Le pouvoir de la carotte

Cet article ne traitera pas des bienfaits de la carotte, le légume, je suis pas nutritionniste.

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L’autre, je vous racontais que je galérais grave pour quitter mon lit adoré. Peu importe l’heure du coucher, c’est tous les matins le même drama. Le réveil sonne, je snooze, snooze, snooze jusqu’à l’ultime limite… qui ne cesse d’être repoussée. Parce qu’on ne me dit rien si j’arrive bien tard, il m’arrive parfois d’exagérer et je me sens toute minable après. Et comme j’ai une tendance naturelle à l’autoflagellation, je vous dis pas comme je me fais plaiz “non mais t’es qu’une merde ma pauvre fille ! Heureusement que tu avais prévu de te lever tôt”.

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Alors je dis stop, ça suffit les conneries. D’abord, j’arrête de vouloir me lever dès l’aube pour faire des trucs avant d’aller bosser car je sais que je le ferai pas. Comme m’a dit Anaïs “ça sert à rien les résolutions que tu sais que tu tiendras pas à part te donner un sentiment d’échec” (admirons sa sagesse). Je suis une couche tard même quand je me résous à me lever tôt, faisons donc plutôt les choses le soir, basta. Point 1 réglé.

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Il n’en reste pas moins que je dois arrêter de traîner au lit gratos. Oui, j’aime rêvasser, me rouler dans mes draps, m’étirer à n’en plus finir… et me rendormir, ce qui me fait rentrer dans le cercle vicieux et malsain du snoozing honni. Je dois donc trouver une carotte pour me lever plus tôt, d’autant que j’y arrive sans soucis si j’ai un rendez-vous à respecter, allant même à me lever à 5h30 un dimanche matin pour aller photographier le soleil levant sur le pont Alexandre III. Ou respecter un rendez-vous client. Et pourquoi, là, j’arrive à me lever : car j’ai une raison précise de le faire (respecter une horaire).

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Donc je réfléchis et je cherche comment ne pas me rendormir, quitte à savourer quelques minutes de doux réveil. On m’a proposé quelques solutions mais j’y trouve toujours un mais :

  • La masturbation : plusieurs personnes m’ont expliqué que quand elles dormaient seules, elles s’adonnait à la masturbation, profitant de l’énergie provoquée par l’orgasme pour se lever. Sur le papier, je trouve ça tout à fait charmant pour débuter la journée du bon pied mais moi, vu que je m’en sers plutôt pour m’endormir sereine, je suis pas sûre que mon cerveau décrypte correctement le message.
  • Mettre un réveil loin : le matin, je suis d’humeur “pas de bruit, merci”. Un réveil qui sonne au loin et me force à me lever vite pour l’éteindre, ça va forcément me mettre de mauvaise humeur.
  • La musique : là, je pense que je tiens un truc intéressant mais je sais pas programmer mon ordi pour qu’il me lance une playlist “bonne humeur”. Non parce qu’à une époque, j’avais une appli qui lançait mes mp3 en guise de réveil… et bien je peux vous garantir que la BO de requiem for a dream les jours de pluie, ça vous donne plus envie de vous pendre que de vous lever. Et accessoirement, j’ai plus de mp3 donc j’attends avec réelle impatience que Spotify propose une fonction “réveil” dans son appli.
  • La télé. Non. Juste non. D’abord parce que ça fait 6 mois que j’en ai plus pour une sombre histoire de télécommande qui ne marche plus et que je pense pas à appeler SFR pour en obtenir une nouvelle. Mais surtout la télé le matin, je peux paaaaaaaaas ! Et si je mets des vidéos rigolotes, ce sera pire que tout, je les regarderai au lieu de me préparer.

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J’ai d’autres idées, plus farfelues :

– la tirelire du réveil : à chaque lever réussi, je mets une certaine somme (1 ou 2 euros) dans la tirelire comme ça, à la fin, je m’offre une récompense. Le seul souci de cette idée de génie (au moins), c’est que a/ j’ai jamais de monnaie et b/ j’irais forcément casser la tirelire quand les agios tombent. Donc bon…

– écrire au lever : à une époque, je plaçais ma tablette près de mon lit pour écrire dès le lever. Je ne l’ai, bien sûr, jamais fait…

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Je cherche la motivation, la carotte. Le truc qui me donne envie de quitter mon lit au plus vite, arriver pas trop tard au boulot, fraîche et sereine. L’idée de faire du yoga me paraissait pas mal mais c’est un échec retentissant. Idem pour tout autre sport, je suis toujours plus motivée le soir que le matin alors même que j’ai parfaitement conscience du bien que ça me fait.

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Je ne trouve pas ma carotte, ça m’agace. Alors peut-être que toi, derrière ton petit (ou grand) écran, tu as trouvé la recette miracle, la petite astuce magique qui t’aide à quitter tes draps en chantant la vie dès le réveil. Et comme tu m’aimes bien (mais si, je suis sympa en vrai), tu vas partager… Allez, steuplé, aide-moi à en finir avec les réveils chiffons !

Barcelona, Barcelonaaaaa !!

J’en avais envie, je me suis fait plaiz’ : j’ai enfilé mon sac à dos, pris ma fidèle Zéno sous le bras et c’est parti pour 4 jours en Terre catalane. Hop !
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Avant de vous raconter le périple, faut que je vous donne quelques éléments : j’ai vécu 25 ans dans le sud ouest, je suis à moitié catalane (française, certes) et je n’ai jamais étudié l’espagnol car dans mon lycée, ça se faisait pas espagnol LV3. C’est ainsi qu’à quasi 34 ans, j’avais jamais mis les pieds à Barcelone. Cette destination virant à l’obsession, j’ai pris les quelques jours qu’il me restait à poser et nous voila parties.
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Barcelona ! Like a jewel in the sun

Après une heure et quelques de coma dans un avion de la vueling (j’ai réussi à m’endormir avant le décollage), nous voici donc à Barcelone, je suis excitée comme une puce. Bus, métro, nous voici à Gracia, au nord de la ville. Point histoire : ce quartier était, à l’origine, un village qui a été avalé par l’expansion de Barcelone. Le quartier a conservé son côté village avec plein de petites placettes. Les drapeaux catalans fleurissent aux fenêtres, on va déjeuner à 13h, heure où personne ne mange car il est trop tôt.
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Après un panini avec de la charcutaille espagnole, du fromage espagnol et des patatas bravos avec ailloli (écrit comme ça, oui), on se rend au Parc Güell. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est assez compliqué à décrire. A la base, il s’agissait d’une cité jardin sur les hauteurs de Barcelone mais seules 3 maisons furent construites. Edifié par Gaudì, figure de proue du modernisme catalan, c’est…comment dire… ca pourrait ressembler à des maisons conçues sous acide. Et j’adore. J’ai un amour un peu particulier pour l’architecture espagnole et son côté mi tarte à la crème mi grandiloquent. Du coup, le parc Güell et son étrangeté me séduisent, je mitraille le moindre bout de céramique. Ajoutez à ça le temps magnifique et je suis aux anges. On finit la journée par un petit dîner pépère dans un resto conseillé par notre hôte AirBnB avec des calamars ultra frais et du risotto à l’encre de seiche (ma grande passion) et je suis tombée amoureuse de Barcelone.
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Le lendemain, comme il fait toujours beau, on joue de prudence et on file à la plage en profiter un peu. Quelques orteils dans l’eau, une petite sieste sous le soleil exactement. Je veux apprendre l’espagnol et venir vivre ici. Bon, par contre, se reposer sur la plage devient un véritable défi tant on est emmerdées toutes les deux minutes car des vendeurs de boissons ou des nanas TRES insistantes qui veulent nous faire des massages. Mais laisse moiiiiiiiiiiiiii ! On remonte ensuite vers le port pour nous rendre dans le quartier de la Ribera, pas loin du barrio gotico pour un nouveau déjeuner en terrasse avec un poisson hyper frais et une tartine d’un espèce de pâté poivron-tomate à se damner. Puis on repart sur Montjuic pour visiter la fondation Mirò. Alors autant vous le dire, je suis pas du tout un cador de l’art contemporain, j’essaie de garder une certaine neutralité, de ne pas rejeter le truc d’emblée mais globalement, Mirò, j’ai du mal à saisir… A la fin, ça finit à la blague « c’est quoi, ça, tu penses ? » « Oh bah comme d’hab, une femme, un oiseau, une étoile ». Le seul truc qui me parle, ce sont les titres un peu surréalistes qu’il donnait à certaines de ses oeuvres, à mi chemin entre écriture automatique et Kamoulox. A noter cependant la jolie vue sur Barcelone en direct de la terrasse.
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Le lendemain, la météo est plus morne, nous allons donc nous faire plein de visites avec, en tête : la Sagrada Familia. C’est ainsi que nous avons perdu la matinée. Comme une fatiguée du neurone que je suis, je pense pas 30 secondes qu’on pourrait réserver les billets sur Internet (alors que j’avais tenté de le faire pour le Musée Rodin quelques jours plus tôt) et nous voici à la fin d’une titanesque queue qui fait pas le tour du bâtiment, certes, juste la moitié. Une demoiselle vient rapidement nous voir « oui, alors voilà, les caisses sont fermées jusqu’à midi donc vous feriez mieux d’acheter vos places sur Internet, les points wifi sont là, là et là. Merci bisous ! ». Ok, il est 10h23, on va donc jouer la carte de l’Internet. Sauf que mon nouveau téléphone acheté 3 francs 6 sous n’a pas envie de bosser et celui de Zeno ne veut pas valider le paiement. Ok, on joue notre dernière carte : on rentre dare dare à l’appart (20 mn marche) pour tenter le coup sur ma tablette. Ouiiiiiiiiiii ! Bon vu qu’on a pris des places pour 14h, allons nous restaurer sur la petite place d’à côté, recouverte de pollen. Mais manifestement, je suis pas allergique au platane, en voilà une bonne nouvelle !
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La sagrada familia, donc. Il y a deux faces très distinctes, la nativité, très, TRES riche et la passion, limite un peu flippante, le début et la fin de la vie du Christ en somme. Au milieu, une étrange basilique aux sublimes vitraux, à l’atmosphère très festive avec toutes ces couleurs qui rebondissent sur les surfaces blanches, des colonnes pensées comme des troncs d’arbres. Selon les endroits où l’on évolue, le style change radicalement comme le cloître qui passe presque pour « classique », l’austère façade de la Passion oppposée à la luxuriance de celle de la Nativité… Initiée par Gaudì, elle est toujours en construction. Je sais pas si vous vous rendez compte mais on assiste à la construction d’une gigantesque basilique débutée alors que nos grands-parents n’étaient même pas nés et qui s’achevera sans doute sur nos vieux jours (j’ai lu une estimation à 2026, j’y crois pas trente secondes). Bref, je suis enchantée… mais aussi épuisée. Il faut le savoir, en Catalogne, ça souffle et pas qu’un peu (foi de la fille qui a passé tous ses étés d’enfance en Catalogne) donc on ressort de là saoulées d’air, épuisées.
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Après une pause cappucino, chocolat chaud, nous voici reparties à l’aventure, un petit tour chez Zara, on enchaîne Le barro gotico, la cathédrale avec des danseurs de Sardane devant, on remonte jusqu’à Passeig de Gracia avec la Casa Battlò puis on termine à Gracia dans un resto bio terriblement bon avec une serveuse géniale qui parlait très bien français, nous offrant ainsi le dialogue suivant : « bon, je vais prendre ce cocktail » « non, tu veux pas prendre ça, non » « Heu, celui là alors ? » « Non, tu veux pas non plus, c’est pas bon » »Bon alors si je veux boire du vin rouge, par exemple, je veux quoi ? » « Celui là est très bien ». Ouais, j’avoue, il est très bien.
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Dimanche, je repars sous la pluie (Zeno est rentrée plus tard). Le coeur un peu gros. Parce que j’ai pas envie de rentrer. Parce que j’apprendrais bien l’espagnol pour venir vivre ici. Mais aussi parce que j’ai eu une triste aventure durant ces 4 jours : on m’a volé mon appareil photo Reflex Canon super trop chouette. Je vous raconte ça demain.

Reprogramme-toi

Il y a deux versions de moi : celle que je suis réellement et celle que j’aimerais être. Le problème étant que j’aimerais certaines qualités, ou plutôt certaines habitudes, que je n’ai pas. Chassez le naturel, il revient au galop, paraît-il. Et pourtant, tout n’est-il pas question de construction mentale ?

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Pendant 27 ans, j’étais la pas sportive de service. Mais alors vraiment pas hors la marche à pieds (et encore…). A 33 ans, si je n’ai pas ma dose de sport, je me sens pas bien, je suis fatiguée, agressive voire même un peu déprimée. On ne peut pas dire qu’à la base, j’ai un naturel sportif, rien n’est moins vrai. C’est juste devenu une habitude, une heure ou deux où j’élimine mes toxines en laissant mon esprit vagabonder. La sueur a un effet bénéfique sur la plupart des problèmes. A défaut de les résoudre, il donne l’énergie de s’y attaquer.

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La question est donc : ai-je toujours été sportive sans le savoir et je n’ai découvert que tard mon naturel ou ai-je reprogrammé ma personne pour devenir sportive ? Le terme programmation peut paraître barbare mais nous marchons pas mal comme une machine. Ainsi, si je change certaines données, je pourrais peut-être atteindre cet idéal de moi que j’ai…

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Par exemple : la bouffe. J’ai de mauvais réflexes, je noie mon ennui ou ma baisse de moral dans la bouffe, c’est la nourriture doudou. En gros, j’ai donné la valeur “réconfort” à la nourriture (plutôt la version grasse et/ou sucrée, les épinards n’ont pas du tout la vertu bienfaitrice d’une Haagen Dasz sur mon moral) et donc je fais un peu chier mon monde en pincant le bourrelet parce que mon régime n’est guère efficace. Enfin, non, en vrai, j’embête pas les gens avec ça, je me tripote le gras seule devant ma glace mais je n’en parle pas à mes amis, j’ai des sujets plus intéressants. Donc l’idée serait de remplacer la nourriture par autre chose. Je m’ennuie ? Ben j’ai qu’à lire et dormir plutôt que manger. Pas le moral ? Allez zou, un bain qui sent bon…

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En fait, la clé de la reprogrammation me paraît être un changement d’habitude. Revenons sur mon arrêt de la clope (avec ce que je me la raconte ici, j’ai intérêt à pas reprendre). Ce qui me semblait insurmontable au départ, c’était de me départir de mes habitudes. Or ma vie ayant connu un léger changement (à savoir aller chez l’infirmière tout les matins au lieu d’aller directement au travail), j’en ai profité pour jeter à la poubelle cette méchante habitude. De la même, si je veux donc allier deux de mes objectifs qui sont a) arrêter de mal manger et b) être plus productive, il suffit peut-être juste que je n’allume pas la télé, que je n’aille pas sur le net. Je rentre chez moi, dîner léger, douche et au lit avec ma tablette pour écrire. Par exemple. Ou si j’ai pas envie d’écrire, je peux aussi faire quelques activités manuelles. Car les activités manuelles m’occupent les mains et me donnent moins faim, figurez vous… Enfin, c’est juste que j’y pense pas.

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Et pour mon bordel ? Comment remplacer l’ennui total d’une séance de ménage par un truc moins… plus… Enfin, que je ferais sans faire trop la gueule, quoi… Une sorte de réflexe pavlovien qui me ferait ranger tout ce qui dépasse, briquer tout ce qui n’est pas impeccable et avec le sourire et le plaisir de sentir à la moindre occasion l’odeur du propre.

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La question est finalement : est-ce possible de se reprogrammer ainsi ? De se programmer tout court dirais-je ? Faudrait que je tente en premier sur la bouffe, ça me paraît le plus facile et le plus profitable pour moi. Viendra ensuite ma transformation en Monica Geller. Surtout que si je mincis, faudra bien que j’achète de nouvelles fringues, hein… Et à la fin, on s’attaquera au pire problème de ma vie, ma presque malédiction (j’aime exagérer) : le snoozing.

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A moins que ce soit justement par là que je dois commencer pour que tout me paraisse plus facile ? On verra ça à mon retour d’Egypte. Car oui, je vous ai peut-être pas dit, mais la semaine prochaine, je vais plonger en Egypte. J’essaie de vous préparer des articles mais ma vie actuelle me permet mal d’écrire à ma guise. Mais je vais essayer promis !