Duo comique

En ce moment en représentation sur la capitale, le duo comique toulousain : Gauthier et Nina ! Oui, nous sommes comme un couple de perruches, inséparables. Depuis que le jeune homme est arrivé sur Paris, nous avons fait je ne sais combien de soirées ensemble, intégrant en général une tierce personne qui « subit » nos délires à la con et nos vieilles histoires de fac. Nos victimes actuelles : Banana, Tink, Sab, la « frisée » et Nicolin (par téléphone).
 will-and-grace
 
Tout a commencé avec Banana, qui voulait à tout prix me rencontrer (que c’est bon d’être une idole !). Je lui demande si ça ne la gêne pas de rencontrer l’autre star des vingtenaires : elle en est ravie, au contraire. Nous voilà partis dans un bar qui va devenir notre repère : happy hour, deux verres pour le prix d’un, on en prend donc 4 (chacun). Ce qu’il faut savoir, c’est que la qualité que Gauthier et moi n’avons pas, c’est la discrétion. On se retrouve souvent à hurler des mots comme « sexe, bite, couille, pipe, fellation » (ça va me rapporter des lecteurs, ces quelques mots). Il faut savoir qu’avec Gauthier, on aime parler sexe et expériences vécues. Ce qui est amusant, c’est que ce genre de soirées est riche en révélations. C’est ainsi que j’ai appris, au cours de cette soirée avec Banana, que j’avais été draguée par une fille. Replaçant les choses dans leur contexte : mois de mars, Toulouse, une boîte gay comme il en existe d’autres. On n’a pas trop le moral : Gauthier a passé sa soirée à consoler Océane en pleine rupture avec son ex colocatrice, j’en ai fait autant avec Anne en pleine rupture amoureuse. Nous voici donc au bar de cette boîte pour le before. Un verre de vodka sunrise, puis deux, puis trois. C’est soirée facteur, ça donne du n’importe quoi : la barmaid (fascinée par mes seins, paraît-il), m’envoie des messages à caractère sexuel en signant du nom du barman : « je voudrais mettre ma tête entre tes seins ». Cuite et joyeuse, je réponds (avec l’aide de Gauthier) : « j’aimerais que tu me mettes autre chose autre part », quelque chose de romantique, comme ça. Forcément, le barman, il comprend rien… On prend une bouteille que l’on paye (contrairement aux verres précédents) et on descend dans la boîte. Je suis saoule au point que je rebondis contre les murs pour arriver en bas. Je m’affale sur une banquette et on continue à boire. A un moment, arrive une fille avec qui je commence à discuter, je lui raconte je ne sais quelle connerie avec une élocution étrange. Gauthier est mort de rire, il vient nous voir de temps en temps et je lui confie :: « comme elle est trop sympa, cette fille ! ». Quelques jours plus tard, je me demande comment la jeune a pu supporter mes discours éthyliques, réponse : « elle avait pris de l’exta ». Et ce soir là, avec Banana, Gauthier me fait : « non mais tu sais qu’elle m’a demandé ton numéro quand on est parti ? J’ai dû lui expliquer que tu n’étais pas lesbienne. » Ah ben, mince, moi qui croyais qu’elle ne m’avait pas décollée parce qu’elle me trouvait intéressante…
 
Avec Gauthier, nous avons nos histoires récurrentes, on aime bien parler de Rachel, notre copine qui était vierge la dernière fois qu’on l’a vue (à 25 ans) et prude au possible. Forcément, elle n’appréciait pas du tout notre duo comique. Une fois, par exemple, on parlait d’avortement et j’expliquais que je ne pouvais pas dire de façon certaine si oui ou non j’avorterais si je me retrouvais enceinte, tout dépend du contexte. Donc Gauthier me fait :
« Bon, on sort ensemble, tu tombes enceinte, tu fais quoi ?
– Non mais tu crois que je vais coucher le premier soir avec toi, chéri ? (j’aime bien faire ma chieuse)
– Bon, ça fait deux mois qu’on est ensemble, tu tombes enceinte, tu fais quoi ?
– Oui, bon, là, effectivement… »
Et la Rachel qui nous sort : « Deux mois, c’est du rapide, quand même ! ». Bon soit.
 
Gauthier adore aussi raconter comment il s’est rendu compte que je n’étais pas la petite fille sage que je semblais être, au départ. En effet, en première année de fac, il y avait une fille Sandrine, qui monopolisait les conversations en matière de sexe. En fait, cette fille rentrait le jeudi soir dans sa campagne natale et forniquait tout le week-end dans la 106 verte de son copain. Chaque lundi, elle nous hurlait le résumé de sa brouette : « ALORS TU VOIS, ON ETAIT DANS LA 106 ET ON A TELLEMENT BOUGE QU’ON A FAIT AVANCER LA VOITURE ET ON A DECLENCHE L’ECLAIRAGE AUTOMATIQUE DU PARKING !!!!! ». Bon, au niveau discrétion, je crois qu’elle nous bat tous, elle. Du coup, nous, les autres filles, on restait plus mesurées, on riait plus qu’on ne parlait. Un jour, on discutait à table avec Gauthier et un de ses amis du lycée, Guillaume (ils nous ont envahis !) et Gauthier fait : « de toute façon, le sperme, ça rend la peau douce. » Et là, je pose mon magazine que j’étais en train de tranquillement feuilleter, je me frotte le coin de la bouche et dit : « ah ouais ! ». C’est beaucoup plus drôle quand c’est Gauthier qui le raconte.
 
Le truc, c’est qu’on se connaît par cœur et des fois, on rigole avant les blagues, du genre : « et, tu te souviens de Ginette ?
– Ah Ginette, ahahahahah ! »
Bon, après, on raconte mais sur le coup, les gens ne doivent pas comprendre ce qu’il y a de si drôle chez Ginette. En plus, on a un côté vieux couple ; à s’appeler moumour et à s’insulter gentiment :
« Vivement que je me fasse des amis sur Paris, je me demande pourquoi je passe mon temps avec toi.
– Parce que tu m’aimes
– Heu… Oui, ça doit être pour ça ! »
 
Après, on parle sexe, souvent, tout le temps. Et avec la discrétion qui nous caractérise. La semaine dernière, La frisée monte sur Paris, on se réunit dans un petit restaurant feutré du Marais, il y a un peu de musique et on parle. Fellation, sodomie, bondage, expérience lesbienne, tout y passe. A un moment, je sais plus comment ça vient, on parle de fesses et de ce qui va avec, je commence à m’emballer et pile au moment où je prononce d’une voix forte : « anulingus », la musique se coupe et les serveurs explosent de rire… On rit, à ne plus pouvoir s’arrêter. Là, c’est quand même la honte.
 
Le pire du pire fut atteint samedi soir, lors de la crémaillère de monsieur où l’on but… Et pas qu’un peu. Avec nous, Banana (on va virer trio comique). Avec la demoiselle, on s’amuse à faire des photos un poil provocantes (vraiment un poil) et Banana décide de les envoyer à Nicolin : il est quelque chose comme 2h30 ou 3 heures du mat. Pas de chance pour lui, j’ai son numéro donc j’appelle, on papote, tout le monde lui parle en même temps, Gauthier lui dit qu’il adore l’accent marseillais, ça l’excite… D’ailleurs, s’il connaît un pédé sur Marseille… Après, Banana lui raconte que Gauthier est en train de violer mon oreille (oui, l’inconvénient d’un meilleur ami, c’est qu’il connaît notre zone érogène la plus sensible)… Depuis, Nicolin a changé de numéro et fermé son blog. Non, je plaisante mais je me demande s’il a compris un traître mot de ce qu’on lui racontait.
 
Bref, Gauthier et Nina, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Inséparables et radoteurs, ils se connaissent par cœur et se plaisent à raconter des anecdotes croustillantes sur l’autre. J’adore en rajouter une couche en racontant des détails crus de brouette car il s’écrit : « non, je veux pas savoir ! » mais que ne sait-il pas, au fond ? Des fois, on apprend des trucs durant ses soirées, des vieux détails qu’on avait omis de préciser mais pas grand chose, finalement.
 
Si vous souhaitez assister à une représentation, veuillez m’envoyer un chèque au montant suffisamment élevée car l’alcool, ça coûte cher et moins on est sobre, plus on est drôle.

Benoît

Quand j’étais sur meetic, je passais rarement du temps sur le chat, qui fonctionnait très mal. Un soir, cependant, j’y traînais, essayant d’attraper le beau gosse qui passait son temps à me flasher mais ne répondait pas à mon mail. En effet, j’ai appris que quand ils ne payaient pas, ils ne pouvaient consulter leurs messages. Donc j’attendais l’arrivée de mon beau gosse quand des hommes commencent à venir me parler, je réponds poliment à certains. A un moment, un jeune homme engage la conversation, je le trouve pas terrible sur la photo mais il est sympa donc je finis par lui donner mon MSN.
 
Mise en bouche
Changement de lieu de conversation, je lui fais style : « je suis pas tout à fait célibataire, tu sais ». C’était un demi-mensonge : à l’époque, je pensais revoir Louis pour une nuit coquine donc… Nous nous présentons néanmoins, il s’appelle Benoît et il m’envoie une photo de lui. Panique à bord : il est canon ! Comment vais-je me sortir de ma demi-vérité précédente ? On verra.
 
La conversation reste soft, on échange un nombre assez important de photos, lui au Canada, lui au Canada tirant la langue, lui au Canada avec une toque sur la tête (du coup, à chaque fois que je parle de lui à Anne, elle me fait : « Ah, David Crocket ? »)… Il faut savoir que j’ai une passion absolue pour le Canada. Puis il me raconte qu’il fait de la natation et qu’il est maître nageur le week-end. Il faut savoir que j’ai une passion absolue pour l’eau… et qu’en général, les maîtres nageurs sont toujours miam miam ! Mais je n’ai rien à faire pour le séduire. Au bout d’une mini heure de conversation, le voilà qu’il me déclare qu’il veut me faire l’amour dès ce soir ! Oui, ça vient comme ça. Je lui dis non car j’avais ma malédiction mensuelle qui se terminait et j’étais fatiguée… Mais le lendemain… Après m’avoir demandé quatre ou cinq fois si je ne me moquais pas de lui, on commence à parler de sexe de façon assez crue : ce que j’aime ou n’aime pas, ce que je pratique ou pas, comment je suis épilée… Bref, je lui sors « le guide sexuel de Nina ». Forcément, la tension érotique monte, on commence à se détailler ce que nous nous ferons le lendemain. Je tiens Gauthier au courant et finis par lui envoyer la conversation, il m’en remercie encore (« counasse, je voulais pas savoir comment tu étais épilée ! »).
 
Finalement, on s’excite tellement que je coupe Sex and the city pour qu’il puisse m’appeler. Imagine, Sex and the city, lecteur ! Quand on connaît ma passion pour cette série, on se rend compte à quel point il m’avait mis en transe. Je salue cavalièrement mes correspondants MSN, je coupe le téléphone, rapide toilette et je me glisse dans mon lit, attendant un coup de fil qui s’annonce chaud. Le téléphone sonne enfin, je décroche et là… la tension érotique retombe considérablement. Il m’avait prévenu : sa voix n’est pas franchement sexy, un peu aiguë, un peu nasillarde, pas terrible, en somme. Du coup, au lieu de faire des cochonneries par téléphone, on discute de tout et de rien, rendez-vous fixé au lendemain.
 
Le jour J, je prends mon petit train de banlieue. Arrivée à la gare, SMS : « je serai en retard, je trouve pas de place pour me garer ». Oui, comme toujours, je tombe sur des hommes ponctuels. Je traîne un peu à la FNAC et m’offre deux CD, je vogue à droite, à gauche, quand le téléphone sonne. « Je suis devant la FNAC, je t’attends ». Et bien, allons-y. Je me dirige vers le point de rencontre et je le vois : pas grand, pas tout à fait aussi beau que sur la photo mais quand même bien attirant. On se dit bonjour en se faisant la bise (cette bise pré-coït me fait toujours sourire) puis on va boire un café dans le coin. Quel bavard ! Quand on se souvient que mon précédent meeticboy était Louis, je passe vraiment d’un extrême à l’autre. On papote un bonne heure puis une fois notre café avalé (et digéré), il suggère qu’on y aille. Donc, là, c’est sûr, il y aura brouette. On repart en métro, il me parle du Canada et des « fuckin’ friends » très à la mode là-bas. Mais en France, c’est encore mieux car le côté « fuckin’ » n’empêche pas la tendresse. Au Canada, la sodomie est autorisée mais le baiser avec la langue, il ne faut pas déconner !
 
Il parle, il parle, il vante ma liberté de vivre et de coucher avec qui j’ai envie («c’est super rare une fille comme toi ! »), moi j’ai envie de l’embrasser mais je n’en fais rien, j’écoute en pensant à des cochonneries. Rétrospectivement, ça me fait penser à la BD de Donjuju sur son blog où une nana lui parle de reproduction cellulaire alors qu’il est en train d’imaginer une folle brouette. Là, c’était pareil. On récupère sa voiture et direction mon bled où-y-a-pas-de-place-pour-se-garer (cf aventure avec Christophe). En chemin, il me parle de son désir de faire du journalisme scientifique en amateur. Alors, résumons-nous : il est charmant, séduisant, intelligent et ambitieux. Bien, nous allons faire un crochet à l’église, il faut que je l’épouse cet homme-là.
 
Un homme presque parfait
D’ailleurs, ô miracle, on trouve à se garer en cinq minutes. On chemine tranquillement chez moi, arrivée à l’appart, Kenya, mon chat, nous salue bien bas. Visite rapide (là, la pièce, là, la salle de bain), je lui propose un verre mais il n’en veut pas. Et là, le blanc. Moi, je rigole du coup et il finit par m’embrasser. Et bien, un monsieur parfait embrasse parfaitement, un vrai délice. Au fur et à mesure que l’excitation monte, il me fait bénéficier d’une séance gratuite de palper-rouler, ce monsieur aime malaxer les chairs ! Il me masse les fesses puis on finit par atterrir sur mon lit, c’est parti pour l’effeuillage. Il enlève d’abord sa montre( pourquoi vous avez toujours de grosses montres, messieurs ?), son t-shirt (Seigneur, quel torse musclé !), son pantalon. Au fur et à mesure, je découvre qu’il a des bracelets aux chevilles, ça fait un peu australien, je trouve. Je finis par lui enlever son boxer et là, double surprise : côté face, un très joli tatouage qui orne sa fesse gauche. Je ne suis pas du tout branchée tatouage mais là, j’avoue que c’était excitant. Côté pile, je me rends compte qu’il bande bizarrement.
 
Normalement, les trois-quarts des mecs ont une érection plus ou moins perpendiculaire au buste, à quelques degrés près. Lui, il bande si haut que c’est limite si son pénis ne se colle pas à son ventre. Et là, j’ai un peu peur, je repense à Lucie et son « canard WC ». C’est une histoire très drôle : un soir, notre amie Lucie fait une prise, en boîte, un charmant jeune homme qui, une fois tout nu, présentait une particularité physique particulière : il avait un pénis tordu, ça faisait un crochet. Catastrophiquement douloureux.
 
Donc je frémis mais j’ai d’abord droit à de merveilleux préliminaires qui me font décoller. De son côté, le jeune homme a été tout aussi servi. Opération capote et c’est parti pour la brouette. Non, finalement, son érection bizarre ne l’empêche pas d’être un amant très doué, peut-être un peu trop attentif à ce que je veux… C’est gentil de demander mais en plein milieu, un : « dis, tu voudrais pas qu’on change de position ? Enfin, c’est comme tu veux… » D’habitude, le changement de position se fait sans qu’il y ait d’accord oral, c’est tacite… Il est vrai que ça peut m’arriver d’ordonner le changement de position mais bon…
 
Fin de l’épisode X, on se repose l’un contre l’autre et je lui dis que je suis ravie d’avoir répondu à son chat, moi qui ne vais jamais dessus en temps normal. On s’échange des amabilités (« tu es quelqu’un de très intéressant », « mais toi aussi ! ») puis le voilà pris d’allergie. Oui, monsieur parfait a un défaut de taille : il est allergique aux chats. Il finit donc par partir assez rapidement, après de longues embrassades sur le pas de ma porte. On se retrouve le soir sur le net, on discute un peu, il veut savoir s’il est meilleur ou pire que mon autre coup (Louis, en l’occurrence). Puis il me dit qu’il fait un peu d’eczéma au bout des doigts car il a touché Kenya…Intéressant !
 
Deuxième round
La semaine suivante, pas de nouvelles et ça m’énerve un poil, je lui envoie un mail pour lui demander s’il veut venir à un match de rugby avec moi ou pas (il adore le sport). Le vendredi soir, alors que j’étais au resto avec mes copines ésotériques (dont Linga, Victoire et Athéna), texto du jeune homme : « coucou mon chou, j’ai eu des problèmes de connexion. Demain, je peux pas, je travaille ». J’en informe Victoire qui se réjouit pour moi. Retour à la maison, je me mets sur Internet et comme je suis très douée, je me mets à le chauffer. On parle fantasmes, il me sort : « oui mais toi, tu as beaucoup d’expérience, tu as presque tout fait ! » Bien, le voilà qui me prend pour une déesse du sexe ! Si tu savais, mon petit, tout ce qu’il me reste à faire. Vois-tu, cher Benoît, je n’ai jamais fait l’amour sur un piano, dans un confessionnal ou en robe de mariée (quand je dis que j’ai des fantasmes à la con). Je pense que ce jeune homme, de un an et demi mon cadet, n’a jamais connu de partenaires ludiques. Le fait que je ne me fasse pas prier pour certaines positions ou gâteries me confère une aura particulière qui m’amuse beaucoup. En même temps, c’est flatteur.
 
Le lendemain, on se voit, c’est sûr, il s’éclipsera de la piscine pour venir m’honorer. Bien ! Avant, je dois faire un reportage à La Garenne-Colombes, je torche le truc vite fait bien fait, je passe au supermarché acheter de quoi faire quelques cochonneries et me voilà chez moi, l’attendant de pied ferme. Enfin, il arrive, il me salue en m’embrassant puis on ne perd pas de temps, on multiplie les acrobaties. A peine le coït consommé, le voilà qui m’annonce qu’il doit partir car il doit faire la fermeture de la piscine. Il file donc.
 
Le soir, je le crois sur MSN, je lui demande poliment s’il est arrivé à l’heure à la piscine. Oui, oui mais il doit filer, un anniversaire. Je lui souhaite une bonne soirée… un quart d’heure après, il était toujours sur MSN… Une heure plus tard aussi. Et là, ça m’a un peu agacée : il était marqué en ligne donc bien devant son PC ! Je ne suis pas sa copine donc je m’en fiche qu’il passe son samedi soir à chasser la poulette sur meetic, je souhaiterais juste qu’il soit honnête avec moi. Puisque c’est ça, je lâche l’affaire.
 
Le retour (erreur stratégique de ma part : le laisser revenir)
Pendant trois semaines, aucune nouvelle, je le vois sur MSN mais ne vais pas lui parler. En pleine période « Julien est l’homme de ma vie », le voilà qui, un soir, me contacte avec cette phrase ô combien poétique : « salut, envie d’une queue ? » (véridique). Morte de rire, je lui réponds : « que tu es romantique mon cœur ! ». Il tombait plutôt bien, en vérité : j’avais appris que Julien avait brouetté le week-end précédent : œil pour œil, brouette pour brouette.
 
J’accepte le rendez-vous avec joie, surtout que je compte bien abuser de sa vertu toute la soirée à défaut de toute la nuit : il vit chez ses parents et ne peut découcher. En plus, il embauche à 7h du matin et me réveiller à 6h, ça m’aurait profondément ennuyé, soyons honnête. Donc le voilà qui arrive, bisous de bienvenu, on papote cinq minutes histoire de et c’est reparti pour la brouette, on joue avec des bandeaux et la ceinture de ma robe de chambre en soie (je vous laisse imaginer ce que vous voulez). On avait prévu un scénario très amusant mais ce fut totalement raté, suite à un manque d’endurance du jeune homme. A peine cinq minutes de coït et le voilà déjà parti. Pas grave, il nous reste du temps, je compte bien prendre ma revanche ! Naïve que je suis ! Le voilà qui part à la salle de bain et revient tout rouge : « Heu, je fais encore allergie à ton chat ! ». Bon honnêtement, soit il s’était bien frotté les yeux et gratté partout pour donner l’illusion, soit il faisait vraiment une allergie. Il part à sa voiture chercher sa mentholine. Cinq minutes après, texto : « j’ai rien dans ma voiture, je rentre avant de ne plus rien voir ». Déception, déception ! Là, encore, je me dis de lâcher l’affaire. De toute façon, c’est juste en attendant d’attraper Julien donc ce n’est pas très grave. En allant à la salle de bain, je me rends compte qu’il m’a fait un léger suçon. Mais quand ? Je n’ai rien senti, il est décidément très habile ! Il est somme toute assez discret mais ça m’ennuie tout de même, je ne voudrais pas que Julien le voit, ni même Ludovic, mon mignon collègue. D’ailleurs le lendemain, alors que Loïc et moi fumons sur la terrasse, je prends bien soin de pencher la tête afin de cacher l’objet de mon péché. Ce n’est pas que j’ai honte d’avoir une vie sexuelle, c’est qu’un suçon indique généralement que j’ai un petit ami, ce qui n’était pas le cas.
 
L’optimum de la goujaterie
Quinze jours plus tard, je perds ma connexion Internet. En fait, je piratais le wifi de l’école maternelle et primaire voisine (oui, ça me paraît curieux qu’ils aient le wifi, aussi, mais c’est bien eux) mais les vacances scolaires passant par là, voici que je perds ma connexion.
 
Je me rends à un cybercafé glauque à côté de l’Opéra pour consulter mes mails, envoyer des documents et prévenir mes correspondants de ma mésaventure quand je tombe sur un mail du jeune homme : j’ai envie de toi, je te veux. Le problème est que j’ai lu ce mail le lundi et il voulait me voir le dimanche. Comme je n’avais plus de nouvelles de Julien, je lui envoie un texto pour lui proposer de venir le soir même. Bingo ! C’est quand même super agréable de voir qu’un beau gosse comme ça rapplique chez moi dès que je claque les doigts. C’était pareil avec Laurent : j’avais la liberté de choisir les rendez-vous, j’adorais. Le voici donc qui me répond qu’il sera chez moi vers 18h. 18h pétante, je reçois un texto : « je serai en retard (de mémoire, il n’a jamais été à l’heure), ça m’exciterait vachement que tu sois déjà nue ». Ben tiens, tu m’étonnes ! Au début, ça m’emmerde un peu, je décide de faire un compromis : j’aurai juste ma robe de chambre. Puis au fur et à mesure des minutes qui passent, l’excitation grandissant, je décide de virer la robe de chambre.
 
Enfin, le voilà ! Je lui ouvre vite la porte en me glissant furtivement derrière, histoire de ne pas offrir un spectacle inédit à mes voisins (moi, nue). Bon, il ne m’avait pas menti sur son état d’excitation, le voilà qui me roule des pelles pas possible en me massant les chairs toujours aussi vigoureusement, un « tu m’excites » soufflé fiévreusement remplaçant un poli bonjour. A un moment, je me rends compte qu’il est reparti à me faire un suçon mais dans le feu de l’action, je le laisse faire. On repart à jouer avec les mêmes accessoires, les préliminaires sont d’enfer, il prend son pied et là, me fait : « Putain, je suis allergique à ton chat ! ». Allons donc, nous voilà repartis pour un tour. Il m’explique qu’il a de la claritine dans sa voiture, il est garé pas loin, il revient. Tout en s’habillant, il me demande comment je vais et on discute un peu, il me dépose un tendre baiser sur les lèvres et file. En attendant, je rattrape ma robe de chambre et commence à lire. Cinq minutes plus tard, texto : Benoît. Je commence à pester mais son message est différent de la dernière fois : « j’ai plus de médicaments, je cherche une pharmacie et je reviens ». Ok. Donc je me replonge dans la lecture de mon roman. Au bout d’un moment, je lève la tête : 19h45, ça fait plus de trois-quart d’heures qu’il est parti, ça me paraît suspect. J’envoie un premier texto, poli : « tu trouves ? » mais je me doutais bien qu’il était rentré chez lui. Du coup, j’abandonne mon lit, je me rhabille, je me fais à manger et prévient Gauthier de ma mésaventure avec un texto qui le fait rire. A 21h, énervée de ne pas avoir de nouvelles de mon nageur, je lui renvoie un texto quelque peu ironique : « euh…je dois encore t’attendre ? ». Toujours pas de réponse. Ah, il m’énerve, le bougre ! Je vais dans la salle de bain et me rend compte qu’il m’a fait un suçon énorme, plus difficile à cacher que le premier. Il voulait pas me pisser dessus pour marquer sa propriété, non plus ?
 
Le lendemain, je vais me promener avec Victoire puis, en rentrant, je lui adresse un mail pas très sympathique, qui disait, en substance : certes, je ne suis pas ta petite amie mais je ne suis pas qu’un trou non plus, tu me dois le respect. J’aurais apprécié que tu m’envoies un message pour me prévenir que tu partais, ça m’aurait évité de poireauter une heure le cul à l’air (oui, j’ai un peu exagéré…). Aucune réponse !
 
Résultat : quatre épisodes, deux bons, deux bien en deçà de la moyenne. Je préfère garder le bon côté de cette aventure : j’ai eu une liaison avec un nageur merveilleusement bien fait, séduisant au possible et pas bête… Certes, goujat, mais ça, ce n’est pas bien grave. Heureusement, je n’étais pas amoureuse de lui, je pense que cette liaison a duré quasiment deux mois car elle flattait mon ego : un beau mec qui me prend pour une déesse du sexe, mmm…  Deux mois plus tard (à peu près), toujours aucune nouvelle, il ne m’a pas bloqué de MSN, moi non plus, d’ailleurs… Je pensais qu’il reviendrait, j’ai eu tort, mon mail a dû bien le glacer… à moins qu’en été, les maîtres nageurs n’aient pas besoin de déesse du sexe à disposition… Il n’empêche que son suçon a été vu non seulement par Ludovic, mais aussi par Enguerrand, le beau gosse du nouveau webzine… Ça m’apprendra ! En tout cas, ça m’a servi de leçon : le prochain goujat, je ne le laisserai pas revenir chez moi.