Quand le stress te lâche

Depuis quelques temps, je le sais, je carbure au stress. J’ai énormément de choses à faire, au boulot, dans ma vie, j’ai couru, j’ai fait quelques belles nocturnes (pour mon dernier jour avant les vacances, je suis partie à 23h30…). Un petit sprint final qui a duré presque un mois mais je ne trouve pas forcément matière à me plaindre : ce stress, c’est un peu de ma faute, au fond. Et je compte m’en rajouter une lichette en chopant des freelances pour me payer les vacances du nouvel an ainsi que celles de 2014. Et même que si je travaille treeeeees bien, j’en referai la déco de mon appart et je m’offrirai un joli Pc tout neuf. Et des cours de plein de choses. Si tu cherches un(e) CM freelance ou rédactrice web, manifeste-toi !(t’inquiète pour mon emploi du temps, je gère)*

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Bref, autant vous dire que je faisais des petites croix sur mon calendrier en attendant ces 15 jours de vacances (dont une semaine pour me faire opérer mais c’est pas grave, je vais dormir). Le vendredi soir, je répare donc du boulot avec une tension certainement au plafond. Le samedi, je dois gérer pas mal de choses encore : gérer le catsitting de ma monstresse, les derniers achats, la valise, écrire quelques articles sur le blog (assez gros échec), finir de programmer des campagnes sur Facebook et Twitter pour pas refiler trop de boulot aux copains. Au lit à 2h30, endormie à je ne sais plus quelle heure, réveil à 7h10… Et dans la voiture, je somnole à peine entre les changements de place au volant (j’ai pas conduit), mon neveu qui trouve mes cheveux irrésistibles et joue donc avec. Bref, le premier soir, je suis un peu dans le coton et rêve juste d’aller me coucher.

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Le lendemain matin, je me lève sans encombres à 7h45 (je me lève toujours si facilement tôt en vacances, ça en est limite énervant) mais après le petit dej, un petit tour au Leclerc pour acheter de quoi se faire des apéros, je me retrouve allongée sur mon lit à lire Voici… Et à dormir dessus. C’est pas si passionnant que ça la vie de nos amies les stars, à croire. Mes premiers soins se passent dans un nuage : entre le bain massant et le modelage relaxation, j’ai 20 minutes d’attente, je m’assoupis donc dans la salle d’attente, en toute décontraction. Le soir, je suis claquée, extinction des feux à 23h. Le mardi, je suis enfin repartie, vaillante, même pas je m’endors pendant mes soins. Et toc !

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Le problème quand ton stress est ton moteur, c’est que dès que tu n’en as plus, tu t’effondres. En vacances, je dors, beaucoup, alors qu’en temps normal, je roupille en moyenne 6h/nuit en semaine sans difficultés notables. En Égypte, c’était pareil, je m’ecroulais à 22-23h. Bon, on se levait à 6h et la plongée, ça vous claque bien. Mais force est de constater que des que je ne suis tenue par le rythme trépidant de ma vie très active, je m’écroule comme une marionnette à qui on aurait découpé les fils. KO la Nina ! Vous allez me dire que les vacances, ça sert aussi à ça, se reposer, mais j’aimerais aussi en profiter pour faire des choses que je n’ai pas ou peu le temps de faire en temps normal : lire, écrire pour commencer. Parce que j’ai toujours plein de romans en écriture stoppés à la page 5, à peu près.

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Au fond, le stress, c’est peut-être un peu ma drogue… Et dès que je suis en manque, je m’évanouis. La question est : dois-je calmer le stress en période intense ou en profiter pour faire plus de trucs, profitant des vacances pour ne vraiment mais alors vraiment rien faire ? À la dernière visite médicale, ma tension était bonne… Sauf que quand t’as pris qu’une semaine, mettre 48h à récupérer un rythme un peu décent, c’est long… Très long. Trop. Surtout que mes prochaines vacances, ce sera plongée en Corse ! Pas le temps de roupiller.
* tu peux me joindre sur Nina.bartoldi@gmail.com, des fois que…

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Un jour en France – une modeste analyse politique

Par So Long

[Message de Nina : article écrit pendant l’entre deux tours mais j’étais en Sicile, pardon pour le léger décalage]

Rien de nouveau sous le soleil, je demeure une passionnée du débat politique et de la vie publique en général. Inutile de préciser qu’en ce moment je suis servie et que je dors bien peu à force de cogitations. Voulant rendre mes nuits plus belles que vos jours, et retrouver le sommeil, j’ai fini par accepter de coucher sur le papier le résultat de mes considérations intempestives d’une inactuelle.

J’en profite pour rappeler un certain nombre de points qui sont certainement nécessaires à la compréhension de ce qui va suivre : je suis de gauche et je ne suis pas démocrate. Comme la gauche est au pouvoir, il est assez facile pour moi de prendre la parole et de rappeler que mon soutien à François Hollande est un soutien de totale conviction ; toutefois comme l’aristocratie aristotélicienne
n’a pas bonne presse, je me contente de dire que je suis républicaine en prenant garde de ne pas trop m’épancher sur le mode de scrutin, le suffrage et le « peuple ».

Cela fait donc un mois que nous avons un nouveau président et un nouveau gouvernement. Cela fait donc un mois que les forces politiques françaises sont en plein branle bas de combat pour définir ce que pourraient être les prochaines années. En somme, la période est passionnante, et même si je n’ai pas la prétention de livrer une analyse politique exhaustive (tout simplement parce que je n’en ai pas le temps ni la compétence), j’aimerais toutefois partager en toute humilité certaines intuitions.

Les défis du gouvernement.

Restaurer la confiance et la justice.

On l’a dit et répété pendant la campagne, les défis sont nombreux et variés. Crise économique et financière, crise morale, crise d’égo, crise d’adolescence… Le monde est en crise. Certes. Sur la base de ce rappel, quelles sont les véritables ambitions du gouvernement ? On pourrait donner foi à certains propos de l’opposition (dont nous parlerons longuement plus tard) en disant que le gouvernement se cache derrière son petit doigt et refuse de voir la GRAVITE DE LA SITUATION (oui en capslock parce que ça fait PEUR). Pourtant, le discours d’investiture de François Hollande a été particulièrement clair : il s’agit de réinstaurer en France un climat de confiance et de justice. On ne peut qu’approuver et applaudir.

Si l’on considère que le terreau le plus fertile pour l’extrémisme de droite est effectivement la défiance du peuple à l’égard des gouvernants et de l’Etat, assorti d’un sentiment de déclassement (et donc d’injustice), il faut en effet traiter le mal à la racine et retrouver le chemin de la justice et de la confiance. Pour y parvenir, deux solutions ont été avancées jusqu’à présent : l’éducation et
l’investissement sur l’avenir et la jeunesse (c’est-à-dire être en mesure de donner au peuple les clés de compréhension du changement qui s’opère) ; ou bien, donner raison au discours de défiance sur la base d’un « je vous ai compris » qui n’apporte pas grand-chose au débat mais à le mérite de faire gagner des voix.

En 2007, l’option « je vous ai compris » a été parfaitement utilisée par Nicolas Sarkozy, permettant au Front National de perdre de la vitesse. Le problème de ce type de discours – et on l’a vu ces 5 dernières années – c’est qu’il s’agit malgré tout d’un chèque en blanc, et si on n’est pas capable de comprendre réellement et de prendre les mesures qui correspondent à cette analyse, alors on échoue (dans les urnes notamment), et on renforce les extrêmes. De machine à gagner grâce à cette tactique, l’UMP est devenue machine à perdre à cause de cette tactique.

Dès lors, la ligne choisie par François Hollande a été celle de l’éducation pour sa campagne. C’est un autre choix, tout aussi difficile, et réussir le pari de l’éducation n’est pas une mince affaire.

Restaurer la confiance dans l’Europe.

Là encore, le défi est de taille ! Et l’ambition de réconcilier la « France du non » et la « France du oui » est certes noble, mais un brin utopiste. Tout simplement parce que la « France du non » est hétéroclite : il y a d’un côté les nonistes qui ne veulent plus de l’Europe – option privilégiée par les eurosceptiques – et de l’autre les « nonistes » qui veulent une autre Europe, des europhiles qui ont une interprétation du projet européen différentes des « ouiistes ». Pour ma part, en 2005, j’ai fait campagne pour le non – parce que le projet ne me convenait pas, n’était pas assez politique et pas assez social – mais malgré tout, j’ai voté oui, faute de mieux et parce que je ne croyais pas au « plan B secret ».

Bref. L’Europe est incomprise, et surtout incompréhensible. C’est pourtant un projet formidable qui commence à s’essouffler un peu, et qui ne retrouvera un nouveau souffle qu’à deux conditions :

– montrer que l’Europe n’est pas qu’une pure construction libérale, prônant l’austérité et imposant davantage de devoirs que de droit : il est donc urgent de parler des bienfaits de l’Europe, quitte à passer en second plan les mesures qui fâchent ; la communication sur l’Europe c’est aussi de la politique ;

– retrouver une relation franco-allemande basée sur la confiance et non sur le rapport de forces, raison pour laquelle la réception au niveau national des mesures de Hollande est scrutée à la loupe par nos voisins d’outre-Rhin. La réussite du projet présidentiel dans les prochains mois fera ou défera les élections allemandes de 2013.

Dès lors, le défi retrouve toute son importance : le pacte de croissance sera l’occasion de diffuser une image positive de l’Europe, et permettra de mieux faire accepter l’Europe politique voulue par l’Allemagne. A condition toutefois que cette Europe politique soit également l’occasion de poser les jalons d’une Europe sociale. Si les allemands n’ont aucun problème avec le fédéralisme – et pour cause ! – ce n’est clairement pas le cas en France où la moindre évocation du mot « décentralisation » fait frémir.

Réformer l’Etat.

Tout est en tout et inversement. Ma fâcheuse tendance à l’esprit de système considère qu’une réforme de l’Etat bien menée permettra une meilleure intégration européenne, et favorisera la justice. C’est pourquoi le nouvel acte de décentralisation que j’appelle de mes vœux depuis quelques années, apparaît comme central. Déjà – et n’en déplaise à l’opposition qui considère que cela va entraîner une explosion de la dépense – parce que décentraliser, c’est économiser. Moins de doublons, rationaliser les compétences, encourager la mutualisation et la coopération territoriale, c’est absolument nécessaire. Mais cette réforme doit être accompagnée sereinement, intelligemment et en tenant compte des particularismes régionaux. Bref, deux maîtres mots dans cette réforme : accompagnement et péréquation. Revenir sur la RGPP, pourquoi pas, l’annuler purement et simplement, non. Par contre, revoir la méthode, le pilotage et les compétences : OUI, mille fois oui !

Est-ce possible ? Je le crois, et je ne dis pas ça seulement parce que la réforme de l’Etat fait partie des rares domaines dans lesquels je me reconnais une certaine compétence. Tout simplement – et là encore, n’en déplaise à l’opposition – parce que le dialogue entre l’Etat et les collectivités sera facilité par le fait que les pouvoirs locaux sont de la même couleur que le pouvoir central. La concertation sera plus riche, et donc la réforme sera mieux acceptée.

Est-ce souhaitable ? Là encore, je prêche pour ma paroisse, mais bien évidemment ! Et je dirai même que c’est la base de tout. On oublie un peu facilement que si « la France a mieux résisté à la crise que les autres pays », c’est aussi – ET SURTOUT – parce que les politiques sociales sont majoritairement exercées par les pouvoirs locaux. Il est certain que ce type d’argument n’était pas
particulièrement de bon ton pendant la campagne présidentielle, ni pour la droite ni pour la gauche puisque mettre en avant les pouvoirs locaux à l’heure d’une campagne nationale peut être à double tranchant. Du coup, comme le manche du marteau sera sensiblement raccourci, les citoyens pourront mieux contrôler et mieux voir la réalité de cette nouvelle politique. Et donc ? La confiance reviendra. Cela prendra du temps, mais ça viendra. Toute centralisation est un acte de défiance et entraîne la méfiance. A contrario, la décentralisation implique la confiance… et vous connaissez la suite.

En quoi cela va-t-il renforcer le projet européen ? Tout simplement parce que la majeure partie des politiques européennes qui ont un réel impact positif sur les citoyens s’applique à l’échelon régional. L’utilisation des fonds structurels, l’attribution du FSE,… tout ça c’est du régional et non de l’étatique. Allez voir un hôpital ou un lycée en construction – par exemple (enfin si vous arrivez à
en trouver un) – et vous verrez sur le panneau un petit drapeau avec plein d’étoiles. Ce n’est pas le drapeau des USA, mais bel et bien le drapeau européen.

Les défis de la gauche.

Le Parti socialiste a enfin su redevenir une « machine à gagner », mais il est important qu’il maintienne le cap qu’il tente tant bien que mal de garder depuis 2002. Et oui, je dis bien 2002, parce que pour moi il n’est pas anodin que celui qui a dirigé le parti après le 21 avril soit aujourd’hui président de la république. Et aussi, parce que j’aime pas Aubry (argument massue). Il convient alors de faire un léger effort de recomposition du parti en adaptant – en partie – la stratégie de l’UMP en 2007, tout en évitant les écueils auxquels la droite est aujourd’hui confrontée. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas que Martine Aubry garde sa place, et aussi la raison pour laquelle il ne faut pas que ce soit un aubryste qui la remplace. N’importe quel autre courant – surtout depuis que les strauss-
khaniens sont morts – serait meilleur que celui là. Parce que laisser le parti entre les mains de personnes qui deviendront à termes (en l’occurrence 2017) des opposants est une mauvaise chose. Il y a suffisamment à gérer pour avoir le devoir de garder le parti en ordre de batailles. Pour autant, le PS doit savoir rester une force de propositions, un observatoire de la société, et un relai de
communication de la politique gouvernementale (bouh, la vilaine politicienne que je suis). Ainsi, s’il ne doit pas être purement le « parti du gouvernement », il ne doit pas oublier qu’il est un « parti de gouvernement ». Dès lors, laissons l’exercice du pouvoir au gouvernement, et que le PS s’accorde pour mettre en place une stratégie de préservation du pouvoir. Oui, je sais, la politique c’est moche, c’est toujours une histoire de conquête, de préservation et d’exercice du pouvoir. Pour cela, un premier secrétaire « trans-courants » serait l’idéal, notamment parce qu’il doit aussi être en mesure d’aider le centre à se reconstruire (j’y viens).

Par ailleurs, l’agonie de Mélenchon (largement prévisible) depuis le 1er tour des législatives plaide également en faveur d’une logique trans-courants. On s’en doutait déjà depuis la présidentielle, mais la stratégie de Mélenchon n’était que du vent même si elle était basée sur une intention noble de vulgariser le débat afin d’organiser le retour des masses aux urnes. Sauf que la grenouille a voulu
se faire plus grosse que le FN, et s’est lamentablement plantée. J’aime pas Mélenchon (argument massue, bis). Dès lors, soit cette mission reste celle de « l’extrême gauche », soit elle est remplie par le PS. Mais dans tous les cas, il faut canaliser cette formation pour que la stratégie d’opposition facile ne joue pas en la défaveur du gouvernement actuel. Parce que quoi qu’on en dise, pour l’instant le
Front de Gauche est un parti d’opposition et non de propositions. Youpi ! Le faible score du Front de Gauche permet néanmoins d’avoir l’assurance de ne pas être trop débordé par la gauche…

… et par le milieu ?

A suivre demain !

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2011, quand y en a plus, y en a encore

Ces derniers temps, je l’avoue, je ne suis pas de très bonne humeur. Disons que j’arrive à saturation de 2011, cette année est une calamité, je m’en ramasse plein la gueule pour pas un rond et j’avoue que ma patience a atteint ses limites. Voire les a dépassées.

Dernier épisode en date de cette mauvaise sitcom qu’est ma vie en 2011. Jeudi soir, je pars dans le sud pour voir mon chirurgien qui m’annoncera officiellement que je suis guérie. Ca, c’est une bonne nouvelle. Je rentre chez moi le samedi, je récupère mon courrier, ma vie est toujours aussi passionnante. Dimanche, je décide de le lire et j’ouvre notamment ma fiche de salaire. Et dans la case salaire net, un étrange chiffre : 100 €. Je relis plusieurs fois la fiche de paie, ne comprenant même pas de quoi on me parle puis je sens comme une lourde pierre tomber dans mon ventre. En fait, ma boîte a légèrement omis de me déduire mon congé maladie sur le salaire du mois d’août donc ils m’ont tout sucré en septembre. Or, moi, je pensais que tout était réglé et j’ai fait de lourdes dépenses.

Petit exercice de mathématiques. Une salariée dans sa première année de travail se casse le genou et en prend pour deux mois. Sa boîte couvre le minimum du minimum (salaire de 125 € en juillet et 100 € en septembre, donc), la sécu prend le relai. Sauf que la sécu me rembourse à hauteur de 40 € par jour. Soit en moyenne 5 € de l’heure (le smic est à 7 net). Soit au bout de 2 mois un différentiel de 2000 €, somme que j’ai dû me résigner à emprunter à la banque. Vous allez me dire que, hého, je bossais pas et c’est normal. Faux d’une part, je bossais de chez moi. Ensuite je ressens comme une relative injustice. En 4 ans et demi de vie professionnelle, je n’ai pris que ce congé maladie. Donc pendant 4 ans, j’ai travaillé tous les jours où je n’avais pas posé de congés. Même quand j’étais malade, que je pleurais du nez, que j’étais shootée aux médocs. Oui, deux mois, je me rends bien compte que c’est long mais j’ai quand même fait du mieux que j’ai pu pour filer un coup de main.

En 2011, j’en ai eu pour 9 000 € de dentiste (j’ai dû être remboursée à hauteur de 30%), 650 € d’optique (remboursé à hauteur de 50% au mieux) et voilà que j’ai un trou de trésorerie de 2000 € suite à ma fracture du plateau tibial. Je vous dis pas le fric qu’elle me coûte cette année 2011. Oui bon, ok, pour le dentiste, j’ai bien trop laissé traîner et les yeux, ça fait bien deux ans que j’aurais dû changer de lunettes, c’est vrai. Mais ça me déprime un peu de penser que tout le fric que je gagne (y compris dans des contrats annexes), je m’en sers pour payer tout ça. Ah, il peut revenir Michaël Moore pour m’expliquer qu’en France, la santé, c’est gratuit ? Surtout à Paris où le moindre coucou à un spécialiste pète les score. 70 € l’ORL, 85 € l’ophtalmo, 100 € le soin dentaire (encore que là, justement, y a un vrai soin, pas une consult’ assumée en 10 mn chrono pour me dire que je dois changer de lunettes ou que mon vasalva ne passe pas à gauche). Palam pam pam.

Alors ouiiiiiiii, je sais que c’est pire ailleurs, que je devrais penser à ceux qui ne bossent pas donc qui n’auraient pas pu « s’offrir » (pardon mais à ce prix là, je ne vois pas de verbe plus adapté) tous ces soins, que le mec qui se met un caillou à la place des dents parce qu’il n’a pas les moyens de se payer une nouvelle dent n’est pas un mythe. Ouais, c’est vrai. C’est pas pour autant que j’ai pas envie de râler dessus. Parce que dimanche, je l’avais assez mauvaise, je me suis sentie un peu trahie par ma boîte, le côté « je me suis montrée arrangeante, vous me poignardez dans le dos avec un mois de retard, histoire de bien me surprendre ». Bon, pour les défendre, ce n’est qu’une bête application de règles et le service paie et mon chef ne discutent pas de ce genre de chose. J’ose croire que mon chef partait du principe que je toucherais somme toute la même somme que d’ordinaire donc je ne la joue pas « ah mais bande d’ingrats ! ». Si j’avais pas eu mon freelance, je n’aurais pas pu me payer mes dents. Si ma fracture avait fait 2 cm de plus, j’en prenais pour 6 mois d’arrêt (j’aurais embarqué le péroné et les ligaments). 6 mois de demi-salaire, même en vivant chez mes parents, ils me restent des frais comme, au hasard, mon loyer, mes impôts, mes abonnements divers et variés… Comment font les gens ? Non parce que je veux bien qu’on me dise qu’on peut pas trop faire des congés maladie remboursés à 100% parce que tu comprends ça encourage un peu trop les gens à en prendre, salariés tous des feignasses, blablabla… Mais bordel, une fracture, c’est quand même difficile à simuler par exemple…

Bref, voilà, cet article ne sert pas à grand-chose à part râler, il ne fera pas couler les 2000 € manquants sur mon compte mais ça fait du bien de l’écrire quand même.

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Pas un phare

Par Diane

Nina, lecteurs, lectrices, jeunes et vieux, grabataires et prépubères, public chéri mon amour.

Il est arrivé récemment une drôle d’aventure qui m’a donné à réfléchir. Et quand je dis « drôle », ce n’est pas tant de par la vertu comique -loin de là- qui se dégagerait de l’événement, mais plutôt parce que celui-ci, bien qu’il ne soit pas extraordinaire en soi,  m’a laissé sur le coeur et la conscience comme un arrière goût d’incompréhension et d’amertume persistante.

Je suis allée il y a quelques semaines de cela dîner un vendredi soir avec des collègues et amis du côté des Halles.

En fin de soirée, nous nous dirigeons vers le RER quand une de mes collègues à l’oeil perçant remarque une jeune fille la main dans le sac d’une autre de nos collègues. Cette dernière vérifie, le sac ouvert, le portable envolé. La tentative très pacifique de récupérer le portable échoue, la vile voleuse ayant une armada de copines pour la pousser vers le RER. Nous restons là, pantelants et, disons le, comme des cons, les regardant s’éloigner. 

A ce moment là, plusieurs choses viennent à l’esprit: énervement, hébétude, colère, dépit, et surtout, hésitation devant la marche à suivre.

Une de mes collègues particulièrement réactive est allée directement au guichet, a brièvement expliqué la situation au monsieur RATP et voilà t’y pas qu’en un dixième de seconde une dizaine d’agents de la sécurité RATP débarquent et fondent sur les auteures du rapt portabilique. 

S’ensuit une série de hauts cris à tendance hystérique et un portable récupéré (déja sans puce….).  Tandis que justice se faisait, mon petit groupe de collègues et moi étions au milieu de tout cela. Et les secondes passant, nous commençâmes à observer que petit à petit des groupes de jeunes gens à l’air pas tellement avenant se formaient autour de nous. Grossissant avec les secondes, tandis que les cris persistaient du côté des donzelles interpellées. Les essaims qui s’étaient formés autour de nous commencèrent à sortir leurs portables,
et à nous prendre en photo. J’ai beau être une bonne banlieusarde ayant pas mal fréquenté les mauvais quartiers, je sentais petit à petit la tension monter au rythme des essaims qui croissaient toujours autour de nous et, pareille à ces inculpés que l’on voit aux flash infos, j’eus le réflexe de leur tourner le dos pour ne pas montrer mon visage (étrange retournement de situation qui me fait prendre victime une attitude de coupable…).

Les donzelles en cause ont été embarquées. Et là, d’un coup, le plan initial de prendre le RER pour rentrer chez moi ne m’est soudainement plus apparu comme une option possible, les regards des groupes alentours toujours fixés sur nous.

Heureusement, les agents de la sécurité nous ont proposé de nous escorter jusqu’au commissariat où des proches pourraient venir nous chercher. Fin de l’histoire.

Et après coup, je me demande: si une situation du même genre se présentait, prendrais-je le risque de me défendre?

Sur le coup, avec 8 agents de sécurité et une bonne trentaine de jeunes gens moyennement friendly autour, je vous avoue que j’ai sérieusement eu les miquettes, et que du coup on en vient même à regretter de ne pas s’être laissé faire.

On se dit que bon, il vaudrait ptêtre mieux se laisser piquer son portable et rentrer chez soi en paix.

Mais d’un autre côté, si tout le monde se dit cela, il reste tout de même un très gênant et agaçant sentiment d’impunité, de leur donner exactement ce qu’ils veulent, de se laisser terroriser. Quelque part, ce soir là, après avoir piqué peut-être 154 portables, eh bien justice à été faite. C’était une récidive, il y aura des suites.

Etant professeur, quand j’étais au milieu de l’essaim, plus tellement rassurée que ça par les agents de sécurité d’un nombre bien inférieur à l’essaim en question, je me suis dit que c’était cela que devaient ressentir les élèves victimes de racket qui ont dénoncé leur tortionnaire et qui ont peur des représailles. Que les agents RATP, c’était nous les profs qui rassurons les élèves en leur disant que tout ira bien. Mais nous ne sommes pas en permanence derrière eux, nous ne sommes pas là quand ils franchissent la porte du collège la peur au ventre pour parcourir le plus rapidement possible la distance qui les sépare de chez eux.

Et puis je pense au groupe de jeunes filles en question dont les journées consistent à errer dans les alentours des halles en gueulant le plus fort possible (il faut bien exister…) et de gérer leur petit trafic de vol de portables ou que sais-je encore.

Elles nous regardaient avec une telle haine et une telle colère pendant l’interpellation que j’avais l’impression que c’était nous qui étions en faute. Que se défendre, c’était presque les insulter.

Puis-je vraiment leur en vouloir? Qu' »est ce que c’est, leur vie à elles? Qu’est ce qu’elles ont eu comme choix dans la vie?

Alors oui je sais faut redescendre sur terre, c’est pas nouveau tout ça, c’est ça la vie etc… Cela n’a rien d’extraordinaire. Et pourtant.

J’ai un mauvais goût dans l’âme. Une sensation de lâcheté de ma part (si ma collègue n’était pas allé prévenir la RATP, l’aurais-je fait?), d’incertitude (si la situation se représente, le ferais-je? toute ma raison et ma « conscience citoyenne » me disent que oui, le désagréable souvenir de cet événement me le permettra t-il?). Un peu de honte, un peu de compassion triste aussi. Je pense à certains de mes élèves, gentils au début, qui flanchent petit à petit parce qu’ils ne sont pas adaptés au système scolaire français et qu’ils en ont
légitimement marre d’enchainer les 2/20 et qu’on les oblige à rester cloués sur une chaise 8h par jour jusqu’à leurs 16 ans. Alors ils n’essayent plus. Ils cherchent, et trouvent bien vite une autre façon d’exister.

Menfin. Sur ce, et pour finir sur le sujet, j’en profite pour une nouvelle fois vous refiler du Hugo à cogiter. Un extrait d’un très joli poème qui a d’ailleurs été cité il n’y a pas longtemps dans un téléfilm sur l’école  justement. Hugo s’adresse ici aux dirigeants politiques, mais cela s’adapte très bien aux professeurs et éducateurs de tous poils. 

Sic transit gloria mundi,

Pfiouuu…

 

 [… ]Je défends l’égaré, le faible, et cette foule

Qui, n’ayant jamais eu de point d’appui, s’écroule

Et tombe folle au fond des noirs événements ;

Etant les ignorants, ils sont les incléments ;

Hélas ! combien de temps faudra-t-il vous redire

À vous tous, que c’était à vous de les conduire,

Qu’il fallait leur donner leur part de la cité,

Que votre aveuglement produit leur cécité ;

D’une tutelle avare on recueille les suites,

Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.

Vous ne les avez pas guidés, pris par la main,

Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin ;

Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ;

C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.

Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;

Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;

Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse

Et plus morne là-haut que les branches des bois ;

Pas un phare. A tâtons, en détresse, aux abois,

Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ? [….]


Hugo, à ceux qu’on foule aux pieds

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Like a Republican

Cette semaine, j’ai non seulement oublié d’envoyer la question love and sex à mes camarades (désoléeeeeee !) mais en plus, j’ai pas tellement regardé la télé vu que je suis sortie à peu près tous les soirs. Sauf mercredi où je me suis écroulée comme une merde à 21h30. Du coup, angoisse : de quoi parler dans cette rubrique télé. Ah mais oui, jeudi, j’ai vu les Experts. Parlons donc du républicanisme latent des séries télés américaines. Hop !

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Les séries américaines contiennent pour une très bonne part une sérieuse dose de puritanisme républicain. Par exemple, le sexe pour le sexe est rarement toléré. Regardez, dans les Experts, peu importe où ils sont, les infidélités finissent toujours en meurtre, toujours. Les pétasses en minijupe sont toujours soit égorgées, violées, défenestrées… La petite vertu ne paie pas. Et quand les héros de ce genre de série trompent leur légitime (ce qui est somme toute assez rare car ils s’aiment. D’ailleurs ils ne baisent pas, ils font l’amour, tout doucement, yeux dans les yeux…), ça finit toujours mal pour eux. D’ailleurs, ils sont perclus de remords, ils s’assoient sur le bord du lit de la maîtresse, se prennent la tête entre les mains, la capote encore collée à la queue, et lâchent un « Rah, non, c’est pas bien ce que j’ai fait. Si Julie savait… ». Le sexe, c’est mal sauf dans le cadre de l’amouuuuuuur et l’amour que tu ne croises qu’une fois dans ta vie. De la même façon, la famille est une source infinie de joie et quand on s’aime (amoureusement ou familialement parlant), on peut surmonter toutes les épreuves. Au moins.

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Autre élément troublant : la justice. La loi du talion est souvent appliquée mais attention, il y a une énorme subtilité. Un méchant qui applique la loi du talion, c’est mal. Mais si c’est un gentil, c’est bien et il faut être compréhensif. Par exemple, jeudi, juste avant les Experts, j’ai re (re re) vu un épisode de Medium où Angelica Huston tue une nana qui avait tué sa fille. Mais Angelica étant une gentille, on la plaint surtout qu’elle a elle-même appelé la police. Et c’est construit de telle façon, on nous a tellement agité l’amour filial dans cet épisode et l’ignominie de la méchante sociopathe que limite, on se dit « bah, elle va pas aller en prison, elle a eu raison d’agir ainsi, j’aurais fait pareil ». Hiiiiiiin ! (buzz de mauvaise réponse) Non, c’est mal, on ne tue pas les gens, même Dieu l’a dit. Pourtant, on a régulièrement droit à des épisodes où les policiers doivent arrêter le père de famille qui a tué l’enfoiré qui a violé (ou tué, voire les deux) sa progéniture et là, immanquablement, les héros de la série discutent entre eux de ce qu’il serait opportun de faire mais
comme dans toutes les séries, c’est toujours le sens du devoir professionnel qui l’emporte. Le père de famille va en prison et les docteurs d’Urgences soignent le vilain qui a tué une famille en conduisant bourré parce que « c’est notre travail, nous ne devons pas juger ». Par contre, quand le flic qui vient arrêter le méchant vient lui coller une balle dans le buffet car il a opposé une résistance et le tue, là, tout le monde est content, tout est bien qui finit bien.

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Bref, tout ceci est une jolie soupe de bons sentiments : honneur, dignité, devoir et tu couches pas avec des gens que tu n’aimes pas. Car l’amour nous sauve toujours de tout. Sauf quand l’acteur veut quitter la série mais ça, c’est un autre problème…

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ANECDOTE de M. Bidet

Par Diane

Cher petit lecteur, aujourd’hui j’ai une petite anecdote à te raconter. Une petite anecdote anodine comme ça arrive tous les jours, mais que, quand on y réflechit vraiment, pour un être humain est beaucoup plus déprimante que toutes ces soi-disant catastrophes rrrrhhhaaaaaabanquespouvoird’achatchomage qu’on nous sert tellement à tous les rateliers que ça en devient presque banal.

Bref, cet après midi, j’étais à la défense où une quantité impressionnante  de gens sans pouvoir d’achat se ruaient les uns sur/sous/dans les autres et les magasins en pleine folie de soldes.

[c’est quand même fou ce phénomène de société moderne et pourtant fichtrement néaderthalien que sont les soldes. On se croirait dans un documentaire animalier sur planète:  » la femelle, en période de rut soldesque, a tous ses sens en alerte. Elle développe un instinct particulier et aiguise finement son mode d’action. Quand elle a repéré sa proie, elle observe, les narines à l’affut du moindre chanel n° 5 alentour, son périmètre d’action. Elle guette soigneusement les autres femelles potentiellement rivales avant de fondre en un éclair sur sa proie, non sans écharper à coup de talons aiguilles dans le tibia tout danger potentiel qui s’approcherai un peu trop près de la cible repérée ». Bref j’ai l’impression que toute ton éducation, les dures années de labeur des parents, des professeurs, des nounous et de pratique intensive du bouddhisme tout d’un coup ça compte plus, on fait pouce, et c’est retour à la jungle. Fin de la parenthèse]

Bref, moi j’y étais pour aller m’acheter le dernier Thorgal que tout le monde il a oublié de me l’offrir à noel, donc je le fais moi même, non mais.

Mais là n’est pas l’intérêt principal, j’y viens, un peu de patience. Faut bien vous faire mariner un peu, hein, sinon c’est pas drôle, et puis c’est tellement déprimant que rien qu’à l’écrire, je tire une tronche de quatre mètres de long.

Donc, je suis sur le chemin de retour chez moi, quand dans le RER je croise un jeune homme de ma connaissance, camarade de fac, qu’il se trouve qu’on prépare le même concours.

Et le jeune homme en question me raconte qu’il y a quelques mois, il était à la BU (= bibliothèque universitaire pour les intimes) dans la salle de prêt et que deux jeunes hommes à l’air préoccupé sont venus lui demander un service.

En gros: « rrhhaaa on a un partiel demain, et on a absolument besoin de codes civils mais on peut pas emprunter de bouquins, est ce que tu peux silteplait les emprunter pour nous c »‘est super important »
Alors lui, méfiant, leur demande l’assurance qu’ils rendront les bouquins, ils promettent, et alors il leur fait confiance, et emprunte les bouquins sous son nom.

Et voilà, quelques temps après, il reçoit un courrier de la BU lui demandant de rembourser le Code civil qu’il n’a pas rendu…
Et là je me demande: mais comment est ce qu’on peut faire ça? En plus cette raclure de bidet est censé être étudiant en DROIT! Il étudie le droit, qui est tout de même fondé sur l’idée de JUSTICE,
et il se permet un truc pareil…

Ces temps ci, je suis entourée autant que vous tous par un cortège médiatique d’infos toutes plus joyeuses les unes que les autres, entre  le mot à 5 lettres qui fait peur à tout le monde, (et ne pas le citer est le meilleur moyen de se rendre compte à quel point on nous l’a bien fourré dans le crâne: vous l’aurez tous reconnu…), le chômage  les déboires de nos chers ministres…..eh bien je crois que c’est la chose la plus déprimante que j’ai pu entendre.

Et après, on se met à la place de mon camarade de promo: la prochaine fois, qu’est ce que je fais? Est ce que j’ai eu tort de vouloir faire confiance gratuitement à un autre être humain? Est ce que je préfère devenir super méfiant, me fermer comme une huître et dire non à tout ce qu’un inconnu me demandera, ou alors est ce que je préfère me faire avoir de temps en temps, et garder confiance en l’autre?

Bref, quoi qu’il en soit, si par un grand hasard le petit con qui n’a pas rendu ce livre échouait sur ce blog et lisait ces quelques lignes, je tiens, du fin fond de mon être vers l’espèce de bouillie putride et inconsistante qui te sert de conscience, à t’exprimer l’expression de mon plus profond mépris.

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Le karma existe, je l’ai rencontré

Samedi, j’ai joui. Mais je ne parle pas ici de sexe mais de jouissance plus…mesquine, vile. Un acte que l’on pourrait qualifier de méchant mais que je classerai dans la catégorie « bien fait pour ta gueule, tu l’as bien cherché ».




Retour en arrière : janvier 2006 (l’année 2006 fut une de plus pourries de ma vie), le 02, précisément. Je rentre chez moi après les vacances de Noël, j’avais retrouvé Guillaume 2 à Paris pour qu’on passe une nuit ensemble avant qu’il ne retourne en Bretagne. En arrivant dans mon appart, ça pue le moisi, eurk ! J’ouvre la porte de la salle de bain et
découvre une belle flaque en plein milieu. Suite à ça, j’appelle le proprio qui me dit de contacter un autre locataire de l’immeuble qui a le même proprio que moi pour savoir chez qui il va en matière de plomberie. Je fais venir le plombier qui me dit qu’il faut changer le réservoir des toilettes, je paye (800 euros) et il me change la cuvette sur le champ. J’expédie la facture à mon proprio qui refuse de payer m’expliquant que je m’était faite arnaquer et que j’avais qu’à attendre avant de faire les travaux. Après tout, qu’est-ce que j’emmerde le monde à pas vouloir vivre quelques jours de plus dans une bonne odeur de moisi avec un taux d’humidité affolant alors même que je n’ai plus de chauffage ni eau chaude car la chaudière était en panne, hein ? Et pan, 800 euros dans la gueule, pas un centime de remboursé. A partir de là, je n’ai pas été une très bonne locataire, payant toujours l’augmentation de loyer avec retard, oups…



Novembre 2008. Comme la secrétaire du proprio m’a dit qu’il était peut-être temps que je finisse de remettre l’appart en état pour les visites, je vais passer la shampoineuse ce samedi dans mon ancien appart. Une fois fait, je la pose devant ma porte et laisse celle-ci ouverte, des fois qu’un voisin ait l’idée saugrenue de voler ma beeeeeelle shampoineuse kiloutou. Alors que j’étais en train de remonter une armoire en tissu que j’avais entrepris de démonter y a 15 jours avant de renoncer à l’idée de l’embarquer, un mec, nouvel arrivant dans l’immeuble, passe devant la porte et me salue. « Vous arrivez ou vous partez ?

– Je pars.

– Vous savez qu’il y a une fuite qui vient de votre salle de bain et qui a inondé la cave ?

– Heu bé non… »

Donc il jette un œil à ma salle de bain aux joints moisis et me confirme qu’il doit y avoir une fuite, je lui promets d’en parler à la secrétaire de mon proprio. Une fois le monsieur parti (qui ressemblait incroyablement à Benoît et après coup, je me suis demandée si c’était lui et si j’avais commis l’impair incroyable de ne pas reconnaître un mec avec qui j’avais couché plusieurs fois mais non, après vérification sur la boîte aux lettres, c’était pas lui), je suis au bord de l’orgasme. Mais pan dans ta gueule connard ! Parce que là, si la fuite inonde la cave, c’est du lourd, il va sans doute falloir tout casser et ça va coûter bien plus que 800 euros. Et l’appart reloué au 1er décembre, c’est totalement raté aussi (mais là, c’est un peu volontairement ma faute vu qu’ils n’ont toujours pas pu le faire visiter puisque je suis la seule à avoir les clés). Oh bah, c’est ballot ! Quant à moi, je me demande bien ce qu’ils pourraient me faire : je quitte l’appart officiellement dans une semaine, il est hors de question qu’ils m’impliquent dans quoi que ce soit dans cette histoire.



Donc voilà, en proie à une joie mesquine, vile et petite, j’ai appelé ma mère pour lui raconter et ça l’a bien fait rire. La seule chose que je regrette, c’est que le proprio qui avait refusé de me rembourser les toilettes soit mort et que ce soit un de ses fils qui récupère la tuile mais finalement, il est bon de constater que, curieusement, il existe une justice. C’est le pouvoir du karma. Merci de m’avoir vengé, mec ! Et maintenant, je prie très fort pour que la fuite vienne des toilettes, justement, pour que l’histoire soit encore plus mesquine mais après avoir étudié ça de près, je me demande si ça vient pas du bidet (objet dont je ne me suis jamais servi en 3 ans et demi vu que je prends des douches quotidiennement).

Note pour moi-même, faire la liste des cas où j’ai été garce sans raison pour voir un peu ce qui m’attend.

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Cécilia et Nicolas Sarkozy divorcent !

Jeudi, une nouvelle tout à fait croyable est tombée : notre Président divorce de la première dame de France, celle qui a libéré les infirmières bulgares. J’avoue que je trouve cette nouvelle fascinante. Pas parce que c’est Cécilia et Nicolas, ça, je dois avouer que je m’en fous. Non, ce qui me fascine, c’est tout ce que ça représente derrière : oh my, on va avoir un homme divorcé comme Président et même que ses copines vont se retrouver premières dames de France. Tiens, j’ai rêvé que je faisais des cochonneries avec lui (véridique, c’te honte mais ça en
restait à des bisous dans le cou), je vais postuler du coup. Si je me démerde bien, j’aurai mon mot à dire dans la politique internationale du pays et le choix des collaborateurs, la classe !

Bon, allez, je redeviens sérieuse, je veux pas me taper Nicolas Sarkozy en vrai, je le trouve pas sex. Surtout qu’il a quasi l’âge de ma mère. Bon, bref, revenons à nos (futurs) divorcés. Déjà, un divorce 4 mois à peine après l’élection, je sais pas vous mais moi, ça me paraît un peu gros. Genre ils se sont réconciliés pour la campagne parce qu’un candidat célibataire, ça le fait pas. Ségolène a fait pareil de l’autre côté. Hé ouais on a beau se la jouer libéral « la vie privée des candidats ne nous regarde pas », si les 2 plus gros candidats ont masqué leurs problèmes de couple, ce n’est quand même pas un hasard. D’ailleurs, si on y regarde de plus près, ça fait quelques campagnes que les candidats nous offrent de belles photos avec femme et enfants, tout le monde sourit, tout le monde est heureux. J’avais d’ailleurs lu une chronique sur le sujet dans Métro quand on avait appris que François Hollande et Ségolène Royal s’étaient séparés : un candidat célibataire, ça le fait pas. Parce que, oui, vous m’objecterez très justement que Sarkozy a déjà divorcé, Cécilia étant sa deuxième femme, mais il était officiellement en couple lors de la campagne.

Maintenant, nous voici avec un Président célibataire. Même pas veuf, séparé. Bon, je ne m’étendrai pas sur la question du divorce car le Président ne peut avoir à faire à la justice. Je suppose que le conseil constitutionnel va arranger ça et encore, uniquement s’il n’y a pas divorce à l’amiable et je vois pas Sarkozy refuser le divorce maintenant. Mais là, c’est quand même une révolution sociale. Bon, vu qu’il est déjà élu, il est tranquille pour les 4 années et demies prochaines. Mais justement, que va-t-il se passer pendant ces 4 années et
quelques ? Même si un Président est très occupé (surtout Sarko, à Marseille le midi, Lille l’après-midi et le soir à Moscou ou Londres, en passant à Paris pour faire un bisou au petit Louis), j’ai du mal à croire qu’il va mener une vie monacale le père Sarko. Il paraît qu’il est assez séducteur, comme la plupart de nos Présidents mais dans les faits, j’en sais rien. Je le connais pas personnellement, c’est pas parce qu’il furète dans mon cou dans un de mes rêves que c’est forcément un chaud lapin. Mais bon, il n’en reste pas moins que lors de la dernière séparation entre Cécilia et lui, il n’a pas traîné pour lui trouver une remplaçante. Avec toutes les femmes dans ses sphères, entre les journalistes, conseillères, collaboratrices, femmes de ménage, tout ça, tout ça, ça nous en fait des compagnes potentielles. Or quand on voit l’influence qu’a eu Cécilia sur le choix des collaborateurs, si la prochaine madame a la même influence, ben, ça va valser à l’Elysée.

Bref, je trouve cette histoire de divorce sociologiquement très intéressante. Sarkozy a fait ce que ses prédécesseurs n’ont pas osé (enfin, apparemment, c’est Cécilia, peu importe). Quand on sait à quoi ressemblait le couple Mitterrand ou Chirac à la fin de leurs mandats, on peut se demander pourquoi ils sont restés ensemble. Par habitude ? Autre temps, autres mœurs, Sakorzy n’est pas de la même génération, ceci explique sans doute cela. Mais que notre Président subisse également les affres du divorce comme un couple français sur 3, ça montre à quel point ce comportement est devenu aujourd’hui courant. Bien sûr, je pense que dans certaines franges très traditionnalistes de son électorat, ça va faire grincer pas mal de dents. Déjà, un divorce, bof, mais deux, ouhlala ! Mais à la limite, je préfère ça à un couple qui sourit par devant et qui ne se fréquente même pas par derrière (non, il n’y a aucun sous-entendu dans
cette phrase, nan mais !). Bon certains vont être tentés de me la jouer « ouais mais comme par hasard, ils annoncent ça le jour de la grève pour noyer le poisson, tu trouves pas ça un peu gros ? ». Je dirais que je m’en fous. C’est juste pas le sujet. Moi, je m’attache juste à cette évolution de la société, me demandant si, à l’arrivée, ça changera quelque chose ou pas.

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Etre ringard, c’est over hype

Des fois, je suis hallucinée par les lois de la hypittude. Outre le fait que les choses se périment à une vitesse telle que quand vous entendez Justice à la radio, Technikart, ça fait 4 mois qu’ils en ont parlé et c’est déjà dépassé. M’en fous, j’aime bien Justice et quand j’aurai récupéré le net, je m’en ferai une sonnerie, na.


Donc je lis Technikart, vous le savez, je suis fan. J’ai découvert récemment que beaucoup de gens avaient une espèce d’affection répulsive pour ce magazine. On est exaspérés par son ton prétentieux et bobo parisien, par ses changements d’humeur (tu détruiras demain ce que tu honores aujourd’hui, ou l’inverse), ses phrases mystiques mais on l’achète et on adore ça. Un jour, j’aurai ma chronique dans Technikart. Bref, sur le numéro du mois de juillet, on m’explique qu’en ce moment, c’est la super mode des méta beaufs à la Teki Latex (oui, je sais, je le tape un peu trop souvent mais il me saoule), Simone elle est bonne, Yelle…Les stars de myspace. Vous allez me dire que myspace, tout le monde est potentiellement une star dessus mais tous ces gens là sortent des albums et se font de la tune avec parce qu’il y a des gens pour l’acheter aussi. Plus t’es ringard et plus tu vends. Alors si être ringard, c’est hype, moi qui refuse d’entrer dans cette nouvelle mode je suis quoi ? Je peux pas être ringarde, sinon, je serais hype donc j’aurais ces CD chez moi. C’est la quadrature du cercle.

En lisant ce dossier (très bien fait au demeurant), je me sentais un peu tendue : ces gens là sortent de nulle part, deviennent des espèces de méga star du net et retomberont dans l’anonymat demain. Andy Warhol avait raison en disant qu’on aurait tous nos 15 minutes de gloire mais on a intérêt à en profiter car les stars d’aujourd’hui seront les anonymes de demain, obligé. Donc me voici face à cette réalité que je trouve angoissante, quelque part. Non pas que je veuille à tout prix être hype, j’ai toujours eu un train de retard genre la chanson sympa qui ressemble à Love is all, j’ai appris que c’était le fameux Mika dont tout le monde me saoulait. J’ai encore jamais entendu du Amy Winehouse mais j’avoue que je cherche pas du tout à le faire. Je vis dans ma bulle à écouter ce que j’aime (ou voir ce qui me plaît), sans trop me préoccuper de tout ça. Mais c’est vrai que toutes ces modes éphémères sont fatigantes, je trouve. On nous balance des tas et des tas de produits culturels estampillés « le nouveau phénomène » si bien qu’on sait plus trop qui est le phénomène de quel domaine et si, quand on va acheter le CD, trois phénomènes seront pas déjà passé par là. On survend tout comme je l’avais déjà dit pour le cinéma où la moitié des films sont « celui de toute une génération » avant même sa sortie en salle. Mais c’est pas que le cinéma qui est touché, c’est tout. Par exemple, Justice, on nous les vend comme des nouveaux Daft Punk et Air en mieux, la nouvelle référence (ah oui, référence peut remplacer phénomène, c’est pareil). Alors je l’ai dit, j’aime bien Justice mais je trouve que c’est franchement abusé de les comparer à des groupes qui ont maintes fois fait leur preuve et perdure. C’est pareil pour Mika, à peine son single lancé, on nous le vend comme un nouveau Freddy Mercury, excusez du peu. Bon, alors, moi, demain, je sors un album et je veux qu’on dise de moi que je suis la nouvelle… heu… Céline Dion ? Rapport aux ventes de CD, pas au style musical.

De plus, la célébrité aujourd’hui est donnée à n’importe qui. Prenez un magazine people lambda : Paris Hilton, Lindsay Lohan, Jessica Simpson, Nicole Richie… Alors il paraît qu’elles sont actrices et/ou chanteuses mais j’ai jamais rien vu avec elles. Ah si, la vidéo porno de Paris mais c’était vraiment merdique. En France, on a aussi Eve Angeli, la cheap girl de la ferme : tout le monde se fout de sa gueule parce qu’elle est bête (mais alors très très) et ringarde mais n’empêche que tout le monde a regardé son émission, y a même les DVD, le livre, le calendrier… Elle est peut-être ringarde et débile mais elle est surtout pétée de tune et même pas grâce à son métier de base, la chanson. Finalement, c’est un peu la chanteuse de la foire à l’andouillette de Malmont sur Meuges superstar.

Bref, tout ça me donne l’effet d’une hyperconsommation que j’ai de plus en plus de mal à saisir. J’ai la sensation qu’aujourd’hui, on préfère faire plusieurs gros coups uniques que miser sur du long terme. De façon toute personnelle, je trouve ça dommage, limite navrant. Les artistes n’ont plus qu’un seul coup d’essai pour transformer et les trois quarts s’arrêtent à un album, voire un single et ciao ciao ! Des fois, ils en sortent deux mais le 2e servira surtout à ramasser la poussière dans les bacs des disquaires. C’est la faute aux
journalistes et aux marketeux ? Ben non, on n’est pas non plus obligés de suivre. Au fond, si le système est comme ça, c’est sans doute que le public est trop versatile. Voire, parfois, exigeant.

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