Interstellar de Christopher Nolan

Bonjour, j’ai pris l’avion donc j’ai vu plein de films que je n’avais pas vus au cinéma et je viens partager mon avis.

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Interstellar, donc. J’ai un petit intérêt pour les space operas. Dès qu’un film se passe dans l’espace, ça m’intéresse même s’ils sont souvent assez mauvais. Mission to Mars te fait taper la tête contre les murs tellement les ficelles sont grosses, Prometheus m’a fait pas mal lever les sourcils (et m’inquiéter pour la carrière de Charlize Theron qui se Sharon Stonise de plus en plus…), même Albator m’a laissé un peu dubitative sur le scénario (mais pas sur l’animation notamment de l’Arcadia, splendissime). Après avoir maté Gravity au cinéma et en 3D, je voyais en Interstellar, l’occasion de remonter un peu le niveau. Non parce que Gravity, c’était très bien fait, bien malaisant mais le scénario avait été oublié sur Terre.
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Donc Interstellar. On va pas faire durer le suspense : à la première tentative de visionnage, je me suis endormie au bout de 8 mn, j’ai tenu 1h20 la 2e et enfin terminé la 3e. Parce qu’on va pas se mentir : c’est chiant et long.
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L’histoire : Cooper, un ancien pilote d’on ne sait trop quoi (une navette ? Un avion supersonique new generation ?) est devenu agriculteur après avoir planté sa machine mais ne s’est pas remis de cet échec cuisant. Il vit dans une petite ferme avec son papounet et ses 2 enfants : un garçon qui ne sert pour ainsi dire à rien et une fille qui vient réveiller son papa car les fantômes de sa chambre foutent le bordel. Cette enfant, répondant au doux nom de Murphy (si vous n’aimez pas les enfants, n’en faites pas au lieu de leur gâcher la vie avec des prénoms improbables) n’a pas 5 ans mais facilement le double et souffre du syndrome de l’enfant intelligent et fayot qui n’a visiblement pas réglé son complexe d’Oedipe puisqu’elle n’adresse pour ainsi dire la parole qu’à son Père. En résumé, au bout de 10 mn, Murphy me gonfle et pas qu’un peu. Quant à son père, à part serrer les mâchoires et faire son rebelle nostalgique d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, il est à peu près aussi passionnant qu’une réunion sur les résultats financiers de ta boîte un lundi matin à 9h. Donc on part direct sur des personnages sans charisme auxquels tu n’as pas envie de t’attacher. Bien…
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Après quelques scénettes sans intérêt et maladroites pour bien illustrer le monde merdique dans lequel l’Humanité évolue désormais (une chasse au drone totalement inutile et qui n’a pas le moindre sens, un nuage de poussière qui semble fasciner les joueurs de base ball alors que c’est décrit comme un phénomène normal… un peu comme si on restait saisis par une averse, quoi), on passe direct la 3e : Papounet comprend que Murphy délire pas tout à fait avec son fantôme mais en fait, c’est dû à une perturbation de la gravité et après avoir saisi que la gravité lui parlait en binaire, il reconnaît des coordonnées et fonce direct là où on lui dit d’aller. Bon après tout, vu qu’il a des grosses machines automatisées qui s’occupent de ses champs, on va dire qu’il n’a que ça à foutre de rouler des heures pour se rendre à un point dicté par la gravité. La facétieuse Murphy se glisse discrètement dans la voiture mais il s’en rend compte trop tard pour la ramener à la maison. Noyons cette enfant, par pitié.
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Notre joyeux duo finit par arriver devant un énorme bunker et se font embarquer illico presto par des personnes semblant légèrement hostiles parce que merde, comment qu’ils ont trouvé ce bunker introuvable ? On parle donc d’un énorme bâtiment avec une route qui le dessert… Ah ben oui, c’est étonnant que quelqu’un ait fini par le trouver dis donc… Bon bref, notre copain apprend qu’en fait, la NASA qui a été interdite quand il a fallu cultiver des champs pour nourrir l’Humanité a continué ses travaux en secret et même que le bâtiment secret dans lequel ils sont est en fait la structure d’un super vaisseau qu’ils ambitionnent un jour d’envoyer dans l’espace avec toute l’Humanité dedans car on pourra pas survivre sur Terre, c’est mathématique. Ca vous situe la taille du bâtiment « introuvable » au passage… Bref, puisque Cooper est là grâce à la gravité dont tous les scientifiques réunis ici reconnaissent la facétie mais la justesse, on se dit qu’on va tout raconter à Cooper, tiens.
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Donc si l’Humanité reste sur Terre, tout le monde va crever parce qu’on a tout cassé et le maïs qui est la seule céréale qui parvient à survivre va finir par disparaître elle aussi et bon, à partir de là, y aura plus rien à manger. Donc notre demi douzaine d’amis de la NASA, ils se disent que quand même, on peut pas laisser les humains disparaître comme ça donc ils ont mis en place 2 plans : plan A : il y a un trou de ver mis en place par on ne sait qui du côté de Saturne, on y va et derrière, y a 12 planètes possiblement viable. On y a déjà balancé 12 scientifiques et y en a 3 qui émettent toujours donc on va aller voir par chez eux si c’est bien viable, leur planète. Plan B : y a pas possibilité de rapatrier tout le monde mais les prochains scientifiques vont partir avec plein d’ovules fécondés pour  créer une colonie ailleurs (mais ceux qui restent sur Terre meurent, tant pis).
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Vous comprenez pourquoi j’en avais déjà marre… Des mecs qui bossent dans le plus grand secret ont envoyé 12 navettes dans l’espace : personne n’a rien vu (ben tiens) et l’argent et les matériaux doivent pousser sur les arbres à la NASA. Tout ça pour balancer des gens via un trou de ver placé par une entité inconnue pour, peut-être, trouver des planètes viables. Et comme on n’arrive pas bien à communiquer avec ceux qui sont partis, on va re renvoyer des spationautes jeter un oeil et ils prendront des ovules fécondés qui vont certainement pouvoir grandir sans aucun incubateur vu qu’on est dans le futur. Plan moisiiiii. Alors évidemment, on propose à Cooper de piloter le barda parce que bon, on part demain et qu’on n’a personne pour conduire la navette. Merci la gravité, hihi. Evidemment, Cooper accepte, Murphy chiale et veut pas lui dire au revoir, elle lui dit que la gravité lui a dit en morse « reste » (la gravité a du mal à choisir un langage, elle en utilise donc plusieurs) mais Cooper n’écoute pas : tu comprends, il fait ça pour sauver ses enfants.
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La petite troupe part. Dans le vaisseau : Cooper, le Dr Brandt, fille du Dr Brandt, chef de la NASA et qui est donc la seule, en dehors de Cooper, à avoir le droit à un background familial, un docteur barbu et un docteur noir qui ont certes des noms mais on les retient pas parce que… on s’en fout en fait. Nos joyeux drilles sont accompagnés de 2 robots carrés répondant aux doux noms de TARS et CASE, les seuls à avoir un peu d’humour parmi notre bande de scientifiques bien trop investis de leur mission. Ils partent, s’amarrent à une station qui avance en tournant sur elle-même (clin d’oeil SUBTIL à 2001 odyssée de l’espace). Avant leur hibernation de 2 ans (durée pour rejoindre le trou de ver au niveau de Saturne), ils matent les messages envoyés par leur famille et en envoient un. Murphy l’insupportable fait toujours la gueule.
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2 ans plus tard, tout le monde se réveille et on se jette dans un trou de ver, concept gentiment expliqué par le docteur barbu à Cooper, le pilote du vaisseau… C’est à dire que le mec qui est censé conduire à travers le trou de ver ne sait pas ce que c’est ? On retrouve là le problème récurrent de ce film : sous prétexte de poser des éléments, il les explique un peu à tort ou à travers.
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D’ailleurs, de l’autre côté du trou de ver, nos planète soit disant viables gravitent autour d’un trou noir et on est repartis pour un blabla scientifique qui a surtout pour intérêt d’intégrer le temps comme une donnée relative. En gros : la première planète qu’ils souhaitent visiter est très proche du trou noir donc le temps y est fortement ralenti : une heure sur cette planète équivaut à 7 ans sur Terre. Donc on y va quand même mais on reste pas trop pour pas trop trop vieillir et bon, le temps, c’est précieux, la planète Terre est en train de tuer ses habitants. Evidemment, l’expédition qui devait durer quelques minutes se passe mal, le docteur barbu disparaît très mais alors très connement et Cooper et Dr Brandt ne parviennent à repartir qu’au bout d’une heure, soit 7 ans sur Terre… mais en fait non, quand ils arrivent dans le vaisseau, ce sont 23 ans qui se sont envolés. Légère erreur de calcul, dis donc. Le docteur noir les attendait sur le vaisseau et on mesure alors la compassion de la Dr Brandt : quand le docteur noir demande où est le barbu et la scientifique qui a atterri sur cette planète, elle secoue la tête pour dire « nan, ils sont morts. Et mon père ? » « Il est toujours en vie » « aaaah, super ! ». La Dr Brandt et Cooper vont donc écouter les messages envoyés par leurs proches (le Noir n’a toujours pas de famille) car ils peuvent en recevoir mais pas en envoyer. Cooper a droit au journal intime de son fils qui a rencontré une fille puis ils sont mariés puis ils ont un enfant mais il meurt car la Terre est devenu un milieu hostile mais il en a un 2e et tiens, papy est mort la semaine dernière. Quand soudain, en dernière vidéo, qui que voilà ? Murphy ! Voilà, au bout de 23 ans, elle a fini de faire la gueule. Et devinez quoi ? Murphy travaille à la NASA avec le papa du Dr Brandt, c’est foufou !
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La 1ère planète étant moisie, nos spationautes décollent vers une 2e planète, celle explorée par le Dr Mann qui fait palpiter la culotte du Dr Brandt. C’est une planète où les nuages sont en glace… Oui bah pourquoi pas, la 1ère était une planète recouverte de 50 cm d’eau avec des tsunamis tous les trois-quarts d’heures alors bon… Ils arrivent à localiser le module du Dr Mann, il est dans son sarcophage d’hibernation et là : ouiiiiiii, il est en vie. Bon apparemment, l’élan du coeur du Dr Brandt n’était pas trop partagé vu qu’il ne la calcule pas vraiment. Ca va pas aider à peupler la planète habitable qu’ils vont trouver cette histoire. Le Dr Mann dit que la planète est viable sous les nuages de glace et il va amener Cooper zieuter tout ça. Oui, amener le seul mec nul en biologie du lot voir si une planète est bien viable, ça me paraît un bon plan.
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Et là, on arrive au gros raté du film à mon sens. Nolan choisit de développer en parallèle l’exploration de Cooper et Mann, le docteur noir qui va essayer de réparer le robot de Mann qui est démonté et Murphy qui, au sol, découvre la trahison du Dr Brandt qui a fait exprès de pas intégrer la donnée temps dans ses calculs pour faire partir sa fille et lui permettre de survivre (j’ai pas trouvé ça super clair, j’avoue). Or la trahison de papa Brandt te laisse à penser que ça va pas bien se passer chez les spationautes non plus et ça loupe pas : en fait, Mann a pété les plombs : il a fait croire que sa planète était viable juste pour qu’on vienne le chercher et décide donc de tuer Cooper tandis que le Dr Noir, en voulant réparer le robot qui aurait donc révélé la supercherie, vole en éclat. On est donc dans un rebondissement clé du film et on le voit venir à des kilomètres grâce à un montage grossier. Et le reste est pire : grâce à l’amour d’un père pour ses enfants, Cooper parvient à prévenir la Dr Brandt de sa situation, elle vient le sauver alors qu’il commence à ne plus pouvoir respirer (hey, Gravity !). Mon Dieu est-ce qu’il existe quelque chose de plus tarte que « c’est grâce à l’amour d’un père pour ses enfants que j’ai pu survivre plus de 5 mn dans un air irrespirable » ? Accrochons-nous, nous avons dépassé la moitié du film.
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Mann essaie de s’enfuir à bord du gros vaisseau mais comme il est un peu con, il se loupe et provoque une explosion qui endommage le vaisseau mais pas trop. Au point où ils en sont, ils décident donc de larguer un des robots dans le trou noir pour qu’il puisse dire ce qu’il s’y passe (comment ?) et repartir vers la dernière planète soit disant viable, on ne sait jamais. De toute façon, viable ou pas, ils n’ont aucun moyen de le dire aux autres donc voilà, tout le monde va mourir.
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Mais en fait non ! Parce que Cooper, il est un peu tête brûlée donc il se balance lui aussi dans le trou noir en laissant la pauvre Dr Brandt seule dans l’univers pour aller coloniser une planète qui est peut-être viable… Hmmm… Pendant ce temps, Murphy a soudain une révélation et retourne dans sa chambre de jeune fille, persuadée que la gravité va lui donner la solution au problème du Dr Brandt et sauver donc l’humanité. Hé oui, dis donc parce qu’en fait, son père est tombé dans une sorte de zone étrange construite par on ne sait qui (les mêmes que le trou de ver) qui lui donne accès pile à la chambre de Murphy, incroyable ! C’était donc lui qui lui parlait en morso-binaire dis donc. Comme il est pas si con, il comprend en 2mn30 comment ça marche et lui livre donc en direct la solution à son problème grâce à la montre qu’il lui avait offerte lors de son départ (et qu’elle avait légèrement fracassée contre un mur mais apparemment, c’est du solide). Bon, pendant ce temps, il se passe aussi un truc avec le frère de Murphy mais ça sert juste à mettre de la tension (« est-ce que Murphy arrivera à recevoir le message de son père avant que son frère, ultra vénère qu’elle ait cramé ses champs, vienne lui casser la figure ? » Suspense totalement inutile puisque pour rappel, Cooper navigue dans le temps, justement…).
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Une fois sa mission accomplie, Cooper se laisse dériver dans l’espace dans un plan totalement pompé sur 2001… Mais c’est pas encore la fin (achevez-moi), non non ! Parce qu’en fait, Cooper est ramassé dans l’espace juste avant la fin de son oxygène par l’immense vaisseau spatial qui balade l’humanité et va aller voir du côté du Dr Brandt si y a de la planète viable ou pas. Cooper retrouve donc Murphy (son fils doit être mort, il ne pose même pas la question), vieille dame honorable entourée de tous ses enfants. Ils se font un petit bisou puis Cooper prend un vaisseau rejoindre le Dr Brandt qui est en train de tripatouiller ses ovules fécondées, se pensant seule dans l’univers.

FIIIIIIN

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Alors oui, j’ai trouvé ce film ennuyeux d’abord parce que les personnages sont stéréotypés et absolument pas attachants. Quand Cooper apprend que son père est mort et que son petit fils aussi, il chiale comme un perdu… et moi je ne comprends pas bien de qui on parle. Quand Murphy lui parle enfin, je me dis juste « et bien, 23 ans de boudage, record battu ». Les relations entre personnages sont mal ficelées : hormis l’amour entre Murphy et son père (au détriment d’un fils dont on se demande presque à quoi il sert à part garder la ferme familiale et expliquer le retour de Murphy 23 ans plus tard), les autres relations sont mal mises en place et les rebondissements qui y sont liés tombent à plat : le Dr Brandt est prêt à sacrifier l’humanité pour sauver sa fille mais les 2 personnages n’interviennent quasi jamais ensemble à l’écran. La même Dr Brandt est amoureuse du Dr Mann mais cet élément disparaît à partir du moment où elle le retrouve et n’est moteur de plus rien. Cooper abandonne sa fille (certes grabataire) en fin de film pour rejoindre la Dr Brandt avec qui il n’a jamais été question de relations plus profondes que du professionnel. Mouais…

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Mais le plus violent reste les trous dans le scénario. Certes, on ne peut pas tout expliquer dans un film de 3h mais le côté « oh bah y a des gens qui ont construit ci ou ça, on sait pas qui ni pourquoi mais on va partir du principe que c’est pour nous et notre bien ! ». Heu… De la même façon, il y a un vrai souci avec cette histoire de gravité magique : dans la chambre de Murphy, il s’agit donc d’une intervention de son père flottant dans le trou noir. Pourquoi pas. Mais ces perturbations sont également à l’origine du crash de son vaisseau en tout début de film et ça, on ne sait pas pourquoi. De façon générale, les personnages prennent tout avec une placidité assez troublante : Cooper découvre la base secrète de la NASA, on lui explique que la Terre est condamnée et qu’il faut aller piloter un vaisseau, le mec dit oui sans discuter et va enfiler sa tenue.  Au passage, j’aimerais savoir comment ils auraient fait pour piloter cette fameuse navette sans la providentielle gravité. Quand ils découvrent des planètes aux vertus scientifiques étonnantes (les tsunamis avec 50 cm d’eau ou les nuages en glace), ils ne cherchent pas à comprendre : c’est comme ça et point. Quand la Dr Brandt touche une perturbation de la gravitation dans le vaisseau (en fait Cooper qui remonte le temps dans son trou noir), elle touche et point. Personne ne lui demande ce que ça fait, à minima. C’est-comme-ça. Pour des scientifiques, je trouve qu’ils manquent cruellement de curiosité.

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Bref, le film est bien fait, les effets spéciaux sont bons. Je suis un peu surprise du parti pris de filmer les navettes en plan très serré, on ne doit les voir dans leur globalité qu’une fois ou deux mais après tout, pourquoi pas. Mais je suis pas rentrée dedans du tout. Moralité : je vais me remater 2001, odyssée de l’espace.

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N’oublie pas les oiseaux de Muriel Magellan

Fidèle à sa fonction de dealeuse de bonne came littéraire, ma mère me glissa dans les mains un roman autobiographique vendu comme suit “c’est l’histoire d’une fille qui a une folle histoire d’amour avec le metteur en scène de Starmania”. Ayant eu une folle passion pour Starmania dans ma jeunesse, j’ai donc voulu le lire. Bien m’en a pris.

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Ca commence dans une morgue. Murielle, l’auteure, vient rendre une dernière visite à l’amour de sa vie, décédé, accompagné de leur fils. Pendant que l’enfant ne saisit pas bien ce qu’il se passe, elle se remémore cette histoire d’amour insensée, mêlant récit et extraits de ses journaux intimes pour se replacer dans ses pensées de ce moment là.

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Muriel est une jeune provinciale qui a un don certain pour la chanson. Une fois son bac en poche, elle monte à la capitale pour intégrer une école d’artiste, une sorte de Fame academy sans élèves qui dansent aux quatres coins de l’établissement. Muriel est plutôt timide et effacée. Lorsqu’elle croise la route d’un de ses professeurs, Francis Morane, sa vie prend un tournant. Pendant longtemps, elle s’imagine trop quelconque pour réellement l’intéresser, elle travaille comme une forcenée pour réussir et attirer un peu de son attention. Pas forcément pour une histoire mais plus pour être reconnue par celui qu’elle admire par dessus tout.

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Leurs routes se croisent quelquefois jusqu’au jour, où, finalement, ils passent une nuit ensemble. Une histoire d’amour en dents de scie, tumultueuse. Morane est insaisissable, il ne veut pas s’engager, il ne veut pas qu’elle tombe amoureuse mais ne veut pas qu’elle s’éloigne pour autant. Elle le perd, elle le retrouve, ils finissent par s’installer et faire un enfant. Avant de se séparer à nouveau car Morane a une nouvelle compagne. Puis la réconciliation sur le lit de mort de l’artiste, atteint d’un cancer.

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Ce roman autobiographique m’a touchée en plein coeur. Je crois que j’aurais dû le détester tellement Morane représente l’archétype du pervers narcissique, comportement que j’abhorre depuis que j’en ai croisé un et l’ai vu détruire méthodiquement l’entourage de l’une de mes (ex) amies pour l’enfermer dans son piège. J’aurais dû crier, vouloir secouer Murielle Magellan par les épaules en lui criant qu’elle est trop conne. Parce que oui, parfois, elle accepte des trucs qui paraissent impensables. Mais elle le fait en tout conscience et porte un regard compatissant mais pas mièvre sur son elle d’avant, celle qui avala tant de couleuvres par amour. Finalement, je l’ai aimé ce livre, passionnément. J’ai été heureuse et triste avec elle, j’ai ressenti des choses. Peut-être grâce à sa plume, peut-être grâce aussi aux extraits des journaux intimes qui donnent une épaisseur supplémentaire au roman. Peut-être aussi parce que Murielle Magellan raconte cette histoire simplement, joliment, sans règlements de compte, avec tendresse.

Alors il faut lire ce roman. Et moi, je pense de plus à plus à m’acheter un cahier “journal intime”. D’abord pour son côté catharsique mais aussi parce que parfois, c’est sous le coup de l’émotion pure que l’on écrit les plus jolies choses.

PS : Ce livre m’avait inspiré cet article là sur les ruptures et ce que j’aurais aimé que mes exs me disent à ce moment là.

 

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Mémoire du quotidien

par Bobby

Certains d’entre vous le savent peut-être déjà. Depuis le 20 mars 2009, j’ai entamé un projet expérimental particulier qui me tenait à coeur depuis longtemps : une série qui comporte pour chaque jour de l’année un petit épisode de trois minutes, mettant en scène la routine de voisins qui évoluent dans une résidence, au centre de laquelle se trouve un arbre, pivot de leur quotidien. Cette série s’appelle Autour d’un Arbre, et, à l’heure où j’écris, 21 épisodes sont déjà en ligne.


Souvent, quand on crée, on doit plaire. C’est chiant, mais c’est comme ça. Il ne faut pas se « foutre de la gueule » du spectateur, parce que sans le spectateur, y a pas d’oeuvre. Oeuvre, oeuvre… quand on a vingt et un ans, c’est un bien grand mot. Je préfère parler d’expérimentation. Quand je serai grand, j’espère, je ferai des « oeuvres ». On me payera pour ça, alors il faudra que ça marche. Donc je devrai prendre en compte les envies des gens, les attentes, les fantasmes. Et comme je me respecte, je devrai aussi m’écouter moi, et faire un compromis entre ce que je veux montrer et ce que les gens aiment. Ce qui les maintient en éveil. Ce qui leur donne envie de revenir. Il y a des mécanismes tout fait pour ça. L’homme est une machine bien connue des dramaturges depuis des millénaires.

En attendant, je suis petit, et je veux en profiter pour faire ce qui me plait à moi. Je ne dis pas que je me fiche complètement que mes petites productions soient hermétiques, ni que je me fiche que ça ne plaise pas à grand monde. Au contraire. J’ai un gros ego tout boursouflé qui se vexe férocement, même si dès le début je sais que ça va pas emballer les foules, quand on me dit « y a pas d’intérêt ». Et il faut dire que le fait de montrer des moments du réel, sans action, sans intrigue, avec une caméra qui tremble, un son mauvais et une lumière crue, ce que d’aucuns qualifieraient de « film de famille », ça fait pas bander. Mais moi, j’aime. Je vais pas dire que je sais pas pourquoi, parce que j’y ai pas mal réfléchi. Laissez-moi vous expliquer.

Je crois que j’ai un furieux besoin, presque viscéral, d’archiver le réel au jour le jour. De le mettre en mémoire. Parcourir ce blog, qui a plusieurs années derrière lui et une solide rigueur dans la publication des articles (merci à Nina), c’est pour moi particulièrement jouissif. Parce que c’est un espace qui a une histoire, une histoire proche de celle du journal intime. J’adore les journaux intimes. Relire ce qui s’est passé le 18 mars 2006, voir les détails qui se répètent à foison, puis évoluent, peu à peu. Regarder le cycle des saisons qui tournent. Les personnages qui changent. Si seulement Plus Belle la Vie cherchait moins l’audimat à tout prix et redevenais ce qu’elle devait être initialement, c’est à dire une série vraisemblable (et non pas l’histoire d’un quartier où tout le monde meurt dans des trafics aussi incessants qu’improbables), je trouverais ce soap merveilleux.

Et vous savez quoi ? Je ne suis pas le seul dans ce cas. Regardez les blogs par milliers qui éclosent sur la toile, ces gens anonymes qui racontent leur vie, qui conservent tout. Regardez Fessebouc, et la façon dont nous stockons tous nos faits et gestes : Bobby fait le ménage, Bobby part à la fac, Bobby est triste ce soir, etc. Regardez aussi la folie photographique, avec des téléphones, des appareils numériques, et nos disques durs qui en sont remplis à ras bord. Ma meilleure amie en est à un tel point qu’elle note tous ses textos depuis des années, qu’elle ne jette jamais rien avant d’avoir pris une photo (tous ses emballages y passent, son ordinateur en contient des milliers).

Je trouve ça fascinant. Nous avons un rapport au présent qui ne m’intéresse que dans la perspective ou cette multitude d’instants deviendra une multitude de souvenirs et constituera une histoire. Est-ce qu’il faut expliquer tout cela aux gens pour leur montrer que ma série n’est pas si cucu qu’elle en a l’air ? Ou est-ce qu’il faut laisser les gens réfléchir et trouver par eux-même ce qu’il peut y avoir de riche dans un tel projet ? J’avoue que ça, je ne sais pas encore.

Pour voir la série, c’est ICI.

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Niaiserie de Noël

Paraît que Noël, c’est niais (en plus de mercantile, tout ça) alors pour être pile dans l’ambiance et pour être dans l’idée « hé cadeau », voici une grande idée que j’ai
eu encore. L’an dernier, je vous avais offert la reproduction d’une lettre-journal intime que j’avais écrit à 16 ans, une horreur de niaiserie. Là, j’ai trouvé mieux : un extrait d’un roman
écrit quand j’avais 15 ans. Je recopie littéralement, ça vous laissera apprécier ce style inimitable qui était le mien. Je laisse même les fautes.
 
Chapitre 1
 
Summerinsland, île de l’Atlantique
 

Marion souligna ses yeux bleus d’un coup de crayon puis se regarda attentivement dans la glace. Banale ; elle était banale. Elle n’était ni trop grande, ni trop petite ; elle n’était pas belle mais pas exceptionnellement belle non plus. Elle était le type de fille que les garçons croisent dans la rue en pensant qu’elle est mignonne mais ils l’oublient aussitôt.
Quant à son nom, il n’avait rien d’exceptionnel non plus : Marion Duval. Elle soupira puis se dirigea vers la cuisine. Elle passa devant l’immense baie vitrée qui donnait sur l’océan. Elle
pensa alors à ses ancêtres : cette île leur appartenait depuis trois générations. Elle était peu à peu devenu une île touristique grâce au centre de thalassothérapie que tenait actuellement
ses parents. Elle arriva à la cuisine où sa sœur Valérie finissait son verre de jus de papaye. Elle leva les yeux et vit sa petite sœur :

« Salut microbe ! Bien dormi ?

– Arrête de m’appeler comme ça ! Je te rappelle que je suis presque aussi grande que toi !

– Excuse moi l’asperge ! Ah, maman a dû aller au centre et elle ne rentrera pas avant midi. Moi, je vais sur le continuent pour faire deux trois courses. Ah ! Nathalie a
téléphoné : elle ne peut pas venir ce soir à cause d’une histoire de punition, un truc comme ça. Bon, j’y vais ! Ciao ! »

Marion suivit sa sœur du regard ; elle avait de la chance, elle au moins : avec ses longs cheveux frisés et ses grands yeux bleus espiègles. Elle saisit le journal et
elle alla s’asseoir qur le hamac. Elle tomba soudain sur un article concernant le vol de diamants qui avait eu lieu à Sines, au Portugal. La côte portugaise n’était qu’à vingt minutes en bateau
de l’île. D’ailleurs, la plupart des clients étaient portugais ou espagnols. Marion parlait parfaitement le portugais et un peu l’espagnol. Mais elle allait tout de même au lycée français de
Lisbonne où elle était pensionnaire. Elle ne rentrait que pour les vacances et encore, elle passait le plus clair de sont emps chez Nathalie Berger, sa meilleure amie, qui habitait à Santo
Domingo, à dix kilomètres de Sines.

« Je me demande si Nath sait quelque chose sur ce vol. J’aimerais bien aller voir ça de plus près ! »

Elle se mit alors à rêver qu’elle retrouvait les diamants et que le Prince à qui ils appartenaient tomberait follement amoureux d’elle et l’emmènerais dans son château… Non, il ne
fallait pas rêver ! Ce genre d’histoire n’arrivait que dans les romans à l’eau de rose que sa sœur lisait. Et puis, si la police n’y arrivait pas, comment pourrait-elle y arriver ! Le
téléphone la fit sursauter.

« Allo ?

– Marion, c’est maman. J’ai oublié ma pochette avec les factures dans le bureau. Tu peux me l’apporter ? 

– C’est la bleue avec des étoiles dessus ?
– Oui ! Dépêche toi, c’est très important !

– Cool ! Laisse-moi le temps de venir ! Je suis là dans moins de cinq minutes. »

Elle raccrocha et se dirigea dans le bureau. La pochette était posée sur l’écran de l’ordinateur. Elle l’enfouit dans son sac et se précipita vers le garage. Elle mit son casque et
enfourcha son scooter. Dans deux semaines, elle aurait enfin l’âge de conduire une voiture. Le centre n’était qu’à trois minutes de scooter. Sa mère l’attendait dans le hall d’accueil, soulagée
de retrouver enfin sa pochette qu’elle arracha des mains de sa fille. Un homme brun d’une quarantaine d’année s’approcha.

« Marion, je te présente Patrick Tréfond, notre nouveau comptable, dit-elle en le désignant.

– Je suis enchantée de faire votre connaissance Marion. Vous êtes aussi charmante que votre mère.

– Oh Patrick ! Ne charmez pas ma fille ! C’est les clients qu’il faut charmer ! Ma chérie, je ne pourrai pas rentrer à midi, on a une tonne de travail. Vous mangerez
seule.

– Je mangerai seule. Je ne pense pas que Valérie rentre à midi. Elle est partie sur la côte.

– Je n’aime pas trop ça ! Je suis sûre qu’elle est allée manger avec ce Pedro ! Enfin, toi, au moins, tu ne traîne pas avec des voyous. Oh ! Je vais prendre du
retard si je continue. A ce soir ma chérie ! ».

 

Edifiant, non ? Allez, je vous mets en exclu le passage sexuel (moi, à l’époque, j’étais un peu totalement pucelle) : « Ah un moment, elle rentra dans la chambre 59 [celle de son mec] et rougit en voyant l’état du lit ». Mais quelle cochonne !

 

Quant à la fin, un tel dégueulis de guimauve que, depuis, j’ai développé une aversion certaine pour les happy ends. Les méchants méchants sont morts ou en prison, les gentils
gentils s’aiment et se marient. Beuuuuuuuuuuuuuuuuurk !

 
Joyeux Noël à tous !!
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Je suis journaliste et je t’’emmerde

Depuis quelques temps, les commentateurs en désaccord avec moi me sortent l’argument ultime, ils m’attaquent sur ma profession. Je ne suis pas d’accord avec eux, c’est donc que je suis une mauvaise journaliste. J’ose émettre une opinion sans avoir fait 10h de recherche documentaire ? Je suis donc une mauvaise journaliste. Et bien première nouvelle les enfants : ici, ce n’est pas la journaliste qui s’exprime mais la femme qui, comme vous, a des opinions.

femme-journaliste

Là, il est quasiment 1h du matin, j’écris cet article en speed avant d’aller au lit. Les autres soirs, c’est pareil voire plus tard. J’écris d’une traite, en 30 mn chrono, je dis ce que j’ai sur le cœur comme n’importe quel blog intime, des trucs que j’ai pensé dans la journée, des situations que j’ai observées, tout ça, tout ça. Donc effectivement, pour écrire sur ce blog, je ne fais pas 3h de recherche documentaire. Au plus, je vais vérifier un nom sur wikipedia si j’ai un doute où j’avoue carrément que je sais plus parce que j’ai pas envie de chercher. Je fais déjà l’effort de faire un article par jour, ce blog est un loisir, pas un taff donc ça va aller. Bref, je suis sur ce blog comme je serais dans un café face à vous, pendant une conversation anodine. Quoi que des fois, j’ai pas le temps de développer un argument parce qu’après, on dit que mes articles sont trop longs (5 mn de lecture, c’est déjà trop apparemment, pour certains). Alors évidemment, ça me saoule quand on m’attaque sur ma profession sur ce blog où je n’expose rien de ce que j’écris pour le taff. Ca me saoule que dès que je suis pas d’accord avec quelqu’un, on me critique sur mon boulot. Mais bon, je me leurre pas, je serais prof, les mêmes personnes me balanceraient sans doute qu’ils plaignent mes élèves, si j’étais femme de ménage, qu’ils me confieraient pas leur chemise à repasser, etc.

 

Alors, oui, je suis journaliste mais je suis aussi citoyenne, personne normale qui lit des livres et des magazines, regarde la télé, écoute la radio, sort, voit du monde et, forcément, a des avis. Comme tout le monde. Je suis exaspérée quand on me balance dans la gueule un « en tant que journaliste, je suis étonné que tu regardes pas tout sur un sujet avant d’émettre un avis ! ». Ah parce que vous le faites, vous ? Je devrais me taper la Bible, le Coran et la Torah avant de choisir ma religion ? Et encore, même pas, en ne me penchant que sur les religions monothéistes, je fais de la discrimination, là, attention ! J’ai des avis comme vous et je vois pas pourquoi je devrais respecter les vôtres quand vous ne respectez pas les miens. Débattre, ce n’est pas chercher à convaincre à tout prix en attaquant bassement la personne quand elle ne se laisse pas convaincre. Mes journées ne font que 24h, comme les vôtres, je passe une grande partie de mon temps à balancer des CVs et écrire. J’ai aussi une vie sociale et j’en ai besoin parce que rester chez moi toute la journée à candidater, ça vous mine vite une Nina. Le soir, j’aime tricoter devant la télé, ça me détend, j’aime lire, aussi. Donc je vois pas pourquoi en plus de tout ça, je devrais me taper des recherches documentaires dès que j’avance un avis. Ici, je ne fais ni une thèse ni un article journalistique, je partage juste une vision personnelle du monde. C’est pour ça que ce blog est classé en journal intime, d’ailleurs. Qu’on ne soit pas d’accord sur tout, ok, mais vous ne connaissez pas donc calmez vos ardeurs sur les jugements personnels. Je peux avoir des échanges parfois houleux (c’est un peu le problème de l’écrit, les commentaires sont courts) mais ce n’est pas pour autant que je suis fâchée. Lil et moi n’étions pas d’accord dimanche, ça ne nous a pas empêché de boire un verre ensemble hier (y avait Summer aussi !), sans tension aucune. Parce que l’une comme l’autre comprenons la limite d’un débat en comm.

 

Aujourd’hui, il y a des choses que je n’ose plus dire sur ce blog. Je ne partage plus ma tristesse car je sais que ça ferait plaisir à certains qui me lisent et n’attendent qu’une chose : que je me plante. Y a qu’à voir les comms sympas d’anonymes que je me prends parfois. Oui, je sais, c’est le jeu, je suis pas la seule à m’en prendre dans les dents, bien sûr, je ne dis pas le contraire. Mais quand je lis que Loïc Le Meur ferme ses comms à force de se faire insulter, je me dis que trop de gens se servent des blogs pour se défouler sur des inconnus. Le Meur, on aime ou pas mais si on aime pas, je vois pas bien l’intérêt de l’insulter. C’est tellement plus facile de se défouler derrière un écran ! Si vous voulez vous défouler, achetez un punchin’ ball, y en a même pour les bureaux. Des fois, je suis tentée de modérer les comms puisqu’après tout, c’est quand même mon espace ici et je peux tout à fait décider qui est le bienvenu et qui ne l’est pas. Je n’ai pas envie de le faire, ne serait-ce que pour permettre aux gens de se parler s’ils en ressentent le besoin. Et comme je suis pas là tout le temps, je peux pas les valider en temps réel. Je n’ai pas envie d’établir une dictature, de virer les comms qui me dérangent (sauf très rares exceptions). Mais c’est clair qu’à partir de maintenant, je me ferai plus chier à répondre à ceux qui me balancent dans la tête que je suis une mauvaise journaliste, juste parce que je suis pas d’accord avec eux et que je me laisse pas convaincre.

Et pour être méchante, je vous mets un article journalistique que j’ai écrit pour un webzine mais que j’ai jamais envoyé donc pas publié (pas la peine de le chercher sur le net, quoi).

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Talk shows vs blogs

S’il y a un genre télévisuel que je ne regarde pas, ce sont les talk show à la Delarue, Evelyne Thomas et limite Courbet (siiiiiii, les gens y vont aussi pour raconter leur vie).
Je regarde pas parce que ça m’ennuie et que je trouve ça racoleur. Et alors que je regardais la bande annonce de l’émission de Delarue de 14h sur la 2 (là, j’ai pas le titre et j’ai la flemme de chercher), je soupirais : « mais que les gens sont exhibs quand même ». Sauf que je suis pas un peu en train de faire la même chose ?

Peut-on dire que les talk shows et blogs (de type journaux intimes, je précise), même combat ? Après tout, je suis l’invitée idéale pour des tas d’émissions : « j’aime le sexe et je le cache pas », « je tricote et les nœuds de ma pelote m’énervent » (vous le sentez le vécu, là, vous le sentez ?), « j’ai la lose avec mon proprio et mes anciens employeurs », « je fais des rêves érotiques avec des acteurs et j’ai un peu honte, quand même », « je parle à mon chat »… Bon, bref, voilà. Tous les jours ou presque, je vous raconte ma vie comme d’autres le font à la télé. Bon, évidemment, moi, je donne ni mon nom ni ma tronche mais bon, est-ce que je vaux mieux que les bonnes femmes qui témoignent avec perruque et lunettes, avec la voix trafiquée ? Et bé je crois pas !

 

Ces derniers temps, la grande mode, c’est de recruter des blogueurs pour, justement, aller témoigner chez Delarue, ça montre bien que c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Honnêtement, moi, j’irai pas. Parce que j’ai pas envie de passer à la télé pour raconter mes histoires, même avec perruque et lunettes. Parce que mon blog n’a qu’une audience réduite d’un peu plus d’un millier de lecteurs et que même si en ce moment elle augmente, elle n’atteindra jamais les millions d’une émission lambda de talk show. Parce que franchement, avec les lunettes et la perruque, je suis pas sûre que personne ne me reconnaisse. Et j’ai pas envie d’être classée comme « celle qui… » par la boulangère, la pâtissière (et ses délicieux éclairs à la framboise, un vrai pousse au crime), le nouveau caissier plutôt miam miam de la supérette d’à côté (bordel, maintenant, va falloir que je me pomponne pour aller faire les courses et laisser tomber le fromage et les Kinders). Déjà que dans mon immeuble, je suis classée comme la « propriétaire du chat qui pleure » alors qu’elle pleure pas, elle appelle au cas où ce serait moi qui rentre. Ou alors comme la connasse qui brouette bruyamment au milieu de la nuit, ce qui m’a valu une vilaine vengeance, le réveil des voisins à fond pendant une heure le lendemain matin à 8h30 (alors que je ne l’avais JAMAIS entendu et que je ne l’ai plus jamais entendu…). Bref, l’exhibition, ok, mais juste avec des mots tapés sur un blog, c’est plus sûr.

 

Au-delà de ça, je me pose des questions sur les motivations des uns et des autres. Exhibition ? Oui et non. Je serais réellement exhib, ça fait longtemps que j’aurais mis des
photos de ma personne, que j’aurais balancé mon vrai nom, que je sois « adulée » en tant que moi et pas en tant que Nina et tout ça. Là, au moins, j’ai l’impression de garder le
contrôle. Par ailleurs, c’est moi qui mène le jeu, ici, y a pas de montage donc je ne risque pas de me faire avoir par un montage transformant honteusement mon histoire. Ensuite, il y a sans doute une question de notoriété. Bon, là, c’est clair que si je veux devenir « célèbre », j’ai intérêt à passer à la télé parce que si on place mon millier de lecteur en parallèle avec
les je sais pas combien de millions de blogueurs francophones, je suis super ridicule. D’un autre côté, je courrais juste après la notoriété, j’aurais postulé à Loft Story ou la Nouvelle
Star ! Après, c’est vrai que si notre témoignage peut aider, ça nous donne une bonne opinion de nous même. Enfin, ce qui me plaît le plus, moi, c’est que dès que j’ai une théorie (à la con ou pas), je vous la livre et les gens disent s’ils sont d’accord ou pas. J’essaie pas forcément de convaincre que ma façon de vivre ou de voir les choses sont les meilleures quoi qu’il advienne (bon, des fois, si, je le fais), je les explique, juste. Ca m’économise le psy et quand je relirai tout ça dans quelques années, ça me fera rire.

Maintenant, question corollaire : les blogs sont-ils lus par les spectateurs des talk shows ? Bon, là, j’en sais rien. Bon, c’est quand même pas le média, je vous demande quotidiennement de lire ma prose pendant 5 mn alors que la télé, on avale les émissions sans faire d’efforts particuliers. Alors moi qui suis liseuse de blogs et qui n’aime pas les talk shows, comment explique-je cela ? Heuuuuuuuuuu… Ben, ce que j’aime dans les blogs, ce sont des petits instants de vie, des tournures de phrases qui me font sourire, voire franchement rire, l’interaction avec l’auteur de ces quelques lignes. Je crois que peu de blogueurs se prennent réellement au sérieux. Et ceux qui le font m’ennuient généralement vite… Ah ben comme les mecs dans les talk show ! 
 

Bon, fin d’article sans rapport mais je fais un peu de pub. En octobre, je suis allée voir un one man show, « Sainte Nicole » très étrange mais pas mal du tout ! Oui, c’est un one MAN show, c’est un monsieur qui joue, me suis pas plantée.  C’est un peu comme Lady Brind Zingue, ça tourne plus autour de personnages avec une histoire qui se déroule tout du long que des spectacles à « vannes » mais si vous adorez le cynisme et les chroniques sociales acides, surtout le manquez pas ! Même que si vous cliquez , vous aurez une petite vidéo !

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La dinde de Noël (c’est moi !)

Depuis la création de ce blog, j’ai dit plusieurs fois qu’ado, j’étais un peu neuneu. Récemment, j’ai retrouvé des lettres que j’écrivais à l’époque à la mode et qui faisaient office de journal intime, j’écrivais ça pendant les devoirs surveillés, quand je finissais avant l’heure (ce qui était systématique). Bon, je les ai relues l’autre soir et j’ai été atterrée : putain mais que j’étais couille, c’est pas possible ! Vous me croyez pas ? Mais voici la preuve ! Alors, je t’explique juste qu’à l’époque, j’étais super trop fan de Starmania donc y a tout le temps des extraits de chanson de la comédie musicale, ça aide pour la compréhension. Et aussi, à l’époque, le rôle de Cristal était joué par Judith Bérard dont j’étais fan et c’est à elle que j’écris. Ouais, vous avez pas encore commencé la lecture des dites lettres et vous trouvez déjà ça gratiné ! Les trucs entre [ ], c’est moi qui les rajoute aujourd’hui. Les passages en couleur, ce sont des paroles de chanson.

« Quand je te dis que ma vie est cauchemardesque. Pourquoi ? Parce hier, je me suis tapée Pascal Brunner (je ne m’en suis pas encore remise). En plus, y avait Nicoletta et dimanche, je vais me payer Jacques Martin. Bouh ! Je veux mourir ! Ouais ! Marie-Laure [une camarade de classe] a… non, elle n’a pas fini. J’ai cru. Je me suis trop plantée sur ce DS, ça me donne envie de… de… dormir. Non, c’est pas vrai. Mais je suis sérieusement dégoûtée.

Bon, bref, on parle d’autre chose. Il fait beau, les oiseaux chantent, il y a un avion qui passe au dessus de nous. Et…et… ma vie est foutue ! Ah, au fait ! (aucun rapport mais bon…), je suis allée chez le coiffeur, lundi dernier. J’ai les cheveux plus courts maintenant (normal, ils n’auraient pas pu être plus long, hé banane !). Ça fait que j’ai plus d’air dans le cou (N’importe quoi -> Nina, elle a fumé son cahier de bio !). Bon, chouette, mon voisin de droite a fini, je me sens moins seule. Samy [autre camarade de classe] aussi ! (et il est dans ma clase !). Je ne suis donc pas un cas (enfin si, quand même). Sales mômes qui sont dehors ! Je les déteste ! C’est pas juste ! Comme c’est mignon, ils se tiennent par la main (franchement, on n’en a rien à foutre !). A ma gauche, ça n’en finit pas ! Stéphanie aussi a fini (allitération en i). Je dois te faire chier avec mes allitérations mais au moins, ça en jette (plus que mon DS de géo en tout cas !).

Enfin bref, on change de sujet (je passe ma vie à ça !). Demain, c’est jeudi (et après demain vendredi) et je sors à 16h (super hein ?). Oh non, elle nous rend les DS de maths ! Ma vie est foutue (ça fait que deux fois). Elodie aussi a fini (cf plus haut). C’est fou ce que je suis pas inspirée en géo (y a pas que là, d’ailleurs). Tu sais quoi ? J’ai « happy days » dans la tête ! Franchement, c’est de la provocation. Y a le mécano qui se balade avec un téléphone portatif. Mon lycée se modernise. Ça commence à bouger, ici (c’est – 15, c’est tout !). Je veux partir. Je veux plus jamais venir ici. Je vais aller en Suisse voir Franc C. [un mec qui me plaisait l’époque, j’avoue avoir mis deux heures à comprendre de qui je parlais] puis au Québec voir Judith. B. Ah ! Et en Italie aussi (évidemment). Je veux être en vacances et dormir (comme ça, quand je dors, je pense pas à ma vie scolaire chaotique -> ouah, le vocabulaire !). Enfin, sauf quand je fais des cauchemars, comme cette nuit. J’en ai trop marre de ce bahut de … , je vais foutre le feu. De toute façon j’ai rien à perdre (quand on a plus rien à perdre…). Super ! Y en a plein qui ont fini (as-tu noté le français minable de Nina ?). C’est – 20. Le temps avance à une de ses allures ! Aussi vite qu’un escargot estropié (la bonne blague ! Un escargot, ça n’a pas de pieds -> Là, Nina, elle a fumé son poster de David. D [Duchovny]).

Enfin bref (si à chaque fois que je disais « enfin bref », on me donnait 100 balles, je serais immensément riche !). Allez, c’est bientôt terminé (as-tu vu l’allitération en é ?). C’est mon nouveau truc ça ! Oh, une feuille tombe. Que c’est beau ! (d’accord ! Mon cas est désespéré, et alors ?). Bon, je vais conclure parce que c’est bientôt la fin (super logique !) et que je n’ai plus rien à dire (miracle !). Donc, je te salue et t’envoie mes sentiments les meilleurs (je ne sais pas si c’est français). »

Allez, une autre ! (si vous n’êtes pas morts de peur)

« Ciao mia cara Juditha,

T’as vu ? Je parle vachement bien italien ! Sono un’italiana nata ! (ça veut dire que je suis une italienne née). C’est con parce qu’aujourd’hui, j’avais DS de français et l’italien, ça sert pas vraiment. Bon, mon DS, je l’ai raté alors on passe. Cet après-midi, je vais conduire pour la première fois (c’est bête, il pleut !). Il me presse ! (pas de remarques désobligeantes, SVP !).

Bon, bref, dans 4 jours, 14 minutes et X (files) secondes, je vais voir FRANCE GALL ! Ouais ! Hourra ! Beautiful ! (et hop ! Un peu d’anglais). Bon bref (ça fait le 2e, déjà !). Devine quoi ? (attention, c’est très con !). Je suis pas la seule à avoir fini (tu étais prévenue). Youpi ! Ohlala ! Je viens de lire le sujet d’écriture des STT. Ça m’inspire pas ! Myriam a bien fait de pas venir ! J’ai une super méga chanson dans la tête : « J’oublierais ton nom, de mille façons… », c’est super beau ! A chaque fois, je pleure (non, c’est pas vrai !). C’est chanté par Judith Bérard en +. Cool ! Oh ! Un mioche qui court ! Que c’est mignon (hé neuneu !). N’empêche que vendredi soir, j’ai gardé 4 mômes adorables (12,10, 5 ans et un de 3 mois !) même que le bébé s’est endormi dans mes bras, c’était trop mignon. Ça donnerait presque envie (il suffit juste de trouver un mari qui donne le biberon, change les courses, fait les courses… Non, là, je rêve !). C’est – 10. On sort à la demie. Ça fait (10…11…12…13…), 40 minutes à attendre. I want to sortir out.

Bon, je fais te faire l’apologie (comme ça, tu vas croire que je suis bonne en français !) de mon adorable Roméo qui n’est pas très inspiré aujourd’hui (comme tout le monde, remarque !). Bouh ! J’ai sommeil (aucun rapport avec mon Roméo !). Je me suis réveillée en croyant que c’était samedi. Cruelle déception [j’avais cours le mercredi matin, pas le samedi]. Maintenant, j’ai « Etienne » (toujours chanté par J.B) dans la tête. Mais j’écrirai pas les paroles parce que je suis bien élevée et j’écris pas des trucs comme ça ! (pas besoin d’un dessin, je pense) [10 ans après, j’avoue que ça me fait marrer !]. J’ai la tête qui tourne, c’est malin ! Elodie a pas l’air inspirée ! Remarque, vu le sujet qu’on a, c’est pas étonnant. Bon, faut que je trouve un plan béton pour mon Roméo. (Oh, c’est – 5 !). Je vais trébucher et lui tomber dans les bras. Quoi que non parce que si je vise mal, je vais me faire mal (récurrence du mot mal). Sinon, je vais lui chourer (orth ?) un stylo et lui rendre en disant que je l’ai pas fait exprès. Un peu gros, mais bon. I en have marre ! I want to be free. Le seul avantage du DS, c’est Roméo. [j’étais à côté de lui]. Sinon, c’est chiant. Oh, ça sonne et y a un brun qui pense à moi. NB : Roméo est brun. Mais en ce moment, il pense plus à Zola qu’à moi.

Bon bref (et le revoilà !). Quoi de neuf ? Je réfléchis (si, si !). Niente ! Nichts ! Nothing ! Je parle pas espagnol(alors, ça, c’est con !). Bon, je simule un évanouissement. Quoique non parce qu’il n’a pas fini et je ne sais pas qui m’accompagnera à l’infirmerie. Ohlala ! Il pleut et les secondes sortent, c’est là où y avait mon ancienne noisette (pas Fabien, l’autre)[Noisette, c’était un nom de code pour cible]. Ohlala, quel ennui ! J’ai sommeil, en plus, et j’ai mal à la tête. De toute façon, je suis de mauvaise humeur, aujourd’hui. D’abord, j’en ai marre qu’il ne se passe rien avec l’homme de ma vie (je sais pas si c’est français). Ohlala, je suis malade (complètement malade…), j’ai la grippe. Ohlala, il est vraiment trop mignon ! Il écrit bien en plus, contrairement à moi. Remarque, il paraît que les génies écrivent mal (donc, je suis un génie). Alors, ça, c’est passionnant. Et ce matin, j’ai mis des chaussettes blanches et des sous-vêtements… (attends, je regarde !) bleus foncés. Beautiful ! Par contre, mes cheveux sentent le lait hydratant et c’est pas très normal (ils devraient sentir le shampoing !). Ma vie est vraiment PASSIONNANTE ! Deux semaines inutiles en futiles dimanches, des secondes immobiles aux aiguilles qui penchent, j’oublierai ton nom… Tu as reconnu ? (j’en ai parlé plus haut). Plus haut, celui que j’aime vit dans un monde plus haut… Quoique le mien, il vit ici, pas loin de chez moi, en plus. Dieu que j’en ai marre : Bon, j’arrête de me plaindre. C’est dur ! Tiens, hier, j’ai regardé « Papi fait de la résistance ». Génial ! Je me suis bien marrée. Oh, il est déjà 11h15 ! Super, plus qu’un quart d’heure. Dieu que c’est long ! Mais que puis-je faire ? J’ai un torticolis. Mais note que je ne me plains pas, je remarque, c’est tout. Oh, j’ai des envies pressantes. Mais je ne me plains pas. Mais bon, c’est ennuyeux. Et il pleut toujours. Note que je me plains pas. De toute façon, j’ai fait mon testament. Je vais peut-être le refaire. On sait jamais. »

La seule chose qui me rassure, c’est que je me rendais quand même compte de ma propre lourdeur, parfois… Bon, j’en ai plein d’autres mais je pense qu’on va s’arrêter là. Pour la photo, c’est ma chambre d’ado et si la qualité est pourrie, c’est pas ma faute : on l’a retiré d’une diapo car on s’était trompé de pellicule…

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Tous scopophiles ?

L’autre jour (il y a quelques temps), j’ai pris le train pour voir un ami. 20 minutes de trajet, ça laisse un peu de temps pour lire. J’entame donc « l’homme qui regarde » de Moravia. Oui, je suis heureuse, plusieurs de ses romans ont été réédités, je finirai bien par tous les lire. Dans ce roman, le héros, Dodo (oui, je sais) est un professeur de littérature et a tout une théorie sur la scopophilie. La lecture de ce roman m’inspire : sommes-nous tous scopophiles ?

Mais qu’est-ce que la scopophilie ? Ce n’est pas vraiment quelque chose de sexuel, ça peut l’être mais ce n’est pas une position du Kama Sutra. Selon Freud, c’est le plaisir de regarder. En gros, un espèce de voyeurisme. Dans ce roman, Dodo voit de la scopophilie dans toutes les œuvres littéraires, en gros. Après tout, un roman n’est-il pas du voyeurisme en soi ? Ca dépend de la façon dont c’est rédigé, soit on vit l’histoire, soit on l’observe de l’extérieur. Au cinéma, c’est pareil. Moi, j’ai envie d’appliquer le concept aux blogs.

Qu’est-ce qu’un blog de type journal intime ? C’est un peu de l’exhibition mais de l’exhibition contrôlée. Je ne vous montre que ce que je veux. J’étale mes états d’âmes mais je cache mon visage. Je suis impudique sur mes brouettes, un peu plus sur mes amours. Mes histoires de fesses, j’en parle sans complexes. Mes histoires de cœur, je préfère garder l’essentiel pour moi.

 Je suis une blogueuse et une grande amatrice du genre. Pendant mes mois de chômage, mon truc, c’était de trouver un blog et de le lire depuis le début. Récemment, je me suis donc régalée des aventures de Soph, de 7h48, de la salopette et d’Eulalie, je ne commente jamais avant d’avoir tout lu. Une fois que j’ai fini, je le mets dans mes liens et tous les jours, c’est la revue des blogs. Des fois, je commente, d’autre pas. Mais qu’est-ce qui nous pousse à lire des blogs ? Souvent, on lit les blogs de ceux qui nous ressemblent : si on regarde mes liens, ce sont essentiellement des vingtenaires parisiens, à quelques exceptions près. Parce que, mine de rien, ça rassure de voir que les autres vivent la même chose que nous, en bien ou en mal. C’est curieux comme on peut avoir la sensation de connaître des gens qu’on n’a jamais vus, qu’ils sont un peu nos amis. Ils existent pour nous et des fois, on existe pour eux (quand je commente, ce qui n’est pas toujours le cas). Des fois, on se demande si c’est vrai ou pas mais est-ce là l’essentiel ? Les blogs ne sont-ils pas une espèce de genre littéraire néo-réaliste ? J’ai, par exemple, lu le blog de Max, sorti en librairie. Bon, j’ai adoré mais c’était clairement pas réaliste. Trop bien construit, avec un début et une fin. Une trop belle fin à mon goût mais peu importe. Je prends ce que l’on me donne sans discuter. Tant que c’est rédigé avec une belle plume, c’est bien tout ce qui compte.
 

Dans ma vie, je suis plus voyeuse qu’exhib, plus lectrice que blogueuse. Je lis une quinzaine de blogs et quand un blog disparaît, ça me fait un petit pincement au cœur : mais que va-t-il (ou elle) devenir ? Pourquoi avoir fermé cette porte entrouverte par laquelle je matais ? Oh bien sûr, une fois un blog clos, je ne me mets pas à pleurer, j’enlève le lien de mon ordi (et de mon blog) et je passe à autre chose. Mais c’est vrai que c’est assez agréable de lire la vie d’autres, caché derrière son ordi, sans même forcément se signaler. Si je regarde les stats de mon blog et le nombre de commentateur réguliers ou non, je peux dire que pas 10% des lecteurs commentent. Certains se manifestent parfois par mail mais globalement, je ne sais pas qui me lit, qui mate ma vie en cachette avec son café, le matin au bureau. Excitant et flippant à la fois. Le côté flippant c’est pour mes employeurs ou collègues. Non mais imaginez qu’à l’époque, Pierre-Cécil m’ait lue et se soit reconnu ? Bon, je suis sûre que ça lui aurait fait plaisir de savoir qu’il est super choupinou mais ça fait pas très sérieux. Et puis, s’il sait qu’au lieu de partir en reportage comme prévu, je suis repassée chez moi pour une pause crapuleuse de deux bonnes heures avec mon mec de l’époque, heu… Bon, mon boulot fut fait, c’est là l’essentiel, mais quand même ! Sinon, j’ai deux ex collègues de l’asso qui sont blogueuses elles aussi, peut-être me lisent-elles ou m’ont-elles lues, qui sait ?

Mais bon, je laisse la porte entrouverte et je m’exhibe à ma façon. Je dévoile ce qui peut l’être et je cache le reste. Et pour être honnête, ça m’amuse follement !

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Le lâcher prise

L’amour, c’est pas tous les jours facile, facile. Ca, tu le sais lecteur. Des fois on est heureux, d’autre, on pleure, c’est comme ça. Mais je vais abandonner là ces sublimes lapalissades dignes d’un journal intime d’une gamine de 13 ans pour développer un thème qui me semble important : le lâcher prise.

 Prenons nos amis Charlotte et Etienne. C’est mon couple ami fictif. Donc, dans le dernier épisode, Etienne est parti pour une autre et Charlotte est dévastée. Trois mois plus tard, elle nous sort encore ses : « Mais je l’aiiiiiiiiiiime ! ». 6 mois après aussi… Un an plus tard, elle reste à dire qu’Etienne est le only one, le seul avec qui elle veut faire sa vie et tout ça. Là, ça commence à paraître suspect. Je pars du principe que l’amour, c’est comme l’amitié, ça s’entretient. Après tout, ne dit-on pas « loin des yeux loin du cœur ? ». Alors pourquoi Charlotte rêve-t-elle toujours de son Etienne ? Pourquoi n’arrive-t-elle pas à tourner la page alors qu’Etienne n’a plus entretenu la flamme depuis

longtemps ? D’ailleurs, si on étudie les faits, on constate qu’il fait pipi dessus depuis la rupture pour tenter désespérément de l’éteindre. Oui, je fais dans la métaphore fine, aujourd’hui. Alors pourquoi ? Parce que Charlotte, à défaut d’entretenir la flamme de l’amour, elle entretient celle de l’espoir.

 

En fait, on en parlait l’autre soir avec Emma et Gauthier sur MSN. D’un côté Emma : « mais je l’aime toujours », Nina et Gauthier : « Non, tu aimes les
souvenirs que tu as avec lui ». Comme dirait Etyl « Souvent, ce que tu aurais dû être me manque ». Parce que souvent, on confond amour et nostalgie du souvenir amoureux. Ainsi, on croit encore aimer une personne mais finalement, c’est juste parce qu’on regrette que ça se soit arrêté parce que c’était trop bien. Donc on se souvient avec grande émotion de cette période magique où nous étions deux, amoureux, que tout allait bien et que les oiseaux chantaient dès qu’ils nous voyaient apparaître, tant nous étions beaux, ensemble. Bon, les souvenirs ont tendance à tout magnifier, on oublie que monsieur ronfle, que quand il réfléchit, il a tendance à opérer une exploration nasale à l’aide de son index et que dès qu’on lui propose de sortir à l’heure de jour de foot, il nous agonise d’insultes. Non, dans notre souvenir, on ne se souvient que de l’éclat de ses yeux quand il nous faisait (forcément divinement) l’amour, de sa voix forcément délicieuse, du resto qu’il nous a payé… Bref, à force d’oublier le mauvais, on fait de cet homme notre homme idéal. Et forcément, on ne peut pas renoncer à cette pépite. On l’aime, il nous aime mais il s’en rend juste pas compte. Mais c’est notre only one, il reviendra.

Et c’est là que se noue le drame. Comme on se persuade qu’on ne veut que lui, qu’il n’y a que lui qui nous comble, les autres nous paraissent bien fades. Notre curseur est bloqué sur monsieur et s’il peut s’égarer sur d’autres, dès qu’on retrouve notre célibat, on repart sur « mais c’est lui que j’aime et que je veux ! ». On s’en sort pas, quoi. Seule solution ? Le lâcher prise. Facile à dire, difficile à faire, c’est le moins que l’on puisse dire. Parce que renoncer à celui que l’on a aimé, c’est toujours très dur quoi qu’on en dise. Quand on est au plus fort de la douleur, que l’on pleure tellement qu’on croit qu’on ne s’arrêtera jamais, on a l’impression qu’on ne s’en sortira pas. Et pourtant si. Mais encore faut-il le
vouloir. Encore faut-il admette, consciemment ET inconsciemment, que ce nous deux qui nous a rendu si heureuses ne sera plus. On ne peut pas être l’éternelle Pénélope attendant son Ulysse. Mais essaye de raisonner ton cœur, toi, lecteur. C’est un travail de longue haleine que l’on doit faire seule. Admettre que c’était beau, magique… Mais que c’était et ça ne sera plus.

Moi, encore, j’ai de la chance, j’ai un outil fantastique pour m’aider : Gauthier et son « tous des connards ». En fait, Gauthier, c’est un ami, un vrai, un qui
préfère arracher le pansement plutôt que de nous voir traîner avec ce bout de tissu dégueulasse et à moitié décollé mais qu’on n’ose pas enlever. J’avoue que Gauthier, mais aussi Anne et Lucie m’ont toujours remué les puces quand il le fallait et mine de rien, même si ces électrochocs ne sont pas agréables sur le coup, ils aident à ouvrir les yeux. Il ne s’agit pas de nier ce que nous avons vécu, non, non. Ce garçon, on l’a aimé et c’est pas pour rien. Mais ça aide à comprendre que c’est fini, de façon ferme et définitive. L’amour n’est pas toujours éternel. Ce n’est pas parce qu’on n’aime plus qu’on n’a jamais aimé, rien à voir.

J’ai tendance à être parfois « violente » dans mes propos quand mes ami(e)s idolâtrent un ex alors qu’il est tant de passer à autre chose. Ce n’est pas de la méchanceté, c’est de l’amitié. Non, Etienne n’était pas parfait, Charlotte, loin de là. Arrête de pleurer sur lui ! Oui, Etienne est unique…Comme tous les hommes. Il était la chaussure parfaite pour le pied de Charlotte mais quand une chaussure est trop usée, on en change. Arrêtons un peu d’idéaliser le passé et ouvrons les yeux sur le présent. Des mecs biens, il y en a à la pelle (comme je flatte votre égo, messieurs, tout à coup !). Alors lâchons prise sur le passé et allons de l’avant. Demain, un Jacques finira bien par rentrer dans la vie de Charlotte. Et là, elle se rendra compte qu’elle n’aimait plus Etienne et qu’elle a perdu du temps à entretenir un espoir qui n’avait lieu d’être. A condition qu’elle réalise que Jacques est un homme parfait pour elle. Et ça, c’est aussi à ses amis de lui ouvrir les yeux, si elle ne le fait pas tout seule.

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L’’origine de mon talent indéniable en matière de BD

Aujourd’hui, c’est férié mais je ne vous ferai pas subir de nouvelles BD. Non pas que j’ai pitié de vous mais surtout que je ne sais plus quoi dessiner. Kenya ne m’a pas fait de connerie mémorable depuis (enfin, elle m’en fait tous les jours mais de là à faire une BD sur le fait qu’elle fait des têtes trop rigolotes, non), ma machine à laver est restée sage et l’ensemble de mes appareils électroménagers ont compris qui était le maître (moi). Donc j’ai pris le parti de vous raconter comment j’ai développé mon sacré coup de crayon.

 random-crayons

Classe de seconde. Bon, comme toute lycéenne qui se respecte, je dessine sur les marges de mes cours ou sur la table. D’ailleurs, je profitais de ce média pour laisser mes petits messages d’amour : « Sagamore S. de terminale ES, je t’aime ». Oui, j’étais vraiment TRES conne au lycée. Bref, cette année là se trouve dans ma classe une jeune fille, Charlotte, avec qui je vais devenir amie. Mais drame : à la fin de l’année scolaire, Charlotte quitte la ville pour Montpellier. No soucy, pour ne pas perdre contact, Cécile et moi prenons l’habitude de lui écrire des lettres puis je perpétue la tradition seule.

Ces lettres sont de purs joyaux que je regrette de ne pas avoir photocopié. Faut dire qu’au lycée, déjà, je souffrais d’écritorite aiguë. A la fin des devoirs surveillés, comme je finissais toujours très en avance, j’utilisais mes feuilles de brouillon pour écrire des lettres qui n’étaient destinées à personne, sortes de journaux intimes. En gros, qu’est-ce que je racontais ? « Là, je viens d’avoir un DS d’allemand, je vais me planter, c’est sûr, j’ai rien compris au texte ! Si j’ai 3, ce sera le bout du monde… » Puis on enchaînait sur « Je suis amoureuse de Jean-Luc, tu verrais comme il est trop beau ! Cette nuit, je rêvais qu’il me parlait, waaaaaaah ! ». C’est fascinant l’adolescence quand même… Il y a quelques temps, je suis tombée sur quelques archives de ces lettres, j’avoue que j’ai bien ri, j’étais vraiment débile au lycée, un délice.
 

Donc je reprenais un peu le même principe pour mes lettes à Charlotte, je lui racontais TOUTE ma vie, je lui retranscrivais même certains dialogues parce que, des fois, il m’arrivait de discuter avec mes cibles. Mais bon, c’était du genre :

Nina : Oh, il pleut.
Cible : Ouais. T’as un effaceur ?
Nina : Oui tiens
Cible : Merci !

Ce dialogue était retranscris en couleur avec plein de petits cœurs autour. Je vous ai dit que j’étais TRES conne au lycée ?

 

Arrivée à la fac, j’ai pas perdu l’habitude. J’allais à certains cours rien que pour écrire ces fameuses lettres. Exemple en licence, j’avais cours d’histoire moderne de la Méditerranée le vendredi matin à 8h avec une prof qui était une véritable connasse. Outre le fait qu’elle ne savait pas de quoi elle parlait, elle était odieuse et raciste. Dès qu’il fallait s’en prendre à quelqu’un, elle s’en prenait à la pauvre beurette de service qui était super adorable, en plus. Donc comme j’étais passée en contrôle final dans cette matière, je faisais acte de présence histoire que connasse 1ère enregistre ma gueule si je passais à l’oral avec elle. Pour me motiver à aller à ce cours où je n’écoutais rien, j’avais deux trucs : apercevoir les Pyrénées quand le métro passait au dessus de la rocade et écrire mes lettres à Charlotte. D’ailleurs, les lettres étaient parsemées de : « Bah mais tu verrais comme elle est fringuée la prof, c’est trop moche ! » ou des « ah berk, elle vient de mettre ses doigts dans son nez, c’est dégueulasse ! » (véridique). Bon en général, mes lettres faisaient 8 pages, 8 pages de ce genre de considérations. Pour illustrer mes propos déjà très percutants, je faisais des petits dessins dans la marge. Bon, c’était encore moins évolué que les BD présentées sur ce blog, à savoir que pour faire les yeux des gens, je faisais des points de couleur. Mais le mieux, c’était la « goutte ». Oui, je suis très influencée par les mangas donc dès qu’une personne avait une révélation, je lui mettais une goutte sur la tête. Genre : « Hé Gauthier, tu savais que Rachel voulait sortir avec toi ? » Hop, on voit le Gaugau dessiné avec une goutte sur la tête. D’ailleurs, comme m’a fait remarquer Gauthier un jour : « Moi, j’ai toujours une goutte sur la tête ! ». C’est pas ma faute s’il lui arrive que des merdes à Gaugau !

Le pire, c’est que mes lettres étaient devenues célèbres auprès de mes amis proches. Pas des autres car je leur taillais de foutus costards aux pintades qui nous ont fait vivre un enfer. D’ailleurs, à un moment, je racontais ma vie sous la forme « Sunseat Beach de l’amour et de la beauté au Mirail », un truc du genre. Et malgré tout, j’ai réussi à avoir mes diplômes, quel talent.
 

Depuis trois ou quatre ans, je n’écris plus ces lettres mais j’ai toujours des nouvelles de Charlotte. Récemment, elle s’est fiancée, faut que je vous raconte la demande de M. Charlotte, c’était fantastique. En fait, ils se sont fait un réveillon à 4 dans un chalet en montagne. A minuit, ils se fêtent la bonne année et s’amusent à gratter des jeux de la Française des jeux, ceux qu’on achète dans les enveloppes. Charlotte gratte et râle : rien de rien. « Putain, j’ai jamais de chance, moi ! ». Et là, son mec lui fait : « Mais, attends, tu m’as moi ! ». Et là, il se met à genoux et sort sa bague. Ben, franchement, M. Charlotte, il assure parce qu’elle ne l’a pas vu venir le bougre.

 

Enfin, voilà. Si vous voulez vous plaindre de mes dessins, je vous filerai le mail de Charlotte.

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