C’est un peu comme une récompense, une éternité de jour de chance…

Mon Dieu, c’est beau comme du Obispo. Bon dernier article sur la Martinique et après je vous laisse tranquille avec ça. Quoi que vu notre climat hivernal, vous devriez me remercier de parler de lieux tropicaux. Bref, ce dernier article sera basé sur « et si je partais vivre en Martinique ou aux alentours façon Hélène et sa bande dans les Vacances de l’amour ». Evidemment, ce billet est dédié à Steve Haliguen, l’analyste absolu de la série (allez voir ses commentaires sur l’article).

Donc est-ce que j’ai envie d’aller vivre sous les tropiques, plaquer ma vie parisienne pour apprendre la plongée et devenir prof, tiens (c’est drôlement bien la plongée, j’ai adoré), faire du catamaran très souvent et même pécher des poissons volants (ça se mange ?), vivre toute l’année en short ou en mini robe avec des sandales compensées aux pieds ou des tongs ? Après une dure journée de labeur, courir sur le sable blanc ou noir voire rouge (oui, y a tout ça en Martinique) pour me jeter dans la mer en riant ? Bref, vivre ma vie comme Hélène et ses potes qui partent en vacances après avoir gagné au loto, grillent toute leur tune (tssss), restent quand même là bas en devenant propriétaires d’un watersport ou d’un bar (je suppose qu’ils ont regagné au loto entre temps). Bref suis-je motivée à l’idée de devenir une Robinson Crusoë des temps modernes ?

Non. Clairement non. Autant j’ai vraiment aimé la Martinique, autant l’idée d’y vivre ne m’enchante pas. Pourquoi ? D’abord le climat. Je ne sais pas si c’est mon quart de sang breton mais le soleil et la chaleur, ça n’est pas trop pour moi. Deux minutes, ça va, une vie, c’est impossible. J’ai déjà dit que j’avais la mélanine paresseuse et que je devais me protéger à coup de crèmes indice 50 alors bon… De plus, là bas, il fait moite et s’il y a bien une chose que j’ai du mal à supporter, c’est la moiteur. Je suis admirative des locaux, je sais pas comment ils font. Non mais on brocarde la langueur des Antillais mais c’est miraculeux d’arriver à bosser quand le moindre mouvement vous fait poisser. Chaque soir, je me délectais d’une bonne douche, même quand on n’a plus eu d’eau chaude (oui, on a eu inondation et rupture de canalisation mais ce dernier n’est pas lié au premier).

Ensuite, en tant qu’urbaine forcenée, arriverait un moment où la nature et les petites villes, ça me taperait sur les nerfs. Oui, c’est beau, les fonds marins sont magnifiques, le bateau, c’est rigolo… Mais après ? La seule ville digne de ce nom (en terme de taille, je veux dire), c’est Fort de France et pour le peu que j’en ai vu, j’ai pas du tout envie d’aller y vivre. Je comprends pourquoi Lucie n’a pas réussi à s’adapter à la vie là-bas : il manque d’activités. Le bateau, la plongée, la natation, ok mais en terme de culture, c’est pas super développé.  Et à force de tourner en rond, je finirais par devenir dingue.

Mais surtout, le pire de tout dans les Antilles, ce sont les prix. Tout cartonne et y a des choses dont on ne peut se passer. Quand Lucie vivait là bas, elle me parlait par exemple du prix des tampons, le double de celui de la métropole et pourtant, c’est pas vraiment quelque chose dont on peut se passer, ce n’est pas un luxe . Enfin pour les femmes. Tout est plus cher (faut les faire venir) mais le problème, c’est que les salaires ne suivent pas. Quand on visite certains coins, on comprend de suite mieux les émeutes de cet
hiver…

Bref, y vivre, non, je ne suis pas faite pour cette vie là. Par contre y retourner, oui !

Où trouver l’homme ? Episode 34 : en vacances avec ses parents

(Cette série est normalement très fictionnelle mais cette fois-ci, quasi pas)

Martinique, 16h30 heure locale, 5 métropolitains blancs comme des bidets débarquent. On la fait comme la Croisière s’amuse, attention : « Love, exciting at you, and the boat, is expetiiiiiiiiing you ! » avec (image dans un hublot avec grans sourire et effet de cheveux pour celles qui les ont longs) : Papa Bartoldi, Maman Bartoldi, Anthony, Alice, Nina. Ils sont 5, 3 femmes et 2 hommes donc même les plus nuls en maths l’auront compris : je suis la célibataire de service




Arrivés à l’hôtel, on explique au monsieur de l’accueil que non, les deux soeurs Bartoldi ne dorment pas dans la même chambre, y en a une avec M. Rosso qui est censé être seul dans la chambre et une soeur qui dort seule. A partir du moment où je suis clairement identifiée comme la célibataire de service, j’ai droit à un joli jeu de drague mais rien de bien sérieux. Le lendemain soir, rebelote, deux Martiniquais nous invitent à danser le souk, ma mère et moi, je sens mon compagnon de danse très emballé (alors que je ne sais pas danser en plus). Ma mère est très fière : « Ben dis donc, ma fille, tu as du succès ici ! ». Ouais, enfin, comme toutes les filles, quoi… Faut dire que ma peau laiteuse et mes cheveux clairs sont un solide atout, apparemment.



Mais le top du top, c’est la virée en bateau. Il y a quatre membres d’équipage : le capitaine Aziz, l’hôtesse Coralie, la photographe Delphine et le marin Domé. Dès le début du périple, Domé me colle un peu, il pose avec moi sur des photos, c’est assez amusant et je prends ça pour ce que c’est : du jeu. Même si à un moment, il commet un grosse faute : quand je remonte dans le zodiaque après une escale, il me chatouille la voûte plantaire. Il ne faut JAMAIS faire ça, c’est très dangereux ! J’ai assommé Guillaume 1er un  jour où il s’amusait à ça, je me débattais, il a lâché mon pied qui a atterri direct sur son front. DANGER!


Bref, Domé arrive à choper mon prénom (l’a-t-il entendu ou demandé?), explique à ma mère que nous allons nous fiancer… Ouhla, va falloir que je lui explique que j’ai quelques soucis d’engagement, moi… Mais bon, c’est rigolo, je ne prends pas ça au sérieux. Surtout que je ne suis pas du tout à mon avantage : la chaleur m’a fait gonfler, on dirait que j’ai pris 20 kg, mes cheveux sont en bataille, ma face rouge et je ne suis même pas maquillée. A table, quand il me sert mon plat, il s’assoit à côté de moi et me sussure « mmmm, tu dois
être douce! ». DANGER  je suis extrêmement sensible des oreilles, ça m’émoustille un peu quand on me chuchote des trucs. Ma mère en face rigole qu’elle n’en peut plus (le planteur, c’est le mal).


A un moment, à la faveur d’une escale, on discute. Il est très sympa en fait, beaucoup moins clown dès qu’il ne joue plus son rôle, on parle de nos amours, il me dit que je dois faire attention à me préserver (avec un préservatif, s’entend). Il m’explique qu’il a deux doudous en ce moment mais « y a le corps mais pas l’esprit ». Il me raconte aussi qu’il a parfois eu affaire à quelques nanas un peu olé olé sur le bateau qu’il s’amusait à dragouiller un peu pour l’ambiance mais elles se prenaient tellement au jeu qu’il devait expliquer au mari que, non, il n’avait pas de vues sur elles. Y en a même une qui, au moment de quitter le bateau, lui a planté une bise juste à côté de la bouche. Y a de ces connasses des fois…



Lors du dernier jour, je pars faire de la plongée seule et je sympathise avec un mec sur le bateau, je lui ai même prêté ma crème solaire indice 50. Ne nous emballons pas, le monsieur était marié. Mais à peine descendu du bateau, ma mère me voit dire au revoir à cette personne et me demande qui c’est et s’il m’a laissé son numéro.



Conclusion ? Mes vacances ont été beaucoup plus torrides dans l’imagination de ma mère que dans les faits. Non que ma mère ait imaginé la partie torride de l’histoire justement (mais ça va pas non !) mais parce qu’à l’écouter, je suis incapable de me rendre dans un endroit sans briser tous les cœurs.

Avoir la peau blanche en Martinique

Pour ceux qui me lisent depuis tant d’années, vous le savez sans doute, j’ai une peau du genre laiteuse. Laiteuse, c’est le mot joli pour dire que je suis blanche comme un bidet ou un cul, selon les terminologies. Ce n’est pas une volonté de ma part, je ne rêve pas de me la jouer Nicole Kidman, Anne Hathaway ou Dita Von Teese. Non, juste que ma mélanine est un peu feignante.





Alors forcément, quand je pars sous les tropiques, il me faut de la crème solaire de compétition. Direction la parapharmacie et je trouve mon bonheur : une crème solaire indice 50. Ca ne rigole plus. Enfin, si, ça rigole chez la famille Bartoldi qui se moque de ma super protection, Anthony (celui qui a des origines italiennes de service) n’arrête pas de dire : « Indice 50, boaaaaaaah ! ». Oui mais je suis sensible de l’épiderme, moi, c’est ça ou brûlures au 3e degré. Ceci étant dit, la crème indice 50, ça se manipule avec précaution, comme je l’ai appris à mes dépens.




Au deuxième jour, nous nous sommes rendus sur la belle plage des Salines, LA plage de sable blanc de la Martinique, celle qui est sur toutes les cartes et c’est normal, elle est sublime. J’avoue que s’étaler sous un ciel bleu avec un cocotier comme parasol, ça rend heureux. La vie est plus belle sous le soleil, il avait raison Pascal Obispo (c’est lui qui a écrit le générique de Sous le Soleil, pour ceux qui n’auraient pas compris la subtile référence). Et malgré l’application effrénée de ma crème, je rougis. Le problème de la crème indice 50, c’est qu’elle ne pardonne pas les erreurs d’étalage. En gros, le soir, je rentre, j’ai la figure rouge (avec la délimitation des cheveux sur le front) et le dos… Une véritable œuvre pointilliste. Il faut savoir que dans la vie, je suis du genre « je peux me débrouiller toute seule », ce qui est faux la plupart du temps. Et quand je crois que je peux me mettre de la crème toute seule dans le dos, je me trompe. Ainsi, j’ai une barre rouge au milieu du dos, pile à l’endroit que les mains n’atteignent pas. Enfin si, j’arrive en temps normal à m’attraper les mains dans le dos mais pour l’application de la crème, j’ai échoué. ET je ne vous parle pas des points blancs au milieu du rouge. Pas les boutons, non, des traces de doigt. On peut limite voir mes empreintes digitales.



Et ça continue comme ça toute la semaine. Lors de la virée en catamaran, j’ai mal étalé la crème sur mes jambes. A la fin de la journée, je suis rouge et blanche, on dirait que j’ai de l’eczéma ou un truc du genre. Et je ne vous parle même pas des coups de soleil pris sur le bras qui traînait côté fenêtre dans la voiture, immortalisant les différentes manches de T-shirt. Si bien qu’à la fin des vacances, alors qu’on se baignait une ultime fois aux Salines, ma sœur dit : « Ouais ben on n’est quand même pas très bronzés !

– Bah, moi, j’avais prévenu mes collègues que je bronzais pas de toute façon, réponds-je.

– Non mais toi, tu bronzes pas, tu barrioles ! »

Heu… Ouais. Carrément.




Bref, protéger sa peau, c’est bien mais la crème indice 50 est à utiliser avec précaution. Genre penser à BIEN l’étaler, ça évitera les coups de soleil en étoile sur le genou ou dans le dos et donc de se promener avec un look assez alternatif. De toute façon, au vu de l’immense bleu que j’ai sur la cuisse suite à une chute de bateau post plongée (oui, je suis tombée de l’échelle d’un bateau), je ne pouvais pas me mettre en short. Les températures hivernales de la semaine dernière ne me donnaient pas envie de me dénuder de toute façon.