Bienvenue dans le monde merveilleux des petites annonces


Bon, appart je veux, appart je cherche. Enfin, je cherche piano parce qu’aux heures d’ouverture des agences immobilières, moi, je suis aussi au travail. Donc comme je suis dans un bureau relativement calme de 3 personnes, je peux difficilement passer ma journée à harceler les agences. Donc alternative : je me rends sur le site seloger.com et je balance des mails à toutes les annonces qui m’intéressent. Sur une trentaine d’annonces, 3 réponses et encore, une, c’était pour tenter de me refiler un autre appart, plus cher. La recherche d’appart et la recherche d’emploi, même combat.



Donc je cherche. Etape 1, rentrer les critères : je cherche un appart F2 avec une chambre pour un maximum de 700 euros dans le 75 et un autre département de la petite couronne. Au début, je rentrais un minimat pour le loyer mais un F2 à 500 euros, c’est même pas la peine de le préciser en minimum, ça n’existe pas. Pour la surface, je n’ai pas toujours précisé mais après quelques visites (j’y viendrai, no panic), je ne veux pas moins de 28m², vivant actuellement dans 27. Je suis une grande, j’ai dit, je veux plus grand. Pourtant, au départ, je n’ai pas précisé la surface et je suis tombée sur quelques pépites, j’y reviendrai une autre fois.

Me voici donc face aux annonces et là, waaaaah, y en a plein. Mais avant de balancer mes mails sans réponses (je pense que les agences immobilières ne sont pas du tout web 2.0… Ni web tout court d’ailleurs), je lis bien tout ce qu’on me dit histoire de déceler dès le départ les pièges cachés.

Piège 1 : la seule photo qu’il y a, c’est la façade. Autant, sans photo, je peux me dire que l’agence n’en a pas fourni mais que l’appart peut être potable. Là, si y a juste la photo de la façade, c’est que c’est la seule chose de montrable sans effrayer le chercheur d’appart.

Piège 2 : « situé à un étage élevé ». Comprends : sous les toits et sans ascenseur.

Piège 3 : Oups, on a oublié de préciser le métrage carré. Comprends : cet appart est minuscule et honteusement cher mais viens le voir quand même, avec de la chance, tu n’as aucune notion de l’espace et tu vas te faire avoir comme un petit bleu, gnark gnark.

Piège 4 : « salle d’eau » au lieu de salle de bain. En gros, t’as un recoin douche dans un coin de la chambre, on n’a pas osé appeler ça « salle de bain ».

Piège 5 : coin cuisine. En gros, il y avait un lavabo, on a dit que c’était la cuisine. Tu peux ramener tes plaques et ton frigo, si tu te démerdes bien, ça passe.

Piège 6 : le prix. Sur seloger et sites assimilés, l’immense majorité des annonces sont émises par des agences immobilières. Sous entendu par des gens qui connaissent la réalité du marché. Donc ils vont pas louer un produit qui vaut 700 euros à 500, les agents immobiliers ne sont pas nos amis. La bonne affaire existe, bien sûr. Mais là, je viens de voir une annonce : appart 35 m², 650 euros TCC proche de Lavande sur Seine… J’ai envoyé un mail pour le visiter, juste par curiosité. Mais apparemment, le mail, c’est vraiment pas la bonne approche.

Entretien, acte 2

Souvenez-vous, la semaine dernière, nous étions en entretien. Après avoir tout préparé, nous voici devant M. le recruteur, prêt à démarrer cette joute orale qui nous donnera un emploi… Ou pas.


En général, ça se passe toujours de la même façon : le recruteur pose notre CV sous son nez et nous demande de nous présenter. Et c’est parti pour un récit de vie non exhaustif, allons à l’essentiel. Les vacances chez mamie en 1990, par exemple, on va s’en passer, bien sûr. Comme je suis une fille organisée dans ma tête, je fais par étape. D’abord les études. Le recruteur a beau avoir mon CV sous son nez, faut que je détaille. Pourquoi donc ai-je ce parcours, pourquoi ai-je choisi de faire histoire pour commencer ? Bon, je parle pas de mon choix de la série au bac parce que c’est un peu dépassé et qu’expliquer que le journalisme, c’est la voie depuis mes 15 ans, ça fait un peu « non mais c’est un choix de vie, vous savez, je voulais faire ça avant même de marcher ! ». Bon, inutile de trop rentrer dans les détails, expliquer que les cours sur l’Orient hellénistique dans la période antique, c’était bien sympa, ça ne fait pas avancer le schmiblick.

Après les diplômes, parlons des expériences professionnelles. Evidemment, en début de carrière, les expériences professionnelles, ça veut dire les stages, pour l’essentiel. Le but, là, est de tout valoriser. Je décris mes missions, book à l’appui pour montrer un peu ce que j’ai fait. Pour ma part, les stages pourris genre celui que j’ai fait en été 2005 dans une cave où j’ai quasi rien écrit, je l’ai même pas mis dans le CV pour éviter d’avoir à en parler. De toute façon, à cette période là, j’étais déjà pigiste pour un webzine pour lequel j’ai écrit deux ans donc inutile de tendre un bâton pour se faire battre. Donc voilà, on passe sous silence les côtés négatifs sauf s’ils peuvent servir à notre cause. Par exemple, si vous avez un un dossier sensible à traiter durant votre stage parce qu’on sait jamais, ça peut arriver, ne pas hésiter à le mettre en avant « oui, ça n’a pas été facile, j’ai dû prendre sur moi mais à l’arrivée, j’ai triomphé ». Blablabla. Oui, il faut comprendre que l’entretien, c’est comme un premier rendez-vous amoureux,on évite de trop parler de ses défauts.

Les défauts, parlons en. Les recruteurs sont joueurs, ils adorent nous poser des questions comme par exemple « quels sont, à votre avis, vos principales qualités et vos principaux défauts ? ». Pour les qualités, c’est facile, il suffit de reprendre les qualités demandées dans l’annonce et hop. Pour les défauts, par contre, bonjour la tarte à la crème. En général, on sort le lénifiant « perfectionniste ». Non mais sans déconner, ils attendent quoi « Bon, alors, moi, le matin, j’arrive pas à me lever alors m’attendez pas avant 10 heures, quoi ! » ou comme m’a dit un pote un jour « de temps en temps, je vais aux toilettes me fumer un joint ! ». J’avais envie de dire un jour « je fais mal le café » mais faut que le mec en fasse ait un humour solide… Et bon, quand on cherche un boulot, on préfère ne pas trop se griller.

Une fois que je lui ai raconté à quel point j’étais merveilleuse et compagnie, à lui de parler, de me présenter le poste. En bonne candidate que je suis, je prends des notes. Elles me serviront pas forcément mais c’est pour montrer que je suis vivement intéressée, que j’écoute bien ce qu’on me dit. Je n’hésite pas à prendre la parole au besoin, à bien faire remarquer que j’ai fait des recherches sur la boîte et que je sais tout à fait de quoi on parle. Oui, je préfère ne pas me la jouer passive, docile qui écoute, il faut de l’interactivité : poser des questions, s’intéresser, sans pour autant couper la parole, bien entendu ! Non parce que le recruteur, il n’a pas non plus envie de se répéter 150 fois, c’est normal.

Arrive le moment délicat que je déteste : les points pratiques et notamment le salaire. Parce que je ne sais jamais combien il est raisonnable de demander et comme une idiote que je suis, j’ai un peu tendance à demander bas, ce qui n’est pas forcément une bonne idée. Ca veut dire que j’ai une basse opinion de moi et que je n’ai pas forcément conscience de la réalité du marché. Demander trop haut n’est pas mieux non plus, même si c’est dans le but de négocier. Surtout qu’il y a tellement de facteurs à prendre en compte : mes diplômes, mes expériences professionnelles, même mon âge. C’est un vrai casse tête mathématique.

Maintenant, la sortie. Une fois l’entretien terminé, attendons un peu avant de se relâcher. Serrons la main du monsieur en souriant, en demandant quand on aura des nouvelles et on part digne. Une fois hors de vue du recruteur, là, on peut appeler sa maman, sa sœur, son chéri, n’importe qui pour tout raconter. Mais pas avant !