Tour du monde

Depuis quelques années, j’entends ces histoires de gens partis un an faire un tour du monde. Et si je me lançais ? Je fais péter le PEL vu que je refuse de m’endetter sur 30 ans pour un clapier à lapins et en avant l’aventure ! Sauf que je suis pas si convaincue que ce soit une bonne idée.

tour-du-monde

J’ai l’âme vagabonde, j’aime l’ailleurs, je l’aime à la folie. La liste de mes envies voyage s’allonge au fur et à mesure des reportages que je vois, des livres que je lis, des gens que je rencontre. Propose-moi de partir, je te suivrai. Là, je frétille à l’idée de mes prochains voyages : Corse, Irlande et peut-être , Londres, Bruges et Amsterdam. Et quand je reçois un SMS évoquant Hawaï, je hurle de douleur de devoir dire non car ça tomberait le mois où on ne m’accordera pas de congés. Alors forcément, cette idée de tour du monde, de partir à l’aventure, ça titille. Sauf que. Oui, y a un sauf que et je le trouve de taille. Est-ce que trop de voyage ne tue pas le voyage ?

tourisme-tour-du-monde

Passons sur la difficulté de trouver un bon compagnon de route, ça mériterait un article à part entière (ah, tiens, je me mets le sujet de côté). Le voyage, c’est génial, rien ne vaut l’excitation de la découverte, le dépaysement, le choc des cultures, des paysages à couper le souffle. Je suis la fille qui veut tout le temps partir, qui a la valise qui démange en permanence et pourtant, le trip de tour du monde ne me tente juste pas. Enfin, pas en mode « on part pendant un an ou deux ». Parce que j’y vois un danger terrible, un poison lancinant : l’ennui et la lassitude.

dormir-voyage

On ne peut nier qu’un voyage reste fatigant. Une fatigue excitante que l’on est ravi de vivre sur le coup mais une fois l’avion posé chez nous, on est bien contents de jeter sa valise dans un coin, s’effondrer sur le matelas et savourer ce retour chez soi. Surtout que moi, j’ai un matelas au confort exceptionnel, je trouve. Là, partir pendant un an, c’est ne pas retrouver son petit lit, son confort durant tout ce temps. Un faible prix, allez-vous me dire. On peut pas mettre dans la même balance le Taj-Mahal et un simple matelas, merde quoi ! C’est vrai, c’est vrai. Sauf que le matelas n’est qu’un des éléments dans la balance. Il y a aussi les amis, la famille, le chat, ses petites habitudes, les soirées à glander parce qu’on est fatigués, les grasses matinées. Quand on part à la découverte du monde, il y a trop à voir pour glander. Vous me direz qu’en partant un an, y a bien un moment où on lève le pied, on se lève pas tous les matins à une heure à un chiffre pour courir le monde, on s’accorde aussi des pauses. Certes, certes.

pays-basque

Mais reste cette peur de la lassitude. Quand l’exceptionnel devient le quotidien, on se lasse. Le sel du voyage, c’est la parenthèse que ça représente. Pendant une semaine, 15 jours, trois semaines peut-être, vous serez ailleurs, dans un univers différent du vôtre, dans une autre temporalité, loin des mails, téléphones, des reco et des fans qui viennent pleurer sur votre page. C’est si dépaysant. Justement, peut-on être dépaysés quand on voyage en permanence ? A quel moment la découverte merveilleuse s’estompe ? Admire-t-on autant les paysages islandais si on vient direct de Paris où on admirait la veille notre écran de PC que si l’on vient de quitter le Machu Picchu ? Moi, Nina, serai-je aussi fascinée par Petra quel que soit mon point de départ ? Ou en fonction de ce que j’ai déjà vu dans la vie ? Est-ce que si je vais demain à Bali, par exemple, mon souvenir de Thaïlande jouera-t-il sur mes impressions de la même façon en l’ayant quittée un an et demi plus tôt ou si j’y étais la veille ?

thailande

Et puis, si je vois tout demain, que ferai-je du reste de ma vie ? Bien sûr que j’ai parfois envie de passer ma vie à voyager, de gagner au loto et m’enquiller toutes les destinations, la liste des endroits que je veux découvrir ne cesse de s’allonger, les expériences à vivre aussi. Non parce que depuis que j’ai vu une pub pour je sais plus qui, faire du kayak dans les glaces, ça m’excite ! (faudrait que je fasse du kayak à l’occasion avant de rêver de grandes expéditions). Plonger aux 4 coins du monde, faire des séjours linguistiques dans les pays anglophones et italophones (enfin, l’Italie quoi) pour commencer. Bref, la liste de ce que je veux voir/vivre est infinie. Mais je ronge mon frein : j’ai le temps. Certains me feront gentiment remarquer qu’on peut pas savoir si j’ai le temps, que je mourrai peut-être demain écrasée par un bus ou qu’on me trouvera une tumeur au cerveau invalidante. Qui sait ? Mais vu que l’excitation du voyage se trouve également dans sa préparation, mieux vaut ne pas tout faire d’un coup. Et puis, comment pourrai-je reprendre ma petite vie quotidienne sans énorme déprime après ?

groenland-kayak

En attendant, faut que je regarde pour Londres, tiens !

Si t’embrasses bien, tu baises bien

Il y a quelques années, je discutais avec la Rouquine d’un garçon dont j’avais osculté les amygdales avec ma langue. « Il embrasse bien ? Parce que s’il embrasse bien, il baise bien. » Je fronce les sourcils : c’est quoi cette théorie ? Mais en y réfléchissant bien, force est de constater que dans mon top amant se trouve aussi mon top embrasseur. Ah ben ça alors !

Qu’est-ce que bien embrasser ? Bonne question, tiens. Chacun ses goûts. Pour ma part, le mec qui va tatouiller ma trachée avec sa langue ou qui se croit obligé de me rouler une pelle durant 10 minutes sans pause, c’est mal parti. J’aime les baisers mi tendre mi sauvages avec une langue ferme mais pas brutale. Le pire étant la langue molle qui me donne
l’impression de rouler une pelle à Bob l’éponge. Depuis que j’ai remarqué ça, il est vrai que plus un mec sera « brutal » dans ses baisers (sans pour autant me péter les dents), plus la suite le sera aussi. Et inversement, le baiser Bob l’éponge annonce une brouette molle et ça, c’est pas bon du tout.




Pour autant, je n’arrête pas les frais au premier échange buccal insatisfaisant, on ne sait jamais. Après tout, il paraît qu’il existe toujours des exceptions à toutes règles. Mais quand l’homme a une façon de m’embrasser qui ne me plaît pas, je soupire intérieurement, espérant que le reste sera plus intéressant. Et ce n’est jamais le cas.

Mais embrasse-t-on réellement comme on baise ? Le baiser est un préliminaire très important, c’est un peu la montée en température. Et si elle est ratée, je ne serai pas forcément dans les conditions idéales pour la suite du programme. Donc en gros, si je rate le démarrage, pourrai-je rattraper mon retard dans la course à la jouissance ou je finirai
forcément perdante ? La petite voix qui commence à râler dans ma tête parce que « oh non, j’aime pas comme il embrasse » va-t-elle arrêter de geindre pour apprécier à sa juste valeur la suite ? Ou quoi qu’il arrive, la suite sera aussi mauvaise que le départ ? Qui de la poule ou de l’oeuf, blablabla.




A moins que ce ne soit qu’une question d’affinités, finalement. Je parlais y a pas très longtemps du fait d’être accro à la peau d’un autre et il reste évident que le mauvais coup de l’un est le meilleur amant de l’autre, selon nos désirs et attentes en matière de sexe. Il paraît logique qu’on embrasse comme on baise donc forcément, si la personne ne
correspond pas à votre amant idéal, le reste va difficilement coïncider. Ben oui, si vous êtes amateur des bonnes baises bien violentes et que vous tombez sur quelqu’un qui déteste ça et adopte plus volontiers la position de l’étoile de mer, ça va être long et pénible.




Alors mauvais embrasseur, on arrête dès l’entrée ? Et bien ça dépend aussi de votre ambition quant à la relation qui se dessine. Si vous n’envisagiez qu’un one shot, si vous vous sentez capable de vous arrêter là (c’est quand même délicat), why not. Si vous pensez que la personne qui a sa langue dans sa bouche peut être un compagnon de route de longue durée, ne désespérez pas non plus, rien n’est perdu. Le sexe à deux, ça se construit aussi, petit à petit.