Un pénis dans mon journal !

Jeudi, 12h. Je pose mes délicates fesses sur le banc de ma gare et j’entreprends de feuilleter mon « 20 minutes » tout en tirant de longues lattes sur ma clope. Je jette un regard rapide aux gros titres. C’est ma technique de lecture, en fait : un premier coup d’œil, vite fait, je note quelques sujets intéressants pour des articles pour mes webzines puis je recommence au départ pour lire sérieusement.
 
Je tourne les pages, un coup d’œil à mon horoscope (aussi vite lu, aussi vite oublié), je saute le programme télé et là, à l’avant-dernière page, que vois-je : un homme
nu ! Ce n’est pas tant l’homme nu qui me marque que son pénis, pendant négligemment entre ses jambes.
Il a oublié son slip…
Seigneur ! Mais je rêve : un pénis innocemment exposé dans mon journal, voilà qui est inédit ! Pour ceux qui auraient raté ce merveilleux cliché, je vous explique : c’est l’association AIDES (qui lutte contre le SIDA, pour ceux qui ne connaîtraient pas) qui « remercie » ceux qui se sont protégés cet été. Du coup, le monsieur a mis une capote et a le zizi tout blanc alors que le reste du corps est subliment bronzé… Je trouve cette pub géniale même si j’émets une petite objection : le monsieur, même s’il n’a pas mis de préservatif, sera blanc du pénis aussi puisqu’une fois dans son/sa partenaire de jeu, il n’est pas censé bronzer. Mais peu importe…
 
Estomaquée, je finis par monter dans mon train et je rejoins Zoé en ville pour un déjeuner entre filles, on s’installe et je lui montre l’objet du délit. Du coup, on passe la
moitié du repas avec notre « 20 minutes » ouvert à la page X, sans même s’en rendre compte, occupées à parler de nos amours. Bon, voilà comment passer pour des obsédées totalement en manque d’homme en une leçon.
 
Faut dire que c’est osé : des gens nus dans les journaux, ce n’est pas si étonnant que ça. Dans les pubs pour le savon (notamment Tahiti), on voit des femmes, tout seins
dehors, se laver avec délectation (hum !). Mais un pénis ! Ça, je vous jure que c’est de l’inédit ! Je me souviens quand Basic Instinct était sorti, en 1992, on avait accepté de ne pas le classer en « pornographique » car on ne voyait pas le sexe de Michael Douglas… Dans les films, on en voit quelques uns, de temps en temps, mais c’est rare. Alors dans la presse non spécialisée, imaginez un peu ! Bon, on notera que le pénis en question est au repos, mais il est là, quand même !
 
Ohlala !
En France, on a vraiment une drôle de relation avec le sacro saint phallus, je trouve. Dan Brown dans son best seller « Da Vinci Code » a dit un truc du style : « ça m’étonne pas que les Français aient choisi un phallus géant (la Tour Eiffel) comme symbole national ». Bon, on en voudra pas à M. Brown de ne pas savoir que notre symbole national, c’est le coq, mais bon, ça reste pareil, au fond… J’étais partie en voyage de classe en Allemagne, il y a quelques années (en 1995), j’avais emprunté un journal à ma correspondante, un espèce de Voici, je crois : jamais vu autant de pénis en quelques pages : celle de Brad Pitt (cachée en France), celle d’un inconnu qui posait à poil… Je précise que ma correspondante avait 15 ans et ce magazine n’avait rien de pornographique ni même d’érotique…
 
Mais en France, montrer un pénis, quel scandale ! D’ailleurs, quand j’ai montré la campagne à Zoé, j’ai rajouté : « demain, la campagne est annulée ! ». Triste à dire mais les Français sont puritains : 20 minutes a reçu beaucoup de lettres et de mails de personnes se plaignant de ce zizi même pas dans sa superbe. La palme du conservatisme extrémiste a quand même été atteint par le site Internet des jeunes catholiques nantais (ou quelque chose du style) qui a déclaré que 20 minutes faisait de la pornographie et que le préservatif ne protégeait en aucun cas du SIDA, de toute façon… Qu’on soit choqué par la photo d’un pénis, soit, qu’on en profite pour véhiculer de telles conneries, ça me dérange mais ceci est un autre débat.
 
Le début d’une nouvelle ère ?
Personnellement, je trouve cette campagne pas mal trouvée et j’ai bien envie de faire un article dessus pour un webzine. Bon, comme je l’ai dit plus haut, je ne crois pas que le préservatif soit lié ou non au bronzage du monsieur. Personnellement, je n’ai pas installé de lampe UV dans mon intimité donc si un monsieur entre là-dedans alors que nous sommes en train de paresser au soleil, son pénis ressortira tout blanc, avec ou sans capote. Mais j’aime bien le principe de cette photo, ça va faire couler de l’encre.
 
Ceci étant dit, AIDES est sympa de nous remercier de nous être protégés cet été, ça veut dire qu’on peut relâcher notre attention ? Je rappelle à ceux qui ne le sauraient pas (pas grand monde, j’imagine), que le SIDA n’a rien à voir avec la saison, il ne sort pas aux premiers rayons de soleil et ne s’attrape pas dans le sable. N’oubliez pas le petit capuchon à la
rentrée…
 
Du coup, j’attends avec impatience la campagne d’hiver, avec une petite écharpe autour du pénis ! 

Julien, épisode 2

(J’ai commencé cet article il y a un mois, je le termine aujourd’hui. Le premier épisode : Julien)
 
Samedi soir, je suis seule avec ma télé et mon chat, c’est pas la joie mais on fait avec… Dire que la semaine dernière, à cette heure-ci, j’étais au resto japonais avec trois copines (dont Linga et Athéna), on rigolait, mon humeur était au zénith. Ce soir, mon humeur n’est pas franchement au top, j’ai comme une envie d’exploser mais j’ai beau engueuler ma télé, elle s’en fout (je vais pas crier après mon chat, quand même !). Evidemment mon humeur fluctuante a une principale cause, pour ne pas dire unique : Julien.
 
Ben merde, me voilà « in love » !
Nous en étions resté à notre première rencontre meetic qui fut pour le moins ratée. Suite à ce fiasco, je lui avais écrit un mail pour m’excuser de mon attitude… Pourquoi j’ai agi comme ça ? Je ne suis même pas sûre mais je crois que de voir ce grand gaillard tout mal à l’aise m’a touchée, ça m’a remuée plus que je n’aurais cru. Le week-end suivant, je retourne dans ma région natale pour couvrir un match, dans le cadre de mon stage : je me dis qu’à quelques 700 kilomètres de lui, je vais bien finir par y voir plus clair. Mais, raté, il m’obsède ! Est-ce que c’est parce qu’il m’a repoussée ? Est-ce juste une simple question d’ego ou c’est plus que ça ? Un mois plus tard, je n’en sais toujours rien.
 
Le dimanche, je me mets sur Internet et voit Gauthier, je me trouve inspirée et je mets comme pseudo : « Mon cœur est en proie au désarroi » (oui, je suis poète à mes heures perdues). Quelques temps après, qui vient me parler ? Julien ! Au départ, je ne souhaitais pas lui parler, j’avais écrit un mail de « déclaration » que je comptais lui envoyer le mardi car le lundi soir, j’avais un rendez-vous crapuleux… On commence à discuter d’amour et il me dit des choses magnifiques, je suis encore plus troublée qu’avant, je ne sais plus du tout quoi faire. Ce qu’il me raconte me fait vibrer, je montre cette conversation avec Victoire qui partage mon opinion.
 
Retour chez moi et, comme par hasard, mon rendez-vous crapuleux s’annule de lui-même, le monsieur étant balancé dans une autre ville pour la semaine, pour son travail. Ainsi, le soir, plutôt que de faire des folies de mon corps, me voilà à nouveau sur MSN. Julien se connecte tard, je vais lui parler et nous avons une conversation assez amusante, un peu coquine mais ça reste relativement soft. On s’échange des photos et, au cours de la discussion, je lui propose de se charger de mon chat lors de mon prochain week-end en vadrouille.
 
Mon atout drague : mon chat
Le lendemain, j’arrive au boulot et j’apprends que je suis réquisitionnée le week-end pour couvrir un match à Clermont-Ferrand donc je me connecte aussitôt sur meetic pour envoyer un mail à ce cher Julien (je n’avais pas d’adresses mail valide), il me répond le soir même qu’il en sera ravi. On se donne donc rendez-vous le samedi matin pour qu’il vienne chercher mon chat à domicile (on habitait à 500 mètres l’un de l’autre, à ce moment-là). Il arrive à 11h30, je lui propose gentiment de boire quelque chose, on discute un peu tandis qu’un drame se joue dans ma cuisine. Pour les gens qui n’ont jamais mis les pieds chez moi, j’ai une machine à laver très…bruyante et mouvante, on dira. Donc on hurle pour couvrir le bruit de ma machine quand il me propose : « tu veux passer chez moi voir où ton chat va habiter pendant le week-end ? » Pensez bien que j’ai accepté ! Je me lève et, là, je découvre le drame : ma machine à laver a quitté son emplacement pour se placer devant le frigo, arrachant au passage les tuyaux et un panneau de bois de mon placard, la catastrophe intégrale. Il me propose gentiment de m’aider à réparer les dégâts mais je préfère qu’on aille chez lui, histoire de pas casser l’ambiance.
 
Et nous voilà partis avec le chat et ses affaires, on arrive chez lui, appartement super sympa mais vide. En fait, son ex était partie 3 mois plus tôt avec ses affaires, à savoir tous les meubles de l’appart ou à peu près… Il me propose gentiment un verre, on s’installe sur sa terrasse et on commence à parler en regardant la pluie tomber, il me remplit mon verre et me voilà vite pompette, malgré les pop corn qu’il a préparés pour éponger un peu tout ça. Il faut savoir que ce jeune homme fait 30 bons centimètres de plus que moi et autant de kilos donc forcément, je ne faisais pas le poids. Il me dit des jolies choses, m’avoue qu’il me fait confiance… Je me sens tellement bien avec lui, j’aime la façon dont il me regarde, me sourit. Il me glisse pas mal de sous-entendus coquins, par exemple : je lui expliquais que, pour les femmes, le strip-tease masculin n’a rien de bien excitant vu que ça a toujours un côté « spectacle pour hommes qui aiment les hommes ».
 
Il y a quelques années, j’étais allée en boîte avec Gauthier et sur des écrans géant passaient des vidéos des Chippendales. A un moment, l’un des deux mangeait avec délectation une grappe de raisin sur le ventre d’un autre (quand je vous dis que ces spectacles n’ont rien d’hétéro !). Je raconte donc ça à Julien qui me répond du tac au tac, avec un regard franchement troublant : « Et toi, ça te plairait de manger du raisin sur le ventre d’un mec ». Je ne sais pas exactement quelle tête j’ai fait à ce moment-là mais ça devait être très drôle, je devais être rouge comme une tomate, le regard vitreux à cause de l’alcool et je sors bafouillante : « Heu…ben…euh, je sais pas, c’est pas trop mon truc… » En fait, c’est un peu une erreur car lui, c’est franchement son truc ! Bon, on continue à papoter comme ça puis on repart, lui au supermarché, moi chez moi. Arrivé devant le supermarché, on continue encore à discuter, je suis franchement saoule et rigole pour un rien. On se fait une première bise mais on continue à parler et soudain, il se penche sur moi pour me faire une bise, j’ai été un peu surprise et perds un peu l’équilibre, je m’appuie contre lui, mes mains sur ses épaules… On finit notre conversation, il me promet de m’appeler dimanche pour me donner des nouvelles de mon chat, on se dit à nouveau au revoir mais définitivement, cette fois-ci : il a rendez-vous à 15 h avec un ami…et il est 15h ! Je rentre chez moi, saoule et heureuse.
 
C’est qui, cette pouffe ?
Le dimanche, je couvre mon match puis je m’installe à l’hôtel pour la nuit, j’attend son coup de fil qui ne tarde pas… Mmmmm, sa voix, je l’adore, elle est grave et douce à la fois, mmmmm… On discute normalement et là, je me prends une claque monumentale : il me glisse dans la conversation qu’il n’a pas dormi seul la nuit précédente (et il ne parlait pas de mon chat).  On finit la conversation et je raccroche, je me retrouve seule dans une ville que je connais pas… Je me jette sur le téléphone et appelle Victoire qui me dit que je me fais peut-être des idées, il a peut-être partagé sa couche avec une copine sans qu’il se soit rien passé, Gauthier va dans ce sens-là aussi mais je suis sûre qu’il a couché avec une fille.
 
Je rentre dans ma ville super énervée, décidée à avoir une explication. J’attends donc qu’il me ramène mon chat mais aucune nouvelle de lui donc je finis par lui envoyer un texto pour savoir quand il comptait passer. Quelques temps plus tard, je reçois un coup de fil de sa part : il est encore au boulot, il ne sait pas quand il sortira mais il me tient au courant. 23h30, coup de fil : « je sors du boulot, je passe te rendre ton chat ou pas ? » Oui, merci. En attendant, je trafique sur Internet.  Soudain, j’entends des bruits bizarres, au dehors (j’habite au rez-de-chaussée côté rue), je crois en connaître l’origine : effectivement, c’était Julien qui s’amusait à miauler devant ma fenêtre. Bon, dès qu’il me sourit, je n’ose plus rien lui dire. Il rentre un petit quart d’heure et, évidemment, à ce moment-là, son téléphone : c’est sa pouffe. Je tire une gueule pas possible pendant les 2 minutes que durent l’appel puis je lui dis poliment que s’il veut passer, il sait où j’habite et là, il me fait : « ouais, je m’incrusterais et je resterai sur le canapé quand tu seras avec ton mec. Au pire, je tiendrai la caméra ». Selon Gauthier, j’aurais dû répondre : « mais je n’ai personne ! » mais comme j’étais édifiée, j’ai dit : « non, ça ira ! ».
Il part et je suis énervée contre moi, je joue avec mon chat puis je me dis que je dois lui écrire un mail pour lui demander à quoi il joue avec moi mais pas de suite : j’ai planifié une brouette avec Benoît, mon plan cul régulier. Oui car quand je suis déçue par quelqu’un, je me venge comme je peux. Je sais, c’est nul mais c’est ma façon d’agir, je n’en rougis pas. D’ailleurs, après ma brouette (pas forcément très brillante), ça m’a permis de relativiser les choses, je n’ai pas envoyé mon mail, finalement. Que me doit-il ? Rien. Comment pourrais-je lui reprocher d’avoir couché avec une fille alors que, moi même, je n’ai pas été d’une chasteté exemplaire ? Pourtant, le vendredi soir, je le vois sur le net et comme je dois à nouveau quitter ma grotte, on convient qu’il passera récupérer mon chat chez moi, je planque un double des clés à son intention dans mon immeuble.
 
Je plane…
Le dimanche soir, il m’appelle pour me demander le code de ma porte d’entrée et où se trouvent mes clés, puisqu’il n’a pas eu le temps de lire mon mail… Moi qui avait fait l’effort d’être spirituelle, pffffff !
 
Nous voilà reparties dans une grande discussion comme à notre habitude puis il me demande si je dois redescendre dans ma région d’origine à la mi-août car il a de la famille par là et descendra à ce moment-là. Je nous imaginais déjà, cheminant côte à côte sur MON territoire, dans la ville où j’ai tant de souvenirs…
 
Je raccroche, toute guillerette, cette perspective de se promener ensemble dans ma ville me donne des ailes. Je rentre trois jours plus tard chez moi, après avoir vu mes amis blogueurs (Anne, Lucie, Clara et Gauthier), j’essaie de joindre Julien mais la voix métallique et impersonnelle d’une dame (la même qui me parle à la gare) m’explique que le numéro n’est plus attribué. Commençant à stresser, je l’appelle directement chez lui et tombe sur son répondeur (mmmm, cette voix). Le temps passe et je commence sérieusement à m’inquiéter, tous mes contacts MSN (Victoire, Linga, Gauthier, Louis et même Benoît) sont mis au courant de mon désarroi : où est passé Julien ? Victoire et Linga échafaudent les pires théories pour me rassurer (il l’a vendue au restaurant chinois du coin, elle est morte et il a tué son portable pour plus que tu arrives à le joindre…), je commence à imaginer les miennes (un méchant a voulu lui voler son portable, il s’est fait renverser par une voiture, il est mort et mon chat se retrouve tout seul…)… Bref, c’est la panique totale ! Enfin, vers 22h30-23 heures, je le vois qui débarque sur MSN (mon pseudo lui était déjà dédié), il branche la webcam et je le vois en train de faire des câlins à mon chat, bien vivant et en pleine forme.  Le drame est donc évité de peu !
 
Il finit par me la ramener et je ne sais comment, me voilà en train de lui tirer les cartes pour son avenir professionnel et sentimental. Bon, lecteur, je ne te cache rien : pour son avenir professionnel, quelques obstacles, pour son avenir amoureux, tout irait bien s’il patientait encore un peu. Ce tirage me ravissait car il n’était pas question de rencontre et qu’à ma connaissance, il ne fréquentait personne. On discute, il me gratifie de nombreux compliments dont le plus beau : à un moment, on parle de mon chat et je lui dis qu’elle est mon portrait craché : minuscule, merdeuse, bavarde et câline. Et il rajoute : « et puis, elle est super belle ». Moi, modeste : « Je ne sais pas si je peux dire que je suis super belle… » « Si, tu peux. » Là, j’ai dû visiter toutes les couleurs de l’arc en ciel ayant de bafouiller un : « merci ». Puis on continue à discuter de choses et d’autres, il me demande si je porterais une bague s’il m’en offrait une… Seigneur, je plane, je suis aux Anges ! Mais toujours rien, on se fait la bise, il part.
 
…Et je tombe.
Ensuite, c’est la chute. Pendant une quinzaine de jours, on ne communique plus : il déménage, il n’a plus le net. Un soir, je reçois un mail de sa part très courtois me demandant de mes nouvelles et me racontant son déménagement, je suis folle de joie car Victoire me disait qu’il n’était pas correct de pas me donner signe de vie. Le voilà qui arrive sur MSN et nous parlons encore d’amour avec un A majuscule. Il me dit qu’il veut m’inviter à manger pour que je vois son nouvel appartement…Seigneur, c’est donc qu’il m’aime ! Il se déconnecte et là, plus de nouvelles donc prenant mon courage à deux mains, je lui envoie le texto suivant (sous les conseils de miss Victoire) : « Bon, qu’est-ce que tu attends pour m’inviter à dîner ? 😉 Bisous ». Réponse : il n’y en a pas eu. Je lui avais également envoyé un mail quelques jours plus tôt au sujet de la garde de mon chat pour le week-end suivant et rien, pas de réponse. Or, en traînant sur meetic, j’ai vu qu’il s’était connecté sur le site donc, là, je deviens folle de rage et je mets comme pseudo MSN : « Les individus à pénis m’exaspèrent ». Je le bloque mais Gauthier m’explique qu’il ne peut pas voir mon nouveau pseudo MSN puisque je l’ai bloqué… Donc je le débloque et comme je le vois en absent, je me dis : je le laisse quelques minutes puis je le rebloque (mon pseudo s’étant remis à jour entre temps sur sa liste de contacts). Sauf que son absent était un faux, le voilà qui me parle gentiment et branche sa webcam pour me faire des grimaces… Et voilà comme toute mon agressivité envers lui se disloque.
 
J’en étais là lorsque j’ai commencé à écrire cet article mais le lendemain, mon cœur a volé en mille éclats. Il revient me parler sur MSN, je ne sais plus comment ça vient mais voilà soudain qu’il me lâche : « oui, tu vois, moi, avec la personne que je fréquente… » Quoi ? Que lis-je ? Un poil agacée (doux euphémisme), je lui réponds : « Ah bon, tu fréquentes quelqu’un, toi ? » Et bien oui, une jeune femme rencontrée sur meetic, une infirmière d’Auvergne. Et là, comme une grande, alors qu’il était clair qu’il ne s’intéressait pas du tout à moi, voilà que je lui déballe tout, tout en tenant Gauthier au courant de l’autre côté. Pourquoi m’a-t-il fait tous ces compliments, alors ? Car il les pensait mais il n’a pas eu le déclic, avec moi…Je t’en foutrais, des déclics ! Sur le coup, je suis en colère, vexée mais pas triste. Ainsi voilà le fin mot de l’histoire : ma passion pour ce jeune homme n’était qu’une bête réaction d’orgueil, Victoire me l’avait dit. Linga l’avait vu dans ses cartes aussi mais je n’avais pas voulu l’écouter…
 
Un mois plus tard, je me demande d’où est venu cet embrasement pour ce garçon. Il est charmant, certes, adorable… Mais maintenant que je suis sur le point de me mettre à la colle avec un mec tout aussi gentil et charmant (Arnaud, pour ceux qui n’auraient pas suivi), je me rends compte que j’ai pas envie de m’engager. En fait, je pense avoir trouvé la solution dans mon autopsychanalyse. Comme dirait mon horoscope dans je ne sais plus quel journal : « vous êtes amoureuse de l’amour ». C’est tout à fait ça, j’aime bien être amoureuse, peu importe de qui. Maintenant que je m’en suis rendue compte… je ne suis plus amoureuse de personne et je ne suis pas plus malheureuse. Après la révélation de mes sentiments, Julien est venu me parler deux ou trois fois sur MSN par politesse et pour vérifier que je ne boudais pas. Cependant, il ne se connecte plus en ce moment (ou alors quand je sors, ce qui est très fréquent) et je ne sais pas si ça marche avec son infirmière ou pas…En fait, j’avoue que je m’en fous. C’est fou comme un garçon qui m’a rendue dingue pendant un mois me laisse froide aujourd’hui… Décidément, l’orgueil nous pousse à faire de drôles de choses.

Mon autopsychanalyse

Aujourd’hui est le premier jour de ma nouvelle vie. J’ai débuté un nouveau stage et, pour m’y rendre, j’ai trois-quarts d’heure de trajet, ça laisse largement le temps de cogiter.
 
Hier, je me suis pris un nouveau vent, j’en deviens spécialiste et j’étais en colère : mais pourquoi ça m’arrive ? Je ne pense pas être particulièrement moche ou conne et pourtant…  Bon, je vous rassure, ça ne m’a pas empêché de dormir, finalement, je me suis endormie assez rapidement. Ce matin, je me suis levée encore énervée et, alors que je me rendais à la poste dès huit heures du matin pour récupérer ma free box, je commençais à échafauder une nouvelle théorie : tout est une question de karma. Si ma vie actuelle est la conséquence de ma vie passée, j’ai dû être une personne très belle (homme ou femme, mais ça me crispe un peu de penser que, moi aussi, dans une autre vie, j’ai eu un pénis) qui a dû briser un nombre incroyable de cœurs.
 
Cette théorie n’était pas franchement gaie parce que ça veut dire que ça ne changera pas. J’arrive à mon stage et je découvre un nouveau stagiaire, Paul. Le sosie de Jacques Villeneuve, les yeux bleus en moins… Je range ma langue et éponge ma bave me disant que mon stage s’annonçait bien mais le Paul en question est aussi chaleureux que la Sibérie en décembre… Et pourtant, je vais forcément craquer pour lui.
 
A midi, alors que je m’acheminais à l’autre bout de Paris pour prendre deux photos pour mon webzine, j’ai soudain été frappée par une révélation. Hier soir, je discutais avec Linga sur MSN et elle me disait que, déjà, j’avais un petit problème d’adéquation : je veux une relation un tant soit peu sérieuse et je la cherche sur meetic… Ce n’est pas vraiment un bon plan. Reprenant cette réflexion et analysant mon passé sentimental pour le moins catastrophique, j’ai réalisé quelque chose : j’ai un problème, je fais exprès de flasher sur des mecs avec qui il ne se passera rien. Je vous détaille rapidement ma vie sentimentale pour que vous compreniez bien.
Adolescente, je craquais toujours sur « le beau mec là-bas », c’est à dire un garçon qui n’avait pas la moindre connaissance commune avec moi et avec qui je ne parlais jamais. Donc, pour arriver à quoi que ce soit, ce n’est pas gagné. Arrivée à la fac, j’ai craqué sur un prof (il était vraiment mignon, des fesses à mordre, un sourire charmant, des yeux…aaaaah ! Mais un prof, donc totalement inaccessible) et un pédé pas encore déclaré (Gauthier, tu restes le seul homme de ma vie ! ;)). Tout ça pour terminer dans les bras d’un dépravé sexuel. Notre relation fut pour le moins chaotique : déjà, nous vivions à 700 km l’un de l’autre et quand on ne se voyait pas pour multiplier les brouettes tonkinoises et saltos thaïlandais, on s’engueulait. Gauthier m’a avoué récemment qu’à l’époque, il m’aurait frappé pour que je cesse de fréquenter ce gars.
 
Après, il y a eu Guillaume, une belle et longue histoire mais c’était franchement pas gagné, au départ… Je l’adore mais je me rends compte aujourd’hui (enfin, non, ça fait longtemps que je le sais) que nous n’étions pas compatibles et les premiers mois furent assez pénibles, il a fallu que je me batte pour que ça tienne.
 
Et depuis, ma vie amoureuse ne ressemble à rien : je n’ai craqué que sur des mecs en couple (plantade assurée) ou des garçons que je connaissais surtout sur MSN. Et plus le vent se précisait, plus j’insistais ! Alors je me suis inscrite sur meetic et j’ai craqué sur LE mec qui n’a pas voulu faire de cochonneries avec moi. Objectivement, des meeticboys que j’ai rencontré, le mieux, c’est Benoît : physiquement canon, intéressant et quel étalon ! Certes, il a une voix bizarre et il est allergique aux chats mais jusqu’au coup de pute qu’il m’a fait il y a 15 jours, il avait tout pour que je craque sur lui mais ça ne s’est pas passé comme ça… Sans doute parce que je l’avais déjà eu.
 
Et maintenant que je regarde mes « prétendants » actuels, je me rends compte que je cherche les complications : un a déjà un enfant, un autre est l’un des meilleurs potes de Louis. D’ailleurs, là, je me retrouve le cul entre deux chaises, j’ai l’impression d’être un trophée pour eux : Louis m’a dit que Aurélien était puceau (il sait que ça me branche pas du tout, un puceau), Aurélien m’a dit que Louis avait tout intérêt à le casser auprès de moi pour ne pas griller son plan cul (moi, en l’occurrence).
 
A côté de ça, j’ai rencontré un garçon charmant sur meetic, mignon, un sourire magnifique, intelligent, adorable… Mais l’étincelle n’a pas eu lieu. J’avais un collègue plutôt appétissant à la ligue, Ludovic, mignon, un sourire magnifique, intelligent, adorable… Mais l’étincelle n’a pas eu lieu.
 
Alors voilà : on dirait que je le fais exprès de craquer sur LE mec qui ne s’intéresse absolument pas à moi. J’ai la lose en amour mais je vais tout pour.
 
Partant de ce constat qui m’est apparu comme une évidence, j’en ai cherché les raisons. Je ne suis pas sûre de les avoir trouvées, j’ai plusieurs possibilités :
– je suis allergique au bonheur. Comme je réussis dans mes études, je dois chercher inconsciemment à rééquilibrer la balance. Curieusement, je dois penser que le bonheur total est indécent donc je me gâche toute seule, comme une grande.
– mes parents étant un exemple trop parfait de couple uni et, pensant inconsciemment ne jamais arriver à vivre le même bonheur qu’eux, je gâche volontairement toute histoire possible. J’en parlais l’autre jour à ma petite sœur qui ressent la même chose que moi. Mes parents sont un modèle à ce point parfait de bonheur conjugal que nous avons peur de ne pas arriver à leur cheville.
– je cherche le prince charmant mais je sais qu’il n’existe pas. C’est là l’hypothèse la plus probable, selon moi, je m’explique. Je cherche un homme parfait e tout point mais comme il n’existe pas, je le fantasme. Je lui donne le visage d’un garçon qui me plaît, je vis une relation rêvée mais ne fait rien pour réellement la concrétiser. En craquant sur un homme inaccessible, je ne risque pas de déchanter en me frottant à la réalité. Je suis une fille rêveuse, j’adore passer du temps à rêvasser, à imaginer ma relation avec un garçon qui, finalement, n’existe pas. Dans ma tête, nous vivons des instants merveilleux qui ne se dérouleront jamais dans la réalité. Il y a quelques temps, une astrologue du forum d’aufeminin avait fait mon thème astral et m’avait dit que ma recherche d’amour était absolue, voire mystique. Aujourd’hui, je me rends compte à quel point elle avait raison. Je veux un amour si pur, si parfait, que je fais tout pour ne pas déchanter.
 
Je suis bouleversée d’avoir pris conscience de ça. Réalisant ceci, je me suis alors sentie sereine comme jamais, légère comme une plume, belle comme un matin d’été. Il y a un peu plus d’une semaine, Linga m’avait tiré les cartes et annoncé, outre ma non-relation avec Julien, que j’allais trouver une certaine sagesse. Une copine ésotérique a analysé mon rêve de samedi et m’a également annoncé une transformation, que j’allais atteindre la sagesse. Je vous raconte mon rêve, au passage, car il est très drôle. Au départ, je suis actrice et je joue dans un film avec Brad Pitt et Angelina Jolie. Dans ce film, ils sont mariés et je suis la maîtresse de Bradounet (pourquoi s’emmerder ?), Angelina le sait et laisse faire. A un moment, je suis sur le dos de Bradounet à lui faire un câlin quand il disparaît et il revient en tombant du soleil (non, je ne prends aucune drogue). Et soudain, le temps s’accélère à toute vitesse, il fait jour, nuit, jour, nuit, Brad, Angelina et moi vieillissons à vue d’œil et nous ne pouvons rien faire pour empêcher ça. Je me retrouve soudain entourée de ma famille, nous marchons. Ma sœur et moi mourrons les premières et nous décomposons aussi sec mais je continue à voir la scène, tout le monde tombe au fur et à mesure sauf mon grand-père paternel qui enterre ma grand-mère, son épouse, autre dernière survivante, qui est accueillie par nos âmes. Et mon grand-père reste seul… Ce qui est intéressant c’est que, dans les personnes de mon rêve, la seule personne réellement décédée est mon grand père, il y a 18 ans. Selon ma copine ésotérique, la vieillesse puis la mort indique que je vais atteindre une sagesse en me transformant.
Et je pense qu’elle a raison : ce vent que je viens de me prendre ne m’a pas attristée mais mise en colère, signe que je n’étais pas amoureuse de Julien mais en colère parce que ça a cassé mon fantasme. Maintenant que je comprends mon mécanisme, je sais comment briser cette vilaine spirale d’échecs sentimentaux : en arrêtant d’attendre des choses et de prendre la vie telle qu’elle vient. Je n’ai qu’à fantasmer sur Bradounet et vivre mes amourettes sans me prendre la tête, arrêter de vouloir à tout prix un seul mec que, de toute façon, j’idéalise trop.
Ce soir, je me sens bien. En rentrant, ce soir, j’ai accroché pas mal de regards… Ce n’est donc pas parce que je suis moche que je me prends tous ces vents… C’est parce que je les cherchais.