Petits coups bas entre amis

Par Jane

J’ai toujours pensé que les exs des copains-copines étaient un sujet tabou, des cibles interdites, du pas-touche intégral. Jusqu’à hier. Mais reprenons depuis le début.

Il y a des nouvelles qui se répandent comme une trainée de poudre. Ou des gens qui ont vraiment des antennes. Le célibat, par exemple.

Il y a quelques temps, je reçois un texto d’une connaissance. Cette connaissance est en fait l’ami de l’un de mes exs, qui prend des nouvelles une fois par an, pour le 1er janvier, ça donne bonne conscience. Cette connaissance est également celui qui avait balancé quelques gentillesses très peu flatteuses sur mon compte lors de la rupture. Nous soulignerons ici la délicatesse de l’ex qui m’avait gentiment rapporté que « de toute façon, mes potes m’ont dit que… » Messieurs, vous détestez qu’on vous dise « ma mère me l’avait dit » ou encore « j’aurais du écouter ma meilleure amie », alors ne nous faites pas vivre la même chose.

Recevoir un message en mars me semble donc un peu suspect. Le nouvel an est passé. Ce n’est pas encore mon anniversaire. J’ai eu des nouvelles de mon ex dernièrement donc je pense que ce n’est pas ça non plus. Bon, qu’est-ce qu’il me veut lui? Par curiosité, j’accepte de le voir. Ses textos sont parfois ambigüs, mais je me dis que je dois mal interpréter.

On réussit finalement à se trouver un créneau qui nous convient, le rendez-vous est fixé à samedi. « Je n’ai jamais vu ton appart' » Oui, mais moi non plus je n’ai jamais vu le tien, et je survis plutôt bien, donc on reste sur l’option rendez-vous en ville, ça m’évitera de devoir faire du ménage.

30 minutes avant l’heure de rendez-vous théorique, je suis affalée sur mon canapé à siroter de l’aspirine pour tenter de déloger le gros mal de tête qui menace de me flinguer mon samedi soir, en vieux t-shirt et jean informe. Mon téléphone sonne, et il m’annonce qu’il va être en retard. ca commence bien. J’en profite pour me maquiller (en vue de la soirée) et me coucher (en rattrapage d’un manque de sommeil chronique) Je suis réveillée toutes les 20 minutes par le téléphone, et finis par lui dire de passer chez moi, ça sera plus simple. J’émerge quand quelqu’un frappe à la porte.

L’entrevue est très civilisée, le café coule à flot, on échange les dernières nouvelles et celles plus anciennes, on parle boulot, quotidien parisien, célibat, banalités, sans aucun sous entendu glauque. Lui assis sur le canapé, moi sagement posée sur une chaise et agrippée à mon thé et mon aspirine.

A peine est-il parti que je retourne me coucher (toujours pour rattraper mon retard de sommeil) quand mon téléphone vibre. Pensant que ça concerne la soirée, je jette un oeil à l’écran.

« Ca m’a fait plaisir de te revoir, tu es de plus en plus belle. J’aurais aimé en revoir un peu plus de toi »

Petit conseil au passage: Quand on vous dit que vous allez servir de cadeau d’anniversaire, même en tout bien tout honneur, n’acceptez jamais, il semblerait que ça puisse traumatiser certaines âmes sensibles. Ou que certains aient une bonne mémoire.

Ouai, mais bien sûr; voilà que ça redevient ambigü, maintenant qu’il n’est plus là! Je réponds poliment mais sans encouragements. Dernier message reçu (et auquel je ne répondrai pas) « Sois sage ce soir » Non mais là, ya comme un bug, il se prend pour qui?

Hier soir, le téléphone sonne, je décroche machinalement.

« Alors, comment ça va? Tu as passé un bon week-end? »

« Euh… Oui… »

« Et tu as été sage? »

« Je ne pense pas que ça te regarde… »

« Ouille, ça doit vouloir dire non ça… Merde… »

« Je pense que tu t’en remettras! »

« Tu ne veux pas venir me voir [à Pétaouchnoc] jeudi? »

« Non, je bosse le lendemain, et c’est un peu loin. Et puis le recyclage, c’est pas mon truc. »

« Le recyclage? »

« Essayer de te taper une ex de l’un de tes potes, avec qui il est resté plus de deux ans, t’appelles ça comment? »

« Mais non, c’est de l’histoire ancienne! En tout cas, n’hésite pas à me rappeler! »

Après une telle déclaration, je m’interroge: pensait-il vraiment que le statut de pote de mon premier amour allait faire que j’allais tomber dans ses bras? La fin de mon histoire avec cet ex lui faisait-il penser que je n’avais absolument aucune moralité et que je sautais sur tout ce qui bouge? Etait-il si sûr de lui qu’il pensait que le fait de le revoir me ferait immédiatement tomber dans ses bras?

La place des ex dans une relation

Par Athéna

Je pense ici à la place physique et psychologique que nous leur donnons et la raison pour laquelle nous ou nos petits amis leur donnons cette place. Qu’est-ce que signifie de parler de ses ex à ses nouveaux petits amis ou à ses nouvelles petites copines ?

Mon dernier copain en date de juillet ( durée de vie de la relation = 3 semaines … et encore car j’ai pris la peine de le rappeler sinon ça aurait été 4 jours  ) avait une fâcheuse tendance à me parler de ses ex.

Premier soir : j’ai eu le droit en détail à son difficile divorce et sa méchante femme qui était mannequin et partie avec un autre. Soit dit en passant, il me déclare au passage que maintenant il ne s’attachait plus autant au physique, et qu’il en était revenu des belles filles … Q’aurais-je dû comprendre ici ? Que j’étais gentille mais pas très belle ???

Second soir : il me montre son décor d’appartement et m’explique avec les détails comment une de ses ex avait l’habitude de s’accrocher aux rideaux et qu’il avait peur qu’ils tombent. Soit dit en passant, il me montre avec les gestes comment dans l’extase et l’orgasme, elle s’accrochait à ses rideaux. Avec les yeux retournés vers le ciel pour encore mieux simuler bien sûr … J’ai eu bien sur le droit dans la soirée à son blabla sur sa très vilaine ex qui l’a dépouillé de tout son argent.

Troisième soir : après m’avoir brouetté j’étais lovée tendrement contre lui et nous nous sommes mis à discuter. Là, il se met à me raconter en détail comment il en est arrivé à faire un fist fucking à une autre fille. Avec la simulation de l’orgasme de la fille en question et la façon dont il a procédé …. Beurkkkkkkk. Toute la partie intéressante du brouettage précédant ont perdu de son charme.

D’où mes interrogations sur la place des ex dans une relation. Pourquoi avons-nous besoin à un moment de parler de ceux avec qui nous avons partagé la couche ? Personnellement, je n’en parle jamais spontanément, sauf si je sens poindre en face de moi un divorcé dépressif qui se plaint de sa méchante ex, pouvant me rappeler un ex divorcé dépressif qui passait son temps à se plaindre de sa méchante ex.

Quand on me demande mon nombre d’ex, je mens à la baisse et deviens très évasive en général ( ça n’a pas dépassé les 4 ou 5 officiellement ). Sauf avec mes copines d’enfance qui m’aident à me rappeler du nom et du nombre des mecs avec qui j’ai pu coucher.  Ah copines, que ferais-je sans vous ? ( je le leur rends bien car aussi je les aide dans cette entreprise difficile ).

Peut-on ainsi dire que mentionner ses ex c’est une façon de mettre en garde sur ce que l’on veut où ne voulons pas dans une relation ? Mais aussi une façon de se faire valoir et mousser en disant que nous avons déjà partagé la couche d’un autre ou d’une autre et que par conséquent, nous avons un passé sexuel ? Mais pour une fille, ce qui pour un mec devient objet de faire valoir, cela ne devient-il pas un sujet tabou ? Et que si l’on espère se faire mener devant l’autel, il vaut mieux mentir à la baisse sur ses ex afin de garder une image de « oie blanche »?.

Mais n’est-ce pas une véritable gageure que de parler de ses ex dans une relation … je repense à la simulation du fist fucking …. Beurk …. C’est un tue l’amour, un tue attraction que de parler de son passé dans certains cas. Il en est de même pour les pauvres garçons qui se plaignent de leur méchante ex … je me dis mais ils sont faibles pour être resté aussi longtemps avec des connes ??? Et ils attendent quoi de moi ? Que je sois une gentille plante verte ?

Sans parler de ceux qui envoient des messages subliminaux avec un « j’aime les filles indépendantes ». OK, j’ai compris, encore un qui ne veux pas s’engager et qui passe de nanas en nanas … en général, je fais ma bêtasse à ces paroles et fais semblant de ne pas comprendre le message subliminal, je ne relève même pas ! D’où l’intérêt de jouer les bêtasses dans une relation ….. euh … bon de toute façon en jouant la bêtasse ou pas … le résultat est le même … on est bonne pour se faire plaquer.

De même, sans parler ouvertement de ses ex, je pense souvent que le passé des ex nous conditionne dans nos réactions. Je me rappelle de la pire erreur de ma vie, il passait son temps à me dicter ce que je devais faire ou ne pas faire ( idem pour ce que je devais manger ou non ). Et il passait aussi son temps à me coller physiquement et se frotter contre moi ( j’aurais eu un cabot, ça n’aurait pas été pire … les cabots quand on les engueule, ils comprennent … lui, ne comprenait pas que je souhaite bouquiner en paix sans l’avoir à se frotter contre moi … je passais donc mon temps à l’engueuler … ). Donc maintenant, quand un gars d’un site de rencontres que je n’ai jamais vu s’énerve car je ne répond pas dans l’heure à son texto qui ne veut rien dire, j’ai la fâcheuse tendance à me rappeler cet ex macho et fuir dans le sens opposé en pensant fortement « macho qui me pourrira la vie ». Et ça clignote, ça clignote dans ma tête. Conditionnement du passé ?

Je ne parlerais pas ici des mecs qui sont « très amis » avec leur ex copine qui n’a pas digéré la rupture et qui voient leur ex sans leurs copines car sinon l’ex fait des crises de jalousie. N’ayant pas vécu cette situation, je ne peux pas en parler.