Faut-il coucher le deuxième soir ?

Etre blogueur, c’est poser les questions qui dérangent, celles qui ne paraissent pas dans nos médias opprimés par un gouvernement aux allures dictatoriales mais, moi, moi, je prends la parole et j’ose poser les questions que personne ne pose… Sans doute parce qu’en fait, tout le monde s’en fout. C’est ça qui est bon. Donc aujourd’hui, question : doit-on coucher le second soir.

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Hypothèse 1 : nous n’avons pas partagé notre couche dès le premier soir

Parce qu’on nous a souvent dit que coucher le premier soir, ça faisait un peu trop Marye-Salope, vous avez laissé votre nouvel amoureux dormir sur le canapé, le paillasson ou carrément chez lui pendant que vous vous étendiez seule dans votre lit, votre corps en émoi. Etre une fille bien selon ces critères édictés par on ne sait trop qui, ça frustre. Mais
pour ne pas trop brimer votre libido, vous avez un plan : vous avez pris le numéro du monsieur pour lui proposer une soirée dès le lendemain, chez lui ou chez vous. Et là, promis, il pourra voir votre culotte et même l’enlever. Soyons honnêtes, vous passerez pour une accro des mags féminins, une fille pas forcément très fut fut qui pense que parce qu’elle a dit non le premier soir et que le mec est revenu le second, c’est un mec bien. D’expérience, le mec qui ne couche pas le premier soir n’est pas forcément un mec bien.

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Hypothèse 2 : nous n’avons pas couché le premier soir pour des raisons pratiques

Parce qu’on n’a pas pu pour des raisons X ou Y (des règles finissantes, un pote dans la même pièce, insérez une bonne raison ici). Là, on s’en fout, si on est dispo le 2e soir et qu’on en a envie, c’est triplement oh oui !


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Hypothèse 3 : on a couché le premier soir

Puisqu’on a déjà consommé, pourquoi se priver ? Le sexe, c’est un peu comme un pot de speculoos ouvert, puisqu’il est entamé, autant taper dedans avec plaisir. Sauf que le sexe, ça ne fait pas culpabiliser (normalement, si ce n’est pas le cas, vous aviez qu’à mieux choisir votre partenaire) ni grossir. Donc puisqu’on a déjà un peu consommé, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Et bien ce n’est pas si simple. Tout dépend de ce que vous attendez de cette relation. Si ce n’est que du friend fucking, je dis non à la deuxième nuit. Trop se voir finit par créer des liens affectifs forts et on ne sait plus bien. Seule exception tolérée : votre partenaire ou vous-mêmes n’est pas dans sa ville habituelle et ne fait que passer. Là, on a le droit d’avaler le pot de speculoos jusqu’à tant qu’il n’y en ait plus.

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Si vous avez un gros crush pour votre partenaire de couette et que vous l’imaginez déjà père de votre progéniture, co-propriétaire de votre appart et/ou de votre chat, là, je vous le dis net : non, vous ne coucherez pas le second soir. Pourquoi ? Parce que l’heure est grave, vous êtes en plein shoot d’ocytocine et ça ne rend pas très clairvoyant. Or si
vous enchaînez, vous n’allez pas avoir le temps de retomber légèrement de votre petit nuage et analyser légèrement plus froidement la situation. Difficile ? Oh oui mais je sais de quoi je parle, je suis très forte en emballement. Donc le 2e soir, on dort seule chez soi ou, mieux, on passe la soirée avec une amie pour  tout lui raconter. Les amies, ça voit toujours le gros point noir que vous vous obstinez à ignorer du genre “c’est peut-être l’homme de ta vie mais je te rappelle qu’il est déjà marié à une autre, qu’il lui a fait trois gosses et ils ont un bébé Labrador, ça sent pas trop le couple en pleine séparation”. Par exemple. Ne pas quitter l’autre, c’est se créer une dépendance et ce n’est pas très femme des années 2010, si vous voulez mon avis. En plus, dernier élément mais non des moindres : la première nuit à deux est rarement une nuit de sommeil et de repos vu qu’outre le fait qu’on est un peu occupés à se tripoter, je dors toujours mal la première nuit avec quelqu’un. Donc le 2e soir, mieux vaut s’offrir un délicieux roupillon réparateur.

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Mais bon, finalement, la conclusion du faut-il coucher le 2nd soir reste la même que celle du “faut-il coucher le premier soir?” : faites ce que vous voulez.

Où trouver l’homme ? Episode 28 : une nuit sur son épaule

[O toi qui vient de débarquer sur nos pages, sache que tout ceci est fictionnel. Même si ça me ferait bien plaisir d’aller dormir chez un homme vu que moi, je squatte le canapé en attendant qu’on me livre mon lit]

A la recherche du prince charmant

Le lendemain soir, nuit chez Fabien au programme donc je prends mes petites affaires genre trousse de maquillage, démaquillant et brosse à dents et c’est parti. Arrivée dans son quartier, je lui passe un coup de fil mais il ne répond pas. Bien… Que faire ? Je vais me poser dans un café et fait mine d’être détendue mais dans ma tête, c’est reparti pour le film d’horreur : « il en a rien à faire de moi, il a juste voulu tirer son coup, il s’est bien foutu de ma gueule, bouhouhou! ». Au bout d’une demi-heure, je rappelle et là, ça décroche : « Oh, je m’étais endormi et j’avais laissé le téléphone sur silencieux ». Je crois que j’ai trouvé pire que moi en matière de « je n’aime pas le téléphone ».

Une fois chez lui, on discute, on boit un verre, on s’envoie en l’air de façon divine. Parfois, je capte un de ses regards qui part au loin mais je ne m’inquiète pas, ça arrive. Le lendemain matin, pendant que je m’étire dans tous les sens, le voilà qui part nous acheter des croissants pour un petit déjeuner royal. Je suis la reine du monde, il n’y a pas à dire. Oui mais je sens comme une tension, une distance, je ne suis pas sûre de saisir… Il y a un bémol dans tout ce bonheur mais je ne saisis pas où exactement. Donc comme je suis une grande fille, je pose la question :

« Ca va ?

– Oui, oui.

– Je te sens un peu loin.

– Oui… Tu sais avec mon ex, ça fait pas vraiment longtemps qu’on s’est séparés et je sais pas trop… »

Et vlan ! Le coup de l’ex, je ne l’avais pas vu venir mais ça fait un peu mal à la mâchoire, quand même. Bien, respirons un grand coup, ne paniquons pas, il est temps de dédramatiser un peu la situation.

« Mais tu sais, il ne sert à rien de se poser des questions pour le moment, on n’est pas encore fiancés, tu sais, hihi ! »

Je sens que j’ai été un peu faible sur ce coup. J’espère qu’il n’a pas compris que je souhaitais une « open relationship » comme ils disent sur Facebook parce que bon, je cherche un peu le père de mes futurs enfants (que ce pluriel paraît ambitieux tout à coup) dans cette histoire…

On termine le petit déjeuner dans une ambiance légèrement pesante mais au moment de se quitter, c’est un déluge de baisers et de câlins et une promesse : « je t’appelle », susurré à l’oreille. Il semble donc que la crise soit passée et que je me sois inquiétée pour rien.

Le soir, pas de nouvelles mais normal : il ne faut pas qu’on soit trop fusionnels, je n’aurais pas appelé non plus. Le lendemain soir, mon sourcil gauche commence à se lever  mais je me raisonne : nous sommes en tout début de relation, faut se ménager des moments de solitude pour mieux apprécier nos retrouvailles. Le troisième jour, je commence à bien comprendre que quelque chose ne va pas et c’est parti pour un « bouh, je suis moche, personne il m’aime et je finirai mangée par mon chat ! ». En prévision, je noie mon désespoir dans un peau de Haagen Dazs histoire que mon chat puisse tenir suffisamment de temps avant qu’on retrouve mon corps rongé. Même s’il est vrai que Kenya ne mange pas beaucoup[quoi que depuis le nouvel appartement, elle mange beaucoup plus et je suis en panne de croquette, d’ailleurs]. Le quatrième jour, j’entame le « tous des connards », je balance régulièrement mon téléphone à travers la pièce car il refuse de sonner (ou alors ne sonne pas avec la bonne sonnerie, celle qui fait « sexy back », attribuée aux hommes torrides de mon entourage), je me demande s’il est raisonnable de se saouler seule pour oublier ou si c’est le comble du pathétique. Non, c’est pathétique, mieux vaut reprendre de la Haagen Dazs. Même si en hiver, ça me donne encore plus froid.

Au bout d’une semaine d’un silence radio assourdissant, le rebond. Non mais il se prend pour qui ce connard ? Il croit qu’il a droit de me traiter de la sorte ? Mais je suis de la formule 1 de la bonne femme, moi. Il n’en trouvera pas deux comme moi. Je n’étais que du caviar donné à un porc dans cette histoire. Et s’il n’est pas assez intelligent pour saisir l’incroyable chance que je lui offrais d’être sienne, un autre la saisira.

La semaine prochaine, je repars sur les sentiers de la séduction.

NdelaBloggeuse : Je tiens à préciser que cette histoire, bien que fictive, mêle une histoire que j’ai vécu et une mésaventure d’une amie donc inutile de me faire remarquer en comm que je fais dans le cliché facile. Les hommes disparaissent parfois en plein conte de fée.