Où trouver l’homme ? Episode 34 : en vacances avec ses parents

(Cette série est normalement très fictionnelle mais cette fois-ci, quasi pas)

Martinique, 16h30 heure locale, 5 métropolitains blancs comme des bidets débarquent. On la fait comme la Croisière s’amuse, attention : « Love, exciting at you, and the boat, is expetiiiiiiiiing you ! » avec (image dans un hublot avec grans sourire et effet de cheveux pour celles qui les ont longs) : Papa Bartoldi, Maman Bartoldi, Anthony, Alice, Nina. Ils sont 5, 3 femmes et 2 hommes donc même les plus nuls en maths l’auront compris : je suis la célibataire de service




Arrivés à l’hôtel, on explique au monsieur de l’accueil que non, les deux soeurs Bartoldi ne dorment pas dans la même chambre, y en a une avec M. Rosso qui est censé être seul dans la chambre et une soeur qui dort seule. A partir du moment où je suis clairement identifiée comme la célibataire de service, j’ai droit à un joli jeu de drague mais rien de bien sérieux. Le lendemain soir, rebelote, deux Martiniquais nous invitent à danser le souk, ma mère et moi, je sens mon compagnon de danse très emballé (alors que je ne sais pas danser en plus). Ma mère est très fière : « Ben dis donc, ma fille, tu as du succès ici ! ». Ouais, enfin, comme toutes les filles, quoi… Faut dire que ma peau laiteuse et mes cheveux clairs sont un solide atout, apparemment.



Mais le top du top, c’est la virée en bateau. Il y a quatre membres d’équipage : le capitaine Aziz, l’hôtesse Coralie, la photographe Delphine et le marin Domé. Dès le début du périple, Domé me colle un peu, il pose avec moi sur des photos, c’est assez amusant et je prends ça pour ce que c’est : du jeu. Même si à un moment, il commet un grosse faute : quand je remonte dans le zodiaque après une escale, il me chatouille la voûte plantaire. Il ne faut JAMAIS faire ça, c’est très dangereux ! J’ai assommé Guillaume 1er un  jour où il s’amusait à ça, je me débattais, il a lâché mon pied qui a atterri direct sur son front. DANGER!


Bref, Domé arrive à choper mon prénom (l’a-t-il entendu ou demandé?), explique à ma mère que nous allons nous fiancer… Ouhla, va falloir que je lui explique que j’ai quelques soucis d’engagement, moi… Mais bon, c’est rigolo, je ne prends pas ça au sérieux. Surtout que je ne suis pas du tout à mon avantage : la chaleur m’a fait gonfler, on dirait que j’ai pris 20 kg, mes cheveux sont en bataille, ma face rouge et je ne suis même pas maquillée. A table, quand il me sert mon plat, il s’assoit à côté de moi et me sussure « mmmm, tu dois
être douce! ». DANGER  je suis extrêmement sensible des oreilles, ça m’émoustille un peu quand on me chuchote des trucs. Ma mère en face rigole qu’elle n’en peut plus (le planteur, c’est le mal).


A un moment, à la faveur d’une escale, on discute. Il est très sympa en fait, beaucoup moins clown dès qu’il ne joue plus son rôle, on parle de nos amours, il me dit que je dois faire attention à me préserver (avec un préservatif, s’entend). Il m’explique qu’il a deux doudous en ce moment mais « y a le corps mais pas l’esprit ». Il me raconte aussi qu’il a parfois eu affaire à quelques nanas un peu olé olé sur le bateau qu’il s’amusait à dragouiller un peu pour l’ambiance mais elles se prenaient tellement au jeu qu’il devait expliquer au mari que, non, il n’avait pas de vues sur elles. Y en a même une qui, au moment de quitter le bateau, lui a planté une bise juste à côté de la bouche. Y a de ces connasses des fois…



Lors du dernier jour, je pars faire de la plongée seule et je sympathise avec un mec sur le bateau, je lui ai même prêté ma crème solaire indice 50. Ne nous emballons pas, le monsieur était marié. Mais à peine descendu du bateau, ma mère me voit dire au revoir à cette personne et me demande qui c’est et s’il m’a laissé son numéro.



Conclusion ? Mes vacances ont été beaucoup plus torrides dans l’imagination de ma mère que dans les faits. Non que ma mère ait imaginé la partie torride de l’histoire justement (mais ça va pas non !) mais parce qu’à l’écouter, je suis incapable de me rendre dans un endroit sans briser tous les cœurs.

Où trouver l’homme ? Episode 18 : sur un bateau

[Je rappelle à mon aimable lectorat qui tomberait ici pour la première fois et ceux frappés d’amnésie que toute cette histoire n’est que
fictive. En vrai, je monte pas sur les bateaux hormis les péniches… Et encore, ça fait un bail]


A la recherche du prince charmant

Bon, force est de constater que la plage, c’est un plan moisi : il faut attaquer vite sinon, on ne retrouve jamais sa cible et vu que j’ai tendance à roupiller dès que je m’étale au soleil, non seulement je ne repère personne mais en plus, j’ai des coups de soleil partout [message de prévention : pour la jeunesse de votre peau et pour éviter les cancers de la peau, ne faites pas comme notre dragueuse loseuse, ne vous endormez pas au soleil]. Une fois les coups de soleil apaisés grâce à mon amie la biaffine, je retrouve une copine en villégiature au même endroit que moi et voilà qu’elle me propose un super plan : une soirée sur un yacht au large. Oh ouah !

[générique : la croisière s’amuse. Love, exciting and new, come aboard, we’re expecting youuuuuuuu…]

Me voici donc sur le yacht dans une robe riquiqui qui met en valeur mon sublime bronzage. Si, sublime grâce aux produits de beauté adéquats. Bon, je fais peut-être un peu pétasse mais en général, dans ce genre de soirée, on ne recherche pas tout à fait la distinction. Et vu que je suis bronzée 3 jours et demi par an, il faut bien que je le montre. Par ailleurs, ramener un beau marin à ma mère, ce serait sympa comme idée.

Donc me voici sur le bateau, tout sourire, je roucoule un peu à droite à gauche en buvant du champagne. C’est que la nuit n’est pas encore tombée et j’ai chaud, là. Et puis c’est fou comme je suis plus spirituelle au bout de deux coupes de champagne. Enfin, cette donnée est totalement subjective parce qu’alcoolisé, on se trouve très drôle mais une fois qu’on se remémore la soirée à jeun, on se rend compte à quel point on a été lourdingue. Peu importe, j’ai verrouillé ma cible et je lui parle en lui touchant le bras toutes les nano secondes. Plus subtile, y a pas. Apparemment, il a l’air assez réceptif… A moins qu’il n’ose pas m’abandonner de peur que je tombe à l’eau vu que je ne suis plus vraiment de première fraîcheur. Ah mais qu’il est bon ce champagne, miam !

La nuit tombe et révélation : sur l’eau, ça caille. Et je rappelle que je suis vêtue façon pétasses : sans manches et sans pantalon. Ma cible, polie, propose d’aller me chercher une veste, la sienne. Je suis trop forte, la pêche a été bonne dis donc. Le voilà qui revient et on flirte outrageusement à l’écart des autres invités. Alors que je me sens à mon optimum, je le vois loucher sur ma figure, l’air un peu inquiet : « heu…t’es toute rouge, là, ça va ? ». C’est vrai que là, tout à coup, j’ai un peu chaud. Puis tiens, en bougeant le visage, je me rends compte que ça tire un peu. Hé oui, j’ai un peu omis de me mettre de la crème solaire avant de grimper sur le bateau et la combo soleil plus reflet sur la mer, je suis carbonisée de la figure. Je lui révèle la terrible vérité et rigole un peu mais à dire vrai, j’ai l’impression que quelque chose ne fonctionne pas très bien en mon for intérieur : j’ai très chaud au visage et froid au reste du corps mais genre un froid qui semble ne jamais plus devoir partir. Ok, je crois que le soleil m’a un peu trop tapé sur la tête.

Ma nouvelle conquête semble soudain me trouver moins intéressante et n’a pas l’air fasciné par mes histoires d’insolation. Mais je souffre, je suis en train de mourir et lui, il s’en fout ? Tu parles d’un gendre idéal, ben merci. Alors que la liste de ce qui ne va pas est déjà assez longue, voilà que le champagne me monte, lui aussi à la tête. Et soudain, je me rends compte que ça tangue un peu, quand même, un yacht sur la mer. Ouhlala, nous sommes en pleine tempête, dans l’œil du cyclone, c’est le tsunami de l’apocalypse. Dans un geste précipité, je me penche par-dessus bord et évacue le champagne en urgence de la façon la moins glamour possible. En gros, je vomis.

Le reste de la soirée ? Qu’est-ce que j’en sais, moi, j’ai dormi sur une banquette à fond de cale. En tout cas, mon compagnon de soirée ne m’a pas rappelée… Etrange non ?