Les apôtres du good fucking

Des fois, je l’avoue, je fais des choses mauvaises pour ma zénitude (déjà très relative) et au détour d’un lien Internet, je tombe sur un article… Et je vais en lire les commentaires. Déjà les articles politiques, j’ai à peu près envie de frapper tout le monde mais j’ai trouvé pire repère : les articles et forums sexo.

Je me suis déjà énervée sur le désormais médiocre rue69. C’est comme à l’image du site qui l’héberge, une déception sans cesse renouvelée, surtout si on compare à ce que c’était au début. Dans cette antre auto proclamée du sexe sans tabou, chacun vient parler de sa vie sexuelle (trash ou prude), le tout entrecoupé de quelques articles de « fond ». Comme cet article sur la nouvelle mode en matière de porno : faire éjaculer des actrices. Et là, des commentateurs mâles viennent gentiment arroser de leur condescendance les oies blanches qui passent à côté de cette expérience éjaculatoire : vous ne savez vraiment pas ce que vous ratez. Ca y est, je suis énervée.

De 1, chacun fait ce qu’il veut de son cul, il n’y a pas de plaisir universel. T’aimes pas la pipe, le cunni, la sodomie ou le sucotage d’orteils ? Et bien passe-t-en, rien n’est obligatoire. Au contraire, tu adores ça ? Jouis en mon ami. Mais ne viens pas juger ceux qui souhaitent s’en passer. Moi, par exemple, j’adore le café et je n ‘ai pas pitié de ceux qui n’aiment pas ça, hein. De 2, j’aimerais savoir depuis quand les hommes s’expriment avec tant de certitude sur la sexualité des femmes. Tu prétends que l’éjaculation féminine est le signe d’un orgasme massif ? Et bien foi d’individu à vagin parlant cul avec d’autres individus à vagin, c’est faux.

2007 ou 2008, je suis community manager sur des forums sur les braises desquels je souffle pour tenter de redonner vie. Seule conversation un peu vivante : les femmes fontaine. Un homme me traite limite de frigide car j’explique que je vois pas l’intérêt d’éjaculer vu que j’ai des orgasmes sans ça. Mais non, lui, cet individu qui ne m’a jamais fréquentée ni même croisée sait mieux que moi qu’en fait, je jouis pas sinon, j’éjaculerais. Un apôtre du good fucking pur et dur.

Au fond, l’éjaculation féminine reste un trip très masculin « parce que comme ça on sait si vous jouissez ou pas ». Alors va falloir revoir ta bible de la baise mon petit fucker : chez les hommes, déjà, l’éjaculation n’est pas l’orgasme, ce sont des phénomènes souvent concomitants mais ils ne sont pas la même chose. Pourquoi ce serait différent chez la femme ? Et puis si t’étais un peu plus attentif à ce qu’il se passe autour de ta bite, t’aurais pas besoin que ta femme gicle pour savoir…

C’est un peu comme le point G, ça obsède surtout les hommes. Moi, j’ai pas envie qu’on me livre avec un mode d’emploi : »tu vois, tu titilles là et pof ! ». Parce que là où ces apôtres du good fucking semblent obsédés par technique et performance, moi, je veux partage, complicité et aussi plaisir. Et là, pas besoin d’appuyer sur un bouton pour me faire décoller.

Bref, la seule bonne sexualité, c’est celle qui nous convient, qu’elle soit SM-fessée, prude ou torride. Pourquoi ça pose un problème que les gens ne se plient pas à votre façon de jouir. Une fois de plus, les apôtres du good fucking n’ont pas compris que leur avis, on s’en contrefout. Quoi que je serais psy, je me pencherais sérieusement sur leur cas : un tel besoin de prouver son expertise, ça cache forcément quelque chose…

CV amoureux vs CV professionnel

Parfois, mon esprit fécond a de drôles de pensées. De drôles de comparaisons. Par exemple, il y a quelques temps, quand j’étais au chômage, je somnolais quand je repensais à des conseils que m’avait donné une personne rapport à mon CV. Il m’expliquait donc que mon CV donnait une impression d’instabilité avec beaucoup d’expériences qui ne durent que trois ou quatre mois. En gros, les gens risquent d’avoir peur de m’embaucher et de me voir me casser au bout d’un trimestre.

 

Evidemment, si mes emplois n’ont pas duré plus, c’est parce que c’étaient des CDD mais ça, ça se voit pas forcément sur mon CV. Donc en gros, trop d’expériences tue l’expérience, on va dire. Il va falloir que je refasse ce fuckin CV (ça me gonfle, le CV, ils ont qu’à me rencontrer directement, suis tellement géniale). Donc, dans mon demi sommeil délirant, je passe sans transition de mon CV pro à mon CV amoureux. Petit résumé de ma vie : après une relation de 4 ans et demi dans ma prime jeunesse (de 19 à 24 ans), j’ai eu quelques CDD de 15 jours à 2 mois et demi, quelques piges occasionnelles (en gros, des multi shots avec des mecs que je n’ai jamais considérés comme ma moitié) et une poignée de participation unique. De toute façon, moi, j’aime pas les one shot, je trouve que quand ça se passe bien, y a pas de raison à bouder son plaisir, même si on ne tombe pas amoureux à la fin. Mais bon, il y a des fois où y a pas forcément le choix. Peu importe, c’est pas le sujet. Donc voilà, en 2 ans et demi, mon CV amoureux (ou plutôt sexuel) s’est considérablement allongé et maintenant, je me demande à quel point ça peut jouer contre moi.

L’autre soir, je discutais avec Lo sur MSN et on parlait de l’éternelle différence entre les hommes et les femmes : « un homme qui couche, c’est un séducteur, une femme qui couche, c’est une salope ». Et on en revient à la dichotomie pute/sainte : on couche et on désire la pute, on épouse la sainte (quitte à la cocufier avec la pute, ensuite). Donc, moi, parce que j’ai eu quelques partenaires dans ma vie, je serais plus dans la catégorie pute, je suppose : on me désire mais on ne s’attache pas, on me baise mais on ne m’aime pas (bon, y
a eu des exceptions quand même, je suis pas en train de faire mon aigrie, là, hein). Bien entendu, je suis pas obligée de faire la revue de mes amants lorsque je rencontre un homme (Dieu merci, d’ailleurs). Mais je note que l’expérience n’est pas toujours un atout en amour. Ca a même effrayé un mec qui voulait me faire tout le kama sutra avant de lire mon blog et qui a été un peu
refroidi : « t’es plus jeune que moi et tu as plus d’expérience ». Et alors ? A chaque mec que je rencontre, je repars de zéro à mes yeux. Peu importe que j’ai couché avec 2 mecs, 20 ou 50, ce n’est pas ce qui compte.

Pourtant, pour moi, l’expérience serait plutôt un atout, si on y réfléchit bien. D’abord ça m’évitera de devoir filer un mode d’emploi au jeune homme face à moi mais surtout, je me dis que s’il a bien vécu sa vie, il sera peut-être plus susceptible de se poser. Coureur de jupons ? On a tous des périodes où on déconne un peu, c’est pas pour autant que le jour où on dit « stop, je me pose », on le fera pas. Perso, une fois en couple, je suis fidèle, j’ai pas besoin d’aligner un nombre astronomique d’amants par an. On peut vivre et tenter plus de choses avec un homme qu’avec 30, je vous jure.

Bref, il est étonnant de remarquer que parfois, on nous reproche notre passé amoureux et professionnel alors qu’ils ne sont finalement dus qu’à des aléas de la vie, finalement. Pourquoi je ne suis pas restée avec de mes exs ? Ben parce qu’on n’était pas heureux ensemble, qu’on ne s’aimait pas ou plus. Pourquoi t’es pas resté à ce poste ? Parce que c’était un CDD ou que j’avais fait le tour du poste et j’avais besoin de voir ailleurs. Pourquoi un CV trop long, qu’il soit amoureux ou professionnel, devient un handicap alors que ça peut montrer la
richesse d’une personne ? En journalisme, faut piger beaucoup pour se faire un trou. En amour, faut embrasser pas mal de crapauds pour trouver son prince. Opportuniste, moi ? Oui et alors ? Je préfère être opportuniste et aller de l’avant que passéiste et pleurer parce qu’il ne m’arrive rien. Si on voit ça comme un défaut c’est que clairement, M le DRH ou M le prétendant, on n’était pas fait pour cheminer ensemble.