La fable de la journaliste

Il était une fois, dans une ville de la banlieue parisienne, une jeune fille en passe de réaliser son rêve. Cette fille avait travaillé dur pour devenir journaliste et, enfin, elle allait entamer son premier CDD, le rêve. La veille, elle se couche tard (oui, bon, ça va…), elle a du mal à dormir. « Demain, je serai journaliste. ». Prudente, la jeune fille met tous les réveils de son domicile à sonner. Après avoir passé 6 mois à ne pas voir les premières heures de la journée, la jeune fille devait se lever à 8h45. Y arrivera-t-elle ?

 journaliste

8h45, le réveil sonne mais elle est déjà réveillée, Kenya la terrible ayant eu envie d’un gros câlins quelques instants plus tôt. Il faut savoir que Kenya la terrible est un chat joueur qui, pour arriver à ses fins, utilise plusieurs techniques : le « je m’étale sur ta figure », le « j’essaie de rentrer ma patte dans ta narine », le « j’imite le cri de la peluche » ou encore le « je te ronronne dans l’oreille ». Notre jeune fille se lève et se rend tel un automate dans la salle de bain pour la séance « ressemblons à quelque chose ». Sauf qu’elle a tellement peur d’arriver en retard qu’elle est prête une demi-heure en avance. Qu’à cela ne tienne, notre journaliste est facétieuse, elle va faire une expérience punitive chez Paul le pâtissier, achetant un délicieux beignet à la framboise (ce soir, c’est rameur). Le beignet, c’est bon mais le sucre glace qui tombe partout ou la confiture rouge qui gicle au coin de la bouche, beaucoup moins. Professionnelle, elle s’assoit à l’abribus et entame la lecture de Courrier International de la semaine. Journaliste jusqu’au bout des ongles, on vous dit. Le bus est à l’heure et notre amie journaliste arrive à l’entreprise vingt bonnes minutes en avance donc elle s’autorise une petite cigarette et c’est parti.

Arrivée à l’accueil, première épreuve : le badge manquant. Oui, l’assistante de son patron est joueuse, elle n’a rien prévu pour son arrivée et voilà notre journaliste un poil déconfite. Mais voilà le prince Pierre-Cécil qui s’amène, il va la sauver de ce mauvais pas. Oui car dès le premier jour, notre amie journaliste et Pierre-Cécil sont déjà super synchro. La portière du Palais donne à notre héroïne un badge journalier, je sens que cette histoire de badge va être un des éléments croustillants de cette aventure. Le prince dit « le DRH choupinou » embarque notre amie et commence à lui taper la conversation, passant directement du vous au tu, il l’amène dans l’ascenseur et là, ils ne font pas l’amour comme des fous, on n’est pas des sauvages ! L’entreprise est morte : entre les vacances et les ponts, il n’y a personne, surtout pas l’assistante qui devait s’occuper de mon ordinateur (heureusement, j’ai amené mon portable), de ma connexion Internet (je dois surfer avec le pc de DRH choupinou donc pas de balade sur les blogs), de mon mail perso (héhéhé, quand je l’aurai, je m’écrirai juste pour pouvoir me la péter), de mon numéro de poste perso, de mon badge… Heureusement, aujourd’hui, choupinou ne mange pas à la cantine donc la journaliste va hériter de son badge. 10h30, choupinou n’a pas l’air motivé pour bosser donc il entraîne notre magnifique héroïne à travers les couloirs de la boîte, café en main, il lui présente des gens, la demoiselle dit bonjour en se demandant à qui elle est censée parler et comment elle va réussir à retrouver son chemin toute seule quand choupinou la laissera seule. Peut-être va-t-elle recycler l’histoire du petit poucet, ce serait une bonne idée.

 

A la machine à café, choupinou lui raconte ses vacances : il est parti à New York car sa femme est américaine. Notre héroïne n’aime pas trop savoir que choupinou est marié mais en même temps, il porte pas son alliance, gniark ! gniark ! La journaliste, en pro qu’elle est, note l’information, on ne sait jamais. ( A noter qu’il est en communication avec une collègue, là, et il vient de m’appeler « petite jeune fille »… Non mais oh, on fait l’histoire de la journaliste, là, pas le petit chaperon rouge !). Bon, voilà, ils montent et descendent les étages, la journaliste est perdue mais elle fait semblant de pas être déstabilisée par les 9 étages de cette bâtisse. Elle finira par se retrouver, promis. Ceci étant, si vous n’avez pas de nouvelles de la journaliste d’ici 24 heures, merci de prévenir la police.

 

Bon, après cette fascinante balade, voilà la première réunion en tête-à-tête entre choupinou et la demoiselle, une demi-heure de franche discussion. Choupinou porte vraiment bien son surnom mais la journaliste est pro, on vous a dit ! Les idées fusent. Idées de reportage : les balades à faire dans la ville où va emménager l’entreprise, un déjeuner shopping dans le centre commercial voisin… Mmmm, la journaliste est ravie à l’idée de faire ces reportages, c’est plutôt sympa. Par contre, elle se rend compte à un moment qu’un peu de sucre glace est resté collé sur le rebord de ses lèvres et là, c’est la honte.

 

Bon, après cette réunion yeux dans les yeux avec choupinou (qui a eu la bonne idée de pas mettre sa cravate aujourd’hui, c’est beaucoup mieux), la journaliste n’a rien de particulier à faire donc elle commence la rédaction de cet article et lit Courrier International (c’est pour son prestige mais n’empêche que c’est toujours intéressant), elle rédige un petit mail pour Zoé qu’elle postera plus tard. Puis la journaliste en bonne toxico qu’elle est descend à l’étage fumeur pour exercer son vice (le tabac, hein, bande de petits pervers) et se retrouve face à deux pintades qui se racontent leur vie en ignorant délibérément la demoiselle. Mais la journaliste s’en fout, elle au moins, elle n’a pas des cernes de 3 km de long sous les yeux, na !

 

Midi, l’heure de la cantine. Frédérique, la chargée de comm, vient la chercher pour déjeuner, elle me retrouve donc à table avec 4 nanas donc deux qui revenaient de vacances, le thème fut donc : « Seigneur, les vacances en club, c’est fatigant, ils sont cons les gens ». Et là, nos deux amies dépeignent le beauf de base en vacances dans ce genre de club, ça se résume à : « Y a que des vieux et des Loana ! ». Bon, la journaliste étant insupportablement snob, elle se marre comme une bossue. Car la journaliste a expérimenté dans le temps ce genre de vacances avec ses parents délicieusement snobs aussi et franchement, c’est un peu pénible d’être toujours sollicités pour les jeux apéros et compagnie. Là, arrive choupinou qui s’installe en face de moi et qui raconte ses vacances à New York, notamment une comédie musicale sur Brodway qui devait être écrite par les auteurs de South Park. L’histoire, en très gros, c’est sur les concours d’orthographe qui sont légions aux Etats-Unis, vous savez, ce truc qu’on voit toujours dans les séries américaines : « débilitant, D. E. B. I. L. I. T. A. N. T ». A un moment, choupinou explique qu’un personnage est troublé par une demoiselle de l’assistance et du coup, il perd et il doit entamer une chanson qui commence par : « I had an erection ! ». Ben, là, il paraît que les Américains, ils ont été un peu choqués… Puis y a Jésus qui débarque à un moment… Du grand n’importe quoi, donc. Donc choupinou raconte ça en faisant son numéro et la journaliste bave. Plus elle le regarde et plus il est craquant, aaaaaaaaaaaaaah !! Ça va être trois semaines fort plaisantes. Sinon, la journaliste a trouvé son alter ego féminin, une frappadingue qui explique : « Ah non mais moi, petite, je détestais le cirque : j’avais peur des clowns et les animaux en cage, ça me rend malade. En plus, se mettre en rond autour d’une piste, je trouve ça d’un débile. » Notre héroïne exulte : elle aurait pu tout à fait énoncer ce genre d’opinions.

Ensuite, café avec miss Frédérique, choupinou ayant un rendez-vous (annulé depuis, le pauvre, j’ai prêté une oreille attentive à ses malheurs) donc normalement, au menu : « quelle est la mission de la journaliste ? » mais ce fut « la journaliste raconte sa vie parce qu’elle adore ça. ». Retour au bureau, notre demoiselle ne peut rien faire car elle n’est pas connectée à Internet donc elle écrit ce présent article et Technopolis 2 quand choupinou l’appelle auprès de lui pour lui montrer un truc sur son pc, elle se penche pour regarder l’écran, regardant au passage qu’en plus d’être craquant, choupinou a un parfum très agréable (mais des ongles crades par contre, gros point négatif). Il lui montre le logiciel de gestion du personnel sur lequel il travaille. Car choupinou peut savoir tout sur ses employés, leur situation familiale, leur salaire, leur contrat, les prêts contractés à la banque, la taille de leur pénis (non, je déconne)… Parenthèse : au moment où j’écris cette phrase, choupinou décroche le téléphone en disant : « je sais tout ! ». Comme on est merveilleusement en phase.

Bon choupinou s’en va et le monsieur qui gère l’informatique m’apporte mon poste de travail, un pc tout pourri qui est en train de virer au noir et blanc mais ça évitera que je trimballe le mien, c’est pas plus mal. Et là, il me fait : « bon alors votre code secret, c’est bretagne. » Oh putain, il lit mon blog et il m’a reconnue, c’est pas possible autrement ! Ah, je flippe, au secours !

Enfin, 18h15, je décide de partir, j’ai encore des choses à faire (genre m’acheter à manger). A partir d’aujourd’hui, je commence à 9h…

Alors petit bilan après le premier jour. Bon, choupinou porte délicieusement son nom, voilà un sacré plan M ! Les gens ont l’air sympa, le peu que j’ai croisé, et je suis grandement motivée. On verra dans trois semaines pour le boulot ! 

Pour le plaisir des yeux

L’autre jour, je discutais avec Lilvirgo sur MSN. La demoiselle venait me féliciter pour mon CDD et je lui explique que je suis d’autant plus contente que je vais bosser dans le bureau du DRH le plus choupinou qu’il m’ait été donné de rencontrer (certes, j’en ai rencontré peu). Mais je précise : je ne m’emballe pas, je ne compte absolument pas tenter quoi que ce soit avec cet homme. Il va juste devenir mon plan M.

 beau-mec

Qu’est-ce que le plan M (© Lilvirgo) ? M, c’est pour miam. Un plan M, c’est un gars que l’on trouve super choupinou et qu’on mate sans espoir de plus. En discutant, nous nous sommes rendues compte que nous avions la même façon d’agir. Quand nous allons en cours ou pour travailler, nous choisissons un jeune homme délicieusement miam miam que nous allons pouvoir mater à loisir, le plan M (comme miam ou mate, toujours © Lilvirgo). J’avoue que célibataire ou en couple, j’ai toujours eu mon plan M. En première année de fac, j’en avais un dans chaque cours, quasiment (hého, j’étais célibataire, à l’époque) sans compter les profs. J’en avais deux particulièrement choupinous. D’abord Cédric, sorti tout droit d’un boys band avec ses t-shirt moulant délicatement ses pectoraux et laissant échapper deux bras bien musclées, son jean blanc qui permet d’entrevoir son boxer bleu marine dessous. Il avait le cheveux soyeux, mmmm ! (enfin, ils avaient l’air soyeux, j’ai jamais touché). Je me souviens, au premier semestre, vous aviez la brochettes des nanas de la classe au premier rang. Au second semestre, notre délicieux thésard a été remplacé par son vilain directeur de thèse, normalement en charge de cours et, là, la brochette de nanas (y compris moi) a curieusement disparu de la classe. Il y avait ensuite Pierre, le fils caché de Steve McQueen aux yeux plus bleus que le ciel azuré et au petit cul qui ne demandait qu’à être mordu. Ce qui était génial avec ce prof, c’est qu’il faisait tout le temps tomber sa craie et se penchait donc pour la ramasser, miam ! En plus, il m’avait à la bonne, lui, il m’a dit un jour : « vous êtes une des meilleures élèves que j’ai eue, je ne vous oublierai pas ! ». Aaaaaaaaaaah ! Putain, ça, ça fait plaisir.

Bon, comme en première année, j’ai eu plein de beaux profs et de beaux camarades, le sort s’est vengé et je me suis ensuite retrouvée en cours qu’avec des vilains pas beaux et des profs de l’âge de mon grand-père même pas gentils. Enfin, si, y en avait des sympas mais rien ne pouvant entrer dans la catégorie plan M. Quoi qu’en deuxième année, il y avait l’inconnu du mercredi matin, une histoire débile. Le mercredi matin, donc, j’avais cours avec une connasse finie qui nous avait pris en grippe, Gauthier et moi. Juste avant d’aller en cours, je croisais donc ce beau gosse qui restait dehors, juste devant nos fenêtres quelques instants de plus et je matais jusqu’à ce qu’il aille en cours. Après la rupture avec Pierre, je décidais de le passer en plan M et plus si affinités, j’avais un plan : un matin, j’ai « oublié » ma montre pour lui demander l’heure… Oui, j’étais vraiment TRES nulle en drague à l’époque. Sauf que l’inconnu n’est jamais plus venu.
 

 En sciences po, par contre, dès le départ, je repère un magnifique brun aux yeux de braise et à la peau diaphane, Guillaume qu’il s’appelait (évidemment). Comme je suis très forte, au bout d’un mois, je me retrouve à faire un exposé avec lui, on s’installe à un café avec un coca… Et là, il me rote littéralement à la gueule et ne s’excuse qu’après avoir remarqué que je le regarde, atterrée. Bon, tu dégages de la catégorie plan M, toi !

Le plan M n’a pour but, au départ, de nous motiver à aller bosser ou en cours. Nous n’attendons rien d’eux, si ce n’est d’être présents et beaux, disposés à se laisser mater. Nous ne leur adresserons peut-être jamais la parole mais ce n’est pas le but, au fond. C’est juste que d’aller en cours de sociologie de l’administration, ce n’est motivant que s’il y a un choupinou à regarder. Même quand on est en couple parce que je suis désolée, y a pas de mal à se faire du bien aux yeux. Après tout, c’est comme admirer un paysage ou regarder les étoiles. Quand la nature fait si bien les choses, autant en profiter. Après, rassurez-vous, Guillaume 1er était un pro du matage même pas discret donc pas la peine de me dire en comm : « t’es une garce, imagine si ton mec avait fait pareil. » Il faisait pareil, justement, et je m’en moquais. Regarder n’est pas toucher et je ne m’imaginais pas du tout en train de faire des brouettes
ou autre chose avec mes plans M.

 

Mais parfois, un plan M peut devenir en plan M et plus si affinités. Exemple : Bertrand. Il est choupinou, il est choupinou… Merde, il me fait totalement craquer, j’ai envie de conclure, zut de zut. Bon, finalement, vu que je suis nulle en drague, je crois qu’il n’a jamais compris qu’il était un plan M et plus si affinités, tant pis. Ce fut tout de même très agréable de le regarder droit dans ses yeux bleus-verts-gris pendant quelques mois. Sinon, autre plan M et plus si affinités : Ludovic, mon collègue lors de mon stage rugby. La première fois que je l’ai vu, il m’a pas marqué plus que ça, soyons honnête. Mais comme nous fumions tous les deux, on se retrouvait souvent en pause clope en même temps, à discuter sur le balcon du 5e étage et je me suis dit qu’il était quand même drôlement choupinou. Grand, brun, mince, un visage d’ange, miam ! Donc le jeu consistait à caler mes pauses clopes sur les siennes, très amusant. Mais le soir de la finale du TOP 16, c’était l’occasion de conclure, ou pas… En fait, cette soirée m’a permis de mesurer la timidité limite maladive du jeune homme. A un moment, je le rejoins au bar pour commander une boisson (oui, j’avais un bracelet magique me permettant d’avoir accès illimité au bar, je vous dis pas…). Et là, je me dois de prendre les choses en main car il ose pas interpeller le barman, donc je prends la commande pour les deux. Plus tard, dans la soirée, je me retrouve avec Bastien, le pigiste du week-end bien choupinou aussi (mais je le voyais jamais donc pas un plan M) et Ludovic nous annonce qu’il va chercher une bière au bar et Bastien me fait : « tu vas voir, il va revenir les mains vides. » Cinq minutes plus tard, Ludovic revient les mains vides, tout dépité, on rigole. « Oui mais y a le joueur, là, il m’a viré du bar en disant que c’était sa place, quel connard. » Comme j’ai soif, je l’accompagne pour prendre sa commande mais y a plus de bière donc il prend un coca. A la fin, on se fait sortir de la boîte parce que c’est 7h et que ça ferme donc le joyeux trio embarque Zoé et on va se prendre un petit déj dans le coin. Mais la journée ne fait que commencer : Ludovic, Zoé et moi devons partir sur Toulouse pour un match. Donc je rentre viteuf chez moi récupérer mes affaires et je rejoins mes deux amis à l’aéroport où on prend un café dégueulasse. On est rejoint par une quatrième acolyte et on prend l’avion. Pour une fois, j’ai pas eu peur du tout, sans doute parce que je commençais à ressentir les effets de la nuit et je m’inquiète un peu : le match que je dois couvrir est à… 17 heures.

 

On arrive au stade Ernest Wallon, on va manger avec le staff du stade et voilà que le petit Ludovic nous fait un malaise vagal. C’est-à-dire que son visage légèrement hâlé devient plus blanc que le mien (un exploit) donc on s’inquiète un peu, je lui dis de s’allonger et de lever les jambes, la meilleure façon de lutter contre un malaise vagal. Oui, je sais ça parce qu’il m’est déjà arrivé d’en faire. Le plus ridicule : ma sœur se fait opérer des dents de sagesse, j’appelle dans l’après-midi de l’opération pour annoncer à ma mère que Guillaume et moi arrivons voir la demoiselle, elle me raconte qu’une amie de ma sœur a fait un malaise vagal dans la chambre de ma sœur et je rigole : « mais quelle petite nature ! ». Oui, moi, j’ai passé ma jeunesse dans les hôpitaux, pas du tout par maladie mais le dimanche, quand mon père faisait les visites et que ma mère travaillait, il nous amenait à l’hôpital et ma sœur et moi dessinions dans le bureau des infirmières, on était un peu les mascottes du service. Donc on arrive dans la chambre, on discute et je commence à me sentir mal : les couleurs se barrent de mon visage, je commence à transpirer et avoir envie de vomir. Donc, discrètement, je me penche vers la fenêtre pour prendre l’air mais attrapée : Guillaume voit que ça va pas et ma mère comprend : elle me prend par la main et me fait descendre dans le jardin de la clinique pour m’allonger et me faire lever les jambes. Je me moquerai plus jamais des copines de ma sœur qui se
sentent mal.

 

Après le déjeuner, Ludovic et moi sommes conviés dans un superbe bureau tandis que Zoé et l’autre fille vont voir une de leurs amies, on mate la télé puis on s’endort un bon quart d’heure devant. Hé oui, lecteur, techniquement, j’ai dormi avec mon plan M et plus si affinités, la classe ! Nous avons passé le reste de la journée ensemble mais mon stage se terminait sur ce match, je l’ai revu une autre fois et c’est tout. Mais peu importe, ce plan M et plus si affinités ne m’a pas brisé le cœur, c’est le but.

 

Et voilà. Dans quinze jours, je commence mon stage avec, tous les matins, la joie de me lever pour voir mon nouveau plan M… et pas plus si affinités car on ne mélange pas boulot et brouette.

Questions existentielles

La vie est comme un train qui fonce à toute vitesse. Par moment, il est nécessaire de sortir du wagon pour s’asseoir regarder le train. Cette métaphore proprement catastrophique annonce que je me plonge dans une nouvelle introspection car je me sens arrivée à un carrefour et je ne sais pas encore quelle voie prendre.

Le chemin de vie

J’aime imaginer la vie comme une succession de carrefour et d’embranchements. Dois-je prendre à droite ou à gauche ? Mon grand jeu, lors de mes longs moments d’inactivité et d’ennui, c’est d’imaginer ce qu’aurait été ma vie si j’avais pris l’autre chemin. Par exemple : je n’aurais pas rompu avec mon ex l’an dernier, que se serait-il passé ? Peut-être aurais-je cherché mon stage d’été avec moins d’ardeur ? Du coup, mon dossier aurait été moins bon et je n’aurais pas été pris à mon master de journalisme où j’ai rencontré Clara. Du coup, je ne serais pas venue ici pour faire mes stages. Si nous étions encore ensemble, je ne serai jamais partie à Paris, quoi qu’il arrive, car il ne m’aurait jamais suivie. Je n’aurais pas renoué des liens d’amitié avec Gauthier, ce blog n’aurait jamais existé… J’adore mon ex mais je sais aujourd’hui qu’il me tirait vers le bas. Mon célibat m’a permis de partir sans regret.

Aujourd’hui, j’ai 25 ans, je suis pile entre 20 et 30 ans. Qui était-je à 20 ans ? Qui serai-je à 30 ans ? Je me rends compte que je ne suis plus la jeune fille rêveuse que j’étais il y a 5 ans. A l’époque, je pensais qu’aujourd’hui, je serais mariée, avec un boulot et au moins enceinte de mon premier gamin. Tout faux ! Je ne suis pas mariée, pas enceinte et (plus dramatique) je n’ai pas de boulot. Je n’ai même pas fini mes études… Tous ces rêves sont repoussés à mes 30 ans (quoique le mariage et le bébé, ça me fait moins fantasmer).

Je me souviens de ce jour de printemps où Gauthier et moi étions à la fac, assis sur les marches de l’arche à regarder l’université de haut (vision ô combien déprimante) et je lui évoquais mes rêves. Là, il me dit : « Mais tu te rends compte que tes 25 ans, c’est dans 5 ans ? Tu te vois mère dans 5 ans ? » Je restais sans voix. 5 ans, quel laps de temps court ! Et pourtant, mes 30 ans aujourd’hui me paraissent loin, 5 ans que j’ai du mal à planifier. A 20 ans, l’avenir était simple : bac+2, bac+3, école de journalisme, fin de parcours. En réalité, ce fut, bac+2, bac+3, bac+4 (en deux ans), bac+4 (je collectionne les maîtrises comme d’autres les timbres) et aujourd’hui, j’achève mon bac + 5. Mes 20 ans me paraissent proches, mes 30 terriblement loin.

A 20 ans, je ne rêvais que d’amour et de famille. A 25, je suis plus cynique, plus réaliste… Je ne suis plus la même, je ne regrette pas celle que j’étais, je ne regrette pas celle que je suis devenue. Ce sont justes différentes facettes de ma personne, une a pris le pas sur l’autre, une troisième facette aura peut-être pris place dans cinq ans, qui sait ?

Aujourd’hui, je suis à la croisée des chemins pour le travail, mes amours… Et je me pose des questions.

Stage ou emploi, telle est la question ?

C’est sans doute la première fois que je te parle de ma vie professionnelle, lecteur. Ce n’est pas que je m’en fiche, bien au contraire, mais jusque là, tout allait bien. En fait, quand j’ai commencé ce blog, je terminais un stage en journalisme sportif extrêmement sympathique ; je partais couvrir des matchs, le rédac’ chef me laissait pas mal de trucs à faire… Un bon stage, en fin de compte ! Depuis, les choses se sont gâtées. Mon nouveau stage est proprement catastrophique : durant le premier mois, je devais traverser Paris pour aller travailler en sous-sol. Ma mission, même si je ne l’accepte pas : développer le site Internet de mon tuteur de stage. Je dois également écrire un article sur le droit et l’e-administration (je n’ai jamais fait de droit de ma vie) ainsi qu’un autre sur l’employabilité et les TIC. Autre mission : faire l’attachée de presse d’un ami de mon tuteur de stage qui ouvre un magasin d’articles de boxe…

Ce stage est fascinant car : on a des horaires libres, on y va quand on veut (j’ai donc séché la moitié de mes « journées boulot ») et au mois d’août, je « bosse » à partir de chez moi. Donc, je m’ennuie. En plus, le premier jour, j’ai été assez désappointée : je devais faire des articles sur nouvelles technologies et culture… Absolument pas ! Je travaille avec deux stagiaires de mon âge. Le premier est assez sympa mais l’autre…Ou il me méprise (si tel est le cas, je l’emmerde, je n’ai pas trouvé mon bac+5 dans mon paquet de Spécial K !) ou il n’aime pas les femmes… A moins que je ne l’impressionne mais ça m’étonnerait bien ! Donc ce stage a considérablement augmenté ma consommation de cigarettes puisqu’il s’agissait d’aller fumer dehors. Seigneur, que la lumière du jour est douce ! Avec le stagiaire sympa, on prenait souvent nos pauses en même temps pour nous lamenter sur notre sort.

Mon stage se termine dans un mois, et ensuite ? Il faut avouer que cette expérience ne me rend guère optimiste : aucune embauche au bout, c’est certain. Je me pose des questions, d’autant que Clara est sur Paris et qu’elle traverse les mêmes doutes que moi. Doit-on chercher un autre stage ? Du travail ? Se réorienter ? Pour ma part, la réorientation me semble impossible mais une question demeure : dois-je me réinscrire à la fac ou non ? Ce n’est pas tant pour continuer mes études mais juste pour avoir des conventions de stage. Ceci étant, vais-je faire des stages jusqu’à la fin de mes jours ? Non.

Ainsi, dans mon plan de vie idéal, je souhaiterais terminer le mois de septembre avec un stage d’observation à l’AFP avant d’enchaîner trois mois de stage en tant qu’attachée de presse. Ainsi, sur mon CV, j’aurai le tryptique magique du journaliste : rédaction-agence-attachée de presse. Oui, dans l’idéal, je devrais également me plonger dans les coulisses de la télé et de la radio (là où je manque cruellement d’expérience) mais à ce rythme-là, à trente ans, je serai toujours en stage.

Chercher un emploi ? J’y songe, je regarde les annonces, une nana à qui je n’ai rien demandé passe son temps à me bombarder d’annonces de travail (il faudrait qu’elle comprenne que je connais le site où elle va, les annonces, je les ai également). M. le rédacteur en chef, si tu lis ces quelques lignes, sache que je souhaiterais travailler dans le journalisme sportif, le journalisme adolescent et étudiant (style Okapi, pas Ok podium) ou le journalisme féminin (les pages « chroniques » ou société, pas les pages mode, je refuse d’expliquer à mon lectorat qu’on ne peut pas vivre sans ce petit jean top-fashion trop hype de la mort qui tue que si tu l’as pas, t’es une naze, le tout pour la modique somme de 100 euros !).

Et les amours ?

Je suis assise dans l’herbe verte, mon train file sans moi. Je m’allonge et je regarde le ciel de ma tendre couche. L’azur est parsemé de quelques nuages voluptueux, je m’amuse à leur trouver des formes : est-ce un dragon ? Un éléphant ?

La précédente phrase n’a rien à voir avec l’article, juste l’envie de l’écrire. Mes amours, tu le sais, lecteur, sont inexistantes. J’ai une vie sexuelle épanouie mais rien au niveau amoureux et ça me va bien. J’ai passé la nuit avec un charmant garçon que je vois assez souvent, je passe de bons moments avec lui mais dès qu’on est séparé, pas de coups de fil, pas de conversation MSN, rien. Si j’ai l’occasion de brouetter ailleurs, je le fais sans complexes et je suppose qu’il en fait autant de son côté. Peu importe.

Mais depuis hier, la donne a changé : j’ai un sérieux prétendant. Il s’agit d’Arnaud, une de mes cibles, un copain de Louis. Je ferai un article sur lui plus tard pour vous donner les détails. Cette semaine, il m’a invité à sortir à deux reprises (à chaque fois après une folle nuit de sexe…), des sorties sages avec une petite promenade en moto pour pimenter le tout. Hier, alors que nous discutions tout à fait normalement sur MSN, le voilà qui se met en mode « silence radio », tout à coup. Toujours dans le jeu, je lui demande s’il boude. Et là, réponse : « oui car j’ai l’impression que tu joues avec moi et je ne sais pas ce que tu penses de moi ». Bon, j’ai dû rater un épisode… Bon, soyons honnête : il me plaît. J’adore ses yeux, son sourire, son nez (il faudra vraiment que je me penche sur cette fascination pour les nez). Il a quelques petits kilos en trop mais rien de gênant et, surtout, qu’est-ce qu’il est sexy dans son cuir de motard. Le seul problème, c’est qu’il veut que nous sortions ensemble. La question n’est pas : ai-je envie de sortir avec lui mais ai-je envie de sortir avec quelqu’un ?

Ma grande liberté actuelle me plaît mais elle ne peut qu’être éphémère, je sais qu’un jour, ça me lassera. Mais ce jour est-il déjà là ? Enfin, j’ai trois semaines pour décider, il est parti en vacances. Ce qu’il me rassure, c’est qu’il veut une histoire agréable, sans prise de tête. Si ça dure, tant mieux, si ça casse, tant pis.

Alors, voilà : pendant des mois et des mois, je me lamente sur mon célibat et, à présent qu’il est sur le point de se terminer, j’ai peur. Sans doute parce que ça fait plus d’un an que je n’ai pas été en couple et que j’ai plus de facilité à gérer une brouette qu’une relation suivie. Tu vois, lecteur, ça fait cinq ans que je n’ai pas eu de début de relation amoureuse. Avec mon ex, on se voyait tous les jours à la fac donc c’était très facile à gérer… Mais, là, j’ai perdu l’habitude. Suis-je sensée l’appeler tous les jours ? Combien de fois le voir par semaine… Je sais que ces questions peuvent paraître ridicule mais je ne sais plus…

Enfin, en attendant, je profite de mes dernières trois semaines de célibat, je verrai quand ça arrivera.

Paris, reine du monde…

La question qui transparaît dans tout ceci, c’est ma localisation géographique : resterai-je à Paris ou pas ? Si j’avais le choix, je répondrais oui sans hésiter : je me sens bien ici, et j’ai encore tant à faire, tant à découvrir… Mais si le travail est ailleurs, je partirai sans hésiter. C’est ma priorité absolue, à l’heure actuelle. C’est pour ça que je ne suis pas super chaude pour une relation amoureuse : les relations à distance, ça ne me plaît pas.

En gros, mon train file mais je ne sais pas où… Quoi qu’il en soit, il est temps de remonter. Je verrai bien.