Ton personnage, j’ai pas d’empathie pour lui

L’avantage de ne pas avoir trop le temps d’écrire, c’est que ça me permet d’avoir quelques livres d’avance à chroniquer. Ou pas, il y a certains bouquins sur lesquels je n’ai rien à dire. Depuis que j’ai abandonné « Je suis Pilgrim », j’ai avalé la promesse de l’ange de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, Piégée de Lilja Sigurdardottir et Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Et autant vous dire que réussir à créer un personnage suscitant un minimum d’ empathie, c’est vraiment un sacré challenge.

La promesse de l'ange de Frederic Lenoir et Violette Cabesos Piégée de Lilja Sigurdardottir Un monde après l'autre de Jodi Taylor

Sur ces 3 romans sus-nommes, nous avons 3 héroïnes : Johanna, Sonja et Maxwell. Et bien autant vous dire que je n’ai eu de sympathie et donc d’empathie que pour la 2e. Je ne sais pas encore si j’écrirais un jour un article sur ce roman donc à tout hasard : je vous le conseille. Alors pourquoi Johanna, Maxwell et ce bon vieux Pilgrim, qui n’a jamais été appelé ainsi pendant les 400 pages que je me suis cognées mais j’ai oublié son nom, ne m’ont pas émue ? C’est un peu difficile à lister mais en gros :

 

Leurs réactions sont illogiques

Alors ça, ça me rend hystérique aussi dans les séries Ou au cinéma, quand un personnage fait un truc débile alors que s’ouvrait devant lui un autre chemin tellement plus joli et évident. C’est souvent le signe d’un scénario mal maîtrisé, un peu un « Merde, je dois déclencher un nouvel événement, comment faire… ah ben tiens, mon héros/héroïne va sauter de l’immeuble en parachute. Oui, ok, il aurait pu prendre l’ascenseur mais c’est pas badass ». Un peu ce genre. Alors je sais qu’au naturel, je suis pas la fille la plus aventurière du monde, je suis à -17 sur l’échelle du trépidant (je ne cours pas pour descendre les escaliers car j’ai peur de tomber… monter en courant, je peux par contre) mais y a des moments où les personnages prennent des risques TOTALEMENT inutiles juste parce qu’ils raisonnent n’importe comment. Du coup, qualité de m’inquiéter pour eux, je m’agace de leur manque de jugeotte.

Les réactions illogiques des personnages : prometheus

Ils sont débiles

Le suspense est quelque chose de difficile à installer, notamment dans l’univers polar/thriller. On suit donc le personnage dans sa perception de l’énigme à résoudre, on dispose du même faisceau d’indices qu’eux. Or il arrive parfois que nous trouvions qui est le coupable avant la résolution de l’énigme… parce que c’est évident. Mais l’écrivain.e a choisi de ne pas arrêter son récit là et pendant les 100 pages restantes, on a envie de leur hurler qu’ils sont cons. Parfois, c’est juste qu’ils se noient dans un verre d’eau, qu’ils cherchent une solution et partent dans des pensées complexes alors que la solution est ultra simple et tu passes une partie du roman à soupirer devant les fausses difficultés du personnage.

Pretty little liars

« Mais comment elle sait tout, A. ? » Et jamais vous cherchez des micros, par hasard ?

Je ne les connais pas

Et là, on touche au cœur du problème. Je sors de mes romans pour parler du docufiction Mars qui est extrêmement révélateur du problème. Dans le 1er épisode, un astronaute, Ben, est salement blessé et tout ce 1er épisode va s’organisée autour de la survie du groupe en général et de la sienne en particulier. Sauf que j’ai vu ce mec 5 mn en cumulé et suivre son agonie et celle de ses camarades qui se mettent en péril pour le sauver… ben je m’en fous, en fait. Surtout qu’on avait en parallèle un laïus en mode « oui, on peut mourir mais c’est pour la science donc on est en paix avec ça ». Alors pourquoi vous êtes tous prêts à crever pour un mec qui a 9 chances sur 10 d’y passer ?

Le docu fiction Mars

Autre problème : le nom. Dans Pilgrim, le mec a plein de nom parce que espion, tout ça… du coup, j’avais du mal à vraiment m’intéresser à lui. Mais le pire, c’est Un monde après l’autre. Les personnages s’appelaient par leur nom de famille et donc notre héroïne était Maxwell voire Max. Pourquoi pas. Par contre, je n’ai pas compris si son prénom était Madeleine ou Lucy vu qu’elle a eu droit aux 2. Pareil, un autre personnage est soudain appelé par son prénom au bout de 200 pages, prénom qui avait dû apparaître dans une phrase de type « Je te présente Baptiste Tartempion qui fait ci, ça et ça et pia pia pia ». Le mec sera appelé alternativement chef et chef tartempion (à ne pas confondre avec Boss, c’est un autre personnage, ça). Du coup, quand y a un Baptiste qui pop tout à coup, je perds quelques secondes à comprendre de qui on me parle. Le nom est important, un personnage peut être nommé différemment selon qui s’adresse à lui… du coup, autant je peux admettre que je ne suis pas toujours 100% attentive quand je lis, autant un roman où j’identifie mal plusieurs personnages, le souci ne vient pas forcément de moi.

Halle Berry dans Catwoman de Pitof

Leurs motivations sont pétées

Là, c’est surtout le cas de la promesse de l’ange où la psychologie du personnage est un peu… surréaliste, dirons nous. Pendant tout le roman, je secouais la tête dès qu’elle justifiait un acte en mode « non, meuf, tu n’as pas le droit de piller une tombe parce que tu as fait un rêve chelou quand tu avais 8 ans » (c’est le vrai pitch du roman). Son obsession la rend d’ailleurs absolument insupportable.

Avoir de l'empathie pour un personnage

Ils sont insupportables

Justement. Que ce soit Johanna, Lucy-Madeleine ou le Pilgrim, ce sont des gens que je n’aurais aucun plaisir à rencontrer dans la vraie vie. Johanna et Pilgrim sont très imbus d’eux-mêmes, Lucy-Madeleine est lourde… mais très en fait. Elle m’a fait penser à plusieurs reprises à la Mickey du roman horribilus… en mieux écrit néanmoins. Ouf.

Leila Bekhti dans jour polaire

Construire un personnage qui va plaire aux gens est un défi… colossal. Peut-être qu’il est même impossible de créer un personnage faisant l’unanimité, ça doit dépendre de notre sensibilité, je suppose…

Peut-on avoir de l'empathie pour Ted Mosby

Mais s’ils pouvaient arrêter d’être cons, ça me faciliterait l’empathie.

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C’est quoi un bon roman ?

Depuis quelques semaines (enfin une puis j’étais en vacances), je vous parle d’un roman horrible mais si on peut tous définir un mauvais roman (le truc qui nous tombe des mains, qu’on oublie sur un coin de la table de nuit en privilégiant une bonne partie de candy crush plutôt qu’une séance lecture). Du coup, un bon roman, c’est quoi ?

Lire avant de dormir

Je vais passer sur les qualités littéraires de l’oeuvre. Je ne suis pas éditrice et je considère le style comme du sel : ça rajoute du goût au plat mais si c’est dégueu à la base, ça ne sauvera pas le tout. L’appréciation est toute personnelle et nous ne sommes pas sensibles aux mêmes choses donc je vais vous parler de ce qui, moi, me fait dire que ce roman, là, il est vraiment au-dessus de tout

Lire allongé

Je ne le lâche pas

Ca paraît évident mais il va quand même falloir un peu nuancer le propos. Il y a des romans que je dévore parce que je suis totalement prise dans l’intrigue, chaque milliseconde de libre dans mon emploi du temps va être consacré à dévorer ce roman. Il m’arrivait, quand j’étais plus jeune et surtout plus célibataire, de passer des nuits blanches sur un roman et j’adorais ça. Aujourd’hui, j’ai un peu moins de temps pour la lecture, essentiellement parce que je bosse huit bonnes heures par jour et que j’essaie d’écrire un peu aussi mais j’adore ces romans dans lesquels je me réfugie avec plaisir, que je trimballe partout en espérant pouvoir voler cinq minutes à ma vie pour grignoter une page ou deux. Oui, un bon roman me rend boulimique… Mais parfois un roman moyen voire pas terrible aussi. Pour filer la métaphore culinaire, parfois, on a faim pour un bon boeuf bourguignon et des fois, on a la dalle et on s’avale des cacahuètes ou un kinder Maxi. C’est pas délicieux mais ça remplit. Et puis surtout, il m’arrive de dévorer un roman moyen voire pas terrible juste pour voir si j’avais raison. Je déteste ne pas finir un bouquin parce que j’ai besoin d’avoir la fin qui peut, parfois, sauver les meubles ou, au contraire, finir de clouer le cercueil. Le pire étant quand la fin ne me surprend pas, quand j’ai deviné qui était le coupable ou comment ça allait se terminer, démontant les rebondissements avant qu’ils n’arrivent. Parfois, je ne le fais pas exprès comme dans le dernier Camilla Läckberg, Le dompteur de lions, où j’avais deviné quasi tout mais sur le dernier plot twist, alors qu’il me restait encore quelques pages, je me disais “ah ben moi, j’aurais fait plus comme ça, ça aurait été un vrai retournement et… ah bah c’est ça en fait.” Idem pour Disparue de Lisa Gardner où j’ai cru avoir deviné, je me suis ensuite dit “ah je me suis peut-être trompée mais du coup, ça me donne une bonne idée… Ah ben si, j’avais raison en fait”. Donc le fait que je le dévore n’est pas un indice infaillible donc quoi d’autre ?

Qui est le coupable

L’envie d’écrire

Ca, c’est déjà un meilleur indice mais ce n’est pas non plus absolu. Quand je lis un roman (ou vois une fiction, ça marche aussi) qui me touche d’une façon ou d’une autre, ça me donne une violente envie d’écrire. Une histoire dans le même univers, m’en inspirer, faire ma propre version. Par exemple, en ce moment, je lis Dracula de Bram Stoker et je me rends compte que ça me stimule pour écrire. Pas un roman de vampire, c’est pas un sujet qui me branche, mais ce côté journaux intimes et lettres pour tisser un récit, oui, j’aime bien. Pareil pour la série the Handmaid’s tale qui m’inspire un peu sur le côté dystopique, quelques épisodes de Black Mirror… même quand une série me déçoit, genre Lost, j’ai envie de prendre le sujet pour en faire ma version.

Lost : le casting

L’obsession

Et c’est là, je crois, qu’on touche au sublime : la trace que me laisse un roman. Vous savez, quand vous lisez un roman génial et que vous êtes partagés entre la hâte de terminer pour connaître la fin et la tristesse de le laisser sortir de votre vie. Bien sûr, on peut relire mais il n’y aura pas le plaisir de la découverte et, pour ma part, je ne relis quasi jamais un roman, essentiellement parce qu’il y a beaucoup trop d’ouvrages à lire pour ne pas enchaîner. Je respecte ceux qui relisent, bien entendu, c’est pas un débat. Mais parfois, il y a un livre qui laisse son empreinte, je le finis et… j’ai un peu de mal à enchaîner directement. Besoin de digérer, de réfléchir un peu, d’imaginer comment j’écrirais une histoire qui ressemblerait à ça… Parfois, je n’ai pas conscience de suite que je suis marquée. C’est comme Fahrenheit 451, je l’avais trouvé bizarre quand je l’avais lue ado (parce que j’avais pas tous les outils intellectuels, je ne connaissais même pas le nom “dystopie”) mais il a laissé une énorme trace dans mon imaginaire, il est plus ou moins celui qui m’a inspiré une partie de Technopolis (ça et une partie de Batman forever, l’esthétique de Gotham telle que je m’en souvenais car j’ai un jour revu le film et c’était absolument laid).

Gotham cit version Schumacher

J’aime bien l’idée des statues géantes, voilà

Du coup, c’est peut-être ça, la réussite d’un roman : devenir suffisamment viscéral pour ne pas s’arrêter à la dernière page.

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Sense8 : ôde funéraire

J’avais prévu de vous parler de cette série aujourd’hui depuis quelques semaines, après avoir fini la saison 2, en fait, mais du coup, c’est d’autant plus d’actualité que Netflix a décidé d’annuler la série, ce qui fait que je vais résilier mon abonnement. Parce que j’aimais Sense8 et que j’ai envie de vous dire pourquoi. Pas pour vous convaincre (j’hésite à vous encourager à regarder du coup), juste pour le plaisir.

Sense8

De quoi ça parle pour ceux qui n’auraient pas vu : huit personnes dans le monde se retrouvent reliées entre elles à la mort d’une neuvième et vont apprendre à dompter leur “”sensibilité” pour s’aider les uns les autres à surmonter les différentes épreuves de la vie. Parce qu’outre leur vie compliquée (on a dans le lot un gangster à la petite semaine et une prisonnière coréenne), ils doivent faire face à une organisation secrète qui veut leur peau. Alors je sais : pouvoirs spécifiques, organisation secrète, ça fait carrément John Doe (qui était cool aussi comme série et pas juste parce qu’on voyait le cul de Dominic Purcell au générique), Le Caméléon, un peu Heroes, je crois, un peu les X-Men aussi, non ? Bref, on pète pas plus l’originalité que ça sur ce point.

Sense8 l'anniversaire

Alors pourquoi c’est cool ? Pour plusieurs raisons.

L’interaction entre les personnages

Alors qu’au début, les huit se croisent sans trop comprendre ce qu’il se passe, ils développent peu à peu leur pouvoir et se substituent les uns aux autres pour s’apporter leurs compétences et s’aider. Will, Wolfgang et Sun interviennent quand y a de la bagarre, Lito quand il s’agit de jouer la comédie, Capheus de conduire, Kala pour la chimie et la médecine, Nomi pour tout ce qui est piratage informatique et Riley… bon, elle, ok, j’avoue qu’elle m’intéresse moyen, elle est avant tout le love interest de Will et les scènes où elle mixe (elle est DJ) sont les pires moments de musique de la série. Particulièrement le remix pourri de What’s up des 4 non Blondes qui m’a fait saigner des oreilles. Alors que j’ai quand même du Riri sur ma playlist Spotify donc ça vous situe mon niveau. Bref, plus on avance dans la série, plus les interactions sont fluides et naturelles.

Sense8, le cluster derrière Wolfgang

La photographie

Beaucoup reprochent son rythme à la série et je comprends, on a pas mal de passages contemplatifs qui ne font pas avancer la série… mais bordel, c’est beau. La photographie est hyper travaillée, il y a vraiment des plans inspirés et magnifiques, des plans de pure poésie. Mes moments préférés : la scène où ils nagent tous avec Kala en Méditerranée et la scène de baise dans la piscine, entre bleu et rouge (je dirai pas qui est impliqué pour pas spoiler).

Sense8, le cluster autour de Sun

Les scènes de sexe

Alors les scènes de sexe dans les séries, ça peut vite me gonfler, surtout si je sens le côté hyper gratuit du truc, coucou HBO pour pas mal de tes oeuvres ou encore le navrant Spartacus où il devait y avoir plus de scènes de cul que de scènes de combat. C’est toujours super touchy le cul dans les fictions parce que mal dosé, mal écrit ou réalisé, trop gratuit, ça agace direct le récepteur de ton oeuvre. Ici, du fait de la connexion entre les personnages, une gentille partie de jambe en l’air se transforme rapidement en orgie… mais je les trouve assez belles, en fait. Surtout la scène de sexe citée dans le paragraphe ci-dessus. Dans l’épisode de Noël, l’ultime orgie est assez bien faite… et en totale mixité. Finalement, la seule scène de sexe qui m’a un peu saoulée, c’est la toute première entre Nomi et Aminata que je trouvais un peu gratuite, un peu “hé, on vous met direct deux meufs qui baisent à grand coup de gode ceinture, ahah” mais tu comprends vite que ce n’est pas si gratuit que ça.

Sense 8, orgie de Noël

Les couples gays et lesbiens

Parmi nos huit, nous avons un gay et une trans, tous les deux en couple. On a, de mon point de vue hétéro, toujours un léger souci de représentation des couples gays dans les séries qui sont un peu trop traités comme tel. Dans Six feet under, par exemple, le couple Keith et David est intéressant mais tout tourne autour du fait qu’ils sont gays. Alors oui, avec la problématique de l’adoption par exemple, ou des relations libres (bah oui, les gays, ils forniquent tout le temps avec n’importe qui, tu sais bien… Et pus HBO, faut du cul, du cul, du cul), je veux bien admettre sans soucis que ça touche certains couples homos, pas de soucis. Mais leur relation ne peut pas tourner qu’autour de ça. Dans Sense 8, l’homosexualité de Lito et la transexualité de Nomi (jouée par une actrice trans) sont des ressorts importants de l’histoire mais leurs personnages n’ont pas que ça comme histoire, on a aussi des scènes où ils sont avec leur partenaire et ils se comportent comme n’importe quel couple, avec tendresse et amour sans que leur identité sexuelle n’arrive sur le tapis. Et ça, rien que ça, ça mériterait qu’on jette un oeil à la série.

Sense8 Nomi et Amanita

En fait, j’ai la sensation que les Wachowski réussissaient avec Sense8 ce qu’ils ont échoué avec Cloud Atlas : raconter une histoire par delà l’espace (dans Cloud Atlas le temps) avec des liens particuliers entre les gens. Et je suis dévastée qu’il n’y ait pas de saison 3… Pas tellement pour l’histoire contre l’organisation secrète parce que ça, en fait, je m’en fous, mais plus pour leurs histoires individuelles, les voir grandir avec leur pouvoir, les voir s’épanouir avec ça. Mais je ne désespère pas, ils trouveront bien un moyen de nous faire une fin.

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Tu n’es pas d’accord avec moi : tu n’as aucune ouverture d’esprit

Depuis le temps que je zone sur les réseaux sociaux, il s’est passé deux choses : je me suis “radicalisée” sur de nombreux sujets (genre le féminisme où je mords de plus en plus facilement) et par conséquent, je me suis retrouvée à “débattre” avec des gens aux avis radicalement opposés au mien. Ce qui entraîne en général deux réactions :

  • tu n’as vraiment pas d’humour (non, l’humour oppressif ne me fera jamais rire, sorry)
  • tu n’es pas ouverte d’esprit.

Ben tiens…

ouverture d'esprit

M’étant déjà énervée sur le sujet de l’humour, passons donc directement à l’autre sujet : l’ouverture d’esprit. Je peux affirmer sans rougir que je suis ouverte d’esprit : de nature curieuse, j’aime bien découvrir de nouveaux sujets, me passionner pour ceci ou cela, butiner tel un colibri un peu de connaissance à droite, à gauche. Il suffit que je lise un livre ou un article sur quelque chose qui attire mon attention pour que j’entame une boulimie d’infos sur le sujet. Ce qui crée une légère frustration au vu du temps libre dont je dispose actuellement… Parfois, je lis un article ou mate un reportage qui me laisse froide, ça arrive aussi. Bref, j’essaie de m’intéresser et de me cultiver dans la mesure du possible mais au vu de mon temps libre disponible, je vais me consacrer aux sujets qui ont allumé l’étincelle de mon intérêt. C’est ainsi que je ne vais pas lire 50 nuances de Grey juste “par ouverture d’esprit”. Ca va, je me suis déjà tapé 2 volumes de l’infect After, ça me suffit en terme de “tomber amoureuse d’un pervers narcissique qui va te faire chialer tous les 2 matins, c’est ça, l’amour, le vrai !”.

femme-relation-abusive-amour

Non mais à un moment, comment on a réussi à faire croire que l’amour, le vrai, saigne forcément ?

Parfois, je m’indigne sur certains sujets ou propos. J’ai ma sensibilité et certaines choses, je ne veux plus les entendre. Je vomis le sexisme donc quand je vois une remarque gratuite et déplacée sur les femmes, je ne vais pas hésiter à mordre. Idem, en ces temps troublés, je ne supporte plus le racisme ou la xénophobie et je ne vais pas hésiter à rentrer dans la mêlée. Et c’est là que le bât blesse : “han, tu ne tolères pas mon opinion [dégueulasse], t’es pas ouverte d’esprit”. Ou en sous texte : “tu veux pas être d’accord avec moi alors que je t’explique, t’es pas ouverte d’esprit”. Alors non, ceci n’est pas de l’ouverture d’esprit. Par exemple, un mec m’a fait chier dimanche sur une conversation autour de Ivan Rioufol, le mec néo réac qui recycle sans trembler le choc des civilisations d’Huntington et qui crache en toute occasion sur le multiculturalisme (“le cheval de Troie de l’islamisme”. Je cite, oui). Donc je trouve que, déjà, connaître les propos de ce monsieur, c’est déjà beaucoup. Mais quand je m’érige contre de tels propos et qu’on m’explique que les pays musulmans ne sont pas plus ouverts au multiculturalisme (pas du tout le sujet) et que je refuse de cautionner, voilà “je suis pas ouverte d’esprit”.

couple-dispute-debat

A se demander si on ne prend pas les autres pour de sombres idiots. En somme : moi seul-e est le savoir et je te le confie. Tu refuses de me suivre ? Alors tu es borné-é, tu n’es pas ouvert-e. Mais quoi ? L’ouverture d’esprit, ce n’est pas adopter l’avis du dernier qui a parlé. Tu as exposé tes arguments et je ne suis toujours pas convaincue mais c’est moi qui ai un problème d’ouverture ? Pourquoi, toi, tu ne te remets pas en question ? En général, quand je l’ouvre sur un sujet, c’est que je me suis un minimum renseignée dessus, je ne contredis pas juste pour faire chier. Ca ne veut pas dire que je refuse toute conversation sur le sujet, mes opinions ont aussi évolué (heureusement), mais à un moment si tu n’arrives pas à me faire changer d’avis, pose toi la question : soit tu n’as pas su trouver les arguments, soit nous avons des vues totalement opposées sur le sujet et il est difficilement imaginable que nous trouvions un consensus. Et à la limite, ce n’est pas grave. Pour ma part, quand je débats, je sais très bien qu’à un moment, l’orgueil entre en jeu donc même si j’arrivais à convaincre la personne en face, je me doute que 9 fois sur 10, celle-ci ne l’avouera jamais. Et je m’en fous de ça, je veux juste que la personne réfléchisse, se dise qu’effectivement, y a peut-être une autre vision des choses, que oui, les propos tenus sont problématiques… ou peut-être que quelqu’un lisant le débat sera touché par les arguments.

le débat d'entre deux tours

Mais arrêtez de décréter qu’une personne qui n’adopte pas vos opinions manque d’ouverture d’esprit. Surtout quand elles puent bien fort la xénophobie.

 

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Choisir un livre à sa couverture

Petit après-midi shopping le week-end dernier avec Amy où je fus raisonnable (vu que j’ai un peu fait des folies vendredi pour mon neveu chéri qu’est pas encore né) : un petit baume pour les lèvres et basta. Jusqu’à ce moment fatidique où nous entrâmes dans une librairie et la boulimie dépensière prit le dessus.

Alors que nous errions au hasard des rayons, j’avisais quelques couvertures fort jolies qui donnent furieusement envie d’acheter l’ouvrage alors même que je ne sais pas du tout de quoi ça parle. Amy me rejoint : »Y a des livres, je pourrais les acheter rien que pour leur couverture… » Ah, me voilà rassurée !

Comme tout un chacun, j’aime la joliesse. Rien que le mot me donne des couleurs aux joues, il me plaît. Concrètement, que ce soit pour une fringue, de la vaisselle, des rideaux, draps… Je veux quelque chose qui me plait. Le simple « fonctionnel et utile » est d’une tristesse… Je préfère écrire dans un joli cahier qu’un tout moche et tout simple, même pour mes notes quasi illisibles de travail (enfin moi, je les relis, pour les autres, faut une pierre de rosace. Non que j’use d’un code très compliqué, juste que j’écris très mal. Bref). La joliesse, c’est juste le baume au cœur, le petit truc qui rend de meilleure humeur, qui rend mon quotidien un peu plus gai. Puis j’aime bien boire dans ma tasse verte à pois blancs, point.

Alors pourquoi les biens culturels échapperaient à cette envie de joliesse ? Combien de fois ai-je été attirée par des cd à la belle pochette ? Même maintenant que je n’en achète plus (parce que j’ai un abonnement spotify, je télécharge pas), quand je me balade dans la catégorie artistes similaires de mon spotify pour trouver de nouveaux artistes, mon premier critère de choix est la pochette. Et parfois, force est de constater que le contenu est loin d’être à la hauteur du contenant…

Superficiel ? Certes mais vu le travail sur les couvertures de livres (loin derrière les pochettes de CD qui nous invitent des le premier coup d’œil dans l’univers de l’artiste), je ne dois pas être la seule à y être sensible… C’est une première invitation, une envie de saisir l’objet pour le retourner et dévorer le 4ème de couverture. Parfois, le sujet nous laisse de marbre et on le repose sagement avant de découvrir une nouvelle couverture promettant milles et uns plaisirs. D’autre fois, les mots nous charment et l’on cède à la tentation, ravi de l’imaginer trônant dans notre bibliothèque.

La couverture ne fait pas le livre, certes. Mais il en fait néanmoins partie, il est une porte d’entrée comme une autre. Son contenu est parfois décevant (les 4ème de couverture vendent parfois plus de rêve que le meilleur des séducteurs) mais on y découvre parfois un trésor de littérature. La superficialité a parfois du bon.

PS : à partir d’aujourd’hui, je mets une chanson sur chaque article, lié ou non à mon blabla, pour le plaisir ! Chaque titre sera rangé dans la playlist Vingtenaires que j’ai créée sur Spotify 

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Tit mec et Meetic

Par Lucas


Voici un article que je trouve assez « Nina Grande Epoque », le sexe en moins. Par Nina Grande Epoque, chère nouvelle lectrice, cher nouveau lecteur, j’évoque un temps que les moins de 3 ans ne peuvent pas connaître : une période ou j’ai découvert les Vingtenaires et où j’ai tripé en me rendant compte que Nina nous inondait de toutes ces petites choses  qui font notre essence même de djeunz cool.

Un article Ninesque alors ? A vous de juger !

C‘était un soir, à table, il y a une dizaine d’années. Un des rares dîners en famille avec mon père, un bûcheur infatigable qui abat sans sommation ces 35 heures en 3 jours. C’était un dîner sans pitié pour les croissants les enfants, comme d’habitude, un diner où mes parents étaient fidèles à eux même,

Cinglants (« tu t’habilles comme un sac« ),
Intransigeants (« tiens-toi droit! »),
Diététiques (« t’as pas pris d’salade ! »), et
Caustiques (« Mais attend, t’es allé chez le coiffeur ou tu t’es coiffé ? »).

Oui, un diner parental chez les d’Amore, c’est la misssssssioooooon…

Ce soir là, on avait parlé des sites de rencontres et mon père emptoire avait asséné que seuls les losers pouvaient y aller, que c’était tellement facile de se serrer une nana non mais vraiment j’espère que vous n’y allez pas les enfants…

A l’époque je n’avais pas relevé. Mais tout inféodé aux préceptes paternels j’avais renoncé à Meetic et tous les sites de rencontres. Je dis renoncer car j’avais caressé l’idée… Bah oui.
Allez les mecs ! Regardez-moi dans les yeux et répondez franchement à Papy Lucas : mis à part les lovers sûrs d’eux je suis persuadé que tous les garçons ont un jour pensé à (ou au moins envisagé l’hypothèse de) s’inscrire sur un site de rencontre…
Pas vous ?
Vraiment ?
Même avec un prétexte fallacieux du style « non mais c’est juste pour voir » ???
Donc là, Nina, on a nos 643621 lecteurs quotidiens qui ont un sourire gêné et nos 418934 lectrices qui ont un sourire goguenard… (Oui, on tire à un million d’exemplaires, oui on est trèèèès fort, vous en doutiez ?)

Et pour revenir au sujet, j’ai envie de dire,

Ptolémée, (oui parce que j’appelle mon père par son prénom, oui c’est un pseudo…)
Ptolémée, ton fils est un loser qui s’est inscrit sur un site de rencontres (bouh! La honte sur la famille pendant 5 générations ! Bouh! ).

Des explications ?

Red-Roses-too-copy.jpg


Deux ans après ce dîner, alors que j’étais à la fac, je m’étais inscrit sur Lycos. J’avais passé 3 mois à tchater avec une nana et on s’était rendu compte qu’on était dans le même bâtiment de droit avec un  an d’écart. Bref, on s’était rencontré : dîner, pot, bisous and so on. Le soir même, elle m’avouait être tombée amoureuse pendant nos 3 mois sur MSN ! Et ensuite ? Notre histoire n’a duré qu’une semaine… Comme quoi, IRL je suis vraiment en dessous de tout. Comme quoi en virtuel on se fait des films sur la personnalité de l’autre.

Ma dernière expérience, c’était il y a un an et demi sur un site qui à l’époque était gratuit. Un site un peu original où on est censé présenter ce qui fait l’essence de son bagage culturel (bouquins préférés, musique préférée, films, etc) et on cherche des nanas qui ont des goûts en communs. J’y suis retourné ce matin et c’est devenu payant. Pour autant j’ai retrouvé une nana sur qui j’avais méga trippé il y a 1 an. Laurie 76 si tu passes par ici, fais moi un bisouuuu s’il te plait…(tien un jour je vous ferai un article sur les mecs qui sortent  avec des nanas plus agées…)

Néanmoins…
A posteriori je me dis que m’inscrire sur ce site c’était débiiiiiiile.

Un couple peut tres bien évoluer ensemble sans avoir d’atomes crochus en terme culturel mais une conception de la vie identique, un regard partagé…  

D’un autre coté, la culture peut être un indice pour la nana qui passe…
Tiens s’il aime Camus et Carson Mc Cullers, c’est qu’il aime bien l’absurde et la mélancolie.
Tiens s’il aime Quick & Flupke, c’est que c’est vraiment un esthète,
Tiens il écoute FIP & Nova comme moi, donc il n’est pas foncièrement mauvais,
Tiens il a aimé les Belles Endormies, il a donc un peu de sensibilité, etc.

Je trouve que les quelques indices qu’on distille offrent une première impression beaucoup plus intense et beaucoup plus riche d’évocations que les présentations débiles en 10 lignes. Vous savez, ces présentations neutres, diplomates, main stream, ou le mec donne une image sans anicroches, chiante à mourir… Illustration :

« Bujur, je m’appelle Reudeulphe et je me suis inscrit un peu par hasard  (mon cuuuuuuuul. Et tes 15 € d’abonnement par mois, tu les payes par hasard, gros con ?).
Je recherche une fille gentille
(traduisez : une nana boooonne… à tout faire, si possible)
avec qui je pourrais avoir de bons délires
(traduisez : des plans culs de qualité)

et plus si affinités
(traduisez : des sorties ciné parce que les expos, heu, merci bien).

N’hésite pas à me contacter !
(ou à te tirer une balle, tu gagneras du temps)
bougie.jpg


Non mais vraiment, ya des coups de pied au cul qui se perdent ! Sans déconner, je suis persuadé que 99,99% des annonces de mecs ressemblent à ça… Avec parfois des trucs du style : « J’ai une culture de merde mais je te glisse deux trois références ds mon profil pour t’impressionner » ou « je fais de l’humour parce que « Femme qui rit, à moitié dans mon lit ». »

Et là j’avoue…

Je suis assez partagé sur les motivations de la gente masculine et je ne crois pas pouvoir assener de grands principes en la matière. Certains soirs où je suis en manque de sexe, de câlins, de douceurs, je me dis qu’effectivement je pourrais m’inscrire sur Meetic pour assouvir tout ça. Mais d’un autre coté je me dis que c’est seulement la concupiscence, le manque d’attentions et d’amour qui m’y poussent…

Bah justement !

Invariablement,  le lendemain matin je me félicite de ne pas m’être inscrit. Mais pour autant, je me vilipende de n’avoir rien fait pour sortir de mon désarroi. De ne pas être sorti,  de  ne pas avoir accosté une nana, armé de mon sweat shirt de drague, celui ou ya écrit dessus :  » OK, je suis en rut mais si ça se trouve une fois le coït fini on va découvrir qu’on est vaaaaachement proches. »(oui, je porte des tee shirts X-elle…)

Perso, j’assimile les boites de nuit aux sit’de’rencont. On est là pour un prétexte (danser, s’amuser/ rencontrer des gens) mais dans les deux cas on a le même objectif, plus ou moins déguisé, plus ou moins implicite : trouver une meuf/un mec pour la nuit ou pour la vie… Oui je sais, j’enfonce des portes ouvertes mais je le fais avec une telle classe que vous pourriez hocher de la tête et lâcher le facile : « C’est pas faux ».


Alors, certes : les sit’de’rencont’ sont une bonne chose pour les timides ou les gens qui n’ont pas « un physique facile ». D’ailleurs, je suis sûr qu’un mec pourrait tomber amoureux d’une nana via Internet sans voir de photos, seulement au travers des échanges sur MSN, du rythme et du style des phrases ; comme mon ex l’avait fait il y a quelques années.

Mais la question essentielle est : lors de la première rencontre, si la nana est boudinesque, le mec sera-t-il toujours autant amoureux ?

On touche là une question essentielle !

Pour ma part,  et quite à me faire lyncher par nos 2 956 742 lectrices, je l’avoue : je serais foncièrement calmé…

A dire le vrai je ne sais pas si j’arriverais à faire la part des choses mais je me connais : je serais singulièrement blasé… Et je ne sais pas non plus si les sentiments naissants m’inciteraient à fermer mes yeux et à ouvrir mon cœur. (ah le lyrisme à deux balles, avouez, vous
en  voulez encore…)

Bon, d’un autre coté, tomber amoureux n’est pas un truc qui m’arrive tous les 4 matins.
 Me réveiller, et avoir une nana en tête, ça m’est arrivé deux fois. En 28 ans. CQFD.

Pour conclure, je crois que cette rechercher de l’idéal sur un site de rencontre est sans fin… Un couple, c’est deux personnes qui n’ont pas nécessairement un coup de foudre puis une pensée commune sur tout. Ce serait abrutissant sinon ! Un couple c’est une complicité, une compréhension des regards de l’autre, tout un langage de non dits très forts… Je viens de m’acheter un bouquin au titre évocateur et si vous voulez je vous fais une fiche de lecture des que j’aurai fini. Ce bouquin est une étude scientifique, il est écrit par Mlle (ou Mme) Lucy Vincent et s’intitule : « Comment devient-on amoureux ?« . Tout un programme…

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Apprendre à vider le vase

Hier soir, j’ai comaté devant des épisodes de série sur mon ordinateur. En fait, depuis le déménagement, j’ai une vie trop géniale : le soir, je rentre, je lance des séries sur mon pc, je dors sur mon canapé (j’ai pas encore reçu mon lit, je vous raconterai cette histoire plus tard)… Une vraie no life. Et hier soir, je me mets la saison 5 de Six Feet Under, les derniers épisodes. Je ne vais pas trop raconter pour ceux qui n’ont pas vu mais comme on peut s’y attendre, un des personnages principaux meurt. Et pendant l’épisode de son enterrement, comme une conne, j’ai pleuré, un peu. Et franchement, ça fait du bien.

Depuis quelques temps, je cumule les petites tracasseries et vexations en tout genre. Déjà, y a eu le déménagement, légèrement usant pour les nerfs et encore, tout s’est bien passé. Mais bon, le vase se remplit, tout doucement, imperceptiblement et là, je commence à frémir. Quand arrivera la goutte d’eau en trop ? Parce que parfois, y a des endroits où pleurer est plus qu’inconvenant… Genre au bureau. Ou alors faut être juste à côté des toilettes pour avoir le temps de se cacher pour pleurer.


Il y a quelques jours, un peu avant le déménagement, je crois, je flirtais avec la grosse fatigue, un peu un ras le bol général doublé du stress du « j’aurais jamais fini mes cartons à temps » (ai-je finalement réussi ? Teasing !). En gros, rien de trop grave pour pleurer mais une envie de vider le vase quand même. D’abord, pleurer un bon coup, ça fait mieux dormir ensuite. Mais voilà, comme je suis du genre « je suis forte, rien ne me touche », je suis plus du genre à bloquer mes larmes qu’à les provoquer.

D’ailleurs, pleurer n’est pas à la mode. On a bien les cours de rire ou en gros, on se met en cercle et on se bidonne pour se détendre. Ouais mais pourquoi personne ne fait pareil pour pleurer ? Un peu comme les saignées dans le temps pour vider les mauvaises humeurs mais en moins violent ? Non, pleurer, c’est le mal, c’est le malheur, on ne pleure pas. Pourtant, des fois, ça ferait du bien. Sans attendre un vrai malheur, juste pour vider le vase. Non mais c’est vrai, faut jamais pleurer, pleurer, c’est la faiblesse, le mal, gna gna gna et résultat, on bloque, on bloque, et on finit par pleurer parce qu’on a cassé son mug.

Quand j’étais en maîtrise de science po, on avait un cours de philosophie moderne et le prof nous parlait de Rousseau : « Et alors, là, Rousseau raconte qu’il a eu une espèce de révélation, il s’est assis sur un rocher et il s’est mis à pleurer. Oui, au XVIIIe siècle, on pleurait beaucoup ». D’ailleurs, le prof ressort cette phrase tous les ans. Et là, je me dis que les Lumières n’ont pas usurpé leur nom. Le XXe et à priori le XXIe sont trop des siècles de contrôle des émotions. Il ne faut pas pleurer en public, pas rire trop fort (enfin, c’est vrai que certains ont des gloussements insupportables), pas dévoiler ses sentiments amoureux pour ne pas effrayer l’autre, pas trop étaler son bonheur, son malheur, et blablabla. Sois neutre et indifférent, merci. Et bien, je trouve ça triste. Y a 15 jours, ma sœur m’a appelée en larmes car une de ses meilleures amies venait d’accoucher et elle était très heureuse
« Bouhouhou, j’arrive pas à m’arrêter !!

– Ben, profite, pleure un bon coup, pour une fois que c’est une bonne raison de pleurer ! ».

Bref, je me demande si on ne gagnerait pas à revenir à plus de sensibilité, à arrêter de se la jouer surhommes alors que nous ne sommes pas des robots. Quand le vase est plein, il faut le vider. Tout le monde pleure mais certains se cachent juste mieux que d’autre.

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Est-il si difficile de sex-primer ?

Dans le couple, il y a un sujet qui peut être rapidement source de tension et qu’il est difficile d’aborder : le sexe. Je ne parle pas de conversations genre « chéri, t’es tenté par ça ? » mais bien les conversations « chéri, faut qu’on rectifie le tir ! ».

Le week-end dernier, je rentrais donc sur Paris avec ma réserve de Glamour, Cosmo, Biba… quand je tombe sur un article sur la question. Ah oui, oui, c’est tout à fait ça. C’est bizarre comme le sexe reste relativement tabou, même dans un couple, à partir du moment où il touche les performances. Aujourd’hui, ou t’es un bon coup ou tu t’enterres vivant, il n’y a aucune alternative. J’ai beau répéter que le bon coup absolu n’existe pas et qu’une bonne sexualité se construit petit à petit, je suis la première à avoir un peu de mal à aborder le sujet, de peur de vexer.

Un exemple au hasard : Gabriel. Depuis le temps qu’on couche ensemble, on se connaît bien sur ce plan là mais y a un truc qui me titillait un peu et je n’osais pas trop mettre le sujet sur le tapis de peur de le blesser. L’autre jour, on discute sur MSN et là, c’est lui qui aborde le sujet et en même pas 5 minutes, le « problème » est réglé. Là, je me suis quand même sentie très conne : ça faisait quelques mois que je me demandais comment gentiment aborder la question sans pour autant le vexer et là, c’est lui qui le fait tout
seul comme un grand. Finalement, il n’y avait aucun drame dans l’affaire.

Mais il n’en reste pas moins que parler sexe avec son compagnon reste difficile, surtout quand il s’agit d’un souci. Parce que partager ses fantasmes, tout le côté positif, là, oui, c’est facile. Mais le « en fait, ce serait mieux que tu fasses ceci ou cela parce que là, ça ne me fait rien », faut arriver à le placer sans que l’autre nous fasse un complexe du « je suis un mauvais coup ». Parce que franchement, selon la façon dont c’est dit, ça peut être vexant. Si un mec me dit « non mais fais pas ça comme ça, j’aime pas », si je suis dans une période de sensibilité exacerbée, ça peut dégénérer en « je suis le pire coup du monde ». Pourtant, il y a des manières de dire les choses qui font que ça ne me choque pas. Par exemple, si je prends Laurent que j’ai revu récemment, c’est le gars qui aime demander précisément ce qu’il veut mais vu que je sais que c’est sa façon de fonctionner, je ne le prends pas pour moi. Et je me dis qu’en plus, il a raison.

Après tout, pourquoi dramatiser tout alors qu’on veut juste du mieux pour tout le monde ? Oui, pour tout le monde. Enfin, je sais pas vous mais moi, en général, j’apprécie quand on est deux à prendre notre pied. Déjà, de façon totalement égocentrique et orgueilleuse, j’aime qu’on me dise « ah, dis donc, j’avais jamais pris autant de plaisir » ou assimilé. Ouais, je sais, c’est nul mais en fait, l’idée n’est pas « ouais, je suis un bon coup, je suis trop fière de moi et je vais le raconter à tout le monde », vu que je pense que tout le monde s’en fout, mais bien que j’ai réussi à lui procurer un maximum de plaisir et on est quand même là pour ça. Du coup, à partir du moment où on dépasse le one shot, je pense qu’il est plus malin pour les deux parties impliquées de s’exprimer directement sur le sujet. Ce n’est pas que tu es un mauvais coup, sinon, je ne serais pas revenue, mais que nous n’avons pas exploité tout le potentiel érotique qui s’offre à nous.

Ouais, la prochaine fois, je vais dire ça. Après tout, le but du sexe n’est-il pas de se faire plaisir le plus possible ? Quand je dis « se », c’est
se faire plaisir à soi et à l’autre, bien sûr. Ce serait con de passer à côté d’un feu d’artifice juste parce qu’on a peur de dire que ça, ce serait mieux. Finalement, tout vient encore de cette foutue sacralisation du sexe et culte de la performance.

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L’instinct de l’art

L’art, vaste sujet s’il en est. Tout être humain, quelle que soit sa culture, son vécu a une sensibilité à l’art, dans le sens large du terme. Evidemment, on a tous des préférences : je suis plus musique que cinéma, j’aime la photo, la peinture de la Renaissance italienne, la littérature mais pas tout… Bref, en matière d’art, aucune œuvre ne fait l’unanimité, on aime ou pas, on peut expliquer nos goûts et dégoûts si on nous demande (quoi que…). Parce qu’au fond, l’appréciation de l’art reste instinctive, du moins pour moi.

Le cas le plus flagrant de mon instinct en matière d’art concerne l’art contemporain (vaste mot pour désigner des choses très très différentes, je sais). Je n’ai jamais fait d’histoire de l’art, j’ai quelques connaissances mais elles ne sont pas pointues. Du coup, quand je vois une œuvre abstraite, elle me parle ou pas. Quand je vais à une expo, je préfère ne pas connaître d’abord la démarche de l’artiste pour ne pas me laisser polluer. Je sais, ça paraît un peu illogique : comment peut-on apprécier une œuvre si on ne connaît pas le processus qui l’a fait naître ? Mais moi, j’aime d’abord voir, me faire un avis instinctif et apprendre après le pourquoi du comment. Je ne suis pas une technicienne de l’art, je ne suis pas émue devant un Dali parce que de prime abord, ça ne me parle pas. Ses œuvres ne me laissent pas indifférente puisque quand je les vois, je ne me sens pas très à l’aise, c’est dérangeant et là, on peut au moins dire que l’artiste a déclenché une émotion. Mais me taper un musée Dali, je suis pas sûre. Alors dire qu’on n’aime pas Dali, c’est un peu un sacrilège mais c’est instinctif. De la
même façon, j’en ai parlé à Summer l’autre jour qui m’expliquait que petite, elle était allée voir une expo Van Gogh qu’elle avait détesté. Et c’est vrai que Van Gogh, ça fout vraiment mal à
l’aise à regarder.

Alors évidemment, si je dis que j’aime pas Dali et qu’on me traite d’inculte, honnêtement, oui. J’ai vraiment un fond minuscule de connaissances sur le sujet mais je pourrais pas soutenir une vraie conversation sur le sujet. Mais on aura beau m’expliquer sa technique, sa démarche, la symbolique d’un des tableaux, ça ne changera rien au fait qu’instinctivement, je n’aime pas. Je parle peinture mais ça marche pour tout. La musique par exemple. Quand j’achète un CD, je l’écoute d’une traite : si aucun titre n’accroche mon oreille c’est mauvais, mauvais signe. Comme je suis magnanime, je refais une écoute mais pas de doute : mauvais album. Et parfois, une écoute et je suis bouleversée, poils qui se hérissent, émotion. Récemment, j’ai écouté Erika Janunger et là, énorme coup de foudre. Bien sûr, je change d’avis parfois, une chanson que j’aimais pas de prime abord et à force de l’entendre, je finis par bien l’aimer mais je ne l’adorerai jamais, ça, c’est certain.

Allons plus loin. Parfois, la connaissance « scientifique » d’une œuvre artistique peut gâcher le plaisir. Quand on regarde/écoute une œuvre en étant attentif à la technique, en la replaçant dans la vie de l’artiste, on s’attache parfois trop aux détails et pas assez l’œuvre en elle-même. Les détails ont leur valeur, oui, mais ils sont à étudier dans un second temps. Par exemple, quand je regarde un De Vinci, je prends d’abord connaissance du tableau en entier avant de chercher le détail, le sfumato… Tout comme un morceau de musique, je l’écoute d’abord avant d’être plus sensible à la rythmique, au travail de tel ou tel instrument, la production… C’est comme la cuisine. Quand je mange un plat, je me régale (ou pas), je m’amuse pas à deviner quelles sont les épices dans la sauce et en déterminer la proportion de chaque. Si je trouve ça trop délicieux, je demande la recette. Sinon tant pis, je cuisine jamais de toute façon. Bon, évidemment, des fois, connaître la vie de l’auteur permet de donner un éclairage encore plus intéressant sur sa vie comme là, je lis un livre sur l’enfance de Moravia, un livre-entretien qu’il a eu avec sa deuxième épouse, Dacia Maraini. Ben je le trouve encore plus fascinant. Non pas qu’il ait eu une vie fascinante mais juste que ça le rend encore plus humain. Mais en lisant ses romans (j’en ai encore en attente, héhé), je n’y penserai peut-être pas.

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Fais moi une place…

 En tant que vieux vingtenaire,  je voudrai écrire trois lignes pour survoler un sujet que Nina a évoqué il y a quelques temps : se caser.

Je détèèèèèèèeste ce concept.

Dans caser il y a casa et qui dit casa (maison en espagnol) dit sédentaire et qui dit sédentaire dit esprit non aventurier et qui dit non aventurier dit insignifiant.

Purée, je viens de vous faire un tel ramassis de clichés et de liens faciles, je viens de vous faire un raisonnement tellement nase qu’on a du perdre au moins 1000 lecteurs par mot : chuis trop fort !


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Non mais sans rire…

Se caser ce n’est pas nécessairement trouver la femme de sa vie et pondre des gamins à tire larigot, acheter une Rono Espace et un pavillon en banlieue avant de
vivre la crise de la cinquantaine et se barrer avec une jeunette…
Quand je dis se caser c’est moins le fait de rentrer dans un moule social que de trouver l’âme sœur, même si l’idylle doit durer « seulement » 3 ans. Là on tombe sur un sujet qui va peut-être emmerder à mort les djeunz cool qui nous lisent par millions. Eh oui, la brouette c’est joli, les passades portent bien leur nom… Oh oui jeune vingtenaire, je te comprends… Mais vient un temps où on aimerait trouver another thing than relation cheap (jeu de mot nase, je sais) Trouver une complicité et un soutien, une compréhension mutuelle et une sérénité… Ah, quelqu’un l’a dit ! Bravo, c’est exactement ça !  Tomber amoureux… (mais en fait non, car tomber amoureux est un moment sublime qui est à mille mille de l’amour quotidien…)

Ya pas à dire j’ai pas tout récupéré de mon accident. Ou alors déjà avant  j’étais super con : je viens seulement de comprendre pourquoi on dit « Tomber Amoureux ». Eh oui, on est tous des êtres humains et des êtres humaines, on est donc pas des rhinocéros et on est hyppppppper sensible : l’émotion est censée nous faire défaillir et
chuter et…
Pff, n’importenawak !
Personnellement, je m’envole amoureux. C’est surement parce que j’ai des pensées légères…

Tomber amoureux, c’est une chute libre
(enfin, on est quand même esclave de son amour car on ne le maitrise pas donc on est pas vraiment libre..)
Chute libre donc ? Admettons.
Mais la chute, tomber amoureux, sous entend une durée alors qu’on est dans un domaine où l’intensité des sentiments prédomine. Jolie ambivalence, don’t you think ?
C’est un processus mais dans mon cas j’ai tendance à  le limiter au pas en avant esquissé pour « tomber » de l’avion. Pardon ? Que dites-vous ? Tomber amoureux, ce
serait
l’émotion surannée du vol plané, celle qui nous fait tressaillir et frissonner quelques jours, l’apesanteur de la chute ?… Non, ça c’est l’état
amoureux !

TOMBER AMOUREUX, ce n’est pas encore de l’Amour, ce truc qui va venir une fois qu’on sera à Terre.
Tomber amoureux, ce n’est pas non plus la passion comparable à la chute libre des premiers jours.
Tomber amoureux, c’est ce saut vers le vide avec le cœur qui bat. Un simple regard et tout s’en va.

D’aucuns diront que je vous parle du coup de foudre. Moi yen a pas être d’accord !! C’est un brin subtil…

C’était en Septembre 2006. Alejandro, futur coloc émérite et moi avions pris la Lucasmobile pour vagabonder jusqu’à la riante cité de Reims. Tout ça pour rencontrer
l’une de nos futurs colocs potentielles et lui dire ouste ou amen. Ouhai, c’est ca : comme en recherche d’emploi. Apres la lettre de motivation et le dossier, place à l’entretien…
Donc, petit rendez-vous pour un p’tit dèj dans un café, vers 10H00 un dimanche matin… Marie, future coloc,  s’était pointée à l’heure et au moment des présentations
j’ai eu un coup de foudre.
Un coup de foudre pour la demoiselle qui l’accompagnait…

Rien ne m’avait préparé à L. , petite lumière dans mes ténèbres.

Fort heureusement en moins de 3s les présentations ont été faites et j’ai respiré quand j’ai su que ma p’tite fée ne faisait que passer et que Marie était la demoiselle qui postulait pour la chambre ! Imaginez une coloc de 4, avec un couple au beau milieu qui rompt au bout de 3 semaines, qui ne peut plus se piffrer et qui ruine l’ambiance générale de l’appart. Merci bien…

Donc, à ce stade, on vien d’assister à un coup de foudre, le craquage physique qui se résume à une émotion « palpable » (sic.) et à un desastre mental. Notre futur
jeune homme amoureux est dans un état d’esprit feu follet qui lui impose de repenser 3 fois sa phrase dans sa tête en présentant les croissants : « tu veux une gâterie
viennoiserie ? ».

Mais pendant l’heure et demie qui va suivre, dans les échanges, les réparties, les sourires, les non dits, les mimiques, la gestuelle, bref tout le théatre social,
là, le petit Lucas va tomber amoureux. Breves, intenses, 90 minutes sur un nuage à gazouiller…Coup de foudre et tombage amoureux : si mon distingo vous parait débile n’hésitez pas à le commenter !

3 mois sont passés sans que je ne revois L.,
3 mois sont passés où j’ai gardé son image en moi, enfouie. Je suis même sorti avec une autre nana. Mais L. était toujours là…

Et puis accidenti, un an de perdu, jusqu’à hier soir…
15 mois, bordel…
Or, hier soir, une fois de plus, j’ai été subjugué. Recoup de foudre, puis deux heures au resto avec un petit coeur qui bat la chamade.

Pas facile de rester concentré, de ne pas rougir, de répondre intelligemment aux questions, de contenir un petit cœur qui retrouve l’ame de ses 5 ans…

Surtout que L. n’était à mes yeux qu’une image, pas même une ébauche de personnalité. Une blondinette avec un petit accent et une grâce qui vous coupe la parole tellement vous êtes ému…

3 jours plus tard, quid juris ?

3 jours plus tard, L. est parfois dans mes pensées. Mais elle ne s’impose pas de manière impromptue, comme ça ni vue ni connue : c’est parce que je pense à un sujet
ou une personne et que je fais le lien avec « elle ». Ca arrive ainsi de temps à autre dans la journée : son p’tit accent, ses remarques finaudes, son physique de rêve, son visage qui me fait fermer les yeux et soupirer…

Mais alors

serait-ce L.,
serait-ce la promesse du bonheur commun,
serait-ce son image sublimée

qui me fait frissonner?

La dernière solution évidemment. D’où on en déduit que Lucas est en train de retomber amoureux bercé par une symphonie idyllique qu’il entretient telle un chimère ? Bonne question… Dans 3 jours elle sera peut être une simple mélodie qui me fera sourire… Passionata

Tout ça me fait dire qu’une fois le stade amoureux dépassé, on aime en dépit du bon sens ! Je veux dire par là qu’on a ciblé le personnage de A à Z : à nos yeux, le
passif (les défauts) est compensé par l’actif (son amour, sa compréhension, sa finesse d’esprit, tout ça). De là à dire qu’on aime une nana aussi pour ses défauts il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas… Mais tout de même ! L’idéal amoureux en prend un coup !  

De la même façon, je me demande souvent quel rôle on doit donner à la sexualité dans tout ça ? Souvent, au petit matin, suite à la complicité physique de la nuit,
mes sentiments étaient dix fois plus intenses pour une nana simplement « choppée » la veille… C’est le même processus qui me fait renoncer à draguer une nana en boite simplement parce qu’elle a une plastique dementielle : trop dure serait la chute le lendemain matin…

Alors quid juris ?? Ya surement une thèse à faire la dessus, (avez vous lu le bouquin « Comment devient-on amoureux ?« )

L., si tu passes par là n’hésite pas à me donner ton avis !
Et toi lectrice, si tu veux relever un tchaleunge, me donner des ailes et me faire oublier L., oui toi lectrice, deviens une amie de Lucas d’Amore sur FaceBook, le nouveau site social auquel je m’en vais donner un p’tit coté « mythique »…

 

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