A quoi ça sert la mode ?

Il y a des jours comme ça, où je me pose des questions cons. Aujourd’hui, réfléchissons ensemble sur la mode car j’ai l’impression que depuis quelques années, on ne fait plus que
ressortir les vieilles fripes du carton pour les remettre à la une. Aucune innovation, aucune audace… Bref, les modeux ne servent-ils plus aujourd’hui qu’à nous dire quelle fringue ressortir ?

 brune.jpg

J’avoue ne pas suivre la mode. En général, pour la connaître, je rentre dans un magasin et je regarde ce qu’il y a. Par exemple, cet hiver, je rentre dans une boutique et c’est un déluge de gris, de noir et d’aubergine. Quelle déprime. Je n’ai rien contre ces couleurs là, je mets même très (trop) souvent du noir mais j’aime bien avoir un peu de pétard aussi. Cet été, c’est plus flashy, youpi ! Sauf que le jaune fluo et le vert pelouse, je peux pas en mettre, ça ne me va pas du tout au teint. Ca peut me servir à la limite si je veux pas aller bosser genre « regarde ma tête, ça se voit que je suis malade ». De la même façon, j’aime pas les slims ou les leggins, même si, dixit ma sœur « ohlala, tes jambes sont tellement blanches que j’ai cru que tu avais mis des leggins ». Mais c’est la mode d’être blanche, non ?

Bon, bref, je ne suis pas une modeuse et j’avoue que je m’en fous. J’ai pas forcément les moyens d’avoir un dressing avec tout ce qui est à la mode et ce qui ne l’est plus mais
qu’on garde parce que ça reviendra. Puis je pense être assez grande pour décider de ce que j’ai envie de porter ou pas. J’achète ce que j’aime, pas ce qui se porte pour être in. Mais il n’en reste pas moins que j’ai souvent l’impression que la mode est une vaste blague et que l’innovation est absente depuis quelques années. Tiens, si on remettait à jour les sixties, seventies, eighties, nineties… La mode des années 2000 est-elle condamnée à ne piocher que dans ce qui a été fait à la fin du XXe siècle ? Le délire et l’originalité ne sont-ils réservés qu’aux défilés ? Ce robes psychédéliques immettables ne sont-elles faites que pour dire qu’on fait des défilés avec plein de gens prout-prout ? On est pas loin des tenues des films de SF.

Au-delà de ça, je me demande sincèrement à quoi sert la mode. A part de marqueur social, je vois pas. Oui parce que, soyons honnêtes, nous n’avons pas tous les moyens d’être une
parfaite fashionista. Non parce que la pochette léopard Dolce & Gabbana, je veux bien la trimballer en soirée mais à 1770 euros, je vais devoir la voler puisque mon salaire
net est inférieur à ça (mon salaire brut aussi d’ailleurs). Heureusement, pas de panique, pour les fashionistas (j’aime bien ce mot) fauchées ou, pire, pauvres, on peut désormais louer des sacs trop chers sur sacdeluxe.fr, environ 20 euros les 15 jours, youhou ! Parfois, j’ai l’impression que la mode n’est ni plus ni moins que l’illustration de la théorie de Bourdieu sur le bon goût : ce sont les normes bourgeoises qui dictent ce qui est beau ou pas. Les fringues Jenifer ou Gemo, c’est moche. Mais pas mal de gens n’ont pas forcément les moyens d’aller s’habiller ailleurs. L’habiller plouc n’est pas forcément un choix. C’est d’ailleurs pour ça que je supporte pas les connards et connasses qui se moquent des fringues cheap des autres. File leur ton porte monnaie, je suis sûre qu’elles s’habilleront de suite mieux.

Pour ma part, je ne cours pas après les marques, je m’habille dans les magasins genre H&M, Promod ou Etam et je n’en éprouve pas la moindre honte (ni fierté). Je suis classique
dans ma façon de m’habiller et je me sens bien comme ça. Bien sûr, je crève d’envie d’avoir suffisamment de tune pour faire une razzia chez des Filles à la Vanille ou Cop copines car j’adore leurs fringues assez décalées, que je rêve de robes très Marilyn avec un grand chapeau et des lunettes pour me la jouer star. Mais pour le moment, je ne gagne pas des milles et des cents même si mon salaire est tout à fait correct, surtout pour un début. D’un autre côté, il est vrai que quand il me reste de l’argent à la fin du mois, je le dépense beaucoup plus (et même trop) facilement au rayon librairie de la FNAC que chez Zara ou dans des boutiques créateurs. Est-ce que ça fait de moi une personne à ne pas fréquenter publiquement ? Qu’on n’invite pas aux soirées parce qu’elle a trois trains de retard sur la mode ? Mmmm, j’avoue que ceux qui font leur liste d’invités en fonction de ceux que disent John Galliano, Jean-Paul Gauthier, Donatella Versace (mouarfff !) et consort, ils peuvent ne pas m’inviter, ce sera un service à me rendre !

La prochaine fois, je vous expliquerai qu’être ringard, c’est in. Sortez vos tongs en plastiques et shorts à fleurs !

Les jeunes, rebelles du sexe

Il y a des jours, j’aime bien lire des magazines. Oui, d’abord, c’est mon métier mais en plus, c’est fascinant comme on a le sentiment qu’ils sont à côté de la plaque, des fois. Parmi les thèmes qui plaisent et qui font vendre : le sexe. Jusque là, rien de nouveau, j’ai déjà parlé du sexe dans les magazines. Non, moi, ce qui me plaît, c’est la notion de « nouveau » en matière de sexe.

 

Cet été, dans un élan de sérieux, j’ai lu un essai, Génération 69, ou la complainte incessante des trentenaires qui en veulent aux soixante-huitards d’avoir eu une plus belle vie qu’eux. Ouais, moi aussi, ça me fait chier de pas avoir de boulot, de pas être considérée et tout ça mais dans la génération 68, y a notamment mon papa (bon, lui, il a pas manifesté, il était à la plage) qui est ma principale source de revenus donc j’ai un peu de mal à lui reprocher quoi que ce soit. Alors, oui, si on veut, y a conflit des générations mais c’est pas le sujet de l’article, de toute façon. Donc, dans ce livre, arrive un chapitre un peu surréaliste genre « ahah, vous les soixante huitards, vous avez le pouvoir, l’argent et les avantages sociaux garantis mais nous, on a le sexe ! ». Bon alors, messieurs les trentenaires, sachez que si vous avez écrit ce livre, c’est que vous existez et si vous existez, c’est que votre papa a mis son pénis dans votre maman et puis le reste, vous connaissez. Y a que ma sœur et moi qui sommes nées de l’immaculée conception (ah et Jésus, aussi pardon !). Soyons sérieux trente secondes : en matière de sexe, on n’a carrément rien inventé.

Comme je l’ai dit dans un autre article, j’ai fait une histoire de la sexualité et du genre et j’avoue que ça me passionne. Oui, le sexe, c’est pas juste pour  jouir, c’est un sujet follement passionnant. Je pense que les mœurs sexuelles d’une société sont un excellent indicatif de sa santé. Alors regardons un peu l’histoire, la Grèce, par exemple. Alors, là, ça s’enfilait dans tous les sens. Au gymnase, les jeunes éphèbes étaient initiés à toutes sortes de sport. Et encore, se limiter à la Grèce comme exemple, c’est une erreur : allez dans n’importe quel musée antique, vous trouverez forcément un vase, une amphore ou une assiette avec le kama sutra dessiné dessus. Le Kama Sutra, parlons en ! Ca a été écrit au IV ou Ve siècle après JC et ça reste THE référence absolue en matière de sexe. Sinon, on a Sade, aussi, dans le genre « sexe méga pervers » où l’on découvre que les partouzes ne sont pas un concept des tenanciers des clubs échangistes parisiens. Je suis pas une mère la vertu mais je vous avoue qu’à la fin de « La philosophie dans le boudoir », j’avais limite
la nausée. Bon, je vais pas étaler ma culture 107 ans sur le sujet, vous avez compris l’idée.

Et pourtant, chaque génération se croit inventrice d’une sexualité plus débridée que la précédente. Bon, évidemment, on a du mal à imaginer nos parents et leurs amis en train de joyeusement forniquer (mon Dieu, quelle horreur, je me traumatise toute seule, là) mais on n’est pas la première génération à pratiquer un sexe relativement libre (ça dépend des personnes) et, rassurez-vous, on n’est pas la dernière non plus. Quand on étudie l’histoire avec l’impératif de la virginité, faut pas se leurrer, ce sont des normes bourgeoises. Autrement dit, chez les paysans, lors des bals populaires, les garçons et les filles ne se privaient pas pour cafouniter (spéciale dédicace à ma mère qui me lit pas) dans le foin. Bon, les filles mères, c’était la honte mais voilà, à part ça, on pouvait s’ébattre dans les prés sans créer un scandale.

Alors pourquoi ce besoin que chaque génération a de se sentir créatrice d’un sexe débridé ? Non parce que c’est pas nouveau, regardez 68, puisque j’en parlais tout à l’heure,les « faites l’amour pas la guerre » et la réclamation de cités universitaires mixtes… Bon, outre le fait qu’on a du mal à concevoir que les parents aient du sexe, je suppose que quelque part, affirmer sa sexualité et la vivre pleinement, c’est un peu s’affranchir de l’enfance. « J’ai du sexe, je suis adulte ». C’est rompre avec la génération précédente, rejetant ses valeurs morales et tout ça. Evidemment, de nos jours, c’est peut-être plus facile de se trouver des partenaires sexuels, on allume son ordinateur, un coup sur meetic ou assimilé et hop, en une heure,on peut se retrouver avec quelqu’un dans son lit. Enfin quoi qu’à y réfléchir, je pense que chaque génération a eu son « meetic », ses boîtes échangistes où on rentre dans qui on veut, ses soirées privées qui dérivent en partouze, comme toutes les soirées où sont invités les gens de Paris Dernière.

Alors, non, le « nouveau sexe » n’existe pas, nous n’avons rien inventé, tout a déjà été fait, nous ne faisons que redécouvrir, ré expérimenter. Les hommes forniquent depuis que le monde est monde, avec plus ou moins de raffinement. Alors « libéré(e) », oui, « novateur », non.