Sauvons Miss France

Cette semaine, nouveau scandale people (enfin, y en a deux par jour, mais bon…) : on a encore trouvé des photos de miss France topless. Oh mon dieu mais aspergeons la vite
d’eau bénite, cette pécheresse impie ! Brûlons la au bûcher de l’infamie ! Cachez ce demi téton que l’on aperçoit !

Honnêtement, je n’ai jamais eu grand intérêt pour les miss France et surtout leur mère maquerelle, Mme de Fontenay et son chapeau. Je suis même pas sûre d’être capable de donner les prénoms des dernières élues. Alors pourquoi, tout à coup, je m’intéresse à la petite nouvelle, certes très mignonne ? Parce que je suis hallucinée par tout ce que doit subir cette pauvre fille. Petite chronologie des faits : en décembre, Valérie Bègue est donc élue miss France 2008. Sauf que, pas de chance, quelques temps plus tard, on découvre des photos d’elles qu’on présente comme étant des photos de nues. Ouais ben des photos de nues avec des vêtements, alors. Que les photos n’aient pas été forcément classes, d’accord mais de là à faire un tel scandale, à la traiter de pute comme le fait Ardisson (enfin, c’est Ardisson aussi…), à ce qu’un animateur de oui-fm se foute d’elle en léchant du yop sur le bureau, franchement… Et là, paf, nouvelles photos où elle est… topless ! Oh mon Dieu, cette fille a des seins et peut même les montrer, oh my goooooooooooooood !

Bon alors évidemment, la vieille chapeautée, elle en peut plus. Non mais imaginez, elle a déjà trouvé choquant que les miss défilent en bikini pailletés (moi aussi mais juste pour
le côté pailleté) alors là, sa miss topless, elle va nous en claquer dans les doigts. A se demander si son fils n’est pas le fruit du saint Esprit… Alors oui, c’est marqué dans son contrat à la miss qu’elle certifie n’avoir jamais posé nue. Ceci étant dit, sur les dernières, elle a gardé son slip alors elle était pas nue. Bon, vous allez me dire que tout ça est une tempête dans un verre d’eau et qu’on s’en fout. Oui mais j’ai quand même envie de dire que je la trouve géniale, cette nouvelle miss France.

Je ne connais pas Valérie Bègue, je n’ai quasi rien lu sur elle à part ses histoires de photos et quand je dis que je la trouve géniale, je ne parle finalement pas de la personne
mais de ce qu’elle représente. On est au XXIe siècle, on en a presque fini la première décennie même (c’était la phrase qui fait mal) et ça me saoule qu’on nous fasse croire que la demoiselle qui représente la France est une vierge effarouchée. Surtout quand on connaît l’image des Français à l’étranger, hein… Il y a encore quelques années, il était même obligatoire pour les miss d’être célibataires. Pas dans le sens administratif mais bien dans le sens intime du terme. Alors je veux bien croire que la vie de miss ne laisse pas la place à un amoureux mais l’exiger, faudrait voir à pas déconner. Là, je trouve que la Valérie est représentative de la femme du XXIe siècle : une femme qui a aussi une vie intime. Bon, ok, moi, j’ai jamais fait de photos en train de lécher un produit laitier sur un rocher mais y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Et puis, je trouve que cette histoire souligne à quel point l’institution des miss est totalement obsolète dans notre société actuelle. Représenter l’élégance à la française à l’étranger ? Mais c’est l’élégance d’il y a 30 ans (et encore, je suis généreuse). Tout est ringard, suranné… chiant, osons le mot.

 

Grâce à Valérie, on a enfin un peu de trash au milieu des vieilles dentelles qui pue le renfermé. Alors arrêtons de la juger alors qu’on devrait la remercier, finalement. Bien sûr,
je pense que ça n’ouvrira pas la porte à des miss plus rock n’ roll vu comme ce système est verrouillé. Mais je trouve assez minable qu’on harcèle cette fille pour trois photos à peine osées, à mon goût. Valérie est juste une fille comme nous qui s’amuse aussi, des fois. Si on lui fait un procès à elle, on peut fusiller Eve Angeli qui a laissé les équipes de son émission de télé pourrie filmer sa nuit de noce. Quoi qu’à bien y réfléchir…

Une petite vidéo, l’animateur de oui fm « taquinant » cette pauvre miss France (vers 2.50)

Après une folle nuit…

Il y a X temps, je discutais avec Lambchop sur le forum et on s’accordait sur le fait qu’après une folle nuit de sexe, ça se sent. Je parle pas de réaction physiologique, non, je parle de la façon dont les gens nous regardent. En gros, quand je repars de chez un amant ou de chez mon namoureux, j’ai l’impression que j’ai tatoué sur mon front « elle a fait des folies de son corps toute la nuit et même qu’elle a eu un orgasme (ou même plusieurs) ».

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Il y a quelques temps, j’ai passé une nuit purement divine avec un jeune homme. Le lendemain, j’avais une banane monstre, j’étais toute guillerette et les vendeurs ont
apprécié mon nouvel enthousiasme, me dragouillant gentiment. Bon, forcément, quand ils voient une nana tout sourire qui déclame un joyeux « bonjour ! », ça doit les changer un peu.


Mais je remarque que de façon générale, après une nuit orgasmique, ça se voit, ça se sent. Non, je ne parle pas d’odeur, c’est dégueu, là ! Je me souviens d’une fois où je rentrais d’une 
nuit torride avec Laurent, tous les gens me regardaient. Etait-ce parce que j’avais le mascara au milieu des joues ou parce que j’avais la tête d’une fille qui avait sexé ? Je ne sais pas. A moins que je n’ai remarqué ces regards que parce que je me sentais « coupable ».

Bien sûr que dans une rame de métro, y a peu de chance que je sois la seule à avoir forniqué la nuit précédente mais alors pourquoi tout le monde me regarde ? Il est vrai que si ma sexualité n’est pas un tabou, j’évite cependant de la crier sur tous les toits, je ne suis pas sûre que tout le monde soit ravi de savoir que j’ai brouetté la nuit précédente (et
plusieurs fois en plus). Autant ça ne me gêne pas de le raconter aux copines, autant mes voisins, mes collègues ou la personne assise en face de moi dans le métro n’a pas besoin de le savoir. Rien à cacher mais rien à déclarer non plus, en somme. Pourtant, on dirait que les mecs n’ont pas forcément la même logique que moi, au vu des nombreux suçons qui ont orné ma personne. Sans déconner, il faudra un jour qu’on m’explique pourquoi les mecs se sentent toujours obligés de me marquer, surtout ceux avec qui je ne sors pas. Je veux bien croire que mon cou est absolument irrésistible (j’avoue que j’aime bien les cous, moi aussi) mais arriver au boulot avec une trace rouge indiquant que je suis une personne sexuée, bof. Et devoir expliquer à mes parents que j’ai un mec, tout ça pour que ce connard me plante 15 jours après, bof aussi.

Dans les faits, je pense que personne ne voit qu’on a eu du sexe, sauf traces visibles. Alors pourquoi on a l’impression que tout le monde nous regarde ? Outre la « gêne » qu’un élément de notre vie intime nous paraisse à ce point visible, il y a un autre fait, autrement plus agréable : faire l’amour nous rend beau. Enfin, moi, en tout cas. Comme on dit souvent, pour plaire aux autres, faut se plaire à soi. Or après une séance de sexe, je me sens belle et désirable, c’est un fait. Pas plus tard que mardi : j’arrive chez Gabriel, j’ai passé la journée à tirer sur mon t-shirt des fois que mon énooooooooooooorme bidou dépasse. Une fois arrivée chez le monsieur et après deux verres de champagne et un pét,
forcément,mon bidou adipeux et blanc, je l’ai un peu oublié. Si bien qu’une fois la brouette consommée, je me promène toute nue dans son appart, ranafout. Et le lendemain, je me sentais carrément plus jolie. Bon, les plus scientifiques d’entre vous m’expliqueront que c’est une question d’endorphines ou chais pas quoi mais j’adore me balader dans la rue avec la sensation que je suis une jolie demoiselle, planquée derrière ses grandes lunettes de soleil. Parce que le soleil, ça fait bobo les noeils, sinon.

Mais en fait, la vraie question est « est-ce que les gens me regardent plus que d’habitude ou c’est moi qui le remarque aujourd’hui ? ». Non parce que la plupart du temps, je suis dans ma bulle mais ces jours là, comme j’ai l’impression que c’est tatoué sur ma tronche que j’ai sexé, j’ai l’impression que tout le monde. Mais en fait, s’il le faut, rien ne change par rapport aux autres jours. Juste que là, je le remarque.

NB : Ma freebox étant décédée, la publication des articles et réponses aux comms se feront quand je pourrai ! 🙂

Les hypersexuelles

Il y a quelques temps, avec Lil, on a parlé de faire un one woman show donc nous avons déjà trois sketchs publiés. Parmi les personnages que je souhaiterais développer, il y a l’hypersexuelle. On l’adore, elle. Mais qui est-ce ? C’est une fille (mais y a des mecs comme ça) qui ne vit que pour et par le sexe. Perso, dans ma vie, j’ai plusieurs pôles d’intérêt : le boulot, les amis, la famille, l’écriture, la musique, la littérature, l’amour, le sexe… Sans ordre de priorité. Le sexe, ce n’est pas sale, hein, mais il y a plein d’autres choses dans la vie. L’hypersexuelle, elle, ne vit que pour le sexe et, à la limite, l’amour, si elle le trouve sur son chemin. Elle dit qu’elle le cherche mais j’ai du mal à le croire, parfois. L’hypersexuelle ne parle aux hommes que dans un but de séduction. Chaque homme est potentiellement un futur occupant de sa couche. Quand elle se trouve dans une assemblée, l’hypersexuelle cherche qui sera son prochain. Parce qu’au fond, c’est tout ce qui l’intéresse.

 

Des hypersexuelles, on en connaît tous. La nana qui arrive le matin et se met à hurler « oh putain, j’ai baisé comme une folle cette nuit, je l’ai fait au moins trois fois. Ce mec, il adore la sodomie ». Je réprime un bâillement poli : mais qu’est-ce qu’on s’en tape. Je ne suis pas une mère la vertu (oui, lecteur, je suppose que tu t’en es rendu compte), j’aime bien parler de sexe mais pas tout le temps et surtout, je ne veux aucun détail. Parce que je suis une fille à l’imagination fertile et quand Julie me raconte qu’elle s’est fait prendre en levrette sur le lit de ses parents par Jonathan… Bordel, je peux pas m’empêcher de visualiser ! Perso, quand je parle de sexe, je reste un peu dans le vague, ne serait-ce que pour respecter l’intimité de mon partenaire. Et puis, en plus, ça m’emmerde de raconter en détail, l’essentiel, je le garde pour nous. Par ailleurs, l’hypersexuelle vampera tous les hommes, les chauffera dans les buts de rajouter un chiffre à ses statistiques. Des fois, je me demande même si les hypersexuelles n’ont pas des carrés sur les murs qui symbolisent leur nombre d’amants, un peu comme en prison…

Avec Lil, on se demande toujours pourquoi des nanas se limitent à ça. Enfin, pourquoi elles se limitent à ça dans leurs conversations et dans l’image qu’elles donnent d’elles. Le sexe, c’est sympa comme sujet et tout le monde a toujours une anecdote à ce sujet mais, par pitié, varions les plaisirs. Parce que le problème avec les monomaniaques, c’est qu’on a vite fait le tour. Alors, on sait qu’elles sont les pros de la fellation. Perso, je vois pas comment je peux affirmer ça, je ne peux me baser que sur les déclaration de mes anciens amants. Elles sont un super coup et peuvent croiser les pieds derrière la tête tellement elles sont souples. Bon, ok, mais elles ont pas intérêt à se rater, y a des messieurs qui pourraient être déçus. On sait tout ce qu’on n’a jamais voulu savoir sur leur vie intime.

De prime abord, on ne sait pas trop quoi leur dire. C’est marrant de parler sexe, mais parler que de ça, arrive un moment où on tourne en boucle. Mais ce qui nous intéresse, c’est le pourquoi du comment. Qu’est-ce qui pousse ces personnes à ne montrer que leur sexualité ? Déjà, je pense qu’il ne faut pas avoir d’amour propre pour se vautrer sur cette seule image. Hé oui, c’est triste à dire mais le sexe, c’est à portée de tout le monde. Si je veux du sexe facile, je n’ai qu’à aller en boîte, haut lieu de drague facile et je peux avoir ma brouette tous les week-ends avec un partenaire différent. C’est à la portée de n’importe quelle fille, même pas besoin d’être belle ou même jolie pour ça. Aucun besoin de subtilité, je me pointe tous seins devants et avant la fin de la soirée, un monsieur m’aura visité dans l’intimité dans les toilettes de la boîte (les pieds dans le PQ répandu sur le sol en guirlandes humides et boueuses) ou sur la
banquette arrière de la voiture. Bref, les chiffres ne veulent rien dire. Sinon, y a meetic, aussi, ça marche d’enfer. Donc pourquoi les hypersexuelles mettent ça à ce point en avant ?

Je me demande déjà s’il n’y a part de manque de confiance en soit, tant au niveau physique qu’au niveau de la personnalité. Sur le plan physique, déjà. Je mentirai en prétendant que ce n’est pas bon de se sentir désirée par un homme. Perso, ça me fait du bien, j’ai tendance à me sentir moche dans mes longues périodes de célibat. Mais soyons honnête : dans ce genre de relation, le mec nous aurait baisé qu’on soit belle ou moche, mince ou grosse, unijambiste ou non. Donc oui, sur le coup, ça rassure de voir que monsieur dresse le mat quand on est tous nus dans un lit mais quand au petit matin, il repart sans demander son reste, y a quand même une certaine remise en question. Limite, il m’aurait laissé 50 euros sur l’oreiller que ça m’aurait même pas étonnée. Quant à la personnalité : aujourd’hui, il faut avoir du sexe pour briller sinon, on est vite rangée dans la catégorie « bête de foire ». Tu dois aimer et avoir du
sexe, ma fille, si tu veux une reconnaissance sociale. Oui bah j’aime le sexe et j’en fais mais suis-je obligée pour autant de l’étaler ? Faut-il être impudique pour faire partie du groupe ? Tout dépend quel groupe on vise car dans certains, je peux vous assurer qu’en arrivant tout en s’exclamant : « putain, mon mec m’a défoncé la chatte hier soir », vous risquez de vous retrouver vite exclue.

Pourtant, le sexe, c’est tellement facile d’en parler et ça cache tellement les lacunes dans les autres domaine. Parler de fission nucléaire ? Mmmm, tu veux pas parler fellation plutôt ? près tout, fission, fellation, ça commence et ça termine pareil : un échauffement d’une certaine partie qui se termine en explosion… (on notera que je ne connais strictement rien dans ce domaine et que je viens sans doute de dire une énorme connerie). Le dernier livre que j’ai lu ? Heu… La philosophie du Kama Sutra (alors qu’en vrai, c’est les
Schtroumpfs et le Cracoucas) ! Enfin, vous saisissez le truc. Plutôt que de passer pour une conne, on dévie le sujet sur un truc qu’on maîtrise et qui en général fait parler tout le monde. Sauf que ces grosses ficelles finissent par se voir et faudra pas s’étonner si dans le dos des hypersexuelles on a collé l’étiquette : « conne, inculte et creuse, à éviter ».