Le management par le croissant

Je m’interroge souvent sur les compétences managériales des uns et des autres. Qu’est-ce qu’un bon manager ? Celui que je trouve bon manager fait-il l’unanimité ? Pour moi, un bon manager est celui qui partage ses compétences, me fait suffisamment confiance pour ne pas contrôler mon taf toutes les 5 mn (mais ne me perd pas de vue pour autant), et sait faire preuve de justesse (en gros souligner le bon travail et réprimander le mauvais tout en essayant de trouver des solutions pour que ça ne se reproduise pas. Oui, des fois, il arrive qu’on sache pas tout faire…). Et, évidemment, de l’humanité.

manager

Il y a quelques temps sur Twitter, nous débattions avec je ne sais plus qui (désolée…) des managers qui n’offrent jamais de croissants à leur équipe. En mon âme et conscience, j’ai répondu “c’est scandaleux!”. Il n’y a certes aucune obligation et un bon manager peut avoir quelques oursins dans les poches. Sauf que c’est le petit geste qui fait la différence. Evidemment, je dis croissant mais ça pourrait être un café, une friandise ou même une chocolatine. Il y a des périodes parfois tendues au boulot, les dossiers qui s’accumulent, les deadlines immuables qui s’approchent à toute vitesse, implacables comme un mur qui vous explosera la gueule si vous ne tenez pas les délais… Bref, y a des jours où on est zen et d’autres non. Face à nous, le manager qui doit quand même s’assurer qu’on rend les trucs à temps parce qu’à un moment, si une tête doit sauter, ça peut être la vôtre certes mais rien ne garantit qu’il ne soit pas éclaboussé/blessé voire tué dans l’histoire… Un bon manager comprendra que le fouet ne peut pas être le seul moteur et qu’il faut savoir aussi faire un petit geste. De type offrir un croissant.

croissants

(c) Rico Sin Azùcar

Le réveil sonne. L’heure de quitter la tendre chaleur de sa couette pour aller au boulot. Ayant eu quelques petites expériences professionnelles comme vous le savez, j’ai eu un bon paquet de managers. Les managers “heu ben fais ça et… ben salut !” voire les “ah, tu taffes ? Heu ben c’est bien, c’est à dire que j’avais un peu oublié de te suivre, huhu !” ou au contraire les hystéros “t’as mal fait ton taf. Tout est de ta faute, tu es la pire employée du monde…Et si je te crie dessus, c’est pour pas qu’on voit que moi, j’en fous pas une”. Bref, j’ai pas toujours eu la gagne à ce niveau là et y avait des matins où j’avais envie de frapper le réveil tant me sortir du lit me donnait envie de hurler, de me rouler par terre parce que, putain, je veux pas y aller. Je ne dis pas que le management est facile, je trouve même qu’il faudrait arrêter de le sacraliser car on n’est pas tous faits pour ça. Et c’est pas grave, chacun ses qualités.

pleurs-coleres

Mais puisque vous voilà manager, comment se comporter ? Oui, il faut offrir des croissants à ses équipes. Ou un café ou peu importe. Non pas pour se les mettre dans la poche et la jouer copains copains (erreur) mais pour reconnaître de temps en temps le bon travail, une sorte de mini récompense qui ne coûte rien (quoi que le prix du croissant devient délirant), que nous sommes entre humains avant tout. Offrir un croissant, chocolatine, une madeleine ou un café ne nuit pas à l’autorité, bien au contraire. La bienveillance vis à vis de ses équipes EST une bonne idée, quoi qu’il en soit. Usez en !

PS : Je suis TELLEMENT fière de mon titre

Tout le monde n’a pas le destin de Kate Middleton ! – Fred Ballard

Tout commence à Noël 2012. Vacances parfaites avec un neveu fraîchement livré qui nous émerveille de ses mille et unes mimiques. Même si à moins d’un mois, ça fait pas grand chose, un bébé mais il est kro kro mignon hiiiiiiii ! D’humeur joyeuse, je vais fureter dans les livres de ma mère à la recherche de “Le mec de la tombe d’à côté”, LE livre à lire mais j’échoue lamentablement (en fait, il était dans la bibliothèque de ma chambre, une histoire passionnante). Etant dépourvue de lecture car je venais de finir “Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire”, je me rabats donc sur un livre qui me semble amusant “Tout le monde n’a pas le destin de Kate Middleton !”.

kate-middleton

C’est là que j’ai réalisé que j’avais pas trop la gagne niveau littérature ces derniers temps. Fans de Kate Middleton, pliez bagage, la douce princesse ne fera pas la moindre apparition dans ce roman mais bon, c’est accrocheur comme titre. Le contenu par contre… On suit les aventures de Capucine Guillon, femme multi divorcée et multi maman qui nous a pondu 3 garçons subtilement nommés Paul, Emile et Victor. Ca place de suite l’univers lolesque de notre quadra qui surnage comme elle peut dans sa vie sans saveur. Fred Ballard va donc nous raconter la vie de Capucine pendant un an, du réveillon au réveillon, sur 12 chapitres (comme douze mois, bravo !).

calendrier-actualisation-2012

Sauf qu’une vie sans saveur racontée en roman, ça donne un récit sans relief. Je comprends même pas comment l’auteur a réussi ce tour de force de pondre 300 pages de vide, de rien. Oh y a bien quelques anecdotes mais ce qui est quand même incroyable, c’est qu’elles ne servent à rien. Capucine cartonne une voiture de police, Capucine se fait attaquer par des mouettes, on attend de comprendre le sens de l’anecdote mais… rien. C’était juste histoire de remplir 10 pages. Tout est à l’avenant. On fouille le livre à la recherche d’un embryon d’intrigue, on se demande à quoi va servir chaque briques posées mais elles ne servent de fait à rien, elles sont juste lancées dans le jardin et démerde-toi avec…

corse-bonifacio

Enfin, si, y a une intrigue et même deux, poussées en parallèle mais sans réel lien (je ne parle pas de consistance):
– Capupu est une ratée qui travaille dans une boîte qui écrit des questions pour des jeux télés. A un moment, elle propose une téléréalité à base de 2 familles partageant une maison en colocation pour l’été donc on suit très vaguement l’écriture du concept et le tournage. Mais vu que notre chère héroïne suit un peu ça de loin, nous aussi…
– Comme sa vie est très vide, notre amie s’invente des problèmes de type “mon premier mari veut plus que je porte son nom et ça m’embête beaucoup parce que mon nom de jeune fille est pourrie”. Donc Capucine va partir en quête d’un nouveau mari ayant le même nom de famille que l’ancien juste pour pas changer de nom. A ce moment là, on pourrait être écroulés de rire devant tant de fantaisie rafraîchissante. Mais non, on a juste un peu envie de jeter le livre par la fenêtre parce qu’on s’en fout bien de savoir si elle trouvera mari au bon nom de famille ou non, le personnage nous a épuisé.

petite-fille-tombee-endormie-a-la-lecture-de-son-livre-prefere

Sans vouloir critiquer (après tout, si j’avais un jour été publié, ça se saurait), il me semble que dans la construction d’un récit, on amène des éléments servant à des intrigues, pas juste des anecdotes sans saveur destinées à noircir quelques pages supplémentaires. J’avais juste la sensation de lire un blog d’une meuf qui force sa plume de manière agaçante (ah les périphrases… C’est drôle si on n’en abuse pas). Faudra que je vous parle de ça d’ailleurs dans un article, c’est un style d’écriture qui m’agace. Bref, j’ai souffert pendant ces 300 pages (écrit gros), tout est forcé et en même temps, c’est creux, c’est étrange. Comme quoi, passer de la chronique radio à la littérature, même petite, c’est plutôt casse-gueule comme exercice.