Like a Republican

Cette semaine, j’ai non seulement oublié d’envoyer la question love and sex à mes camarades (désoléeeeeee !) mais en plus, j’ai pas tellement regardé la télé vu que je suis sortie à peu près tous les soirs. Sauf mercredi où je me suis écroulée comme une merde à 21h30. Du coup, angoisse : de quoi parler dans cette rubrique télé. Ah mais oui, jeudi, j’ai vu les Experts. Parlons donc du républicanisme latent des séries télés américaines. Hop !

 les-experts-miami.jpg

Les séries américaines contiennent pour une très bonne part une sérieuse dose de puritanisme républicain. Par exemple, le sexe pour le sexe est rarement toléré. Regardez, dans les Experts, peu importe où ils sont, les infidélités finissent toujours en meurtre, toujours. Les pétasses en minijupe sont toujours soit égorgées, violées, défenestrées… La petite vertu ne paie pas. Et quand les héros de ce genre de série trompent leur légitime (ce qui est somme toute assez rare car ils s’aiment. D’ailleurs ils ne baisent pas, ils font l’amour, tout doucement, yeux dans les yeux…), ça finit toujours mal pour eux. D’ailleurs, ils sont perclus de remords, ils s’assoient sur le bord du lit de la maîtresse, se prennent la tête entre les mains, la capote encore collée à la queue, et lâchent un « Rah, non, c’est pas bien ce que j’ai fait. Si Julie savait… ». Le sexe, c’est mal sauf dans le cadre de l’amouuuuuuur et l’amour que tu ne croises qu’une fois dans ta vie. De la même façon, la famille est une source infinie de joie et quand on s’aime (amoureusement ou familialement parlant), on peut surmonter toutes les épreuves. Au moins.

 DougJulieHopeBoCiara.andgang.jpg

Autre élément troublant : la justice. La loi du talion est souvent appliquée mais attention, il y a une énorme subtilité. Un méchant qui applique la loi du talion, c’est mal. Mais si c’est un gentil, c’est bien et il faut être compréhensif. Par exemple, jeudi, juste avant les Experts, j’ai re (re re) vu un épisode de Medium où Angelica Huston tue une nana qui avait tué sa fille. Mais Angelica étant une gentille, on la plaint surtout qu’elle a elle-même appelé la police. Et c’est construit de telle façon, on nous a tellement agité l’amour filial dans cet épisode et l’ignominie de la méchante sociopathe que limite, on se dit « bah, elle va pas aller en prison, elle a eu raison d’agir ainsi, j’aurais fait pareil ». Hiiiiiiin ! (buzz de mauvaise réponse) Non, c’est mal, on ne tue pas les gens, même Dieu l’a dit. Pourtant, on a régulièrement droit à des épisodes où les policiers doivent arrêter le père de famille qui a tué l’enfoiré qui a violé (ou tué, voire les deux) sa progéniture et là, immanquablement, les héros de la série discutent entre eux de ce qu’il serait opportun de faire mais
comme dans toutes les séries, c’est toujours le sens du devoir professionnel qui l’emporte. Le père de famille va en prison et les docteurs d’Urgences soignent le vilain qui a tué une famille en conduisant bourré parce que « c’est notre travail, nous ne devons pas juger ». Par contre, quand le flic qui vient arrêter le méchant vient lui coller une balle dans le buffet car il a opposé une résistance et le tue, là, tout le monde est content, tout est bien qui finit bien.

horacio-kane-gun.jpg 

Bref, tout ceci est une jolie soupe de bons sentiments : honneur, dignité, devoir et tu couches pas avec des gens que tu n’aimes pas. Car l’amour nous sauve toujours de tout. Sauf quand l’acteur veut quitter la série mais ça, c’est un autre problème…

No related content found.

Rendez-vous sur Hellocoton !

8 réflexions au sujet de « Like a Republican »

  1. Je crois pas que les républicains (au sens politique actuel) ai le monopole du conservatisme moral. Ça divise aussi pas mal le camp démocrate, certains progressistes sur le plan des valeurs morales se classent républicains pour leur opposition à toute intervention de l’état. Enfin c’est vrai que traditionnellement le républicain se pose en protecteur des valeurs morales, mais c’est aussi de la stratégie, selon l’air du temps. Mais est-ce que l’américain moyen (qui est visé par ces shows) est-il aussi puritain qu’on le déduit? Bref est-ce qu’on se reconnait en France dans Julie Lescaut ou Joséphine ange-gardien?
    Ce qui est excellent c’est qu’à côté de ça il y a plein de séries qui repoussent les limites morales avec succès: Weeds, Breaking Bad, Dexter (bon là c’est un cas à part), Hung, Californication et plein d’autres…

  2. La nonne nimousse dit :

    Loi du talion ou puritanisme, je ne vois pas en quoi ces valeurs sont républicaines, il me semble voir transposée une opposition gauche/droite à la française sur les Etats-Unis, et je pense que c’est une assimilation trompeuse.

    En ce qui concerne le mode d’intervention des représentants de la loi américains, il faut prendre en compte deux facteurs : le premier, les américains sont beaucoup plus respectueux des lois et des règlements, il suffit de voir comment ils conduisent, comment ils se comportent dans une file d’attente, donc la résistance à l’autorité est beaucoup plus mal perçue chez eux.

    Le deuxième facteur, c’est un pays ou circule un nombre d’armes à feu hallucinant, où le nombre de mort par arme à feu par an est sans commune mesure avec les autres pays dits développés (cf Bowling for Columbine), et où donc chaque flic en intervention peut se retrouver confronté à une situation potentiellement létale et se doit de respecter une procédure rigoureuse pour protéger sa vie, qui nous paraît ici hors de proportion.

    Cela justifie-t-il pour autant la morale « du bien fait pour sa gueule à ce saligaud »? Je ne le pense pas, étant par principe opposé à la justice populaire et la peine de mort.

    Je suis également conscient que les abus existent chez eux comme chez nous, (cf Rodney King).

    Toutefois, il ne faut pas négliger ces facteurs sociologiques quand on fait l’analyse des séries américaines.

  3. ah oui, bien sur que les républicains US sont plus « puritains » que la droite française, mais c’est à l’image de la population en générale selon moi donc pas forcément une caractéristique propre au parti. Là aussi il y a des branches idéologiques, les neo-cons, McCain en est (était?) un farouche opposant. Enfin c’est difficile de juger un parti sur les postures de campagne d’un candidat ou de son « ticket », c’est devenu un tel cirque.
    Pour en revenir au sujet des séries et de leur bord politique les producteurs de 24 roulent tantôt pour un parti, tantôt pour l’autre d’après les critiques… That’s just entertainment!
    Ah oui et pour finir, s’il y a des fans de Oz, je serai curieux de savoir s’il n’y a que moi qui voit dans le Gouverneur Devlin un Sarkozy avant l’heure, serait-ce une influence?

  4. en effet HBO a sans doute ouvert la voie avec Oz, Sex & the City, les Sopranos… Maintenant il y a aussi FX (Nip/Tuck,Sons of Anarchy) Showtime (Weeds, Dexter, Californication) bref tu mets sans doute le doigt sur l’élément clé: les « networks » font nettement plus « valeurs morales traditionelles », les chaines payantes osent davantage. Ca s’explique aussi par les réglementations (langage, sexe, violence…)

  5. Tout à fait d’accord! Mais malgré tout, je regarde ces satanées séries américaines, que ce soit Médium, Mentalist, Bones, ou autre ! C’est divertissant, surtout quand il n’a rien de palpitant ou d’intelligent sur les autres chaînes…

  6. Plissken dit :

    Matt a raison de faire la distinction entre les « networks » (ABC, NBC, CBS, FOX) et les autres. Le probleme est legal en fait. LEs « networks » sont des chaines qui diffusent pas voie hertzienne (mais pas seulement). Le spectre hertzien etant un bien public, elles sont soumises a des regles assez draconniennes sur ce qu’elles peuvent montrer. Une chaine qui ne diffuse que sur le cable ou le satellite peut tout se permettre. Par exemple la nouvelle serie de Starz, « Spartacus Blood and Sand » est gore a souhait.

    Quant a la debilite des series americaine, on ne peut pas forcement en rejeter la faute sur le public americain. Certaines n’existent que parce qu’il y a un public international. « Alerte a Malibu » (Baywatch) par exemple a fait un bide aux Etats-Unis mais c’est son succes en Europe (et surtout en Allemagne) qui l’a sauvee. Dans les annees 90, la chaine « USA » produisait des tas de daubes qui ne rapportaient qu’a l’export (le fameux « Renegade » a.k.a « Le Rebelle » avec Lorenzo Lamas, un has-been issu du monde des soaps)Parmi les series actuelles c’est CSI:Miami qui est numero un dans le monde, alors que c’est de loin la serie la plus mal ecrite et surtout la plus mal jouee (Ah, David Caruso!) du moment.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *