Existe-t-il de mauvais romans ?

La semaine dernière, j’étais donc en masterclass avec Bernard Werber qui, entre autres conseils, nous enjoignait à lire des livres, les bons comme les mauvais. Ca tombait bien, j’étais en train de lire un livre épouvantable que j’ai détesté dans à peu près tous ses aspects, de la forme au fond. Et depuis, je me questionne : existe-t-il de mauvais romans ?

Mauvais romans pilonnés

Balayons tout d’abord un poncif : oui, la perception d’une oeuvre est subjective et si je m’en réfère aux avis Amazon collés à ce livre honni, il est plutôt apprécié (mais c’est une auto édition Amazon alors je suis pas sûre…) même si j’ai vu quelques commentaires de type “mais c’est complètement nul, je comprends pas les avis positifs”. J’y reviendrai une autre fois sur le livre en lui-même, je voulais pas trop le charger cause auto édition, ne pas tirer sur l’ambulance mais puisqu’il est bien noté sur Amazon, après tout… Mais ok, j’ai détesté ce livre mais est-il objectivement mauvais ? Ca implique de fait une autre question : c’est quoi un mauvais roman ?

Le grumphy cat

Je serais du même avis que Karim Debbache qui, lui, traite de films : un mauvais film est un film qui naît d’une mauvaise intention. Et on peut apprendre d’une mauvaise oeuvre autant que d’une bonne. Précisément le point de Werber : lire un livre qui nous déplaît nous force à réfléchir à comment nous aurions fait, nous, pour faire mieux. Alors attention, je parle ici d’une démarche humble : repérer ce qui nous dérange et voir comment on aurait pu faire pour que ça ne nous dérange pas. Ca ne veut pas dire que vous ferez forcément mieux mais que vous avez identifié un problème que vous essaierez de ne pas reproduire dans vos écrits.

Corriger un texte

En fait, je me demande dans quelle mesure un mauvais livre n’est pas plus stimulant pour l’écriture qu’un bon. Par exemple, quand je lis un bon roman, ça a tendance un peu à m’inhiber, je me dis que je ne pourrai jamais faire aussi bien. Alors qu’un mauvais, pour peu qu’il réveille une frustration, une envie de mieux faire, ça te booste dans tes projets littéraires.

Ecrire

Mais du coup, revenons en à l’histoire de l’intention. Quand j’ai lu ce roman en me disant que c’était de l’essence pure de merde, j’ai hésité à en parler comme je disais plus haut car il ne me semble pas que l’autrice avait de mauvaises intentions en publiant ce roman. Elle a écrit une histoire qui aurait pu être intéressante mais avec des défauts d’écriture et de construction de l’histoire réellement gênants. Mais quel était son but au fond ? Se faire plaisir à elle en se donnant un rôle à la fois central et complètement ridicule mais il n’y a pas d’intentions mauvaises de type écrire un roman hyper formaté juste pour se faire de la tune en oubliant la personne essentielle dans l’histoire : le lecteur. Du coup, peut-on réellement lui reprocher ce roman alors qu’elle a respecté la règle n°1 de l’écriture : se faire plaisir ? Même si moi, je n’en ai eu aucun en la lisant. Ecrit-on pour soi ou pour ceux qui pourraient nous lire ? Si elle a choisi l’auto édition, c’était bien pour être lue…

Ecrire pour être lue

L’ÉCRITURE DE PRESSE Écrire pour être lu

Du coup, faut-il remercier les mauvais auteurs ? Heu ben si on considère que j’ai perdu une semaine à le lire au lieu de passer au roman de ma pile à lire suivant, je doute…

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La drague,c’est nul

Entre deux dossiers, j’aime à glander sur YouTube histoire de me détendre un peu. Tiens, que me propose-t-on ? Petit ours brun… Ah oui, j’ai gardé Saturnin récemment et j’ai dû lui céder mon mobile. What else ? Ah tiens une vidéo de Norman feat Natoo et Andy sur la drague. Ahah oui, c’est drôle mais cette conclusion m’interpelle « j’aime pas draguer, la drague c’est nul ». Tiens…
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Alors oui, je suis d’accord. Pour moi, la drague n’est un truc cool que dans 2 cas : celui où tu sais avec certitude que ton petit jeu aboutira à quelque chose (ce qui n’arrive à peu près jamais même quand la metacommunication est sibylline) et celui où tu te remémores le petit jeu de séduction qui t’a permis de choper. Sinon la drague, c’est nul et ce pour plusieurs raisons.

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D’abord, la drague est une question de confiance en soi ou plutôt une remise en question de confiance en soi. Je ne vais pas parler ici des dragueurs de rue miteux qui n’ont pas pour but de conquérir une belle mais de prouver leur virilité en rappelant aux femmes que l’espace public ne leur appartient pas. Je parle de la drague de type « je trouve cette personne bien intéressante et jolie, j’aimerais bien partager une intimité avec elle », la drague à enjeu quoi. Souvent, le premier réflexe, c’est de se dire « il/elle est trop bien pour moi, laisse tomber« . Ce qui est d’une subjectivité totale, la personne en face se dit peut-être la même chose.  Mais voilà, draguer, c’est mettre son ego en jeu. Rien de grave dans l’absolu mais il y a des blessures d’ego qui peuvent finir par faire mal et nous pousser à arrêter le game. On passera donc en mode « tous et toutes des connards/connasses« . Alors qu’une personne peut refuser vos avances sans pour autant être associée automatiquement à la lie de l’humanité.

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Minute culturelle : la jonquille veut dire « je te désire ». Cette photo a un symbolisme surpuissant !

Et puis quand on drague, on manque parfois de subtilité. On cherche tellement à plaire qu’on se trouve très vite ridicule. Non mais qui n’a jamais vécu cette scène où on entre en interaction avec l’objet de son affection et à la fin de la conversation, on a envie de se donner des baffes tellement on s’est trouvé lourd-e, tarte… Cette sensation agaçante d’avoir ruiné toutes ses chances avec un rire forcé qui ferait passer le pire des psychopathes pour une personne tout à fait charmante, un humour aussi fin qu’un parpaing et d’ailleurs, la vanne, là, elle faisait pas un peu raciste ? La drague, c’est aussi ce moment terrible où tu as l’impression que l’autre ne te rend pas l’attirance mais que, par contre, il est allé parler à cette sale pétasse d’Anne-Laure… Forcément, quand on déballe la marchandise, hein… Oui, accessoirement la drague peut vite rendre agressif-ve

trop-jalousie

Mais surtout, la drague, c’est nul parce que ce n’est pas l’histoire que l’on nous vend. Norman le dit « Je trouve ça nul de devoir forcer les choses ». Dans la plupart des contes de fées et comédies romantiques, l’amour cueille nos protagonistes, le sentiment est évident de  base. L’histoire ne sera jamais celle d’un mec ou d’une nana qui galère pour conquérir l’objet de son affection. La conquête consiste plus à surmonter quelques épreuves de type différences sociales, sorcière, dragon ou proie un peu lente à la détente mais jamais notre héros/héroïne ne dit non à la déclaration. Du coup, ne pas voir l’autre vous rendre immédiatement votre crush paraît difficilement concevable, une anomalie. Et ça rend l’histoire à raconter un peu moins intéressante…

“Dis Papa, comment tu l’as rencontrée maman ?

– Oh bah, c’était à une soirée où nous étions invités tous les deux. Dès qu’on s’est vus, on a su”.

Non, dès qu’on s’est vus, j’ai su mais elle non car elle était un peu bourrée et, accessoirement, elle était venue avec un mec qu’elle avait envie de butiner mais elle comprit un peu plus tard que ledit garçon s’intéressait plus au joli Aurélien qu’il ne lâcha plus de la soirée. Dépitée, elle se servit un autre mojito et fuma quelques cigarettes, beaucoup, parce qu’elle s’ennuyait. A un moment, elle a commencé à se sentir nauséeuse et après avoir fait des politesses à un garçon qui lui proposait de lui donner un cours photo, elle lui lâcha son mail pour pouvoir sortir de cet appartement avant de vomir. Ce n’est qu’au bout de quelques “cours photo” qu’elle se rendit compte que ce garçon était intéressant et qu’elle appréciait son amitié… Et qu’il fallait peut-être lui donner une chance. Lui ramait comme un fou, passait des nuits sur le web à trouver une idée géniale de lieu pour son prochain “cours photo”, il s’est cru friendzoné plusieurs fois mais il s’accrocha, on ne savait jamais. Un peu loser mais finalement, à la fin, il obtint enfin sa belle. Un peu plus long comme histoire et pas forcément valorisant, surtout avec tous les doutes qui assaillent en permanence. Et si, au fond, elle ne voulait pas de moi ?

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Bref, la drague c’est nul car on nous raconte que l’amour, c’est un truc magique qui vous tombe dessus. Alors que,  non, c’est faux…

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L’amour, c’est l’orgueil

Des fois, j’aime à me poser sous le grand cerisier en fleur du jardin pour penser à la vie. Envoûtée par la voûte rosée et le parfum délicat, mon esprit vole loin, loin… En vrai, je suis dans mon appart qui sent le M. Propre avec mon chat qui pioute pour avoir un câlin mais un peu de bucolisme ne nuit pas.

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Donc l’amour. Je sais pas vous mais quand je sors avec quelqu’un, si mon cœur bat plus fort, y en a un autre qui parade fièrement : l’orgueil. Comprenez bien que je ne suis pas du genre à choisir un bellâtre pour me promener en accrochant mon doux éphèbe à mon bras et si j’aime les mecs intelligents, j’évite les pédants prétentieux qui prend les gens de haut parce que tu comprends, ils n’ont aucun avis sur la pensée d’Alain appliquée à la téléréalité (l’article lié n’est lui pas prétentieux et très intéressant pour le coup. Mais finissez mon article avant d’y aller, merci). Surtout si les gens en question sont mes amis… Mon mec doit d’abord me plaire à moi et j’ai tout à fait conscience qu’il n’y a rien de plus subjectif que les goûts et les couleurs. Donc non, je n’exhibe pas mon mec comme un trophée. De la même façon, j’évite de trop étaler mon bonheur en mode « mon mec est trop parfait, hihihi ! ». Essentiellement parce que ça gonfle. Et que plus une personne va me chanter la mélodie de son bonheur plus je vais me demander quelle est la noirceur qu’elle tente de dissimuler. On me la fait pas à moi.

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Mais il y a de l’orgueil en amour. Cet autre que nous avons choisi, nous lui prêtons bien des qualités. Un homme si incroyable qui me choisit comme petite copine, ça fait ronronner l’égo. Mais quand survient la rupture, si le cœur saigne, l’ego fait sacrément la gueule. Parce que comment ose-t-il jeter une fille aussi bien que moi, ce gros nase ? Il pense vraiment trouver mieux ? Oui, la rupture peut transformer un homme tout parfait en gros beauf, voyez… Et puis va falloir assumer aux yeux du monde qu’on a failli et ça, ça fait un peu chier. Même si le monde fait en général un peu preuve d’empathie et évite de vous crucifier d’un « Ben ouais, il t’a larguée, normal, t’es une grosse merde » (sauf les trolls).

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En octobre, quand j’allais chez la naturopathe et que nous parlions de prince-charmant-devenu-crapaud, elle me demanda si je l’aimais. Et je répondis honnêtement : »non ». J’étais attachée à lui, j’étais amoureuse de l’image que j’avais de lui mais je ne l’aimais pas non. Cette histoire me faisait du mal d’une part parce que je ne comprenais pas mais surtout parce qu’il m’avait prise pour une conne. Et parce qu’à chaque rupture subie, on se demande pourquoi . L’autre n’est plus qu’un élément dans le drama narcissique qui se joue en notre for intérieur.

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C’est marrant comme en amour, on a du mal à accepter de perdre la face alors que des fois, ça ne le fait juste pas. Il m’est arrivé de rompre juste parce que ça ne fonctionnait pas entre nous. Le mec n’était pas en cause en tant que tel, c’est juste le lui+moi qui est boiteux. Mais des que la décision ne vient pas de nous, l’autre devient un connard. Non mais regardez le nombre de rupture où le plaqué vient déverser son chagrin sur votre canapé en sortant la phrase ultime « Non mais quel connard ! ». Alors que non, il a juste été honnête. Mais là, ce n’est plus votre cœur qui parle, c’est votre orgueil.

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Finalement, aimer, est-ce choisir un autre miroir qui vous renverra une image de vous que vous aimez ? Vous avez trois heures.

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My Bloody Valentine

(Attention, ça spoile un peu)

Je vous avais promis une rubrique dédiée aux nanard, la voici. J’admets totalement ma subjectivité et mon manque total de connaissances artistiques en matière de cinéma, cette rubrique sera donc plus dans la veine « j’ai pas aimé ce film, je me moque » qu’une réelle critique construite. On est dimanche, on ne va pas se prendre au sérieux non plus.


Pour entamer cette série, je vous présente  un film globalement récent : my bloody valentine, un teen movie d’horreur. Sur le papier, les ingrédients sont appétissants : un méchant à la tenue effrayante (ici un mineur avec une pioche qui fait du bruit comme Dark Vador), des acteurs mâles beaux et identifiés par les adolescentes (Jensen Ackles de Supernatural et Kerr Smith de Dawson), des jolies filles pas très habillées pour les garçons, le tout arrosé d’hémoglobine. A noter que ce film existe en version 3d qui doit bien dépoter, surtout quand une fille très bien faite court nue pour échapper au mineur, quelques nez ont dû se mettre à saigner…


L’histoire en bref : ados, Tom (Jensen Ackles), Axel (Kerr Smith) et Sarah (je sais pas qui est l’actrice) participent à une soirée dans la mine. Or le vilain Harry, un mineur qui a pété les plombs, tue tous les ados sauf ces trois là et une blonde qui échappent au massacre et ce le jour de la St Valentin. 10 ans plus tard, Tom revient dans la ville pour vendre la mine qui appartenait à son père.  Il retrouve Sarah, son amour d’adolescence mais elle s’est mariée avec Axel, devenu shérif. Et là, les meurtres reprennent. Harry le tueur n’est donc pas mort ?


Pendant une heure et demie, les corps se découpent, le sang gicle, les membres volent. En 3D, ça doit être assez flippant. On retrouve les ressorts dramatiques classiques du teen movie d’horreur : des filles qui courent en criant et évitent la mort d’un cheveu, des suspicions, un final dramatique où l’héroïne hésite entre deux suspects : mais lequel est le tueur ? Bref, la seule innovation de my Blood Valentine est l’utilisation de la 3D.


Par contre, il y a super arnaque à un moment dans le film. Le nom du coupable est rapidement évident, je me dis que si c’est lui,  c’est vraiment mauvais, un peu comme dans Faculty ou 2mn30 de réflexion permettent de comprendre de suite qui est le gros vilain. Alors comme c’est trop évident, on a droit à une scène où le coupable assiste soit disant à un meurtre (alors qu’il le commet) mais comme il souffre de double personnalité, c’est sa partie de lui innocente qui se regarde en train de tuer. Super, tu n’as pas plus merdique comme grosse ficelle ? Je déteste être arnaquée de la sorte, quand le tueur sort un peu du chapeau genre « tu pouvais pas te douter que c’était lui parce que c’était le passant de la scène 7, ahahah ! ». Ben, là, c’est un peu pareil : « Bon, c’est trop évident que c’est lui donc on fait genre que ça l’est pas même si une fois la révélation faite, tu te demandes quand même ce qu’ont fumé les enquêteurs pour ne pas voir que cette personne était enfermé avec l’arme du crime… C’est ça, oui.


Finalement, ce film n’est pas épouvantable en soi, on peut le regarder entre amis avec une bonne dose de pop corn ou de ce que vous voulez. Mais c’est pas un incontournable non plus, pas même dans sa nullité. Reste les Jensen et Kerr, quand même bien miam miam.

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A quoi servent les critiques ?

La semaine dernière, je suis contrainte de regarder on n’est pas couchés de Ruquier, vu que je suis pas chez moi et que je gère pas la zappette (parce que sinon…). D’ailleurs, y a plus Polac, c’est un autre mec qui le remplace, Eric Naulleau. En invité, on a du lourd : Azouz Begag et Cali. Je précise que je n’ai jamais vraiment apprécié ni l’un ni l’autre. Et là, les deux se drapent dans une agressivité assez hallucinante, Cali a un comportement vraiment honteux. Pour ceux qui n’ont pas vu et ne veulent pas voir, dès que Zemmour a commencé à critiquer l’album (en ayant quand même commencé par « j’ai beaucoup aimé telle et telle chanson mais celle où vous parlez de politique… »), Cali est devenu furieux, a fait son cinéma, faisant de même avec Naulleau qui lui a posé la question suivante : « mais franchement, vous préférez aller dans des émissions où les gens ne diront que du bien de votre album qu’ils n’ont même pas écouté ? ».
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Et c’est là que je veux en venir. A quoi servent aujourd’hui les critiques, qu’ils soient littéraires, ciné… Déjà, à la télé, les critiques sont très, mais alors très rares, la plupart des émissions faisant l’éloge des artistes invités. Finalement, la seule émission où on ose dire que leur album est pas top, c’est chez Ruquier car chez Fogiel, c’est la personne qu’on attaque, pas son travail. Dans les magazines, tout est relatif. Déjà, dans la presse féminine, on ne critique rien, mais alors rien : tout est bien. Ca tombe bien, c’est ce que dit le dossier de presse alors… Faut dire que c’est un milieu très susceptible : ose dire du mal de la marque A, tu perds tous leurs budgets pub. Quant aux pages cultures, je crois n’avoir lu qu’une poignée de critiques légèrement négatives. Moi, j’aimerais vivre dans un monde où toutes les œuvres sont bien mais faut pas rêver. Bien sûr, d’autres revues sont plus cassantes mais voilà, dès qu’on dit du mal, c’est parti pour un « la critique est facile, l’art est difficile. » ou encore « les critiques sont des artistes ratés ». Peut-être mais faut se rendre compte que c’est un vrai métier, pas l’expression d’une frustration. Par exemple, moi, je ne serais pas vraiment capable d’être critique, je me sais trop subjective. J’ai des goûts pas mal arrêtés en matière de musique, littérature, cinéma… Par exemple, Amy Winehouse, perso, je supporte mal. Ca croasse, elle chante mollement, j’aime pas. Mais si je devais rédiger une chronique
musique, je ne pourrais pas juste dire « moi, j’aime pas ». Il faudrait que je parle de l’instrumentation, du travail de production, des influences… Bref, être critique, c’est pas un
truc qu’on fait sans une solide culture générale de l’art en question. Quand je vais voir un film, j’aime ou pas, selon si je suis prise par l’histoire ou pas. Le reste ne m’intéresse pas forcément, je peux voir les belles images, les effets de mise en scène, oui, mais je ne suis pas tout à fait au point.

 

Bien sûr, l’objectivité n’existe pas et je ne prétends même pas le contraire. Mais si je regarde ma culture cinématographique (ouais,ok, c’est un peu mon complexe) et qu’on me met devant un chef d’œuvre du 7e art, je fais quoi ? Je le compare aux daubes que j’ai pu voir ? Parce que non seulement je ne vois pas beaucoup de films mais en plus, j’ai un talent certain pour choisir les mauvais. En gros donnez moi à manger du caviar, je vais comparer ça à des œufs de lump. Mais pour en revenir au point de départ de cet article, je me pose quand même de sacrées questions. N’est-il plus aujourd’hui permis de dire d’une œuvre qu’on la trouve médiocre sans se retrouver victime de l’artiste en question ? Ne peut-on pas dire que tout son album n’est pas un bijou (ce qui est le cas de tous les albums, il n’y en a pas un où j’aime tous les titres sans exception et je dirais que c’est normal) ? Les artistes doivent-ils être des individus totalement épargnés par la critique alors que n’importe quel travailleur doit en essuyer ? Et au nom de quoi, je vous prie ? Très honnêtement, quand j’aime un artiste, je vais acheter son œuvre, même si j’en entends de mauvaises critiques. Les mauvaises critiques, ça me sert surtout à décliner l’invite pour aller voir un film qui me tentait pas au départ « nan mais dans Voici, ils ont dit que c’était nul alors hein… ». Alors bien sûr, il y a le problème du « détesté par la critique, applaudi par le public ». Mais
ça, j’en parlerai une prochaine fois.

PS : Je sors d’un repas de famille : 2 coupes de champagne + 1 verre de rouge + 1 verre de blanc, je vais faire la sieste.

La vidéo Cali vs Zemmour et Nalleau, au passage :

 

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N’importe qui peut faire mon métier

 Il y a pas mal de temps, j’ai lu un article d’Hervé Brusini sur les journalisme et la blogosphère (Le journalisme, quand Internet est roi…, dans Le Monde du 05 mars… Oui, je
fais preuve d’une incroyable réactivité, là). Le lisant dans le train reliant mon sud adoré à Paris, j’étais déjà passablement de mauvaise humeur grâce à l’heure et demie de retard de mon train.
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Là, je lis la prose de M. Brusini et je suis passablement agacée. « Tous journalistes ? ». Ben tiens, c’est bien la peine que je me sois fait chier à faire 7 ans d’études alors que journaliste, c’est pas quelque chose qu’on devient, c’est quelque chose qu’on est. Hé oui, moi, je fais ma maline avec mon « master professionnel de journalisme » mais n’importe qui peut faire la même chose que moi.

Le blogueur est-il un journaliste ? Rien ne m’agace plus que cette affirmation. Qu’est-ce qu’un blogueur ? Quelqu’un qui écrit, se filme ou parle, nous sommes d’accord, il utilise finalement les mêmes formats qu’un journaliste. Je ne dénigre pas le média blog, sinon, j’aurais pas les miens ! Je trouve que les blogs, bien utilisés, sont un vecteur
d’information tout à fait intéressant, j’en lis tous les jours. Mais ce que j’aime dans leur blog, c’est leur subjectivité, leur légèreté.

Quand j’écris un article pour mes blogs, je suis en mode « fille ordinaire de 27 ans » et pas en mode journaliste. En gros, je ne fais pas de recherche documentaire, je décroche pas mon téléphone pour un entretien, avoir l’avis d’un psy, d’un sociologue ou d’un politologue, je croise pas les infos, j’ai pas de dossier de presse. Quand j’écris un article de blog, je me pose juste devant mon ordi et je plaque mes idées sur l’écran et ça ne va pas plus loin. C’est totalement subjectif et je le revendique. J’ai d’ailleurs dû m’énerver car pas mal d’internautes me reprochaient mes opinions, m’expliquant que « pour une journaliste », j’avais des avis bien tranchés. Apparemment, on est tous journalistes mais ceux qui en ont le diplôme n’ont pas le droit d’avoir un avis.

Un blog n’est-il pas finalement que la vision écrite (ou filmée) d’une conversation du café du commerce. Ici, je vais m’amuser à analyser l’actu, à donner mon opinion mais je ne
pose aucune vérité établie, je ne cherche pas à recouvrir ma prose d’un vernis de crédibilité pour vous faire adhérer à mon avis. Pour moi, la différence majeure entre journal et blog, c’est le but. Un journal cherche à informer et à faire comprendre alors que le blogueur cherche à partager. Une musique, un coup de cœur, une opinion mais il partage.

Je suis un peu fatiguée par cette volonté de toujours opposer les uns aux autres. Le fait de bloguer n’est pas du journalisme et je trouve très grave de faire l’amalgame. Parce que
c’est écrit, on a l’impression que c’est indiscutable, on se méfie plus des journalistes que des blogueurs sous prétexte que les blogueurs annoncent clairement leurs orientations politiques et sont « libres ». Pourtant, pas mal d’intox circulent sur le net comme les nombreux hoax qu’on reçoit par mails et que certains prennent pour argent comptant.

Le journaliste, lui, a une obligation morale et éthique de ne pas avancer n’importe quoi. Notre métier implique non seulement un savoir-faire qui ne s’acquiert pas en claquant des
doigts, un réseau constitué au fil des expériences, une rapidité d’exécution née de la pratique mais surtout une déontologie. La rumeur ne doit pas faire les choux gras des journaux. Bien sûr, ça, c’est la théorie. Mais tout de même, je suis lassée de voir à quel point mon métier est bradé aujourd’hui. Bien sûr que je savais écrire avant de commencer mon « master professionnel ». Mais j’oubliais parfois, comme mes camarades, que le but premier d’un article, c’est d’informer donc les titres semi obscurs genre on fait du Libé mais on pousse le bouchon trop loin, on oublie. Si on veut faire des effets de style qui rendent nos propos limite incompréhensible, on écrit un roman. Un article de journal, il faut que ce soit compréhensible pour tous. Sujet, verbe, complément, pas la peine de faire des phrases de 4 km de long. On apprend aussi l’art de choisir la bonne photo, comment fonctionne une caméra, ce qu’il faut filmer, les montages d’images qui donnent du sens, éviter les faux plans, les mauvais raccords, travailler sa voix pour la faire paraître plus spontanée. Quoi qu’en disent certains qui méprisent le journaleux, c’est
un vrai métier.

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Comment t’occuper cet été ?

Lecteur, lectrice, avant d’aller plus loin dans la lecture de cet article, je précise que je suis toujours malade, qu’en conséquence, je déteste ma vie. Enfin, je déteste surtout ma gorge, ma tête, mon cou, mon nez et mon dos, les endroits où j’ai mal, quoi. Et je détestes ces enfoirés de putain de bloggeurs qui m’énervent depuis quelques jours. Y en a, ils devraient faire gaffe, j’ai leur numéro et je suis fiévreuse donc out of control. Fais gaffe, fais gaffe !!

Bon, je commence bien, 1er paragraphe hors de propos. Donc aujourd’hui, malgré ma counasse de fièvre persistante, j’ai envie de te parler, lecteur, de m’adresser à toi, de te demander ton avis. Alors voilà, c’est l’été (siiiiiiiiii, je te jure, regarde ton calendrier, c’est marqué dessus. Je sais, il fait un temps de novembre mais je te promets, c’est l’été) et j’ai remarqué dans mes stats que certains d’entre vous étaient partis. Sans même me demander mon adresse pour une cartounette, les ingrats. L’été est toujours une période un peu calme
sur les blogs, entre les vacances des uns et des autres. En gros, la seule à pas partir, c’est moi. Enfin, si, je me prends une semaine en août, faudrait voir à pas déconner non plus. Bref, tu pars lecteur, loin du net donc loin de moi et globalement, ça t’émeut peu. Le défi pour tout blogueur qui se respecte (donc moi), c’est de te faire revenir à ton retour.

Alors, voyons, qu’est-ce qui pourrait te motiver à revenir me voir ? Bon, je peux jouer sur le suspense de ma vie genre « Nina trouvera-t-elle un travail ? ». Ah mais non, ça, c’était la saga de l’hiver. Bon alors « Nina trouvera-t-elle l’amouuuuuuuuuuur ? ». Bof. « Nina couchera-t-elle avec une célébrité sur
laquelle elle fantasme ? ». Ouais ok, je le reconnais, ma vie n’est pas haletante. Bon, alors, innovons un peu. Première idée : une saga de l’été (mais pas avec moi comme héroïne), genre les trucs qu’on voit à la télé sauf que si l’idée me paraît marrante, j’ai un gros doute sur mon temps disponible pour cette bêtise. C’est pas que je sois débordée en ce moment mais euh… un peu quand même. Donc on va abandonner l’idée

Autre idée qui marche bien en général : les concours. Avec résultat mi septembre. Bon, alors, l’idée générale, ce serait de créer un T-shirt vingtenaire autour des slogans genre « do you brouette ? » « Vingtenaire boy/vingtenaire girl » « Vingtenaire et alors ? ». A la limite, si vous avez des idées de slogan,
n’hésitez pas à proposer. Je pensais aussi au désormais cultissime « les tomates, ça tumate » car je sens que ça vous a passionné cette histoire là.

Sinon, je pensais relancer une autre vingtenaire academy mais j’hésite sur la modalité en fait. J’ai envie d’un peu de dessin sur ce blog et vu mon talent… hum voilà. Donc l’idée, ce serait de soit trouver un vingtenaire qui nous ferait des planches à place des articles, soit quelqu’un qui illustrerait les articles de dessins (ce qui implique que je fasse un planning plus rigoureux des articles et que je change pas 20 fois d’idée en route. Ca devient une vraie entreprise ce blog). J’hésite encore, ce sont des idées comme ça que j’ai eues hier, donc
au milieu de ma fièvre donc j’ai pas idée si elles sont bonnes ou pas. Déjà qu’en temps normal, je suis atrocement subjective, là, tout mon sens critique est annihilé.

Sinon, je peux aussi lancer un thème de l’été ou vous proposer des sudokus ou autres. Alors lecteur, c’est à toi, c’est quoi qui te tentes ?

(promis, je me soigne)
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Le mal français

Je suis toujours un peu agacée quand on catalogue les gens par nationalité genre « les Italiens sont dragueurs, les Portugaises poilues »… Clichés, clichés !
Pourtant, s’il y a bien un trait caractéristique en France, c’est bien celui-ci : nous sommes râleurs.

raleur+asterix

Lundi dernier, premier jour de job, je déjeune avec diverses personnes dont Pierre-Cecil qui raconte son voyage à New York. A un moment, il explique : « là-bas, c’est très différent d’ici, les gens ne râlent jamais. Eux, ils sont limite dans l’excès inverse. » Témoignage corroboré par mon cousin qui a vécu à Londres il y a quelques années : « Tu vois, les gens, tu les reconnais facilement dans la rue. Les gens qui marchent en groupe, ce sont des Japonais ou des Américains. Ceux qui parlent fort, ce sont les Italiens. Ceux qui râlent, les Français. » Je me suis retrouvée l’autre jour dans un métro plein d’Italiens et je confirme : ils ne parlent pas, ils hurlent.

 

C’est vrai que, globalement, en France, j’ai l’impression que rien ne va jamais. Vous voulez qu’on fasse ça ? Non. Et ça ? Non plus. Alors ça ? Toujours pas. Nous sommes paradoxaux : on ne veut pas de changement mais on ne veut plus du système en place. Heu… C’est dans ces moments précis que je m’étonne qu’il n’y ait pas plus d’internement d’hommes politiques en France ! Bon, je dis ça mais je suis pas la dernière à râler. En ce moment, je joue tous les jours un drame classique : « Nina contre l’administration ». Oui car je suis joueuse, j’essaie de joindre la mairie de Ville A et surtout un élu. Si la mairie répond toujours, le secrétariat de M. Elu ne répond quasiment jamais. C’est pas compliqué, en 15 jours, j’ai réussi à les avoir une fois. Donc je râle : « c’est quoi ces feignasses qui bossent pas ? ». De la même façon, pour faire un reportage sur la sécurité dans Ville A, j’ai besoin d’interroger des membres de la police municipale. Et bien figurez-vous que ça ne se passe pas comme ça, je dois demander une autorisation à la direction de la sécurité publique qui transmet ma demande à la Préfecture qui transmet ma demande à la police municipale. Avec, à chaque fois, une étude de ma demande. J’ai envoyé le fax mercredi. Jeudi, j’appelle : « vous l’avez reçu ?

– Heu…
– Non mais c’est important.
– Votre demande est urgente ?

– Oui, je dois impérativement faire cette interview la semaine prochaine.

– … Mais vous ne l’aurez jamais à temps, l’autorisation !

– … »

Bordel, c’est pas comme si je bossais pour un grand journal ! C’est pour un site interne, il y aura environ qu’un demi-millier de lecteurs !

 

Je râle quand je vais à la Poste : 20 minutes de queue pour retirer un colis, j’ai pas que ça à faire. Je râle contre la SNCF qui a oublié de dire sur son numéro surtaxé que son train était annulé. Je râle contre les gens qui n’avancent pas dans la rue, les couillasses qui cherchent leur ticket de métro juste devant le portique, empêchant les autres de passer, ceux qui mettent deux heures à payer au supermarché parce qu’il trouve pas une pièce de 2 cts, contre les caissières qui me jettent les provisions à la gueule pour que je range plus vite et que je me casse…Je deviens misanthrope, « l’autre », en tant qu’individu qui nuit à ma tranquillité, m’énerve au possible. Surtout les musiciens du dimanche qui envahissent le RER. J’aime la musique, c’est pas le souci. Je l’aime tellement que je me balade avec mon lecteur MP3 mais quand une fausse blonde vient chanter des chansons bizarres en espagnol, j’ai du mal à entendre (en plus, j’ai croisé deux nanas chantant exactement les mêmes chansons avec la même voix, faudrait pas se foutre de ma gueule non plus).

 

Pourtant, je ne suis pas une harpie. Râler, c’est français, on considère tout comme un dû. C’est normal que mon train soit à l’heure, que je sois peinarde dans le RER, que la mairie me réponde jusqu’à au moins 18h, je paye pour tout ça (enfin, non, je paie pas encore d’impôts, moi).

 

Sauf que râler, ça bouffe de l’énergie. S’enthousiasmer aussi, me répondras-tu, lecteur facétieux, mais quand on s’enthousiasme, on est heureux, on sourit, on s’exalte… Quand on râle, on s’aigrit et ça finit par faire mal à l’estomac. Bon, alors, en mon âme et conscience, je me dis : « prends exemple sur les Américains, ma fille. » Mais point trop n’en faut quand même, si je m’extasie sur tout, on va finir par trouver ça suspect. Non, gardons mes enthousiasmes pour des choses qui en valent la peine. Mais faut que j’arrête de râler. Mon train est en retard ? Ben, ça me laisse du temps pour fumer une clope de plus. Mon bus n’arrive pas et je vais arriver en retard au travail ? A Paris, c’est fréquent, personne ne me reprochera mes dix minutes de retard. La mairie refuse de me laisser communiquer avec M. Elu. Bon, là, par contre, ça m’emmerde parce que je peux pas faire mon boulot correctement. Mais personne ne me reproche de ne pas faire cet article… Alors zen. De toute façon, m’en fous, je rappellerai !

 

Bref, si c’était une résolution de vie, ça ? Ne plus râler, arrêter de ne voir que le côté sombre des choses et être un peu plus positive ? Bon, c’est vrai qu’il y a des choses exaspérantes mais ce n’est pas pire qu’ailleurs, je crois. Après tout, dans les autres pays, les gens semblent prendre ces petits désagréments de la vie avec fatalisme. Pourquoi les Anglais, les Allemands ou les Américains subissent ces petits soucis sans râler alors que nous en sommes incapables ? La nationalité ne change pas l’homme, s’ils ont cette ressource, nous l’avons aussi, faut juste la retrouver. Bon, promis, la prochaine fois que mon train est à la bourre, je ne lâcherai pas un « fais chier ! », je me contenterai de me plonger dans mon bouquin, en espérant que Kenya va arrêter de miauler.

 

Plutôt que de dénoncer les entreprises qui nuisent à ma bonne humeur, pourquoi ne pas les prendre de haut ? Je suis au-dessus de toutes ces considérations matérielles, le retard n’est rien. Qu’est-ce que dix minutes dans l’éternité ? E puis ce n’est qu’une donnée subjective : si ma montre avait dix minutes de retard, j’arriverais à l’heure selon ma montre. Et puis surtout, j’utilise ce retard pour cogiter. Donc si cet article vous a paru chiant, prenez-vous en à la RATP ou la SNCF, c’est leur faute !

 
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