Créer de l’enjeu : le grand défi de l’écriture

Je vous parlais il y a quelques temps de ce livre que j’ai abandonné en cours de route avec, entre autres raisons, le manque d’enjeu. Pourtant, sur le papier, le héros devait sauver le monde, ce n’est pas rien… sauf qu’on savait très bien qu’il y arriverait et sans froisser sa chemise, s’il vous plait. Du coup, sacrifier des heures de lecture pour savoir ça, non merci.

Dormir sur son livre

C’est difficile de créer un réel enjeu dans un roman. Pour reprendre le roman horribilus dont j’ai tant parlé, l’enjeu était de savoir comment l’héroïne s’en sortirait… et encore, on était plutôt sereins vu qu’elle nous avait expliqué des le départ que c’était un faux camp de concentration. Si seulement elle avait axé son récit sur l’avenir de la France plutôt que sur son nombril… Parce que la survie d’un personnage insupportable n’est pas vraiment génial en terme de motivation pour poursuivre la lecture d’un roman… Souvent, on va faire peser le suspense non pas sur la survie du personnage, souvent admise des le départ, surtout si le récit est écrit à la première personne en mode « journal de guerre » mais souvent sur le comment. Un bon roman doit avancer les faits comme inéluctables et placer le lecteur en tension : « Ok, je sais que Jean-John va sauver le monde mais là, quand même, je vois pas comment ». Un peu comme dans les Batman des années 70 où il parvenait toujours à s’en happer du piège in totalement complique des méchants mais en moins zim bam Kaboom quoi.

Batman années 60

Il.y a aussi les polars avec l’enjeu tout trouvé : c’est qui qui a tué. Ou éventuellement comment l’inspecteur va trouver que c’est cette personne l’assassin.e à la Columbo quoi. Mais cet enjeu ne fonctionne que s’il est bien amené. Il faut maîtriser deux paramètres : donner envie au lecteur de savoir qui a tué mais aussi pourquoi. Dans « Je suis Pilgrim », par exemple,  on ne savait déjà pas qui avait été tué au bout de 400 pages alors le « par qui » et « pourquoi », ça ne m’a pas intéressée du tout. Et puis, le polar, faut savoir le manier de main de maître. Rien n’est plus insupportable qu’un roman policier où vous trouvez la solution avant la fin… ou les retournements pétés. Je parle souvent de cette astuce d’écriture de tueur sorti du chapeau « en vrai, le tueur, c’était le passant de la page 36 qui demande son chemin. Surpriiiise ». Non, ça, c’est de la triche et ça me fait instantanément détester un roman.

En fait, créer de l’enjeu est un équilibre subtil : il faut arriver à créer une certaine empathie vis-à-vis des personnages pour que leur avenir, voire leur survie nous importe. Même quand on sait que, forcement, il ou elle survivra (on tue rarement ses héros), on peut craindre pour son intégrité physique, celle de ses ami.e.s et surtout, on va s’inquiéter de son évolution. Et ça marche dans tous les romans, peu importe qu’on vois raconte une enquête sur un crime, une histoire d’amour ou une  course contre la montre… si vous ne parvenez pas à créer un enjeu, vous allez perdre vos lecteurs.

Ne pas ennuyer son lecteur en créant de l'enjeu

Et donc un point crucial pour créer de l’enjeu. C’est de parvenir à induire de l’empathie pour vos personnages. On s’en parle une prochaine fois.

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The girls d’Emma Cline : secte et adolescence

Aperçu quelques fois dans ma timeline Twitter, j’ai craqué et acheté The girls d’Emma Cline, sans rapport avec Girls, la série de Lena Dunham (que j’ai détestée pour les trois épisodes matés). Ce qui m’avait intriguée : pas l’histoire vu que je m’en savais rien mais quelques phrases méchamment stylées.

The girls d'Emma Cline

L’histoire (maintenant que je l’ai lu, le roman) : Evie Boyd est une femme quelconque… en apparence. Occupant la maison d’un ami pour la surveiller, elle croise l’enfant de celui-ci qui connaît son passé. A 14 ans, alors que son été débutait dans un ennui poisseux, à traîner avec une camarade de classe qu’elle n’apprécie plus vraiment, fantasmant sur le frère de celle-ci, elle rencontre Susan, une jeune femme qui va faire basculer sa vie. Evie va se retrouver dans une espèce de secte où le sexe occupe une grande partie. Evie, dans sa passion pour Susan, va s’investir dans cette folle aventure, jusqu’au drame.

La secte qui assassina Sharon Tate

Alors pourquoi j’ai aimé ce livre ? Le style d’abord. J’ai dit par le passé que le style n’était pas un critère en soi mais quand la plume est jolie, j’admire, je déguste. Même si à certains moments, le tic de coller un adjectif pas forcément attendu à un nom commun ou une métaphore un peu hors sujet, finissait par me lasser un petit peu. Mais le roman est parfaitement écrit et se lit avec plaisir d’autant que… il est magnifiquement orchestré.

Cheffe d'orchestre

Ici, je vais pouvoir faire un parallèle avec mon roman horribilus, notamment la notion d’auto spoiler : dans the Girls, l’histoire est un souvenir remémoré par Evie donc dès le début, on a droit à la fin de l’histoire. Le roman est donc de savoir comment on en est arrivé là. Et c’est sincèrement prenant. Surtout qu’en déroulant l’histoire, tu as l’impression que le parcours d’Evie l’éloigne de ce que nous savons être la fin et tu essaies de comprendre comment on va raccrocher les wagons. Donc quand c’est bien écrit, tu peux donner des éléments de résolution sans que ça nuise au plaisir de lire.

Le tableau de l'enquêteur

En fait, le seul point noir, à mon sens, de ce roman, c’est la partie “dans le présent” qui n’apporte pas énormément, voire pas du tout. Je comprends sa présence (essentiellement nous faire respirer dans l’histoire assez crasse du roman) mais je m’en foutais un peu, j’étais à la limite de sauter les pages même si ça apportait quelques micro éléments supplémentaires au récit et mettait en exergue une question : comment Evie avait réussir à ne pas se faire prendre. Mais sinon…

The girls d'Emma Cline, inspiré de l'histoire de Charles Manson

Bref, The girls est un roman qui ne respire pas la joie de vivre, il évoque des images sales et poussiéreuses mais je le conseille de tout mon coeur car si l’histoire narrée n’est que de l’ordre du fait divers (fortement inspirée de l’assassinat de Sharon Tate par la clique de Manson), Emma Cline manie ses personnages avec brio et même si Evie a des réactions des fois un peu stupides, ça ne donne pas envie de lui hurler dessus car les rapports entre les personnages sont admirablement bien tissés. A ne pas lire à la plage pare que c’est pas le lieu mais dans un train avec la pluie au dehors (assez facile en ce moment), ce sera parfait.

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L’écrito-thérapie par Bernard Werber

Ou comment je dois vraiment trouver un moyen de vivre de l’écriture. A l’heure où je vous écris, je suis fatiguée. Faaaaatiguée parce que j’ai eu un week-end chargé entre politique (oui, je suis militante maintenant et direct au coeur du truc) et surtout, dimanche, masterclass écrito-thérapie avec Bernard Werber. Une journée éprouvante (de 9 à 18h45 à peu près) mais tellement inspirante et stimulante.

Masterclass écrito-thérapie de Bernard Werber

Bon, est-il vraiment utile que je vous présente Bernard Werber ? J’ai mis un lien wikipedia au cas où mais je pense qu’on peut s’en passer. Personnellement, j’ai découvert Bernard Werber quand j’étais en 4e, la prof de français nous avait demandé de lire Les Fourmis. Je l’ai lu en une nuit et demie, à peu près. J’ai lu pas mal d’autres romans de lui, ses thématiques de prédilection étant assez proches des miennes. Bref, un nom qui m’était plus que connu et quand Garyas me propose d’assister une masterclass sur l’écriture, je ne peux que dire oui. Après tout, ça fait partie de mon projet de vie et je suis bien trop proche du début du chemin pour me permettre de faire ma snob qui n’a rien à apprendre. D’autant que je pense que rien n’est moins faux que ça.

Des legos et des cahiers Moleskine

Alors j’ai noté what milliards de thèmes dont je vais reparler ici (oui, ma série carnet d’une écrivaine est relancée puissance 1000, là), je vais donc me contenter de vous parler de mon ressenti, du pourquoi je suis rentrée chez moi épuisée mais exaltée… et légèrement frustrée.

Excitation

D’abord exaltée. J’ai beaucoup aimé le contact avec Werber. Je sais que le personnage divise mais je vous cache pas que, là, de suite, je vous laisse à vos opinions respectives, moi, j’ai passé un bon moment. Une conférence pas trop descendante, très participative, enrichissante. Werber a encouragé les gens à partager leurs écrits, avec bienveillance et sans jugements et ce n’est pas si facile de partager ses écrits en public, je vous le garantis.

Timidité

Du coup, je voulais rentrer chez moi et écrire, écrire, écrire. Après avoir dormi cependant car j’étais un poilou fatiguée.

Dormir sur le ventre

Et c’est là que vient la partie frustrante : j’ai pas le temps. J’arrive toujours à écrire dans le métro le soir, j’avance pas trop mal sur mon histoire d’Ofelia même si j’ai pas du tout le temps de retaper sauf que j’ai envie d’écrire plus encore. Alors je réfléchis, j’essaie de pousser un peu les murs de mon emploi du temps mais c’est chaud patate . J’ai envie d’écrire plus, tout le temps, partout, c’est viscéral. Parce que oui, mon rêve de vivre en écrivant se fait de plus en plus fort, de plus en plus évident. Mais combien d’appelés pour si peu d’élus ?

Combien d'appelés pour peu d'élus

Va falloir que je bosse ma routine. Je n’ai pas pu m’inscrire le mardi soir au cours de film d’animation (oui, j’ai des idées bizarres des fois). Du coup, peut-être pourrais-je imposer à la maison un mardi soir activités chacun de notre côté ? Peut-être…

Agenda des activités

En tout cas, je suis reboostée à mort pour l’écriture. Et ce masterclass m’a donné une nouvelle idée de roman que j’aime beaucoup.

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Ecrire un polar : qui sera le coupable ?

Bien le bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Moi, ça va, mon roman de Maja continue de bien avancer : j’ai entamé la troisième partie, j’ai réussi à défaire un noeud qui me dérangeait dans ma progression et niveau retape, j’ai désormais 141 pages tapées. Ca rigole plus. Mais parfois, je me prends à rêver à mon prochain roman. Et si je décidais d’ écrire un polar ?

écrire un polar

J’aime bien lire les polars, je vous en ai présentés quelques uns ici mais c’est un genre que je trouve difficile. Par exemple pour ma part, en tant que lectrice, si je trouve le coupable avant la fin, même si le livre est bien, ça va diminuer mon enthousiasme automatiquement. C’est pour ça que je voue aux nues Les impliqués, Millenium (le 1er) ou encore les 10 petits nègres… parce que j’avais rien vu venir.

SK1 serial killer

Les dix petits nègres justement, parlons en. Jeune, j’ai lu énormément d’Agatha Christie et de Mary Higgins Clark (no judgement please, j’avais 15 ans) et le souci de cette dernière, c’est que j’ai fini par piger la recette et je devinais dès la page 30 qui était le tueur : un homme proche de l’héroïne principale et surtout celui qui n’est jamais le narrateur. J’ai longtemps cru que Christie n’avait pas de recette mais j’ai fini par trouver : la victime est souvent coupable, elle simule sa mort, une attaque ou prendra la place du mort supposé pour trompe l’enquêteur. Cf les dix petits nègres, Meurtre sur le Nil,les vacances d’Hercule Poirot…  par exemple.

Les 10 petits nègres, la série

S’arranger pour que le lecteur ne trouve pas le coupable avant la fin, c’est donc le but ultime du polar et à force d’en lire, j’ai repéré deux ou trois astuces…

Nail art écriture

Le coupable évident

Ca arrive, dans les polars, l’enquête se lance et il semble évident que c’est John le tueur. Sauf que tu lis un roman, qu’il y a trois-cents et quelques pages, dirons-nous et que tu ne peux pas écrire tout ça sur une évidence… Et bien certains y arrivent et quand vient l’heure des révélations tu es légèrement… désappointé. Mais ça peut marcher car tu cherches tellement pendant tout ce temps qui ça peut être car ça ne peut pas être celui que tout le monde accuse que tu te fais quand même bien balader.

Sang chaud pour meurtre de sang froid

Mais y a moyen de le jouer plus subtil…

Le dégueulasse

Celui-là, on ne le voit pas venir car il se rend coupable d’exactions qui dépassent notre entendement genre violer sa fille avant de la refiler au frère de cette dernière…Ca me « fascine » d’ailleurs un peu, cette voie là, faudra que j’en reparle, tiens.

Broadchurch

Le psycho

Un peu le cousin de celui du dessus : tout le ressort du roman est basé sur la folie d’une personne. C’est le cas par exemple de The gone girl ou un film ou téléfilm une fois que j’avais vu plus jeune et dont le dénouement était brillant : un inspecteur enquêtait sur une femme disparue et à la fin, on découvrait que cette femme, en fait, c’était son frère qui avait une double personnalité… En gros, personne n’avait disparu

Tout le monde ou presque

On pense naturellement au crime de l’Orient Express. J’ai lu un autre polar récemment (dont je tairai le nom pour pas spoiler, évidemment) dont la révélation était peu ou prou celle-là, tout le monde était impliqué plus ou moins sur deux crimes ayant lieu simultanément mais finalement sans rapport… et j’ai trouvé ça un peu facile comme rebondissement. Ok, je l’avais pas vu venir mais ça complexifiait tellement l’histoire que tu finis le roman genre “ouais, ok… on s’en fout en fait”.

Le crime de l'orient express

Le tueur sorti du chapeau

Celui-là, c’est celui que je déteste, Parce que c’est trop facile, on est à la limite de la paresse d’écriture. Vous avez votre paquet de suspect mais le tueur en fait, c’est le passant de la page 57, ahah, surprise ! Ca peut être bien amené, attention ! Dans Se7en, par exemple, le coupable n’apparaît in fine que lorsqu’il a terminé son oeuvre (même s’il est rapidement croisé dans un couloir à un moment) mais à aucun moment il n’y a eu de liste des suspects par exemple donc on n’était pas dans le “je te présente John, Mark et Teddy, ce sont nos trois suspects mais en fait, le tueur, c’était Jacob, le chauffeur du taxi que tu as pris à la page 36 et qui t’a dit “vous allez où ?”, incroyable, non ?”

Saga, chevalier des gémeaux, tue le grand pope

Ok, les chevaliers du Zodiaque, c’est pas un polar mais c’est un excellent exemple de ce que je veux dire

Parce que c’est là, à mon sens, toute la difficulté du polar : comment trouver le juste équilibre pour surprendre le lecteur sans faire sortir un tueur du chapeau ? Lui donner tous les éléments sans que la résolution ne soit trop évidente ? Parce qu’un polar où l’on devine avant la fin qui quoi qu’est-ce… Ca donne juste envie de l’oublier au plus vite

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La galanterie, cet immense attrape-nigaudes du patriarcat

Ce qui est fantastique avec les réseaux sociaux, c’est que quand tu crois qu’on atteint le fond, quelqu’un vient toujours donner un petit coup de pelle. Du genre j’ai découvert récemment qu’une femme refusait le féminisme parce qu’elle aimait “qu’on lui tienne la porte”. Ah oui, le sens des priorités… L’occasion rêvée pour vous parler de la galanterie, ces miettes consenties par le patriarcat pour qu’on ferme nos mouilles.

La galanterie

En ce moment, je lis un roman pas du tout sur le féminisme (l’Epée de vérité), l’héroïne Kahlan explique à son compagnon que pour gagner, il faut savoir parfois céder sur de petites choses. Donc la galanterie. Alors déjà, énorme foutage de gueule. Commençons par cette histoire de porte tenue et sa cousine “céder sa place à une femme enceinte ou âgée”. Vous appelez ça de la galanterie, j’appelle ça de la politesse. Non parce que si vous jetez les portes au visage de vos amis ou si vous refusez de céder votre place juste parce que vous êtes une femme et donc dispensée de galanterie… et bien pardon mais vous êtes une effroyable connasse. Non mais vous avez conscience que vous prenez pour un acquis un comportement complètement normal et que vous adoptez vous-même sans même y penser ?

Civilité dans le bus

D’ailleurs, amusant, la seule photo que je trouve sur le sujet, c’est une jeune femme qui cède sa place à une mamie…

Ah mais oui, la galanterie, c’est aussi payer au restaurant ou au bar. Alors cette fois-ci, je vais vous épargner le couplet sur les femmes indépendantes et tout ça, je ne vais même pas aller jusque là. Pourquoi le mec “doit” payer ? Mais pour deux raisons simples :

Rappeler qui est le boss : dans les temps anciens, dans le couple, l’homme pourvoit aux besoins de tout le monde pendant que madame est priée de gérer l’espace privé du couple (maison, cuisine, enfants). Aujourd’hui encore, on considère que l’homme doit gagner plus que sa femme (en même temps, avec un salaire féminin médian 30% inférieur aux hommes, y a une certaine réalité sociale, hein…). Vous l’avez tous vécu : quand vous allez au restaurant avec une personne du sexe opposé, l’addition est systématiquement posé devant l’homme.

Addition : qui paye ?

Vous rendre redevable : hé oui, il y a aussi ce message là. Je te paie tes boissons et/ou ton repas, merci de me montrer ta reconnaissance… J’ai fait quelques recherches et il semble que cette question de l’addition soit très problématique. Le moite-moite fait passer l’homme pour un radin, paraît-il. Heu, non. Je gagne ma vie, je paie ma part surtout que je n’ai pas envie d’être redevable ou d’entendre un “tu me paieras la prochaine fois”, surtout quand j’ai pas envie d’une prochaine fois. Après, y a toujours moyen de s’arranger. Je veux dire pour notre premier rencard avec Victor, il avait payé les verres au bar, j’avais payé le resto (il a tout payé au bar parce qu’on avait décidé d’aller au resto, hein). Mais combien de fois vous avez entendu un mec se plaindre car il avait tout payé à une meuf  en soirée et qu’il n’avait même pas pu baiser avec ? Bah ouais mais désolée, c’est pas dans le contrat.

Femme fait un signe stop

Bref, je suis toujours fatiguée d’entendre que le féminisme fait disparaître la galanterie car il y a d’une part des comportements qui relèvent de la pure politesse et de l’autre… ben si vous n’avez pas les moyens de vous payer un resto, n’attendez pas d’un prétendant qu’il le fasse pour vous. Quand on m’explique qu’au Danemark, plus personne ne se lève pour céder sa place à une femme enceinte à cause du féminisme (oui, c’était la suite de l’argumentation de la dame qui sait pas ouvrir une porte seule), j’ai envie de dire que, déjà, va prendre le métro à Paris en France, pays pas très fair avec ses féministes, tu verras que personne ne te cèdera la place non plus mais surtout… pardon mais ce n’est pas la faute des féministes si les gens sont juste cons. Bon, je ne sais pas quelle valeur donner à cette information vu que la dame m’a bloquée avant de me donner la moindre source (curieusement…) mais il n’y a pas besoin d’être féministe ou saoulée par le féminisme pour se dire qu’une femme qui a un foetus de quelques kilos dans le ventre, ça serait sympa de la laisser s’asseoir un peu quand même. C’est comme dire qu’à cause de la lutte contre le racisme, plus personne ne mangeait de couscous, réfléchissez trente secondes, ça n’a pas de sens.

couscous

Mais en ce moment, l’anti féminisme se porte bien, très bien, avec des complices féminines en premier plan. On va en parler cette semaine. Beaucoup. Parce que le 8 mars approche et ça va encore nous faire mal.

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Ecrire une scène de sexe : l’épreuve

Il existe toujours un écart certain entre ce qui se déroule dans ma tête et ce que je retranscris sur papier. C’est le cas de tous les écrivains, celui qui écrit son récit va me donner des matériaux pour que je puisse imaginer la scène mais il y a toujours une part de subjectif impossible à maîtriser chez le lecteur. On fera avec. Mais par contre, il y a un truc qui représente un vrai défi : écrire une scène de sexe.

Scène tendre entre Maggie et Glenn dans The walking dead

Il n’est pas tant difficile de l’écrire que de trouver le parfait équilibre. Je pourrais écrire des kilomètres de scènes de sexe sans rougir et sans trembler, je n’ai pas de tabous spécifiques sur le sujet. Mais le problème, c’est l’effet recherché. Je pense que vous l’avez tous expérimenté en lisant des romans où traînait un peu de sexe : c’est souvent soit terriblement gnan gnan en mode “fondu enchaîné ils vont forniquer – ah c’est fait, merci” soit beaucoup, beaucoup trop détaillé et ça te fait sortir du récit. Je me souviens par exemple de “Philosophie dans le boudoir” où un personnage distribuait les rôles à chacun, qui allait baiser qui et comment… sauf qu’anatomiquement parlant, y avait un truc qui ne marchait pas, j’en ai limite à faire un dessin pour bien tout comprendre… Ca situe le niveau d’excitement. Idem pour Glamorama de Breat Easton Ellis (auteur que j’ai toujours trouvé atrocement surcôté),on a droit à une scène de sexe à trois et… ça dure des plombes et ce n’est jamais ô grand jamais excitant. Et je ne vais même pas parler d’After ou Beautiful Bastard, mes seules incursions dans la nouvelle littérature Harlequin, je trouve ça… plat. Oui, plat.

Collection Azur Harlequin, sous le joug du désir - écrire une scène de sexe

A dire vrai, je crois que peu de livres à forte teneur en érotisme ont réellement réussi à m’exciter, exception de Desideria de Moravia, le roman le plus troublant que j’ai jamais lu (on est très loin mais alors très loin d’un sexe gnan gnan mais malgré la subversivité de ce dernier, le côté très dérangeant, ben ça m’a bien titillée). Alors peut-être est-ce parce que je suis plus stimulée par les images que par les mots sur la question du sexe, je n’en sais rien… Bien que pas mal de scènes “érotiques” mal filmées m’ont plus fait bailler que mouiller mais passons. Peut-être que je devrais juste passer ces scènes dans mes romans, ce n’est pas toujours utile non plus… Quoi que des fois si. Je ne raconte pas chaque copulation parce que ce n’est pas si nécessaire mais certaines sont effectivement essentielles au récit. Dans un roman en pause, sorte de saga dans un royaume alternatif (genre Game of Thrones ? Ouais, si on veut), l’héroïne affronte donc sa première nuit avec son époux, le prétendant au trône, alors qu’elle est encore vierge. Si on veut un minimum entrer dans la psyché du personnage, cette nuit de défloraison est cruciale. Et va raconter une scène de défloraison, toi.

Contes de la virginité

Alors je me dis que pour me faire la main, je devrais écrire quelques nouvelles érotiques histoire de trouver le juste équilibre car je trouve que je suis soit trop évasive (ce qui peut cependant correspondre à certains personnages décrits comme prudes, genre Maja du roman de Maja) soit beaucoup mais beaucoup trop détaillé… ce qui nous fait quitter l’érotisme pour le porno et c’est pas mon but non plus. Sans doute devrais-je me constituer une petite bibliothèque érotique pour m’aider sur cette voie mais revenons à mon paragraphe précédent : peu de livres me paraissent satisfaisants sur le sujet, on oscille toujours entre le trop mou et le trop cru. Quel est l’équilibre ?

 

Si vous avez quelques livres à me conseiller sur le sujet, les comms sont ouverts !

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C’est triste, les gens ne se parlent plus

Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. En ce temps là, dans les rues de Paris, tous se saluaient à coup de bonjour, bonjour, bonjour, le boulanger porte son plateau bien garni du bon vieux pain de son fournil, bonjour, bonjour, salue ta famille ! . Mais hélas, avec le temps va, tout s’en va et aujourd’hui, les gens ne se parlent plus.

La Belle et la bête de Disney, Belle traverse le village en lisant

“Dans le métro, les gens sont tous sur leurs smartphones et ne se parlent plus”, “Pokemon Go, c’est nul, les gens sont scotchés à leur jeu et ne se parlent plus”, “on peut plus draguer les meufs dans la rue, dès que tu leur adresses la parole, elles fuient. Comment tu veux que les gens se parlent, après.” Alors pour le dernier (vrai argument déjà entendu, je.vous.jure), j’ai envie de lui dire que “draguer” n’est pas synonyme de “parler”, je réponds très gentiment aux gens qui me demandent leur route, j’ignore les “hé mademoiselle”, par contre. Mais pourtant, ça pleure, ça chouine parce que plus personne ne se parle. Très bien. Mais c’était quand que les gens se parlaient spontanément comme ça ?

Une foule dans la rue, les gens ne se parlent plus

N’ayant vécu qu’une trentaine d’années et uniquement en France, mon expérience est certes limitée mais déjà enfant, je n’ai pas de souvenirs de gens commençant à deviser spontanément dans la rue, comme ça, pour le plaisir… Je me souviens même qu’à une époque, j’avais décidé, je ne sais plus pourquoi, de dire bonjour à ABSOLUMENT tout le monde dans la rue. Je vous parle de quelque chose qui a dû se dérouler en 85, max 86, donc bien avant les smartphones, Tinder et Pokemon Go, on avait déjà à peine des téléphones sans fil (je suis quasi sûre que j’avais encore un téléphone à écran, peut-être à touche à ce moment là, avec le gros fil qui s’emmêle) et déjà, quand je faisais ça, je sentais souvent de l’indifférence, parfois de la gêne… En fait, le seul endroit où je vois des inconnus se saluer spontanément, c’est dans les salles d’attente et sur les sentiers de promenade… Même dans mes cours de yoga où on est censés être tous zen et bienveillants, beaucoup entrent et sortent sans dire bonjour ou au revoir.

cours de yoga, position du chien tête en haut

L’ignorance de l’autre, un mal typique de la fin du XXe- début XXIe ? Et bien… non pas du tout. Je n’ai pas lu tous les romans qui existent mais il me semble que les gens inconnus qui viennent vous parler comme ça, dans la rue, ça n’a jamais été très bien tolérés, c’est plus vu comme un signe de folie que de politesse… ou alors, c’est quelqu’un qui veut vous vendre ou réclamer quelque chose. Bref, pas la grande conversation chaleureuse ou enthousiaste.

Un duo de jeunes mormons abordent une femme dans la rue pour lui parler

Bonjour, avez-vous rencontré Dieu ?

Alors je sens déjà qu’on va me rétorquer “mais attends trop pas, dans tel roman, à un moment, y a un personnage qui est seul et on vient lui parler”. Sans doute mais ça, ça arrive dans la vraie vie. Je veux dire, soyons honnêtes trente secondes. Non, je ne parle pas aux gens spontanément dans la rue ou dans le métro parce que j’ai le nez sur ma liseuse ou que je suis en train d’écrire mais il arrive parfois quelque chose, un détail insignifiant qui va engager une conversation. Encore l’autre soir, je terminais une conversation téléphonique dans le bus (et je mérite le bûcher pour ça, je déteste entendre les discussions des autres) avec ma maman, je claque donc le traditionnel “bisous, mamoune!” puis raccroche. Là, une femme est venue vers moi “oh ben ma fille aussi, elle m’appelle Mamoune, je croyais que c’était la seule !” Hé non, Sud ouest power, qu’est-ce que tu crois ! Rien, juste ce petit rien, la dame est descendue après en me disant bonne soirée. C’était à la fois mignon et un peu flippant et j’ai compris pourquoi Victor me dit que je parle trop fort au téléphone.

Femme en petite tenue téléphone

Alors on va arrêter un peu avec ce “c’était mieux avant, les gens se parlaient” parce que désolée mais non. Pas plus que maintenant, en tout cas. Et ce n’est pas une histoire de smartphone, de malséance ou je ne sais pas quoi, juste que… pourquoi on irait parler spontanément à des gens à qui on n’a rien dire. C’est des fois galère de soutenir une conversation avec des connaissance, pourquoi tenter avec des gens qui ne nous demandent rien et ont peut-être juste envie de calme et de rester dans leurs pensées. Oui parce qu’on n’a pas attendu les smartphones pour ne pas avoir envie de causer tout le temps, partout, voyez… Des fois, on a juste besoin de… enjoy the silence

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Le cahier d’écrivaine

Dans mes plus jeunes années, quand je me voyais déjà écrivaine, je m’étais achetée un cahier d’écrivains dont la première qualité était d’être joli. J’y notais quelques idées, quelques nom de personnages à utiliser ci ou là parce que j’aimais bien. Mais dans les faits, ai-je vraiment besoin de ce cahier d’écrivaine ?

cahier d'écrivaine

Quand on imagine le bureau d’artiste, il doit toujours y avoir dans un coin un vieux cahier gribouillé et raturé, recueillant croquis ou mots, embryons d’une œuvre future. On a souvent cette image d’Epinal d’un écrivain noircissant les pages de son carnet au fond d’un bar ou en terrasse, judicieusement accompagné d’un petit noir ou d’un ballon de rouge, voire une bonne mousse. J’avoue que le concept me fait rêver. Curieusement, j’aime à penser que j’écrirais mieux dans un environnement propice, un café ou une bibliothèque. Alors que c’est un peu comme imaginer que sa vie serait différente si on était plus grand, mince, musclé… Rayez la mention inutile. Mais les amis, c’est un leurre.

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J’ai en ma possession un joli agenda avec un hibou à lunettes dessus parce que… Pourquoi pas. J’ai élu cet agenda « cahier de l’écrivaine » car il est joli. Je le regarde droit dans les pages (blanches) et… Rien. Qu’écrire dedans ? Le nom des personnages, oui, ce ne serait pas idiot mais ensuite ? Les grandes lignes de l’intrigue, oui, mais ensuite ? Parce que le souci est là : un cahier, c’est chouette mais… Je déteste écrire à la main.

carnet d'écrivaine
Sans dire que je suis née avec un clavier entre les mains, je suis à la croisée des générations X et Y et je tapais sur des machines à écrire dès mes 8 ans. Parce que ça va plus vite et que je peux me relire. Oh j’ai certes écrit pas mal de choses à la main : un roman, exercice de français en 4ème (j’ai eu 16, je me la pète un peu) ou quelques pages de roman quand je faisais semblant de réviser mon bac dans ma chambre (la machine à écrire m’aurait grillee). Quelques bouts épars lorsque je bossais à la Poste et qu’il n’y avait pas de clients (mieux vu que de sortir un roman ou, pire, un magazine) ou quelques phrases dans les réunions m’amenant au bout de l’ennui. Mais je n’y prends pas de plaisir : ça devient vite illisible et ma main se crispe. Je vous jure, j’ai attrapé une crampe aux Philippines suite à l’écriture d’une quinzaine de cartes postales. J’ai tellement plus vite fait d’écrire au clavier, pourquoi m’emmerder ?
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Parce que la réécriture. L’avantage d’écrire à la main, outre de rentabiliser certaines réunions, c’est que je vais revenir sur mon premier jet, forcément perfectible. Ça ne veut pas dire que le second sera parfait mais sera sans doute meilleur. En plus, je me mettrai moins la pression sur la qualité vu que ça devra être tapé. Plus de fond, moins de forme. Et surtout, ne pas écrire sur un ordinateur, ça veut dire ne pas glander sur les réseaux sociaux et perdre du temps. Tu sais, ce truc là… ah oui, procrastination !

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Mais le souci majeur de ce plan, c’est le temps. J’ai déjà du mal à trouver du temps pour taper sur un clavier alors écrire ? Oublions déjà le métro : déjà que j’écris mal, là, j’atteindrai le niveau hiéroglyphe… Dans le train peut-être…Mais pourquoi pas le soir ? Ça me coupera de l’écran encore plus tôt et je recopierai mes notes le week-end, comme quand j’étais à la fac. À tester !

Pages écrites : 8 lignes /21 pages.
Y a presque un peu de mieux !

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Plus c’est con, plus ça détend

La culture de la médiocrité à son paroxysme

Avant de vous raconter mes quelques jours au Canada (spoil : j’ai adoré), j’ai envie de m’énerver un peu sur une excuse que j’entends trop souvent de la part de ceux qui adorent regarder de la merde à la télé : “mais ça prend pas la tête, ça détend”. Et voilà Cyril Hanouna qui explose, la télé-réalité, les Hollywood girls et je ne sais plus quoi. La culture de l’humiliation, du clash et du bashing pour votre plus grand amusement.

Touche pas à mon Poste, émission typique surfant sur la culture de la médiocrité

Alors premier point : si tu veux te détendre, il y a d’autres options : va prendre un bain, va faire du sport, lis un roman, une BD, un blog… Ou mate un film ou une série voire un documentaire, joue à un jeu vidéo il existe des tas d’options pour se détendre… Donc viens pas me dire que tu choisis la médiocrité pour te reposer. Si tu regardes les Anges de la télé-réalité, Hanouna et autres grosses merdes, c’est avant tout… Par méchanceté gratuite.

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Lundi, un chroniqueur de France Inter a signé une chronique sur le fameux Touche pas à mon poste, une émission que je connais peu… Parce que les 3 fois où j’ai regardé, j’ai détesté. Entre un Hanouna prétentieux, agressif et qui écrase son équipe pour se faire valoir et une équipe complice qui joue les clichés (la blonde insupportable qui parle djeunz, le vieux beau, le vieux con) et accepte l’inacceptable pour son chèque de fin de mois… Non mais merde quoi. Qui peut réellement se réjouir de devoir subir des gages humiliants et se faire insulter par son manager dès qu’il ouvre la bouche ? Dans le monde du travail, on appelle ça du harcèlement… Mais bon, qui osera gueuler ? On est à la télé, on a la pression des camarades, on veut pas passer pour le pas drôle, celui qui n’a pas d’humour. Alors on se laisse garnir le slip de nouilles… Ah, l’injonction sociale de l’humour : ris ou sois ostracisé.

L'argument que je déteste le plus au monde

L’argument que je déteste le plus au monde

Et puis c’est de la télé, la célébrité. Tous ces candidats de real TV prêts à vendre leur cul, littéralement, pour gagner leur quelques minutes de gloire et, graal ultime, un passage au zapping. La pseudo vie de rêve où vous passez vos journées à vous clasher pour gagner vos quelques euros. Mais bon, avec de ma chance, vous pourrez finir fiancée au fils d’un ex Président de la République…

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Et vous regardez. Peu importe les Chloé, Sarah, Shirine, Nicolas, David ou Nasser : pas les mêmes gueules mais les mêmes histoires minables qu’on vous sert comme véridiques alors que tout est déjà écrit, qu’on a choisi pour qui vous allez voter. Vous n’êtes pas dupe, vous le savez mais c’est tellement bon de se foutre de la gueule de ces cassos qui valent tellement moins que vous. Peu importent les invités des talk shows : chanteuse pour ado, Miss France, people obscur ou candidat de télé-réalité… Vous avalez cette merde avec délectation parce que « ça prend pas la tête, j’ai le droit ».

Des fois, on sait même pas qui sont les invités

Des fois, on sait même pas qui sont les invités

Oui, vous avez le droit. Après tout, on peut choisir de se taper un McDo tous les soirs parce que cuisiner prend la tête, lire un roman nul et mal écrit parce que ça se lit tout seul, subir les injonctions des magazines féminins parce que c’est moins fatigant que se taper le dernier numéro de Courrier International. Mais arrêtons les mauvaises excuses. J’ai été merdophage aussi, j’en ai eu bien conscience mais la méchanceté, je peux plus. Un exemple : lors de mon séjour au Canada, j’ai maté un épisode de l’amour est dans le pré : candidats beaux et qui s’expriment bien, candidates pas connes avec une carrière. En France, on te collera toujours deux ou trois cassos bien mis en scène pour faire de l’audience et déclencher les commentaires dégueulasses sur les réseaux sociaux. Des émissions entières fonctionnent ainsi et vous vous en régalez.

Oui, j'ai un peu fait exprès de choisir une photo avec des enfants, ça illustre le niveau

Oui, j’ai un peu fait exprès de choisir une photo avec des enfants, ça illustre le niveau

Alors que je ne vous entende pas pleurer sur la qualité des émissions télé, que je ne vous entende pas déplorer le niveau de méchanceté et d’agressivité de vos concitoyens, qu’on nivelle par le bas. Parce que vous avez le choix de ne plus regarder, de ne plus encourager cette médiocrité, cette méchanceté qui permet d’ accéder à une certaine célébrité. Parce que désolée mais vous nourrissez la bête. Et ça vous fait jouir.

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Ce livre que tout le monde a adoré… Sauf moi

Je suis dans ma période lecture de romans, ma pile de bouquins à lire diminue limite plus vite que mon compte en banque. En décembre, je débutais donc la lecture du si vanté « le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » de Jonas Jonasson. dont on ne m’avait dit que du bien. « Tu vas voir, il est hilarant ». 500 pages plus tard, j’ai toujours pas vu.

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Ça s’annonçait pourtant pas si mal : un centenaire fuit sa maison de retraite car il ne veut pas y fêter ses 100 ans et part à l’aventure. Au bout de quelques pages, pris d’une impulsion subite, il vole à un gredin parti aux toilettes une grosse valise qui se révèle être bourrée de billets suédois, y en a pour 50 millions de couronnes suédoises, rendez-vous compte ! Moi, j’ai un peu de mal vu que je connais pas la valeur des couronnes suédoises, j’ai pas mis les pieds là-bas depuis 2002 (mais je ferais bien un tour à Stockholm). Le vieux monte dans un bus et prend une destination au hasard. Il se retrouve dans un endroit paumé de chez paumé face à une gare désaffectée où habite un mec qui va prendre le petit vieux sous son aile. On en est pas à la page 100 et l’intrigue repose déjà sur des piliers branlants. Passe le premier illogisme, après tout, un vieux qui vole une valise comme ça, sur une impulsion, mmmm, éventuellement, ça passe. Mais qu’il tombe sur la seule âme qui vive dans un patelin paumé et que cette personne le trouve sympa et lui offre gîte et couvert déjà… Et je ne parle même pas des 50 millions dans la valise, hein.

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Et on est partis de 500 pages d’incroyables hasards, de raccourcis tellement faciles que je ne comprends même pas qu’on puisse crier au génie. Ce roman raconte en fait 2 histoires : celle d’Allan (le vieux) en 2005 et celle de sa vie. L’histoire de sa vie était assez marrante au départ mais ça se gâte des qu’Allan, se laissant guider par les aléas de la vie, se retrouve aux quatre coins du monde à jouer des rôles majeurs dans l’histoire mondiale sans se préoccuper de politique.

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Mmmm, un homme qui ne se préoccupe pas de la politique mais joue un rôle majeur dans celle-ci malgré lui sans réellement comprendre ce qu’il fait, ça me rappelle vaguement quelqu’un… Oui voilà, je ne lis rien d’autre que Forrest Gump version suédoise. Super…

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Je passerai les grosses ficelles. Du genre le gros mafieux qui veut tous les tuer suite au vol des 50 millions qui est en fait un pote d’un des membres de la bande. Du genre la capacité d’Allan et de sa bande à se trouver des alliés en trente secondes chrono. Du genre la capacité d’Allan de sauver la vie des grands de ce monde un peu par hasard. L’auteur s’amuse, à grands renforts de clins d’œil du style : « Allan se dit que la vie en France était douce et il accepta de partir. Nous étions en 1968 ». Il aurait écrit « clin d’œil et coup de coude » que ça n’aurait pas été plus flagrant.

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Je ne vous détaillerai pas la fin mais c’est même plus une happy end à ce niveau là… Bref, rien ne sauve ce roman mal ficelé, aux rebondissements plus gros que mon ventre après le repas de Noël. Les premières pages me faisaient espérer une histoire à la Émir Kusturica, je me retrouve avec un sous Forrest Gump avec une très légère touche de Very bad things pour les morts accidentelles, un soupçon de Priscilla folle du désert pour le Road trip en bus. Road trip qui ne durera qu’une trentaine de pages, le temps d’à moitié tuer le mafieux qui leur voulait du mal. Mais après plus vu qu’il connaissait un mec de la bande vaguement croisé en prison « ahah, comment vas-tu vieille branche ? ». Ben ouais, moi, on me tire 50 millions, je les oublie aussi sec en recroisant un pote de chambrée, normal quoi…

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Bref, je veux bien fermer les yeux sur une ou deux facilités d’écriture mais quand le roman n’avance que grâce aux incroyables hasards de la vie et que ceux-ci sont nombreux et relativement mastoc… Je finis par lire le roman des fois que la fin sauve le tout. Mais non.

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Du coup, si parmi mes lecteurs, au moins une personne n’a pas aimé, qu’il parle ! Parce que je me sens un peu seule là…

Du coup, je lance officiellement la rubrique « dans ma bibliothèque » pour donner mon avis sur mes lectures. Après près de 8 ans de blog (!!), il était temps.

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