La meute

Ce matin, je lisais un article très long chez Presse-Citron mais néanmoins intéressant sur le phénomène de meute, phénomène bien connu par tout blogueur ne faisant pas l’unanimité… Soit par tout blogueur, quoi. L’idée ? Quand un détracteur ouvre la porte, une foule s’y précipite.


Si je n’ai pas la popularité et, donc, le nombre de détracteurs allant jusqu’au troll souvent de Presse-Citron (et Dieu merci, au passage, même si le mien de troll doit être mort, ça fait un mois qu’il n’est pas venu faire son gogol « anulingus…hin hin hin…anulingus », mes trolls sont très évolués), à mon plus humble niveau, je l’observe. Et sur pas mal de blogs aussi.


Imaginons que j’écrive un article (je me prends en exemple parce que c’est plus simple, c’est pas pour faire ma victime) sur n’importe quel sujet qui ne fait pas l’unanimité. D’abord, 3 ou 4 comms sympas de gens qui m’aiment bien, souvent me connaissent et ne me prennent pas au pied de la lettre. Parce que oui, en vrai, ça se voit de suite quand je fais une blagounette alors qu’à l’écrit, moins, surtout pour ceux qui sont aux aguets, prêts à me fondre dessus. Non parce que par exemple, savez-vous que le mec qui se faisait appeler Littré dans le temps qui est devenu Louis (heureusement qu’il a changé de pseudo parce qu’un mec qui s’appelle Littré, qui fait une faute du genre : « vous pensaient (véridique) » et m’explique qu’il ne lira jamais Lolita car ça fait l’éloge de la pédophilie, il n’avait plus aucune crédibilité), cette personne donc est venue sur mon blog via son netvibes.  Ce qui me rassure, c’est qu’il ne poste qu’un comm tous les 6 mois, ce que je suis irréprochable le reste du temps, dis donc ! Bref donc n’importe quel blogueur a droit à un lectorat hostile plus ou moins important selon la personne et attendant la moindre occasion de taper.


Et là, un commentateur décide de taper le premier. Quoi que des fois, il ne tape pas, il dit juste que vous avez tort selon lui parce que. Il en faut peu pour lancer la meute. Et tout à coup, les commentaires négatifs, allant crescendo dans l’agressivité pleuvent.  Un peu comme si dans la rue, un premier mec vous filait un coup de pied et comme vous êtes un peu diminué, les autres en profitent pour filer des coups, sachant que vous ne pourrez pas vous défendre. Quoi que moi, perso, au vu de ma taille, je pense pas qu’il faille attendre que je sois diminuée pour me frapper… Enfin, je me comprends. Et c’est systématique. Prenez n’importe quel blog, c’est toujours pareil, les comms sont sympas jusqu’à ce qu’un tape et que les autres se sentent en droit de continuer à taper, de façon désordonnée et disproportionnée.


Et ça me fascine. Pourquoi la meute attend que le premier loup ait mordu ? Quitte parfois à déformer ses propos premiers pour envoyer du bois lourd  à la gueule du blogueur ? Je veux dire qu’à poster un comm trollesque (je rappelle que le comm trollesque n’est pas un comm contre-argumentatif, soyons clairs, on a tout à fait le droit de ne pas être d’accord, le tout est de le dire sans traiter le blogueur de noms d’oiseaux) ne met personne réellement en danger, faut y aller vraiment fort pour que le blogueur puisse porter au mieux une main courante. Alors évidemment, ça peut démontrer que la meute n’a pas d’arguments en soi et qu’elle attend que quelqu’un daigne faire le détracteur pour applaudir et dire « ouais, trop pareil ! ». Mais quand même, j’ai du mal à croire qu’une contre-argumentation soit si compliquée à monter…  Ou alors la meute s’ennuie et veut voir dégouliner le sang donc met de l’huile sur le feu… Ouais possible.

Blog-Boxing

Par Emma

Comme vous avez pu le constater, ces derniers jours ont été le théâtre de violents affrontements (j’cause bien, hein ?) entre comm’eurs/comm’eurs, comm’eurs/Nina, comm’eurs/Gauthier, Gauthier/comm’eurs, Nina/comm’eurs, même moi j’y suis allée de mon comm’. Et ça, ça me court sur le haricot (chacun son truc, moi c’est un haricot). Et quand le haricot me chatouille, faut que je m’exprime.

L’article de Nina d’il y a quelques jours n’était pas de la provocation, elle a tendu une perche aux lecteurs anonymes, et certains l’ont attrapée, ce qui nous a fait un grand plaisir à tous. Le fait qu’elle aborde le sujet des comm’s désagréable à l’égard des Vingtenaires était une constatation, une mise au point. Mais quelle idée bizarre de vous emballer comme ça ! Faut aller acheter un punching ball d’urgence pour vous décharger de toute cette colère !!! C’est parti au pugilat dans les commentaires, sans raison aucune. Au passage, et ça j’y tiens particulièrement : les comm’s du blog ne sont pas un espace réservé aux insultes, règlements de compte et bagarres puériles en tout genre. Si vous avez du linge sale à laver, allez le faire entre vous ailleurs. Bref, beaucoup d’agitation stérile et dénuée de sens. Vous vous êtes démenés sur du vide les enfants. Sur des raccourcis. Je ne veux pas relancer le débat, j’aime ce blog et ses lecteurs, mais là j’avais l’impression d’être dans une cours de récré. Et quand Gauthier a remis du lait sur le feu, vous avez redémarré illico (ben il a été provoc’ c’est sûr mon Gau-gau). Bref, tout ça pour vous signifier que c’est pas un ring ici, et qu’on peut converser et débattre respectueusement sans s’envoyer des missiles sol/sol dans la tronche tous les trois comm’s.

Je ne vais pas faire un article entier sur les comm’s de ces derniers jours. J’ai dit ce que j’en pensais ici et dans ces comm’s sus-cités (je sais à quoi vous pensez bande de cochons). Donc histoire de mettre à mon tour ma petite graine dans un article, et je l’espère de mettre tout le monde plus ou moins d’accord, je vais vous donner mon point de vue sur ce qui a lancé ce grand bazar.

Je ne suis pas snob. J’ai certainement un petit arrière-goût de snobisme dû à mes parents et à l’éducation que j’ai reçue, mais je ne suis pas ‘fondamentalement’ snob. Puisque le débat est là, parlons-en. Je ne suis pas toujours d’accord avec mes collègues Vingtenaires Nina, Gauthier et Mr Big, c’est un fait. Et heureusement que nous sommes tous différents. Je comprends ce qu’ils disent et leur façon de le dire, et aussi que certaines choses prises à la volée au 1er degré vous choquent, mais la vague qui en a déferlée était décalée et inutilement rageuse. Encore une fois, pas d’analyse trop rapide, après ça dérape.

Qu’est-ce que l’intelligence ? Où est la valeur d’une personne ? Il faut parfois du temps et de l’attention pour savoir qui sont vraiment les gens. Je connais des personnes qui ont fait de très longues années d’études et qui sont creux comme des pastèques (Rassurez-moi, c’est bien un « cucurbitacée » la pastèque ? Hein ?), et d’autres qui sont caissières à Mammouth, pour reprendre l’image de Gauthier et de Nina, et qui débordent de finesse et de savoir. (Ca marche aussi dans l’autre sens.) Il n’y a pas de règles, l’intelligence émotionnelle, l’intelligence de vie, chacun peut la porter en soi, ou pas. C’est elle qui règle nos vies, fait ce que nous sommes, nous porte et nous nourrit. C’est elle qui nous fait nous ouvrir au monde, nous rendre curieux et intéressés, nous donner envie de savoir, de comprendre. L’intelligence n’est pas le fait de savoir plein de choses, les comprendre et les analyser, c’est la démarche qui y amène. Tout le monde ne l’a pas, du cadre supérieur à la boulangère.

Chacun porte sa vie comme il peut, comme il veut, avec les moyens qu’il a et ceux qu’il se donne. Nous ne nous épanouissons pas tous au même endroit, et nous n’avons pas les mêmes désirs et besoins. La valeur (les valeurs) de chacun est (sont) subjective(s). La valeur que les autres nous trouvent, la valeur que nous accordons à toutes les choses de la vie, aux gens de notre vie, notre propre valeur. Bref, nous n’avons pas tous les mêmes rillettes (© Mr Big).

Tout mon petit discours n’est pas un bla-bla d’infirmière psy qui se prend le globe. C’est juste ma vision intime des choses, et j’espère que ça va calmer les ardeurs belliqueuses de tout le monde ici !

Pour noircir ce tableau très ‘peace and love’, je dois bien vous avouez que je suis comme tout le monde, avec mon intelligence, mes opinions, mes affects, mes valeurs donc. Et j’aime pas les cons. J’aime pas MES cons. Et je vous préviens, je les partage éventuellement, mais je les donne pas.