Les succubes de l’énergie

Je poursuis mon exposé sur les amitiés malsaines, tant qu’à y être… Je vous parlais donc de ces personnes qui vous pompent l’air, des parasites de la good vibe qui n’attendent de votre amitié qu’une chose : que vous soyez là pour lui. Tu peux te brosser pour la réciproque.

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A la base, je suis plutôt une gentille, l’éternelle pompom girl de mes amis qui positive autant que faire se peut. Comme disait ma naturopathe, je suis faite pour être heureuse. Donc quand je rencontre une personne, je ne mets pas de barrière et je me retrouve parfois très vite dans le rôle de confidente – psy(de bazar). Jusque là, pas de soucis en soi, on a tous des coups de mou, besoin de se confier, moi comme les autres. Mais petit à petit, tu te rends compte que ce que tu prenais pour une simple amitié est en réalité une mer de sables mouvants. La réciprocité amicale n’a pas sa place, la succube n’a qu’un but : devenir le centre de ton univers.

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Les succubes de l’énergie se reconnaissent assez facilement, à partir du moment où l’on devient attentif aux signes : égocentrisme, paranoïa et une petite lichette de perversion narcissique. Car ces amis veulent vous enfermer dans leur univers. Ok pour que vous ayez d’autres amis mais à dose homéopathique et surtout interdiction de développer des liens aussi forts que ceux qui existent entre vous. Je vous jure, je me suis pris une scène monumentale un jour par une copine car j’osais passer la soirée avec une autre. Oui…euh… J’avais pas signé pour ça, moi ! La succube de l’énergie vous veut pour elle seule parce que vous devez être disponible au moindre de ses coups de mou pour répondre à ses what milliards de sms à base de “si tu n’avais pas été là ce soir, tu sais… Enfin, bref.” Houhou, c’est la fête…

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Très rapidement, vous vous rendez compte que la succube utilise le moindre prétexte pour vous parler d’elle car rien d’autre ne compte. La question “t’as fait quoi hier/ce week-end/pendant les vacances” n’est ni une politesse ni un réel intérêt pour votre personne, non, non. Elle attend que vous répondiez par un “blabla et toi ?”. Ah ben puisque tu me tends la perche pour parler de moi, allons y gaiement… Les succubes de l’énergie veulent surtout vous pomper votre attention. Les fameuses attention whores sauf que le pire c’est que c’est relativement inconscient. Elles ne sont pas amies avec vous pour vos qualités, non, elles sont amies avec vous parce qu’elles ont besoin de quelqu’un qui les conforte dans leur paranoïa, qui leur donne la sensation d’exister et surtout, surtout, essentiellement même, qui répond à la moindre de leurs sollicitations car elles sont forcément celles qui vivent les pires drames, sont victimes des pires angoisses. Et si un jour vous ne décrochez pas le téléphone, vous devenez sa pire ennemie.

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Après, ne soyons pas gratuitement méchant, certains succubes sont avant tout des dépressifs qui ne se rendent pas compte qu’ils vous empoisonnent. Seulement, moi, je suis pas psy et arrive un moment, faut mettre fin au délire et conseiller gentiment à la personne d’aller voir un professionnel (ou d’en changer). Surtout que mon énergie positive n’est pas non plus une source inépuisable.

La fabrique d’un Président

Depuis quelques temps déjà, je ne suis plus vraiment les actualités. Je n’ai pas vraiment regardé un JT depuis 2 ou 3 ans (sauf sur BFM les nuits d’insomnie), la radio me raconte le monde quand je suis sous ma douche donc je n’entends rien. Je commence à recevoir mes Nouvel Obs mais j’ai pas trop le temps de les lire. Et pourtant, je reste au courant de
tout. Faudra un jour que je me penche sur le comment… Et donc, dans ce que j’entends, je lis, je vois, je sens que nous assistons à cet événement rare qui se produit tous les 5 ans : la fabrique d’un Président idéal, limite mythique, déjà gagnant alors que les élections ne sont que dans un an.

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A chaque élection, nous avons quelques candidats outsiders qu’on nous monte en épingle : il y a eu Chevènement en 2002 puis Bayrou en 2007. On s’attache aussi aux outsiders parfois, comme Arlette en 2002 qui était soudain devenue une sorte de superstar politique avant qu’on n’apprenne par ces mêmes médias fascinés par l’inoxydable candidate aux
Présidentielles qu’à Lutte ouvrière, tout n’était pas si limpide. Et puis, il y a les cadors, ceux à qui on fabrique de toute pièce le costume de candidat providentiel, celui qui changera tout. En 2007, nous avons eu droit à Lionel Jospin et son impossible retour, souhaité par les médias, redouté par les militants PS déçus par l’épisode du capitaine quittant le navire en plein marasme d’avril 2002. Alors on nous a sorti du chapeau Ségolène Royal. Jamais eu un poste de Ministre de premier plan mais elle est fraîche, dépourvue de casseroles et c’est une femme. Alors on nous a monté la Ségo en épingle, on a applaudi son discours fédérateur au gymnase Jappi. J’y étais d’ailleurs et autant le discours était relativement bien maîtrisé, autant la partie question/réponse m’avait fait frémir d’angoisse : si elle n’est pas capable de répondre intelligemment aux questions de ses propres partisans, je n’ose imaginer ce que ça peut donner en débat politique. J’avoue, Ségo m’a toujours crispée. Le fait qu’elle soit femme ne m’a pas convaincue. Je ne vote pas pour un candidat en fonction de ce que la génétique lui a donné mais en fonction de ce que je ressens vis à vis de lui ou d’elle, de ses compétences supposées, de ses idées, de son programme. Ségo avait un programme relativement sympa, de mémoire, mais irréaliste comme elle l’a avoué elle-même, un peu trop plein de bouts de ficelle et de scotch, un peu trop « on est à gauche mais taquinons la droite, on sait jamais ». Comme dirait Jean-Claude Duss « Oublie que t’as aucune chance et fonce. Sur un malentendu, ça peut marcher ».

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Et voilà-t-il pas qu’on nous refait le coup du candidat providentiel pour 2012. L’homme seul capable de défier Sarkozy, le seul capable de faire choir notre Président, j’ai nommé Dominique Strauss Kahn. On a vaguement De Villepin qui semble squatter le plateau de Dimanche + vu que je l’y vois à chaque fois mais le vrai challenger, celui que les médias ont déjà envie d’appeler M. Le Président, c’est Strauss Kahn. C’est vrai, sur le papier, c’est la combo magique : un socialiste libéral, suffisamment au centre pour séduire droite comme gauche. Ouééééé, on va gagner parce que Sarko, personne ne l’aime ! Sauf que bon, faut pas se leurrer, on reste un pays de droite donc faudrait voir à quand même aligner du lourd en face. Alors les médias s’enflamment, publient moult papiers et sondages sur la question. Strauss-Kahn, gagnant du second tour, Strauss-Kahn, celui qui appelait autrefois Sarkozy « Nicolas » ne lui adresse plus la parole, Strauss-Kahn reviendra-t-il du FMI ? Et Anne Sinclair, elle est pas mal non ? Ca nous ferait une chouette première dame, belle quinqua dynamique et indépendante, loin de l’éthérée et arriviste Carla. Puis comme ça lui irait trop bien l’écharpe du Président, à Dom. Appelons le par son surnom, notre sauveur, notre super Président.

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Sauf que. Sauf qu’on nous a déjà fait le coup avec Ségolène et qu’on a vu le résultat. Parce que pour mémoire, l’élection, c’est dans un peu moins d’un an et demi et plus tu te présentes, plus on déterre tes casseroles. Tiens, le MNEF, ça fait bien longtemps qu’on n’en a plus parlé. Et sa quéquette hyperactive ? Ah oui, non, ça, on va pas le remettre sur le tapis, les Français aiment les Présidents queutards si on s’en réfère à quelques réputations et scandales passés. Et chacune de tes déclarations est une arme à double tranchant qui peut te revenir à la figure en moins de temps qu’il ne t’en a fallu pour la prononcer. Si on prend super Sego, elle était toute virginale en se lançant dans la campagne mais à la fin, elle t’avait une
magnifique batterie Tefal aux basques. Bon, il est vrai que j’ai comme la sensation que DSK est meilleur communicant que Sego mais on ne sait jamais, les mots sortent parfois trop vite. Sans parler des journalistes cafteurs qui brisent la loi du silence et qui rendent un candidat « vieilli, usé, fatigué » en gentil alors que son rival qui a prononcé ces quelques mots devient mesquin. Après, ce ne sont certes pas les petits déclarations ou les faux pas qui font une élection mais ça y contribue fortement.

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Alors, DSK Président ? Pour les médias, le match est fait. Mais au fait, on leur a dit qu’il ne s’était pas déclaré sur la question pour le moment ?