Deux ans

L’autre jour, je discute avec ma mère qui me fait une révélation : mon cousin vient de quitter son compagnon de deux ans et demi et est retourné vivre chez sa mère en attendant. La discussion se poursuit sur le sujet et ma mère me fait :

« ouais ben c’est comme toi quand tu as rompu avec Guillaume l’an dernier.

– Maman, ça va faire deux ans. »
 

Ben voilà, ça fait deux ans depuis le 03 juin. Deux ans de célibat entrecoupés de petites histoires. C’est pas que je sois une fana des bilans (enfin, si, quand même) mais en ce moment, je suis assez déprimée par ma situation sentimentale et cet anniversaire tombe un peu mal. Pourtant, il s’en est passé des choses en deux ans, j’ai quitté le système universitaire, j’ai déménagé, j’ai commencé ma vie active (si, j’ai eu un CDD !). Côté privé, j’ai côtoyé plus d’hommes en deux ans que pendant tout le reste de ma vie mais à l’arrivée, ben, me voilà seule. Bon, grâce à ses aventures, il paraît que je suis très épanouie sexuellement (c’est pas moi qui le dit). Sans doute que j’aurais pu m’abstenir de partager ma couche avec certains mecs mais au fond, je n’ai aucun regret, ça ne sert à rien. Après tout, je ne peux pas toujours tomber sur des mecs biens, ça se saurait, sinon. J’ai eu mon lot de connards, comme tout le monde, j’ai aussi eu des mecs bien, ouf !

Depuis quelques temps, je me suis lassée des relations sans lendemain, j’avais plus envie de m’engager, de commencer à construire ma vie privée. Après tout, maintenant que ma vie professionnelle se stabilise un tout petit peu, essayons de voir si je peux aussi trouver l’amour. Sur ces bonnes résolutions, je rencontre Alex et j’y crois fort, j’oublie de me protéger et je me prends un mur. C’était pas le bon moment, Alex a des choses à régler et ne peut pas construire quoi que ce soit au niveau amoureux. Je n’en dirai pas plus. Curieusement, c’est l’histoire la plus courte que j’ai jamais eue mais j’ai du mal à tourner la page. Sans doute parce qu’Alex est un mec fantastique qui plairait même à mes parents et même à ma vilaine grand-mère. Bon, ben, ça n’a pas marché, je n’ai pas de rancœur à ce niveau-là. Par contre, Alex a un talent particulier : il me révèle toutes mes failles, tout ce que je n’ai pas réglé dans mon passé amoureux. Je ne m’en étais pas rendue compte mais ma dernière histoire avant lui m’a fait vraiment du mal. Pas à mon petit cœur, non, mais à la confiance que je peux avoir en moi. Déjà que je suis la pro pour me remettre en cause, quand un homme avec qui j’ai eu une aventure me fait bien comprendre qu’il doute aussi de moi, de mes capacités à trouver du boulot, de tout ce que je peux dire y compris des choses insignifiantes, ça finit par faire mal. C’est aussi pour ça que je me suis autant accrochée à Alex car il m’a percée à jour très vite, il me comprend et j’avais pas besoin de lui mentir. Il me prenait telle quelle et c’était tellement rassurant de se sentir appréciée pour soi et pas pour l’image que l’on peut donner. Et puis, toute cette histoire n’a pas servie à rien, bien au contraire. A défaut d’être le futur père de mes 3 enfants, Alex est toujours quelqu’un de très proche avec qui il est bon de parler et que j’adore.

 

En même temps, j’aurais dû me douter que ça ne pouvait pas durer. Je connaissais ses problèmes, je savais qu’on ne vivait pas à côté, je savais qu’on était débordés par nos boulots respectifs mais je me suis dit qu’on s’en sortirait bien. Parce que y a un truc qui cloche chez moi quand même : plus une histoire est compliquée, plus je m’y jette tête baissée. Pourquoi ? Ben j’en sais absolument rien. Peut-être parce que le côté « c’était pas gagné mais on l’a fait » me transcende. Par ailleurs, j’ai une attirance pour les hommes en souffrance. Entre ceux qui ont des problèmes avec leur passé sentimental, ceux qui ont des problèmes relationnels avec leurs parents ou même les deux… Ouais ben y a pas dire, les écorchés vifs, ça me branche. Pourtant, je n’aspire qu’à une histoire simple, pourquoi faut toujours que je me retrouve dans des situations compliquées ? C’est peut-être une question de pas de chance mais ça n’explique pas tout. Quand j’ai parlé d’Alex à Gauthier, j’ai eu droit à un : « mais tu le fais exprès ou quoi ? ». Heu… Le froid m’a dit que c’est nous qui les attirions (et non l’inverse). Heu aussi…

Peut-être que je suis une incurable romantique qui ne veut que des histoires folles, passionnées, délirantes. Difficiles aussi mais l’happy end me paraît toujours possible. Quand j’ai commencé à sortir avec Guillaume, c’était mal barré : il vivait à l’époque chez ses parents. Il s’entend mal avec son père assez autoritaire et il ne pouvait pas sortir en semaine donc pour avoir de l’intimité, il fallait se caler des trous entre mes cours pour aller chez moi. En plus, il sortait d’une longue période de célibat et, au début, je vivais mal le fait de ne pas beaucoup le voir hors de la fac, de le voir passer beaucoup de temps avec ses potes et peu avec moi. En plus, au départ, je connaissais pas son père donc je croyais que tout cela était exagéré mais finalement, non. Il était très gentil avec moi papa Guillaume mais il s’entendait pas avec son fils et tout était susceptible de partir en dispute. Donc, au début, c’était mal barré, Gauthier m’a même dit qu’il y croyait pas, à notre couple. J’ai passé des nuits à pleurer en me disant qu’on s’en sortirait pas… Et finalement, si. Donc cet exemple me fait peut-être un peu trop croire que quand on veut, on peut. Mais tout n’est pas si simple.

 

Et maintenant ? Pour l’heure, je suis encore un peu trop dans la nostalgie de mon histoire avec Alex pour avoir envie de fréquenter un autre homme. Et puis je me rends compte que je suis actuellement trop fragile pour tenter une nouvelle aventure amoureuse, je crois qu’un nouvel échec me foutrait un coup trop grand, je dois me préserver un peu. Il faut que je me reconstruise, aussi, que je panse ces foutues plaies que j’avais même pas vues, que je reprenne confiance en moi. Je suis une fille super, pas un boulet. Je peux être aimée, comme les autres filles. Je n’ai pas à tricher pour plaire. Puis même qu’il paraît que je suis belle, même sans maquillage. Et faut que j’arrête de me trouver des histoires compliquées, aussi. C’est pas parce que la relation est simple qu’elle est sans passion. Moi aussi, je finirai par trouver une moitié. Tiens, faudra que j’aille revoir M. le marc de café car mine de rien, s’il est très mauvais pour situer les événements dans le temps, ce qui m’a dit s’est réalisé. J’ai bien eu deux entretiens d’embauche et un boulot avec un monsieur à double prénom (Pierre-Cécil, le DRH choupinou) et j’ai fini par rencontrer un mec très bien qui avait des problèmes aux yeux. Bon, tout est décalé de trois mois par rapport aux dates qu’il donne mais à l’arrivée… Mais je vais rester célibataire quelques temps. De toute façon, après avoir discuté avec Gauthier, je me rends compte que je ne veux ni d’un mec ni d’un amant, juste une paire de bras réconfortants pour me réconforter. Là, je préfère me concentrer sur mon travail et ne plus me poser de questions. Ca sera plus simple. Je n’attends plus rien, advienne que pourra. En attendant, ses deux années n’ont pas été vaines, je sais maintenant que quand je veux un mec, je peux l’avoir.

En attendant, vu que je n’ai pas de plan M et qu’il n’y a pas de choupinou à l’asso où je bosse, je bénis TF1 de repasser Lost tous les soirs à 17h. Mater Sawyer pendant trois quarts d’heure, ça fait du bien aux yeux.

100

Aujourd’hui, je valide mon centième article, déjà ! Je pense que l’occasion est belle pour dresser un petit bilan de cette aventure bloguesque. Ai-je réussi ce que je voulais faire ? Vais-je poursuivre sur cette voie ? Telles sont les questions que je me pose et je vais voir si je peux y répondre.

je m'éclate sur mon blog

Quand j’ai crée ce blog, imaginais-je que j’aurais plus de 400 lecteurs par jour ? Des lecteurs aussi assidus ? Franchement… non. J’avais envie de créer un blog depuis quelques temps, on en parlait souvent en cours (journalisme oblige) mais un blog sur quoi ? En fait, ce blog n’est pas mon premier mais ma première tentative s’est terminée brutalement, je vous raconte !
 
Moi in Paris : mon premier blog
Mon premier blog n’avait rien à voir avec les vingtenaires, non. Il racontait ma nouvelle vie à Paris, je l’ai débuté très rapidement. Au départ, je ne mettais pas les vrais prénoms mais des initiales, ce qui rendait la lecture difficile donc au bout de 3 articles, voilà les vrais prénoms qui apparaissent : qui ira lire ça, de toute façon ? Mes seuls lecteurs sont les personnes qui ont l’adresse de ce site, à savoir Gauthier, Anne, Lucie et Clara (plus quelques autres, je crois). Je me lâche, donc, je parle d’un mec que j’ai en vue, je dis que c’est un connard car j’ai aménagé à 500 mètres de chez lui et qu’il m’appelle pas pour prendre un verre. Tout ça, c’est la faute de sa greluche que je déteste, je suis sûre qu’elle est mocheet patati et patata. Que des amabilités donc. Oui, lecteur, tu ne le sais pas mais je peux être d’une mauvaise foi pas croyable quand je m’y mets.
 
Or, ce garçon est directeur de publication dans un webzine où je travaille. Un jour, je suis au boulot, tout va bien, quand le téléphone sonne. Je décroche, mon rédac’ chef en face de moi. C’est la rédactrice en chef du webzine en question.
« Salut, ça va bien ? fis-je, enjouée.
– Oui. Dis…euh…je t’appelle car il y a un problème dans les liens… hum… Tu sais, en tant qu’administrateurs, on voit d’où les gens viennent avant d’arriver
sur le site.
– Oui, je sais.
– Ouais et tu es venue directement de ton blog sur le site ! »
Oh Seigneur Dieu !! Elle l’a lu, elle a compris. Heureusement, le vendredi, le directeur de publication ne bosse pas le matin donc il n’a pas eu le temps de le voir. 10 minutes plus tard, mon blog n’existait plus.
 
Les vingtenaires : l’histoire.
J’ai continué à écrire mes aventures parisiennes mais par mail (un jour, je récupèrerai un vieux mail pour en faire un article, pour que vous compreniez le style). Entre temps, je rencontre Victoire. Un jour, on discute par messages privés sur notre forum préféré, elle me parle d’un jeune homme rencontré sur meetic qui veut l’amener au musée, ce qui la désespère : elle veut une brouette ! Donc je la rassure, lui disant que le musée ne pouvait être qu’un préliminaire à autre chose. Suspense, suspense ! Le lendemain, elle me confirme que j’avais
raison (comme si j’en doutais). Je m’en vais fumer ma clope, réfléchissant à tout ça et là, bang, une idée vient me frapper : et si je faisais un blog à la sex and the city ! Après tout, je suis journaliste, comme Carry, j’adore écrire et ce sera drôle ! Je reviens à mon bureau, tout excitée (dès que j’ai une idée de ce genre, je suis toute excitée mais dans le bon sens du terme, bande de pervers !) et j’envoie aussitôt un mail à des personnes dont je veux parler dans mon blog, leur demandant si elles sont intéressées. Cependant, chat échaudé craint l’eau froide : on aura tous de faux prénoms. C’est donc en ce jour funeste du 24 mai 2005 que sont nés Nina, Gauthier, Victoire, Lucie, Anne et Clara. Au début, le blog a eu du mal à partir, je ne le faisais pas sérieusement. Puis, mi-juillet, le déclic, c’est reparti ! Curieusement, c’est reparti au moment où j’entamais un nouveau stage, profondément soporifique !
 
Et alors ?
Nous voilà donc aujourd’hui au centième article, 400 visiteurs uniques par jour en moyenne et l’envie de continuer. Ce blog a pas mal changé par rapport à ce que j’envisageais. En effet, au départ, je voyais plus des articles à la « sex and the city », du genre : et tandis que Nina faisait ça, Victoire, de son côté… Au départ, je pensais tout écrire mais j’ai quand même une vie, à côté, donc chacun commence à écrire ses articles et ce n’est pas plus mal… Maintenant, il faut que je remotive certaines qui se laissent un peu aller ! 
 
Je suis étonnée de l’impact de ce blog : 400 lecteurs par jour, c’est énorme ! Tous les jours, je vois revenir les mêmes lecteurs qui laissent des commentaires, d’autres qui restent anonymes…  Je me rends compte que nous sommes devenus des gens que vous connaissez alors que nous savons si peu sur vous, mais c’est le jeu du blog, je suppose. En tout cas, certains m’écrivent, certains ne peuvent passer sans commenter les articles (Stef, même si tes commentaires sont trop longs, ils me manqueraient). Qu’on nous aime ou qu’on nous déteste, on nous lit, vous nous donnez vos avis. Ce blog est devenu un espace d’échange que j’apprécie énormément.
 
Et maintenant, que vais-je faire ?
Honnêtement, quand j’ai crée ce blog, je ne savais pas combien de temps il durerait… Nous en sommes à presque 4 mois donc deux actifs. Lundi soir, Clara m’a appelée, nous avons discuté et elle m’a demandé si je poursuivais le blog, je lui ai répondu par l’affirmative. « Mais tu n’avais pas dit que tu l’arrêterais le jour où tu aurais un mec ? » Si, je l’ai dit. Mais, finalement, l’un n’empêche pas l’autre. Certes, je ne parle plus trop de ma vie privée, sans doute car il n’y a rien à raconter : tout se passe bien. Et puis, j’ai encore beaucoup de sujets généraux à aborder, une vie professionnelle, amicale et familiale assez dense donc tout un tas d’articles en perspective. Enfin, je suis avec Arnaud depuis presque un mois,
allez savoir si ça va durer ou pas… Moi, je ne sais pas, en tout cas.
 
De plus, vu le succès de ce blog, vu les gens qui viennent tous les jours donner leur avis, tous les sujets que j’ai encore envie d’aborder, il est hors de question qu’il disparaisse. On se retrouve dans 100 articles pour un nouveau bilan !
 
Je vous embrasse tous et vous remercie, c’est quand même grâce à vous tous que j’ai envie de continuer.