Avons-nous une date de péremption ?

Par Laurent

[Aujourd’hui, nous accueillons un nouveau vingtenaire alors tu es gentil avec lui, merci bien !]

Pour changer mes habitudes du samedi soir, j’ai décidé de tenter une soirée différente du pub + boite coutumier. Prenant des cours de danse depuis un an, je me suis dit qu’il était temps de mettre en pratique et de me trouver une soirée rock, pour guincher et pourquoi pas, l’espoir faisant vivre, trouver ma promise.

Après une petite recherche sur mon ami google, me voici donc quelques heures plus tard à l’entrée du dancefloor, motivé pour toutes les faire tourner dans tous les sens. Mais en entrant, une vision d’horreur me glaça le sang : un véritable.. .défilé de quadragénaire, quinquagénaire voir même sexagénaire, la femme la plus jeune de la soirée devait avoir 35 ans…. aaaaaaahhhhhhhhhhh.

Ayant abandonné 10 de mes euros à l’entrée, je ne me voyais pas tourner talons pour me mettre à l’abri de ce spectacle, je suis donc resté et j’ai observé.

Après avoir repris ma respiration, je me suis posé 2 questions : 1- qu’est ce que je fais là ? 2- sommes-nous tous condamnés à vieillir ?

Sommes nous, nous les hommes, destinés à prendre une bedaine dégoûtante, voir tous nos cheveux nous abandonner lâchement les uns après les autres, être essoufflés et dégoulinants de sueur après 3 minutes d’efforts.

Serez vous, vous les femmes, obligées de mettre du maquillage afin de boucher les tranchées entre vos rides, ne plus rentrer dans du 42, devenir disgracieuses sur vos talons, se fringuer comme des petites lolitas vulgaires pour vous prouver que non, vous n’avez pas vieillies.

Idée encore plus dérangeante, à quoi ressembleront nos soirées dans 15 ans. Est-ce que David Guetta, Bob Sinclar et Martin Solveig feront la tournée des idoles? Devront nous nous saouler à mort avant d’aller draguer pour ne plus voir qu’une femme de 40 ans, ben ca fait débander?

Je ne sais plus qui a dit : l’âge critique de l’homme, c’est celui de sa femme…… mais la voila la solution! Suivons l’exemple de Hugh Hefner et Claire Chazal. Nous irons cueillir sur l’arbre les demoiselles et damoiseaux portants encore des couches à l’heure actuelle, quand ceux et celles-ci seront mûrs.

Ouf me voila rassuré, je sais que si je gagne suffisamment d’argent j’aurais toujours une jeunette dans les bras (c’est pas comme ca que ca marche ?).

Mais profitons de notre jeunesse car ma petite visite au musée m’a filée les chocottes, et je peux vous l’affirmer : l’antiride marche à 25 ans, mais nettement moins à 50 ! Je pense qu’effectivement nous avons aux yeux de la société une date de péremption, et mesdemoiselles sans chercher à vous blesser, la vôtre arrivera bien avant la nôtre :).

La meute

Ce matin, je lisais un article très long chez Presse-Citron mais néanmoins intéressant sur le phénomène de meute, phénomène bien connu par tout blogueur ne faisant pas l’unanimité… Soit par tout blogueur, quoi. L’idée ? Quand un détracteur ouvre la porte, une foule s’y précipite.


Si je n’ai pas la popularité et, donc, le nombre de détracteurs allant jusqu’au troll souvent de Presse-Citron (et Dieu merci, au passage, même si le mien de troll doit être mort, ça fait un mois qu’il n’est pas venu faire son gogol « anulingus…hin hin hin…anulingus », mes trolls sont très évolués), à mon plus humble niveau, je l’observe. Et sur pas mal de blogs aussi.


Imaginons que j’écrive un article (je me prends en exemple parce que c’est plus simple, c’est pas pour faire ma victime) sur n’importe quel sujet qui ne fait pas l’unanimité. D’abord, 3 ou 4 comms sympas de gens qui m’aiment bien, souvent me connaissent et ne me prennent pas au pied de la lettre. Parce que oui, en vrai, ça se voit de suite quand je fais une blagounette alors qu’à l’écrit, moins, surtout pour ceux qui sont aux aguets, prêts à me fondre dessus. Non parce que par exemple, savez-vous que le mec qui se faisait appeler Littré dans le temps qui est devenu Louis (heureusement qu’il a changé de pseudo parce qu’un mec qui s’appelle Littré, qui fait une faute du genre : « vous pensaient (véridique) » et m’explique qu’il ne lira jamais Lolita car ça fait l’éloge de la pédophilie, il n’avait plus aucune crédibilité), cette personne donc est venue sur mon blog via son netvibes.  Ce qui me rassure, c’est qu’il ne poste qu’un comm tous les 6 mois, ce que je suis irréprochable le reste du temps, dis donc ! Bref donc n’importe quel blogueur a droit à un lectorat hostile plus ou moins important selon la personne et attendant la moindre occasion de taper.


Et là, un commentateur décide de taper le premier. Quoi que des fois, il ne tape pas, il dit juste que vous avez tort selon lui parce que. Il en faut peu pour lancer la meute. Et tout à coup, les commentaires négatifs, allant crescendo dans l’agressivité pleuvent.  Un peu comme si dans la rue, un premier mec vous filait un coup de pied et comme vous êtes un peu diminué, les autres en profitent pour filer des coups, sachant que vous ne pourrez pas vous défendre. Quoi que moi, perso, au vu de ma taille, je pense pas qu’il faille attendre que je sois diminuée pour me frapper… Enfin, je me comprends. Et c’est systématique. Prenez n’importe quel blog, c’est toujours pareil, les comms sont sympas jusqu’à ce qu’un tape et que les autres se sentent en droit de continuer à taper, de façon désordonnée et disproportionnée.


Et ça me fascine. Pourquoi la meute attend que le premier loup ait mordu ? Quitte parfois à déformer ses propos premiers pour envoyer du bois lourd  à la gueule du blogueur ? Je veux dire qu’à poster un comm trollesque (je rappelle que le comm trollesque n’est pas un comm contre-argumentatif, soyons clairs, on a tout à fait le droit de ne pas être d’accord, le tout est de le dire sans traiter le blogueur de noms d’oiseaux) ne met personne réellement en danger, faut y aller vraiment fort pour que le blogueur puisse porter au mieux une main courante. Alors évidemment, ça peut démontrer que la meute n’a pas d’arguments en soi et qu’elle attend que quelqu’un daigne faire le détracteur pour applaudir et dire « ouais, trop pareil ! ». Mais quand même, j’ai du mal à croire qu’une contre-argumentation soit si compliquée à monter…  Ou alors la meute s’ennuie et veut voir dégouliner le sang donc met de l’huile sur le feu… Ouais possible.

Paranoïa, on est sûr qu’on n’en revient pas

[Impossible de trouver la chanson dont est extrait le titre… Mais j’ai pas trop cherché non plus]

Lundi soir, retour de soirée, ligne 9, 23h45, je crois (par là). Je suis plongée dans mon livre quand un homme s’assied face à moi, je ne fais pas trop attention, prise dans mon livre. Le métro repart et là, je sens un truc qui me touche les jambes. Oh mince, c’est quoi encore ce délire ?


D’abord, c’est le sac à dos qu’il a sur les genoux qui me frôlent. Je ne dis rien, je ne vois pas le mal. Seulement voilà, le mec en face s’affaisse genre je dors et sa jambe se glisse entre les miennes. Heu ? Bon je me recule un peu sur mon siège en regardant discrètement le monsieur. Ouais, non, évidemment, ce n’est pas précisément mon type de mec, je tape pas dans la cinquantaine. Au fur et à mesure du trajet, ses jambes s’installent autour des miennes, une entre les miennes, l’autre à l’extérieur, je feins de ne rien remarquer. Il a l’air
de s’endormir donc soit il ne le fait pas exprès, soit il guette une réaction de ma part et il n’en aura aucune. Evidemment, c’est là que je me rends compte que je suis en train de lire Lolita de Nabokov. Sauf que même si je fais pas mes 29 ans, j’ai clairement plus le corps d’une jeune ado avec des seins naissants. De toute façon, à l’adolescence, j’avais déjà plein de seins.



Ma station, je me désembrique comme je peux, pas forcément aimablement et je pars sans même le regarder. Mais je suis turlupinée. Le mec avait vraiment l’air de somnoler, ses mains sont restées apparentes et croisées sur sa poitrine (à un moment, j’ai cru que l’une d’entre elles me touchaient mais c’était toujours son sac à dos). D’un autre côté, ce sac, là, il ne cachait rien ? Ceci étant, j’ai du mal à concevoir d’être encore tombée sur un pervers, malgré ma lecture. D’abord lire Lolita n’est pas un signe de perversion quelle qu’elle soit, c’est juste de la culture. Ensuite, je pense avoir eu mon compte, merci. Mais finalement, ce qui m’ennuie le plus, c’est de me poser la question. Est-ce que j’ai pas un peu la manie de voir le mal partout ? Non parce que des frottement de genoux, c’est quand même pas super violent, il m’arrive d’être plus intime avec des inconnus aux heures de pointes.



Au fond, je trouve assez triste de se sentir agressée au moindre effleurement, de se demander si c’est accidentel ou non. Et qu’à chaque fois, on parte dans le bon vieux laïus du « mais merde, j’ai le droit de sortir dans la rue et de lire du Nabokov sans être emmerdée ! ». Ce qui arrive relativement souvent genre hier, personne ne m’a tripotée, effleurée ou quoi que ce soit du style. Le seul contact physique avec des hommes se sont limités à des effleurements de doigts quand on m’a tendu un briquet (parce que j’oublie toujours le mien) ou le ticket du Monoprix. D’ailleurs qu’est-ce qu’il était choupi le caissier dis donc. En fait, je me demande si faut pas prendre le laïus à l’envers : « mais merde, un corps étranger a le droit de m’effleurer (par accident, je précise) sans que de suite, je me sente victime d’harcèlement sexuel ».




Bref, en attendant, je ne sais toujours pas si je suis paranoïaque ou aimant à pervers. Et si je devrais donc mettre une couverture opaque sur mon livre.