Ce livre que je lis… et qui ressemble trop à ce que j’écris

Ceux qui passent régulièrement par ici le savent, j’aime lire. Je ne le fais pas assez à mon goût car j’écris aussi, je dors, parfois, je travaille, surtout. Mais j’essaie de me ménager quelques instants de lecture, histoire de m’évader un peu, découvrir une histoire à la cool et parfois, je suis troublée… Ce livre, là, il ressemble trop à ce que j’écris… possiblement en mieux.

Ma pile à lire

J’ai exactement ressenti ça en lisant deux livres  La cité d’un côté et La zone du dehors de l’autre, je vous avais dit que j’en avais pas fini avec ce roman. Parce que pendant sa lecture, même si je sortais parfois du récit à cause du style, je me disais “mais… c’est quand même pas mal Augura”, ma dystopie du bonheur. Evidemment, il n’y a pas à chercher si loin pour comprendre : nous avons les mêmes influences dystopiques. 1984 notamment, parfaitement, assumé par Damasio avec un clin d’oeil limite trop appuyé en début de roman qui se passe en 2084. A ça, je rajouterais le Meilleur des mondes (même si l’influence est plus forte pour Technopolis dans mon cas). Est-ce que les dystopies se suivent et se ressemblent ? Forcément, il y a des socles communs, peu importe comment on va jouer la partition. Sauf que là, y a quand même pas mal de proximité entre mon histoire que j’écris depuis pas loin d’un an (j’écris pas vite, cf premier paragraphe) et tout à coup, tu te poses la question : est-ce que j’ai pas un peu tort de persévérer, vu que c’est déjà fait ?

Ce que j'écris

Et bien pas forcément. D’abord, comme dirait Joseph Campbell dans Le héros aux mille et un visages, toutes les histoires sont des déclinaisons d’un même mythe, le monomythe. J’ai pas lu le livre (du moins pas encore,on l’a à la maison) et je suppose qu’on peut y apporter mille et unes nuances mais dans les faits, les histoires ont toujours une structure similaire. Une romance, c’est A et B qui se rencontrent et qui s’aiment, avec ou sans péripétie. Ca peut finir bien, ça peut finir mal mais ces histoires n’ont pour but que de raconter le lien entre A et B, resserré ou distendu par la vie. Ca marche pour les amitiés, d’ailleurs (je suis en train de lire la saga prodigieuse d’Elena Ferrante, on est complètement là-dedans). Pour les thrillers, polars and co, tout amène à la résolution de l’enquête via la collecte d’indices, souvent encouragés par quelques rebondissements. Une dystopie n’a de sens qu’à partir du moment où les personnages qui la subissent prennent conscience de ce qui ne va pas et décident de réagir. Et d’ailleurs, si j’enlève la dimension “société futuriste”, finalement, il n’y a pas tant à voir : Cerclon I est sur un satellite de Saturne, Augura est sur Terre, le leader de la révolution, Catpt, est un intellectuel qui pérore beaucoup alors que dans Augura… ben ce qui est censé faire office de leader de la révolution est Iris, une femme qui n’agit que dans son intérêt propre, sans mentir à qui que ce soit sur le sujet, et refuse d’endosser un costume trop grand pour elle.

La liberté guidant le peuple de Delacroix

Et la Cité, alors ? Là, pour le coup, j’étais dégoûtée en le lisant car j’y voyais une histoire que j’avais en tête depuis bien quinze ans et que je n’ai jamais écrite parce que pas le temps. Ca me rend ouf quand on me pique mes idées sans savoir que je les ai eues. Non mais à une époque, j’envisageais de faire des vidéos sur ce blog en coupant mon bla bla par des extraits de séries ou films… un peu comme tous les gifs qu’on utilise désormais pour illustrer nos tweets ou, à l’époque, permettait de créer un blog Tumblr assez comique… Vous n’imaginez pas les soirées que j’ai passées sur Tumblr mais ça me permettait de réviser mon anglais (à peu près). Mon idée, là, je l’ai eue en 2011, j’avais téléchargé plein de séries TV pour isoler mes petites vannes, notamment les Xena (que j’avais entrepris de mater pour écrire un jour un article dessus mais au bout de 6 épisodes, j’ai laissé tomber). Et du coup, j’envisageais un roman un peu épique assez inspiré de Angel Sanctuary une nouvelle fois (j’avais écrit un roman un peu inspiré déjà, qui a dû disparaître dans les limbes informatiques mais c’était nul donc bon) mais je ne savais pas trop comment l’articuler et là, en lisant la Cité, j’ai lu ce que je n’avais jamais réussi à mettre correctement sur pied.

Angel Sanctuary

Du coup, j’ai eu une folle envie de reprendre cette histoire, celle d’Emma que j’ai envisagé un temps de nommer Iris avant de le refiler le prénom à la meuf d’Augura, là (il faut savoir que j’ai une certaine obsession pour les prénoms, je pourrais créer un roman juste pour coller un prénom… Ce que j’ai fait dans Uchronia vu que je m’étais réveillée avec le nom de l’héroïne qui se répétait en boucle dans ma tête ou créer un roman juste parce que j’avais envie de mettre le nom dans le roman. J’ai donc déjà écrit 12 pages de Taylor Rent, quand même). Mais j’ai son histoire, me resterait qu’à l’écrire. Quand j’aurai fini un de mes romans. Parce que oui, l’envie d’écrire vient souvent de la lecture d’un roman ou le visionnage d’une série…

Pretty little liars

Même celle-à, oui

Inspiration ou plagiat… Un sujet intéressant à voir une prochaine fois.

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Ce personnage, c’est moi

Je suis une personne empathique. Il y a des personnages qui trouvent une certaine résonance en moi, j’ai des identifications assez fortes. Certains personnages sont de toute façon écrits comme ça, ça nous permet de rentrer plus facilement dans un récit. Tiens, faudra un jour que je vous fasse un article sur “mon prof remplaçant de remplaçante de seconde nous a expliqué Se7en en quelques minutes”, ça m’a marquée. Mais aujourd’hui, je veux vous parler d’un personnage qui me choque… parce que je crois que cette fille, c’est moi.

Panneau la belle au bois dormant

Je vais donc en appeler ici à ceux qui ont lu ces romans pour me dire s’ils ont ressenti la même chose ou non, histoire de voir si tout n’est dû qu’au talent de l’auteur ou si, vraiment, j’ai un caractère semblable, voire identique à ce personnage. Mais de qui je parle donc, de façon si énigmatique ? Let me introduce Lenù. Lenuccia. Elena. c’est la narratrice de “la saga prodigieuse” d’Elena Ferrante, une suite de roman (quatre pour le moment, je n’en suis qu’au 2e que je devrais finir dans les prochains jours) qui se passe dans l’Italie post guerre dans un quartier populaire de Naples. Elle raconte surtout la vie de Lila, l’amie épouvantable (je la déteste) de Lenù mais ce n’est pas tant d’elle que je veux parler que de Lenuccia (j’adore cette façon qu’ont les Italiens de trouver des tas de surnoms affectifs à partir d’un seul prénom). Et surtout d’une phrase qui m’a fait tilt et dont j’ai envie de parler.

Naples dans les années 50

De façon générale, Lenù est une fille plutôt brillante et très appréciée de son entourage. Son principal souci dans la vie, outre l’image déplorable qu’elle a d’elle-même (surtout à l’adolescence mais qui lui en voudrait ?), son amitié toxique avec la personne la plus infecte du monde. Je vous jure, y a des moments, j’ai envie de secouer Elena en lui hurlant “putain, mais c’est quoi cette demi-vie que tu vis, tout ça parce que tu passes ton temps à t’effacer devant Lila qui n’en mérite pas tant ?”. Je vais essayer de pas trop spoiler mais à un moment, Lenù est folle amoureuse d’un garçon qui va lui préférer Lila. Alors qu’elle a le coeur en miette, elle réalise soudain “non mais c’est mérité, en fait, j’ai pas voulu accueillir la passion alors il en a choisi une autre”. Et là, je me dis “mais carrément, en fait !” Aujourd’hui, je vis une belle histoire mais pendant longtemps, j’ai été prudente en amour. Je vais en faire un article à part entière (parce que j’en ai parlé à Victor et du coup, j’ai de quoi faire un article). Mais avant de lire cette phrase, de lire cette histoire de fille qui marche sur la plage, mi dégoûtée, mi réaliste, je n’avais pas percuté.

Sur la plage d'Ischia

La plage d’Ischia où il se passe quelques scènes du roman, ça me l’a fait aimer encore plus

Alors il est vrai qu’aujourd’hui, je n’ai pas besoin d’analyser ma vie sentimentale, il n’y a plus de questions et je passe donc un peu plus de temps à guetter les petites accointances des uns et des autres, écouter des histoires qui ne sont pas miennes pour avoir un peu de matière à réflexion (j’aime réfléchir). Mais à ce moment là de ma lecture, j’ai été comme frappée par cette révélation, comme si ma vie amoureuse passée venait de subir un nouvel éclairage, cru mais qui permettait d’emboîter toutes les pièces d’un coup. Alors ça me sert pas à grand chose dans l’absolu mais c’est si troublant de suivre un personnage dans lequel on s’identifie à la perfection, au point qu’on ressent les mêmes agacements et colères qu’elle…

dessiner un personnage

(c) Le blog apprendre à dessiner

Et du coup, je me demande : comment qu’on arrive à provoquer ce sentiment ? Est-ce un génie d’écriture ou juste que c’est tombé pile sur quelque chose qui me parle. Encore un truc à analyser.

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Vingtenaires : clap de fin

Alors que ce blog va fêter ses 13 ans aujourd’hui ou jeudi ou par là, je siffle la fin de la récré. Non, ce titre n’est pas une vanne. Et non, je ne vais pas me taire, j’ai encore plein de choses à écrire. Mais différemment.

Clap de fin

Ca fait quelques temps que je suis un peu gênée sur ce blog, abordant un peu les sujets divers et variés, sans trop de rapport avec la choucroute initiale. Ce blog, au départ, c’était l’histoire des amours d’une bande de potes et puis, ben, il a évolué avec moi. D’un truc léger et sans conséquence, c’est devenu ma tribune sur tout et n’importe quoi. Et puis j’ai plus 20 ans depuis un petit moment.

Mamie stylée

Et puis, y a les autres idées, les autres projets. Je dois penser à un concept de blog toutes les semaines à peu près. Et dans ma vie rêvée, je serais payée pour produire toute cette prose, vous parlant tour à tour d’actu, de bien-être, de lecture, d’écriture, de DIY, de voyage, de séries télé… tous les trucs que j’aime et dont j’aime parler. Un blog sur Paris aussi. Puis, je ferais des vidéos, tout ça, tout ça. J’ai cherché comment concilier un peu tout ça et aujourd’hui, j’en viens à la conclusion que je dois splitter. Je tue les vingtenaires pour revenir sous la forme de deux blogs.

Mitose

Le premier, ce sera mon blog “douce vie”, on va dire. Le fameux Nina feels good dont je parle depuis deux ou trois ans facile. J’arrive à un âge (ahem) où j’essaie de trouver le bonheur, le vrai. Enfin, la sérénité, plutôt. Je m’en sors pas mal sur plusieurs plans mais en gros, me reste à régler le problème de la vocation (je la connais ma vocation mais comment en faire un truc rentable, comment équilibrer ma vie entre besoin de manger et envie de faire… j’ai déjà le bouquin sur le Ikigai, je vais le lire), de la procrastination, du lâcher prise et de la cyclothymie, en gros. Ah et d’une hygiène de vie un peu correcte, cet hiver fut le festival du grand n’importe quoi. Bref, une quête du bien dans mes baskets, bien dans ma tête. Une sorte de blog initiatique.

Vivre heureux

Le second, forcément, ce sera mon blog “militant”. Entre guillemets car je ne veux pas y mettre d’étiquette politique. Je fais partie d’un mouvement politique et je pense que je parlerai de la petite vie de modeste militante parce que ça peut être intéressant sur certains aspects MAIS arborer une étiquette, c’est immédiatement se faire déqualifier du débat parce qu’on ne serait pas objectif. Alors je parlerai d’objectivité peut-être un autre jour mais un parti ou mouvement politique n’est, à priori, pas une secte, j’ai mes propres opinions, il m’arrive d’ailleurs de ne pas être d’accord avec ce que peuvent dire nos leaders et je peux l’exprimer sans trembler. Enfin, sur ce blog, je parlerai de politique, actu, féminisme, ce genre de choses. Je vais essayer d’un peu plus chiader mes articles, faire quelques billets d’humeur mais aussi des “dossiers”.

Ecrire au café

Voilà en très gros, on aura le blog “petits papillons, ma vie est jolie” et le “raaaaah, ça m’énerve”, parce que ce sont vraiment les deux facettes de ma personne et que je ne suis pas sûre que le tout soit un cocktail qui ne file pas mal à la tête.  Maintenant, faut que je me mette au travail. Et ici, ça va devenir quoi ? Ca va disparaître. C’est un peu quelque chose pour moi. Ca fait 13 ans que j’écris ici, c’est le projet le plus long de ma vie. C’est mon vieux doudou qui pue, je l’aime même si je m’en occupe mal, j’aime écrire et m’exprimer, passer mon dimanche à tout écrire et programmer pour la semaine, marcher en formant des mots dans ma tête (oui, je fais ça)… Mais la plupart des vieux articles, je n’en fais plus rien, j’oublie parfois qu’ils existent… Du coup, je vais récupérer certains d’entre eux pour les publier là où ils sont les plus pertinents (notamment les séries), le reste, je téléchargerai une archive et bye.

Serre livre rouge

Bref, je vais travailler à ces nouveaux blogs, je vous tiens au courant (parce que je suis persuadée que vous êtes absolument intéressés par la nouvelle).

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Créer de l’enjeu : le grand défi de l’écriture

Je vous parlais il y a quelques temps de ce livre que j’ai abandonné en cours de route avec, entre autres raisons, le manque d’enjeu. Pourtant, sur le papier, le héros devait sauver le monde, ce n’est pas rien… sauf qu’on savait très bien qu’il y arriverait et sans froisser sa chemise, s’il vous plait. Du coup, sacrifier des heures de lecture pour savoir ça, non merci.

Dormir sur son livre

C’est difficile de créer un réel enjeu dans un roman. Pour reprendre le roman horribilus dont j’ai tant parlé, l’enjeu était de savoir comment l’héroïne s’en sortirait… et encore, on était plutôt sereins vu qu’elle nous avait expliqué des le départ que c’était un faux camp de concentration. Si seulement elle avait axé son récit sur l’avenir de la France plutôt que sur son nombril… Parce que la survie d’un personnage insupportable n’est pas vraiment génial en terme de motivation pour poursuivre la lecture d’un roman… Souvent, on va faire peser le suspense non pas sur la survie du personnage, souvent admise des le départ, surtout si le récit est écrit à la première personne en mode « journal de guerre » mais souvent sur le comment. Un bon roman doit avancer les faits comme inéluctables et placer le lecteur en tension : « Ok, je sais que Jean-John va sauver le monde mais là, quand même, je vois pas comment ». Un peu comme dans les Batman des années 70 où il parvenait toujours à s’en happer du piège in totalement complique des méchants mais en moins zim bam Kaboom quoi.

Batman années 60

Il.y a aussi les polars avec l’enjeu tout trouvé : c’est qui qui a tué. Ou éventuellement comment l’inspecteur va trouver que c’est cette personne l’assassin.e à la Columbo quoi. Mais cet enjeu ne fonctionne que s’il est bien amené. Il faut maîtriser deux paramètres : donner envie au lecteur de savoir qui a tué mais aussi pourquoi. Dans « Je suis Pilgrim », par exemple,  on ne savait déjà pas qui avait été tué au bout de 400 pages alors le « par qui » et « pourquoi », ça ne m’a pas intéressée du tout. Et puis, le polar, faut savoir le manier de main de maître. Rien n’est plus insupportable qu’un roman policier où vous trouvez la solution avant la fin… ou les retournements pétés. Je parle souvent de cette astuce d’écriture de tueur sorti du chapeau « en vrai, le tueur, c’était le passant de la page 36 qui demande son chemin. Surpriiiise ». Non, ça, c’est de la triche et ça me fait instantanément détester un roman.

En fait, créer de l’enjeu est un équilibre subtil : il faut arriver à créer une certaine empathie vis-à-vis des personnages pour que leur avenir, voire leur survie nous importe. Même quand on sait que, forcement, il ou elle survivra (on tue rarement ses héros), on peut craindre pour son intégrité physique, celle de ses ami.e.s et surtout, on va s’inquiéter de son évolution. Et ça marche dans tous les romans, peu importe qu’on vois raconte une enquête sur un crime, une histoire d’amour ou une  course contre la montre… si vous ne parvenez pas à créer un enjeu, vous allez perdre vos lecteurs.

Ne pas ennuyer son lecteur en créant de l'enjeu

Et donc un point crucial pour créer de l’enjeu. C’est de parvenir à induire de l’empathie pour vos personnages. On s’en parle une prochaine fois.

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Va falloir que je dézingue ma charge mentale

A l’heure où vous lisez cet article, je serai peut-être encore en congés à faire des bulles chez mes parents. Ces vacances, je les ai voulues, je les ai désirées, je les ai attendues parce que depuis que je suis rentrée du Japon, je souffre. De 9h à 19h, à peu près. Et j’ai réalisé : ma charge mentale explose.

Charge mentale, quand le travail tue

Depuis mon retour du Japon, tout est “meeh”. Je suis fatiguée de tout et motivée par rien. Je n’ai pas entamé la relecture du roman de Maja, j’ai calé sur Ofelia, j’ai quasi pas écrit une ligne de fiction depuis la fin octobre. Je voulais m’inscrire à la batucada, je ne l’ai pas fait, je voulais adhérer à une association qui travaille avec les tout petits, je ne l’ai pas fait, je voulais m’inscrire au monopalme dans mon ancien club de plongée, je ne l’ai pas fait . Je ne vais plus au yoga depuis un mois, j’ai troqué mon heure de lecture dans le métro par une heure de candy crush. Je me traîne, je soupire, je dors, aussi. Pour chaque pas en avant, je dois me faire violence. Alors oui, c’est vrai que les mois de novembre et surtout décembre sont ceux qui ne me réussissent pas mais là, je suis empoisonnée… par ma charge mentale.

Déprime saisonnière

Mais c’est quoi la charge mentale, allez vous me demander. J’ai découvert ce terme chez Emma, artiste BD de talent qui l’évoquait chez les femmes qui enchaînent les doubles journées : le travail en journée, tout gérer à la maison le soir. Sauf qu’allons plus loin, c’est pas de ça dont je veux me plaindre, Victor m’ayant au contraire beaucoup aidée ses derniers mois, ne serait-ce que par sa présence. J’ai recroisé la charge mentale dans les Utopies réalistes de Rutger Bregman dont j’ai omis de vous parler, je vais réparer ça vite parce que ce livre est génial. Ici, Bregman l’évoquait par rapport aux personnes précaires, expliquant que le manque d’argent pouvait devenir une obsession qui empêche d’obtenir de bonnes performances. Pour preuve une expérience qui annonçait à des personnes qu’elles devaient payer une somme dérisoire pour une réparation puis leur faisait faire des équations simples : résultats satisfaisants. Mais dès que la somme des réparations s’élevait, la personne devenait stressée par le besoin de trouver l’argent et échouait car obnubilé par son problème matériel. Voilà, moi, j’en suis là mais remplacez “problème d’argent” par “problème de travail” et voilà.

Mon travail me tue, enquête sur le burn out

Tiens, faut que je me l’achète celui-là

Je n’avais pas réalisé jusqu’à ce samedi 16 au matin où je devais tracter avec des camarades et où j’ai débarqué à l’arrache. Et là, j’ai senti la colère monter en moi. La bonne colère, celle qui me sauve les miches à chaque fois. Ca suffit. Ma vie vaut mieux que ça. Alors on fait quoi ? Dire stop, c’est bien mais ça ne résout pas le problème. Je vais donc tout mettre en branle pour me sortir du guêpier dans lequel je me suis retrouvée, actionner les bons leviers, frapper aux bonnes portes. Me souvenir que je suis forte, me souvenir que la vie, c’est pas mon taf, réinvestir mes projets, me battre pour reprendre le dessus car faudrait pas oublier que j’ai des armes. Le début 2018 va être intense. Mais il faudra en passer par là pour se débarrasser de cette foutue charge mentale.

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Am Stram Gram, ce thriller que tu ne reposes pas

Saison des ponts oblige, je voulais vous filer quelques joyeux conseils de lecture car j’ai quelques petits titres dans ma besace. Et en premier lieu : Am Stram Gram de M.J. Arlidge. En premier lieu parce que je l’ai vraiment bien aimé, que je ne l’ai pas lâché avant la fin et que j’avais pas trouvé le coupable en milieu d’histoire.

Am Stram Gram de M.J. Arlidge

L’histoire : l’inspectrice Helen Grace se retrouve en prise avec une serial killer qui kidnappe deux personnes et les enferme avec une arme entre elles : pour survivre, il faut tuer l’autre. Alors que les morts s’accumulent, Helen commence à comprendre que les victimes ne sont pas choisies au hasard…

Serial killer

Alors pourquoi j’ai aimé. En un, l’héroïne. J’en avais déjà parlé pour Disparue de Lisa Gardner mais je confirme : les héroïnes peuvent être certes bad ass (Helen fait de la moto, est assez dominatrice, adore se faire fouetter et ceci n’est pas une métaphore) mais elles ont des failles. Elles ne sont pas omniscientes, elles peuvent se planter. Quand on connaît mon aversion pour les héros qui savent tout, réussissent tout, même l’impossible, forcément, j’apprécie. Surtout que pour une fois qu’un mec écrit un polar sans se donner le rôle du super héros

Costume de super héros

Autre point appréciable : l’écriture des personnages. Franchement, à froid, c’est une vraie galerie de clichés : la cheffe de police froide et dure, son second tombé dans l’alcoolisme suite à un divorce difficile, l’autre fliquette pimpante qui a un grand coeur sous sa poitrine volumineuse, la journaliste arriviste… Sérieusement, vu comme ça, tu as l’impression que tu vas lire le scénar des fictions de l’après-midi sur TF1 ou M6 (si ça existe toujours…) mais M. J. Alridge s’en sort franchement bien avec ce matériel de base. Oui, parfois, c’est un peu facile mais ce n’est pas agaçant.

La menteuse, téléfilm

Mais surtout, le principe même du roman est cool. Les victimes sont choisies par paire, on commence par un jeune couple par exemple (je vous dis pas les autres). Imaginez que vous ête enfermés avec celui ou celle que vous aimez sans possibilité de vous échapper, sans eau ni nourriture et que la seule façon de survivre, c’est de tuer l’autre. Il n’y a qu’une balle dans le revolver donc un seul mourra. Le génie du truc, justement, c’est qu’Alridge s’offre des scènes de tergiversation, de marchandage avec soi-même : tuer l’autre ou non ? Et je crois que ce sont les meilleurs passages de tout le livre.

Negan Am Stram Gram

Un autre Am Stram Gram bien flippant

Donc pour votre prochaine escapade, vous l’achetez ou vous vous le faites prêter, il est sorti en poche. Par contre, attention, il est un petit peu prenant.

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La dystopie version glamour ?

J’ai un problème d’addiction… aux livres. Aller dans une librairie est toujours un grave danger pour mes finances, je ne me contrôle pas, je dépense, dépense, dépense. Et je furète, beaucoup. Le week-end dernier, je erre donc dans les rayons d’un Cultura et je découvre un rayon dystopie. Extatique, je m’y précipite et que vois-je ? Ils ont confondu avec les Harlequin ou quoi ? Non, bienvenue dans la dystopie version glamour.

dystopie version glamour

Réflexe n°1 : non mais vous êtes sérieux ? La dystopie, c’est un sujet grave, politique, l’auteur dénonce les dérives de notre monde actuel en grossissant les traits les plus préoccupants pour en faire les règles générales d’un monde où il ne fait plus bon vivre. C’est 1984, c’est Farenheit 451, c’est Le meilleur des mondes, c’est Barjavel, Metropolis ou Terminator ou Mad Max. C’est censé délivrer un avertissement, nous faire réfléchir… Pas faire soupirer les jeunes adolescentes en fleur le soir dans leur lit.

adolescente amoureuse

Mais j’ai un peu poussé la réflexion. Je n’ai pas vu Hunger Games et j’ai juste vu les deux premiers épisodes de Divergente, dystopie que je trouve assez navrante dans son traitement alors que je trouvais le principe de départ de leur société très intéressant mais je n’ai pas lu les bouquins donc bon… Je ne les ai pas tous vus, donc, mais je sais néanmoins une chose : les deux héroïnes sont ultra badass. Elles sont puissantes, sans peur, elles se battent et provoquent une révolution. Alors oui, ok, elles tombent amoureuses maiiiiiiiiiiis elles ne deviennent plus dès lors le simple love interest du héros principal, elle garde leur force et leur indépendance. Et je pourrais même rajouter que dans Divergente, on est clairement dans un univers de femme puisque le leader de ce monde là est clairement une leadeuse en la personne de Kate Winslet.

Kate Winslet dans Divergente

Et du coup, je nuance mon jugement. Parce que ouais, ces couvertures me font mal aux yeux et je ne parviens pas à y projeter quoi que ce soit de dystopique mais si ça peut apprendre aux jeunes filles à pas se laisser faire et se battre pour leurs idéaux plutôt que de s’aplatir devant un pervers narcissique qui prend un plaisir pervers à les piétiner “mais c’est pas sa faute, il a eu une enfance difficile” (oui ok mais rappel : t’es pas sa psy. Barre-toi de là). Si on peut les soustraire du traditionnel “rabaisse-toi parce que l’amour fait souffrir”, je ne peux finalement qu’applaudir la démarche.

Katniss dans Hunger Games

Et j’ai donc décidé de me lancer dans la lecture de l’un d’entre eux (mais j’ai pas choisi lequel). Je prends toutes les suggestions.

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Le travail n’est pas le bonheur

Ces derniers temps, j’essaie de changer quelques paradigmes dans ma vie pour être le plus heureuse possible. Ca passe par un meilleur rythme de vie, une alimentation saine mais quand même gourmande parce que ça fait du bien, savourer les moments heureux… et me rappeler à chaque moment que je ne suis pas définie uniquement par le travail et que celui ne fera pas mon bonheur à lui seul.

bureau à niveaux

Mais que ça m’a l’air bien pratique cette petite chose !

Samedi, un candidat en mousse a jeté un “Je ne veux plus entendre qu’il est plus intéressant de faire autre chose que de travailler”. Genre, le mec qui a passé sa (relativement courte) carrière à fouler les moquettes épaisses des bureaux lambrisés éclairés par lourds lustres prétend nous expliquer ce qu’est le travail ? Laissez-moi rire. Mais passons sur Macron (je vous expliquerai peut-être un jour pourquoi je le méprise du plus profond de mon âme mais pas aujourd’hui) qui n’est finalement qu’un énième politique à brandir le travail comme solution à tout et revenons justement sur cette notion très bourgeoise de travail qui est la valeur la plus importante de votre vie.

Britney Spears dans le clip Work bitch

Britney photoshopée approves

J’ai plutôt de la chance : même si je ne fais pas le travail que j’avais prévu de faire étant jeune, je ne m’en sors pas si mal. J’évolue petit à petit, j’ai réussi à me débarrasser du community management (je vous expliquerai un jour à quel point je déteste ça… le jour où je serai certaine d’être bien sortie du social media)(enfin, je déteste pas le social media en soit, j’aime bien faire les planning éditos, par exemple, et réfléchir à une stratégie globale), je rentre de plein pied dans la social data, mon but étant d’arriver dans la digital data soit en rejoignant une équipe de planning strat, soit notre département études, soit une poste de data manager. C’est pas encore trop défini mais mon nouveau rêve de chichounette, ce serait de réaliser des études en partenariat avec des journaux, histoire de concilier ma carrière opportuniste et mes rêves de jeune fille. Je me suis égarée, là, non ? Bref, bon an mal an, je ne suis pas en larmes le matin quand je quitte l’appart, y a même des jours où je rentre le soir avec ce doux sentiment de devoir accompli.

se détendre

Marrant, pour illustrer cette idée de devoir accompli, je prends une photo qui raconte plus un côté « s’être libérée des tensions »

Mais je suis une chanceuse. A côté de ça, il y a tous ceux qui n’ont pas pu avoir de réelles carrières, par mauvaise naissance ou accident de la vie, mauvaise orientation, peu importe. Ils prennent le premier boulot qui leur permettra de boucler le mois sans trop finir dans le rouge, ils seront équipiers au McDo, caissiers au Leclerc, livreurs, ouvriers à la chaîne… Des métiers où l’on se lève souvent à 5h du matin, où on rentre au bout de sa fatigue le soir et… et où franchement, on n’a rien fait d’intéressant, intellectuellement parlant. Ne voyez aucun mépris dans mes propos vis à vis de ces métiers. J’ai été guichetière à la poste, j’ai trié du courrier aux petites heures de la matinée et… Ca a le mérite de payer mais une fois que t’as appris les 3-4 trucs à savoir, les journées s’écoulent dans une routine qui s’étire, s’étire, s’étire… le “bored out” si catastrophique pour ceux qui ont la chance d’avoir un boulot à priori intéressant, c’est le quotidien… et ça fatigue.

La fatigue au travail

Et ce n’est pas tout. Le travail, c’est quoi au fond ? J’ai un travail qui me permet de vivre plutôt bien, qui me prend 8h/jour à priori (plus par moment, moins à d’autres), soit un tiers de ma journée. Un autre tiers est censé me servir à dormir mais je suis plutôt à 6h, on va mettre mes divers temps de transport dans les 2h restantes… Quoi qu’encore, non, ce n’est pas du temps de perdu puisque c’est du temps de lecture le matin et du temps d’écriture le soir… Donc si on enlève les 14h de sommeil et travail, il me reste à peu près 10h… Tu veux dire que je suis censé m’en servir pour travailler plus ? Dans les faits, c’est un peu ce que je fais. J’écris, par exemple : ici et sur mon roman de Maja (j’en arrive à la page 50 !), je lis pour me cultiver et réinjecter mes savoirs parfois dans mon travail rémunéré, souvent dans mes écrits loisir. Mais comme je ne suis pas payée pour ça, ce n’est pas du travail ? Le temps que je passe à écrire ces modestes lignes et le temps que vous passez à le lire, c’est du temps gâché pour tout le monde ?

Perdre son temps

Et je ne parle pas de mes autres activités : le sport que je pratique régulièrement dont le yoga qui me permet d’affronter avec beaucoup plus de sérénité mon travail rémunéré, idem pour la sophro. Et puis le temps que je passe avec mon Victor, avec mes amis… Désolée, Manu, tu dois être bien malheureux dans ta vie pour croire que vivre est moins intéressant que travailler. Moi, vois-tu, j’essaie de gagner un max de temps libre pour que le travail ne soit plus le coeur de ma vie mais une parenthèse de 8h entre tous mes projets. Et tu sais quoi ? Je suis bien plus heureuse depuis que j’ai placé mes billes ailleurs. Surtout que le monde du travail, il me dégoûte de plus en plus. Je vous en parlerai un autre jour.

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Le doute de l’écrivaine

Commencer un roman est exaltant, à tel point des fois que les mots vont plus vite que vos doigts et qu’il devient presque douloureux d’écrire tant vous avez à dire. Les premières pages se noircissent vitesse grand V, c’est facile, ça coule tout seul. Mais, noir comme l’encre, il vient soudain tâcher votre bel enthousiasme… Lui ? Oui, lui : le doute.

citation "le doute détruit beaucoup plus de rêves que l'échec", pied sur un rail

Allez, hop, une citation random, pour faire un peu lettré (va savoir qui a dit ça)

Quand je commence à écrire, c’est avant tout un exercice de “vidage”, ni plus, ni moins : ma tête est trop pleine d’histoires, je dois les coucher sur papier. Je suis souvent prise d’un violent désir d’écriture, surtout quand je ne suis pas trop censée le faire. Typiquement au boulot, quand je suis dans une tâche rébarbative et peu impliquante intellectuellement parlant. Il y a aussi des moments de lecture qui stimulent soudain mes neurones de l’écrivaine et il faudrait limite que je lâche tout séance tenante pour écrire. A bien y réfléchir, c’est un peu dommage que je ne cède pas plus souvent à cette pulsion, je serais moins en train de chouiner sur le manque d’avancement de mes projets… Mais plus sur l’avertissement que j’aurais pris au boulot pour baisse flagrante de productivité, allez savoir.

Femme désespérée au travail, allongée sur son clavier, se prend la tête

Cependant, une fois que j’ai mis mon histoire sur les rails, arrive l’inévitable moment du doute, celui qui peut tuer en un coup mon embryon d’histoire. J’ai tissé tranquillou mon fil directeur, je sais où je commence et où je finis (j’ai toujours plus de mal avec le milieu, ça vient en cours d’histoire) mais soudain, l’évidence : elle est pourrie mon histoire. Je réagis souvent en comparaison. Typiquement, je lis n’importe quel livre de Moravia et je me sens une petite crotte au niveau de l’écriture, genre crotte de lapin, même pas un bel étron démoulé par un labrador, hein, non. Voire une crotte de souris, encore plus petit et insignifiant.

souris sortent d'une fissure dans le béton

Je me pose parfois l’intérêt que pourrait avoir les gens en lisant mon histoire. En général, c’est dans ma phase misanthrope, un truc style “qu’est-ce que je me fais chier à vouloir raconter une vraie histoire à messages alors que les gens, ils ne veulent que lire les histoires d’une meuf coincée du cul qui se fait cravacher une fois dans sa vie et en pond trois romans ?” Alors oui, il est vrai que la romance et l’érotisme soft, ça marche. Mais personne ne m’empêche d’en écrire et il n’est même pas dit que je réussisse quoi que ce soit en la matière. Et puis, ai-je envie d’écrire par réussite personnelle ou pour vendre de la merde dont je ne serais pas vraiment fière par millions. Pour être tout à fait honnête… Je ne serais pas contre l’idée d’en vivre parce que ça me permettrait de faire tous les voyages que j’ai envie de faire, par exemple.

Vue du hublot, la Méditerranée dorée par le soleil

Il y a ensuite la phase “de toute façon, elle est niquée, mon histoire”. J’ai parfois l’impression que j’avance avec des sabots en acier forgé d’une lourdeur incomparable, que tous mes personnages sont archi clichés, nuls et qu’on ne pourra jamais s’attacher à de tels archétypes. En gros, j’ai envie de faire de la dentelle, je tisse en réalité une infâme toile de jute.

sac en toile de jute

Arrive alors la phase finale, le “à quoi bon” qui te fait tout lâcher. Mon histoire est nulle, les personnages le sont aussi, personne ne voudra jamais lire ça. Ne t’acharne pas, ça ne sert à rien. J’essaie de m’accrocher en me disant qu’on s’en fout de l’avis des autres, que je dois écrire avant tout pour moi puisque je ne dépends pas de ça pour vivre mais ça finit toujours pareil : au bout de quelques pages, une trentaine pour les plus aboutis, le dernier point posé devient final.

Etait-ce une sorte d’appel au secours de la société qui rêvait d’un autre monde ? A moins qu’elle ne cherche à se rassurer sur le bien fondé de sa mission.”

Certains se finissent carrément au milieu d’une phrase, coupé en plein élan par le fatal accident qu’on appellera le doute de l’écrivain.

simulation accident route jouet06

Mais cette fois, je dois m’accrocher. Parce que les regrets à base de “ah gna gna si j’avais fait”, j’en ai marre, stop. Je FAIS. Si j’échoue j’aurais au moins une bonne raison de chouiner.

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Le cas Wes Anderson

Je ne suis pas cinéphile mais je me soigne ! J’ai souvent dit que j’avais un souci avec le cinéma : trop passif (contrairement à la lecture qui est une activité en soi ou la télé que je regardais toujours en faisant autre chose) d’où assoupissement régulier, scénarii cousus de fil blanc (défaut commun à la littérature romantique), acteurs que tu n’aimes pas toujours… Mais j’essaie de me soigner et grâce à des Youtubeurs formidables comme le Fossoyeur de films ou mon idole Karim Debbache (ce mec est un GÉNIE de l’écriture. En majuscule, oui)(je mets le lien vers sa chaîne Youtube et celle sur Dailymotion car sur cette dernière, y a Chroma et c’est génial), ma curiosité est titillée. Alors avec Victor, on s’est lancés dans un cycle Wes Anderson.

Wes_Andersson

Sur la théorie, Wes Anderson, c’est déjà un univers visuel fort avec des couleurs saturées,  ses travellings et ralentis. Ce sont aussi des ambiances surannées, des personnages évoluant dans des époques révolues, une esthétique rétro irrésistible. Et puis y a la famille, au sens propre comme au sens figuré, des pères absents ou peu impliqués, souvent. Des originaux aux vies ordinaires qui vivent des épopées extraordinaires, des moments drôles, d’autres touchants. Et Bill Murray. Des gens en parlent mieux que moi et s’y connaissent mieux que moi donc allez lire leur prose.

Wes anderson

Et mon avis alors ? J’adore. En top 3 : la vie aquatique (forcément pour une plongeuse), Mister Fox et the grand Budapest hôtel. Après, je ne suis pas sûre mais la famille Tenenbaum est limite celui qui m’a le moins convaincue même si, miracle, il n’a fait dire du bien de Gwyneth Paltrow que je trouve généralement fade et sans intérêt. Donc ça donne une idée du niveau du film que j’ai le moins aimé. Chaque visionnage nous a mis d’excellente humeur, un vrai délice et un tel sans faute, bordel, c’est suffisamment rare pour être célébré. J’aime les décors, pour commencer, les personnages qui se parlent en mouvement, se poursuivent parfois, souvent dans les escaliers, beaucoup d’escaliers…

Le bateau de la vie aquatique de Wes Anderson

Là, par exemple, c’est le décor de la vie aquatique, notez les différents niveaux et les escaliers

Mais surtout, ce que j’aime, ce sont les personnages frappadingues, originaux et foncièrement drôles. Dans les films, un truc que je déteste, ce sont les personnages qui agissent en dépit du bon sens. Genre si on prend le Dernier Pub avant la fin du monde (j’ai vraiment pas aimé ce film même si le twist de milieu de film m’a scotchée), le héros est complètement antipathique, ses ex amis n’ont aucune, et je dis bien aucune, raison de le suivre dans son délire et pourtant, ils le font. Dès ce moment là, je décroche, j’ai juste envie de lâcher un “bande de cons” et d’éteindre l’ordinateur pour passer à autre chose. Dans les Wes Anderson, les personnages n’ont pas toujours un comportement cohérent (pléonasme) mais leur grain de folie, finement distillé au début du récit, nous fait accepter ses décisions, même les plus connes.

A bord du Darjeeling Limited - Wes Anderson

Regarder un film de Wes Anderson, c’est rire. Attention, n’allez pas imaginer que c’est de la comédie grasse, non. Mais il y a une bonne humeur, une fuite en avant vers un avenir que l’on espère meilleur, une fuite qui serait in fine une solution au problème. On a toujours droit à une galerie de personnages hauts en couleur incarnés par des acteurs croisés ça et là dans les autres films. Ah oui, y a ça aussi chez Wes Anderson : reprenant régulièrement les même acteurs, on attend toujours l’apparition d’un Bill Murray, acteur principal ou personnage à la limite du figurant (A bord du Darjeeling limited), idem pour Owen Wilson (souvent en premier rôle mais très discret dans The Grand Budapest Hotel, par exemple). D’autres acteurs sont pris un peu à contre emploi et délivrent une performance étonnante : j’ai déjà parlé de Gwyneth Paltrow, je pense aussi à Bruce Willis dans Moonrise Kingdom, Jeff Goldlum ou Adrien Brody dans The Grand Budapest, Cate Blanchett sublime dans la vie aquatique…

La famille Tenenbaum de Wes Anderson

En fait, je crois que ce que j’aime le plus dans les Wes Anderson, c’est la sensation que les acteurs se sont éclatés. On a l’impression de retrouver à chaque fois une bande de pote, il y a parfois quelques petits nouveaux qui ne sont que de passage, parfois, on repère un visage discret croisé dans une autre histoire.

Le casting de Moonrise Kingdom

Bref, si vous ne connaissez pas et que vous avez quelques soirées à occuper, c’est de la bonne came. Si je peux donner un petit conseil : il semble que le Grand Budapest Hotel est un peu en dessous d’autres films. Nous, on l’a vu en 2e (après la vie aquatique) et on a vraiment adoré donc pour savourer tout le sel de ce film, mettez le en haut de la pile, ça vaut vraiment le coup.

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

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