The Walking Dead : entre post-apo, dystopie et utopie

Ca faisait un moment que je voulais vous parler de The Walking dead, grande anomalie dans mon paysage culturel. Anomalie parce que normalement, je ne lis pas de comics (ni BD et j’ai abandonné les mangas en arrivant à Paris, quasiment)(faut vraiment que je prenne un abonnement à la bibliothèque, d’ailleurs, histoire de combler quelques lacunes) et que les trucs de zombies, je trouve ça chiant. Sauf que mon adoré m’a fait découvrir 28 jours plus tard, que j’ai maté Fear the walking dead avec son coloc et lui (série totalement abandonnée pour nous depuis) et donc The walking dead. Puis dernier train pour Busan mais sans rapport.

The walking Dead : Daryl et Rick

L’avantage d’une série/d’un comic sur le sujet, c’est qu’on quitte l’univers de la simple invasion pour se pencher sur la vie pendant et surtout après. Ce qui nous permet d’avoir non pas une mais trois dimensions dans l’oeuvre : on a un monde post-apocalyptique certes mais aussi une utopie et une dystopie suite à la réorganisation des hommes en micro sociétés.
La safe zone Alexandria dans The Walking Dead

Le post-apo : l’invasion zombie

On commence direct dans un monde post-apocalytique en le découvrant aux travers des yeux de Rick Grimes, copié/collé totalement assumé du début de 28 jours plus tard. A l’inverse de Fear the walking dead qui montre un peu plus l’émergence des zombies. Là, l’avantage, c’est qu’on a très vite accès aux règles du jeu : faut niquer leur cerveau sinon on les tue pas, le bruit et les odeurs de chair fraîche les attire. Clair, net et précis. Bon, vous me direz que les règles, elles sont un peu fluctuantes selon les épisodes : faut pas faire de bruit, ne pas tirer pour rien mais on va se faire un stand de tir d’entraînement dans la forêt, on crie et on s’engueule, un coup les mecs peuvent se transformer en zombie en une demi-journée et puis finalement, plus ça va, plus c’est immédiat. Donc dans un premier temps, on a une bande de survivants qui apprennent tant bien que mal à se défendre contre les zombies, à “attendre” que ça passe en se cherchant des poches de sécurité qui finissent par être balayées par des hordes. Le but est donc désormais de trouver une place sûre pour recréer une société autosuffisante où tous peuvent évoluer en sécurité.

Alexandria - The walking dead

L’utopie : la prison, Alexandria, la colline et le royaume

Alors on ne va pas se mentir, The walking dead est assez manichéen avec les gentils d’un côté, les méchants de l’autre, j’y reviendrai par la suite. Nous suivons donc la troupe de Rick qui commence déjà à se créer une petite société d’entraide aux abords d’Atlanta puis dans la ferme d’Hershel mais c’est véritablement à la prison qu’on commence à envisager une installation durable avec juste répartition des tâches et notamment la mise en place d’un potager et d’un élevage qui permettra une survie à long terme.

The walking dead, la prison

Suite à la fin de l’aventure de la prison, nos héros vont finir par découvrir Alexandria, une cité proprette et parfaitement autonome mais pas autant que la colline ou le royaume avec des potagers déjà bien développés. Et dans la suite du comic (passez paragraphe suivant si vous ne voulez pas en savoir plus), l’installation sera d’autant plus durable avec la mise en place de forges, moulins et troc entre les trois cités. Des sociétés qui se veulent juste, égalitaires et basées sur l’entraide où chacun met la main à la pâte pour permettre à la communauté de bien vivre : sécurité, alimentation, éducation, maintenance. On reste dans une société avec un chef, un leader souvent charismatique choisi assez souvent malgré lui (Maggie, Rick) alors que d’autres (Jesus, Dwight) gardent leur distance avec lesdites sociétés pour ne justement pas hériter d’un quelconque pouvoir.

Jesus (Tom Payne) dans The walking Dead

L’illusion de l’utopie : Woodbury

Je parle de la série télé uniquement ici. Quand Andréa et Michonne atterrissent dans le petit bourg tout joli et bien propret avec ses trottoirs nickels et ses fleurs aux fenêtres. La cité idéale telle que la rêvaient Rick et ses amis qui, eux, n’ont rien trouvé de mieux qu’une prison. Mais en grattant, la société idéale de Woodbury est dirigée par un chef despote et violent et une population prompte à attaquer au besoin. D’ailleurs, quand Rick propose au gouverneur de vivre en paix ensemble, ce dernier refuse.

Andréa dans les rues de Woodbury sur le tournage de The walking dead

Les dystopies : les Saviors et le Terminus

Je vais pas parler des autres sous-groupes poppés dans la série genre l’hôpital, le village des femmes et le groupe de la décharge d’abord parce que pour ces deux derniers, j’ai pas assez d’éléments pour en parler, vu qu’ils ne sont apparus que récemment dans la série et pour l’hôpital, je m’en souviens moyen et en plus, cet arc ne m’intéressait pas du tout. Par contre je vais m’arrêter sur le terminus, absent du comic parce qu’il préfigure finalement de l’ère Saviors. Le terminus est à la base une belle utopie : une communauté ouverte prête à accueillir les survivants errants pour les intégrer à leur petite société. Ce que tentent de faire Rick et les “gentils” à travers la Colline, Alexandria et le Royaume car malgré quelques mises en avant de “ah non, je fais plus confiance à personne, faut montrer patte blanche pour rentrer chez nous”, tu te rends compte finalement que ça navigue entre communautés sans trop de soucis et qu’on a assez de facilités à intégrer de nouveaux personnages. Mais le terminus a fait preuve de trop de confiance et est tombé sous la coupe d’un groupe ultra violent, violant les femmes et mangeant les hommes. Les membres du terminus parviendront à reprendre le dessus et réappliqueront alors les méthodes de leurs bourreaux, jusqu’à ce que la punition divine (aka Rick) les extermine.

The walking dead, chapelle ardente au terminus

Les saviors ne sont finalement que l’illustration parfaite de la réelle histoire de The walking dead : quoi qu’il arrive, l’homme reste un loup pour l’homme. Leur leader Negan, version encore plus violente et énervée du Gouverneur, soumet toutes les communautés alentours et n’hésite pas à tuer pour se faire respecter. D’ailleurs, que ce soit dans le comic ou la série, il démarre direct en tuant l’un des personnages emblématiques de la série (le gouverneur en tue certes deux dans son arc narratif dans la série : Andréa et Hershel, quatre dans le comic : Lorie, Judith, Hershel et Tyreese et coupe la main de Rick et viole et torture Michonne… un garçon très charmant, dis donc). Negan et le Gouverneur proposent une société quasi identique : une vie confortable mais avec une forte part de violence et un leader franchement psychopathe. Mais les Saviors présentent un cas un peu plus intéressant à mon sens : si Negan est clairement un psychopathe, il a des règles très strictes et ne tolère pas certaines exactions comme le viol, punissant très sévèrement (à mort quoi) tout contrevenant à la règle. Alors que le gouverneur est lui-même un violeur dans le comic ou l’est quasiment dans la série. Si le gouverneur est une ordure, Negan est un peu plus complexe que ça puisqu’il agit toujours en fonction de ses règles et sa relation avec les autres communautés se base sur un partenariat… certes imposé mais les Saviors assurent de débarrasser la région des zombies en détournant notamment les hordes. Sécurité vs alimentation, un peu le mode de fonctionnement des communautés des “gentils”. Et Rick n’est pas précisément un agneau doux non plus…

Rick Grimes ensanglanté

Finalement, d’utopie à dystopie, il n’y a qu’un chef… et surtout la façon dont il est dépeint. Mais bref, je trouvais intéressant de travailler sur ces trois éléments dans cette oeuvre ci. Et comme ça, la semaine prochaine, je vous parlerai d’utopie (sans rapport avec l’élection).

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Où la carte illimitée tue le cinéma

Car-ré-ment. Un soir d’hiver, Victor et moi regardons les cartes cinéma car nous planifions de voir je ne sais plus quel film. “Hé, achète notre carte illimitée ! Pour une vingtaine d’euros par mois, tu pourras voir tous les films que tu veux”. Oh, intéressant, c’est rentabilisé en 2 séances à peine ! Sauf que c’est pervers parce qu’avoir deux films bien à l’affiche par mois, c’est tendu… Alors pour pas perdre de l’argent, on ira voir n’importe quoi… et on va tuer le cinéma.

salle cinéma pleine

Je suis une spectatrice chiante. C’est à dire que sur le papier, il y a peu de films qui m’intéressent. Essentiellement parce que je déteste les récits manichéens où l’on sait dès le début du générique comment ça va finir (travers que je ne supporte pas en littérature non plus, ce qui me fait bannir dans les deux Arts les romances parce que 9 fois sur 10, le monsieur et la madame finissent ensemble dans un monde rose écoeurement sucré et furieusement hétérosexuel) ou parce que ce nouveau film trop tooooop ressemble aux 15 qui ont été faits avant lui sur le même modèle. Pour que j’accepte de sacrifier 2h de mon temps (car je  ne pourrai rien faire d’autre en même temps) et un billet, il va falloir sacrément me motiver.

déception à la caisse du cinéma

Car je ne vois pas dans le cinéma une activité pour passer le temps. Un peu comme la lecture : si je veux me faire un jacuzzi du cerveau, je vais lire Closer ou, pour en revenir au cinéma, regarder un téléfilm de merde à la télé (ou une série). Au cinéma, au vu de mon investissement personnel et financier, j’attends d’être amenée dans un spectacle haletant qui m’ébouriffe… Genre un blockbuster ? Non, dans 9 cas sur  10, ce genre de films semble n’être que l’exécution d’un recette sans saveur et surtout sans originalité. Si on en revient à Batman vs Superman, si on enlève quelques jolis plans, on a quoi ? Un film qui enfile clichés, punchlines, rebondissements incompréhensibles, et scènes vues 30 fois ailleurs. Bref, le taf est fait, le film rentrera dans ses frais car…

Batman vs Superman : l'aube de la justice

Les cartes illimitées. Parce qu’on doit aller régulièrement au cinéma pour entrer dans ses frais, on peut même s’instaurer un petit rituel “le dimanche, c’est ciné mcDo, hihi !”. Et j’ai remarqué, globalement, que quand tu vas au cinéma parce que faut rentabiliser la carte, le public va aller plutôt voir un truc “qui fait pas réfléchir” qu’un film un peu différent. N’y voyez pas ici un jugement de valeurs de ma part : quand je dis “public”, c’est parce que, moi, j’ai pas cette carte, et quand je suis dans un long courrier, je vais plus regarder Ant Man qu’un film français sur un drame familial à la con (même si j’avais vraiment aimé Respire de Mélanie Laurent maté dans un Séoul-Paris, je crois)(je me la pète un peu globe trotteuse, tavu ?) . Ou des films genre De rouille et d’os qui, je suis certaine, est très bien mais je suis rarement d’humeur à regarder des films tire larmes qu’elle que soit leur qualité. Mais pourtant, je reste à dire que les cartes illimitées tuent la création artistique au cinéma. Parce que mine de rien, vu qu’on va aller plus facilement voir ces films calibrés pour marcher, on ne va pas trop sortir des ornières vu qu’on sait que les gens sont “obligés” de consommer ce type de produits. Et on se retrouve avec une floppée de films nuls avec des critiques mauvaises mais qui restent rentables parce que quitte à se traîner au ciné un dimanche matin pour pas perdre de sous avec notre carte illimitée, on va aller voir le dernier film dont on a vu la bande-annonce absolument PARTOUT ces derniers jours. Même si, dans la bande-annonce, on te montre des scènes qui ne sont même pas dans le film (coucou Suicide Squad).

carte illimitée

Alors pour sauver le cinéma, on jette les cartes UGC ? Vous en pensez quoi ?

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Mon doudou divin de Katarina Mazetti

En pleine période de Noël, libérée de mon Ulysse, je décidais donc de lire tout ce que je pouvais, un peu comme une orgie de gras après un gros régime. Dans ma besace, un livre acheté longtemps avant : mon Doudou divin de Katarina Mazetti.
doudou-divin

Quand j’ai acheté ce livre, je n’avais pas encore lu « Le mec de la tombe d’à côté » donc je ne savais pas qui était Mazetti et surtout que je n’aimais pas trop sa prose. Attirée par le 4e de couverture, je fonçais : une nana qui part dans une sorte de quête spirituelle, ça me parle, oui. Donc voici l’histoire de Wera, une journaliste à la pige qui décide de faire un papier en monde immersion sur une retraite spirituelle qu’elle a trouvé dans les petites annonces du supermarché. Ce livre suit deux personnages : Wera et un autre personnage féminin dont j’ai même oublié le prénom. Elles se retrouvent toutes deux dans cette retraite menée tambour battant par un Jésus-hippie, sa dévouée compagne hippie qui passe de soumise à féministe revendicatrice sans qu’on comprenne bien pourquoi, un médecin, une femme étrange et un musulman. Cette retraite ridicule tourne autour d’un temps fort : tous les jours, un des participants doit prendre la parole pour présenter sa spiritualité. Donc voilà, vous l’aurez compris : ce roman est bavard. Bavard et creux.
trop de blabla
Reconnaissons un talent à Mazetti : elle sait nous concocter des héroïnes infectes, imbues d’elles-mêmes, condescendantes… Bref, ça démange, on a envie de les baffer. Evidemment, elles vont rencontrer un nouveau monde, remettre en cause leurs certitudes mais pas tant que ça finalement. Manichéisme et bons sentiments sont au rendez-vous, les personnages sont censés mener une quête, se (re)trouver mais la fin est tellement délirante qu’on se demande bien à quoi ça a bien pu servir, tout ça. Quelques réflexions de ci de là qui pourraient pousser à réfléchir un peu plus, le personnage du gourou, pour le coup, pas mal réussi mais après… La femme dont j’ai oublié le prénom a une histoire intéressante mais pas du tout creusé. Wera est juste une conne alcoolique qui se croit au milieu de la masse et pense qu’un foulard lui confèrera une spiritualité.
boho
En fait, le problème de ce livre, c’est son axe de départ, franchement improbable : quel pigiste irait faire un reportage suite à un papier posté au supermarché ? Au mieux, ça vaut un entrefilet mais on est loin des cures détox hors de prix qui pourraient effectivement faire un long reportage. A moins que la presse suédoise soit vide et creuse, je ne sais pas. A la limite, l’improbabilité du départ aurait pu être compensée par la suite mais les rebondissements font souvent lever les yeux au ciel tant ça n’a pas de sens.
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Bref, un livre parfait pour un voyage en train (je l’ai tué en deux jours) ou sur la plage mais n’en attendez rien.

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Le monde fantastique d’Oz de Sam Raimi

Nina, la non cinéphile qui est déjà allée deux fois au cinéma cette année, champagne ? Non, je profite honteusement des avant-premières régie où me convient mes petits camarades stratèges et du display parce que nous, au SMO, on n’a pas de cadeaux (enfin, si, j’ai eu une bouteille de champagne et une maquette d’avion récemment, je suis la plus gâtée du pôle). Donc, mardi, me voici partie avec Jade et Nicolas pour une avant-première dé « Le monde fantastique d’Oz » en 3D, film dont je ne connaissais rien, j’avais même pas lu le synopsis.

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Bon, le magicien d’Oz, je connais mais je connais la partie Dorothée, l’ouragan, somewhere over the rainbow. Là, il s’agit d’un préquelle, l’arrivée du fameux magicien au pays d’Oz. Petit magicien raté joué par James Franco (le mec qui me ferait presque aller voir Spring Breaker vu qu’il est en bonne place sur mon top 10 crush people… Enfin, je crois vu que ce classement varie en fonction de mes articles, j’avoue), Oz se retrouve happé par une tornade et amené dans un pays magnifique. Là, pour le coup, un peu à la façon d’Avatar, la 3D vaut carrément le coup. Il rencontre dès son atterrissage la belle Theodora (Mila Kunis) et se retrouve embarqué à la cité d’Emeraude où la gentille sorcière Evanora (Rachel Weisz) lui explique que, selon la prophétie, il doit tuer la méchante sorcière pour prendre le pouvoir. Cupide, le magicien accepte pour pouvoir avoir le trésor de la cité d’émeraude.

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Bon, je ne vous en raconte pas plus sur l’intrigue (même si je trouve que l’affiche spoile vachement, comme d’hab), ça reste du Disney donc vous vous doutez bien qu’amour et amitié s’unissent pour détruire les méchants. Parallèle intéressant : les personnages aperçus lors de la vie du magicien avant d’être aspiré dans la tornade réapparaissent dans le monde d’Oz sous diverses formes. D’où une sensation onirique renforcée : on dirait le rêve du magicien qui place ses amis dans de rôles étranges dans un décor hallucinant. En tant que fille qui a une étrange attirance pour la porcelaine, j’ai d’ailleurs bien aimé le petit village de porcelaine.

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Bref, que dire ? C’est un film à voir surtout en famille, les décors sont grandioses et le film a vraiment été fait pour la 3D. Même si ces putains de lunettes qui pèsent 3 tonnes et demi me tuent l’arête du nez ! L’histoire est très mignonne, James Franco semble s’amuser à jouer le magicien cabotin et pour peu que vous aimiez bien la magie, quelques tours sont assez sympas. Après, l’histoire est certes cousue de fil blanc et le manichéisme des personnages peut agacer (alors même que le film joue sur le fait que Oz n’est pas le magicien au grand coeur qu’il prétend être) mais même la cynique de 32 ans 11/12e que je suis s’est laissée embarquer dans l’histoire. Par la magie du décor ou celle du sourire de Franco, je ne saurais le dire. Mais j’ai passé un bon moment. Petite mention spéciale au générique du début qui joue avec les effets de perspective… Ouais, la perspective, c’est mon kiff !

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Accessoirement, ce film m’a aussi donné envie de lire le livre, je n’en ai jamais eu l’occasion. Un film qui donne envie de lire n’est jamais un mauvais film. Loi universelle de Nina la non cinéphile.

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La politique française m’ennuie

Ca faisait un moment que je n’avais plus parlé de politique française et pour cause : qu’est-ce que ça m’emmerde. Aujourd’hui, ce n’est plus que du pro sarkozysme contre de l’anti sarkozysme, les deux aussi primaires l’un que l’autre et on oublie de parler de l’essentiel. Sans parler de l’incontournable Carla Bruni-Sarkozy qui émerveille ou agace selon le camp où l’on se trouve. Parce qu’aujourd’hui, la politique française me paraît tellement manichéenne que je ne vois même plus l’intérêt de débattre, ça restera stérile quoi qu’il en soit.


A ma droite, Sarko et sa clique. Je pense sincèrement que Sarkozy n’est pas un homme très intelligent. J’ai lu pendant mes vacances un dossier sur sa personne dans Le Point qui publiait pas mal de petites phrases off et il m’a fait l’effet d’un petit notable de province qui commente la vie au café du commerce le dimanche. On le sait que c’est pas un technocrate, ce fut même un de ses arguments vente mais y a des fois, je me demande s’il est pas sous substances pour dire des conneries pareilles. Mais surtout, Sarko, ce qui me frappe chez lui, c’est le manque total de subtilité. Prenons le cas de la nomination du président de France Television par ces soins qui émeut tout le monde et surtout ses détracteurs. Bon, atterrissez un peu : jusqu’à présent, le président de France Télévision a toujours été nommé par le Président du CSA nommé par… Ah bin par le Président de la République. Y a qu’à voir la valse traditionnelle des
présentateurs de JT du service public après chaque élection pour comprendre que la présidence de la République a toujours traîné par là. De même pour la nomination ou révocation de certains journalistes. Le jovial Chirac a toujours été un killer et beaucoup ont vu leur carrière salement menacée par ses interventions et pas que dans le journalisme d’ailleurs. En somme, la seule nouveauté, c’est que c’est fait de façon ostensible et sans la moindre nuance. Sarko veut montrer toute l’étendue de son pouvoir, là où ses prédécesseurs agissaient dans le secret de leur bureau. Je suis même sûre que les pro sarkozystes trouvent ça très bien cette façon de jouer franc jeu en permanence. Moi, je trouve que c’est rajouter inutilement de l’huile sur le feu. La méthode Sarko, quoi.

Au delà de ça, je crois qu’on s’emballe franchement trop sur le cas Sarko qui n’a même pas forcément l’ambition de faire un deuxième mandat. Il veut rester dans l’histoire comme celui qui aura fait le plus de réformes mais après, il se rêve une retraite à la Clinton « il se prend 15 000 euros par conférence, je vais m’en mettre plein les poches », aurait-il dit, toujours selon le Point. Je crois que se cantonner à un anti sarkozysme primaire en guise d’opposition est une connnerie monumentale. Et notre amie Ségolène, à peu
près aussi fine, intelligente et incontrôlable que le père Sarko dès qu’elle sort de ses fiches, s’y vautre avec délectation. A l’heure actuelle, mon pire cauchemar serait un second tour Ségo-Sarko en 2012. Je voterai blanc tellement ça me paraît la peste et le choléra. L’opposition a 5 ans pour mettre sur place un projet, une alternative à la société que la droite construit aujourd’hui et leur figure de proue (mais qu’on la dégage, pitiéééééééé) mord tel un roquet le mollet du président, faisant fi du gouvernement qui va avec. Elle va jusqu’à faire des allégations très graves quant à son cambriolage. Y a des fois, j’ai l’impression qu’on est en plein X-files avec la théorie du complot, Sarko en homme à cigare qui tire les ficelles et Ségo dans le rôle de Mulder.  A mon sens, tout ça n’est qu’une surestimation de leur intelligence mutuelle, ils me paraissent franchement aussi pitoyables l’un que l’autre.

Il m’arrive souvent de lire les commentaires sur les articles des journaux en ligne et j’ai l’impression qu’aujourd’hui, on ne peut être que dans le radicalisme. Tous les arguments ne sont que clichés et contre clichés, chacun s’accusant mutuellement de pro ou d’anti sarkozysme primaire et c’est pas faux. Nous sommes incapables de voir plus loin que ça, d’avoir de vraies perspectives d’avenir, de réfléchir à des alternatives. Dès qu’on essaie de faire preuve de nuance, on se fait renvoyer dans nos 22 en se faisant taxer de naïveté voire de stupidité. Ben ouais, c’est tellement plus intelligent et enrichissant de rester dans un bête rapport de force qui ne fait avancer personne et, in fine, nuit globalement à tout le monde.

Alors oui, la politique française m’ennuie profondément et j’ai de plus en plus envie de ne plus lire les articles qui s’y rapportent. Mais pourtant, je me force : quel que soient mes opinions et ma lassitude, je préfère rester vigilante, histoire de savoir à quel sauce je vais être mangée.

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Pourquoi l’amour est-il toujours un échec ?

En ce moment, je me plonge dans « L’amour dure 3 ans » de Beigbeder. Enfin, je dis ça mais vu que j’ai 50 articles en avance, quand vous lirez ceci, ça fait longtemps que
je l’aurai fini. Donc notre ami Beigbeder se lamente durant une petite centaine de pages de ses amours perdus, tout ça. Moi, ça me fait réfléchir : si la fin du couple est forcément un échec, ne peut-on connaître qu’une réussite amoureuse maxi dans sa vie ?

 

Si je regarde ma vie amoureuse passée, tout ne fut pas rose. Mais tout ne fut pas noir non plus. Dois-je considérer toutes ces histoires comme des échecs parce qu’à l’arrivée, on
n’a pas été séparés par la mort ? On n’aurait donc qu’une réussite amoureuse dans toute notre vie ? Je trouve ça totalement déprimant. Oui, le couple n’a pas duré jusqu’à nos vieux
jours mais c’est pas une raison pour tout jeter avec l’eau du bain, comme on dit. Si je prends mes 4 ans et demi avec Guillaume the first, je ne peux en aucun cas considérer cette relation comme un échec, une perte de temps ou ce que vous voulez. C’est la relation qui m’a fait passer de l’adolescence (enfin, 19 ans, on est encore un peu ado) à l’âge adulte. A la fin, on ne s’aimait plus mais la rupture s’est passée en douceur et cette relation m’a énormément appris sur moi, sur l’autre, sur l’amour, etc. Donc pourquoi la fin d’un couple est toujours vécu comme un échec avec cette pointe de culpabilité, ce « merde, où ça a dérapé ? ».

 

Comparons avec le professionnel. Notre génération n’est plus faite pour rester dans la même boîte toute sa vie, je ne connais même aucun vingtenaire qui aspire à ça. Oui, la
stabilité de l’emploi, c’est confortable mais faut bien être conscient que la progression professionnelle passe plus aujourd’hui par les mouvements externes que par les mouvements internes. Quitter une boîte pour tenter l’aventure ailleurs (en général, meilleure boîte, meilleur poste, meilleur salaire) est toujours vu comme un signe de réussite. En amour, mettre fin à un couple qui était condamné est systématiquement un échec. Alors que si rester ensemble, c’est faire deux malheureux, je ne vois pas où est la réussite, très franchement. Bien sûr, une rupture ça fait mal. L’an dernier, j’en ai vécu une qui me rendait si malheureuse que j’aurais eu le courage de me fracasser la tête contre les murs pour oublier, je l’aurais fait. Ca n’aurait servi à rien d’autre qu’à me faire du mal à moi (physiquement, en plus) mais également au garçon qui m’avait quittée et qui ne l’avait surtout pas fait par sadisme, il s’en voulait énormément. Mais bon, c’est la vie,
je ne lui en veux plus du tout. On n’était pas faits pour être heureux ensemble, les circonstances nous étaient défavorables, il n’y a finalement ni coupable, ni victime.

Aujourd’hui, je suis presque heureuse d’avoir vécu ça. Notre histoire bien sûr, qui aura toujours une saveur particulière pour moi mais aussi cette rupture difficile parce que je m’en suis sortie. La prochaine fois que je pleurerai à m’en fracasser la tête pour oublier, je saurai que je finirai par m’en sortir, faudra juste prendre mon temps pour ça. Là, encore, à bien y réfléchir, je ne vois pas bien l’échec. C’était juste qu’on y a cru alors que c’était clair que ça ne marcherait pas, on a fait preuve de naïveté, sans doute, mais de là à parler d’échec… Toutes les histoires ne sont pas faites pour durer, c’est pas une raison pour parler de gâchis. Je sais que si je vais mal, je n’ai qu’à décrocher mon téléphone pour lui parler, on a connu pire comme échec, non ?

En fait, je n’aime pas cette notion d’échec amoureux, c’est trop absolu. J’ai l’impression qu’en amour, c’est tout ou rien : t’es en couple, t’as réussi, t’es célibataire, t’as échoué. Manichéisme, mon amour ! La nuance, c’est pas fait pour les chiens. Surtout que je connais des maqués malheureux et des célibataires heureux, arrêtons un peu de classer les gens
dans des stéréotypes lourds à porter. C’est pas parce que je suis célibataire que je passe mes soirées à me gaver de nutella pour oublier que j’ai pas d’amoureux surtout qu’à priori, se gaver de nutella ne m’aidera pas à trouver the only one… Si les hommes préféraient les geignardes chocolaïnomanes, ça se saurait.

 

Alors, oui, ça me déprime et ça me gonfle cet état d’échec amoureux qu’on colle aux célibataires ou ceux qui viennent de vivre une rupture. Déjà, une rupture n’est pas
nécessairement une mauvaise chose même si elle n’est pas facile à vivre. Mais c’est comme quitter une boîte : on est triste de dire au revoir aux collègues, on est un peu effrayés par ce
qu’il va suivre mais c’est pour notre bien. Pourquoi n’aurait-on pas le droit, en amour, de mettre fin à une situation qui ne nous convient plus sans forcément passer pour un perdant ? A moins que tout ceci ne soit un complot gigantesque du consortium « ma vie est trop moche, je mange du nutella, pleure dans mes kleenex et regarde des films d’amour avant d’écouter la chanson trop romantique qui me refera utiliser des kleenex ». Mmmm.

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Faut-il assumer ses opinions politiques ?

(version audio en fin d’article)

Aujourd’hui, commençons par un petit message à caractère politique : nous sommes le 22 avril, c’est le 1er tour des élections présidentielles donc bouge ton cul et va voter. Maintenant que j’ai fait ma petite mission civique, parlons politique mais pas des élections. Non, je ne ferai pas de prosélytisme pour ma candidate parce que votez pour qui vous voulez.

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Mercredi, au boulot, on s’est amusés à voter. Vendredi midi, on en reparle avec Kevin et Gwenaëlle qui n’étaient pas là quand on a fait l’élection et avec eux, on se retrouve avec 5 Sarko, 4 Royal et 4 Bayrou. Bon du coup, on sait pas comment ça marche là. A un moment, je dis que moi, j’ai voté Royal et les deux inséparable Rémi et Sébastien me regardent avec des yeux ronds : « t’as pas voté Bayrou, toi ? Merde,on s’est plantés dans nos estimations mais le prend pas mal, hein, on te connaît pas ! ». Je rigole et leur fais remarquer que je sais qui a voté quoi autour de la table. Rémi me met au défi de trouver son vote mais c’est pas bien dur, je l’ai classé, à raison, Royal. De là, il me fait : « de toute façon, j’assume totalement mes opinions politiques, je vois pas pourquoi je le cacherais ! Moi, ça me dépasse qu’on fasse des secrets autour de ça ».

Rémi a-t-il raison ? Pour ma part, je suis en partie d’accord avec lui, je m’explique. Je n’ai jamais caché mes opinions politiques, vous les connaissez, je l’ai encore dit dans le paragraphe précédent. Evidemment, moi, je vote politiquement correct, y a pas grande honte à voter PS. En 2002, j’ai voté extrémiste au 1er tour mais j’étais dans une fac anar donc c’était une normalité quelque part. Là, le Nouvel Obs m’a expliqué que, moi, j’étais une traumatisée du 21 avril, c’est pour ça que je voterai Ségo. En fait, moi, je voterai pour elle juste parce que son programme, assez réaliste, me plaît bien alors tant pis si, elle, elle m’a beaucoup déçue et pas que pendant la campagne. Enfin, grâce à Kevin, je sais qui elle se tape, Ségo, huhuhu. Ca changera pas mon vote, je vous rassure. Donc selon notre vote, c’est facile à assumer ou pas. C’est selon le milieu social que l’on fréquente aussi. Ainsi, en 2002, assise sur la pelouse de ma
fac anar, je discutais avec des amis disposant d’un droit de vote et ça donnait (en gros) :

« Moi, j’ai hésité entre Laguiller et Besancenot, j’ai choisi Besancenot, finalement.

– Moi aussi !
– Oh, moi aussi ! ».

Voilà. Aujourd’hui, je sais que ces deux personnes voteront comme moi. Est-ce parce qu’on est sortis de ce milieu extrémiste ou est-ce parce qu’on a grandi ? Par contre, dans ce même milieu, ça aurait été la lose intégrale de voter Chirac. Si j’avais eu un tel votre, l’aurais-je assumé ou me serais-je fondu dans la masse ? Aurais-je invoqué mon droit à ne pas dire pour qui je vote ? Je sais pas…

Quelles sont les raisons de cacher pour qui on vote ? Par peur de détonner, je l’ai déjà dit. De façon toute personnelle, je trouve que se conformer à un modèle de normalité après l’adolescence, c’est ridicule. Si on me reproche mes opinions politiques, autant laisser tomber surtout que je suis pas du genre militante. Sinon, je pense que dans certains milieux, il n’est pas forcément bien vu de se prononcer sur le sujet. Moi, dans ma boîte, on est moite-moite et tout le monde s’en fout. Mais ma sœur m’expliquait qu’elle, au boulot, elle avait du mal à assumer son sarkozysme (ce qui, quand on la connaît, est loin d’être une révélation). De la même façon, il semble que ma mère ne la ramène pas à son boulot puisque des rumeurs circulent comme quoi elle serait communiste. J’avoue que ça me fait toujours rire quand elle me dit ça. Ma mère communiste, c’est comme si on disait de moi que je faisais 1m80 ! Mais bon, voilà, déjà, ma mère, elle est la femme du docteur et ça passe pas avec tout le monde donc crier haut et fort ses opinions extrémistes (mais pas à gauche, à mon plus grand regret), ça l’aiderait pas à récolter de bonnes opinions.

Enfin, il y a le vote honte, souvent celui assimilé à Le Pen, ce qu’il fait qu’il se retrouve toujours à 10-12% dans les sondages et se retrouve à 18 le jour du scrutin. Là, j’avoue que ça me dépasse un peu. Si ces gens n’assument pas leur vote, c’est que, quelque part, ils ont conscience que c’est « mal ». Non parce que sans faire de manichéisme politique, voter Le Pen, c’est revenir 40 ans en arrière et je pense que si les gens qui votent pour lui se rendaient compte que ça voulait aussi dire suppression de l’euro pour revenir au franc et interdiction de l’avortement (entre autres), ils y penseraient peut-être à deux fois avant de glisser leur bulletin dans l’urne. Donc si ces gens ont honte de leur choix, pourquoi ils votent ça ? Je suis dépassée, là…

Bref, il est toujours plus facile d’assumer son vote selon le milieu où on évolue. Quoi qu’il en soit, que vous assumiez publiquement votre choix ou pas, merci d’aller voter. Moi, je suis contente, le bureau est à 15m de chez moi, je pourrais presque y aller en pantoufles, huhuhu !

PS : Ouais, je suis chiante avec mes huhuhu mais au boulot, un de mes persos rigole comme ça.

Pour qui avez-vous voté?
Pour qui avez vous voté?

Royal

Sarkozy

Bayrou

Le Pen

Besancenot

Buffet

Voynet

Bové

De Villiers

Nihous/Schivardi (pas assez de choix, sorry)

Résultats

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La gauche, elle pue de la bouche et la droite, elle pue des pieds

Là, c’est officiel, je tiens le titre le plus con depuis la création de ce blog, même devant « le zizi culturel ». Zêtes impressionnés, hein ? Mais derrière ce titre enfantin se cache une réalité que j’ai envie de mettre en lumière, dans ce billet socio-politico-débile. Aujourd’hui,
analysons ce manichéisme primaire : « si je suis de gauche, je déteste les gens de droite et vice et versa ».

 

Semaine dernière, je prends le métro avec deux camarades de webzine après une réunion. A un moment, un des deux nous explique qu’il est militant dans un parti mais quand je lui demande dans lequel, il paraît un peu gêné « mais euh…je sais pas de quel bord tu es… ». Bon, on s’était reconnu, nous étions des rivaux ancestraux : moi de gauche, lui de droite, moi sympathisante PS (quoi que les tests politiques me foutent toujours communiste, n’importe nawak). Pourtant, je le rassure en souriant : « non mais y a pas de soucis, t’as le droit d’avoir tes engagements politiques, je vais pas te le reprocher ! ». Du coup, il m’a même invitée au meeting de Sarko dimanche au Zénith mais j’ai pas pu y aller, j’avais d’autres engagements. Mais j’y serais allée avec plaisir sans déconner, les meetings, ça me fait kiffer. Même si je suis pas du tout Sarkozyste (et j’avoue qu’il me file de plus en plus d’urticaire), je trouve qu’il ne faut pas hésiter à se rendre dans des meetings quand on en a l’occasion, même si notre choix est déjà arrêté. Un peu de culture n’a jamais tué personne.

Y a quelques temps, j’avais dû écrire un article sur l’équipe Sarko donc je prends mon meilleur ami, google, et je lui demande de me dire des choses. Je tombe sur pas mal de forums et parfois, je suis atterrée par le niveau du débat. Je vous la refais, en gros :

– Sarko facho, il va foutre tous les Noirs et les Arabes dans un airbus. Moi, j’ai un tiers de sang étranger, j’ai peur.

– Ta gueule, tu crois qu’elle est mieux Ségo avec ses 3 de QI ? Elle est tellement conne qu’elle invente des mots.

– Oh ça va, comme s’il disait pas de conneries, le nabot pas beau

– Ouais et avec votre miss Camping défraîchie, vous croyez que la France va s’en sortir ? »

Ouais, ça tape bas. Perso, j’aime pas Sarko mais je vais pas l’attaquer sur sa taille, on s’en fout un peu. Ségo fait un peu bourgeoise salope avec ses tailleurs jupes au dessus du genou ? Et alors ? Vous foutez pour un programme ou pour une jupe ? Bref, ce genre de conversation de café du commerce m’agace au plus haut point. Surtout quand on sait que ces gens votent. Moi, je voterai jamais pour un candidat en fonction de sa taille, de ses tenues, de sa tronche ou je sais pas…

Par exemple, raisonnons par l’absurde :

– je vote pour le plus baisable :bé Besancenot, y a pas méga le choix non plus. J’aime les hommes plus âgés mais je suis quand même pas gérontophile.

– je vote pour une femme : en lice Ségo, Arlette et Voynet. Bon, on va dire Ségolène parce que c’est celle qui s’habille le mieux.

– je vote pour le plus grand : bonne question, tiens. A vue de nez, je dirais de Villiers

– je vote pour le plus démonstratif : Sarko, Le Pen ou De Villiers ?? J’avoue qu’entre ces trois show men, mon cœur balance.

– je vote pour le plus people : Sarko, rapport à tous ses soutiens pailletés

– je vote pour le plus proche géographiquement parlant de ma ville natale: Bové ou Bayrou mais il me semble Bové, quand même.

 Bon, bref, on peut multiplier à l’envi et on constate rien de bien cohérent. Et le pire, c’est que ces conversations basiques et débiles ne sont pas forcément le fait de gens qui n’ont aucune connaissance politique mais bien de citoyens engagés, voire de militants. Nos politiques eux-mêmes nous offrent parfois de belles preuves de mesquinerie. Navrant ?

Carrément.

Parfois, je rêve d’un débat politique élevé, à programme contre programme, idéal de société contre idéal de société mais ça tourne souvent à la dispute de récré et c’est navrant. Ne peut-on pas concevoir trente secondes que la personne face à nous, même si elle a des opinions opposées aux nôtres, reste un être humain et qu’on peut communiquer sans passer par la case insulte? Non?

Ferme ta boîte à camembert, tu l’ouvriras pour le dessert.
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La virginité : faut-il la garder ou pas ?

L’autre jour, je lisais Courrier International et ça m’a inspiré un premier article  et en voici un second, découlant du même dossier. Et bien, oui, y a 50 choses à dire dessus, c’est pas ma faute. Donc après le versant porno, explorons le versant chaste.
 
Le dossier nous propose un encart sur de jeunes demoiselles suisses qui ont décidé de rester vierge, pour pas être considérées comme des « salopes ». Et voilà, toujours le même problème : tu couches, tu es une salope, tu te préserves, t’es une sainte. Pourtant, je connais des vierges qui récupèrent des points démoniaques ailleurs. Honnêtement, le jour où j’ai perdu ma petite fleur, je ne suis pas devenue une sale perverse immorale. D’ailleurs, l’article ne cautionnait ce genre de manichéisme.
 
La virginité, thème ô combien délicat… Perso, je me souviens, est arrivé un moment où j’ai tout fait pour m’en débarrasser parce qu’à 19 ans, je me sentais totalement handicapée d’avoir encore mon hymen. C’est pas que j’ai jamais eu l’occasion avant, j’avais eu une proposition du genre à 15 ans mais à l’époque, j’étais totalement coincée et j’assumais pas mon corps alors laisser un mec visiter mon intimité, ÇA VA PAS NON !! Arrivée au lycée, nouveau traumatisme : Love in fun. J’explique. Un soir, j’écoutais donc cette merveilleuse émission qui a fait mon éducation sexuelle ou presque quand un gars appelle pour raconter que sa copine est nulle au lit : « elle fait la planche, elle connaît aucune position ! ». Panique à bord : mais moi non plus ! Je suis censée faire quoi (à part écarter les jambes) ? Déjà que la fellation, rien que le principe (ben oui, j’avais jamais pratiqué) je trouve ça dé-goû-tant… La levrette, c’est dégradant, la sodomie… heu, ça, je devais même pas savoir que ça existait, niaise comme j’étais.
 
Donc, j’ai eu une peur d’être un « mauvais coup » et donc, réflexion : « ben je ne coucherai qu’avec un homme dans ma vie, un puceau, comme ça, il pourra pas dire que je suis un mauvais coup, il pourra pas comparer ! ». Réflexion très conne, je sais ! D’ailleurs, dans l’article de Courrier International, y a un mec qui dit pareil : « nous, on veut coucher avec une vierge comme ça, elle pourra pas comparer ». Et oui, ado, je pensais comme un mec.
 
Puis y a cette peur viscérale de la douleur : la première fois, ça se passe pas forcément bien. Johanne, mon ex amie nymphomane n’avait pas eu mal sur le coup mais après, elle s’est traînée une sale douleur pendant quelques temps. Vu l’hygiène de son partenaire, ça m’étonnerait pas qu’elle se soit chopée une saleté, effectivement… Mais surtout, le traumatisme, c’est quand je suis partie chez une amie de Rachel qui avait perdu la sienne quelques temps auparavant et, je sais pas pourquoi, elle entreprend de nous le raconter : du sang partout et une douleur persistante : 24 heures après, elle avait encore mal. Bon, ben je vais rester vierge.
 
Finalement, la curiosité l’a emportée. C’est marrant, à l’époque, être vierge à 19 ans, c’était limite une tare. Aujourd’hui, coucher avant le mariage, c’est limite une tare. Alors quoi ? Je crois surtout que le problème est que, quoi qu’on dise quoi qu’on fasse, la sexualité féminine est toujours sujette à débats et à jugements à l’emporte pièce. A mon époque, une fille qui affirmait vouloir rester vierge jusqu’au mariage était vue comme une bête curieuse. Genre la catho intégriste qui ne copulera que pour procréer. Genre nos grands-mères… Quoi que la mienne avait un amant, le curé d’un village, j’ai appris ça il y a quelques temps (et oui, on est bizarre dans ma famille).
 
Quand j’étais ado, il y a à peine dix ans (ça me fait mal, cette phrase), on clamait à qui voulait l’entendre que, oui, on couchait ! A l’époque, j’étais assez prude mais je ne reprochais pas aux autres filles leur sexualité. Une fille qui franchit le pas avec son copain, c’est normal. Une fille qui couche avec le premier venu dans les toilettes du Macumba club avec les pieds qui patauge dans l’étrange magma composé d’eaux usées et de papier toilette, c’est pathétique. Mais ça, je le pense toujours. Donc j’étais pas particulièrement prude et même qu’on parlait (un tout petit peu) de sexe avec Rachel. Parler de sexe avec Rachel se limitait à : « moi, c’est gênant, j’ai une poutre au-dessus de
mon lit, le mec il risque de se cogner la tête, hihihi ! » Ça, c’est elle qui disait ça, genre le mec, quand il la saute, il fait des pompes. Ok, pour la levrette, c’était pas possible mais un bon petit missionnaire, ça passait sans problème. Mais bon, c’est vrai qu’à l’époque on n’a pas pensé à une solution bête : on n’est pas obligés de faire l’amour sur un lit. De l’autre, y avait Johanne qui a toujours eu le feu au cul qui déclare à la même Rachel (prude au possible) : « putain, j’ai la sève qui monte ! La nuit, quand je me réveille, je suis toute mouillée ! ». Pourquoi j’étais pas là, moi, lors de cette poignante déclaration, hein ? Ça devait être marrant à voir, quand même…
 
Je me souviens, en quatrième, j’avais une copine qui racontait qu’à 14 ans, elle avait perdu sa petite fleur (j’adore cette expression). Bon elle était un peu folle, genre à faire une fugue un lundi matin : au lieu d’aller au collège, elle a pris le train pour aller voir une copine à Lyon donc on a jamais su si c’était vrai ou pas. Mais à l’époque, une fille qui n’avait plus d’hymen n’était pas considérée comme une salope.
 
D’un autre côté, j’observe les changements dans la société, la fameuse pornoïsation et je comprends que les gamines soient paumées : être chaude ou ne pas l’être ? Coucher, c’est être salope ? Personnellement, je comprends aujourd’hui que la virginité est quelque chose de « précieux » qu’il ne faut pas offrir au premier venu. On n’aura qu’une seule première fois et si j’ai eu la chance de pas avoir mal du tout, ce fut quand même pas mal traumatisant. Certes, j’avais « omis » de dire à mon
partenaire (Pierre le pervers) que j’étais vierge mais visiter TOUTES les parties de mon anatomie lors du premier coït, il était pas obligé non plus…
 
Je crois qu’il est important aujourd’hui de parler à ces ados ou à ces jeunes femmes et de leur expliquer qu’avoir une sexualité, ce n’est pas sale. Si elles ne sont pas prêtes, personne ne les force à sauter le pas (enfin, si, des fois, leur copain mais elles ont tout à fait le droit de dire non sans lever le drapeau de la chasteté). Mais le sexe, c’est une belle chose, un partage et on peut pratiquer sans que cela nous corrompe.
 
Je crois que le jour où les femmes pourront choisir leur sexualité sans subir aucune pression sociale, le féminisme aura vraiment triomphé.
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