L’amour n’est-il qu’une question d’ego ?

Récemment, j’ai dû me replonger dans les archives de ce blog pour un déménagement à la mano (over-blog bloque les aspirateurs de site, impossible de constituer une archive xml, je suis pas maso pour rien) et je suis un peu amusée par mes premiers écrits. J’en ai fait du chemin en 5 ans. Mais en relisant ces articles, je me pose une question : l’amour n’est-il pas, finalement, qu’une question d’ego ?


Qu’est-ce que l’amour ? Bonjour la question tarte. Mais c’est vrai, qu’est-ce qu’on intellectualise tout aussi. L’humain reste un animal et il ne semble pas programmé pour être monogame, contrairement à d’autres animaux, on est censés courir après le meilleur reproducteur ou la meilleure génitrice. Et pourtant, on nous a appris que la polygamie et le libertinage, c’est mal, que l’amour, ça rime forcément avec toujours. Même, il est amusant de noter que l’idéal de beauté féminine (extrême minceur) est plutôt opposé au modèle de la génitrice, tout en rondeur. Quoi que faut voir, peut-être que si on faisait des études, on constaterait que les femmes d’une grande minceur sont plus des maîtresses que des mères et les femmes plus girondes des mères que des maîtresses. Enfin, si je prends l’exemple de mon entourage… Ben y a rien du tout à déduire, en fait, la silhouette de mes amies ne semble pas avoir une influence sur leur place dans le cœur ou le lit des hommes…


Bref, il me semble qu’on en a perdu nos bas instincts animaux de reproduction et qu’on a remplacé ça par l’amour, l’amouuuuuuuur. Ce truc qui inspire les poètes, les écrivains, les chanteurs, les peintres… en somme les artistes avec plus ou moins de bonheur. On célèbre l’amour, on le pleure, il est l’ingrédient principal de la plupart des intrigues. Mais en relisant mes vieilles histoires de cœur et de cul, un ingrédient revient souvent, toujours : l’ego. L’amour n’est-il qu’une satisfaction de l’ego ? Une expression d’orgueil. Dans mon passé, plus un mec me disait non, plus je le voulais. Fuis-moi, je te suis ? Non, une volonté de réparer un affront.


Samedi, lors de l’anniversaire de So Long, elle a prononcé la phrase suivante, concernant la séduction. En fait, c’est une phrase à sortir pour éconduire quelqu’un : « il faut avoir les moyens de ses ambitions ». Bon, évidemment, ça nous a fait rire.  Mais au-delà de la vanne, je me demande si, finalement, on ne touche pas précisément du doigt l’un des ingrédients essentiels de l’amour. Un peu le chocolat dans le moelleux au chocolat, l’amande dans le macaron, le fromage dans la raclette (je suis incroyablement glamour). J’aime me poser la question de nos attirances amoureuses. Pourquoi lui me plaît et pas lui ou lui ? Pourquoi je plais à lui et pas à lui ou lui ? Pour ma part, je sais que j’ai besoin d’une certaine admiration pour le monsieur, de le regarder avec des étoiles dans les yeux pendant qu’il me parle de quelque chose, de préférence d’un truc auquel je ne connais rien. Oui, j’ai pas envie de m’acoquiner avec un mécréant à mes yeux. Le critère n’est pas l’argent ou le pouvoir (le mec qui bosse dans la finance qui fait partie de mes amants à contacter en cas d’envie n’est clairement pas mon chouchou) mais bien la connaissance et la passion. Et donc si ces mecs là me rendent dingue, est-ce pour ce qu’ils sont ou l’image flatteuse de moi qu’ils me renvoient. Genre « oh yeah, ce mec là, il est à moi, quelle belle prise ! ».


Je ne sais pas bien mais il me semble que dans l’amour, il y a de l’orgueil. Ce qui me fait assez flipper vu que ça fait un bon moment que je n’ai pas été amoureuse, juste quelques coups de cœur. Est-ce que je dois en déduire que j’ai plus d’ego ou d’orgueil ? A moins que j’ai placé mon orgueil sur un autre plan, comme le boulot ?

Sinon, en 2010, j’ai décidé de ne plus intellectualiser l’amour, pour voir… Histoire de vivre mes coups de cœur plutôt que de les analyser.

Mes Catherinettes

Hé oui, les enfants, ça me pendait au nez depuis une bonne année et demie : me voici catherinette. En rompant avec Guillaume en juin 2004, c’était inévitable. Même si j’étais restée avec lui, j’y aurais eu droit !
 
Comme je suis d’une jeune fille d’une banalité affligeante, j’ai donc décidé de fêter mes Catherinettes cette année… avec deux hommes au Marais ! Normalement, les Catherinettes, c’est un peu un enterrement de jeunes filles pour célibataires, ça se fait entre copines mais après tout, Mister Big et Gauthier partagent mon intérêt pour les hommes donc on peut dire que ce sont mes copines !
 
 
C’est qui Catherine?
Avant de vous raconter, un brin d’histoire : Catherine a vécu à un siècle passé, j’ai oublié lequel (VIe, je crois). Cette demoiselle a trois auréoles : celle de la vierge, celle de docteur de l’Eglise et celle de martyre : une blanche, une verte et une jaune, je suppose que c’est là d’où viennent les couleurs du chapeau de Catherinette (jaune et vert). Notre amie Catherine attira la convoitise de l’Empereur Maxence qui voulut l’épouser mais elle ne voulait pas car elle était mariée à Jésus donc, pour commencer, l’Empereur lui envoya pléthores de philosophes pour la convertir mais Catherine est trop forte, c’est elle qui les convertit. Maxence était quelqu’un de très patient et de très drôle, il décide de la soumettre au supplice de la roue, ça lui apprendra. Donc on commence à l’écarteler mais, ô miracle, une roue casse donc elle finit pendue. Dieu est donc sadique : au lieu de la faire mourir lors de la première torture, il lui impose une pendaison en plus, sympa !
 
Donc notre amie Catherine devient la sainte patronne des jeunes filles célibataires, donc de moi. Comme je suis une nana qui aime bien s’amuser (et se péter la honte), il était hors de question que je ne fête pas mes Catherinettes. Au début, je comptais redescendre à Toulouse pour fêter ça avec Anne qu’est Catherinette aussi (comme je balance) et Lucie qui ne l’est pas encore parce qu’elle est née en fin d’année mais pas loin. Finalement, suis restée à Paris et me voici à célébrer mon célibat avec Gauthier et Mister Big, sur Paris pour l’occasion. Au départ, Gauthier m’avait promis un chapeau plein de gode mais ça aurait fait cher le chapeau.
 
Vendredi, jour J. Gauthier m’appelle vers 18h, par là, pour me demander d’arriver vers 21h, par là, je lui dis que j’attends ma sœur qui doit passer à la maison récupérer des trucs donc j’arrive dès que possible. Il commence à s’esclaffer : « tu vas voir ton chapeau, c’est Mister Big qui a eu l’idée ! ». Là, j’ai peur car Mister Big est un être plein d’imagination… Mais à un point difficilement imaginable. Surtout que derrière, j’entends Mister Big qui crie : « J’espère que t’as pas peur des effets chimiques ! ». Oh la vache, à ce point ?
 
Un chapeau dans le Marais
22h, j’arrive chez Gauthier (personne ne commente mon retard, merci !), Mister Big tient un pull pour cacher mon chapeau. Sur le coup, je me demande ce qu’il fabrique : « tu fais sécher ton pull ou quoi ? ». Gauthier me pose dans un coin de l’appartement, appareil photo à la main : « Je veux prendre en photo ta tête quand tu verras le chapeau ». Là, j’ai vraiment la trouille, qu’est-ce qu’ils ont fait ? Le pull disparaît et… j’explose de rire ! Ces andouilles ont acheté les playmobils ouvriers donc je me retrouve avec une brouette playmobil et deux ouvriers en train de se sodomiser sur ma tête, le tout accompagné d’une mini bouteille de champagne (pas une vraie). Première réaction : « Oh, c’est trop mignon ! ». Oui, il faut que tu saches, lecteur, que j’ai une passion pour les Playmobil, c’étaient mes jouets quand j’étais pitite et encore aujourd’hui, je traîne toujours au rayon des jouets en soupirant : « à mon époque, ils n’étaient pas aussi élaborés ! ». Je me souviens d’une fois où j’étais montée en Andorre avec Guillaume, j’ai passé deux heures à m’extasier sur les Playmobils. En rentrant chez moi, le soir, il me fait : « j’ai un cadeau ! » et me donne une petite boîte de playmobil. Bon, et bien, du haut de mes 23 ans, j’ai trouvé ça trop mignon.
 
Mais je reviens à mon chapeau : ils l’ont enrubanné de papier crépon et y ont greffé deux sublimes tresses en crépon jaune et verte. Je le coiffe et là, clou du spectacle : Mister Big appuie dessus et mon chapeau se met à joyeusement clignoter : ils ont glissé une guirlande de Noël (qui marche à piles) dans le crépon. Que je suis belle ! On se boit une bouteille de champagne très bonne (merci Mister Big) puis nous nous rendons dans notre restaurant de prédilection, dans le Marais. Les Parisiens sont des gens tristes : personne ne me regarde alors que mon chapeau clignote joyeusement, je suis totalement ignorée. Tant pis. Arrivés au restaurant, la gentille petite serveuse s’extasie : « quel beau chapeau ! ». Elle me fait asseoir à une table au milieu de la salle et me demande pourquoi je porte ça.
« C’est pour les Catherinettes, c’est pour dire que je suis célibataire ! Comme ça, les mecs viennent me draguer.
– Mais…euh…vous savez, on n’est pas dans le bon quartier, là ! »
N’empêche que les homosexuels sont drôles, eux, au moins, ils apprécient mon chapeau à sa juste valeur. A une table voisine, quatre jeunes hommes qui ne sucent pas que des caramels me voient et se mettent à m’applaudir donc je joue la Reine Mère. Pour ceux qui ne fréquentent pas notre groupe de débiles joueurs, le salut de la Reine mère consiste à légèrement lever la main droite et la tourner très lentement de gauche à droite. Genre : je fonctionne à trois à l’heure parce que je suis centenaire, quand même. Du coup, un de ces jeunes hommes se jette sur moi et me tape la bise, ce que je trouve adorable.
 
On dîne, je me délecte de la sublime purée maison et du moelleux au chocolat qui est carrément orgasmique. Après le dîner, vu que j’ai déjà raté mon métro, on se prend un cocktail digestif, le serveur fait mine de filer ma pina colada et le cocktail des garçons à la table voisine qui se rend soudain compte que j’ existe, j’entends passer le mot « catherinettes »… Ça existe pas à Paris ou quoi ? Bon, on file de là, la serveuse me souhaite une bonne soirée (c’est ma nouvelle copine, na !). On erre dans le Marais, plein d’hommes qui n’aiment pas les vagins s’extasient sur mon couvre-chef, je fais ma star… Après tout, la hontitude, je gère parfaitement.
 
Sinistres parigos
Sauf que quand on sort du Marais, je repasse du côté invisible de la foule, les gens marchent et ne calculent rien. Comme on est fous, on décide de retourner à notre bar fétiche, celui où on s’était pris une honte monstrueuse la veille grâce à Mister Big : non seulement il a lâché un rot énorme pile à la fin d’une chanson, ce qui nous a valu les applaudissements des tables voisine (même le pauvre chanteur qui s’escrimait depuis deux heures avec sa guitare et son gros nez n’a pas eu autant de succès), mais en plus, il a trouvé très drôle de me jeter mon Hawaïan blue sur les cuisses (il ne l’a pas fait exprès, hein !). Donc comme on trouve qu’on n’en a pas encore assez fait, on y retourne avec mon chapeau vert et mes lumières qui clignotent. La serveuse, qui aime beaucoup Gauthier, vient nous servir en rigolant mais là, encore, les clients nous ignorent plus ou moins, malgré les fous rires gras qu’on a.
 
On rentre enfin chez Gauthier, fin de la soirée. En conclusion :
– je remercie les deux jeunes hommes pour ce chapeau très amusant, ça m’a fait plaisir.
– les Parisiens sont blasés de tout et ils fêtent même pas les Catherinettes (ni le Beaujolais, je crois).
– les homos sont la frange de la population la plus sympa.