doit culminer à 35 ans. Dès le premier jour, je refais ma légende, je deviens la fille tombée du bar, une nana qui écoute la conversation est morte de rire. Ouéhohein…  Au début, la rééducation, c’est tranquille : je me fais masser le genou par mon kiné, pressothérapie et sport-elec. Bon, c’est pas vraiment du sport-elec mais c’est un peu le même principe. La pressothérapie pour ceux qui ne connaissent pas, je vous explique, j’adore ça. Je mets ma jambe cassée dans un plastique puis le tout dans une espèce de grosse chaussette qui me monte jusqu’à la hanche (en vrai, je suppose que ça doit monter à la cuisse mais je suis petite) et ça fait gonfler les parois de la chaussette pour presser le membre dedans, ça masse. J’adooooooooore. Mais j’en fais plus trop maintenant, grumpf. Et le massage au talc aussi, je suis absolument fan.

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Ce que j’aime dans la rééducation, c’est la sensation de progresser. Au début, je ne faisais rien puis petit à petit, les exercices sont venus : écraser la main du kiné avec ma cuisse, m’asseoir sur un ballon ovale et faire bouger mon pied sur un skate (pour plier déplier le genou), lever ma jambe avec un poids à la cheville. Puis marcher. Depuis le 11 juillet (2 jours après le mariage de ma soeur bien sûr), mon pied gauche a enfin retrouvé le sol. Saviez-vous que quand vous posez pas votre pied au sol pendant 3 semaines, quand vous le refaites, ça fait comme de l’électricité. Petit à petit, je rajoute du poids d’appui, j’en suis déjà à 30 kg ! La guérison me paraît proche. Puis la semaine dernière, j’ai pu faire du vélo (ouiiiiiiiii!) et à partir de cette semaine, une séance par semaine de balnéothérapie (re-ouiiiiiiiiii!). Non parce que plus je végète dans mon lit/sur le canapé/sur un siège quelconque, plus j’ai envie d’aller marcher longtemps, sur mes deux
jambes, d’aller nager à la piscine, de m’inscrire à tous les voyages UCPA. D’ailleurs, petit conseil hors sujet : n’allez jamais errer sur le site UCPA sauf si vous avez 10 semaines de congés par an et que vous gagnez pas loin de 100 k€/an sinon ça frustre. Non mais le voyage aux Philippines et à Hawaï, ils m’ont trop démoralisée… Donc bref, tout ce qui ressemble de près ou de loin à une activité physique me rend ivre de joie.

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En plus, le kiné, il a un pouvoir magique. D’abord, il a des mains super douces et ça fait du bien à ma jambe. Mais surtout, il fait un truc de fou pour qui me connaît : il me touche le pied sans que je vire hystérique. Non parce que je suis hypersensible de la voûte plantaire. Par exemple, la veille de l’opération, quand l’infirmière est venue me badigeonner la jambe et le pied de bétadine, j’en pleurais (de rire). Là, lui, il me touche le pied, ça me fait rien. Je sais ce que c’est son superpouvoir mais je suis fascinée.

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Bref, dans mon été no life, j’attends mes heures de rééducation avec impatience parce que c’est à peu près la seule chose qui me sort de mon traintrain, qui me fait voir des gens n’ayant aucun gêne en commun avec moi et même un mec pas trop mal qui s’inquiétait que je fasse du vélo pied nu. Oui, j’ai tendance à virer mes chaussures et mon attelle en arrivant et je ne les remets plus. Ne t’inquiète pas petit, mes pieds sont dans un tel état que j’ai une semelle intégrée… En fait, la rééducation, c’est un peu LE point positif de la convalescence, je mate discrètement toutes ces machines de sport que j’ai envie d’utiliser pour avoir un corps parfaitement sculpté. Sauf que là, j’ai juste envie de tous ses appareils précisément parce que je ne peux pas m’en servir… Mais dès que j’ai l’autorisation de refaire du sport, je vous jure que ça va faire mal (à mon compte en banque). Ca me rappellera le kiné. Sauf que dans les salles, y a personne pour vous masser
avec du talc. Pffff.

Tatatan, super tata !

Avant d’aller plus loin dans cet article, précisons une chose : si un jour un de mes neveux/nièces a le malheur de m’appeler “tata” et pas “tatie”, je l’abandonne sur le bord de l’autoroute.

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A présent que j’ai un beau-frère de façon on ne peut plus officielle, il va falloir que je me prépare : je vais devenir tatie tôt ou tard. Oui, je sais, y a pas besoin d’être mariés pour faire des enfants mais ma soeur voulait qu’il en soit ainsi parce que “tu comprends, il est pompier, c’est un métier à risque, il vaut mieux que nos enfants soient nés dans le cadre du mariage”. Oui, oui, comme tu veux. Mais voilà, la bague au doigt est passée et comme dit mon beau-frère (je m’en lasse pas de l’appeler comme ça) “il va falloir envoyer la soudure”. Et là, je suis toute émoustillée… A l’idée d’être tatie, hein, la fabrication du petit, je ne veux pas trop savoir, c’est ma soeur, merde !

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Vous allez me dire “toi qui n’aimes pas les enfants, tu as envie d’être tatie ?”. Oui et même que je m’entraîne dur. Par exemple, suite à l’enterrement de vie de jeune fille, le dimanche, on a fait un petit gueuleton à la maison avec les survivants. Parmi les convives, la filleule de ma soeur, Louise, 2 ans et demi au compteur. Petite star du groupe, elle mène tout le monde à la baguette. A un moment, elle vient me tendre un livre pour que je lui lise, elle s’installe sur mes genoux et me fait des bisous hiiiiii ! Mais les enfants sont des sales petits cons petits démons versatiles, lors du mariage, elle ne s’est intéressée à moi que le samedi, elle tend les bras vers moi, je lui dis “tu veux me faire un bisou”, elle me dit non et tire sur ma voilette. Ah les enfants. Quoi que le vendredi, nous avons ce dialogue :

“ C’est quoi ça ? en montrant mes béquilles.

– Ce sont mes béquilles.

– Pourquoi tu as ça ?

– Parce que je me suis fait mal à ma jambe.

– Tu me montres ?

– Non, c’est vilain.

– Ah. Et ben moi, j’ai pas mal!” et zou, elle se barre

Heureusement, le dimanche, quand les adultes rangeaient ou jouaient aux boules (ben oui), j’ai eu ma revanche, si j’ose dire. Une petite fille que je ne connaissais pas est venue me voir à un moment et ne m’a plus quittée, mangeant ses bonbons nonchalamment appuyée contre moi. Elle était toute mignonne, Louise venait parfois la voir et me tendait mes béquilles pour que j’aille marcher avec elle (Louise est objectivement très intelligente et éveillée).

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La petite fille, Emma, me tenait cependant des discours étranges, j’ai rien compris mais j’ai bien fait semblant. En fait, cette fillette semble traumatisée par une histoire de ballon crevé, je suppose qu’elle parlait des ballons en baudruche du vendredi soir chez Anthony qui éclataient soit à la chaleur soit avec des plaisantins jouant avec des clopes (j’ai toujours trouvé ça con mais passons). “Non mais les gens, ils me crèvent toujours mes ballons. Pourquoi ils crèvent les ballons ? Réfléchissons. Il me faut la carte mais elle est dans mon sac à dos et je l’ai pas. Réfléchissons. Il faut aller chercher des ballons dans la forêt des rêves bleus et dans le ciel avec les arcs-en-ciel. Tu sais comment on fait ?”. Heu… Bon, je suppose que les histoires de sac à dos et de carte, c’est du Dora mais j’ai senti que j’avais encore du mal avec les bambins.

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Surtout que ma mère, elle m’encourage vachement ! “Oh ben Nina, tu fais des progrès dis donc. Quoi que toi, ce sont les bébés ton problème”. Mamaaaaaaaaaan ! Dieu merci, 2011 se révélant très fertile, je vais pouvoir m’entraîner avec quelques bébés à venir de mon entourage (non mais faut pas prendre mal l’entraîner, hein !). Sauf que bon, un bébé, ça fait pas des masses des trucs donc j’ai décidé de devenir une sorte de tatie fashion et de leur confectionner des petites choses de mes blanches mains. Si, si. Alors j’ai acheté du tissu mais ma machine à coudre (et mon tissu) est à Paris et celle de ma mère à l’étage. Or avec ma patte folle, j’évite les escaliers. Du coup, c’est pas grave : la floppée des bébés de mon entourage étant programmés en décembre, je me suis commandée un kit tricot héhé. Faudrait que je me mette aussi au crochet, je crois que c’est mieux pour les chaussons et les gants (oui des gants, les bébés, ça
se gratte et ça se griffe le visage, j’ai hyper révisé mon sujet).

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Ahlala… Je sens que mes futurs neveux, nièces et assimilés vont avoir une tatie gâteau qui va en faire des petits êtres résolument fashion. Ou pas parce que j’ai pas encore commencé mes oeuvres. Plus tard, je leur expliquerai que le sexe, c’est pas sale mais pour le moment, laissons les naître. Voire être conçus.

La mariée n’était pas une bridezilla

Lecteur, j’aime te surprendre. Alors aujourd’hui, alors que tu ne t’y attendais absolument pas, je vais te parler de… du mariage de ma soeur ! (tatan !). Depuis le temps que je te le promets, je me bouge enfin le cul.

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Nous allons diviser ce récit en plusieurs articles, celui-ci sera un récit objectif de ce qu’il s’est passé, sans le côté “avoir des béquilles à un mariage, c’est un peu pas cool”. Tout acommencé le jeudi par la décoration de la salle. C’est assez excitant en soi, on sent la pression monter et c’est le début de la vie en communauté : autour des mariés, mes parents, mes tantes,mon oncle, la soeur du marié et son mari, des amis des mariés et moi, donc (oui, je suis la reine des rubans, souvenons-nous). Petit avant-goût du vendredi où là, tout commence.

 

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La mairie est à 18h, ma mère et ma soeur courent de coiffeur en manucure, la maquilleuse arrive pour maquiller une mariée en retard. Et ce qui devait arriver arriva, tout le monde étant à la bourre, nous (mes parents, ma soeur et moi) sommes arrivés en retard à la mairie, 18h20 au lieu de 18h. La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit d’une petite mairie et l’adjoint au maire est un ami du couple donc personne ne se plaint de ce retard. Et cette cérémonie fut très émouvante (oui !), l’adjoint au maire avait fait un discours magnifique, mélangeant anecdotes et grands sentiments, faisant pleurer tout le monde dans la salle (même moi). Pour une fois qu’une cérémonie de mariage à la mairie est émouvante… On file ensuite chez les parents du marié pour une première soirée assez campagnarde : ballons qui éclatent au soleil, moules à la paille, soupe de champagne (oh mais ça, mes enfants, c’est une tuerie), paella et fraisier. Le tout devant la scierie familiale. Ambiance bon enfant, on fait quelques photos où je suis priée de cacher mes béquilles (ahah, c’est SI facile). Bref une première soirée fort sympa où ma soeur a fumé comme un pompier (elle avait arrêté depuis 2004, elle a repris récemment alors que moi, ça fait 1 mois que j’ai pas touché une clope. Conseil : si vous voulez arrêter de fumer, cassez-vous la jambe), où ma tante m’a parlé
fesses et m’a demandé si j’étais inscrite sur netechangisme, ce qui m’a légèrement traumatisée quand même.

 

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Le samedi, c’est une autre paire de manche, c’est l’église. Tadam ! Etape 1, le coiffeur ou plutôt la coiffeuse qui me fait une coiffure toute mignonne qui ira à la perfection avec mon chapeau à voilette (oui, j’aime les chapeaux à voilette). A peine rentrée, je passe entre les mains de la maquilleuse qui me fait un regard charbonneux et des lèvres corail. Là, si tu as bien tout suivi, tu auras noté qu’on m’a tartiné les lèvres alors que j’ai pas mangé. Donc ce jour-là, je n’ai effectivement pas déjeuné (j’ai posé quelques carrés de chocolat sur la langue pour les manger sans abîmer mon maquillage). La cérémonie est à 16h, on est à l’heure cette fois. Je me retrouve tout devant, le rang avant la famille Bartoldi qu’on ne fréquente pas vraiment. L’entrée dans l’église est un peu bordélique, on a perdu le père du marié donc ma mère rentre avec les deux témoins qui font bien dans le mètre 80, 85 alors que ma mère culmine à 1m50, c’est très mignon. Ca embouteille un peu et du coup, on ne fait pas vraiment attention à l’arrivée de ma soeur au bras de mon papa hyper solennel. Que dire de la cérémonie ? Pas tip top à mon goût. La musique live (jouée par Yohann notre presque frère) était top mais le prêtre était pas des plus charmants, il a fait un sermon sur “croire ou ne pas croire en Dieu” (heu, ouiiiii ? Le rapport avec le mariage ?) et du coup, y a pas eu une larme, pas même ma maman. Heureusement qu’on avait pleuré à la mairie la veille. Par contre, la sortie de l’église était excellente : les pompiers ont fait une haie d’honneur avec leur casque, on a jeté pétales et fait des bulles (enfin, moi, j’ai essayé mais elles partaient dans le mauvais sens) et un des témoins a réussi à prendre un véhicule de la caserne où Anthony a fait ses premières armes, il est donc arrivé toutes sirènes hurlantes, ça a vraiment fait son effet.

 

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Direction le vin d’honneur qui avait lieu à la salle des fêtes, une salle des fêtes magnifique (il s’agit de vieilles écuries réhabilitées) avec une vue imprenable sur la vallée.

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Là, c’était super bien joué, l’apéritif commençait à être servi pendant les photos, ce qui a évité que l’on trouve le temps long. Le traiteur a fait un travail génial, on s’en est mis plein les papilles et le repas fut léger ensuite donc pas de sensation de peser 4,5 tonnes surtout que, moi, j’étais un peu punie de bal. Champagne à volonté, plancha de fruits de mer et foie gras et atelier photo avec des accessoires marrants pour laisser aux mariés des photos amusantes de nous.

 

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Pendant le repas, il y a bien sûr eu les traditionnels powerpoints, une chorégraphie des amis de ma soeur sur Wake me up (géniale), un lancer de lanternes thaïlandaises qui aurait été très réussi si le vent ne les rabattait pas vers les arbres (mais on n’a pas foutu le feu, va savoir comment on a fait). Puis l’ouverture du bal des mariés qui nous ont fait une choré géniale sur un mix de chansons. Quand on connaît mon beau-frère (hiiiii!), l’avoir fait danser comme ça tient du miracle.

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Bref, en résumé, je crois que c’est la première fois que j’assiste à un mariage sans le moindre couac, tout était génial, la déco, les robes de la mariée, les mariés, les invités, le DJ (on n’a pas eu de Michel Sardou !), la nourriture. Tout le monde était heureux, tout le monde a participé, c’était beau… C’est pas pour autant que ça me donne envie d’en faire autant mais pour une fois que tout se passe bien à un mariage, soulignons le !

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Demain (ou un autre jour), je vous raconterai comment j’ai fait ma Pippa même avec des béquilles, na.

PS : Si vous cherchez une photographe pour votre mariage en Midi-Pyrénées, envoyez-moi un mail (nina.bartoldi[a]gmail.com), je vous donnerai les coordonnées de celle qui a fait le mariage de ma
soeur, elle était vraiment super.

Charlene, la princesse emprisonnée

Oui, c’est samedi et j’écriiiis mais je suis un peu larguée en ce moment niveau dates, y a que le kiné qui me permet de mesurer le temps écoulé. Non parce que j’ai écopé d’un mois supplémentaire de repos forcé. Du coup, je vis mon été par procuration et je lis la presse people. En fait, la convalescence, c’est un équilibre entre vacances et chômage, je me dois donc de lire Voici, acheté par mon papa tous les samedis. Et croyez bien qu’il est devenu le roi du camouflage du Voici au sein des pages viriles de l’Equipe Mag. C’est pas qu’il assume pas, c’est que Voici, c’est pour maman. Et pour moi.

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Et cet été, les magazines people me proposent un roman fascinant : l’histoire mystérieuse de la nouvelle princesse de Monaco, Charlene Wittstock Grimaldi. Pour ceux qui auraient autre chose à faire que de lire la presse people parce que, genre, ils ont deux jambes valides, je vous résume les faits. Charlene et Albert se côtoient depuis 5 ans et ont décidé de se marier, ô joie des Monégasques (je suppose, je ne connais pas de Monégasque). Sauf que trois jours avant le mariage éclate une terrible rumeur : Charlene aurait tenté de s’évader ! S’évader oui : elle aurait été rattrapée in extremis par la police à l’aéroport et ramenée à son futur époux, le passeport en moins. Lors du mariage, tous ont scruté les gestes de tendresse entre les deux époux, les baisers officiels plutôt froids et quand Charlene s’est mise à pleurer à Ste Devote, on ne savait plus si c’était de joie ou de détresse. Et là, ultime rebondissement : lors de leur voyage de noces en Afrique du Sud, pays natal de la belle Charlene, ils auraient fait chambre à part. Provocation ultime : lorsqu’on leur a demandé de s’embrasser, la princesse a tourné la tête, présentant sa joue à Albert plutôt que sa bouche.

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Nous avons même une raison à la tentative d’évasion de Charlene : Albert aurait un troisième enfant caché. Vous allez me dire, on n’est plus à un enfant près sauf que celui-ci aurait moins de 5 ans… donc aurait été conçu alors qu’Albert était en couple avec Charlene. D’ailleurs, on nous raconte que le Prince, il aime bien lutiner les serveuses et hôtesses et qu’il déteste la capote. Parenthèse : protégez-vous bordel de merde! Voyez, après, ça fait des princesses captives.

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Reprenons. Si cette histoire est vraie, on peut se poser la question de la santé démocratique de Monaco : une citoyenne sud-africaine dont on confisque le passeport et rapatriée par la police monégasque (avec, je suppose l’aide de la police française vu que l’aéroport de Monaco n’existe pas, l’action se déroulerait donc à Nice) sans autre motif qu’abandon du domicile conjugal, c’est… pas too much du tout, tiens. Ca épicerait un peu les histoires du Rocher, on passerait de la princesse rockeuse (Stéphanie) à la prisonnière mais diplomatiquement, j’ai des doutes. Je pense sincèrement que l’Afrique du Sud n’apprécierait pas de voir une de ses ressortissantes traitée de la sorte, ressortissante qui vient justement au pays quinze jours plus tard…

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Alors si ce n’est pas vrai, pourquoi on invente ces histoires ? J’ai ma théorie : l’été, c’est la rediffusion d’Angélique Marquise des anges, ça nous inspire. D’ailleurs, comme de par hasard, Angélique est diffusé cet été sur TMC, la télé de Monte-Carlo. De là à imaginer que Charlene fait de la pub déguisée pour la télé monégasque, il n’y a qu’un pas.

 

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Mais j’ai une théorie autre qui me semble plus pertinente. En avril, nous avons eu le somptueux mariage de Kate et William qui sont beaux, amoureux… Un mariage somptueux sans le moindre couac qui a quelque peu déçu les langues de vipère, obligées d’inventer une love story entre Harry et Pippa et de se gausser d’une gamine moche. Avec Charlene et Albert, on tient notre revanche. D’abord, ils ne vont pas ensemble : ils y a un écart d’âge d’une dizaine d’années entre eux, elle est belle et lui…mmmm bref, elle a l’air toujours prête à trépasser d’ennui et, preuve ultime, elle n’a même pas appris le français en 5 ans de relation. Si c’est pas une preuve de manque d’entrain, ça ! Et puis les enfants Grimaldi nous ont toujours fourni de belles histoires croustillantes : Caroline, la veuve se consolant dans les bras d’un acteur connu avant d’épouser un alcoolique, Stéphanie et ses gardes du corps et ses acrobates, Albert, son bobsleigh et ses enfants cachés. Zut quoi, tout ça ne peut pas finir sur un beau mariage en blanc.

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En tout cas, l’histoire de la princesse emprisonnée, moi, ça m’inspire !

Cendrillon a la gueule de bois

(toujours pas l’article sur le mariage de ma soeur mais on continue à tourner autour).

Dimanche 10 juillet, 11h, “le jour d’après”. Je m’éveille péniblement car il va falloir retourner à la salle des fêtes tout ranger. Face à moi la porte miroir du placard de ma chambre. Et là, ça fait mal : mes cheveux ont un pli épouvantable (l’effet 30 kg de laque sur ton chignon la veille), j’ai du mascara jusque sur les joues. En un mot, je suis passée d’une soirée magique où tout le monde s’extasiait sur ma beauté à un réveil où je ne ressemble à rien de connu. C’est le syndrome Cendrillon a la gueule de bois.

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Bien qu’en l’espèce, la gueule de bois, je ne l’avais pas. Ben oui, je ne maîtrise pas les béquilles suffisamment pour m’en servir une fois saoule et j’ai pas envie de me recasser la jambe donc je suis restée raisonnable dans ma consommation d’alcool. Par contre, à force de béquiller et co, j’avais mal au genou, justement, et au dos, aussi, on va dire que ça fait office de gueule de bois. Vous connaissez un peu cette sensation déprimante de fin après une soirée divine où vous vous sentiez bien ? Ou le monde semblait vous appartenir ? Que vous vous sentiez au faite de votre séduction ? Et bien plus vous montez haut, plus la chute est grande le lendemain. Sauf si vous avez réussi à ramener un vrai prince charmant dans votre lit. Oui, parce que des fois, le syndrome Cendrillon a la gueule de bois peut être aggravé par le phénomène déjà expliqué de la grenouille et de la citrouille et, pas de bol, au lieu de rentrer avec le prince, vous êtes rentrée avec le gueux.

 

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Je déteste ces matins. Le soir, même quand la fête finit, ça ne donne pas cette sensation, on est encore dans l’excitation de la soirée en se disant “waouh, c’était trop bien”. Un peu comme Cendrillon qui, quittant sa citrouille, rentre raconter à ses petites souris la féerie de son bal. Mais le lendemain, quel vide tout à coup. D’une soirée pleine de rire, de glamour, de gens sympathiques (et de champagne), vous passez à votre appartement plus ou moins rangé, plus ou moins grand, plus ou moins glauque. De toute façon, même si votre appart est digne des meilleures pages de Déco magazine, vous voilà à nouveau dans votre décor quotidien, seule ou à peu près (cf supra). Plus de champagne, plus de paillettes ou alors elles sont toutes éparpillées dans votre lit, plus de glamour, votre coiffure est digne des pires atrocités capillaires de Sue Ellen (c’est bien ce à quoi je ressemblais dimanche matin). Vous vous éveillez avec en tête, outre la migraine, cette lancinante et déprimante question : me lever ? Pourquoi faire ? Parce que votre soirée a été tant remplie que là, l’idée de vous adonner à vos tâches habituelles vous donne envie de noyer trois boîtes de Kleenex.

 

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J’aime les soirées, je les aime vraiment. Mais alors le lendemain… Heureusement, Cendrillon a parfois droit à un tour de manège de consolation comme là, dimanche, où nous sommes remontés à la salle retrouver tous les gens qui avaient dormi là et nous avons fait un petit buffet froid. Buffet cafardeux pour la peine car les gens commençaient à partir pour rentrer chez eux et leur chez eux, parfois, c’est loin. Plus tôt dans l’année, par exemple, il y avait eu cette soirée chez la belle Jade qui m’avait inspiré l’article sur la grenouille et la citrouille (cf supra. Oui, j’aime bien dire ça). Le lendemain, avec Anaïs, on étaient allées pique-niquer avec Marielle, une autre fille de la plongée, ça permet de ré atterrir tout en douceur dans la vie quotidienne.

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En fait, nous faire la princesse d’un soir est le pire cadeau qu’on puisse nous faire. La fée était une garce.

Mais si, un jour, tu te marieras

J’avais prévu le récit du mariage de ma soeur depuis deux jours mais force est de constater que j’ai un peu de mal à l’écrire. Peut-être parce que les articles purement narratifs n’incluant pas une anecdote marrante, une pointe de cynisme ou un genou cassé... Alors en attendant, je vais vous parler d’un sujet lié : celui de mon futur mariage. Planifié par les autres, je précise.

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Comme ma soeur se marie, tous les gens ne m’ayant pas vu depuis une éternité et demi se sont sentis obligés de me demander “et toi alors, c’est pour quand ?”, ce à quoi j’ai répondu en toute sincérité quelque chose comme “ouhla, pffff, tu sais, moi, les mariages…”. Oui, j’ai envie de dire que si le mariage de mon unique soeur ne m’a pas donné envie de passer la robe blanche et le voile, on est quand même un peu mal barrés. Je ne dis pas que je changerai pas d’avis car 1) seuls les imbéciles bla bla bla et 2) ce blog ayant d’étranges vertus prophétiques, il aime me contredire donc si j’écris ici en toute lettres “jamais je ne me marierai”, je passerai devant M. Le maire plus vite que je ne le pense.

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C’est pas que je sois contre le mariage en soi, j’estime que chacun est libre de faire ce qu’il veut et s’il a envie de se marier, je serai sincèrement heureuse pour elle et lui (et ben oui, pour le moment, en France, les mariages ne sont qu’entre elle et lui). Et je me battrai même pour la reconnaissance du mariage homosexuel. Mais à mon niveau personnel, bof. C’est très émouvant, je dis pas, j’ai bien versé ma larme et une mariée est toujours belle (enfin, ma soeur l’était en tout cas), je comprends la force du symbole, c’est un engagement fort. Mais ça reste que ce n’est pas pour moi. Je l’annonce donc sans revendication ni acrimonie aucune et systématiquement, on me répond “mais si, tu verras!”. Heu… plaît-il ?

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Deux choses. La première me renvoie à ma condition de femme biberonnée aux contes de fée qui rêve forcément d’une beeeelle robe pour le plus beau jour de sa vie. Alors déjà, je peux porter une belle robe quand je veux, même une robe de mariée si l’envie m’en prend, pourquoi pas (bon, achetée sur ebay en Chine, ça fait cher le délire sinon). Et si j’en crois ma mère, le plus beau jour
de sa vie ne fut pas son mariage, gâché il est vrai par ma grand-mère paternelle qui a exigé de changer de salle pour le dîner car elle ne voulait pas être avec les ploucs (c’est à dire la famille de ma mère) mais le jour où je suis née. Et là, elle ne portait pas vraiment la grande robe blanche, ça aurait fait tache, sans mauvais jeu de mot. De toute façon, je rappelle à toutes fins utiles que la fin des contes, c’est “et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants” et le deuxième point bloque aussi pour moi parce que si on peut discuter de l’éventualité de ma maternité future, je ne veux pas “plein” d’enfants, faut pas déconner non plus.

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La seconde me fait le même effet que quand tu dis que ton célibat ne te pose aucun problème. En tant que fille, je suis programmée pour trouver l’Homme, celui qui va me refiler son nom de famille et mélanger ses gênes avec les miens. Oui… Alors, non. Quand je dis que je n’ai pas envie de me marier, ce n’est pas pour masquer l’amertume de ne pas avoir trouvé cet homme qui me donnera son nom de famille (d’ailleurs, non, je suis résolue à garder le mien sauf s’il a un nom de famille trop cool. Genre celui de l’Ex qui sonnait trop bien mais comprenez que je n’ai pas d’homonyme et que j’aime bien mon nom-prénom même si j’aurais bien aimé un nom slave genre Gnagnaska ou gnagnatova ou ovna… Mais je m’égare totalement), non, c’est juste parce que c’est le cas. Me consoler en me disant “la prochaine, c’est toi”, c’est pas très utile surtout que j’ai même pas attrapé le bouquet de la mariée. Enfin, pour être exacte, mon cousin que j’avais mandaté ne l’a pas attrapé pour moi, je pense qu’il est difficile de rattraper un bouquet en béquilles.

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Donc non, je n’ai réellement pas envie de me marier, cette déclaration est faite sans amertume ni acrimonie, j’ai juste d’autres envies.  Mais je vais un jour organiser une fête pour mettre quand même la robe de mariée (achetée en Chine via Ebay) comme ça, on pourra pas me sortir cet argument pour m’expliquer que, génétiquement, je dois désirer le mariage. Na.

Où je passe à côté du mariage du siècle

J’ai la patte folle. Les béquilles accrochées à mes avant-bras, je claudique. Façon Lady Gaga dans son clip Paparazzi, le glamour en moins. Sauf que voilà, je n’aurai pas le droit de poser le pied avant la semaine prochaine et que THE mariage a lieu ce week-end. Mais si, je vous en ai parlé moult fois : ma soeur va devenir madame.

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Il est vrai que je ne suis guère attachée au mariage pour ma propre personne et quand je vois tous les préparatifs que ça nécessite, sans même parler des coûts, de toute la diplomatie du “j’invite machin donc je suis obligée de convier chose que je n’aime pas”, tous les amis des parents des mariés conviés au vin d’honneur (ça, j’ai pas bien compris pourquoi), la musique à choisir, la messe à préparer (quoi que ça, non, j’éviterais)… On ne s’en sort pas. Cependant c’est le choix de ma soeur qui attendait ça depuis bien 5 ans donc forcément, je suis heureuse pour elle. Et là, je réalise : pour le mariage de ma soeur unique… Je suis trijambiste (j’ai deux béquilles…). Et merde !

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J’avoue que ça m’agace. Jusqu’à présent, j’ai pris mon accidentounet avec philosophie, me disant que oui, ça fait un peu chier de se casser le genou mais que ça aurait pu être pire donc comme dit l’adage, faisons contre mauvaise fortune bon coeur. Puis faudra que je vous parle de la rééducation, ça me plaît ça (et pas juste à cause de la partie massage). Sauf que tout positive que je sois, force est de constater que je vais pas être à mon optimum au mariage de ma soeur : je peux pas trop aider à la décoration (qui va accrocher les rubans aux arbres ? Ben pas moi), je vais pas pouvoir danser, je vais être un peu le boulet qui reste pas debout trop trop longtemps parce qu’au bout d’un moment, ça tire et laissez moi avancer en premier sinon le temps que j’arrive dans la salle à la mairie ou dans l’église, la cérémonie sera fini. 

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Je ne peux pas dire que je suis pour autant laissée de côté, ma soeur m’implique autant qu’elle peut : confection de petites choses, peinture de petits cadres, mise en page du livret de messe (ce qui est plutôt étonnant vu que je suis une calamité en terme de mise en page et de présentation, faudrait peut-être que je chope une formation sur le sujet). A défaut d’être la reine du bal, je deviens la reine du ruban. 

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Hier soir, Yohann, notre presque frère, le 3e enfant de la fratrie, m’a appelée pour régler quelques trucs “ahlala, je sens l’excitation monter”, me dit-il. Moi, pas tellement, c’est plus la frustration. La frustration de me dire que je ne pourrai pas fêter comme il se doit le mariage de mon unique soeur. Même si je reconnais qu’elle a tout fait pour m’impliquer malgré ma patte folle et que Yohann m’a garanti qu’ils feraient en sorte que je m’amuse aussi (ce à quoi j’ai répondu en toute sincérité que j’étais pas la reine de la soirée donc qu’il ne fallait pas se mettre martel en tête sur la question), je suis quand même le boulet de service, celle qui propose son aide et s’entend dire “non, non, c’est bon” parce que ce qu’il reste à faire implique de conduire une voiture, de porter des choses, de prendre des escaliers… 

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Evidemment, je me serais pas cassé la marboulette, je ne serais rentrée en province qu’hier soir et n’aurait été utile qu’à partir d’aujourd’hui, j’ai peut-être été plus utile handicapée que mobile car des bras (et surtout des jambes), on n’en manquera pas ce soir. Reste ce sentiment de passer à côté de la fête du siècle. Parce que de soeur, je n’en ai qu’une et normalement, elle ne se mariera qu’une fois.

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Je vais commencer à lui parler de ces gens qui renouvellent leurs voeux lors de cérémonies identiques à celle du mariage pour qu’elle en refasse un dans 5 ans…


Par contre, je risque de tuer ma mère au passage…