Super Nanny

Il y a des soirs, comme ça, où on a envie de ne rien faire, pas penser, pas bosser donc que faire ? Regarder la télé, évidemment. Donc la semaine dernière ou par là, je glandais devant la télé, la zappette à la main. Bon, il y a Matrioschki sur Paris Première à 22h30, série que j’aime bien. Bon, en attendant, je regarde quoi ?
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La zappette magique m’amène sur M6 où ils passent « Super Nanny ». Une émission avec des gosses hystériques et mal élevés ? Bon, ben, allons-y, ça va encore accroître mon instinct maternel. Pour ceux qui n’ont jamais vu ce…ce truc, je résume. C’est une bonne femme en chignon et tailleur noir avec de fines lunettes d’institutrice de film porno. Elle, je suis sûre qu’elle manie la cravache avec doigté, toute gainée de cuir dans les milieux underground de la nuit. Enfin, bref, notre maîtresse SM a fort à faire dans ces émissions : elle doit remettre des sales gosses sur le droit chemin. Oui, ces graines de délinquants, de racailles prêtes à mettre le feu aux cités. Cette émission doit beaucoup plaire à Nicolas Sarkozy (cette phrase sert juste à voir si des gens vont tomber sur mon site en tapant Nicolas Sarkozy). Ces derniers temps, M6 semble avoir une passion pour les émissions disciplinaires, entre leurs pensionnats, leur camp de redressements, leurs mamans échangées et tout ça…
 
Quand je vois cette émission, je n’ai qu’une envie : me ligaturer les trompes. Seigneur, comment des gamins de 3 ou 4 ans peuvent être aussi monstrueux ? Comment peut-on en arriver là ? Quand je vois comment je suis avec mon chat, je suis potentiellement la future mère d’Attila de ce genre et je sais même pas si Super Nanny existera encore pour m’aider à les remettre sur le droit chemin !
 
Je n’ai pas vu beaucoup d’épisodes de cette émission mais j’ai remarqué que les familles avaient souvent un même schéma : un père absent (soit il travaille très beaucoup, soit il se tape de sa famille, soit il vit carrément plus là), une grande sœur décalée des petits monstres qui joue la maman et qui souffre beaucoup de la situation parce qu’on lui vole son adolescence, une mère totalement incapable de faire preuve d’autorité. Les pauvres sont au bord de la dépression, on sent qu’elle commencent à détester cordialement leurs gosses et on les
comprend, parfois. Surtout que les gosses, une fois sur deux, ils ont vraiment une sale gueule. C’est physique, je les vois, j’ai envie de les baffer. Mais bon, c’est tourné de telle façon qu’on a forcément envie de leur faire avaler son doudou pour qu’ils s’étouffent avec.
 
Bon, l’épisode se déroule en général comme ça : petite présentation de la famille : le papa s’il y en a un, la maman dépressive, la grande sœur effacée qui fera une
merveilleuse cliente pour Prozac et les gamins turbulents qui font les cons devant la caméra. Bon, vous noterez que j’ai pas d’enfants mais cette émission a un effet pervers dès le départ : en général, les enfants, dès qu’on les place sous une caméra allumée, ils font les intéressants. Je le faisais, ma sœur aussi. D’ailleurs, ce week-end, on a revu une vieille vidéo d’un petit repas de famille avec mes deux grands mères (je ne savais même pas qu’elles s’étaient retrouvées au même endroit depuis que j’étais née, hors les églises pour les baptêmes et communions), une tante et nous quatre. Bon et bien, on faisait les belles avec ma sœur et, à un moment, on m’a demandé de chanter un truc parce que, petite, j’étais la diva de la famille, je minaudais que j’en pouvais plus. Donc, forcément, ces gamins de la super Nanny, des caméras les suivent en permanence, ils vont trop se la jouer et être encore plus insupportables. Enfin, bref. On voit un peu la vie de famille ave des gamins qui hurlent, tapent du pied, font des colères (oui, ils choisissent pas l’image du gamin mignon qui fait un truc tranquille dans son coin). Une fois sur deux, le gamin dort dans le lit conjugal à la place de la maman, charmant ! Remarquez, on est sûr que ce couple-là ne se reproduira plus. Apparemment, les enfants n’aiment pas dormir seuls.
 
Là, arrive Super Nanny ! On voit notre maîtresse SM marcher dans la rue, un cartable à la main (pourquoi faire ?), elle fonce d’un pas décidé, air pincé, vers la demeure de la famille en détresse tandis que la voix off nous explique sur une musique rétro que « Super Nanny a élevé 52 enfants » et je sais plus quoi. Bon, super Nanny arrive dans la maison et découvre l’ampleur des dégâts. Là, c’est super drôle car elle regarde les parents faire des conneries sous l’œil relativement indifférent des parents et elle commente : « Qu’est-ce que c’est que ça ? Cet enfant ne sait absolument pas ce qu’est l’autorité ! Sa maman crie mais il ne sait même pas pourquoi ! ». Ce qui est amusant, c’est qu’elle dit ça
style : « je te prends téléspectateur, à part, pour dire du mal », comme on le fait des fois, dans un café, on médit à voix basse avec une personne qui passe. Sauf que là, en vrai, la super Nanny est encadrée par les caméras avec un gros micro au dessus de la tête et la famille fait mine de ne pas entendre les commentaires acerbes de notre dominatrice perverse. Ils nous prennent vraiment pour des cons !
 
Arrive « le conseil de guerre », on peut vraiment appeler ça comme ça. Notre super Nanny a observé la famille et fait un super planning pour remettre les choses en place. Donc elle interpelle tout le monde en leur donnant des autres : « Madame ! Vous DEVEZ réintégrer votre lit CONJUGAL. Le petit Hugo doit dormir dans SON lit ! ». Oui, super Nanny, elle détache tous les mots et en accentue certains. Ce qui est amusant, en fait, c’est qu’elle parle aux parents comme aux enfants. Une fois, elle va au parc avec le papa d’enfants qui n’en a franchement rien à foutre de sa progéniture. De toute façon, lui, je suis sûre qu’il avait une maîtresse et que ça le faisait chier de rentrer chez lui. Donc elle l’amène  l’entrée du par cet lui montre un panneau : « Regardez, MONSIEUR. Il est ECRIT : in-ter-dit-aux-chiens (en suivant les mots avec son doigts), pas aux papas ! ». L’autre, il fait un « ouais, ouais », comme un petit garçon qu’on réprimanderait et qui sait qu’il a tort. Parce que, finalement, dans ce truc, ce ne sont jamais les enfants les fautifs mais les parents et ils passent leur temps à se faire engueuler par la nounou sadique.
 
Bon, la Nanny est super forte, elle remet de l’ordre en deux temps, trois mouvements, les gamins filent droit, les mamans pleurent dans les bras de super Nanny pour la remercier, les grandes sœurs peuvent enfin vivre leur vie d’ado et les papas… ben rien. Mais après, super Nanny s’en va, laissant la famille seule face à elle-même et, souvent, ça craque. Le truc vicieux
avec cette émission, c’est que le MOINDRE faux pas est montré, démontré, disséqué sous nos yeux moqueurs et on se dit : « cette bonne femme est incapable d’élever ses gosses, quelle pitié ! ». Je me dis qu’il faut vraiment être désespérée ou en manque maladif de notoriété pour passer dans cette émission. Mais le truc qui m’hallucine le plus, c’est de voir que cette femme à qui il ne manque que les cuissardes en cuir se montre plein de tendresse avec les enfants qu’elle appelle « mon ange », « mon cœur » alors qu’elle est intraitable avec
les parents.
 
Mais cette émission se veut pédagogique : on ne fait pas que se moquer de ses pauvres familles moyennes qui survivent dans des HLM avec un RMI, on apprend des choses, aussi : de temps en temps, des petits conseils apparaissent au bas de l’écran. Bon, j’essaie d’appliquer à Kenya, pour voir. Exemple : « toujours se mettre au niveau de l’enfant pour lui parler ». Donc je prends mon chat et la soulève à mon niveau (oui parce que je vais pas me rouler par terre pour lui parler, non plus), je la regarde droit dans les yeux et dit : « Il ne FAUT PAS faire pipi sur le TAPIS que Clara m’a OFFERT ! ». Bon, elle détourne le regard et se lèche les babines. Rien à faire de ce que je lui dis. Pourtant, je suis une élève assidue. J’ai appris qu’il fallait prévenir avant de sévir : « Kenya, si tu continues, tu finis dans la salle de bain ! » Et bien, curieusement, ça ne la calme
pas… Enfin, de toute façon, d’ici que je me reproduise, j’aurais oublié les conseils précieux de cette émission. Et comme j’ai raté plein d’histoires, j’ai raté pleins de petites notices pour élever parfaitement mes enfants. Bon, il ne me reste plus qu’à trouver un géniteur plus doué pour l’éducation que moi !
 

La fin d’’une époque

Ce soir, je préparais mon article débile du dimanche quand Ced me fit une révélation : le film érotique de M6 n’existe plus. Non mais vous vous rendez compte ? Le film érotique de M6 a disparu des programmes. Bon, avant de poursuivre, je précise que ce sujet de conversation est tombé par hasard alors que nous parlions des scènes érotiques dans les livres de Stephen King, ne voyez donc pas le mal partout !
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Le film érotique de M6, ça m’a toujours fait rire, j’en ai vu pas mal car je me couche tard et je regarde un peu n’importe quoi jusqu’à ce que le sommeil pointe. Je me souviens, avant de rencontrer Louis, alors qu’on parlait sur MSN, on en avait maté un « ensemble » et il avait passé son temps à s’extasier sur la plastique des actrices.
 
En fait, j’ai découvert l’existence de ces films lors de ma première année de fac. Un soir d’insomnie, je zappais et je tombe dessus. Déjà, juste avant, y avait une pub pour Ulla, morte de rire. Je mate le film avec curiosité, je suis tombée sur un vieux à l’image poussiéreuse. Si je me souviens bien de l’histoire, y a un type qui est en cavale parce qu’il a baisé la femme du commissaire et s’est fait surprendre par ce dernier. Bon, il s’enfuit (mais il devait avoir commis un autre truc, je suppose). Là, on se retrouve dans la campagne avec le fils du châtelain qui copule avec je ne sais plus qui puis, au château, le châtelain reçoit la nouvelle préceptrice. Ce qui est bien dans ces films, c’est que les personnages ne sont pas du tout régis par des clichés. Forcément, une institutrice, ça a un chignon, des lunettes, un chemisier gris, une jupe droite foncée qui descend jusqu’aux genoux et des vieilles chaussures à talon. Donc, le châtelain, il l’accueille, il lui montre sa chambre et forcément il la mate par le trou de la serrure. Comme toute femme normalement constituée, l’instit se met à poil pour défaire sa valise…
 
Bon, après, elle retrouve le fugitif, ils baisent et là, j’ai coupé parce que c’était quand même pas des plus passionnants. En plus, autant on voit des seins et des chattes, autant on ne voit pas l’ombre d’un zizi. Et puis, j’avais cours le lendemain…
 
Je n’ai pas beaucoup vu de films de ce genre mais c’est assez marrant ! Je me souviens d’une fois où j’étais en week-end en Andorre pour l’anniversaire d’une copine, on tombe sur le film érotique et on regarde… Bon, heureusement qu’il y avait la signalétique CSA sinon, on aurait pas compris qu’il s’agissait du film érotique, vu qu’il n’y a eu qu’une scène de sexe. Pas mieux qu’un « Hollywood night »…
 
Pourtant, il y en a de très marrants. Comme dans les films pornos, il y a des scènes lesbiennes mais c’est très soft. Le problème c’est que, des fois, on sent que les scénaristes ne savent pas trop comment la justifier. Exemple : un film qui se passe dans les Iles. L’héroïne, qui s’appelle Emeraude, Saphir ou Topaze (un truc du genre) a un souci : un fantôme lui fait l’amour. En fait, le fantôme, c’est un mec qui a une potion magique qui le rend invisible. Donc, il va dans un resto où notre amie Diamant mange et la fait jouir avec ses doigts et sa langue. Notre amie Améthyste en parle à sa patronne et pour bien lui montrer, la voilà partie à la lécher, tripoter… C’est sûr, moi, quand je raconte à mes copines mes brouettes, je me sens obligée de leur montrer directement. Ma langue a été conçue pour que je prononce des mots mais ça m’ennuie, je préfère m’en servir pour…
 
Ce que je trouve affolant là-dedans, c’est que les trois-quarts des filles sont d’une vulgarité pas possible. Et puis elles se foutent à poil pour un rien. Par exemple, aucune n’a compris le concept du maillot de bain, il faut toujours qu’elles aillent se baigner à poil. Idem pour les culottes, ce n’est pas trop leur truc.
 
Par contre, ce que j’adore, c’est quand il y a une narratrice. En général, c’est un des personnages du film qui parle avec une voix de chaudasse, c’est très amusant :
« Perle avait très chaud en cet après-midi ensoleillé, des envies très coquines l’envahissaient… ». Enfin, ce genre de platitudes censées exister mais qui font surtout rigoler. Surtout quand on voit la demoiselle se frotter avec langueur à un poteau. Effectivement, quand j’ai des idées coquines, je vais me frotter à un poteau !
 
Et puis, il y a la musique ! Composée à deux doigts sur un bon vieux Bontempi, Indochine n’aurait pas mieux fait. Le tout est censé augmenter la dimension érotique du film
mais… euh… la musique de film érotique est à la musique ce que la soupe lyophilisée est à la gastronomie. Ca a vaguement du goût, vaguement de l’odeur mais ce n’est finalement que de l’eau chaude. Honnêtement, je me demande si ce n’est pas toujours la même musique qu’ils passent, je ne pourrai pas le vérifier, vu que M6 a décidé de l’enlever !
 
Bon après, je ne pense pas que pour se masturber, ce genre de films soient les plus indiqués. Il y a finalement peu de scènes érotiques, beaucoup de scènes « vides » qui
apportent ni à la narration ni au côté sexuel de la chose mais faut bien que ça dure l’heure que c’est censé durer. Mais il n’empêche que les scénarios sont marrants et on n’a pas besoin de payer pour les voir. On peut également en parler en société comme les films pornos surtout que, là, on est sûr de tomber sur du rigolo.
 
Mais voilà, M6 a décidé de tuer ce qui a fait sa marque de fabrique, son émission culte pour mettre quoi à la place ? Du foot. Du foot ! M6 a dû diffuser trois matches en
tout et pour tout depuis sa création et la voilà qui fait une émission de foot à la place du film érotique ! Déjà qu’elle avait sacrifié Culture Pub. Non parce que les films érotiques de M6, tout le monde en rigole mais il n’empêche que tout le monde l’a regardé au moins une fois dans sa vie. Ça m’a toujours fait rire les mecs qui disent : « ouais, moi, j’ai regardé le film de M6 dimanche, ça ne m’a pas excité ». Ça ne t’a pas empêché de le regarder ! En fait, voici un jeu amusant : lancez la conversation sur le sujet, y a toujours quelqu’un qui va dire : « bah, c’est trop nul, je regarde pas » et qui va poursuivre : « d’abord, dans ces films, c’est toujours pareil, y a toujours la scène lesbienne, le trio… ». Bon, heureusement que tu regardes pas, mon gars !
 
Personnellement, je les trouvais marrant ces films même si je ne les regardais pas régulièrement (je viens donc d’apprendre qu’ils avaient disparu, bouhouhou !). Grâce à ma
freebox, je peux voir ceux de RTL9 et NT1, ils ne sont pas mal non plus même si RTL9 devrait en diffuser des plus récents. Je pense qu’ils se sont arrêtés à Emmanuelle. Quant à NT1, ce sont des films pas mal du tout, du « hollywood night » un peu poussé, y a beaucoup d’humour. A noter également les émissions au titre compliqué de Paris Première, un truc avec Playmate, dedans. Là, c’est assez bizarre car ce sont des films complètement biscornus : une fille arrive aux Urgences et elle est opérée, elle monte au Paradis, elle est toute heureuse et là… elle se lave. Bon, comme elle est un peu cracra, elle se concentre sur son minou et oublie tout le reste. Bon, ok, j’ai rien compris, je zappe.
 
Il n’empêche que c’est la fin d’une époque ! Comment les jeunes qui arrivent à se trouver devant une télé un dimanche soir à 0h30 vont faire leur éducation sexuelle ?
Qu’est-ce que je vais regarder les dimanches soirs d’insomnie ? Pourquoi M6 fait une émission de foot alors qu’elle n’en diffuse pas ? Si le foot prend le pas sur le sexe, j’ai peur pour l’avenir de cette société.