Courrier des cœurs, réponse à Joseph

Cette semaine, Joseph nous a posé la question suivante : « Ma question est simple : est-il possible d’aimer deux personnes en même temps. En fait, voilà, j’ai une copine depuis un an et demi et y a quelques mois, j’ai rencontré une autre fille. Je suis amoureux des deux même si avec la 2e, je n’ose pas franchir le pas. Quand je suis avec l’une, je ne pense pas à l’autre mais je me sens tellement bien avec les deux. Elles sont différentes, je ne vis pas les mêmes choses, on n’a pas les mêmes centres d’intérets. Alors que faire? Qu’en pensez
vous? »


La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce qu’on en pense.

Diane : Pour résumer les choses: dans ta tête, oui, dans la vie, non.
J’aurais tendance à penser que le truc du « on ne peut aimer qu’une personne à la fois » qu’on a pu nous servir à la sauce prince charmant meg ryan/tom hanks âmes soeurs et tout le tralala, c’est juste un fait culturel et que à partir du moment où on s’entend bien et qu’on est attiré physiquement par deux personnes, je vois pas pourquoi notre cerveau serait conditionné pour accorder son amour à l’un et pas à l’autre. Après, il faut faire un choix, parce que dans la vie pratique, ça ne t’apportera qu’une quantité astronomiques d’emmerdes. Parce que la société, justement, elle est pas adaptée pour ,et les mentalités non plus. De plus, j’aurais aussi tendance à citer le facteur neuro-biologique qui fait que Hommes=programmés hormonalement pour procréer le plus possible (vu la quantité astronomique de petits soldats à envoyer au front), donc peut-être plus enclins à vouloir multiplier les partenaires de vie. (et comme aujourd’hui, pour bcp de gens pour niquer il faut aimer, eh bien faites l’équation ===> plus on aime de personnes, plus on a de chances de multiplier son quota. Penisus est dominus) et que donc Femmes=un seul petit ovule à féconder= instinct de bien choisir LE partenaire idéal et unique. Oui, je sais, tant de poésie, ça vous émeut.

Bobby : Ben selon moi, tout dépend de ta définition de ce qu’est l’amour. Si c’est juste le besoin de combler une solitude, tu
peux aimer la Terre entière, mais après, je doute que ce soit ça qui te rendra heureux (après, on a tous également notre conception du bonheur). Si par amour tu entends en revanche l’idée de vivre et de partager des choses avec un alter ego, je vois pas l’intérêt d’en avoir deux. Je trouve pas ça spécialement cool pour les deux personnes que tu dis « aimer », d’ailleurs (même si, j’en conviens, on peut se laisser prendre au piège par ses sentiments). Mais voilà, l’amour, c’est pas de la magie à mes yeux, c’est comme une petite plante, il faut bien s’en occuper. Si tu la négliges, une mauvaise herbe peut pousser. Et remplacer ta plante. Attention, cependant : les mauvaises herbes donnent des fleurs bien moins belles.

Lucas : C’est rigolo, moi je suis le king pour sortir avec une nana et 3 jours plus tard la virer en lui disant que je repense
encore à une autre et encore 3 jours plus tard me rendre compte que j’ai fait une connerie…
Mais là je suis désolé je n’ai pas d’aide à donner car je serais moi aussi partagé entre tout lâcher et l’aventure… Non, Raoul, on peut avoir le beurre l’argent du beurre et le cul des deux crémières. Quoique parait-il les couples à trois sont légions… Alors…

Enzo : Je vais me faire l’avocat du diable (parce que j’adore ce rôle) :

Biologiquement, -qu’on me corrige si je me trompe- il ne me semble pas qu’il y ait d’impossibilité. On peut rappeler l’exemple (je sais ce n’est pas pareil mais c’est comparable sur le principe) de l’amour filial qui ne se divise pas avec la multiplicité des enfants.

Sur le plan sociologique, ce n’est pas vraiment accepté et encore moins encouragé (quoique quand on voit la real tv), pourtant il a existé (et existe) de nombreuses sociétés polygames, que ce soit polyandrie ou polygynie (ton cas). Selon les anthropologues, plus des trois quarts des sociétés sont polygames de droit (en gros tu n’iras pas en prison pour cela, tant que tu ne veux pas te marier). D’ailleurs si cela peut te conforter dans l’idée, nos sociétés occidentales sont majoritairement de la « polygamie sérielle » (la vraie monogamie consisterait à n’avoir qu’un seul partenaire pendant toute sa vie, ce qui n’est pas le cas de la majorité des gens).
Pour revenir sur le plan biologique, il y a des chances que Summer ait raison. L’état amoureux a biologiquement une durée de péremption, ton corps ne produit plus les mêmes substances et tu es moins « dopé » au bout d’un moment. Ce dopage peut revenir avec une nouvelle personne, ce qui semble être ton cas. Avec l’une tu as le dopage biologique, avec l’autre tu as la complicité d’un an et
demi qui a pris le relais sur le dopage biologique initial.
Alors que faire ? On ne peut te le dire, on peut juste te donner des éléments pour réfléchir…
Une précision : « avec la 2e, je n’ose pas franchir le pas » Cela peut être alors seulement du domaine du fantasme, si ça se trouve elle sera incompatible et chiante avec toi en couple ! Ou pas.
(je tiens à remercier Wikipédia pour le rafraîchissement des références)

Keira : Bon, je vais être méchante mais je vais expliquer pourquoi.
Je suis sortie pendant un moment avec un mec qui était dans ta situation d’homme casé.
Ce gars m’a dit qu’il m’aimait, je l’aimais mais il aimait toujours son autre compagne.
Déjà : le rôle de la maitresse est insupportable. Pour la fille que tu as rencontré récemment ça va être difficile de tenir longtemps dans cette situation sans qu’elle te pose un ultimatum en te disant de faire un choix. Ce qui est totalement son droit. Mais ça va te mettre une pression de fou et tu ne fera te prendre la tête avec cette fichue hésitation entre cette jeune femme qui t’attire et avec qui tu voudrais aller plus loin, et ta compagne avec qui tu as cette complicité d’un an et demi.
Secondo, ton autre compagne, si tu la quittes pour la nouvelle, va être détruite, mais comme elle t’aime, si tu changes d’avis après avoir goûté à la nouvelle, elle te reprendra. Mais ça sera moisi par ce nouveau manque de confiance qu’elle aura en toi.
Dans les deux cas tu es comme qui dirait baisé (pardonne-moi ce langage) parce qu’en effet tu ne peux pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière.
Enfin, pour faire le moins de casse possible, tu ne sors pas avec la nouvelle et tu continues à vivre avec ta compagne que tu aimes et avec qui tout à l’air d’aller.
Sinon tu vas faire du mal à tout le monde.
Alors arrête de jouer l’andouille et profite de ce que tu as déjà.
Et garde la nouvelle comme amie, comme ça si jamais avec ton actuelle compagne ça casse finalement, tu l’aura toujours sous le coude et ça se fera sans que tu passes pour le plus infâme des salopards.

Tatiana : hum alors là j’aimerais bien te répondre mais je sens que je ne vais pas être objective sur la question. Moi je pense
sincèrement que tu peux « aimer » deux personnes mais ce ne sera pas le même amour et aussi je pense qu’avec l’une des deux tu seras dans une phase bof. Je m’explique : peut être que même si c’est pas flagrant tu es dans une phase où tu est un peu plus détaché de ta copine actuelle et donc plus ouvert aux autres filles autour de toi. Et comme tu dis l’autre fille t’apporte des choses que tu n’as pas avec ta copine actuelle. D’où le fait que tu aimes les deux.
Par contre je ne suis pas d’accord avec Tink’ Bell dans le sens où si tu reste avec ta copine actuelle tu ne feras souffrir personne. A toi de voir entre les deux celle qui t’apporte le plus. Mais dit toi bien qu’il y aura de la casse quoiqu’il arrive.

Petite Cervoise : oh, je suis peut être la seule interloquée, mais avec la 2e, concrètement, il ne s’est rien passé ? c’est juste
de l’attirance ? si c’est le cas, je te répondrais qu’un peu de ‘stimuli’ extérieur ne fait pas de mal, si le cap n’est pas franchi. Ca maintient alerte et en bonne santé. si j’ai pas tout compris (et Dieu sait que c’est possible), et que tu as fait quelques pas dans le bac à sable, dans ce cas, je te renverrais juste à Moïse et à ses commandements (et évidemment le châtiment qui accompagne le non-respect des 10 points évoqués). Mais avant ça, pose toi surtout la question de savoir si ce sont effectivement les qualités de chacune que tu recherches ou bien le fait d’avoir deux « sources de qualité »…

Nina : Hum, déjà, c’est bien beau tout ça mais l’autre fille est-elle attirée par toi ? Non parce que tu t’emballes, tu remets en question ton couple mais une grande partie de l’équation reste une inconnue. Ensuite, pour la question en elle-même, tout dépend de la définition de l’amour. Pour en rester sur l’amour qui se limite à des rapports entre un homme et une femme, je dis non dans ton cas. Parce que l’amour est un sentiment qui se construit au jour le jour en développant une intimité avec l’autre et là, de n’intimité, tu n’as point. Je ne doute pas de ton attirance pour elle et des affinités qui existent entre vous mais tu ne la connais pas dans l’intimité et mine de rien, pour moi, il te manque une grosse partie du puzzle pour qu’on puisse parler d’amour.

Voilà, si toi aussi, tu as une question qui t’interroge, tu peux nous demander notre avis sur les commentaires ici, par mail ou même en passant par facebook si le cœur t’en dit !

Les hypersexuelles

Il y a quelques temps, avec Lil, on a parlé de faire un one woman show donc nous avons déjà trois sketchs publiés. Parmi les personnages que je souhaiterais développer, il y a l’hypersexuelle. On l’adore, elle. Mais qui est-ce ? C’est une fille (mais y a des mecs comme ça) qui ne vit que pour et par le sexe. Perso, dans ma vie, j’ai plusieurs pôles d’intérêt : le boulot, les amis, la famille, l’écriture, la musique, la littérature, l’amour, le sexe… Sans ordre de priorité. Le sexe, ce n’est pas sale, hein, mais il y a plein d’autres choses dans la vie. L’hypersexuelle, elle, ne vit que pour le sexe et, à la limite, l’amour, si elle le trouve sur son chemin. Elle dit qu’elle le cherche mais j’ai du mal à le croire, parfois. L’hypersexuelle ne parle aux hommes que dans un but de séduction. Chaque homme est potentiellement un futur occupant de sa couche. Quand elle se trouve dans une assemblée, l’hypersexuelle cherche qui sera son prochain. Parce qu’au fond, c’est tout ce qui l’intéresse.

 

Des hypersexuelles, on en connaît tous. La nana qui arrive le matin et se met à hurler « oh putain, j’ai baisé comme une folle cette nuit, je l’ai fait au moins trois fois. Ce mec, il adore la sodomie ». Je réprime un bâillement poli : mais qu’est-ce qu’on s’en tape. Je ne suis pas une mère la vertu (oui, lecteur, je suppose que tu t’en es rendu compte), j’aime bien parler de sexe mais pas tout le temps et surtout, je ne veux aucun détail. Parce que je suis une fille à l’imagination fertile et quand Julie me raconte qu’elle s’est fait prendre en levrette sur le lit de ses parents par Jonathan… Bordel, je peux pas m’empêcher de visualiser ! Perso, quand je parle de sexe, je reste un peu dans le vague, ne serait-ce que pour respecter l’intimité de mon partenaire. Et puis, en plus, ça m’emmerde de raconter en détail, l’essentiel, je le garde pour nous. Par ailleurs, l’hypersexuelle vampera tous les hommes, les chauffera dans les buts de rajouter un chiffre à ses statistiques. Des fois, je me demande même si les hypersexuelles n’ont pas des carrés sur les murs qui symbolisent leur nombre d’amants, un peu comme en prison…

Avec Lil, on se demande toujours pourquoi des nanas se limitent à ça. Enfin, pourquoi elles se limitent à ça dans leurs conversations et dans l’image qu’elles donnent d’elles. Le sexe, c’est sympa comme sujet et tout le monde a toujours une anecdote à ce sujet mais, par pitié, varions les plaisirs. Parce que le problème avec les monomaniaques, c’est qu’on a vite fait le tour. Alors, on sait qu’elles sont les pros de la fellation. Perso, je vois pas comment je peux affirmer ça, je ne peux me baser que sur les déclaration de mes anciens amants. Elles sont un super coup et peuvent croiser les pieds derrière la tête tellement elles sont souples. Bon, ok, mais elles ont pas intérêt à se rater, y a des messieurs qui pourraient être déçus. On sait tout ce qu’on n’a jamais voulu savoir sur leur vie intime.

De prime abord, on ne sait pas trop quoi leur dire. C’est marrant de parler sexe, mais parler que de ça, arrive un moment où on tourne en boucle. Mais ce qui nous intéresse, c’est le pourquoi du comment. Qu’est-ce qui pousse ces personnes à ne montrer que leur sexualité ? Déjà, je pense qu’il ne faut pas avoir d’amour propre pour se vautrer sur cette seule image. Hé oui, c’est triste à dire mais le sexe, c’est à portée de tout le monde. Si je veux du sexe facile, je n’ai qu’à aller en boîte, haut lieu de drague facile et je peux avoir ma brouette tous les week-ends avec un partenaire différent. C’est à la portée de n’importe quelle fille, même pas besoin d’être belle ou même jolie pour ça. Aucun besoin de subtilité, je me pointe tous seins devants et avant la fin de la soirée, un monsieur m’aura visité dans l’intimité dans les toilettes de la boîte (les pieds dans le PQ répandu sur le sol en guirlandes humides et boueuses) ou sur la
banquette arrière de la voiture. Bref, les chiffres ne veulent rien dire. Sinon, y a meetic, aussi, ça marche d’enfer. Donc pourquoi les hypersexuelles mettent ça à ce point en avant ?

Je me demande déjà s’il n’y a part de manque de confiance en soit, tant au niveau physique qu’au niveau de la personnalité. Sur le plan physique, déjà. Je mentirai en prétendant que ce n’est pas bon de se sentir désirée par un homme. Perso, ça me fait du bien, j’ai tendance à me sentir moche dans mes longues périodes de célibat. Mais soyons honnête : dans ce genre de relation, le mec nous aurait baisé qu’on soit belle ou moche, mince ou grosse, unijambiste ou non. Donc oui, sur le coup, ça rassure de voir que monsieur dresse le mat quand on est tous nus dans un lit mais quand au petit matin, il repart sans demander son reste, y a quand même une certaine remise en question. Limite, il m’aurait laissé 50 euros sur l’oreiller que ça m’aurait même pas étonnée. Quant à la personnalité : aujourd’hui, il faut avoir du sexe pour briller sinon, on est vite rangée dans la catégorie « bête de foire ». Tu dois aimer et avoir du
sexe, ma fille, si tu veux une reconnaissance sociale. Oui bah j’aime le sexe et j’en fais mais suis-je obligée pour autant de l’étaler ? Faut-il être impudique pour faire partie du groupe ? Tout dépend quel groupe on vise car dans certains, je peux vous assurer qu’en arrivant tout en s’exclamant : « putain, mon mec m’a défoncé la chatte hier soir », vous risquez de vous retrouver vite exclue.

Pourtant, le sexe, c’est tellement facile d’en parler et ça cache tellement les lacunes dans les autres domaine. Parler de fission nucléaire ? Mmmm, tu veux pas parler fellation plutôt ? près tout, fission, fellation, ça commence et ça termine pareil : un échauffement d’une certaine partie qui se termine en explosion… (on notera que je ne connais strictement rien dans ce domaine et que je viens sans doute de dire une énorme connerie). Le dernier livre que j’ai lu ? Heu… La philosophie du Kama Sutra (alors qu’en vrai, c’est les
Schtroumpfs et le Cracoucas) ! Enfin, vous saisissez le truc. Plutôt que de passer pour une conne, on dévie le sujet sur un truc qu’on maîtrise et qui en général fait parler tout le monde. Sauf que ces grosses ficelles finissent par se voir et faudra pas s’étonner si dans le dos des hypersexuelles on a collé l’étiquette : « conne, inculte et creuse, à éviter ».