Réaliser son fantasme à tout prix ?

Il était une fois une fille qui s’appelait Angélique et qui avait au rayon de ses fantasmes le fameux plan à 3. Un jour, via le net, un homme lui propose de s’amuser avec  sa femme et lui. Emoustillée, Angélique dit oui mais voilà, après quelques échanges de photos, le couperet tombe : Angélique ne plaît pas à la femme. Mais le mec est très motivé et lui propose une solution alternative qui consisterait, en gros, à venir, à faire plaisir au couple et à se casser sans demander son reste. Sans que personne ne la touche, elle.



Angélique est partagée. D’un côté, son fantasme, de l’autre, un plan plutôt moisi qui risque de la frustrer, voire de la blesser car coucher avec quelqu’un qui n’a pas du tout envie de vous, ce doit être dur à vivre. Même s’il s’agit d’une femme et qu’Angélique est hétérosexuelle. Donc elle hésite et me demande mon avis. Je lui réponds le fond de ma pensée : « laisse tomber ! ». De un, quitte à faire un plan à trois, autant que ce ne soit pas un pur 2+1. Là, en l’occurrence, Angélique aurait été limite de trop, un élément rapporté qui serait là pour rajouter un peu de piment pour les deux autres sans avoir réellement le plaisir qu’elle est en droit d’attendre d’un rapport sexuel. Vu que le rapport l’excluait plus ou moins de toute façon. De deux, si on veut réaliser un fantasme, il me paraît plus intelligent d’attendre une occasion plus… idéale, on va dire, sinon, ça va être très, très décevant.



J’ai parfois l’impression qu’on est en permanence dans une course à qui a fait quoi en matière de sexe. Le tout arbitré par le fameux test de pureté dont on vante le résultat catastrophique : « je suis dépravée, je suis trop fière ! ». Certes mais le but n’est-il pas plutôt de faire les choses par envie et non pas pour cocher une ligne sur une liste de choses à tenter ? Comme Angélique, il est des fantasmes que je serais ravie de réaliser mais pour autant, je ne suis pas prête à tout pour ça. Il faut quand même que j’y trouve mon compte. Si le seul plaisir à l’arrivée est de gagner quelques points de plus au test de pureté (surtout que passé un certain âge genre le mien, il serait assez ridicule de continuer de se vanter de son score), franchement, c’est assez pathétique.


Plus généralement, j’envisage tout à fait sereinement le fait que tous mes fantasmes ne pourront pas être réalisés. Surtout quand on sait que mon number one, c’est faire du sexe dans l’espace. D’abord, je doute d’aller dans l’espace un jour dans ma vie (j’y crois pas moi aux voyages sur la lune avant ma mort) et puis d’après des études, il semble que le sexe en apesanteur est très compliqué. Je veux bien le croire ! Donc oui, je considère qu’on ne peut pas résoudre tous ses fantasmes. D’abord parce que des fantasmes, ça évolue et qu’on ne peut pas avoir une liste fixe toute sa vie. Et ensuite parce que ce serait bien trop triste. Non mais imaginez un peu qu’à mettons 30-35 ans, voire 40, allez, on se retrouve à avoir testé tout ce qui nous faisait envie. Il nous reste encore la moitié de notre vie. Bonjour l’ennui. Même si je veux bien croire que la libido va décroissant avec l’âge, je ne pense pas que la sexualité s’arrête à 50 ans. Sinon le viagra n’aurait pas le succès qu’on lui connaît.


Finalement, Angélique a dit non. Avec un léger regret, celui d’avoir perdu peut-être la seule occasion de réaliser ce fantasme. Mais franchement, vu comment ça se présentait, je pense qu’elle aurait plus regretté sa réalisation…

Où trouver l’homme ? Episode 18 : sur un bateau

[Je rappelle à mon aimable lectorat qui tomberait ici pour la première fois et ceux frappés d’amnésie que toute cette histoire n’est que
fictive. En vrai, je monte pas sur les bateaux hormis les péniches… Et encore, ça fait un bail]


A la recherche du prince charmant

Bon, force est de constater que la plage, c’est un plan moisi : il faut attaquer vite sinon, on ne retrouve jamais sa cible et vu que j’ai tendance à roupiller dès que je m’étale au soleil, non seulement je ne repère personne mais en plus, j’ai des coups de soleil partout [message de prévention : pour la jeunesse de votre peau et pour éviter les cancers de la peau, ne faites pas comme notre dragueuse loseuse, ne vous endormez pas au soleil]. Une fois les coups de soleil apaisés grâce à mon amie la biaffine, je retrouve une copine en villégiature au même endroit que moi et voilà qu’elle me propose un super plan : une soirée sur un yacht au large. Oh ouah !

[générique : la croisière s’amuse. Love, exciting and new, come aboard, we’re expecting youuuuuuuu…]

Me voici donc sur le yacht dans une robe riquiqui qui met en valeur mon sublime bronzage. Si, sublime grâce aux produits de beauté adéquats. Bon, je fais peut-être un peu pétasse mais en général, dans ce genre de soirée, on ne recherche pas tout à fait la distinction. Et vu que je suis bronzée 3 jours et demi par an, il faut bien que je le montre. Par ailleurs, ramener un beau marin à ma mère, ce serait sympa comme idée.

Donc me voici sur le bateau, tout sourire, je roucoule un peu à droite à gauche en buvant du champagne. C’est que la nuit n’est pas encore tombée et j’ai chaud, là. Et puis c’est fou comme je suis plus spirituelle au bout de deux coupes de champagne. Enfin, cette donnée est totalement subjective parce qu’alcoolisé, on se trouve très drôle mais une fois qu’on se remémore la soirée à jeun, on se rend compte à quel point on a été lourdingue. Peu importe, j’ai verrouillé ma cible et je lui parle en lui touchant le bras toutes les nano secondes. Plus subtile, y a pas. Apparemment, il a l’air assez réceptif… A moins qu’il n’ose pas m’abandonner de peur que je tombe à l’eau vu que je ne suis plus vraiment de première fraîcheur. Ah mais qu’il est bon ce champagne, miam !

La nuit tombe et révélation : sur l’eau, ça caille. Et je rappelle que je suis vêtue façon pétasses : sans manches et sans pantalon. Ma cible, polie, propose d’aller me chercher une veste, la sienne. Je suis trop forte, la pêche a été bonne dis donc. Le voilà qui revient et on flirte outrageusement à l’écart des autres invités. Alors que je me sens à mon optimum, je le vois loucher sur ma figure, l’air un peu inquiet : « heu…t’es toute rouge, là, ça va ? ». C’est vrai que là, tout à coup, j’ai un peu chaud. Puis tiens, en bougeant le visage, je me rends compte que ça tire un peu. Hé oui, j’ai un peu omis de me mettre de la crème solaire avant de grimper sur le bateau et la combo soleil plus reflet sur la mer, je suis carbonisée de la figure. Je lui révèle la terrible vérité et rigole un peu mais à dire vrai, j’ai l’impression que quelque chose ne fonctionne pas très bien en mon for intérieur : j’ai très chaud au visage et froid au reste du corps mais genre un froid qui semble ne jamais plus devoir partir. Ok, je crois que le soleil m’a un peu trop tapé sur la tête.

Ma nouvelle conquête semble soudain me trouver moins intéressante et n’a pas l’air fasciné par mes histoires d’insolation. Mais je souffre, je suis en train de mourir et lui, il s’en fout ? Tu parles d’un gendre idéal, ben merci. Alors que la liste de ce qui ne va pas est déjà assez longue, voilà que le champagne me monte, lui aussi à la tête. Et soudain, je me rends compte que ça tangue un peu, quand même, un yacht sur la mer. Ouhlala, nous sommes en pleine tempête, dans l’œil du cyclone, c’est le tsunami de l’apocalypse. Dans un geste précipité, je me penche par-dessus bord et évacue le champagne en urgence de la façon la moins glamour possible. En gros, je vomis.

Le reste de la soirée ? Qu’est-ce que j’en sais, moi, j’ai dormi sur une banquette à fond de cale. En tout cas, mon compagnon de soirée ne m’a pas rappelée… Etrange non ?