On regarde la télé pour détester

Depuis maintenant 2 ans et demi, je vis sans télé. Ca a commencé par une télécommande cassée, une flemme de s’en occuper et une découverte des Youtubeurs, le tout couplé à un petit copain très peu fan de la petite lucarne également. Nous passons désormais nos soirées à regarder la production de nos Youtubeurs préférés, pas mal de séries et parfois, des films. Mais parfois la télé revient inopinément dans ta vie et là, tu hallucines : en fait, on regarde la télé pour détester, c’est ça ?

Yann Barthes sur le plateau du Quotidien, lance une vidéo où il répond à Cyril Hanouna de TPMP

31 décembre, 23h et quelques, je fais le réveillon chez mes parents parce que j’aime pas faire le réveillon donc j’étais ravie de m’échapper de Paris pour ne pas être obligée de faire un truc jusqu’à 7h du matin. Après un petit gueuleton 4 étoiles et un DVD des Chevaliers du Fiel parce que Victor doit prendre une bonne dose de sud ouest avant de repartir (ohé, ça va, moi, j’ai dû regarder Plus Belle la Vie chez sa mère qui vit dans le sud est), il nous reste quelques instants avant minuit, mes parents décident donc de passer sur la télé pour ne pas louper le décompte. On tombe d’abord sur France 2 avec Patrick Sébastien et son plus grand cabaret, ma mère hurle et zappe. Nous voici donc sur TF1 pour une émission dont je n’ai absolument pas compris l’intérêt. Je vous raconte un peu : y a Nikos Aliagas à Disneyland et il reçoit des people en pleine campagne promo par paire et ils balancent tous vite fait une playlist de chansons qu’ils aiment bien. En gros la playlist apparaît et si les artistes ont chanté ladite chanson sur un plateau de TF1 un jour, pif, on a droit à un extrait de 10 secondes… Aucun intérêt, oui, c’est tout à fait ça.

Emission du réveillon sur Tf1 : Nikos Aliagas reçoit Tal et Amir à Disneyland

Ah par contre, ma mère m’a étonnée, elle connaît Amir… Mec que je connais moi car twitter s’est moqué d’Elodie Gossuin et son houhouhou. Je suis trop connectée

Comme ma mère commençait à tout critiquer “il est nul ce Nikos, pfff”, “c’est qui cette moche ?”, “c’est nul ce qu’elle chante !” “Ah il manquait plus que la Jenifer, là, elle est toujours en train de montrer ses aisselles celle-là!” (je cherche encore l’histoire des aisselles, je vous tiens au courant), je saisis la télécommande pour mettre autre chose mais là “non mais laisse, j’aime bien le truc des chansons, là…”. Et là, la vérité terrible fond sur moi : en fait, on mate juste la télé pour dire du mal. Et ma mère est totalement là-dedans. Non parce que ma mère, quand la télé est éteinte, elle est beaucoup plus civique, charmante, beaucoup moins… la réincarnation d’un des vieux du Muppet Show.

Les deux vieux du Muppet show

Il y a quelques années, je confessais un certain goût pour la merdophagie qui laisse encore quelques traces. Je n ‘ai plus la télé donc loin de moi toutes les sitcoms, telenovelas et autres soap operas dont j’adorais me moquer (parce que cible hyper facile), me reste parfois une petite affection pour les nanards. Mais même si je n’ai plus la télé, j’ai toujours une vague idée de ce qui se passe car… Twitter ! Hé oui, quand je viens mater mon fil d’actu le soir, j’ai le résumé de tout ce qu’il se passe à la télé et en général… vous n’aimez pas ce que vous regardez et vous daubez bien dessus. Oui, j’ai fait pareil dans le temps et la question reste : mais pourquoi on fait ça ?

Le bachelor, Diane et Marco s'embrassent à Paris

J’aimais bien basher le Bachelor mais juste parce que les ficelles étaient trop grosses

Peut-être est-ce par paresse ? Regarder une émission conne et critiquable nous rend notre cerveau tout disponible pour coca, j’aime appeler ce genre de programme des “jacuzzis du cerveau”. Sauf que bon, quand je regarde un reportage, ça ne me fatigue pas intellectuellement, j’apprends des trucs certes distraitement et il est possible que j’en oublie la moitié mais ça marche quand même. De la même façon, je peux regarder un film profond ou haletant (un thriller nécessite de réfléchir, quand même, c’est une sorte de réflexe, on tente pendant deux heures de remettre les pièces du puzzle) sans m’évanouir de fatigue… En fait, je trouve très regrettable qu’on associe “pas prise de tête” avec médiocre.

regarder la télé pour détester, jeune femme assise entre deux téléviseurs, années 50

Est-ce par manque d’envie de faire autre chose. On zappe, on mate, y a rien de bien, on met la première connerie qui passe histoire de s’occuper en attendant le coucher ?

Une jeune femme s'ennuie devant la télé et grignote des chips

Ou est-ce par une sorte de mesquinerie ? Une sorte de miroir déformant qui, par écho, nous rend plus intelligent, beau et intéressant. Je veux dire quand on voit à la télé une fille expliquer le plus sérieusement du monde qu’il ne peut pas y avoir qu’une lune et que la lune, c’est pas un satellite car il n’y a pas d’antenne, le seul plaisir qu’on peut ressentir sur le sujet, c’est un “mimimi, je suis intelligente, moi, je le sais, ça !” Ouais te la pète pas trop non plus parce que…
Qui veut gagner des millions, le public pense que c'est le soleil qui gravite autour de la terre

Mais merde !

Bref, et si la télé, c’était juste un catalyseur pour la méchanceté humaine ? Un besoin de se défouler, de dire du mal de Nikos et ses amis ? Ce qui expliquerait le succès des shows médiocres comme les Chtis, Secret Story et tout ça ? Après tout, est-ce que parfois, j’ai pas la tentation de mater des replays de conneries juste pour laisser ma plume acérée s’exprimer sur les réseaux sociaux parce que, oui, j’aime tordre les récits de sitcoms plates pour en faire quelque chose de drôle… et j’avoue que certains tweets sarcastiques me font marrer alors que je ne regarde même pas le show en question… Mais quand même, est-ce vraiment ça qu’on est censé attendre d’un medium qui pourrait nous apporter tellement plus ?

 

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La discipline de l’écriture

Pour que la vie me soit plus douce et demain toujours un peu exaltant, j’aime avoir des projets. En ce moment, par exemple, je cuisine, je tricote, je couds. Un peu tous les jours, je vois le chemin se dessiner vers l’accomplissement de mon projet. Et je cherche à appliquer cette même discipline du “un peu tous les jours” à l’écriture, afin de réellement faire avancer mon aventure éditoriale. Mais est-ce vraiment une bonne idée ?

Machine à écrire, papier et crayon, ambiance rétro

J’ai une obsession du chiffre et de la to do list. En début d’année, je m’étais fixée une liste de tâches quotidiennes à effectuer pour avoir une vie très réussie : écrire un article par jour (pour les vingtenaires mais aussi pour des projets annexes genre “Nina feels good”, le truc dont je parle tout le temps mais qui n’existe toujours que dans ma tête), faire mes exercices duolingo (faut que je m’y remette, j’y ai pas touché depuis mai, je crois), monter 20 étages par jour (oublié aussi alors que je les tenais), faire mes 10 000 pas, traqués par mon fidèle bracelet Jawbones… Et écrire 1500 mots par jour sur mes romans divers et variés. Beau programme, hein ? Autant vous dire que je n’ai jamais réussi à tout faire, essentiellement parce que pas mal de mon temps est occupé par mon travail, mon mec et des fois, je dors aussi. Si j’arrive à peu près à écrire pour nourrir ce blog, côté écriture de roman, ce fut un flop retentissant.

échec reine renversée sur un damier

J’envisageais alors l’écriture comme un sport, quelque chose à pratiquer de façon régulière pour parvenir à ses fins. J’ai beau adorer le sport, il y a des jours où, sur le coup, je n’ai pas forcément très envie de me lancer. Typiquement, la piscine. J’adore l’eau, j’adore nager, je pense que ceux qui me lisent depuis quelques années s’en sont bien rendus compte. Mais la piscine est froide, quand même (surtout quand on baisse la température de 1 degré pour faire des économies d’énergie. Pour nager, une eau pas si chaude est mieux mais pour y entrer, il faut faire preuve de courage et d’abnégation, voire d’un peu de folie) et leur sèche-cheveux pourris ne sèchent rien du tout, je vais choper la crève et je n’ai pas trop le temps d’y aller finalement… Bref, j’ai un bon gros chapelet d’excuse pour ne pas y aller, pour baigner dans ma démotivation. Et pourtant, une fois que j’y suis, que je sens l’eau glisser sur mon corps en plein effort, je suis contente d’y être allée. Du coup, pour l’écriture, ça doit fonctionner pareil, non ? Une fois le starter mis, ça devrait glisser tout seul.

ecrire au quotidien, une discipline - carnet page blanche et stylo

 

Mais est-ce une si bonne idée de se forcer à écrire ? L’idée de ce rythme pas si effréné était d’avancer dans le récit, quitte à reprendre plus tard pour relever le niveau les jours où j’ai écrit avec les pieds. Ca me rappelle une anecdote d’ailleurs. Quand j’étais en 4e, la prof nous avait demandé d’écrire un petit roman, j’ai déjà dû en parler trente fois sur ce blog, je crois. Si j’avais hérité d’un magnifique 16 (et ce même si je soupçonne la prof de s’être un peu moquée de moi quand elle a dit que mes dessins avaient un style… Sans mentir, c’était franchement laid mais dans le style très naïf et enfantin), quelques passages avaient été soulignés de rouge, la prof soupirant un peu d’une pauvreté soudaine de vocabulaire. C’était notamment le cas au moment où mes personnages entrent dans une chapelle secrète ou je ne sais plus quoi (j’avais 14 ans, je ne me souviens pas de tout) et la description ressemblait à peu près à ça “pia pia était pia pia était pia pia étaient pia pia était”. Oui, il devait y avoir une promo sur le verbe être le jour où j’ai écrit ça… Ou alors, j’ai écrit ça un jour de non inspiration mais où je n’avais pas le temps de niaiser car le rendu était proche. Et point de réécriture car j’ai tout écrit à la main (en 1994, je ne devais pas encore avoir d’ordinateur à la maison… Pourtant, je devais bien avoir une vieille machine à écrire, mmmm…j’étais peut-être juste maso). Bref : plus tu te forces, plus c’est atroce.

Jeune femme énervée froisse une feuille de papier devant son ordinateur

Oui ok mais du coup, on va abandonner direct le rêve éditorial parce que… Ben parce que mon emploi du temps, il s’en fout des bonnes vibes de mon inspiration. Il y a des jours où je crève d’envie, littéralement, d’écrire… Sauf que ça tombe comme de par hasard le jour où je suis blindée de taf, que j’ai une reco à rendre impérativement et que l’excuse “pardon de ne pas avoir tenu les délais mais j’avais besoin d’écrire”, ça ne fonctionne pas. Déjà que ces jours là, t’es limite obligé d’avaler un sandwich devant ton écran au lieu d’aller à la cantine pour prouver ton abnégation, hein… Donc si je veux écrire de façon régulière, je dois choisir d’écrire en fonction de mon temps libre plutôt que de mon inspiration, histoire d’être sûre d’avancer un tout petit peu ? Oui. Et j’ai même un nouveau jeu qui va me permettre d’y arriver, je vous raconte une prochaine fois…

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Faut-il intellectualiser les merdes télévisuelles ?

J’ai des vices dans la vie et en tête de liste la merdassent télévisuelle. Je me délecte de certaines émissions télé dans un but pervers : mater puis m’en moquer. Soap operas, sitcom, telenovelas et parfois même téléréalité, je touille, j’avale et j’en fais un joli étron que j’expose avec fierté ici. J’ai pas dû bien gérer ma phase anale, moi.

Faut dire que c’est jouissif. L’éternelle lutte des classes telenovelienne saupoudrée de crises d’hystérie proches du delirium tremens, tirages de cheveux des furies manucurées défendant bec et ongles en résine leur couple. Et avouons que y a des latinos, j’en ferais bien mon 4h… Et que dire des luttes dynasto-fratricides, des chassés-croisés amoureux improbables où une jeune trentenaire épouse l’ex mari de sa mère sous l’œil humide de celle-ci avant de se taper l’ex de sa belle-fille ? Faut dire que là-bas, les gosses passent en trois épisodes de 5 à 20 ans, ça brouille un peu les frontières des générations. Et parlons un peu du fétichisme des pieds Azouleen, de son usine à fabriquer du scénario à base de copier/coller… Et pour la téléréalité, régalons nous du machiavélisme de maternelle de candidats idiots persuadés d’être les dignes héritiers du Prince de Machiavel. Mon chéri, il n’y a aucune gloire à être le plus intelligent au milieu des abrutis congénitaux.

Alors oui, je regarde, je rigole et je critique, je caricature, j’admire le travail de montage et le suspense préfabriqué tout en admirant les petites manipulation de la prod. Mais en même temps, est-ce que j’encourage pas un peu l’abêtissement général (et le mien en particulier). Si une émission/série marche, elle sera prolongée et ces émissions coûtent peu cher. Si nous avions un équilibre entre émissions de merde et émissions de qualité, je ne dirais rien mais là, existe-t-il aujourd’hui de bonnes productions télévisuelles françaises (hormis éventuellement les fictions Canal mais vu que je l’ai pas, je peux pas juger) ? La plupart des séries sont mal écrites, mal jouées et mal réalisées, le suspense est parti avec mon amour dans les grottes de Rocamadour. A moins d’être ivre, drogué ou trop fatigué pour réfléchir, rien ne nous surprend.

Boycotter la merde télévisuelle pour améliorer nos programmes télé. Qui suis-je, moi, petite téléspectatrice parmi la masse, même pas comptée parmi le panel d’audience pour penser révolutionner quoi que ce soit ? Que je regarde TF1, Arte ou que je laisse mon poste éteint, rien ne changera, je n’existe techniquement pas pour les chiffres d’audience.

Alors je pourrais continuer à regarder ces merdes télévisuelles en riant grassement et en rédigeant des articles assassins. Oui, j’aime ça, les articles assassins, empreints parfois de mauvaise foi. Seulement, n’est-ce pas encourager la médiocrité ?

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Compte à rebours

Quand on organise un mariage, il y a 3 phases : la première, euphorique, où l’on se lance à corps perdu dans l’organisation et les annonces à nos êtres chers. En temps 2, il y a une stagnation : le gros est réglé, les faire-parts envoyés et il ne reste qu’à attendre les derniers jours pour régler les trucs de dernière minute. Puis la phase 3, cette fameuse période de « rah, ils ont tous décidé de me faire chier ».

Un mariage, c’est surtout de l’organisation. Je me souviens d’une ex collègue peu chère à mon cœur qui m’expliquait gérer son mariage comme ses projets, avec rétro planning sur excel et tout. « Ah et tu vas quand chez le coiffeur pour les essais coiffure ? » « Mince, j’ai oublié ! ». Ah oui, elle gère vraiment son mariage comme ses projets… Ne voyez pas dans cette anecdote l’unique volonté de me moquer (bon un peu quand même…) mais l’illustration du fait qu’il faut rester concentrée jusqu’au bout.

Sur le papier, tout est prêt mais les derniers jours avant le mariage sont une folle cavalcade. Décorer la salle, récupérer la robe, les essais coiffure, rapatrier les gens qui viennent de loin, gérer le traiteur, le DJ, le photographe, prendre les fleurs pour les déposer à l’église… Vous avez beau être un génie de l’organisation, l’imprévu s’incruste toujours à la noce. Et pour peu que cet imprévu soit pluriel, vous risquez de devoir confectionner en urgence quelques poupées vaudou pour vous défouler un peu.

Face à cet inévitable obstacle (si, inévitable, cherchez pas), vous avez 2 solutions :
– la zen : admettre que la vie n’est pas un film et que rien ne pourra être 100% parfait. Et qu’à partir du moment où on signe le contrat, que personne ne se blesse ou ne s’intoxique, tout ira bien.
– l’hystérique : se rouler par terre à chaque contrariété, insulter la Terre entière parce que putain de bordel de merde, on ne se marie qu’une fois dans la vie (normalement, c’est ce que l’on croit quand on se lance dans l’aventure) et que ce doit être le plus beau jour de votre vie. Technique à abandonner le jour du mariage, on ne se vautre pas au sol avec sa belle robe.

Bref, plus le mariage approche moins vous dormez tant il y a de choses à faire. Mais pensez à garder de l’énergie, le jour J, c’est déjà demain.

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Tuons la téléréalité

Depuis plus d’un an maintenant, j’ai une sale manie : je compulse les réseaux sociaux pendant mes trajets en métro au lieu de lire. Triste habitude qui m’empêche de nourrir mon esprit mais exaspère mon désespoir envers l’humain social et sa propension moutonnière. Comme par exemple sa volonté à live tweeter la moindre émission racoleuse de télé réalité ou associée (genre émissions de reportages merdiques où l’on fait croire aux gens qu’on leur donne la parole alors qu’on veut juste se moquer d’eux). Et là, je dis “mais éteignez votre télé bordel ! ».

Petite parenthèse sémantique pour que le reste de l’article soit clair pour ceux qui n’utilisent pas Twitter : en gros, ce sont des gens qui commentent en direct une émission de télé. Or si tu reprends mon paragraphe précédent, je consulte surtout Twitter dans les transports donc quand tu te retrouves à un tweet genre “Oh quelle pute la blonde #emissiondemerde”, tu comprends pas trop de quoi il s’agit et quel est l’intérêt de la déclaration, mais voilà, tu sais que quelque part dans le poste de télé, y a une blonde qui est assimilée à une pute. Mais sutout, tu découvres un phénomène pervers : la téléréalité et consort sont regardés par des kikoolol mais aussi par des amis que tu pensais intelligents et cultivés mais qui ont envie de leur dose de lol et de cracher sur le prolo inculte qui rêve de ses 5 mn de gloire.

J’ai moi même regardé ces émissions. Essentiellement Secret Story 3 (les autres ne m’ont pas accrochée), le Bachelor 3 (parce que j’aime l’histoire de cet homme qui dit je t’aime en toute sincérité toutes les 2 minutes et ce dès le premier rencard et passe pour un prince. Alors qu’un mec qui fait pareil hors caméra passe sutout pour un connard), Pékin Express 1, un peu l’Ile de la tentation (saison 4, 5 ou 6, j’en sais fichtre rien). Et je me suis moquée de leur français plus qu’approximatif et de leur bêtise profondément incrustée. J’ai tenté quelques Confessions intimes mais j’ai un peu de mal, ça me rend terriblement mal à l’aise. Quand aux On a échangé nos mamans et Super Nanny, j’en avais parlé tantôt.

Pourtant, même si on en rit au premier abord, ça finit par créer un malaise. D’abord parce que ces gens qui passent à la télé n’ont pas toujours conscience du traquenard dans lequel ils se sont fourrés. Ils pensent pouvoir trouver une solution à leurs problèmes, faire parler de leurs particularités, de leur passion ou devenir enfin des stars. Touchant sauf que la télé saloparde se fout des bons sentiments, on n’est pas chez les Enfoirés ici. Le montage pervertit les images, ne ressort que les “perles” des brèves participants. Si tu prends Secret Story par exemple, faut pas se leurrer, on prendra toujours le moment où Sandy dit une énormité de type “oh bah je m’a trompée hihihi!” mais si elle se mettait à parler physique quantique (on ne sait jamais), jamais vous n’auriez accès à cette scène. Les abrutis parlent aux abrutis ou aux snobs imbus se moquant de ces losers en quête de leur 15 minutes de gloire. Et ça finit par me faire de la peine, tous ces jeunes paumés prêts à montrer leurs fesses H24 pour “devenir des stars”, seul avenir un peu clinquant qui leur est promis. Mais au bout de 2 mois, tout le monde les aura oublié.

Et c’est là que je dis stop, faut arrêter de nourrir le système. On ne peut pas s’indigner du racolage de ces émissions et les raconter limite minute par minute sur un réseau social, accroissant le succès de la dite émission. Ca fait 10 ans qu’on se moque des débilos exhibos qui parlent pas français, ça va aller maintenant. Si vous voulez de la merdophagie, regardez des séries télé, y en a plein de pourries (je vous en parle suffisamment souvent). Au moins, les acteurs et scénaristes sont payés et non pas exploités avec une vague promesse de célébrité. Et après, on se retrouve avec une ancienne “star” de la téléréalité dépressive qui s’enchaîne les tentatives de suicide.

Alors, on arrête ?

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De l’art du nanard : le secret du vol 353

J’ai une passion dans la vie : le nanard. Le vrai, celui qui est mal joué, mal écrit, mal filmé. J’aime les regarder pour ensuite souligner tout ce qui est navrant en eux. Ouais, je sais, moquer, c’est facile et c’est mal mais des fois, c’est mérité quand même. Alors voici ma critique acerbe du téléfilm Le secret du vol 353. Dès le départ, j’envoie du rêve.


L’histoire en très gros : un homme perd sa femme et sa fille dans un crash qui n’aurait laissé aucun survivant mais il apprend qu’une femme aurait peut-être survécu donc il va partir la chercher. Mais là, des gros gros méchants se mettent à sa poursuite. Mais que s’est-il passé dans cet avion et qui sont les très très méchants ? Pour jouer cette sublime histoire, nous avons droit à un casting prestigieux :  Billy Zane qui a joué entre autre le fiancé pas super gentil de Kate Winslet dans Titanic, Gloria Reuben qui jouait Jeanie Boulet dans Urgences mais surtout John McGinley que les fans de Scrubs connaissent mieux sous le nom de Perry Cox. Ben si vous êtes fan du ronchon Dr Cox, surtout, ne regardez jamais ce téléfilm. Donc on se dit qu’avec un casting aussi prestigieux, on va avoir droit à un bon téléfilm. Naïfs !

Bon, alors ce qui m’a fait mourir de rire dans l’histoire, outre le côté « les scénaristes prennent de la coke », ce sont les méchants et en l’occurrence, notre ami Dr Cox. Là, il joue un un peu le même rôle mais sans aucun second degré, c’est un méchant juste méchant, cruel et franchement débile. Parce qu’en fait, y a le gouvernement qui veut empêcher le mec qui a perdu sa femme et sa fille, que nous appellerons Billy car c’est Billy Zane qui joue ce rôle et je ne me souviens absolument pas du prénom du personnage. Oui, au fur et à
mesure de son enquête, on découvre que le crash est dû à une histoire de manipulation génétique alors forcément, le gouvernement américain envoie le fleuron de ses services secrets, le très vilain Cox qui a la gâchette très facile. Par exemple, à un moment, Billy enquête dans une ferme et Cox arrive, la mâchoire serrée et le regard mauvais et part interroger le fermier. Il arrive et
fait, en gros : « Oh bonjour. Tiens, un cheval. Vous savez qu’ils ont les yeux fragiles ? » et paf, il crève l’œil du cheval puis il l’abat. « Bon maintenant, dites moi où il est ! ». Je pense que s’il avait posé la question avant de buter le cheval, le fermier aurait été bien plus coopératif. Bref, comme tout méchant du gouvernement, Cox est un vilain sadique qui aime le sang, tue des animaux (degré ultime de la vacherie dans les films américains) et découpe les doigts des dames qui répondent pas à ses questions. Le problème, c’est qu’il
arrive en faisant déjà son gros gros méchant, super crédible pour une opération secrète.


Mais revenons en à notre histoire du complot. Donc Billy retrouve la survivante du crash, Rose (Gloria Reuben) et il croit que sa fille a survécu mais en fait, non, ce n’est pas elle, c’est un enfant génétiquement modifié. Ahem. En fait, Rose travaille pour un organisme secret qui travaille avec l’armée d’où la violence de ceux qui sont censé faire taire Billy (mais qui butent en fait tout le monde sauf lui, même un cheval). Bon, là, on touche à la génétique donc on commence à avoir peur. Donc nos enfants ont des supers pouvoirs, y a le gosse qui peut prendre possession des gens mais qui est psychopathe donc ne fait que des conneries et la jolie petite fille kro kro mignonne qui est toute vertueuse. Et en fait, la petite fille vertueuse peut guérir les gens, c’est elle qui a survécu au crash et non la fille de Billy et elle a sauvé Rose une première fois du crash. Mais Rose, elle meurt quand même après, tuée par les méchants méchants. A la fin, le garçon psychopathe essaie de tuer la petite fille kro kro mignonne (c’est lui qui a provoqué le crash), il a bien sûr une voix métallique. Mais évidemment, la petite fille a plus de pouvoirs que lui et grâce à la force de son amour, elle parvient à sauver Billy et elle tue le garçon psychopathe.

On résume : des gentils très gentils, des méchants très méchants, des enfants retenus dans un centre secret (on se croirait dans le Caméléon) et à la fin, le bien triomphe sur le mal. C’est donc un film odieusement républicain. Et chiant.

PS : Si ce genre d’articles vous amuse, j’en fais plus souvent où vous avez violemment envie de pleurer, là ?

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Au nom de l’esthétique, interdisons le botox

De temps en temps, je me plonge dans la presse people, un peu pour mon boulot même si j’ai ordre de ne plus trop m’occuper du site people pour concentrer mes efforts sur mes deux autres site, mais aussi pour le côté gossip qu’on trouve sur certains sites. Ok,
se moquer, c’est mal, gna gna gna mais on ne va pas non plus pleurer des liftings ou liposuccions ratées non plus.

Or depuis quelques temps, nous avons de plus en plus droits à ces visages figés plastifiés effrayants : le botox a encore sévi. Quand on regarde des Nicole Kidman, des Madonna, des Rosanna Arquette, des Demi Moore, j’en passe et des meilleures, j’ai peur, franchement. C’est le bal des sorcières et pas des sorcières sexy à la Charmed, non, les vraies sorcières qui font peur. A l’arrivée, on ne sait plus si c’est la star elle même que l’on voit en photo ou sa statue de cire, c’est troublant. Et quelque part, ça me navre.


Je peux comprendre que quand on a un métier public, on est obligé de faire attention à son image. Les femmes que j’ai citées, leur visage et leurs corps sont un outil de travail qu’elles sont contraintes de plier aux canons de beauté en vigueur. La minceur et la jeunesse sont à la mode, faisons du sport voire liposuçons nous, botoxons et liftons nous. Quand nous, on fait un bilan de compétences, elles, elles passent chez leur chirurgien esthétique. On pourrait les blâmer, leur cracher à la figure que c’est leur faute si nous, pauvres anonymes, sommes obligées de rester minces quoi qu’il arrive et de s’étaler des dizaines de crèmes sur la tronche pour paraître éternellement jeunes. Perso, je fais du sport pour avoir un corps au top et je m’étale tout un tas de produits sur mon petit corps qui ne demande rien mais j’assume : c’est aussi parce que j’aime bien. Surtout parce que j’aime bien. J’ai même commencé l’antirides mais on subit les influences que l’on choisit, finalement.

Seulement, arrive un moment où la course à la beauté provoque des dégâts considérables. Je ne relancerai pas le débat sur la minceur, la minceur est un critère de beauté comme les cheveux longs : tous les hommes n’en sont pas fans, question de goût. Mais certains aiment. Par contre, ne me dites pas que ces visages plastiques et effrayants puissent réellement plaire à quelqu’un et en premier lieu aux propriétaires de ces dits visages. On se retrouve avec des stars de 40 ans qui en paraissent 20 quand elles sont botoxées et maquillées mai elles ont toute la même tronche et je ne parle même pas des implants faciaux pour avoir de bonnes joues rebondies, les injections de collagène qui les font ressembler à Daisy Duck ou autre… Du coup, on se retrouve avec une Meg Ryan qui ne ressemble plus à rien, à part à une starlette qui refuse son âge. Mais au secours quoi ! Et que dire de Madonna qui, sur certaines photos,
ressemble à une sœur cachée des frères Bogdanov… Brrrrr, ça m’en fait froid dans le dos. On gueule parce que ces femmes n’ont pas le droit à un kilo en trop. Là, on oublie la question de la morphologie, certaines femmes sont naturellement minces. Quand je vois ma collègue, Louise, qui revient de son congé maternité aussi mince qu’avant sa grossesse, c’est naturel. Cette femme est taillée pour être mince, elle ne s’est pas fait liposucée. Mais par contre, notre visage se marque au fur et à mesure du temps et ce n’est pas un drame, c’est juste la vie. Dans ma famille, on ride peu mais je sais quelles rides j’aurai parce que c’est génétique, je sais que j’en aurai sur le front et autour de la bouche en premier mais je vais pas commencer à m’injecter du poison dans la figure pour retarder l’inéluctable.  On peut retarder l’inéluctable, rendre son corps tonique et utiliser des crèmes pour garder une élasticité de la peau mais se la figer, pitié. Nous connaissons l’âge de ces femmes, qui veulent-elles tromper ?

Et quelque part, ce qui est dramatique, c’est de lire des articles comme dans Biba qui exalte ces quadragénaires et quinquagénaires qui font de la pub en nous expliquant que le jeunisme est mort. Mais c’est archi faux. Le jeunisme est plus que jamais d’actualité, au point que des femmes ne peuvent plus rire, qu’elles ont perdu tout leur charme pour se ressembler les unes les autres et sortent même avec des petits jeunes. Et on veut me faire croire qu’elles acceptent leur âge ? Heu… Comment dire ? Vous êtes sérieuse là ? Quand on voit Demi Moore avec sa fille, on a du mal à savoir qui est la mère de la fille. Elle a limite l’air plus jeune que moi avec ma mini ridule sur le front.

Ceci étant, moi, j’attends. Le botox est une technique récente, on ne connaît pas les effets à long terme. Pas sûr que dans une dizaine d’années, quand je flirterai avec la quarantaine, on se précipitera encore à se faire des piqûres pour se faire injecter un poison végétal pour avoir l’air plus jeune. Peut-être que d’ici là, on se rendra compte que pouvoir rire ou avoir des expressions faciales est finalement plus important. Ou que, comme les hommes, les femmes ridées ont un sacré potentiel de séduction.

NB : Ayant mis deux heures (pour de vrai) à mettre les deux images, je laisse tomber. Vieux pc agonisant (pas celui du virus, l’autre, 6 ans d’âge). Mais bon, des gens meurent en Palestine, bordel.

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La blogosphère, c’est comme le lycée en pire

Vous avez décidé d’ouvrir un blog, félicitations, vous voici sur le point de pénétrer un univers régi par ses propres règles, ses codes, son classement wikio, ses copinages, linkages, black listages, coucheries… Et oui, vous voici de retour au lycée.


En fait, la blogosphère, c’est rigolo si on reste un peu à l’extérieur et qu’on prend tout ça à la rigolade mais pour certain, le blog et sa pseudo influence, c’est la vie, une vengeance sur les années de collège où on était un être invisible pour la plupart de nos camarades. Hé, mec, regarde, je suis devenu un blogueur influent et je vais même à des soirées où y a Bernard Montiel ou Nikos Aliagas. Oui, j’ai assisté à ce genre de soirées, ok, j’avoue mais au lieu de me sentir la plus populaire du lycée, je me suis sentie légèrement has been, étrange…

Bon, il y a de très bon blogs, très intelligents, des gens qui ne cherchent pas à être dans les soirées hypes de la blogo, à être pote avec untel ou unetelle, qui ne linkent personne parce que ça leur est égal et si wikio n’avait pas un nom sensiblement proche de wikipedia, ils n’auraient aucune idée que c’est un truc sur Internet. Mais ceux là ne sont pas drôles à observer. Intéressants en eux mêmes certes mais pas drôles, comment on fait pour se moquer entre nous, après ? Non, nous, on veut les stars, ceux qui pensent qu’être linkés sur plus de 20 blogs « influents » fait d’eux des êtres d’exception. Ceux qui pensent que quoi qu’ils fassent dans la vie nous intéresse et on acheté pour se faire un iphone pour nous tenir au courant minute par minute via leur twitter de leurs moindres faits et gestes. Y en a qui nous expliquent qu’ils attendent le bus 63 (le 63, c’est important, des fois qu’on ait la moindre idée de ce que représente ce bus), qu’ils ont bien mangé, qu’ils jouent à la console… A un moment, j’avoue, pour me moquer de ce petit monde, j’ai fait du heure par heure aussi mais c’est vite lourd. Et j’étais la seule à dire quand j’allais aux toilettes.

Mais ce qui a de génial dans la blogosphère, ce sont les disputes qui se manifestent par des délinkages. Si quelqu’un te délinke, ça va mal. S’il t’enlève de tes contacts facebook, c’est la guerre. Et fais gaffe, ça va super vite, ça m’est arrivé avec une fille, une fois, j’ai toujours pas compris pourquoi. Mais à la limite, tant pis, je perds la moitié des potins de la blogo mais au fond, est-ce réellement si important que des gens que je ne connais que sous un pseudo étaient à une soirée où y avait d’autres gens que l’on appelle aussi par leur pseudo et ils ont bu du champagne et mangé des macarons ? Comme au lycée, quand on savait que la belle gosse de la 2ème3 sortait avec un 1ère moins beau mais un 1ère donc la classe alors que vous n’aviez jamais parlé à aucun des protagonistes de l’histoire.

Autre truc : le bouc émissaire. Un peu comme au lycée, ici le but est de prendre un blog ou style de blog que l’on trouve inférieur pour s’en moquer et dire à quel point, nous, on est intelligents, raffinés, blablabla. Idéalement : le blog de filles. Il faut détester le blog de fille, celui de n’importe quelle modasse (oui, on dit modasse parce que c’est méprisant) et dire à quel point c’est creux, vide, etc. Ok, moi même, il y a des blogs de filles qui me font un peu peur tant ils présentent un vide abyssal mais je ne m’en sers pas de faire valoir surtout que mon lectorat n’est pas très blog et ne connaît pas la plupart de ces « blogs de fille ». De toute façon, à partir du moment où une fille a un blog de filles, c’est qu’elle est forcément très conne, indigne d’intérêt, un peu comme les dindes du lycée qui étaient juste bonnes. Et comme au lycée, les blogueurs mâles se moquent d’elles mais aimeraient se les tirer, en fait.

En fait, pour survivre en blogosphérie, comme au lycée, faut identifier les leaders et faire tout comme eux. Si un pauvre blogueur ou une pauvre blogueuse devient la proie des quolibets des autres, surtout, suis le mouvement, montre le/la du doigt et rit très très fort. Mais si cette personne revient en grâce, surtout, suis le mouvement. Un libre arbitre ? Un minimum de jugeotte qui servirait à souligner le fait que ce n’est pas normal de détester quelqu’un un jour et l’adorer le lendemain ? Tu m ‘écoutes quand je parle ? Esprit lycée, on a dit ! Si t’es pas un leader, tu fais le mouton et te fais pas remarquer, merci.


Sinon, ce que tu peux faire et c’est la meilleure place, c’est ne pas participer à tout ce cirque parce que le lycée, tu trouvais ça globalement chiant, tu fais ton blog dans ton coin, tu rencontres des gens si tu les trouves sympa mais pas au delà. Puis quand tu finiras par trouver ce spectacle pathétique, tu te recentreras de toi même sur les blogs qui te paraissent dignes d’intérêt et tu oublierais l’univers lycée des autres. Parce qu’au lycée, on avait au moins l’excuse d’être ado donc un peu con. Là, c’est effrayant de voir des adultes continuer le jeu. Mais de temps en temps, c’est quand même super drôle.

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Les lofteurs vs les bloggeurs

Là, de prime abord, ce titre est effrayant, inquiétant et surréaliste mais oui, je te confirme, il y a un lien entre les lofteurs et autres « stars » et les bloggeurs, du moins ceux qui s’affirment influents. Je ne vais pas me défouler sur cette notion aujourd’hui, ce n’est pas trop le sujet, quoi que…

Alors, quel est donc le point commun entre ces deux entités. Bon, déjà, il y a le fait qu’on ne connaît jamais vraiment leur vrai nom. Par exemple, il y a Loana du loft et Nina des vingtenaires, des gens qu’on appelle par leur pseudo mais dont personne ne connaît le vrai nom, finalement. Mais en fait, ce n’est pas tant ça le point commun que je voulais évoquer parce que ça ne ferait pas un article à part entière mais plutôt le phénomène de « je suis célèbre… dans ma tête ». J’ai eu l’occasion de croiser un lofteur dans une soirée,
j’en avais parlé à  l’époque, celui qui fornique dans une piscine et le mec se sentait plus péter. Se rend-il qu’il est juste un gros naze dont plus personne ne se souvient ou presque ? Que si on ne m’avait pas dit « hé, c’est machin », je me serais dit au mieux « tiens mais ce mec me dit quelque chose, j’ai dû le croiser quelque part » mais pas plus.

Et bien le bloggeur « influent », c’est pareil. Au départ, le blog était un petit espace de parole avec une personne qui écrit pour raconter sa vie, se créer une vitrine professionnelle, etc. Aujourd’hui, pour pas mal, le but est de choper des cadeaux à la louche, être invité aux soirées ultra VIP, jouer à mort le racolage et le « buzz » pour attirer le visiteur, tout ça, tout ça. Le bloggeur, comme le lofteur, se pense important et célèbre et que même qu’il a le pouvoir de dégommer une marque, un film ou une personne. Par exemple, si moi, je te dis qu’un film est nul, forcément, tu vas me croire et ne pas y aller. Mais si je te dis qu’un film est bien, tu vas y aller. C’est pour ça que je trouve normal que les marques me brossent dans le sens du poil et que si elles font un faux pas, je vais les assassiner car j’ai le pouvoir.

Ce que j’aime surtout, c’est la sensation d’être célèbre. Les blogs les plus lus font en moyenne 10 000 visiteurs uniques par jour donc un certain pourcentage vient de google. En gros, il arrive régulièrement que des gens lisent votre blog sans savoir qui vous êtes et sans forcément lire ce que vous avez dit en dehors de l’article qui les intéressait. Alors c’est sûr que si je dis que l’appareil photo XY est tout pourri et que je suis bien placée sur google, le consommateur qui hésite à l’acheter tombera sur mon avis en premier ou pas loin. Mais
s’il se contente de mon avis sans en consulter d’autres, il n’est pas bien malin.

Mais le must, quand même, ce sont les guerres entre bloggeurs. C’est un peu à qui tapera le plus fort, à qui va virtuellement assassiner qui… Alors nous sommes supposés lire tout le monde sinon tu ne comprends pas les piques limite private jokes qui font rire tous les commentateurs sauf toi car tu ne comprends pas qui est visé par « j’aime toutes les tortues sauf celles qui sont attirées par le turquoise alors que ça leur va pas du tout ». C’est comme les guéguerres des lofteurs et assimilés qui essayaient de se discréditer les uns
les autres pour gagner sauf que le bloggeur, il ne gagne rien. Au mieux, il fait baisser les stats de sa cible mais en général, c’est l’effet inverse que cela produit. En gros, le bloggeur met en scène ses disputes en espérant que ça va fasciner tout le monde car tu comprends, il est une célébrité, on aime quand ça saigne.

Mais surtout le bloggeur est un peu un ringard comme les lofteurs. Parce qu’il veut tellement exister qu’il y a de quoi se moquer de lui, de ses crises existentielles parce qu’il n’a pas été invité à telle ou telle soirée ou parce que telle marque l’a snobée, sa volonté de soigner la forme plus que le fond, parler du dernier album de Madonna juste parce que ça va ramener du clic alors qu’il déteste Madonna. Les outils marketings, les tuyaux, on finit toujours par les connaître, c’est pas si compliqué. Mais vendre son âme pour une notoriété fantasmée, ce n’est pas forcément mieux que de se faire filmer toute la journée pour une émission de téléréalité. Surtout que sorti du milieu des bloggeurs, nous ne sommes plus personne. D’ailleurs, si tu n’évolue pas dans le milieu pub-market-comm voire journalisme parisien, c’est à peu près certain que quand tu commences ta phrase par « j’ai déjeuné avec tel bloggeur la semaine dernière et tout », on ne sache pas du tout de qui tu parles.

PS : Un autre article sur le sujet que j’ai bien aimé

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Le spectacle de la vie vraie des beaufs

Vendredi dernier, on déjeune au bureau entre collègues. Alix et Joy nous ayant parlé de séances drôlissimes de confessions intimes, on se décidé à regarder ça. D’abord, Bryan le Cap, ado merdeux qui se prend pour une star de la chanson mais, comme dit le reportage « Pour lui, il est une star à part entière. Le problème, c’est qu’il est le seul à le savoir ». Puis Peggy qui se trouve trop belle et qui est persuadée qu’elle réussira grâce à son physique, même qu’elle dit qu’elle ressemble à Eva Longoria. Ok mais de très loin alors. On regarde ça et on se bidonne mais quelque part, ça m’interpelle.

 

Pour les reportages, je vous les mets en fin d’article, vous n’aurez qu’à les regarder si vous voulez. Sur le coup, je me suis bien marrée tout en me moquant de ces pauvres gens qui veulent « être une star ». Mais quand même, ça me fait me poser des questions. J’avoue que je ne suis pas fan de Confessions intimes, Strip tease, Sans aucun doute et tout ça. D’abord, quand on regarde ce genre de reportages, on se pose toujours la question de leur véracité. Ca paraît tellement gros et caricatural, les personnes sont si odieuses qu’on ne peut s’empêcher de se montrer vexant envers eux genre la Peggy « non mais où elle a vu qu’elle était belle, sans déconner ? ». Après, je ressens comme une gêne : dans ces cas là, les deux personnes rêvent à la célébrité et font tout pour se mettre en avant, y compris se ridiculiser à la télé. Sauf qu’il ne faut pas oublier que c’est pas des images brutes mais du montage, relié entre elles par les commentaires ironiques des journalistes. Bien sûr, vous allez me dire que le montage, c’est bien joli mais on ne peut pas inventer les propos des gens, c’est bien Peggy qui dit « moi, je suis belle, contrairement aux autres », ou équivalent. Là encore, attention. J’avais vu il y a deux ans, je crois, une émission d’arrêt sur images sur Super Nanny et on a échangé nos mamans où des gens qui avaient participé expliquaient les grosses ficelles du montage. Par exemple, une des mamans échangées expliquait que les journalistes la poussaient à mort pour qu’elle commente l’intérieur de sa nouvelle famille, la poussant à la critique. « Oh, c’est les Bidochons, ici ! ». Faut pas croire qu’un journaliste, ça allume la caméra et attend que ça se passe. Un journaliste, ça pose des questions et ça pousse parfois la personne, pas habituée à la télé, à dire des choses qui dépassent sa pensée. Et nous voilà avec des gens ignobles dont on peut se moquer.

Mais je crois que ce qui me dérange le plus dans tout ce déballage, c’est qu’il flatte nos plus vils instincts. Nous avons tous nos beaufs, bien sûr. Ca nous rassure sur notre « nous » en se disant que, youpi, y a pire ailleurs. On se gausse sur cette France d’en bas, à savoir celle en dessous de nous. Mais au fond, pourquoi ça nous fait tant plaisir ? Sans doute que nous avons tous un fond de méchanceté, bien sûr. On a besoin de référents, on a des idoles, des gens « je veux être comme ça » et des gens « ce que je refuse d’être ». Souvenez-vous, à l’école, les profs prenaient souvent les bons et les mauvais élèves en exemple, ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Les enfants riaient en se moquant du mauvais élève. Dieu merci, j’ai jamais vécu ça… Bref la médiocrité des autres est souvent une fange dans laquelle on aime se rouler, on les montre du doigt. On est tellement mieux. Moi comme les autres. Même si après, j’ai un peu honte de cette méchanceté gratuite. Bien sûr, personne n’a forcé Peggy, Bryan Le Cap ou Clément le no life de passer à la télé mais vous pensez vraiment qu’on leur a vendu ça en leur disant « Toute la France va se foutre de votre gueule, pensez à changer de pays après ». Non, on leur fait miroiter une hypothétique célébrité, des millions de gens vont vous regarder. Un peu comme ceux qui allaient se prendre un râteau en direct à Y a que la vérité qui compte. Qui est en cause alors ? Les gens qui croient à la célébrité facile (et factice) des Loana et consort, des gens qui rêvent de raconter à la boulangère qu’ils sont passés à la télé ? Les émissions de télévision qui savent flatter les bas instincts des uns (un désir de célébrité) et des autres (la moquerie facile) pour se faire du blé ? Nous qui regardons et encourageons ces émissions ? Sans doute les trois.

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