La dinde de Noël (c’est moi !)

Depuis la création de ce blog, j’ai dit plusieurs fois qu’ado, j’étais un peu neuneu. Récemment, j’ai retrouvé des lettres que j’écrivais à l’époque à la mode et qui faisaient office de journal intime, j’écrivais ça pendant les devoirs surveillés, quand je finissais avant l’heure (ce qui était systématique). Bon, je les ai relues l’autre soir et j’ai été atterrée : putain mais que j’étais couille, c’est pas possible ! Vous me croyez pas ? Mais voici la preuve ! Alors, je t’explique juste qu’à l’époque, j’étais super trop fan de Starmania donc y a tout le temps des extraits de chanson de la comédie musicale, ça aide pour la compréhension. Et aussi, à l’époque, le rôle de Cristal était joué par Judith Bérard dont j’étais fan et c’est à elle que j’écris. Ouais, vous avez pas encore commencé la lecture des dites lettres et vous trouvez déjà ça gratiné ! Les trucs entre [ ], c’est moi qui les rajoute aujourd’hui. Les passages en couleur, ce sont des paroles de chanson.

« Quand je te dis que ma vie est cauchemardesque. Pourquoi ? Parce hier, je me suis tapée Pascal Brunner (je ne m’en suis pas encore remise). En plus, y avait Nicoletta et dimanche, je vais me payer Jacques Martin. Bouh ! Je veux mourir ! Ouais ! Marie-Laure [une camarade de classe] a… non, elle n’a pas fini. J’ai cru. Je me suis trop plantée sur ce DS, ça me donne envie de… de… dormir. Non, c’est pas vrai. Mais je suis sérieusement dégoûtée.

Bon, bref, on parle d’autre chose. Il fait beau, les oiseaux chantent, il y a un avion qui passe au dessus de nous. Et…et… ma vie est foutue ! Ah, au fait ! (aucun rapport mais bon…), je suis allée chez le coiffeur, lundi dernier. J’ai les cheveux plus courts maintenant (normal, ils n’auraient pas pu être plus long, hé banane !). Ça fait que j’ai plus d’air dans le cou (N’importe quoi -> Nina, elle a fumé son cahier de bio !). Bon, chouette, mon voisin de droite a fini, je me sens moins seule. Samy [autre camarade de classe] aussi ! (et il est dans ma clase !). Je ne suis donc pas un cas (enfin si, quand même). Sales mômes qui sont dehors ! Je les déteste ! C’est pas juste ! Comme c’est mignon, ils se tiennent par la main (franchement, on n’en a rien à foutre !). A ma gauche, ça n’en finit pas ! Stéphanie aussi a fini (allitération en i). Je dois te faire chier avec mes allitérations mais au moins, ça en jette (plus que mon DS de géo en tout cas !).

Enfin bref, on change de sujet (je passe ma vie à ça !). Demain, c’est jeudi (et après demain vendredi) et je sors à 16h (super hein ?). Oh non, elle nous rend les DS de maths ! Ma vie est foutue (ça fait que deux fois). Elodie aussi a fini (cf plus haut). C’est fou ce que je suis pas inspirée en géo (y a pas que là, d’ailleurs). Tu sais quoi ? J’ai « happy days » dans la tête ! Franchement, c’est de la provocation. Y a le mécano qui se balade avec un téléphone portatif. Mon lycée se modernise. Ça commence à bouger, ici (c’est – 15, c’est tout !). Je veux partir. Je veux plus jamais venir ici. Je vais aller en Suisse voir Franc C. [un mec qui me plaisait l’époque, j’avoue avoir mis deux heures à comprendre de qui je parlais] puis au Québec voir Judith. B. Ah ! Et en Italie aussi (évidemment). Je veux être en vacances et dormir (comme ça, quand je dors, je pense pas à ma vie scolaire chaotique -> ouah, le vocabulaire !). Enfin, sauf quand je fais des cauchemars, comme cette nuit. J’en ai trop marre de ce bahut de … , je vais foutre le feu. De toute façon j’ai rien à perdre (quand on a plus rien à perdre…). Super ! Y en a plein qui ont fini (as-tu noté le français minable de Nina ?). C’est – 20. Le temps avance à une de ses allures ! Aussi vite qu’un escargot estropié (la bonne blague ! Un escargot, ça n’a pas de pieds -> Là, Nina, elle a fumé son poster de David. D [Duchovny]).

Enfin bref (si à chaque fois que je disais « enfin bref », on me donnait 100 balles, je serais immensément riche !). Allez, c’est bientôt terminé (as-tu vu l’allitération en é ?). C’est mon nouveau truc ça ! Oh, une feuille tombe. Que c’est beau ! (d’accord ! Mon cas est désespéré, et alors ?). Bon, je vais conclure parce que c’est bientôt la fin (super logique !) et que je n’ai plus rien à dire (miracle !). Donc, je te salue et t’envoie mes sentiments les meilleurs (je ne sais pas si c’est français). »

Allez, une autre ! (si vous n’êtes pas morts de peur)

« Ciao mia cara Juditha,

T’as vu ? Je parle vachement bien italien ! Sono un’italiana nata ! (ça veut dire que je suis une italienne née). C’est con parce qu’aujourd’hui, j’avais DS de français et l’italien, ça sert pas vraiment. Bon, mon DS, je l’ai raté alors on passe. Cet après-midi, je vais conduire pour la première fois (c’est bête, il pleut !). Il me presse ! (pas de remarques désobligeantes, SVP !).

Bon, bref, dans 4 jours, 14 minutes et X (files) secondes, je vais voir FRANCE GALL ! Ouais ! Hourra ! Beautiful ! (et hop ! Un peu d’anglais). Bon bref (ça fait le 2e, déjà !). Devine quoi ? (attention, c’est très con !). Je suis pas la seule à avoir fini (tu étais prévenue). Youpi ! Ohlala ! Je viens de lire le sujet d’écriture des STT. Ça m’inspire pas ! Myriam a bien fait de pas venir ! J’ai une super méga chanson dans la tête : « J’oublierais ton nom, de mille façons… », c’est super beau ! A chaque fois, je pleure (non, c’est pas vrai !). C’est chanté par Judith Bérard en +. Cool ! Oh ! Un mioche qui court ! Que c’est mignon (hé neuneu !). N’empêche que vendredi soir, j’ai gardé 4 mômes adorables (12,10, 5 ans et un de 3 mois !) même que le bébé s’est endormi dans mes bras, c’était trop mignon. Ça donnerait presque envie (il suffit juste de trouver un mari qui donne le biberon, change les courses, fait les courses… Non, là, je rêve !). C’est – 10. On sort à la demie. Ça fait (10…11…12…13…), 40 minutes à attendre. I want to sortir out.

Bon, je fais te faire l’apologie (comme ça, tu vas croire que je suis bonne en français !) de mon adorable Roméo qui n’est pas très inspiré aujourd’hui (comme tout le monde, remarque !). Bouh ! J’ai sommeil (aucun rapport avec mon Roméo !). Je me suis réveillée en croyant que c’était samedi. Cruelle déception [j’avais cours le mercredi matin, pas le samedi]. Maintenant, j’ai « Etienne » (toujours chanté par J.B) dans la tête. Mais j’écrirai pas les paroles parce que je suis bien élevée et j’écris pas des trucs comme ça ! (pas besoin d’un dessin, je pense) [10 ans après, j’avoue que ça me fait marrer !]. J’ai la tête qui tourne, c’est malin ! Elodie a pas l’air inspirée ! Remarque, vu le sujet qu’on a, c’est pas étonnant. Bon, faut que je trouve un plan béton pour mon Roméo. (Oh, c’est – 5 !). Je vais trébucher et lui tomber dans les bras. Quoi que non parce que si je vise mal, je vais me faire mal (récurrence du mot mal). Sinon, je vais lui chourer (orth ?) un stylo et lui rendre en disant que je l’ai pas fait exprès. Un peu gros, mais bon. I en have marre ! I want to be free. Le seul avantage du DS, c’est Roméo. [j’étais à côté de lui]. Sinon, c’est chiant. Oh, ça sonne et y a un brun qui pense à moi. NB : Roméo est brun. Mais en ce moment, il pense plus à Zola qu’à moi.

Bon bref (et le revoilà !). Quoi de neuf ? Je réfléchis (si, si !). Niente ! Nichts ! Nothing ! Je parle pas espagnol(alors, ça, c’est con !). Bon, je simule un évanouissement. Quoique non parce qu’il n’a pas fini et je ne sais pas qui m’accompagnera à l’infirmerie. Ohlala ! Il pleut et les secondes sortent, c’est là où y avait mon ancienne noisette (pas Fabien, l’autre)[Noisette, c’était un nom de code pour cible]. Ohlala, quel ennui ! J’ai sommeil, en plus, et j’ai mal à la tête. De toute façon, je suis de mauvaise humeur, aujourd’hui. D’abord, j’en ai marre qu’il ne se passe rien avec l’homme de ma vie (je sais pas si c’est français). Ohlala, je suis malade (complètement malade…), j’ai la grippe. Ohlala, il est vraiment trop mignon ! Il écrit bien en plus, contrairement à moi. Remarque, il paraît que les génies écrivent mal (donc, je suis un génie). Alors, ça, c’est passionnant. Et ce matin, j’ai mis des chaussettes blanches et des sous-vêtements… (attends, je regarde !) bleus foncés. Beautiful ! Par contre, mes cheveux sentent le lait hydratant et c’est pas très normal (ils devraient sentir le shampoing !). Ma vie est vraiment PASSIONNANTE ! Deux semaines inutiles en futiles dimanches, des secondes immobiles aux aiguilles qui penchent, j’oublierai ton nom… Tu as reconnu ? (j’en ai parlé plus haut). Plus haut, celui que j’aime vit dans un monde plus haut… Quoique le mien, il vit ici, pas loin de chez moi, en plus. Dieu que j’en ai marre : Bon, j’arrête de me plaindre. C’est dur ! Tiens, hier, j’ai regardé « Papi fait de la résistance ». Génial ! Je me suis bien marrée. Oh, il est déjà 11h15 ! Super, plus qu’un quart d’heure. Dieu que c’est long ! Mais que puis-je faire ? J’ai un torticolis. Mais note que je ne me plains pas, je remarque, c’est tout. Oh, j’ai des envies pressantes. Mais je ne me plains pas. Mais bon, c’est ennuyeux. Et il pleut toujours. Note que je me plains pas. De toute façon, j’ai fait mon testament. Je vais peut-être le refaire. On sait jamais. »

La seule chose qui me rassure, c’est que je me rendais quand même compte de ma propre lourdeur, parfois… Bon, j’en ai plein d’autres mais je pense qu’on va s’arrêter là. Pour la photo, c’est ma chambre d’ado et si la qualité est pourrie, c’est pas ma faute : on l’a retiré d’une diapo car on s’était trompé de pellicule…

Chômage actif

Bon, alors voilà, un mois et demi que j’ai terminé mon stage (je ne désespère pas de récupérer ma tune) et depuis, que fais-je, te demandes-tu lecteur. Oui, j’aime penser que tu te poses des questions sur ma vie, que tu te fais du souci pour moi. Oui, je suis super prétentieuse. Donc je vais te raconter, tu vas voir, je m’ennuie pas.

 Bon, en ce moment, j’ai pas de boulot rémunéré mais énormément d’occupations de type professionnelles. Outre mon grand projet dont je parlerai plus tard, j’ai repris mes activités dans un webzine. J’avoue que d’écrire autre chose que des revues de presse, ça fait du bien quand même. Donc j’ai repris mes articles sur les infos internationales mais ce n’est pas tout. Je viens également de me lancer dans un nouveau projet : j’ai été contactée récemment par un lecteur du blog qui vient de créer un webzine et qui décide de me greffer au projet. En gros, nous allons réaliser un webzine envoyé par mails aux membres d’une association qui donne des cours d’italien sur Paris et nous allons parler de la vie italienne à Paris. Pour l’heure, nous sommes deux, on devrait se retrouver rapidement le double et nous continuons notre recrutement. Outre mon intérêt pour l’Italie, vivre la création d’un magazine est assez intéressant comme expérience. En plus, me voilà déjà chef de la rubrique culture ! Donc, pour le moment, nous en sommes aux prémices mais une fois lancé, ça va rouler tout seul. D’ailleurs, lecteur, si tu as des envies d’écrire dans un magazine qui traite de la vie italienne à Paris (mais vraiment, pas juste pour les 15 prochains jours), n’hésite pas à m’envoyer un mail à nina.bartoldi@hotmail.fr, je ferai suivre ta candidature au responsable du webzine. Parce que c’est lui qui gère les embauches et pas moi. Donc pas la peine de faire semblant d’être intéressé pour me rencontrer, tu risquerais d’être déçu !

Autre projet d’envergure : me voilà attachée de presse pour Mitchoum Productions. Ok, ça pète, mais je t’explique. Il y a une semaine, je reçois un mail d’un gars que je connais pas. En gros : « va sur mon site voir le synopsis en image du film Modo ». Sur le coup, je me dis : « ouais, encore un type qui envoie des mails aux premiers classés d’OB, laisse tomber ». Le lendemain, je reçois un nouveau mail du jeune homme. « Hé, Nina, je lis ton blog depuis quelques temps et j’aimerais que tu m’aides dans mon projet ». Ok, là, on m’interpelle directement, je me sens plus concernée. Donc je vais sur le site et là, j’avoue que ça me plaît beaucoup : l’idée de base est excellente et le synopsis en image (c’est pas une bande annonce, attention) m’emballe carrément. Ok, je décide de m’impliquer. Il faut dire que le projet est super motivant pour moi : je ne dois pas vendre un film mais un projet de film. En gros créer un magnifique buzz autour du projet, en faire parler dans la presse et sur les blogs tout en trouvant un réalisateur et un producteur. Autant vous dire que c’est pas une balade de santé mais bon sang, quel défi ! Pour la première fois de ma vie, je me retrouve seule à faire de la comm pour un projet auquel je crois. J’ai donc crée un blog qui racontera mon histoire d’attachée de presse pour Mitchoum prod, il suffit de cliquer là. En fait, le plus dur dans ma mission, c’est de convaincre les gens d’aller voir le synopsis en image. Mais comme tu m’aimes, lecteur, et que tu es curieux, tu vas aller sur www.modo-lefilm.com et visualiser le film. Et si ça te plaît, surtout, n’hésite pas à nous soutenir. Honnêtement, si je me suis greffée au projet, c’est parce que j’y crois. Parce que j’y vois un investissement à long terme : cette histoire a tout pour faire un carton et si le film est tourné, sur le CV, ça va être une carte de visite incroyable. Je ne travaille pas bénévolement par charité, sinon, j’irais faire dans le caritatif. Non, si je le fais, c’est tout connement parce que je suis emballée par le projet et je suis très enthousiasmée par cette aventure. Même si je l’ai limite mauvaise d’avoir pas eu l’idée du film avant de découvrir Modo.

Enfin, j’ai des trucs à faire strictement pour ma pomme. D’abord Technopolis. Y a un ou des acharnés qui passent leur journée à taper « Nina Technopolis » sur google donc je rassure ces personnes, je relance ça bientôt. En fait, j’ai déjà créé le blog qui lui sera consacré, faut juste que je bosse sur le design car là, ça le fait pas. Donc tu pourras le relire et je te tiens au courant dès que c’est reparti. En fait, je suis super tentée de l’envoyer à des éditeurs mais je dois finir la réécriture et, là, c’est pas gagné avec tous mes projets. D’autant que je dois me faire mon site pro avec CV, pressbook et tout ça mais là, je te donnerai pas le lien ! Et puis, faut que je trouve du boulot rémunéré, quand même, surtout que ma conseillère financière (celle qui pleure tous les mois en voyant mon découvert) veut que je prenne une assurance-vie. Après tout, comme elle dit « 50 euros par mois de côté, c’est rien ! ». Oui, mais j’ai déjà 50 euros qui partent sur mon PEL, j’ai pas 100 euros à épargner par mois pour le moment.

Bref, tu vois, lecteur, je suis au chômage mais j’ai beaucoup à faire. Franchement, je ne suis plus angoissée comme avant. Sans doute parce que la vie m’offre suffisamment d’opportunités pour savoir que du boulot, je finirai pas en trouver et dans le journalisme, évidemment. Bref, tout va bien !

Quatre

Aujourd’hui, je m’octroie une journée de repos donc comme j’ai rien écrit, je fais ma feignasse en mettant des questionnaires. Bisous les gens !

Les 4 jobs que j’ai eu dans ma vie?

1. Guichetière à la Poste
2. Auxiliaire vacances dans une agence de prêt
3. Employée à l’Observatoire de la vie étudiante
4. Journaliste (enfin, pigiste, plutôt)

Les 4 films ou séries que je pourrais regarder encore et encore ?

1. Requiem for a dream
2. Sleepy Hollow
3. Scrubs
4.
Nip/Tuck

Les 4 endroits où j’ai vécu ?

1. Ma ville natale
2. Toulouse St Cyprien
3. Toulouse Guilheméry
4. Banlieue parisienne

Les 4 émissions que j’aime regarder ?

1. Les Guignols
2. Le Zapping
3. Les infos
4. Des séries à la con

Les 4 endroits où j’ai été en vacances ?

1. Pyrénées orientales
2. Corse
3. Madère
4. Italie

Les 4 aliments ou plats préférés ?

1. Le gratin de pâtes de ma maman
2. la raclette
3. les sushis
4. les gros artichauts à la vapeur

Les 4 endroits où je préfèrerais être, là maintenant tout de suite ?

1. A la mer
2. A Venise
3. Au Canada
4. Dans mon bureau de journaliste.

Les 4 bloggeurs à qui j’envoie ce questionnaire ?

Garce ou pas garce ?? Bon, allez, je laisse aux volontaires le soin de remplir ce questionnaire.

Fabien

Je me moque des plans drague foireux dont je suis victime mais quand je m’y mets, j’avoue que je peux être catastrophiquement nulle.
dring dring!
 
Avril 1996 : je suis en seconde. Durant la première partie de l’année, j’ai bavé comme une malade sur « le beau gosse là-bas », un très grand brun aux yeux noirs et à la peau mate, hmmmmm ! Notre histoire s’est résumé à ce seul mot : « pardon ! » proféré une fois alors que je lui étais rentrée dedans sans même le faire exprès. Petit à petit, mon cœur s’est tourné vers un autre « beau gosse là-bas », Fabien. Brun, yeux noisettes, beaucoup moins beau gosse que le précédent mais je le trouve charmant quand même. Evidemment, j’ai jeté mon dévolu sur LE mec inaccessible, pour changer : non seulement il n’est pas dans ma classe et nous n’avons pas de relations communes mais en plus, il est en terminale. Et justement, que se passe-t-il en terminale : le bac.
 
Etape 1 : drague discrète (voire inexistante)
Rentrée des vacances d’avril, je reviens d’un voyage scolaire en Italie le cœur léger, l’œil brillant, je retrouve mes amis dont ma meilleure amie Cécile, dont je suis inséparable. On fait un beau duo :  je suis petite, boulotte et bavarde, elle est grande, fine et silencieuse. Or, en ce jour de rentrée, drame atroce : les terminales ne sont pas là ! Les terminales ont disparu ! Mais où sont-ils ? Et surtout Fabien, les autres, je m’en tape. Et là, la vérité, terrible, tombe sur mes épaules : ils passent le bac blanc. CQFD : dans 2 mois, ils passent le bac tout court et je ne pourrai plus jamais voir Fabien. Panique à bord !
 
Jusque là, ma technique de drague était pour le moins passive. En fait, je suis même gonflée de parler de drague, il s’agissait plutôt de matage. A chaque récréation, le jeune homme et ses amis se posaient sur une table où étaient déposés quelques journaux (le journal local et l’Equipe), juste en face du tableau d’affichage. Donc je passais mes pauses à lire le tableau (il n’y a pas de profs absents, sûr ?) et à lire mon horoscope avec les copines dans le journal local. Je parlais assez fort pour me faire entendre, trop forte la fille !
 
Etape 2 : le suivre.
Avec Cécile, notre grand jeu, c’était de suivre les garçons qui nous plaisaient. A midi, on attendait que notre cible sorte et on la suivait. Ainsi, j’ai découvert où habitait Fabien, j’ai ainsi appris son nom de famille. Hasard incroyable : Fabien n’est autre que le grand frère du garçon dont ma sœur a été amoureuse durant le primaire (le petit frère était sacrément mignon, il faut avouer). Nous étions d’une discrétion exemplaire : on le suivait à 10 mètres. Il n’empêche que ça nous occupait beaucoup de suivre les mecs. En première, nous avons suivi de septembre à décembre un garçon qui lui plaisait beaucoup. Lassée de voir que les choses n’avançaient pas alors que nous savions que le garçon était amoureux de Cécile, j’ai décidé d’accélérer les choses : je suis allée voir une copine qui connaissait bien le garçon en question pour lui dire que Cécile était amoureuse. Ça va faire 8 ans qu’ils sont ensemble, merci qui ?
 
Nous étions discrètes mais pas tellement : un jour, nous discutions avec Cécile et une très bonne amie, Charlotte (mon amie épistolaire) au pied de l’immeuble de Fabien. Soudain, le voilà qui arrive, nous cessons aussi sec notre conversation et une fois la distance des 10 mètres atteinte, nous voilà parties vers le lycée. Quelle discrétion, bravo ! Mais Fabien ne semblait pas réagir, je devais attaquer, mais comment ? Je n’avais pas du tout conscience de mon pouvoir de séduction (absolument pas mis en valeur), j’étais d’une timidité maladive alors comment aller lui parler ?
Etape 3 : édification du plan béton.
Je dois lui avouer mais comment faire ? Première idée : lui envoyer Cécile. Je lui en parle, réponse : « non mais ça va pas ? Je vais pas aller le voir, je ne le connais pas ! » Oui, Cécile es encore plus timide que moi, elle ne parle ni aux mecs qui lui plaisent, ni aux mecs qui me plaisent. Vite une solution de secours ! Un dimanche soir, j’écoutais la radio (Fun, vive les radios libres !) et il y avait une jeune fille qui appelait un mec pour se déclarer. En voilà une idée ! Folle d’excitation, je prends ma décision : ça passera par téléphone (mais pas à la radio). Le lundi, je me jette sur Cécile et lui raconte ton plan : « tu es folle ! ». J’aurais plutôt dit désespérée. Le soir, je rentre chez moi, j’attends que ma mère emmène ma sœur à la gym et je saisis le téléphone. Vive les pages blanches, au passage ! Ça sonne, je vais faire une crise cardiaque ! « Allo ? » Aaaaaaaah ! « Oui, bonjour, répondis-je d’une voix tremblotante, pourrais-je parler à Fabien ? ». Et la personne (son frère ?) passe le combiné au dénommé Fabien, je ne peux plus reculer !
« Oui…euh… tu ne me connais pas mais je voudrais sortir avec toi. Je suis en seconde un, je suis comme ça et comme ça, j’étais habillée comme ça, aujourd’hui.
– Ah. Je ne vois pas du tout qui tu es ! »
Bim, dans les dents. Mais je ne me dégonfle pas :
« Ben, tu regardes dans le livre de l’école, sur la photo de classe, je suis assise à côté d’une black. 
– Ouais ben je vais faire ça.
– Ah…ben d’accord, salut ! »
Je raccroche. Mais comme je suis nulle ! C’est pitoyable ! En plus, je jette un œil au livre en question et je me rends compte qu’il peut y avoir quiproquo : dans ma classe, il y avait une noire et une métisse (oui, dans les lycées privées, le métissage n’est pas trop de rigueur). Or j’étais assise à côté de la métisse elle-même assise à côté de la noire : s’il comprend qui je suis, on aura de la chance.
Le lendemain matin, j’arrive à l’école et qui passe devant la classe ? Fabien ! Morte de trouille, je me faufile dans la classe et vais tout raconter à Cécile qui me requalifie de folle.
 
Etape 4 : Il aurait peut-être fallu transformer l’essai
Et ensuite ? Rien. J’ai pas osé aller lui parler mais j’ai su quelques années plus tard que Johanne était allée lui parler pour lui dire qui j’étais. Pourtant, j’avais fait des efforts. Un jour, je me suis pointée au lycée dans un ensemble haut sans manche/jupe courte superbe. Moi, en jupe ? Mais c’est la fin du monde ou quoi ? Ça m’allait bien, en plus, surtout que la jupe faisait un super effet gaine et me rendait plus mince. Mais à l’époque, je n’assumais pas ma féminité, je ne m’habillais qu’en jean et T-shirt XL, forcément sexy…
 
Et bien, c’est ce qui s’appelle un vent. Du coup, le « plan béton » est devenue une expression entre Cécile et moi pour désigner des idées totalement à la con qui finiront forcément dans le mur. Quelques années plus tard, j’ai raconté cette histoire à Guillaume, mon ex, qui s’est moqué de moi : « Non mais tu crois vraiment qu’un terminale serait sorti avec une seconde ? » Réponse : « Chéri, quand tu étais en terminale, j’étais en 4e… ».
 
Peut-être que si j’étais allé lui parler… Peut-être que si j’avais été en terminale, aussi… Peut-être que si j’avais été plus féminine…Ce qui est sûr c’est que je n’ai plus jamais appelé un mec pour lui dire que je voulais sortir avec lui.