J’ai testé pour vous la réunion sex toy

Et j’avoue que j’étais pas super enthousiaste de prime abord.

Comme je vous l’ai dit lundi, j’étais convoquée samedi pour un enterrement de vie de jeune fille avec en clou de soirée, non pas un strip teaseur (c’est tellement vulgaire ceci étant dit) mais la soirée tupperware des filles coquines : la soirée sex toy. En gros, ce qui me dérange, c’est la sensation d’être limite obligée d’acheter alors qu’en matière de sex toy, j’ai déjà ce qu’il me faut (et que pour dire la vérité, rien ne vaut le manuel, je crois). Mais n’étant ni la future mariée, ni une témoin organisatrice, ni chieuse, je n’ai rien objecté quand j’ai eu le programme. Et c’est parti pour la réunion sextoy.

20h30, nous sommes tous chez la belle soeur anglaise de Léna dans un appart intéressant. Comme dirait Stéphane Plaza, c’est un produit atypique, j’ai bien aimé sur le coup. En gros, c’est une sorte d’ancien atelier en RDC sur cour aménagé en duplex un peu étrange. Sympa mais inchauffable en fait. C’était la minute immobilier. Bref, on papote en mangeant des cochonneries et en buvant de l’orangina quand arrive une jeune femme que nous ne connaissons pas : la vendeuse. Sympa, dynamique. On s’installe toutes autour d’une table avec une coupe de champagne (quand même !) et c’est parti. En un, on remplit un questionnaire sur le sexe qui nous dit que, ahah, le corps n’est que jouissance et zones érogènes, même que si on n’a jamais eu d’orgasme rien qu’en recevant des caresses sur les seins, c’est que notre mec s’y prend mal (et sans doute nous aussi, la masturbation, cette réalité niée ?). On apprend également que si un mec est câlin et tactile, c’est parce que sa maman l’a été avec lui. Le papa, manifestement, il fait pas de câlins donc on n’en parle pas. Soit.

Après ce questionnaire limite culpabilisant à base de “huhu, vous n’y connaissez rien en sexe”, c’est parti pour la vente en 4 parties : les huiles et bougies de massage, la lingerie, les jeux pour adultes et les sextoys.

Les huiles et bougies : pourquoi pas sur le papier, c’est vrai que je n’en ai pas. Il y a des huiles chauffantes, le principe de bougies qui se transforment en huile chaude (mais pas brûlante) est sympa mais je bloque un peu sur les odeurs de bonbons et de bubble gum. Et je passe sur le gloss qui fait un effet chaud froid hyper désagréable mais, je cite “c’est pour faire plaisir aux mecs, pas à vous”. Oui, souffrir pour sucer son mec, quelle noble façon de procéder. (sinon, en gratuit, le glaçon ou le thé, ça marche bien. Ou le champagne mais c’est plus cher. C’étaient les conseils de Tatie Nina).

La lingerie : je sais pas trop, elle montrait un catalogue, j’étais loin et j’avais pas mes lunettes donc j’ai un peu somnolé. Je retiens juste : “les filles, faut pas négliger la lingerie parce que sinon, vos mecs iront voir ailleurs”. Ok, je lâche l’affaire, je sens Laure, une autre copine de la plongée, bouillir à côté de moi. Je retiens juste que je suis pas très chaude à l’idée d’acheter un déguisement mère Noël pour être sexy.

Les jeux pour adultes : Bah, Dieu merci, j’ai pas besoin de dés ou de petits papiers (29 € le jeu de petits papiers, je vais me les fabriquer moi même alors) pour avoir quelques idées de positions à pratiquer. Surtout qu’au moment M, j’ai un peu autre chose à faire que de lancer des dés.

Les sextoys : je dois avouer que y a eu du progrès depuis mon Jack, ils sentent plus trop le latex. A part ça, c’est amusant, y en avait quelques uns d’éventuellement tentants mais les prix m’ont largement freinée. 70 € en moyenne la bite en plastique, bof bof. Sans parler de la vibration. Il y a en avait, je vais l’appeler le triple play parce que je connais pas son vrai nom, en gros, tu as un gode qui s’enfonce dans le vagin plus deux bras stimulateurs pour le clito et l’anus. Ok, bien. Appuyons donc sur le bouton pour le faire vibrer. Vitesse 1, ok, vitesse 2, m…Moui. Vitesse 3… OH PUTAIN ! Mais hors de question que je mette un truc aussi violent dans mon vagin, ça va me balancer Güdrun direct dans l’estomac et me déchausser les dents.

Fin de la réunion, celles qui n’ont envie de rien peuvent s’éclipser. Eclipsons nous alors parce que non, rien ne justifie que je fasse chauffer la CB. La fille était sympa et on a bien rigolé mais me reste une interrogation : comment se fait-ce que lors d’une réunion sextoy entre filles, le plaisir de l’homme prenne autant de place ?

J’en reparlerai demain (ou un autre jour, comme d’hab).

Au secours, je suis trentenaire

Je dis souvent que je n’ai pas conscience de mon âge, que je flotte toujours dans un état de vingtenaire à mi parcours. 32 ans moi ? Non, impossible, hier encore, j’avais 25 ans, je débarquais sur la capitale un peu effrayée. 7 ans, déjà… Bref, mon âge n’est souvent qu’un chiffre abstrait pour moi, deux symboles vides de réel sens. Mais ce week-end, je l’ai bien senti ma trentaine.

Samedi midi, me voici dans le quartier des grands boulevards pour un brunch servant à lancer la journée enterrement de vie de jeune fille de ma copine Léna (un jour, je vous ferai un peu un mapping de tous mes potes parce que moi même, je m’y retrouve plus. Donc Léna, ex de la plongée, membre du club des 5 devenu je sais plus combien). Au passage, les amis, ça me ferait un peu plaisir de faire un enterrement de vie de jeune fille où je ne suis pas la pièce rapportée en quelques sortes. Non parce que sur les 4 que j’ai faits, je ne connaissais jamais personne en dehors de la mariée et deux ou trois personnes déjà croisées. Y compris l’EVJF (ça ira plus vite) que j’ai organisé y a deux ans. Bref, voilà, si un(e) de mes ami(e)s avait un peu envie de se marier et me faire participer à un EVJF où je connais bien à minima la moitié des invités, ça me ferait plaisir, merci. Mais revenons à celui de Léna et au brunch, point clé de mon article.

Alors que nous devisions gaiement autour de crèpes en détaillant nos origines bretonnes (thème du brunch puisque Léna et son futur mari sont bretons), voilà-t-il pas qu’une des convives nous fait une révélation : elle est enceinte de 2 mois donc excusons-la de somnoler de temps en temps, c’est la grossesse. En effet, elle nous a fait la montagne russe de l’énergie, passant de “ouéééééééé super cool” à “… On me parle ?” assez rapidement. Donc elle nous annonce ça et voilà-t-il pas qu’à l’autre bout de la table, nous avons également une future maman, bien plus enceinte celle-ci (6 mois au compteur). Et c’est parti pour la conversation grossesse, enfants, blablabla, enrichie par une troisième qui a déjà deux petiots. Donc nous voilà partis à discuter bébés, enfants, éducation et accouchement, youhou ! Bon, ayant bossé sur des forums féminins, je n’étais pas trop larguée mais mon expérience en terme d’accouchement est quand même très très limitée. Ah on me souffle à l’oreille “inexistante”. Oui, je le confesse, à 32 ans, je n’ai jamais accouché ni assisté à un accouchement (je vois pas bien dans quel contexte j’aurais pu me retrouver là dedans d’ailleurs). Hormis celui de ma propre naissance bien sûr mais je ne m’en souviens pas.

Et là, je me suis dit “ah, c’est donc ça, être trentenaire”. On parle mariage et/puis bébés. Bien. C’est sûr que, samedi, on n’a pas vraiment raconté d’histoires à base de “alors j’étais bourrée…” car c’était pas trop le genre. Nous fûmes sages comme des images tant que les mamans étaient debouts (après, ce fut un peu moins sérieux)et je me suis un peu sentie vieille, décalée. Un peu comme si mon âge réel m’était revenu en pleine figure tel un élastique tendu qu’on aurait lâché, slashhhh ! Il est vrai que si je regarde le premier niveau de mes amis proches, seule Anne est mariée et quasi maman (le 04 mai normalement), Amy vit en couple mais pour les autres, on est toutes célibataires et nos principaux sujets de conversations sont le boulot, nos prochains voyages et les mecs. Et quand la conversation dérape sur “tiens, moi, je voudrais ça pour mon prochain mariage” ou une éventuelle question de progéniture, je lève le nez en l’air et cherche les mouches tellement j’ai rien à en dire.

Et j’avoue que je n’aime pas trop ça. Je veux dire : nos horizons deviennent-ils nécessairement plus étroits quand on vieillit ? A partir du moment où l’on décide de passer devant M. Le maire et de se reproduire, ne parle-t-on plus que de ça ? Vraiment ? Est-ce que moi aussi, quand je serai enceinte ou maman (si tant est que ça arrive), je ne parlerai que de ça ? Ca m’angoisse à dire vrai. Non de parler de couches et d’éducation en soi mais finalement pour ce que ça représente en creux : avoir un enfant, c’est, semble-t-il, renoncer à pas mal de choses. Le jour où je deviendrai maman, pourrai-je encore aller à la chorale ? A la plongée ? A la salle de sport ? Ecrire ici ou ailleurs, fabriquer de petites choses avec mes doigts ? Mon univers se réduira-t-il naturellement car un petit être prendra toute la place ? C’est certes une autre histoire, une autre aventure mais la maternité nous dilue-t-elle ?

Etre trentenaire, ça craint en fait. J’ai donc à nouveau 27 ans de façon on ne peut plus officielle (d’ailleurs, c’était mon anniversaire récemment, je ne vous en ai même pas parlé mais y avait pas grand chose à en dire en fait). Ca me laisse le temps de voir venir les couches.

Le problème, c’est que t’es trop gentille

Guillaume mon manager 06 mars 2012

Mon voyage en Thaïlande ayant agacé mes collègues, j’ai eu la grande joie de subir mon entretien annuel dès ma rentrée des classes. Entretien globalement positif sauf que j’ai un terrible défaut : je suis trop gentille. Du genre à dire oui au client à peu près toujours et finir tard parce que je me suis engagée à finir un truc.

Ce défaut, si tant est que ça en soit un, n’est pas réservé au boulot, je l’ai aussi en dehors. J’ai un côté bonne poire godiche. En fait, c’est pas que je suis trop gentille, c’est juste que les 3/4 du temps, je choisis de laisser couler en me disant « à quoi bon s’énerver ? ». Je dis pas que des fois, ça me démange pas de monter au créneau, de dire que la personne m’ennuie avec ses faux problèmes, ses dramas créés sur mesure pour qu’on s’occupe d’elle, ses arguments fallacieux ou bancaux. Mais tu sais que tu n’auras pas gain de cause de toute façon et qu’arrive un moment, vaut mieux économiser sa salive que de tenter de démontrer en quoi l’autre a tort ou me fatigue. Sauf qu’à force de courber le dos, tu chopes un lumbago. J’envisage une carrière de parolière hip hop, t’as vu ?

Et puis Guillaume a dit autre chose : »tu devrais faire un sport de combat ». Je ris « mais je suis trop godiche, j’oserai pas frapper » »oui ben quand tu te seras pris une bonne mandale, tu oseras ! ». La nuit portant conseil, je me dis qu’il a peut-être pas tort… Ça fait quelques temps que je suis blasée de ma laisse couler attitude, que je sens la moutarde me monter au nez et que j’ai envie de dire merde plus souvent qu’à mon tour. Que je ressens la nécessité de me réimposer, de ne plus accepter l’inacceptable et advienne que pourra. Plus méchante la Nina 2.012 ? Méchante non, caractérielle oui. Après tout, j’ai quand même de quoi être sûre de moi, arrêtons de tenter de couler peinarde entre les rochers.

Alors j’ai jeté un œil sur le net mondial pour voir. Boxe française (celle où on ne frappe pas au visage), j’ai une salle pas trop loin du boulot. Seul souci : quand ? Je veux dire j’ai chorale le lundi, plongée le mardi, salle de sport avec Anais le jeudi. Le mercredi ? Non, j’ai aussi besoin de me reposer en semaine. Le vendredi ? À voir, c’est un soir souvent pris dans mon agenda. Le week-end ? Je dors, je fais le ménage, je vois mes amis. La question est : dois-je me rajouter une activité en plus, moi qui suis en permanence en asthme mental ? Oui mais si ça me permet d’arrêter de faire ma godiche, dois-je vraiment m’interdire de tenter ?

Je ne sais plus, je suis perdue…

On dirait que je suis pas encore rentrée

En fait, je suis en France depuis hier mais suite à un gros coup de barre hier soir, j’ai pas écrit une ligne. Tout comme durant les 12 jours de mon voyage car j’en avais juste pas envie et ça fait du bien de déconnecter.

Donc je reviens vite avec des articles sur la Thaïlande (faut aussi que j’organise un peu ça, j’ai des milliards d’anecdotes, de trucs, je sais pas bien comment organiser tout ça).

Bisous les gens

Vacances now

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J’aurais aimé en faire des tartines mais je vais me contenter d’être concise. Enfin relativement, vous connaissez ma propension au bavardage.

Je suis venue vous dire que je m’en vais. 12 jours en mer d’Andaman. Ouais c’est en Thaïlande (c’est pas comme si j’en parlais depuis une plombe). Mes dossiers sont à jour, j’ai mon passeport, mes papiers pour la plongée, mon appareil photo submersible (que j’ai failli ne pas récupérer à temps suite à une facétie de ma soeur ou plutôt de sa valise), mes tibias dans leur intégrité…

Du coup, je flippe : des vacances qui s’annoncent sans pépin, vraiment ? Je vous dirai ça. En attendant, maintenant que je n’ai plus aucun stress, je suis épuisée… Heureusement que le vol sera long !

On se retrouve donc ici le 06 mars. En attendant, faute de temps, je n’ai rien préparé. J’essaierai de profiter des vacances pour écrire quelques bafouilles sur mon iPhone afin de vous servir quelques articles sympas en mars. Sans parler du récit de voyage qui, j’espère, sera riche en anecdotes !

À très vite !

Nina, tellement euphorique

La liste de la fille qui se barre en Thaïlande

En attendant, je suis sous humex parce que je suis malade et putain-bordel, ça fait chier. Mon humeur ne s’arrange pas trop, donc.

– J’essaie de rendre le monde meilleur à mon niveau. L’autre soir, j’attendais donc le bus à son départ avec pas mal de gens. Etant l’une des premières à saluer le chauffeur, j’ai lancé le mouvement et tout le monde lui a dit bonsoir. J’étais fière de moi. On a les fiertés qu’on peut.

– Quand une blogueuse mode se prend en photo dans un centre commercial, ça donne des montrages de culotte involontaires et des confettis partout après. Parce que la blogueuse mode se met en scène mais ne nettoie pas, c’est ça la célébrité. Par contre, je ne l’ai pas du tout reconnue (mais je ne les connais pas bien).

– Le hammam, notre nouvelle passion avec Anaïs et Anna… Quand on arrive à nos fins. Première tentative, un dimanche avec en prime le cousin d’Anaïs. Parce que oui, c’est un hammam mixte. Le monsieur nous dit que c’est plein mais qu’on revienne dans une heure. Une fois au chaud chez Anaïs à boire de la tisane ou du café, on n’a jamais eu le courage de repartir. Sauf pour aller chez Anna manger des crèpes. La semaine suivante, nos trois drôles de dames y retournent, le mec nous reconnaît de suite et une fois dans le hammam, on comprends pourquoi. En fait, ce hammam mixte, ça veut dire “que des mecs et tes copines”. Pof.

– Anaïs me tire les cartes sur le plan amoureux “il y a un événement surprise, quelque chose que tu n’attends pas…”. Elle retourne la dernière carte : une femme blonde. Ah oui, en effet, je m’y attendais pas.

– Depuis un an que je hurle sur mon ordinateur, je suis un peu entendue. Je vais donc voir notre monsieur ordinateur. “Hé salut, tu m’installes un nouveau pc ?” “Ben, écoute, t’as qu’à prendre celui de Lise et utiliser le webmail”. Oui alors le pc de Lise étant à peu près aussi pourri que le mien (mais bénéficiant d’office 2007 alors que j’en suis à 2003). Comme cette semaine je me suis beaucoup énervée très bruyamment sur mon pc, mon manager a fait un mail pour qu’on me file un nouveau pc. Réponse “mais je lui ai dit de prendre celui de Lise et j’aurais connecté le mail”. Je réclame un formatage sur ledit pc. Ca, c’était mardi et depuis, plus rien. Je sens que c’est pas gagné.

– Quand je suis fatiguée, j’ai la paupière qui vibre. Là, en ce moment, c’est la paupière supérieure gauche qui n’arrête pas de clignoter. Tellement fort que j’ai l’impression qu’on me tire par le cil. Ca fait un peu mal. Mais courage mon petit corps, tu auras bientôt le repos que tu mérites.

– La semaine dernière, j’ai été une grande fille, j’ai sollicité un entretien pour une augmentation. Et mon manager m’a répondu qu’on en parlerait après mon entretien d’évaluation. A mon retour de Thaïlande donc.

– Anaïs et Nina, un cerveau pour deux. Samedi dernier, nous nous retrouvons dans le même groupe pour l’entraînement en fosse avec Isa blonde. Ce fut une fosse très drôle mais pour ceux qui ne font pas de plongée, nos histoires n’ont pas le moindre intérêt. Bref, après une séance en fosse, on débrieffe avec l’encadrant (en l’occurence, une encadrante), on refait la séance pour voir ce qui a marché ou non. “Ouais alors, Isa, ton parachute, y a,pas de plomb au bout, ce n’est pas normal”. Mon parachute… Je me souviens pas l’avoir replié comme il faut… Oh bordel, je l’ai laissé au bord de la piscine avec mes palmes. Je redescends donc tout récupérer et qu’est-ce que je trouve à côté de mon parachute ? Celui d’Anaïs ainsi que ses palmes. Moi aussi, ça me fait un peu peur.

– Avant, je râlais pour les boulangerie qui te rendent 10 cts en pièce de 1. Mais dimanche, j’ai découvert pire. Après une nuit chez Anaïs, j’avais proposé à Anna de venir petit déjeuner avec elle car on avait prévu d’aller toutes les deux à une expo sur les loisirs créatifs. Comme je suis pas trop une connasse, je vais chercher des viennoiseries (quitte à faire des invitations dans des apparts qui ne sont pas à moi). Je demande donc au monsieur “3 chocolatines, 3 croissantes et des chouquettes”. Est-ce le 3 ou le chocolatine qui l’a perdu ? Il me sert deux chocolatine puis m’explique que les chouquettes sont par 5 et pas par 2. “Oui mais moi, je veux trois de chaque et…hmmm, 10 chouquettes.” Il me sert une 3e chocolatine et les chouquettes. Je réclame à nouveau les croissants. Je donne un billet de 20 € pour un total de 8,65, il me rend 1, 35 €. Après avoir réclamé (et obtenu) mon dû, je suis rentrée chez Anaïs et lui ai fait jurer de plus retourner là-bas.

– Soirée St Valentin. Avec Anaïs, nous avions prévu une soirée dans un bar entre célibataires mais la fatigue et la faim aidant, on s’est finalement repliées sur un resto. On rentre et le serveur nous présente deux tables : une entre deux couples se caressant les mains avec ardeur et une à côté des escaliers menant aux escaliers. Devinez laquelle on a choisi.

– Comment savoir que tu es fatiguée ? Quand tu appelles un prestataire et que tu lui laisses comme message vocal “Ouais, Nina, c’est prestataire”. N’im.por.te.quoi

– Mercredi, nous avons visité nos nouveaux locaux. Oui, en fait, mon service bouge et descend d’un étage. Nous voici donc dans nos nouveaux bureaux et qu’avons nous retenu ? Les immenses toilettes pour mec, “aussi luxueux que dans un hôtel”, dixit Adrien. On a le sens des priorités. Tous les individus sans pénis ont été assez jaloux de ces toilettes de luxe.

– Y a des moments, t’es fatiguée, très. Alors quand la poche qui contient tes pamplemousses se rompt en pleine rue, de 1, ça ne te fait pas rire, de 2, tu soupires d’abord longuement, de 3, ah ben tiens si tu ramassais…

– Des fois, tu veux bien faire et tu décides de faire un traitement anti paludisme pour la Thaïlande. La pharmacienne te dit gentiment « ah, c’est pas remboursé », tu hausses les épaules (en souriant parce qu’elle est gentille). Donc un traitement anti paludisme non remboursé, un vaccin non remboursé, du nurofen, du humex, du stérimar et je sais plus quoi… « 160 € . Pif paf. Tout ça pour un traitement juste un peu conseillé…

En résumé : je suis fatiguéeeeeeee mais jeudi, je me caaaaaaaaaaaasse

L’hiver rend le poil mauvais

(en témoigne ce titre tellement mauvais)

Bon, cet article sera sans queue ni tête, juste l’expression brute et non travaillée de ce qui me secoue actuellement : une mauvaise humeur tenace. La cause ? Le froid. J’ai du mal à comprendre pourquoi je vis aussi mal cette soudaine vague de froid, on n’est quand même pas au Canada, les températures restent tout à fait supportables. Mais cette année, non, j’y arrive pas.

Mercredi matin, le réveil sonne. J’ouvre un oeil et soupire. Enroulée dans ma couette et mon gilet XXL, la bouillotte qui n’est plus vraiment chaude errant près de mon flanc, j’essaie de trouver la force de m’extirper de ce cocon chaud. Pas le choix, j’ai une réunion, impossible de jouer les prolongations dans mon petit lit. Fais chier les réunions, encore des powerpoints. J’aime pas les powerpoints, ce n’est que poudre aux yeux. Autant faire nos présentations clients en faisant des claquettes. Mais allez, lève-toi, tu vas être en retard. Dans la salle de bain, j’exécute les gestes lentement, mollement. Dans quelques instants, je vais sortir, emmitoufflée dans mon manteau, mes gros gants sur les mains, ma chapka enfoncée sur la tête, mon écharpe autour du cou. Et je vais marcher 30 minutes dans le froid pour rejoindre mon bureau. AUcun moyen de transport ne me permet de rester au chaud. Et si j’appelais mon chef pour lui dire que j’étais malade ?

Je suis de mauvaise humeur. J’ai froid, je me contracte et j’ai mal aux épaules et aux cervicales. La quotidienneté me pèse mais l’idée de sortir me paralyse : trop froid, je veux rester chez moi sous ma couette. Tout m’énerve, surtout les broutilles sans intérêt que je ne relèverais même pas en temps normal. J’ai envie de ruer dans les brancards, de remettre des points sur les i de tout le monde mais je me retiens. Parce que ces points là n’ont pas le moindre intérêt, ce ne sont que pécadilles, petites divergences d’opinion qui me passeraient à des milliards au dessus de la tête d’ordinaire. Mais là, rien ne passe. Alors j’essaie de me taire et de respirer (fort) par le nez. Parce que se brouiller avec les gens juste parce que je suis mal lunée, ce serait dommage. Enfin, pour les gens un tant soit peu importants pour moi, bien entendu. Parce que y en a deux ou trois qui ne font pas partie de ces happy few de mon coeur que je m’emplafonnerais avec grand plaisir.

Je suis en période bof. Vous savez, cette période où on trouve notre vie chiante, insipide mais qu’on ne sait pas trop quoi faire pour changer les choses et surtout qu’on n’en a pas la moindre envie car changer signifie dépenser de l’énergie et on n’en a plus. La fatigue nous étreint, nous paralyse, ma paupière vibre pour me signaler qu’il serait temps d’arrêter de me dépenser dans tous les sens sauf le bon. Mais quel est le bon sens, je ne le sais même pas. Je suis dans une période où quand je me regarde dans une glace et que je n’y vois rien qui me plaise vraiment. Mes cheveux sont plats, mon teint terne, ma peau se prend pour une usine à sebum tout en m’infligeant la malédiction du coude sec, mes lèvres se craquèlent et ma paupière gauche fait du morse. Je me sens inséduisante. Pas moche, juste bof. Banale à en pleurer. De toute façon, le froid réduit à néant toute mon envie de m’habiller joliment, je me jette sur les pulls comme la misère sur le pauvre monde, je suis un oignon : toujours plus de couches. Toutes les filles sont plus jolies que moi, je suis transparente.

Curieusement, le seul domaine qui n’est pas touché par cette période bof, c’est le boulot. Comprenez bien : aller au boulot ne me pèse pas, c’est le trajet qui me donne envie de rester au lit. Je me « découvre » (oui, enfin, c’est pas tellement une nouveauté) une chef de projet efficace et que, ouah, en fait, je peux être hyper organisée comme fille. Comme la consultante avec qui je travaillais est partie, je dois prendre sa remplaçante par la main pour qu’elle puisse prendre tous nos dossiers en main. En fait, je suis passée de la fille qu’on prend par la main (au début de mon contrat) à la fille qui marche à tes côtés (depuis pas mal de temps) à la fille qui guide à son tour. Tout se passe bien et j’envisage l’entretien annuel d’évaluation avec sérénité et envie de réclamer quelques trucs (à savoir plus de sous et de responsabilités). Pour la première fois de ma vie, j’ai dépassé les un an dans une boîte sans chercher désespérément à me barrer. Je réponds négativement à toutes les propositions qu’on me fait et j’en ai quand même quasi une par semaine en ce moment. Non, messieurs dames, la Nina version 2.012 pérennise.

Dans toute cette mauvaise humeur et nuages gris (et non noirs), j’ai conscience que j’exagère. 2012 est bien plus tendre avec moi que 2011. Il ne se passe rien mais il ne se passe rien de négatif du coup. Pas de rupture ni d’abcès dentaire ou drames amicaux, c’est déjà mieux qu’en 2011. Sauf que j’ai pas eu de vraies vacances depuis un an : les vacances de janvier ont été marquées par ma rupture, celles de juin par un cassage de genou et celles de Noël par le décès de ma grand-mère. Je crois que j’en peux juste plus et ce gros ras le bol n’est que l’expression d’une énorme fatigue générale, d’un burn out mental. Heureusement que dans 2 semaines, à cette heure-ci, je serai sans doute dans un avion pour l’autre bout du monde. Le sans doute, c’est juste parce qu’on n’a pas encore les horaires du vol. Si je reviens pas reboostée, je vois pas ce que je pourrais faire.

Ah si : hiberner mais pour de vrai.

Les grandes étapes de l’amitié

L’amitié est une forme de relation amoureuse mais sans sexe et sans exclusivité (normalement mais après tout, à chacun sa définition de l’amour et de l’amitié. Et puis qu’est-ce que la normalité, hein ?). Et comme dans toute relation amoureuse, il y a des étapes. Avec Anaïs, nous en avons franchie une mardi.

J’avoue que je l’ai pas vue venir. Même si on est en train de devenir les siamoises officielles du club de plongée, un mec nous a même fait remarquer qu’on ne se séparait jamais. On part en Thaïlande en duo, on a un voyage prévu ensemble cet été (mais à 3, avec Anna), on va à la salle de sport ensemble et elle est un peu tentée par ma nouvelle lubie : un voyage en transsibérien. Bref, on vire un peu fusionnelles mais forcément,la plongée, ça fédère.

Mardi, avant l’entraînement, je passe par son appart récupérer mon sac de plongée puisque je dors généralement chez elle après la piscine. Bon à la base, je devais loger un coup chez elle, un coup chez Anna mais cette dernière oublie parfois son tour de garde. Je suis arrivée un peu tard suite à quelques péripéties ratpiennes donc je rentre et je cours aux toilettes. Alors que je m’abandonnais à mes bas instincts, Anaïs a lancé une conversation à base de « et toi, ta journée ? ». Et là, je me dis qu’on vient de passer un cap.

Les petits besoins sont un moment d’intimité, un des aspects que je voile de grande pudeur. Parler à quelqu’un quand je me soulage est signe de grande intimité, donc. Faut dire qu’en se changeant une fois par semaine dans le même vestiaire collectif casse de suite la pudeur de base. Nous nous voyons nues sans faire attention, on discute en enlevant notre culotte, en enfilant notre maillot de bain. Si Anaïs est plus pudique qu’Anna qui m’a gratifiée un jour d’une danse des seins et qui me pince les fesses en passant à côté de moi, on connaît nos corps. On ne les scrute pas mais on ne les cache pas non plus, on ne fait juste pas attention. On a partagé le même logement à Colera puis dans le Var. Elle m’a déjà fait vivre un de ses épisodes somnambuliques, on se taquine sur nos nuits ensemble. Moi à base de « non mais tu parles, tu t’assois dans le lit et tu allumes la lumière », elle à base de « qu’est-ce que tu dégages comme chaleur quand tu dors! ».

Est-ce là que l’on reconnaît les amitiés ? A une intimité créée sans sexe ? Si je liste mes meilleures amies, j’ai dormi dans le même lit que l’immense majorité d’entre elles, elles sont les seules à connaître certains de mes tourments intimes, certaines de mes péripéties. Si je ne vais pas bien, je n’ai qu’à envoyer un mail pour les voir arriver en courant pour venir m’aider. Et vice et versa bien entendu. L’amitié se construit par des abandons progressifs. J’abandonne ma pudeur vis à vis de mon corps, de mes tourments…Et de mes petits besoins. J’abandonne ma méfiance, mon masque et je me livre en toute confiance. Le jour où tu confies tes imperfections à une amie, celles que tu caches avec fureur, tu sais que celle qui reçoit tes confidences fait désormais partie du cercles fermé des meilleures amies. Celles pour qui tu te couperais un bras comme je disais l’autre jour.

Un jour, je me pencherai peut-être sur une essentielle question : mes belles amitiés sont-elles un pilier si solide de ma vie que je deviens incroyablement difficile avec les hommes au point de ne tomber amoureuse qu’une fois tous les 5 ans en moyenne ? Après tout, avec tout cet amour amical, comment avoir besoin d’amour tout court ?

La liste de la fille qui boarfffff

Ma vie est d’un monotone en ce moment…

– Salle de sport : Anaïs sur un rameur, moi sur un autre, on papote, on papote quand une faille dans le système apparaît. “J’ai faim” “Moi aussi””On va au McDo après ?” “Oh ouais !”. Mais bon, 5 mn plus tard, on s’est dit que c’était un peu débile d’aller au McDo griller en un hamburger l’heure et demi de sport qu’on vient de s’offrir.

– Des fois, je me demande si open space a la même signification partout. Du genre tu papotes tranquille sur skype avec un mec en journée, tu lui expliques que tu es au boulot en open space et donc là, il se dit que mettre sa bite en avatar était une bonne idée. Maintenant, je sais masquer les avatars de mes contacts.

– Ces derniers temps, je cours (au sens métaphorique du terme, il est évident que je ne mettrai jamais en pratique ma résolution du jogging parce que j’aime pas ça, le jogging) donc je commence à être un peu fatiguée. Tellement qu’en rentrant du salon de la plongée il y a 15 jours, je me suis écroulée sur mon lit et j’ai même pas eu le courage d’aller me faire couler un bain.

– Anniversaire d’Anaïs mi janvier, Anna et moi sommes chargées du cadeau. En semaine pas le temps donc on ira l’après-midi du jour J. Sauf que le matin, y avait fosse donc on rentre chez elle à 14h, on mange puis après le déjeuner, elle commence à regarder les boutiques où on pourrait aller “ouais alors on pourrait aller là ou là… Nina, tu dors!” Gneeeeeeeee ? “Bon, on fait la sieste ?”. On a donc dormi jusqu’à 17h15. Puis on a traîné. Résultat, on a décollé de chez elle à 18h50. Mais on a rempli la mission cadeau quand même !

– Pourquoi je ne vais jamais au cinéma : dimanche dernier, petite séance avec Anna, on va voir J Edgar. Moyenne d’âge dans la salle : 60 ans, facile. A côté de moi arrive une dame d’un certain âge qui sent fort la poudre mais pas comme j’aime, un peu la poudre de dame, un peu sucrée. Bon bref. La salle s’éteint, le film commence et la dame commence à salement s’agiter avant de me parler “j’ai fait tomber mon sac dans le trou de devant, hihi !”. Oui et ? Ah, elle veut qu’on l’éclaire pour le retrouver. Du coup, j’ai raté les premières minutes du film. Voilà pourquoi je ne vais jamais au cinéma.

– Mail sur viadeo : “Bonjour, nous cherchons un stagiaire pour notre site pour le community management, êtes-vous intéressée ?”. Heu ben vu que je suis en CDI et un peu senior quand même, non, pas vraiment, non…

– Pas mal de pots de départ en ce moment dans la boîte. Et à chaque fois, je fais la même “non mais je prends juste un verre et je rentre pas tard”. Et je finis par rentrer chez moi en titubant à 1h du matin. Et le lendemain, je suis incapable de bosser. Mais c’est pas ma faute si les gens partent aussi (pour une fois que je suis pas la démissionnaire de service…).


– Mauvaise humeur en ce moment, je suis en phase grognon. Et ça m’énerve. Cercle vicieux.

Voilà, rien de fascinant, il ne se passe rien dans ma vie. Ceci étant, si je compare à 2011, à cette heure-ci, j’avais déjà subi une rupture, un abcès dentaire et je me faisais agresser par mail par un sale type. Alors le calme de 2012, il me fait du bien.