Parce que l’occasion fait le larron

Des fois, je rêve de changer de vie… Mais je suis un peu trouillarde, comme on dit. Privilégiant la sécurité, je jalouse un peu parfois ceux qui prennent un virage dans un dérapage parfaitement contrôlé. Mais faut dire que parfois, la vie t’offre l’occasion de faire ce grand changement… mais encore faut-il la saisir.

Dream catcher - saisir l'occasion

Janvier 2018. Je rêve. Je rêve d’une autre vie professionnelle. Je suis fatiguée de poster des textes de moins de 100 caractères en moyenne pour vanter tel ou tel produit, répondre aux gens qui ne savent pas lire un mode d’emploi… Moi ce que j’aime, finalement, c’est traiter de la donnée. Je trouve extrêmement reposant de passer une journée à jouer dans les excels. Une nuit, peu de temps avant, j’ai eu une “révélation”. J’ai un cauchemar un peu récurent : je suis au lycée ou à la fac et je dois passer le bac ou rendre un mémoire et je ne suis pas prête du tout. Bonus : je dois passer un examen d’allemand et je ne parle plus un mot de cette langue (j’ai un peu envie de m’y remettre, d’ailleurs). Souvent, dans ces rêves, je me bats un peu puis renonce en mode “non mais j’ai déjà mon bac en fait” ou “je n’y arriverai jamais” et je me réveillais avec un goût de défaite dans la bouche. Parfois, au contraire, je me bats et cette fameuse nuit, j’étais dans la déclinaison extrême du rêve : je réussis… et je sais plus quoi faire après. Et là, dans mon petit cerveau endormi, la solution : data journaliste.

Data journalisme

En vrai, j’aimerais partir vers les études ou, à minima, le planning stratégique. J’ai deux ou trois petites cordes à mon arc qui pourraient tendre vers là mais… ça coince. En 2017, j’ai tenté une mobilité interne, j’avais une place promise dans une équipe de planning stratégique mais… mon salaire. Voilà. En résumé : trop chère pour changer de métier dans ma boîte, CV trop marqué sur le social media dans des boîtes qui ne me connaissent pas. Bref, je suis sur mes rails et je rêve d’une occasion pour prendre le prochain aiguillage. Sauf que… ben des occasions, j’en ai eu. J’en ai eu une magnifique il y a bientôt 4 ans, quand j’avais demandé de faire partie des licenciements économiques de mon ancienne boîte. Au lieu de prendre le cash, j’aurais dû demander le financement d’une formation… même si, à l’époque, je n’avais pas idée de mon appétence pour les stats donc bon…

Data visualisation

Et peut-être que les occasions, ça ne s’attend pas, ça se crée. Je lis souvent de belles histoires (pas sur LinkedIn, les gens y mitonnent bien comme il faut) de gens qui ont consacré du temps à une passion et ont réussi à en faire leur métier. Pour le coup, sur le data journalisme ou quelque chose du genre, on ne s’improvise pas comme ça mais y a peut-être des choses à faire. Non parce que passer mes journées à faire des recherches, des calculs, des synthèses pour en tirer un article et mes soirées à écrire des historiettes… oui, je crois que je serais bien heureuse.

Le bonheur est proche

Girl drawing smiley face on to a wall

Du coup, peut-être qu’il va être temps de bûcher un peu pour préparer le prochain aiguillage… même si là, de suite, je vais rajouter une ligne à mon CV, toujours dans ma branche (oui, j’ai démissionné). Peut-être une nouvelle occasion à venir ?

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Quand tu as un plan de vie mais que la vie s’en fout

Vendredi soir, 21h, je jette mon sac dans l’entrée et m’effondre sur le canapé, un peu heureuse d’en avoir fini avec cette semaine de merde, un peu inquiète de celle qui suit. Fin mars, je faisais un peu ma maline en mode “héhé, en avril et mai, je fais pas une semaine complète, ahahah!”. Et effectivement, j’ai inauguré la semaine dernière ma première semaine de 5 jours depuis début avril et autant vous dire que j’ai salement payé l’addition… Ruinant au passage mon joli plan de vie. C’est quoi l’issue, en fait ?

Quand t'es sous l'eau

Alors j’ai absolument conscience que ma chouinerie du jour transpire le problème de riche mais voilà, ça m’agace. Pardon ça m’agaaaaaaaace. Voyez, depuis ma sublime épiphanie, j’avance dans mes projets de vie parfaite. Ca se résumerait en : écrire mon roman (le roman de Maja est le seul projet que je tiens bien, 186 pages recopiées actuellement et partie 4 (sur les 4) entamées), écrire des articles et réaliser des vidéos de “résistance” (on en est même pas à un mois de Macronisme que je suis déjà en souffrance), monter mes vidéos de vacances (faut que je vous parle de tout ça, d’ailleurs), lancer mon blog bien-être, faire du sport tous les jours, reprendre mon Morning miracle, finir ma robe qui attend depuis décembre sa parmenture, coudre en général… Ah et oui, consacrer 8h par jour au travail.

plan de vie sous forme de bullet journal

Je voulais me faire un bullet journal aussi mais j’ai un souci avec le fait que j’ai une écriture dégueulasse

Sauf qu’entre la vision que j’ai de mon boulot désormais (job alimentaire) et la réalité, il y a une certaine marge. C’est à dire que je sais bien à quelle heure j’arrive le matin mais jamais à quelle heure je partirai le soir et autant vous dire qu’à part lundi, je n’ai pas réussi à filer à une heure qui commence par 1… Et comme en plus, le retour de la clim me nique les yeux (je pense à cause de la poussière accumulée en hiver qu’on me souffle gentiment à la figure maintenant), je rentrais chez moi avec la nuit, épuisée, cramée, finie. Oh, j’ai ma part de responsabilité, certainement : appelez ça la conscience… ou plutôt la bonne poire, je crois. Bref, je m’en sors toujours mais comme je disais à notre petit junior (qui fait deux têtes de plus que moi) “je sais que je vais y arriver, je m’en sors toujours… et je crois que c’est justement là, le problème”.

Xena la guerrière

Parce que j’ai beau n’en avoir rien à faire de mon travail, j’arrive pas à bâcler vraiment. Un vieux relent du syndrome de la bonne élève qui ne me lâche pas, sans doute. Connerie. Non parce que dans le monde du travail, tout ne va que dans un sens : je me crève le cul pour des queues de cerises (2% d’augmentation en 2 ans et cette année, je vais m’asseoir dessus. C’est pas comme si j’avais appris un nouveau boulot toute seule comme une grande) mais je n’arrive pas à lâcher prise, m’en foutre que ça le fasse plus. En fait, ce qui m’agace le plus dans l’histoire, c’est clairement moi, sachez-le. Mais du coup, en cas de grosse semaine comme ça (et celle qui débute au moment où vous lisez cet article ne s’annonce guère mieux), ma vie rêvée est reportée. Encore et encore. Jusqu’à quand ?

Une femme essaie de s'envoler avec un parapluie

J’essaie de m’organiser, caler le max de trucs dans mes journées. Même ma présence au boulot est hyper minutée. Mais ça ne rentre pas. J’aimerais que ce soit quelque chose comme :

– 6h15-6h45 : sport

– 6h45-7h15 : écriture

– 7h15-8h30 : aller réveiller mon adoré, câlin, douche, habillage, maquillage, petit déj.

– 9h30-10h : un peu de veille au bureau pour me cultiver un peu

10h-12h : travail

12-13h : pause dej

13-14h : écriture

14h-17h : travail

17h-17h30 : repos

17h30-18h : veille boulot

18h-18h30 : travail (administratif)

19h30 : maison

Et no pression pour la soirée, je profite avec mon adoré. Et pour le week-end, je me rêvais un truc genre : samedi écriture et cuisine et le dimanche travaux manuels mais ça, j’ai déjà abandonné. Alors vous allez me dire que je ne consacre “que” 5h30 au travail mais dans les faits, less is more, comme on dit et puis personne ne peut bosser 8h d’affilée sans glander à un moment ou à un autre.

difficultés de concentration, rêvasserie

Moi en réunion quand je préfère imaginer la suite de mon roman que d’écouter les gens qui parlent de trucs ne me concernant pas

Alors comment on fait en fait ? Comment on arrive à équilibrer sa vie quand on bosse dans un milieu où le premier qui part a perdu, qu’on ne tolérera pas que tu n’aies pas fini ton boulot à temps, peu importe l’heure à laquelle tu finis (parce que le problème, c’est forcément toi, pas le sous-= staffing)(et j’ai malheureusement très bien intégré cette vision, j’arrive pas à la déconstruire). Et encore, moi, j’ai pas d’enfants, ce sont juste mes projets de ma vie rêvée qui sont en péril, hein. Certains me diront que je cherche à faire d’autres choses mais : y en a qui y arrivent et surtout, c’est ça qui me rend heureuse, au fond. Faire pleiiiiin de trucs, faire comme si je vivais plusieurs vies.

Atelier créatif, machine à coudre, matériel

Bon, je vais chercher des stages en affirmation de soi et dire non sans avoir peur de se faire virer. Si j’arrive à le caser dans mon emploi du temps.

 

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Le travail n’est pas le bonheur

Ces derniers temps, j’essaie de changer quelques paradigmes dans ma vie pour être le plus heureuse possible. Ca passe par un meilleur rythme de vie, une alimentation saine mais quand même gourmande parce que ça fait du bien, savourer les moments heureux… et me rappeler à chaque moment que je ne suis pas définie uniquement par le travail et que celui ne fera pas mon bonheur à lui seul.

bureau à niveaux

Mais que ça m’a l’air bien pratique cette petite chose !

Samedi, un candidat en mousse a jeté un “Je ne veux plus entendre qu’il est plus intéressant de faire autre chose que de travailler”. Genre, le mec qui a passé sa (relativement courte) carrière à fouler les moquettes épaisses des bureaux lambrisés éclairés par lourds lustres prétend nous expliquer ce qu’est le travail ? Laissez-moi rire. Mais passons sur Macron (je vous expliquerai peut-être un jour pourquoi je le méprise du plus profond de mon âme mais pas aujourd’hui) qui n’est finalement qu’un énième politique à brandir le travail comme solution à tout et revenons justement sur cette notion très bourgeoise de travail qui est la valeur la plus importante de votre vie.

Britney Spears dans le clip Work bitch

Britney photoshopée approves

J’ai plutôt de la chance : même si je ne fais pas le travail que j’avais prévu de faire étant jeune, je ne m’en sors pas si mal. J’évolue petit à petit, j’ai réussi à me débarrasser du community management (je vous expliquerai un jour à quel point je déteste ça… le jour où je serai certaine d’être bien sortie du social media)(enfin, je déteste pas le social media en soit, j’aime bien faire les planning éditos, par exemple, et réfléchir à une stratégie globale), je rentre de plein pied dans la social data, mon but étant d’arriver dans la digital data soit en rejoignant une équipe de planning strat, soit notre département études, soit une poste de data manager. C’est pas encore trop défini mais mon nouveau rêve de chichounette, ce serait de réaliser des études en partenariat avec des journaux, histoire de concilier ma carrière opportuniste et mes rêves de jeune fille. Je me suis égarée, là, non ? Bref, bon an mal an, je ne suis pas en larmes le matin quand je quitte l’appart, y a même des jours où je rentre le soir avec ce doux sentiment de devoir accompli.

se détendre

Marrant, pour illustrer cette idée de devoir accompli, je prends une photo qui raconte plus un côté « s’être libérée des tensions »

Mais je suis une chanceuse. A côté de ça, il y a tous ceux qui n’ont pas pu avoir de réelles carrières, par mauvaise naissance ou accident de la vie, mauvaise orientation, peu importe. Ils prennent le premier boulot qui leur permettra de boucler le mois sans trop finir dans le rouge, ils seront équipiers au McDo, caissiers au Leclerc, livreurs, ouvriers à la chaîne… Des métiers où l’on se lève souvent à 5h du matin, où on rentre au bout de sa fatigue le soir et… et où franchement, on n’a rien fait d’intéressant, intellectuellement parlant. Ne voyez aucun mépris dans mes propos vis à vis de ces métiers. J’ai été guichetière à la poste, j’ai trié du courrier aux petites heures de la matinée et… Ca a le mérite de payer mais une fois que t’as appris les 3-4 trucs à savoir, les journées s’écoulent dans une routine qui s’étire, s’étire, s’étire… le “bored out” si catastrophique pour ceux qui ont la chance d’avoir un boulot à priori intéressant, c’est le quotidien… et ça fatigue.

La fatigue au travail

Et ce n’est pas tout. Le travail, c’est quoi au fond ? J’ai un travail qui me permet de vivre plutôt bien, qui me prend 8h/jour à priori (plus par moment, moins à d’autres), soit un tiers de ma journée. Un autre tiers est censé me servir à dormir mais je suis plutôt à 6h, on va mettre mes divers temps de transport dans les 2h restantes… Quoi qu’encore, non, ce n’est pas du temps de perdu puisque c’est du temps de lecture le matin et du temps d’écriture le soir… Donc si on enlève les 14h de sommeil et travail, il me reste à peu près 10h… Tu veux dire que je suis censé m’en servir pour travailler plus ? Dans les faits, c’est un peu ce que je fais. J’écris, par exemple : ici et sur mon roman de Maja (j’en arrive à la page 50 !), je lis pour me cultiver et réinjecter mes savoirs parfois dans mon travail rémunéré, souvent dans mes écrits loisir. Mais comme je ne suis pas payée pour ça, ce n’est pas du travail ? Le temps que je passe à écrire ces modestes lignes et le temps que vous passez à le lire, c’est du temps gâché pour tout le monde ?

Perdre son temps

Et je ne parle pas de mes autres activités : le sport que je pratique régulièrement dont le yoga qui me permet d’affronter avec beaucoup plus de sérénité mon travail rémunéré, idem pour la sophro. Et puis le temps que je passe avec mon Victor, avec mes amis… Désolée, Manu, tu dois être bien malheureux dans ta vie pour croire que vivre est moins intéressant que travailler. Moi, vois-tu, j’essaie de gagner un max de temps libre pour que le travail ne soit plus le coeur de ma vie mais une parenthèse de 8h entre tous mes projets. Et tu sais quoi ? Je suis bien plus heureuse depuis que j’ai placé mes billes ailleurs. Surtout que le monde du travail, il me dégoûte de plus en plus. Je vous en parlerai un autre jour.

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C’est trop d’amour

Dimanche soir, me voici de retour chez moi après un week-end éreintant à base de mariage de Yohann le presque frère. Aller-retour quasi express, peu d’heures de sommeil et amour à tous les étages. Seule face à mon bol de céréales (équilibre alimentaire mon amour), je suis prise par la bipolarité de ce genre de week-end : heureuse et triste de me retrouver enfin seule.

Je suis un être social. Rarement chez moi, je cours de la chorale à la plongée, des afterworks aux thés entre copine, de brunchs aux dîners. J’aime la vie en société mais je l’aime car j’ai aussi des moments de solitude, des moments rien qu’à moi où j’écris, je couds (enfin, j’ai cousu une fois), tricote, lis ou même dors. Après des séjours en collectivité, je ne rêve que d’une chose : me retrouver enfin seule.

Mais après de grands moments de fusion collective, la solitude paraît soudain un gouffre. Oui, c’est cool de prendre des douches interminables, rester 15 mn aux toilettes à faire des mots croisés, de se balader en culotte et de manger des tartines de kiri, de ne pas parler, de chanter à tue-tête… Mais y a un manque étrange, ce silence devenu inhabituel te bourdonne dans les oreilles et surtout, surtout… Y a plus d’amour.

Dans ce type de week-end, on est surboostés par le bonheur d’être ensemble, les rires fusent, on est heureux de se retrouver. On baigne dans une atmosphère chargée d’adrénaline et d’ocytocine. Et soudain plus rien, le vide. Seul mon chat me témoigne son affection, mon mec est à un bon millier de km et je me sens con. Sensation étrange de ne pas assez avoir profité.

Comme je le disais l’an dernier, Cendrillon a la gueule de bois. Heureusement, ma maman vient sur Paris fin septembre. Heureusement, ma sœur va accoucher fin novembre. Heureusement Noël n’est pas si loin. Des kilos d’amour familial en perspective. Mais au moment T, quand tu te retrouves seule face à ton chat et ton bol de céréales, tu te tapes un bon vieux cafard…des familles, justement.

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Le mariage, cette galère !

Le week-end de l’ascension, j’étais de mariage dans le Finistère Nord, terre d’origine de mon grand-père maternel mais aucun rapport puisque j’étais au mariage de Lena. Pour rappel, c’est une copine de plongée et je vous au déjà raconté l ‘EVJF (je bosse un peu mon référencement en ce moment, faites pas attention). Le mariage des autres étant toujours une bonne occasion de savoir où on en est sur le sujet, je me suis dit : tiens, voilà un bon sujet pour une petite saga de l’été genre « le mariage, qu’elle galère ! ».

Avant de poursuivre, une précision : je ne suis pas très chaude à l’idée de me marier, moi, mais je suis toujours sincèrement heureuse quand les autres se marient car c’est leur choix. Ceci étant dit, ceci n’est pas un pamphlet anti mariage mais « la chronique du pire », on dira, une vision cyniquement tendre de ce qu’il est convenu d’appeler « le plus beau jour de notre vie ». Parce que peut-être que le mariage, c’est comme la plongée : au début, tu te dis qu’il faut être particulièrement con pour (s’)investir dans un sport consistant à enfiler une combi en Néoprène qui te compresse et t’irrite le bout des doigts, te trimballer 20 kg de matos, sauter dans une eau à 13• mais une fois sous l’eau, tu oublies tout, tu es juste bien.

Alors cet été, ne manquez pas tous les mercredis « la galère du mariage » sur les vingtenaires. Com !

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Et voilà, 31

Ce matin, c’est officiel, je passe un cap : j’ai 31 ans. Bon, techniquement, je les aurai à 13h45, j’étais une lève-tard dès la
naissance. Mais voilà, mon acte de naissance en atteste, j’ai 31 ans et en fait, j’en suis ravie. Pourquoi ? Parce que je tourne enfin la page de mes 30 ans et c’est pas trop tôt.

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J’attendais beaucoup de mes 30 ans, je désirais un vrai changement et j’ai été servie. En premier lieu, j’ai voulu changer de boulot. Objectif rempli début juillet… et fin janvier. Oui, deux fois. C’était pas prévu au programme ça mais aujourd’hui, je dis merci la vie. Parce que j’aimais pas vraiment mon ancien nouveau job, je me levais tous les matins de mauvaise humeur en me disant que non, j’avais carrément pas envie d’y aller. Alors qu’aujourd’hui, je râle juste parce qu’il faut se lever et que j’aime pas ça (cf premier paragraphe). Mais aller au boulot ne me pose aucun souci, je m’y épanouis pour la première fois depuis quasi deux ans (du moins un an et demi), et oh, wouah, ça fait du bien. 
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Le matin de mes 30 ans, je me suis réveillée dans les bras de l’Amoureux et j’étais heureuse. Ce matin, je me suis réveillée seule et je n’en suis plus malheureuse. Gros progrès. Je vais devoir repartir sur les chemins de la conquête mais en ce moment, j’avoue que j’ai légèrement la flemme, ce serait bien que la vie m’aide bien sur ce coup là parce que j’ai pas très envie de chasser. Les sites de rencontre m’ennuient au possible et je n’ai guère de pistes intéressantes à suivre pour le moment. Je ne me fais pas de soucis sur le sujet, en fait et y a pas d’urgence sur le sujet. Passons donc à la suite.
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J’ai envie d’écrire mes 31 ans comme une belle année dans mon livre de vie. Facile à dire, hein, j’ai pas toujours le contrôle des événements, j’ai dit pareil pour mes 30 ans qui ont commencé à sentir le poisson avarié à partir de septembre-octobre. Puis gros marasme à partir de janvier mais j’ai soufflé et me suit dit que l’effondrement de mon univers, je l’avais vécu en 2007 et qu’à partir de mon anniversaire, tout s’était arrangé. Alors on va dire que c’est exactement pareil. C’est peut-être pas rationnel mais force est de constater que les choses se calment bien depuis quelques temps. Oh je ne vais pas crier victoire pour autant. J’ai remarqué que ce blog a un espèce de pouvoir prophétique et il suffit que j’écrive en toute lettre “ouais, le marasme est fini” pour que je me reprenne une baffe dans la gueule. Alors je ne dis rien.
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Je dis juste qu’être un bébé du printemps est plutôt une bonne chose puisqu’on change de chiffre au moment où les beaux jours reviennent, ça booste, ça donne envie d’aller de l’avant. Et j’ai du boulot. Parce qu’en déménageant mon blog, je me suis rendue compte que début 2006, j’avais de grandes ambitions… qui ressemblent beaucoup à celles que j’ai formulées cette année dans le sens “vie plus saine, je serai plus égoïste”. Mouais ben 5 ans plus tard, j’ai certes un boulot et j’ai progressé sur pas mal de domaines mais me reste toujours les mêmes bêtes noires que nous nommerons “je ne suis pas du matin” et “je procrastine à mort au lieu de faire des choses constructives”. Faudra qu’on en reparle à l’occase, je vais avoir besoin de toi, lecteur, je t’expliquerai.
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Bien, je vais terminer cet article sur un pur paragraphe égoïste (je progresse) et je vais me souhaiter un joyeux anniversaire, une année qui, je l’espère, va me combler même si, pour une fois, je n’ai pas idée de ce que je veux précisément. Je vais vivre, on verra où nous en serons dans un an.
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CRITIQUE DE LA LIAISON PRATIQUE

Par Diane

Plantage de décor : j’étais il y a peu en train de déjeuner avec mes amies Gudule et Cunégonde, cette dernière nous contant ses aventures avec ce qu’elle
appelle son « amant », qui équivaut en langage de djeuns contemporains, -d’après ce que j’ai pu lire dans cosmo en tous cas-  au très populaire « sex friend », c’est à
dire un jeune étalon avec lequel on biscote ardemment de temps en temps, quand on en a envie, sans attaches affectives intensives, et sans qu’il aie à venir nourrir le Chat Perceval quand on part en vacances. Devant le récit de ses biscotades légères et libidineuses, je vis soudain Gudule pousser de gros soupirs et nous avouer toute penaude que, elle qui était en couple sûr stable solide depuis plus de 5 ans, elle qui nous contait souvent ses petites joies concubinantes (et je ne vous raconte pas toutes les allusions tendancieuses qu’on peut tirer de ce néologisme là), eh bien
elle, en écoutant Cunégonde, sentit soudain le démon de l’envie s’emparer d’elle. Elle enrage, elle en désespoir, elle en mollesse ennemie de son petit couple gentillet option ikéa et dimanche en famille.

Alors moi, je compare.

1/Gudule soupire sur l’étiolement de la passion qui aux premiers temps de leurs florissantes amours enflammait leurs âmes et leurs libidos. Elle se rappelle, l’œil
humide et lointain, les temps où Childebert aurait creusé la terre jusqu’après sa mort pour couvrir son corps d’or et de lumière…

Aujourd’hui Childebert, Humain trop humain, se gratte les coudes devant le match de foot et se tripote le bide qui grossit au fur et à mesure des descentes de
bières.

2/Les Passions de l’âme ont déserté son quotidien, et elle nous rappelle qu’être en couple signifie également subir tout un tas de petits désagréments matériels
tels que la belle-mère qui critique ta ratatouille (vous mettez trop de poivrons, Gudule !), le caniche quipuequipète de la dite belle mère à sortir, et surtout à supporter,  ou encore les moultes névroses que votre cher compagnon prendra bien soin de vous imposer.

3/Gudule nous avoue qu’elle jalouse aussi ce petit goût de liberté qui a déserté ses pensées. Etre en couple, c’est être, d’une façon ou d’une autre, attaché à l’autre. Si l’on veut tout d’un coup partir à l’autre bout du monde, là où on dit qu’il y fait toujours beau (c’est là que migrent les oiseaux), il faut penser à l’autre (et si lui il veut pas ? je pars quand même ou pas ?). Ou, à échelle plus réduite, si j’ai envie de sortir le soir, de partir en week end avec une amie, il faut toujours prévenir l’autre, avoir en quelque sorte « des comptes à rendre », elle sent que ça enlève à sa vie une sorte de spontanéité.

Et à passer sa vie aux chaud dans ses pantoufles

il se pourrait alors que vos amours s’essoufflent…

Et voilà t’y pas que Cunégonde en rajoute une couche que ouaaaiiis c’est top kiffe cool la vibe le sex friend. Alors moi, je m’interroge


CRITIQUE DE LA LIAISON PURE

Cunégonde nous affirme donc que l’hédonisme est un humanisme, qu’elle se consacre à la jouissance totale et sans entraves morales ou matérielles, qu’avec son
« amant », vu qu’il n’y a pas d’attaches, elle se sent d’une liberté totale et se permet plus de choses, laisse parler ses fantasmes et ses instincts, sans se réprouver, et je ne parle pas que de biscotage, bande de pervers libidineux que vous êtes. Etant donné qu’elle ne se sent pas redevable vis à vis de lui, qu’elle ne cherche pas particulièrement à lui prouver quelque chose, à attester qu’elle est une fille bien et intelligente et spirituelle et morale et que sais-je encore, elle se sent totalement désinhibée et par conséquent laisse s’exprimer ses instincts que la bonne morale ou la Métaphysique des mœurs réprouveraient. Mais à passer sa vie à jouir de ses instincts, se pourrait-il alors que cet amour soit vain? (excusez moi lecteurs, d’avoir pour mes refrains, pris, l’esprit joueur, goût à l’alexandrin…)  

Et là, voyant Cunégonde empêtrée dans ses chimères et sachant que l’Avenir d’une illusion n’est jamais rose, je me sentis immédiatement investie d’une mission de
plombage d’ambiance et de raisonnage caractérisé. Je lui sortis donc, en contrepoint de son éloge de la folie et peut-être aussi pour rassurer notre larmoyante Gudule prête à s’enfuir à Acapulco avec Miguelito le serveur Mexicain du bar, deux arguments :

1/L’authenticité : je me demande : le fait d’être totalement désinhibé, sans  entraves aucune, est-il facteur d’authenticité ? Est-ce être vraiment soi que de ne pas se réfréner ? Est-ce que notre raison, notre morale ne fait pas partie de nous autant que nos vices ?

2/L’intimité : et là, c’est à mon humble avis l’argument en béton, celui qui fait s’écrouler les 99 autres pro-amant-coupdevent qu’on avait pu énumérer avant.
La légèreté, la liberté totale de mouvements, la pure indépendance peut aussi avoir ses inconvénients, la légèreté à son revers qui est la solitude, le manque de solidité. Ne pas avoir d’épaule sur laquelle pleurer ses états d’âmes, ne pas avoir quelqu’un qui aie besoin de nous, bref ne pas connaître ce petit frisson serein, cet étrange sensation d’harmonie et d’apaisement qui nous traverse quand on entend la voix ou quand on sent l’odeur de l’autre sur un vêtement laissé là, c’est quand même louper un sacré bout d’essentiel.

Et me voilà lancée devant mes deux amies sceptiques dans une critique ou plutot un éloge d’une hypothétique et idéale liaison dialectique, qui serait faite bien sûr
d’un dialogue entre la liaison pure et la liaison pratique,  où seraient habilement mêlés l’intime et le léger, et où une heureuse Cunédule roucoulerait des jours heureux en compagnie d’un homme à la fois raisonnable et exalté, une sorte de Roméo pantouflard qui ferait la cuisine en lui récitant du Lamartine.

Et Cunégonde de me répliquer : « A quoi ça sert d’en discuter de toute façon, puisque je suis heureuse » ….Les gens heureux sont
désespérants.

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De chômeuse à travailleuse : le moment M

Lundi, je vous ai donc appris, l’air de rien, que j’avais du taff. Un vrai, un CDI, avec des horaires et un bureau et tout. A moi les joies du métro aux heures de pointes sur une ligne qu’est pas des plus joyeuses mais putain, ça me rend heureuse.

virgin-suicides

Revenons au moment M, celui où mon téléphone a sonné. Je vois s’afficher un numéro bizarre à 4 chiffres donc à aucun moment, je ne pense que c’est la réponse à mon entretien. En fait, j’étais pas certaine, certaine d’avoir la réponse vendredi, peut-être que tous les gens n’avaient pas rendu leur rédactionnel ou autre. Donc je suis en terrasse avec Lola et je m’en fais peu. Ma sœur a beau me harceler parce qu’elle a oublié son portable, ça va.

 Donc 18h, le téléphone sonne, ce curieux numéro à 4 chiffres. Et là, l’incroyable, l’inattendu et l’inespéré arrive : « vous êtes prise Nina. Tu commences lundi ? ». Voilà, ça, c’est Claude, mon nouveau boss donc et maintenant, on se tutoie. J’ai eu un petit aperçu de mes collègues (mes collègues, ouééééééééé) en allant à l’entretien jeudi, je pense que je serai dans les plus vieilles et ça rigolait bien. Mais bon, je verrai quand je serai intégrée.

Donc il me reste un week-end avant de devenir une salariée. Sur le coup, je percute pas, même si je me mets à trembler comme une feuille puis tout à coup, tous les aspects positifs arrivent. Avoir un boulot, ça veut dire avoir des horaires, se lever à une heure décente (genre à une heure à un chiffre), vivre le même rythme que les autres, ne pas rougir quand on vous demande votre profession. Ne plus avoir à subir les « mais tu envoies des CV au moins ? », « il paraît que tel journal recrute, tu devrais postuler », « moi, je connais des gens qui ont trouvé du boulot facilement dans ta branche, c’est bizarre… », « au lieu de pleurer, bouge ton cul, feignasse ! ». Ou le mieux « et tu vis comment ? Ah ce sont tes parents qui t’entretiennent… Ouais, je vois ! ». Oui, il y a des jours, j’avais la sensation de devoir m’excuser d’être au chômage et de demander à mes parents de m’entretenir. Mais moi, je demandais que ça d’avoir du taff et enfin ! Faut dire que ces derniers mois, je n’ai vraiment pas ménagé ma peine et enfin, ça a payé !

 Après avoir réalisé, des tas d’idées me viennent en tête. La première : youpi, je vais déménager ! Bon, je vais attendre un chouia avant d’envoyer mon préavis mais ciao mon rez-de-chaussée, youhou ! Ah tiens, ça me fait penser qu’il va falloir que j’ouvre un nouveau compte en banque, le mien est toujours domicilié à Toulouse et c’est chiant. Ah oui, tiens, faut que je rapatrie tout ce qui était retiré sur le compte de mon père, genre le loyer, EDF-GDF… Et mes allocs alors, elles deviennent quoi ? J’ai rien déclaré en 2006 donc je devrais les avoir un an de plus, non ? Et les impôts comment ça marche ? Où je demande à être mensualisée ? Et pour la sécu et la mutuelle ? Hein ?

Et puis après, on pense aussi au boulot. C’est la première fois de ma vie que je suis embauchée en CDI. Mes boulots d’avant, c’était du court terme qui se mesurait en semaine ou en mois donc au pire, si je m’y plaisais pas, c’était pas grave. Là, ça va se mesurer en année. Le premier contact fut bon et je me fais pas trop de soucis pour être honnête mais c’est étrange de se dire que durant les prochaines années, ce sera ma vie, mon quotidien. Je me lèverai tous les jours ouvrables à 7h30 puis j’irai travailler et je rentrerai le soir, je pourrai même dire « pfiou,
je suis claquée ! ». Une vie rythmée. Ca peut paraître trop métro-boulot-dodo mais moi, ça fait quasi un an que j’avais pas bossé dans un bureau et ça m’enchante.

Le nuage noir du chômage est parti de mon ciel. Vendredi, je réalisais pas puis tout à coup, je me suis sentie épuisée. Toute cette tension accumulée ces derniers mois s’est envolée et j’avais juste envie de dormir. Le soir, après quelques coups de fils et récits MSNiens, tous mes amis sont ravis pour moi, je me demande si j’ai pas un peu trop foutu la pression sur
tout le monde avec mes gros coups de déprime et tout ça. Je sens que Nina la chômeuse va pas leur manquer à eux !

Moi maintenant, je vais avoir une vie plus jolie avec des horaires, des congés planifiés à l’avance (plus facile pour planifier les retours au pays), je pourrai m’inscrire à des activités artistiques et déménager aussi. Enfin, maintenant, je peux vivre, quoi ! Vendredi, je me suis endormie avec le sourire. Samedi, je me suis réveillée avec le sourire (sans rapport avec
le rêve érotique orgasmique que je venais d’avoir). Ca faisait longtemps que ma nuit n’avait pas été perturbée par des pensées noires. Et franchement, ça fait du bien.

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Accusé de réception

« Cher Père Noël,

Alors que je m’apprêtais à écrire à ton SAV pour dire que j’avais pas reçu l’homme idéal que j’avais commandé, le voilà qui m’arrive enfin ! Avec une semaine de retard sur le délai que je t’avais demandé mais on va pas chipoter pour une semaine. J’avoue que ce fut une belle surprise, je l’ai pas vu venir. Tu as plutôt bien respecté mes demandes, excepté les yeux verts et les 3 heures de train… Oui, faudra un jour qu’on m’explique comment je me débrouille pour toujours trouver des mecs qui vivent loin. Bon, je te confesse que tu as bien respecté certaines de mes demandes, comme la barbe (mmmm…), le beau profil, l’humour, la culture… Et il est même pas allergique aux chats, même si, pour l’heure, il n’apprécie pas trop Kenya. Bon, ok, c’est pas sa faute, elle est particulièrement chiante en ce moment.

Laisse-moi te raconter un peu l’arrivée de ton cadeau dans ma vie et surtout la livraison. Donc, comme je te disais, ce fut une belle surprise, je ne m’y attendais pas (ou plus, comme tu veux). Dès notre première conversation MSN, on ne se quittait déjà plus, on a fini par se déconnecter à 6h du matin… Heureusement, en ce moment, il y a de longs week-end. Bref, tous les soirs, on se retrouve, on se parle et on n’arrive pas à se quitter. Je t’avoue que me coucher tous les soirs entre 2 et 3h du matin, ça n’aide pas à être en forme au boulot le lendemain mais j’assume, je suis une professionnelle. Bon, j’ai la tête dans le cul et Pierre-Cécil doit se demander ce que je fais de mes nuits mais passons.

Avec le jeune homme, Alexandre, on se reconnaît, on s’attache, on devient accro l’un à l’autre. Le soir, je rentre, je jette mes affaires pour me mettre sur MSN et lui parler. Ce n’est pas que j’ai beaucoup de choses à lui raconter, mes journées ne sont pas palpitantes, mais j’adore parler avec lui. Et c’est réciproque. A tel point qu’il décide de venir me voir dans la capitale. Je suis excitée comme une puce, je souris bêtement quand il m’appelle ou m’envoie un SMS, une vraie adolescente, en somme. Au départ, il devait dormir chez son meilleur ami et finalement, il vient directement chez moi. De toute façon, faut être honnête, il aurait passé toutes les soirées et nuits chez moi donc autant faire gagner du temps à tout le monde.

Mardi, le jour J, je suis trop nerveuse. Après avoir nettoyé mon appart, je me refais une beauté et je file le chercher à la gare mais le parcours est semé d’embûches. D’abord, j’arrive aux abords de ma gare, je vois le train arriver donc c’est parti pour un sprint. Sauf que pour arriver sur le quai, y a une sacrée pente donc je cours, mes abdos et mes jambes protestent, j’arrive en haut et… je me rends compte que le train n’arrive que dans 3 minutes, celui que j’ai vu ne s’arrêtait pas. Argh ! Bon, je prends mon train, j’arrive à la gare et je m’en vais prendre le RER. Toute guillerette, je glisse mon ticket dans la machine, je pousse la barrière d’un coup de bassin et… Aïe, il s’ouvre pas ! Bon, je reprends mon ticket et je vais au portique suivant, rebelote. Quoi ? Le ticket tout neuf du mois de mai qui me coûte les yeux de la tête ose me résister ? Je regarde autour de moi, personne ne vient. Bon, portique, c’est pas que ça m’enchante mais je vais te passer dessus. Comme je suis très maladroite, je vérifie quand même une dernière fois que personne ne vient car je pressens que je vais me péter le dos ou une dent (au choix). Pied droit, pied gauche… Ciel, je suis de l’autre côté et entière ! Bon, tant mieux, aller chercher Alex à la gare avec un dent pétée, ça l’aurait pas fait.

Donc je rejoins la gare où le jeune homme arrive, je suis un poil en avance et totalement stressée donc j’allume une clope. Au loin, je vois le phare du train qui arrive, mon cœur bat à tout rompre. Ben, merde, me voilà aussi nerveuse qu’une collégienne qui a rendez-vous avec un garçon pour son premier baiser. Le train s’arrête, les gens descendent et là, panique : sans lunettes, je ne distingue pas les visages. Il va arriver et je le verrai même pas, ça le fait pas de coller un vent à ce pauvre garçon d’entrée de jeu. Dieu merci, il était au courant de ma vision pas très nette donc il a mis un T-shirt que je lui connaissais. On se retrouve enfin face à face, en vrai… La rencontre est plus que chaleureuse puisqu’on s’embrasse à en perdre haleine. Enfin, on se trouve !

Bon, ensuite, on va au resto, on rigole bien. C’est un peu comme si on se connaissait déjà, on est très à l’aise. On se dévore des yeux, on se caresse du bout des doigts. Bon sang, Père Noël, t’as quand même bien fait les choses, quel charme ! Déjà, en photo, il était bien mais en vrai, miam ! Après un bon dîner, on repart, le cœur léger, on monte dans le métro mais au bout de deux stations, panique : il n’a plus son ordi portable. On retourne fissa au resto, il est persuadé qu’on lui a piqué, moi, je reste positive. Le séjour ne peut pas mal commencer, c’est obligé. Quand je lui sors mon argument, il me promet un massage si on retrouvait le pc. Ben, j’ai gagné (mais je l’ai pas eu, mon massage, je n’oublierai pas de le réclamer la prochaine fois !).

Comme on est un peu pressés de rentrer, on opte finalement pour un taxi. Comme on est très chanceux, on tombe sur un chauffeur qui a oublié de se doucher depuis quelques temps, le taxi pue la sueur, ce qui nous amuse. On se chahute un peu puis on arrive enfin chez moi. Bon, la tentative de massage a très vite dégénérée mais je n’en dirai pas plus, Père Noël, tu es un vieux monsieur et je ne voudrais pas te choquer. Sache en tout cas que je suis très satisfaite des performances du jeune homme…

La semaine en compagnie d’Alex fut plus qu’agréable et j’avais la gorge serrée quand il est parti. Une fois de plus, me voilà partie dans une histoire pas simple, je dois les chercher, quelque part. Mais bon, je pense que tout ira pour le mieux, vu que tout me sourit en ce moment. Puis tu es gentil, Père Noël, t’es pas comme le petit Jésus, tu fais pas des coups foireux. Puis tout le monde s’extasie sur mon nouvel épanouissement. Malgré mes courtes nuits et mes longues pauses coquines entre deux reportages (hihihi), malgré mes cernes, apparemment, j’ai bonne mine.

Voilà, merci donc pour mon cadeau, je vais en prendre bien soin, rassure-toi. Je voulais t’envoyer une photo du monsieur mais j’ai pas pu la mettre sur le pc… Je te l’enverrai quand je pourrai, tu verras comme je le traite bien.

Bisous Père Noël (et à la mère Noël aussi, ne soyons pas sectaire)

Nina, heureuse. »

 

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