Bohemian Rhapsody : le biopic qui vaut la peine

Il fallait vraiment que ça vaille la peine. Nina et Victor, un couple PAS cinéphile, se rendent au cinéma pour la première fois en cette année 2018 et pour voir un film qui sort le jour même… Oui, mercredi soir, nous avons affronté le froid pour nous poser dans une salle de cinéma… pas vraiment bien chauffée mais peu importe. On est en position, c’est parti pour deux heures de Bohemian Rhapsody.

Bohemian Rhapsody - Queen

Alors je ne vais pas vous dire de quoi parle le film car je pense que personne n’a été épargné par la bande-annonce. J’avoue d’ailleurs que c’est ce qui m’a motivée d’ailleurs. Alors que bon, je déteste les biopics à la base. D’abord parce que j’ai la sensation que ces films sont faits pour de mauvaises raisons, à savoir choper un oscar en mode “ohlala, il/elle s’est transformé.e pour ressembler au personnage”. Oui alors du coup, filez plutôt un oscar aux équipes maquillage et costumes. Ce sont des films purement narratifs avec aucun parti-pris ni recul, juste une façon de se faire du fric sans grand danger. Evidemment, certains biopics sont un engagement en soi : faire un biopic sur Martin Luther King ou Rosa Parks, c’est pas la même que de faire un film sur Elvis… ou Queen, en effet.

Bohemian Rhapsody _ Queen

Un biopic, ça sert aussi à raconter une époque, une évolution. Comme le Majordome par exemple que je n’avais pas super apprécié en soi mais qui racontait, à travers la vie d’un personnage, la lutte pour l’égalité des droits des Afro-américains. On peut même pousser le genre à ces biopics de type fictionnelles comme Benjamin Button et Forrest Gump qui racontent l’Amérique à travers la vie d’un personnage, avec ses passages obligés un peu chiant (le Vietnam, Kennedy, Nixon… et dans les prochains qui vont sortir, on va se ramasser le 11 septembre).

Bohemian Rhapsody - naissance d'un tube légendaire

En lisant ces précédents paragraphes, il semble donc que je sois mal partie pour apprécier Bohemian Rhapsody et il est donc possible que je ne sois pas tout à fait objective. Parce que Queen, c’est la fin de mon enfance. Je n’ai pas grandi dans une famille très rock, on était plus varietoche que rock et j’en garde quelques traces dans ma playlist (Starmania, Michel Berger & France Gall et… bah, c’est à peu près tout, en vérité) donc Queen, je l’ai découvert à la mort de Freddy Mercury, via mon cousin qui, à la réflexion, a eu pas mal d’influence dans mon histoire culturelle. J’ai adoré instantanément The show must go on, j’avais acheté le CD Innuendo juste pour cette chanson (la période magique où tu achetais tout un album pour une chanson), je me souviens aussi d’un après-midi à squatter la voiture de ma mère lors d’un repas de famille ou je ne sais quoi à écouter la K7 des greatest hits et il y a eu notamment “Radio Gaga” que je trouvais un peu nulle et mon cousin n’arrêtait pas de la chanter, ce qui m’agaçait. Oui, quand on a une très bonne mémoire, on se souvient aussi de l’insignifiant. Bref, comme la plupart des ados et pré ados des années 90, Queen a eu une forte place dans notre culture musicale, on avait quelques titres dans nos boums, notamment We will rock you et nous avons tous fortement apprécié le générique d’Highlander… à dire vrai, on va pas se mentir, le seul point fort de la série. Et aujourd’hui encore, je suis toujours un peu nostalgique quand ma playlist Spotify me balance “The show must go on” qui est un peu mon mantra à moi.

Bohemian Rhapsody - Freddy Mercury

Donc est-ce que j’ai aimé le film ? Bordel, oui. Je l’ai trouvé un coup drôle, un coup touchant et je trouve incroyable d’avoir la sensation de revivre le fameux concert de Wembley. Pour le coup, le film n’est pas blindé de référence à l’époque, on ne parle pas de guerre du Vietnam, de ce que fait la Reine d’Angleterre. On peut parfois être un petit peu perdu dans la chronologie malgré quelques dates incrustées de ci de là, mais en vrai, on s’en fout. Alors que les biopics sont souvent une fresque racontant une époque, Bohemian Rhapsody s’en détache. Parce que Queen refusait les recettes à la mode, justement, qu’ils tentaient leur propre sauce. Pas de “caméo” (dans le sens où un acteur jouerait une personne de l’époque genre “hey salut, je suis Michael Jackson”), à peine quelques names dropping. Et je trouve agréable qu’un film ne nous prenne pas trop pour des cons avec des clins d’oeil ultra forcés. C’est pas Carnaval, je suis pas là pour voir des acteurs déguisés en pop ou rock-star des années 80.

Bohemian Rhapsody- la scène de Wembley

Du coup, oui, ce biopic est à voir. Pour Rami Malek qui est fou. Pour les émotions que ça génère. Parce que c’est pas racoleur (on n’évoque que partiellement la sexualité débridée de Mercury et donc sa maladie et quasi pas sa mort) alors que le sujet s’y prêtait, qu’il y a vraiment des scènes drôles… et pour la B.O évidemment. Certains l’ont trouvé lisse, moi, je l’ai trouvé prenant. Peut-être grâce au goût de madeleine, allez savoir. Mais je serais même prête à repayer 11 € pour le revoir.

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Ciel, mon style est influencé !

Et je ne parle pas de style vestimentaire parce que pour le coup, je n’en ai aucun. Je parle bien évidemment de mon obsession, de ma passion, de ce qui m’occupe dès que j’ai deux secondes de libre : l’écriture. Et force est de constater que mon écriture est pire qu’une éponge et je réalise que, souvent, mon style est influencé.

écriture-trouver son style

Déjà sur ce blog qui est dans un style très parlé, les gens qui me connaissent pourraient le lire avec ma voix, je suppose. Et pourtant j’absorbe des tics de langages dans tous les sens. Je pense que si je relisais les premiers articles de ce blog (et je n’ai pas très envie de le faire, pour être parfaitement honnête), je retrouverais des expressions, tournures de phrases que j’utilisais à l’époque sorties très certainement de séries que je regardais, de livres que je lisais… Aujourd’hui, j’intègre dans mon écriture de blog un style très… youtubesque. J’écris parfois à la Karim Debbache, je m’en rends un peu compte…

Ecrire un brouillon

Mais à la limite, le blog, on s’en fout, c’est un truc tapé à la va-vite le dimanche en regardant des séries légères comme Dynastie, Jane the virgin ou Pretty little liars (que je devrais remater, je voulais écrire plein d’articles dessus, je ne me souviens plus du tout lesquels). Mais mes romans, là, ça se soigne. Il y a un premier jet puis une relecture (un an que je dois relire le roman de Maja et toujours pas, hein…). Cet été, j’ai donc lu La zone du dehors d’Alain Damasio, un livre qui m’a marquée pour de bonnes raisons qui feront l’objet d’un prochain article que pour des mauvaises à savoir que je trouvais ce livre trop verbeux, pompeux et… me voilà soudain à écrire des phrases aux circonvolutions compliquées… Mais, est-ce bien mon style, ça ?

Pangramme

En voilà une bonne question, tiens. En fait, c’est quoi mon style ? De ce que j’en sais (je ne me relis que peu, j’avoue que je n’aime pas, je me trouve plus géniale dans mes souvenirs que face à ce que j’ai pu écrire, voyez), je suis assez fan de l’accumulation et d’une succession un peu saccadée de phrases longues et phrases courtes, j’ai même certaines phrases qui ne font qu’un mot ou deux, il me semble, pour insister. Un truc genre “Elle entra dans la pièce et le découvrit sans le moindre vêtement. Nu”. Une connerie de ce type (je n’ai jamais écrit ça mais je voudrais vous parler de romance et de sexe dans les prochaines semaines, je pose un peu le décor l’air de rien, hin hin hin). Mais en vérité, je me demande : est-ce que j’ai un réel style ou il évolue en fonction de ma “consommation culturelle” (avec un petit c, ne nous emballons pas). Je pose la question mais je connais la réponse, hein…

Boire du thé et lire des livres

Et est-ce si mal en soi ? Est-ce que tout artiste (petit a) qui essaie de créer un truc avec ses dix doigts n’a pas un périple créatif enrichi par ce qu’il découvre en chemin. Métaphore cheloue mais voyez l’idée. Déjà, rien qu’en terme d’inspiration. J’ai écrit le roman de Maja car j’ai lu un article dans Society sur Chaïm Nissim, celui qui tira au lance-roquette sur la centrale de Creys-Malville en 82 (et je découvre à l’instant qu’il est décédé). J’écris Uchronia parce que le roman d’Un monde à l’autre de Jodi Taylor m’a autant inspirée qu’énervée (et que j’ai rêvé du nom de l’héroïne, aussi, je me suis réveillée avec son nom qui tournait en boucle dans ma tête… Ca m’a fait pareil avec Amalfi l’autre jour, ville qui est parfois citée dans le roman que je suis en train de lire). Technopolis est une resucée des décors du Cinquième élément et de Gotham City… la version Joel Schumacher qui était furieusement gothique dans mes souvenirs mais qui  est en vrai dégueulasse, contrairement à la version Burton qui satisfait absolument mon appétit de gigantisme sombre. Bref, oui, je suis influencée, évidemment, je suis influencée, je vis dans un bain de culture (petit c) où je lis, je regarde, j’écoute. Tout est inspiration.

Gotham City

Mais parfois, il se passe un autre phénomène troublant : on lit le livre qu’on est en train d’écrire ou qu’on a en tête… sans pour autant en être l’auteur.

 

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Fahrenheit 451 : ne réfléchis plus

Classe de 4e, 1994, la prof de français nous propose de choisir entre 4 dystopies, je choisis Fahrenheit 451 de Ray Bradbury un peu par hasard. Parce que les autres s’étaient majoritairement tourné vers Le Meilleur des mondes et j’avais pas envie de faire pareil et, dans un cours, il avait été question des chroniques martiennes et comme j’étais dans ma période X-files et passion pour tout ce qui était extraterrestre, ce M. Ray Bradbury me paraissait par conséquent un homme bien.

Fahrenheit 451

Alors l’histoire, un peu rapidement. Montag est un pompier mais sa mission n’est pas d’éteindre le feu mais de l’allumer afin de brûler les livres, ceci étant accusés de niveler les gens par le bas par son contenu creux et est facteur d’inégalité sociale. Les citoyens passent donc leur temps libre devant un écran, s’abrutissant de plus en plus. Montag rencontre un soir Clarisse, sa voisine de 17 ans qui vit chez son oncle et qui, par une série de questions, va lui faire découvrir le monde tel qu’il est : un peuple malheureux et abruti qui n’a plus la force de penser, des gens qui n’observent plus et, surtout, ne se parlent plus. En rentrant chez lui, Montag découvre sa femme Mildred inconsciente, elle a tenté de se suicider mais deux personnes viennent la ranimer et elle ne se souvient plus de l’incident. Montag réalisé alors qu’ils ne s’aiment pas, aucun ne pouvant même se souvenir de leur rencontre dix ans plus tôt. Lors de l’incendie d’une maison plein de livres où la propriétaire préfère mourir brûlée vive que de vivre sans ses livres, Montag va voler un livre. Et commencer à lire.

Fahrenheit 451, la propriétaire brûle avec ses livres

Selon les interprétations, ce livre est une métaphore du maccarthysme avec notamment la chasse aux intellectuels suite à une simple délation (la maison de Montag sera brûlée suite à la dénonciation de sa femme et de ses amies qui ont vu Montag lire). De façon un peu plus large, j’y vois cette dystopie de l’abrutissement des masses pour les rendre plus dociles. Comme 1984, le discours ici est le symbole même de la régression des masses puisque les discours des leaders (exemple le chef pompier de Montag) n’a pas de réel sens mais Montag ne découvre tout ça qu’en se posant des questions, ce qu’il n’était pas encouragé à faire jusqu’à ce qu’il rencontre Clarisse. Se réveille alors chez lui une envie de tout changer, il rejoint les hommes livres (il lit un livre et le retient pour pouvoir le transmettre), la société s’écroule (la guerre est imminente, la population se suicide par paquet comme on l’apprend dès le début du roman quand des infirmiers viennent retaper Mildred en mode “on en a de plus en plus des comme ça”). Le bonheur par l’oisiveté mène à la catastrophe, le manque de réflexion tue les hommes.

Couverture de Fahrenheit 451

Mais quand j’ai lu Fahrenheit 451, j’ai pas vu tout ça et j’en viens à un nouveau point sur les dystopies : peut-on lire les dystopies comme une simple histoire ou ne peut-on que les apprécier qu’à partir du moment où on a un solide bagage culturel ? Quand j’ai lu Fahrenheit du haut de mes 13 ou 14 ans, je ne connaissais pas les autodafés, alors même que j’avais vu Indiana Jones et la dernière croisade plusieurs fois mais je sais pas, la scène de l’autodafé devait pas me parler, et en lisant le livre, j’étais là “mais pourquoi ils font ça, je comprends pas…”. Je n’ai cependant pas un mauvais souvenir du livre, je l’ai dévoré (essentiellement parce que je voulais savoir ce que devenait Clarisse qui disparaît dans le roman) et la scène finale de la ville bombardée m’a tellement marquée que je m’en étais inspirée pour la scène finale de Technopolis. D’ailleurs, à bien y réfléchir, Technopolis emprunte énormément à Fahrenheit, tiens… Oceany étant in fine une très bonne Clarisse. J’ai écrit ce roman y a 17 ans et je me rends compte aujourd’hui de cette énorme influence. Parce que peut-être qu’à 13 ou 14 ans, j’avais pas tous les outils pour tout comprendre (autant vous dire que le Maccarthysme à ce moment là de mon histoire perso, j’avais juste aucune idée de ce que c’était).

Affiche Maccarthysme : le communisme arrive

Mais pour en revenir à ma question initiale : peut-on lire un dystopie sans le contexte ? Aurais-je dû d’abord me renseigner sur le Maccarthysme et/ou les autodafés avant de rentrer dans ce roman ou dois-je entrer dans une dystopie avec une certaine candeur, quitte à rechercher ensuite des explications ? Et quand on écrit une dystopie, doit-on donner direct le trousseau de grosses clés ou les glisser discrètement sous le matelas (je suis un peu traumatisée des escape games, aussi) et laisser le lecteur les chercher s’il en a envie ?

Bibliothèque universitaire

Et bien… j’ai pas du tout les réponses, en fait. Mais il est clair qu’en tant que lectrice adulte, j’adore les différents degrés de lecture. Mais peut-être que faire lire des dystopies à des ados sans leur donner un minimum de clés, c’est risquer de les dégoûter du genre… Heureusement, depuis, y a eu Hunger games… dont je ne vous parlerai pas la semaine prochaine car je n’ai ni vu, ni lu mais je vous garantis que c’est sur ma liste. Ah et pour ceux qui sont un peu intéressés par Fahrenheit mais moyen chaud pour le lire,  y a le film de Truffaut, super fidèle (avec une esthétique que j’adore).

Le film Fahrenheit 451

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La médisance est une manipulation

Débutons cet article par un aveu : je peux être une belle langue de pute. Parfois, je suis saoulée et celui ou celle qui a provoqué cette fatigue va en prendre pour son grade. Dans son dos la plupart du temps, oui. C’est mal ? Ca dépend.
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Pour moi, la médisance a toujours été une sorte de soupape. Mise en situation pour expliquer le machin. Imaginons que je sois super copine avec Louise, une fille dont j’apprécie énormément la compagnie. Oui mais voilà, Louise a un travers qui m’agace ou a réagi de façon qui me paraît incongrue. Bref, ça gratte un peu. Nous avons face à nous deux solutions : vider son sac ou se contenir. Evidemment, si le problème empoisonne nos relations, il faut parler mais parfois, on sait que ce n’est rien, une petite tracasserie qui n’a pas d’importance, qui nous paraît chiante parce qu’on n’est de mauvaise humeur. Pas la peine d’en chier une pendule à 13 coups mais on a besoin d’en parler histoire d’évacuer donc plutôt que de provoquer un drame, on vide son sac auprès d’une tierce personne. On parle puis on oublie. Parfois, ça m’amuse de médire juste pour brosser des portraits un peu au vitriol de personnes de mon entourage. Parfois, je médis car j’ai peur d’exploser à la figure de quelqu’un qui ne le mérite pas forcément ou que j’ai peur de blesser.
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Mais chez certains, la médisance est une stratégie. Premier effet évident de la médisance : descendre quelqu’un. On va mettre un peu en situation. Vous venez d’arriver dans une nouvelle boîte, vous voilà à la machine à café, escorté par Carole, votre collègue qui a l’air drôlement sympa. Mais a-t-elle tourné le dos qu’on vient vous prévenir. On pouvant être un homme ou une femme, j’ai entendu pas mal de saloperies de la part de mec, la médisance n’est pas typiquement féminine. Donc mettons que le médisant ou la médisante soit Alex(andre ou andra). A peine Carole s’éloigne-t-elle de vous, donc, qu’Alex débarque « tu sais, Carole, tu devrais te méfier car [truc à la con] ». L’avertissement peut parfois être sincère mais de façon générale, on est assez grands pour constater rapidement que Carole est pas seule dans sa tête, si tel est le problème. Mais peut-être qu’Alex n’a pour seul but que de démonter Carole car ils sont en concurrence pour un poste, par exemple, et ça sape méchamment par derrière pour prendre l’ascendant. Ou il y a eu un truc entre Alex et Carole, ils/elles ne se parlent plus et, même si vous en avez franchement rien à foutre, vous êtes censé devoir choisir un camp.
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Mais il y a dans la médisance un 2ème effet Kiss Kool, plus pervers : on vous manipule. Pas tellement pour détester Carole finalement mais plutôt pour aimer Alex. Ah cet-te Alex, quelle crème ! Il/elle me fait vachement confiance, tu vois, il/elle me prévient des gens dont je dois me méfier, on devient amis et on se confie nos amitiés… et surtout nos inimitiés. Qu’est-ce qu’on s’est marrés l’autre jour en se foutant de la tronche de cette pauvre Carole. Car oui, la médisance reste un lien social, un « nous contre les autres cons ». Les médisances sont enrobées pour passer pour des confidences, pour des marques de confiance. On dézingue tout en prenant l’autre sous notre influence. Manipulation basique mais au fond, les amitiés se construisent aussi grâce à des « ennemis » communs. Le manipulateur observera qui vous aimez et surtout qui vous agace et attaquera là. « Tu l’aimes pas Carole ? Ohlala mais moi non plus ! Viens, prenons un café et vidons notre sac ». Et puis, plus on convainc l’autre qu’on sait choisir les bonnes personnes, ou non, plus il sera facile d’influencer. La médisance ne serait alors qu’une sorte de pied dans la porte, une première marche dans la manipulation.
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Je parle du monde du travail mais ça arrive aussi dans la vie privée. Parce que des fois, des gens ont besoin de se construire une sorte de harem amical dont ils sont le roi ou la reine, un harem construit sur la détestation de ceux qui ne sont pas admis dans le cercle pour diverses raisons. D’ailleurs, le jour où vous commencez à soupirer devant tant de méchanceté idiote, rassurez-vous, c’est sur vous que ça va commencer à persifler dès que vous aurez le dos tourné. Je vous jure, ça existe, ça m’est arrivé. Mais à un moment, quand on n’a que des médisances à se dire, une alarme finit par s’allumer dans mon cerveau : soit tu n’as rien à me dire, soit tu cherches à m’endormir pour mieux m’influencer. Quoi qu’il en soit, rien de bon pour moi.

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Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti

Je suis une fille paradoxale : si un film ou une série fait l’unanimité, j’ai juste pas envie de le voir alors que si c’est un livre, je cours l’acheter. Enfin, ça dépend, je me précipite pas acheter les best sellers de type Musso, Lévy ou la saga Twilight (même par curiosité, j’ai pas réussi à m’y mettre à celui là).

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J’ai donc piqué « Le mec de la tombe d’à côté » à ma maman qui m’avait prévenue « j’ai pas aimé, j’ai trouvé ça vulgaire ». Bien, bien, bien… Bon, avec maman, on a un peu les mêmes goûts en matière de bouquin mais je me laisse pas influencer. Et bien je vous le donne en mille : elle avait raison. En fait, c’est pas tellement sa vulgarité que son insipidité totale qui m’a ennuyée. J’ai même réussi l’exploit de m’endormir à deux pages de la fin… Je me suis réveillée 4h plus tard.

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L’histoire : une jeune veuve se rend quotidiennement au cimetière rendre visite à la tombe de son mari. À côté, un homme vient entretenir la tombe de sa mère. Au début, ils se méprisent quand soudain, à la faveur d’un quiproquo, ils se mettent à se désirer l’un l’autre. Démarré alors une liaison que nous appellerons « L’amour est dans le pré suédois ». Manque que Karine Lemarchand et James Blunt. Bref, la citadine et le fermier s’envoient en l’air et se rendent compte que c’est tout ce qu’ils ont en commun. D’où ces magnifiques dialogues de type « alors, tu vas m’apprendre à traire les vaches, hihi… » »Ouais, tiens, j’ai un pis rien que pour toi ».

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La vulgarité donc. Le problème n’est pas tant que nos héros s’envoient en l’air, le truc, c’est que les dialogues coquins comme celui reproduit plus hauts me paraissent déplacés. Non que ce soit choquant (il lui a pas dit non plus « viens traire ma bite »), juste que ça sert à rien en fait. Ça fait un peu : tiens, mettons un dialogue pour mettre 4 lignes de plus et dire comprendre qu’ils vont s’envoyer en l’air. Je sais pas, ça sonne faux, ça fait juste vulgaire et pas du tout excitant… Bref. Ce livre donne la sensation d’une histoire de cul mais sans cul assumé, finalement.

Couple

Et que dire des personnages ? Lui m’a paru sympathique, complément dépressif, une vie tellement merdique que tu te demandes comment il est pas encore allé se balancer sous les roues de son tracteur. Mais doté d’une certaine droiture. Elle, par contre… Bon, déjà, c’est terrible mais le côté « une fille fade, maigre, toujours de beige vêtue », j’ai pas pu m’empêcher d’imaginer Audrey Tautou dans le rôle et je ne la supporte pas. Du coup, ça m’a rendue l’héroïne antipathique mais avais-je besoin de ça ? Elle n’aime personne au fond, prend son fermier de haut, fait la gueule pour rien. Une chieuse.

Audrey-Tautou

Bref une histoire d’amour sans amour, une histoire de cul sans cul assumé, une confrontation de deux univers vu et revu et une fin en eau de boudin qui fait un peu « Heu, je… Oh Ben tiens, il me reste 10 pages pour conclure, je te bâcle ça et je pars en vacances ! »

corse

Mais je suis pas têtue : j’ai acheté un autre livre de Katarina Mazetti et dès que j’ai fini Glacé de Bernard Minier puis le volume 2 de l’intégrale de Game of thrones (j’ai peur qu’on me spoile), je m’y mets.

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Je te pique un peu de notoriété

Je l’avoue, je délaisse Facebook de plus en plus, sans doute parce que je travaille dessus un peu trop souvent et qu’à chaque changement de règle qu’on nous annonce l’air de rien tous les 4 matins, j’ai envie de passer les doigts de Mark Zuckerberg au mixeur, histoire que ce soit pas le seul à rigoler. Du coup, en cas d’accès de procrastination, je vais jeter un œil sur Twitter et là, mes enfants, il s’en passe des choses.

Concentrons nous aujourd’hui sur la course à la notoriété. Tu as un type de twittos qui ne parle que pour le RT (retweet, partage de ta superbe fulgurance pour les non initiés), se branlent sur leur nombre de follow en rêvant qu’ils ont la plus grosse (communauté) et que nous attendons, transis, qu’il nous délivré sa sainte parole. J’ai hésité à poursuivre l’analogie de la branlette et de la grosse (communauté) mais ça va, assez de vulgarité.

Donc le twittos se rêve influent, te crache son klout (sorte de note d’influence) à la figure à la moindre occasion comme s’il s’agissait d’un gage de vérité divine. Pour info, Nadine Morano a un klout de 80 et Justine de l’Amour est dans le pré, 63 (celle dont j’ai lu what millions de RT par des personnes disant qu’il fallait pas en parler. On n’est pas à une contradiction près je suppose). Le twittos est influent, il aime t’humilier en faisant partager à toute la twittosphère ses saillies à ton égard en plaçant un point devant ton pseudo pour ne pas limiter vos échanges à vos followers communs. Mais surtout, surtout le twittos sait ce qu’il fait le buzz et va s’arranger pour en tirer bénéfice.

Semaine dernière, une blogueuse qui me fait hurler de rire publie un article très drôle sur une journée sur Twitter. Et là, je vois son article diffusé dans tous les sens selon 2 modes :

– le mode je clique sur le bouton RT, le tweet d’origine apparaît dans la timeline de mes followers et je n’en tire rien.


– le mode j’ajoute un commentaire devant le RT de type « mais trop lol ». Le twitt n’est donc plus Klaire : une journée sur Twitter [lien] mais Twittobranlos : Mais lol ! RT @Klaire : une journée sur Twitter [lien] voire Trop vrai ! Une journée sur Twitter [lien] via @Klaire. Du coup, si le blog de Klaire reçoit bien les visites, pour peu que les followers du Twittosbranlos ne suivent pas Klaire, ils vont retweeter twittosbranlos. Et voilà comment on chope du RT et donc du followers en s’abreuvant l’air de rien dans la notoriété (et donc le travail) d’un autre.

Malin, non ?

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Qui de la mode ou de moi ?

Ma vie manquant cruellement de légèreté et de superficialité ces derniers temps, samedi, j’ai profité d’une escapade dans mon pays chéri pour faire un peu de shopping avec ma maman. Alors que je me promène dans les rayons en pleurant sur la forme slim long très en vogue (alors même que je le déteste), je m’arrête devant les imprimés à pois, Liberty et même orange. Ce que je détestais quelques années auparavant.

Notons que seuls les imbéciles nez changent pas d’avis, ok. Sauf qu’alors que je faisais ma crâneuse dans mon top liberté vert amande (il est sublime) dans ma cabine d’essayage, je me demandais qui de la poule ou de l’oeuf. Autrement dit : mes goûts ont-ils évolué seuls ou suis-je victime malgré moi de la mode ? Ai-je fini par devenir accro aux pois parce que j’en ai tellement vu partout que j’ai intégré le fait que c’était cool ? Terminerai-je par porter des spartiates parce qu’à force d’en voir partout, je vais me dire que c’est pas si mal ? Après tout, j’ai dit pendant des années que le leggings ne passerait pas par moi et finalement…


Je parle de mode mais ça peut m’arriver pour des séries télés ou des chansons. Je suppose que je ne suis pas particulière sur cette question : osez me dire que jamais une chanson que vous n’aimiez pas de prime abord est finalement devenue agréable à vos oreilles. Moi, par exemple, je détestais « Alors on danse » de Stromae que je trouvais totalement déprimante dans ses tonalités. Depuis, elle est dans ma playlist bestone, entre The power de SNAP! et Padam de Benjamin Biolay (j’ai mon quota de chanteurs pas gais). Idem pour Dr House, ce que je trouvais ça insupportable ce connard irascible et gratuitement méchant qui va cambrioler ses patients en toute décontraction… Finalement, j’ai fini par apprécier. Juste House, hein, les personnages annexes sont globalement sans intérêt.


Bref, la question est : nos goûts personnels peuvent-ils survivre face à une douche médiatique continue ? Je bosse dans le digital, je suis malgré moi dans un bain tendanciel. Aime-ci, aime-ça, ceci est à bon, ceci ne l’est pas. Je résiste, je dis non. Je refuse de regarder Bref tant que tout le monde s’extasiera dessus, je manquerai trop d’objectivité. La hypittude est mon quotidien, je m’y crois imperméable car j’en connais les rouages et mécanismes et est-ce si sûr ? Aime-je le Liberty parce que mes goûts personnels m’y poussent ou parce que ma carapace à une fuite ? Est-il réellement possible d’éviter toute influence de la tendance à partir du moment où on y est exposé ?

De tout façon, m’en fiche, mon top, il est trop beau ! Mais peut-être devrais-je arrêter de fustiger ceux qui suivent toutes les tendances vu que je finis par les suivre. Certes 2 ans plus tard en moyenne.

PS : En fait, ce que j’aime le plus dans la mode, ce sont les dessins de créateurs.

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Moi, je veux me marier et pas par convention

Allez, cette semaine, je fais dans le familialo-matrimonial, youhou ! Alors quel est ce titre énigmatique ? Toi, Nina, tu veux te marier maintenant ? C’est à cause des robes de mariée de ta soeur que ta mère a laissé pendre dans ta chambre ? Que nenni. Cette phrase a été prononcée par Loxy quand nous étions à Venise. Ce à quoi j’ai répondu “c’est dramatique, tu es obligée de préciser pourquoi tu veux te marier, je trouve ça triste.”


Loxy n’est pas en cause dans cette histoire, j’ai juste été choquée de voir que désormais, faut se justifier d’avoir envie d’un mariage, d’une famille conventionnelle ou je ne sais quoi. Mais si les gens ont envie du tryptique maison-gosses-labrador, où est le problème ? Personne n’en meurt, il n’y a rien de mal à ça. Oui, ce n’est pas précisément ce que je souhaite pour ma petite personne mais qui suis-je pour juger ceux qui auraient envie d’autre chose ? Qui êtes-vous pour dire que ceux qui veulent se marier sont forcément influencés par les normes judéo-chrétiennes alors que vous, vous n’êtes influencés par rien. Ah mais laissez-moi rire. Comme j’aime à le dire, l’anticonformisme n’est qu’un autre conformisme.


Déjà, j’en ai un peu marre de cet argument des normes judéo-chrétiennes. Arrive un moment où il faut aussi reconnaître que nous avons chacun un caractère et que certaines choses nous attirent avec ou sans ces foutues normes. Est-il à ce point incompréhensible que deux êtres qui s’aiment aient envie de s’unir de façon on ne peut plus officielle au cours d’une cérémonie, religieuse ou non, qui n’est pas bâclée dans un coin d’un tribunal et ont envie de fêter leur amour avec leur entourage ? Franchement, qui est dans le vrai ou dans le faux ? Personne car l’envie de se marier ou non n’est pas une question de valeur morale (parfois si) mais d’envie avant tout. C’est pour ça que je suis à fond pour le mariage gay : parce que chacun a le droit de faire ce qu’il veut. Je ne suis pas attirée par le mariage de façon personnelle mais soyons honnêtes, ce n’est pas parce que je ne suis pas influencée par les normes judéo-chrétiennes de mes fesses. Non, c’est juste que je préfère investir l’argent du mariage dans d’autres choses et que ça me paraît une galère sans nom à organiser. Mais ce n’est que MON avis. Un peu comme les avis politiques : on croit toujours que celui qui n’est pas d’accord avec nous est influencé par les médias. Comme si on ne pouvait pas être en accord de façon intime avec des théories de droite ou de gauche. Même d’extrême-droite, la xénophobie n’est pas le fruit des médias, faut arrêter de se rassurer avec ça. Le rejet voire la haine de l’autre, ça reste un sentiment humain.


Au fond, cette bien pensance athée m’amuse car elle est finalement identique à la bien pensance à laquelle elle est censée s’opposer. Expliquez-moi en toute sincérité pourquoi la morale judéo-chrétienne n’a pas le droit de nous imposer une norme alors que la bien pensance athée (je dis athée mais c’est pas vraiment le bon mot, je n’en trouve pas d’autre) tente de nous en imposer une autre. Est-il à ce point impossible de concevoir que chacun fait ce qu’il veut ? Si je prends ma soeur, en terme de normes judéo-chrétiennes, elle a quand même vécu 6 ans avec son mec avant de l’épouser et je sais bien que parfois dans l’intimité de leur chambre, ils ont commis le péché de chair. Mais voilà, le mec de ma soeur est pompier professionnel, un métier où il risque malgré tout sa vie et si un jour ma soeur doit se retrouver veuve, mieux vaut qu’elle soit mariée avec lui que pacsé. Mais j’espère de tout mon coeur que ça n’arrivera pas, bien entendu. Puis le mariage reste toujours plus intéressant que le pacs quoi qu’il en soit. D’ailleurs, je suis un peu étonnée que les anti mariage se ruent sur le pacs. Finalement, c’est moins lourd comme chaîne mais c’est une chaîne quand même, non ? Du coup, c’est quoi qu’on dénigre dans le mariage ? La robe blanche et le prêtre ? Hmmmm… Hello, ça n’a rien d’obligatoire. Si un jour je devais dire oui (parce que je ne dis plus “jamais” par superstition), j’ai envie d’une cérémonie païenne dans une vieille forêt avec des arbres tous tordus, de la mousse et un quatuor à cordes.


Bref, la question n’est pas là. La question est qu’aujourd’hui, t’es obligée de spontanément justifier tes choix y compris à une personne qui n’a rien dit. En l’occurence moi pour revenir à l’essence de cet article. Oui, le mariage, ça ne me parle pas, ça n’empêche pas que je suis heureuse pour ceux des autres, que j’ai presque pleuré quand ma soeur a annoncé le sien, que je suis ravie d’aller à celui de ma copine Lena au printemps et à celui de Yohann mon presque frère à l’automne. Et que pour moi, le seul truc intolérable dans les mariages… Ce sont les powerpoints de plus de 2 mn.

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Résister a la pression sociale pour affirmer ses choix……ou pas ?

Par Saez

[Aujourd’hui, on accueille Saez, 24 ans, qui vit près de Lyon. On est poli, on lui réserve un accueil chaleureux !]

Pression sociale, le mot est lancé, car c’est bien d’elle que je vais vous parler aujourd’hui.

Késako ?

Expression a la mode pourrait-on dire, la pression sociale est l’influence qu’exerce un groupe d’individus sur chacun de ses membres. Cela a pour conséquence un changement des comportements et croyances d’une personne, même minime. Par ex : si parmi l’ensemble des personnes qui ont 30 ans on retrouve 75% de personnes mariés, alors, ces personnes auront tendance a influencer, a « peser » sur les choix de vie des 25% de célibataires.

La pression sociale…..c’est le mal ?

Sans aller jusqu’à dire que « l’enfer c’est les autres », ce qui serait bien trop simpliste, on trouve quand même ce regard des autres, cet critique de l’originalité, de l’autre, parfois trop pénible a supporter ! Deux alternatives s’offrent a nous : nous soumettre a la masse c’est à dire aller jusqu’à nier nos valeurs, nôtre personnalité sur l’autel du conformisme où, autre
possibilité, être reconnu pour ce que l’on est même si on s’estime différent des autres, affirmer ses choix sans violence, en faisant preuve d’assertivité, assumer sa part d’originalité dans ce monde (de brute ?). Néanmoins, il faut reconnaître que dans certains cas la pression sociale est bénéfique quand elle n’est non pas motivé par la peur (du regard des autres, de la solitude etc) mais au contraire poussé par l’idée de donner le meilleur de soi (dans le milieu de la compétition, l’idée du dépassement de soi), dans ce cas, et, si elle ne nous est pas excessive, elle pourra jouer le rôle de « booster ».

Oui mais moi dans mes relations je fais quoi ?

On peut dire que le verrou du  » les moeurs nous interdisent et ci et ça « , cette répression du désir, a bel et bien volé en éclat ces dernières décennies mais une autre forme de contrainte est demeurée en place : la pression sociale et son cortège de questions, de curiosité sur vôtre personne au moment des repas de midi (les fameux :  » encore seule ?  » ou  » l’enfant tu nous le fait quand ? « ). Dans le fond nous sommes libres, libre d’avoir plusieurs partenaires, libre de coucher le premier soir, libre de…..(bon vous avez compris ?) mais dans tout ça il ne faudrait pas confondre liberté et désir, plus de liberté entraîne moins de désir (et donc de plaisir, a long terme j’entend). L’idée force c’est de ne pas oublier le plaisir du voyage quand on est arrivé a destination, prendre son temps dans une relation, et, en même temps, de ne pas croire que la débauche nous rend plus libre, plus heureux, elle nous oppresse (omnibulé par le fait de repousser sans cesses ses limites), autrement….

Je terminerais cet article par une phrase tiré d’un livre : Je t’aime la vie  ,  que j’apprécie vraiment :

 » En affirmant ce que l’on est et en restant intransigeant sur ce que l’on veut, peut-être ferons nous fuir ceux qui nous voudraient différents ; Mais ainsi nous donnerons-nous l’opportunité de nous aimer tel que l’on est  » (Catherine Bensaid 2004)

 

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Laverie story

Hier, j’ai découvert malgré moi qu’être une blogueuse influenceuse ne sert à rien. Parce que j’ai beau faire des soirées avec Nikos ou Bernard Montiel, quand je demande sur twitter qui peut aller faire un tour à la laverie à ma place, personne ne me répond. L’influence, c’est donc pourri.


Surtout que la laverie est un univers étrange. En y allant hier, j’avais décidé de vous saouler avec en représailles du genre « oh, l’été, le tambour qui tourne, ça fait des mélanges de couleurs, du rose, du rouge, du vert, du orange, c’est trop beau » et de l’odeur de la lessive qui me rappelle mon enfance et que j’aime bien. Et ce doux plaisir qu’est celui de renifler son linge sortant du sèche linge, chaud, sec et sentant bon la lessive, mmmmmmmm !



Sauf que la laverie est un lieu de péripéties. Et ben si. Et comme on parle de moi, évidemment, il s’agit de péripéties à la con. Il y avait eu la fois où un mec s’obstinait à me parler alors que je n’en avais pas envie et que je répondais par monosyllabe avant de replonger le nez dans mon bouquin. Mais ça, ça ne m’arrive pas qu’à la laverie donc rien d’exceptionnel en soi. D’ailleurs, faudra que je fasse un article sur le sujet. Mais hier, ce fut le pompon de la pomponnade, comme on dit, le « putain mais fais chier la laverie ! ». D’ailleurs, j’ai demandé des devis à des plombiers pour installer ma machine parce qu’au vu des emplois du temps d’Anthony et de ma petite personne, on va avoir du mal à se trouver un créneau avant octobre. Au moins.



Donc hier, j’arrive, y a une famille de Pakis en train de ranger leurs affaires et un mec au fond, je dis bonjour, la famille me répond. Oui, bon, quand je dis Paki, je sais pas s’ils l’étaient vraiment mais quand j’étais petite, il y avait une famille de Pakis dans mon école et du coup, tous les hindous sont Pakis pour moi. Ouais, je sais, je tends le bâton pour me faire battre, je frétille d’impatience de lire un comm me traitant de raciste.  Bref, passons.  Le temps que je remplisse le tambour de mes fringues roses, rouges, vertes, oranges, bleues et pailletées (c’est l’été), la famille s’en va et là, je remarque le mec qui reste. Il n’a pas l’air très net net surtout qu’en regardant bien, aucune machine ne fonctionne. Qu’est-ce qu’il fout là ? Le temps de lancer ma machine, je comprends : c’est un poivrot dans le sens classique du terme, totalement aviné et qui ne s’est pas lavé depuis un petit moment. La laverie devant faire 20 m², je sens qu’on va rigoler pendant l’heure qui suit.


Pour commencer,  je sors pour appeler mes parents et fumer une clope, histoire de gagner un peu de temps. Je tombe sur mon papa, j’arrive à faire tenir la conversation 10 mn, un exploit vu que mon père n’est pas locace mais ma mère dort. Je lui dis que le  monsieur aviné me fait un peu peur. Sur ces entrefaites, Vicky appelle, je lui redis que le monsieur me fait un peu peur. Une fois ma clope terminée, je finis par retourner à l’intérieur. Dilemme : où m’asseoir. Soit je prends les fauteuils qui tournent le dos au poivrot mais qui me laissent proche de lui (à moins d’un bras de distance), soit je me mets ceux en face mais qui risquent d’enclencher un contact visuel. Bon, on va prendre le contact visuel. A peine assise, il me parle « ça vaaaaaaa ?

– Oui.

– Rrrrrrroooooooglougrooooooooagrrrrrrmuuuuuuuuuu

– …

– Roooooooooooooarrrgggggggrouuuuuuuoaloperoarooooooooo « 

Oui, il me semble avoir entendu un salope mais je ne peux pas être affirmative et je sens que ça va être long surtout que dès qu’une voiture klaxonne, il crie des « roooarrrrrr ta gueule ! ». Okayyyyyy, on va tous prier pour que je ne me prenne pas une baffe avant la fin de ma lessive.



Finalement, non, le monsieur a passé son temps à faire des « rooooooooo », à cracher et à regarder une machine vide, me demandant juste si on était bien dimanche. Moi, j’étais tendue comme un string ne sachant ce qu’il allait faire et je n’ai fait que trois sessions de séchage au lieu de 4. Mais que pouvais-je faire, au fond ? Je n’allais pas appeler la police vu qu’il ne m’a pas agressée (sauf le salope, à la limite, mais je suis pas sûre), même si je le sentais potentiellement agressif . L’état d’ébriété est certes condamnable sur la voie publique mais je ne sais pas si la laverie ça compte. Et en fait, au vu de ses étranges « roooooooo », je me suis demandée un moment si je ferais pas mieux d’appeler le SAMU, finalement.


Voilà, sur le coup, ça m’a un peu gonflée parce que je ne trouve pas vraiment normal de subir ce genre de personnes qui risquent de péter les plombs à tout moment, comme je l’ai vécu par le passé (il m’en arrive de ces choses) D’un autre côté, le mec ne m’a pas fait de mal et ne faisait rien de répréhensible, je ne crois pas qu’une laverie libre service soit interdite aux gens qui ne lavent pas leur linge.


Alors la prochaine fois que je demande à mes amis twitter d’aller à la laverie pour moi, acceptez, ça vous évitera des articles du genre. Non mais !

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